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samedi 30 juillet 2022

L'ÉTRANGE SUICIDE DE L'EUROPE


L'ÉTRANGE SUICIDE DE L'EUROPE

Ce livre est le récit d'une longue enquête. Depuis la fin des années soixante, des vagues migratoires successives touchent de façon continue les pays d'Europe occidentale. Pour en mesurer l'impact, tant démographique que culturel, Douglas Murray a voyagé pendant deux ans dans la quasi-totalité des pays de l'Union. De Malmö à Lampedusa et de Londres aux îles grecques, il a rencontré et interrogé migrants, policiers, juges, médecins, responsables politiques et humanitaires. Non seulement le continent change à grande vitesse mais Murray constate partout le même phénomène : en matière migratoire, les responsables européens préfèrent toujours les positions généreuses, compatissantes et ouvertes car elles leur rapportent des bénéfices médiatiques immédiats. Ils savent bien pourtant qu'elles conduisent, partout, à des problèmes nationaux à long terme. Et comme Murray a pu le constater, ces problèmes commencent à se voir dangereusement. D'ici la moitié de ce siècle, il est plus que probable que la Chine ressemblera encore à la Chine, l'Inde à l'Inde... Mais, au rythme auquel elle change, l'Europe ne pourra plus ressembler à ce qu'elle était il y a juste quelques décennies. Douglas Murray pose donc la question : faut-il faire de l'Europe le seul endroit au monde qui appartienne à tout le monde ? Est-ce la volonté des Peuples et est-ce raisonnable du point de vue du bien commun ? Le compte à rebours a commencé.
 

L'Étrange Suicide de l'Europe
Auteur : Douglas Murray
Type d'ouvrage : Société
Edition originale : 04 mai 2017
Edition française : 21 octobre 2020
Titre en vo : The Strange Death of Europe
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : anglais
Traduction : Julien Funnaro
Editeur : L’Artilleur
Nombre de pages : 556
 
Mon avis :
 Indéniablement, voici un ouvrage qui aura fait énormément parler de lui lors de sa sortie, il y a de cela quelques années déjà – pour être plus précis, en 2017. Bien évidement, si le titre de cet essai sociétal et politique, L'Étrange Suicide de l'Europe, pouvait de quoi laisser songeur le public, son sous-titre, Immigration, Identité, Islam, avait de quoi annoncer la couleur et certains n’hésitèrent pas – sans lire cet ouvrage, naturellement – à cataloguer celui-ci dans les fameuses publication d’extrême droite – ah bah oui – et son auteur, le britannique Douglas Murray, présenté comme étant un journaliste et commentateur politique conservateur – et encore, c’est pour être sympa vu les noms d’oiseaux que l’extrême gauche qualifier traditionnellement celles et ceux qui ne pensent pas comme le camp du bien… Or, lorsque l’on lit L'Étrange Suicide de l'Europe, la première chose qui saute aux yeux, c’est que le sieur Murray peut être qualifié de beaucoup de choses mais surement pas d’un suppôt d’extrême droite. En effet, n’en déplaise à certains, le journaliste livre, avec cet essai, un simple constat que tout à chacun, a moins de ne pas souhaiter voir la vérité en face, peut parfaitement reconnaitre : le fait que, en quelques décennies, au vu de la montée en puissance de l’immigration massive issue de pays africains ou du Moyen-Orient, le visage de la population européenne à, indéniablement, changer et que, suite à la crise migratoire du milieu des années 2010 – pour rappel, cet ouvrage date de 2017 – le nombre déjà conséquent de migrants à tout simplement exploser. Ces faits sont incontestables, que cela plaise ou non. De même, Douglas Murray revient également sur certaines vérités que la bien-pensance n’aborde jamais, c’est-à-dire, le fait que ces nouvelles populations possèdent un taux de natalité bien plus important que les locaux, mais aussi, dans un continent où le fait religieux ne possède plus la même importance qu’auparavant, l’Islam, lui, est de plus en plus présent, avec ses qualités mais aussi ses défauts. Tout cela, bien entendu, un individu censé ne peut que le constater et si cela en fera hurler plus d’un, Douglas Murray, dans cet essai, se contente de livrer des faits bien réels comme, autre chose pour le moins singulière et qui donne le titre à cet ouvrage, le fait que nos divers politiques sont parfaitement au courant de tout cela et qu’ils semblent soit dépassés par les événements, soit complices, soit aveugles. Et pourtant, le changement sociétal à venir sera important, surtout au vu de certaines prédictions qui montrent que, à terme, dans certains pays européens, les locaux seront moins nombreux que les nouveaux arrivants… Justement, c’est tout cela qui fait que cet ouvrage est, tout simplement, indispensable : captivant, passionnant même, il n’en reste pas moins inquiétant et a de quoi amener le lecteur à réfléchir sur l’avenir. Alors bien sur, L'Étrange Suicide de l'Europe est un ouvrage oh combien polémique et qui fait encore grincer quelques dents, en particulier chez les élites qui, pour quelques raisons insondables, semblent ne jamais reconnaitre les faits – et quand le peuple n’est pas d’accord, c’est celui-ci qui est critiquer, bien évidement ! Bref, vous l’avez compris, l’ouvrage de Douglas Murray se doit d’être lu tant tout ce qui est présenté ici est tout simplement la réalité. Bien entendu, l’avenir présenté ici semble sombre ou, du moins, aléatoire, mais au moins, personne ne pourra dire, après, qu’il n’était au courant de rien, ce, même si certains ne se priveront pas de jouer les vierges effarouchées…
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des tous meilleurs essais sociétaux de ces cinq dernières années et qui nous présente, sans le moindre fard, les changements de populations sur le vieux continent qui ont lieu depuis quelques décennies et qui ne cessent de progresser au fil des ans. Douglas Murray se contente d’écrire ce qu’il voit autour de lui et, ma foi, cela vaut tous les discours de la bien-pensance et leur fameux politiquement correct.
- Pourquoi ce sont principalement des hommes qui migrent ? Pourquoi est-il devenu impossible d’expulser des individus qui n’ont rien à faire sur le sol européen ? Pourquoi les migrants économiques sont mis au même niveau que les réfugiés de guerre ? Pourquoi nos politiques, depuis des décennies, sont complètement dépassés par les événements ? Pourquoi le changement de population qui a lieu est-il entièrement nié par les médias et les politiques ? Pourquoi ne pas reconnaitre que faire venir le monde entier en Europe, c’est aussi y faire venir les problèmes ? Pourquoi seul l’Occident devrait accueillir toute la misère du monde alors que tant de pays ne le font pas ? Voici quelques questions posés par l’auteur et qui, ma foi, méritent que l’on s’y intéresse…
- Douglas Murray livre incontestablement un travail pour le moins conséquent et tous les faits qu’il nous présente, ainsi que les multiples citations, sondages et autres statistiques, sont parfaitement documentés.
- Pour celles et ceux qui accuseront trop facilement l’auteur d’être un nationaliste et un raciste, je vous conseille de lire cet ouvrage car, a aucun moment, Douglas Murray ne peut être qualifié ainsi. D’ailleurs, n’écrit-il pas, a de multiples reprises, qu’humainement parlant, il est impossible de laisser mourir ces migrants qui ont tout quittés pour venir chez nous ?!
 
Points Négatifs :
- Bobo parisien lecteur de Libération qui ne jure que par l’écologie – tout en ne supportant les le chant des coqs, les odeurs de la campagne ou le chant des cigales lorsqu’il est en vacances – qui ne cesse de hurler qu’il déteste la police et que celle-ci ne cesse d’être violente envers les pauvres jeunes des quartiers – sans avoir jamais mis les pieds dans le moindre quartier, cela va de soit – et qui affirme que l’homme blanc est le plus grand criminel de l’Histoire tout en occultant les méfaits de toutes les autres civilisations, vous allez détester cet ouvrage !
 
Ma note : 8,5/10

vendredi 29 juillet 2022

LA SOURCE NOIRE


LA SOURCE NOIRE

De la mort, nous avons tout oublié, tout ce que notre culture avait érigé en sagesse. Même la science est devenue ignorante. Tellement que des savants tirent la sonnette d'alarme. Il faut, disent-ils, réhabiliter l'agonie, écouter les mourants, étudier ce passage aussi capital que la naissance. Psychiatres, cardiologues, chirurgiens, biologistes et physiciens, dans les laboratoires les plus sophistiqués des États-Unis, d'Europe, mais encore en Inde et partout dans le monde, analysent, sondent, interrogent la mort, ou du moins ceux qui ont frôlé la mort, collectionnent leurs écrits, examinent leurs témoignages, confrontent leurs expériences. Et l'on découvre que la mort cacherait une clarté à l'éblouissante beauté, pleine de vie, pourrait-on dire. La Source Noire. Aux portes de la mort, c'est une nouvelle approche de la vie, de la connaissance, de la mémoire...  La Source Noire, un livre fascinant et plein d'espoir.
 

La Source Noire
Auteur : Patrice Van Eersel
Type d'ouvrage : Paranormal, Spiritualité
Edition originale : 02 mai 1986
Edition française : 01 juin 1987
Titre en vo : La Source Noire
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 445
 
Mon avis :
 Du temps de ma jeunesse qui, ma foi, remonte à bien longtemps désormais puisque j’approche petit à petit de mes cinquante ans, j’avais connu, vers la vingtaine, un certain attrait pour tout ce qui avait trait au paranormal – dans le sens le plus large possible. Ainsi, que cela soit les ovnis, la cryptozoologie, les phénomènes de hantise, les anciennes civilisations disparues ou la vie après la mort, moult sujets m’intéressaient et, à l’époque, c’est-à-dire, dans les années 90, j’ai eu l’occasion de lire pas mal d’ouvrages consacrés au genre. Le temps a passé, j’ai pris de l’âge et si j’ai un peu mis tout cela de coté, de temps en temps, lorsque l’envie me prend, j’aime me replonger dans certains ouvrages qui m’avaient marquer du temps de ma jeunesse – et puis, après tout, même plus agé, je continu à me dire que notre univers comporte encore bien des mystères que la science est loin d’avoir expliquer… Du coup, en ces congés estivaux, j’ai eu le plaisir de relire La Source Noire, ouvrage du sieur Patrice Van Eersel qui traite, comme son titre ne l’indique peut-être pas, des phénomènes qui sembleraient prouver que la vie existe après la mort… Bon, la chose est dite et, forcément, certains vont doucement rigoler à ce point de ma critique. Je ne leur en tiens nullement rigueur sachant parfaitement à quel point la thématique de la survie de l’âme humaine est problématique aux yeux de bon nombre d’entre nous autres occidentaux qui, faut-il le rappeler, ont mit de coté le fait religieux depuis belle lurette. Cependant, dans La Source Noire, il n’est pas vraiment fait mention de religion, loin de là, mais plutôt d’une enquête, celle de Patrice Van Eersel donc, qui, en souhaitant comprendre ce qui pourrait expliquer les phénomènes singuliers que sont les NDE – Near Death Experience – va venir, petit à petit, au fil des diverses rencontres, qu’un phénomène bien étrange se dissimule derrière ce phénomène. Ainsi, au fil des pages qui composent cet essai, l’auteur, comme le lecteur, va aller de plus en plus loin dans cette enquête qui a lieu, principalement, aux Etats-Unis et se rendre compte que si les NDE ne sont peut-être pas la preuve absolue que l’âme humaine – appelons là ainsi – survit après notre décès, eh bien, il est difficile de ne pas aller dans ce sens au vu du nombre conséquent de témoignages de rescapés, de médecins ou d’infermières. Captivant de bout en bout, franchement intéressant et suffisamment bien écris, La Source Noire se lit comme une enquête et si certains passages sont peut-être un peu complexes par moments, l’ensemble n’en reste pas moins de fort bonne qualité. De quoi nous conforter dans notre croyance initiale de survie de l’âme, de quoi faire changer d’avis les plus sceptiques d’entre nous ? Peut-être pas, cependant, il n’en reste pas moins que cet ouvrage mérite d’être lu, ne serais-ce que pour le sérieux des faits proposés mais aussi, pour ceux qui souhaiteraient en connaitre davantage sur le sujet, pour tous les auteurs cités car, aussi incroyable que cela puisse paraitre aux yeux de certains, outre-Atlantique, le phénomène NDE est étudié depuis des décennies et moult ouvrages de qualité variable – certes – existent sur le sujet…
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des meilleurs ouvrages, si ce n’est le meilleur, qu’il m’a été donné de lire au sujet des NDE. Fort complet, revenant de manière complète sur la recherche effectuée sur le sujet aux Etats-Unis au fil des années 60, 70 et 80, La Source Noire est un ouvrage fort instructif qui captivera les amateurs du genre !
- Patrice Van Eersel nous propose une véritable enquête et, ma foi, c’est un vrai plaisir que de suivre celle-ci tout au long de l’ouvrage.
- Nombreux sont les noms cités de médecins qui ont écrit sur le sujet et, bien évidement, dans le lot, il y a un certain Raymond Moody qui fut le premier avec le célèbre La Vie après la Vie, paru en 1975. Bref, de quoi donner envie aux lecteurs d’approfondir leurs connaissances de cette thématique oh combien fascinante.
- Même si La Source Noire n’apporte aucunement la preuve que la vie existe après la mort, au vu de l’importance du phénomène, du nombre des témoignages et de l’ancienneté des visions, il y a de quoi se dire qu’il y a bien quelque chose là-dessous…
 
Points Négatifs :
- Dommage que Patrice Van Eersel n’ai pas abordé les phénomènes de transcomunication car je pense qu’il y avait de quoi en dire quelque chose. Mais bon, cela sortait peut-être un peu du cadre de cet ouvrage.
- Si l’ensemble de cet essai est suffisamment bien écrit pour satisfaire tous les publics, certains passages sont, peut-être, un poil plus complexe – l’auteur le reconnait lui-même d’ailleurs.
- Les traditionnels sceptiques rigoleront doucement et passeront leur chemin. Mais bon, est-ce vraiment une surprise ?!
 
Ma note : 7,5/10

mercredi 29 juin 2022

LE MOYEN ÂGE, UNE IMPOSTURE


LE MOYEN ÂGE, UNE IMPOSTURE

Médiéval, féodal demeurent de nos jours des insultes. C'est le résultat d'une légende ourdie dès le XVIIIe siècle et orchestrée par la Révolution, puis par les maîtres de l'enseignement public. Jacques Heers montre ici les erreurs et les malhonnêtetés qui ont fondé et alimenté cette légende. Saint Louis rendant la justice sous son chêne, féodal devenu synonyme d'inégalité criarde, médiéval utilisé à toutes les sauces dès qu'il s'agit de caractériser un retard ou un blocage : le Moyen Age est encombré d'a priori, de légendes forgées afin d'accentuer un misérabilisme imaginaire, voire de mensonges. Jacques Heers utilise son érudition au service d'une démystification salutaire des mille ans qui séparent la chute de l'empire romain d'Occident et la découverte de l'Amérique.
 

Le Moyen Âge, une Imposture
Auteur : Jacques Heers
Type d'ouvrage : Histoire
Edition originale : 10 septembre 1992
Edition française : 04 décembre 2008
Titre en vo : Le Moyen Âge, une Imposture
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Tempus Perrin
Nombre de pages : 384
 
Mon avis :
 Il y a de cela quelques jours, je vous avais parlé d’un essai plutôt intéressant du sieur David Colon, un certain Propagande. Comme son titre l’indique, cet ouvrage nous narrait l’histoire de la manipulation de masse au fil des siècles, thématique franchement intéressante, comme vous pouvez l’imaginer. Etant donc plutôt bien lancé dans le genre essais historiques, je me suis décidé, ensuite, a aborder une autre thématique tout aussi intéressante, celle, vous l’avez compris, du Moyen-âge et, plus précisément, des très nombreuses idées fausses que le grand public, les médias, les politiques et même les historiens se font au sujet de cette période historique qui, comme chacun sait, n’a pas bonne presse… Vous en doutez ? En anglais, Moyen-âge se dit Dark Ages ce qui, ma foi, veut tout dire et, d’ailleurs, il suffit de regarder un peu les médias pour entendre des termes aussi péjoratifs que médiéval, moyenâgeux, etc. Du moins, péjoratifs car ceux-ci le sont devenus, au fil du temps : la faute, selon les pays, a des individus qui, pour glorifier leurs propres faits, on mépriser ceux de leurs ancêtres, la faute, pour ce qui est de la France, à la Révolution Française et à la République qui avait besoin de boucs émissaires afin de justifier son existence, la royauté, la noblesse et le clergé. C’est donc en démontrant tout cela dans cet ouvrage que le sieur Jacques Heers nous fait découvrir un Moyen-âge différent de celui que l’on connait, une époque qui, certes, n’est pas glorifiée en tant que telle mais qui, finalement, ne mérite pas le traitement qu’elle subit depuis trop longtemps alors que l’Antiquité, la Renaissance ou l’époque dite moderne, avec leurs défauts, sont montrées en tant qu’exemples de vertus et de progrès sociaux. Le Moyen Âge, une Imposture est donc un ouvrage qui mérite le détour et dont le principal défaut, finalement, est qu’il est trop court, l’auteur n’abordant pas tous les faits de société et ayant, de plus, tendance à se répéter un peu trop souvent. Cependant, si vous souhaitez en connaitre davantage sur ce Moyen-âge réhabilité, je pense que le jeu en vaut la chandelle…
 

Points Positifs
 :
- Un ouvrage intéressant qui nous présente un Moyen-âge pour le moins innatendu et assez éloigné de celui que l’on nous présente depuis des décennies, pour ne pas dire depuis quelques siècles. Bref, voilà une période historique qui mérite d’être réhabilitée !
- Il est instructif de voir comment, selon les pays et les différentes époques, le Moyen-âge a été voué, petit à petit, aux gémonies, cette période étant accablée de tous les maux alors que, si on la compare aux autres qui l’ont précédé ou suivis, cela ne se justifiait nullement.
- La problématique française du traitement du Moyen-âge est fort intéressante quand à la responsabilité de la Révolution et de la République.
- Un ouvrage qui plaira a la fois aux connaisseurs qu’aux néophytes.
 
Points Négatifs :
- Dommage que Jacques Heers survole par moments certains faits qui auraient mérité d’être davantage développés, cela aurait donné de la consistance à ses propos.
- L’auteur à tout de même la manie discutable de se répéter un peu trop souvent à mon gout, ce qui est dommage.
- Un ouvrage un peu trop court et qui aurait, largement, mérité cent ou deux cent pages supplémentaires…
 
Ma note : 7/10

vendredi 10 juin 2022

PROPAGANDE


PROPAGANDE

Fake News, Infox, Post-Vérité : le monde contemporain ne cesse d'être confronté aux enjeux de l'information de masse. On croyait la propagande disparue avec les régimes totalitaires du XXe siècle mais, à l'ère de la révolution numérique et des réseaux sociaux, elle est plus présente et plus efficace que jamais. Chaque jour apporte ainsi son lot de désinformation, de manipulation, de rumeurs et de théories du complot. Loin de se limiter à la sphère politique et à la fabrique du consentement, la propagande imprègne aujourd'hui tous les aspects de notre vie en société, les spécialistes du marketing, du storytelling ou les théoriciens du nudge s'efforçant d'influencer nos choix et comportements. Embrassant plus d'un siècle d'histoire et couvrant un vaste espace géographique, David Colon explique les fondements et les techniques de la persuasion de masse dans le monde contemporain. Il montre que la propagande n'a cessé de se perfectionner à mesure que les sciences sociales et les neurosciences ont permis d'améliorer l'efficacité des techniques de persuasion, d'influence ou de manipulation. A travers une synthèse accessible et percutante, David Colon livre une contribution essentielle pour mieux cerner les ravages causés par la désinformation, hier comme aujourd'hui.
 

Propagande
Auteur : David Colon
Type d'ouvrage : Société, Histoire
Edition originale : 09 janvier 2019
Edition française : 17 février 2021
Titre en vo : Propagande
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 448
 
Mon avis :
 Parmi les thématiques qui me plaisent – et elles sont nombreuses – sans nul doute que la propagande occupe une place qui n’est peut-être pas la première, certes, mais qui n’en reste pas moins importante à mes yeux. En effet, il n’y a pas besoin d’avoir fait de grandes études pour savoir, comprendre, que la propagande est partout : dans nos gouvernements, dans les médias, dans la publicité, etc. D’ailleurs, depuis quelques années, on pourrait même dire que la propagande, sous toutes ses formes, n’a jamais été aussi présente autour de nous, ce, au point même que certains en voient partout – même lorsqu’elle n’est pas présente – tandis que les autres jugent que certains parmi ceux qui en voient tout de même un peu ne sont que de vulgaires complotistes – mettant ainsi tout le monde dans le même sac, ce qui est un peu stupide… Et donc, rien de tel qu’un ouvrage sur le sujet pour que je connaisse un peu mieux la fameuse histoire de la propagande, car bon, comment dire… celle-ci existe depuis longtemps et aura évoluée au fil des siècles et, plus précisément, des dernières décennies. Et, sur ce point, ce Propagande du sieur David Colon est un très bon ouvrage qui, ma foi, mérite amplement le détour pour peu que vous soyez intéresser par le sujet… Simple d’accès, y compris pour le grand public, cet ouvrage nous présente donc les grandes étapes de l'émergence puis de l'utilisation de la propagande au fil du temps – grosso modo, depuis la fin du XIXe siècle – et ce, avec de nombreuses références et des exemples bien choisis : les concepts et théories sont rappelées puis illustrées de manière parlante, soit en relatant des expériences de psychologie, soit des événements historiques. Indéniablement, toute la partie historique – la plus longue – est la plus réussie de cet essai même si, avec du recul, on n’aurait pas été contre que la propagande de guerre n’ai pas été davantage développée…  Curieusement, c'est lorsque l’auteur aborde la période contemporaine, notamment les réseaux sociaux et les Fake News, que l’ouvrage, sans devenir inintéressant, a tendance à être un poil moins réussi à mes yeux, un peu en raison du fait que David Colon quitte l’habit de l’historien qui lui sciait, jusque là, a ravir, pour celui du militant… Ainsi, alors que pendant tout l'ouvrage, il était évident que la propagande était un outil entre les mains des puissants – Etats, grandes entreprises, médias, etc. – et utilisé par eux, on a l'impression dans la dernière partie que l'auteur craint plus désormais la propagande de citoyens sous-informés, crédules, émotifs et manipulateurs, que celle des Etats ou des pouvoirs constitués. Pourtant, au vu de l’actualité récente, si David Colon a effectivement raison de pointer du doigt les dérives des réseaux sociaux et le fait, incontestable, que les Fake News sont un véritable problème, il a tord de ne pas pointer du doigt, également, la propagande de nos gouvernements et de nos médias qui est, elle aussi, plus présente que jamais – faut-il rappeler la problématique de la crise du Covid-19, pour ne citer qu’un exemple mais ceux-ci sont légions et, pour peu que l’on suive l’actualité au jour le jour, difficile de ne pas le reconnaitre. Bref, sans cette fausse note qui conclut cet essai, ce Propagande aurait frôlé avec la perfection, cependant, malgré ce défaut, il est évidant que cet ouvrage n’en reste pas moins indispensable pour celles et ceux qui souhaiteraient en connaitre davantage sur l’histoire de la propagande. Croyez-moi, celle-ci est passionnante et vous n’écouterez plus les médias, les politiques et les autres puissants de la même manière après avoir lu cet ouvrage…
 

Points Positifs
 :
- Un très bon essai qui nous fait découvrir l’histoire de la propagande au fil du temps ainsi que son évolution. David Coulon maitrise à merveille son sujet et nous livre un ouvrage terriblement captivant et qui a de quoi ravir celles et ceux qui souhaiteraient en connaitre davantage sur le sujet.
- Toute la partie historique – création, évolution – est terriblement passionnante et mérite le détour.
- Que vous soyez un parfait néophyte de la chose ou un spécialiste, Propagande est suffisamment bien écrit et simple à comprendre pour satisfaire un large public.
- Difficile de lire cet ouvrage est de suivre, ensuite, aveuglement, tout ce que l’on peut nous dire le plus sérieusement du monde – ce, que ce soit nos politiques, les médias, les entreprises, etc.
 
Points Négatifs :
- La dernière partie de cet ouvrage déçoit un peu : ainsi, si, effectivement, les réseaux sociaux sont un énorme problème de nos jours, l’auteur oublie de pointer du doigt le fait, incontestable, que la propagande n’est pas l’apanage d’un public crédule et limite débile qui s’abreuve de Fake News. Ainsi, David Coulon oublie un peu trop rapidement la propagande des états, des médias ou celle des multinationales, propagande qui, accessoirement, n’a jamais été aussi importante…
- De même, l’auteur tombe un peu trop dans le militantisme dans sa dernière partie en pointant du doigt, uniquement, la propagande d’extrême droite et en oubliant, superbement, celle d’extrême gauche qui est tout aussi problématique !
 
Ma note : 7,5/10

dimanche 29 mai 2022

GILGAMESH


GILGAMESH

Un ami d'argile, les prostituées du temple, le bâtisseur de l'Arche – voilà quelques-uns des personnages qui accompagnent Gilgamesh dans l'accomplissement de ses grands travaux. Souverain despotique condamné par les dieux à défier un géant féroce puis le Taureau céleste avant de chercher l'élixir de vie, le roi d'Uruk va vivre une véritable odyssée, au cours de laquelle il perdra presque tout ce qui lui est cher, mois finira par se trouver lui-même. Gilgamesh – le plus ancien récit du monde – raconté et adapté en BD par Jens Harder.


Gilgamesh
Scénario : Jens Harder
Dessins : Jens Harder
Couleurs : Jens Harder
Couverture : Jens Harder
Editeur : Actes Sud
Genre : Science
Pays d’origine : Allemagne, France
Langue d’origine : français
Parution : 24 janvier 2018
Nombre de pages : 124

Mon avis : J’ai eu le plaisir, que dis-je, l’immense joie de découvrir l’illustrateur allemand Jens Harder par le biais des deux premiers volets de son œuvre maitresse, je veux bien évidement parler de Alpha – Directions et de Beta – Civilisations – Volume 1, deux gros pavés qui revenaient, pour le premier, sur l’histoire de l’univers jusqu’à l’apparition humaine, pour le second, sur l’histoire de ce dernier jusqu’à la naissance du Christ. Deux pures merveilles du neuvième art, sans aucune discussion possible même s’il faut reconnaitre que ces deux albums sont avant toute chose destinée a un certain public de connaisseurs. Quoi qu’il en soit, et a défaut d’avoir droit, comme je l’espérais au second volume de Beta – Civilisations, ce fut néanmoins avec un certain plaisir – mais aussi, une curiosité certaine – que je me suis plonger dans la dernière œuvre en date de l’auteur, une bande dessinée tout autant inclassable et qui a pour sujet rien que moins que l’œuvre écrite la plus ancienne au monde, je veux bien évidement parler de Gilgamesh ! Cela tombait plutôt bien puisque, grand amoureux des civilisations mésopotamiennes, cela fait des années que le légendaire roi d’Uruk me fascine, de même que son épopée, ses aventures avec son compagnon Enkidu et, bien entendu, sa quête, inachevée, de l’immortalité. Fidèle à lui-même et à sa manière de travailler, Jens Harder nous livre une vision de cette épopée que n’auraient pas choquée les mésopotamiens eux-mêmes : ainsi, s’inspirant des bas-reliefs de l’époque, l’artiste nous fait revivre une épopée maintes fois millénaires et qui, même de nos jours, n’a rien perdu de sa force et de son intensité. Bien évidement, une fois de plus, cela ne sera pas destiné au grand public qui, sans nul doute, sera rebuté par le choix graphique et des dialogues issus de traductions forcément incomplètes. Par contre, pour les autres, particulièrement pour les amoureux de Summer, d’Ur, de Babylone et de la Mésopotamie, quel régal de redécouvrir Gilgamesh, Enkidu ou le Taureau Céleste sous le trait du fort talentueux Jens Harder !


Points Positifs :
- Retranscrire L’épopée de Gilgamesh en bande dessinée n’était pas chose aisée or, Jens Harder réussit de fort belle manière son pari et nous livre une œuvre qui ravira, sans nul doute, les amateurs de la civilisation mésopotamienne.
- Le choix graphique de l’auteur est indéniablement l’une des grandes forces de cet album. Il faut dire qu’en s’inspirant des bas-reliefs de l’époque, on a par moments l’impression que les mésopotamiens auraient put, eux-mêmes, réaliser cette bande dessinée.
- Jens Harder respecte tellement bien l’œuvre originale qu’il pousse le vice jusqu’à inclure les passages perdus et les quelques incohérences du récit ; ainsi, le final lorsque Enkidu, pourtant décédé, réapparait sans que l’on comprenne comment.
- Les fans de Jens Harder seront bien évidement ravis de retrouver l’artiste au sommet de son art.
- Une fort belle couverture qui, curieusement, met Enkidu en valeur.

Points Négatifs :
- Bien évidement, Gilgamesh n’est pas une œuvre destinée au grand public et sa grande complexité, de même que le respect total accordé aux fragments du récit que l’on connait actuellement, fait que nombreux seront ceux qui seront rebutés par une cette œuvre.
- Je n’ai rien contre Gilgamesh, au contraire, mais c’est quand que Jens Harder va s’attaquer au second volet de Beta !?

Ma note : 8,5/10

samedi 21 mai 2022

BETA – CIVILISATIONS – VOLUME 1


BETA – CIVILISATIONS – VOLUME 1

Alpha résumait quatorze milliards d’années de vie sur la Terre, depuis le Big Bang jusqu’à l’apparition des premiers hommes ; Beta prend la suite, s’intéresse à l’évolution des hominidés sur quatre millions d’années et zoome sur 30 000 ans d’histoire des civilisations humaines, jusqu’au début de l’ère chrétienne. La matière est si riche qu’il faudra deux volumes pour en venir à bout. Dans cette première partie, Jens Harder aborde des sujets tels que le développement des primates, l’invention du feu, l’apparition du langage, la sédentarisation, l’architecture, l’élevage, le développement des cités, l’émergence et le déploiement des différentes formes d’art. Fidèle à sa méthode, il organise un kaléidoscope d’images (2353 exactement !) empruntées aux sources les plus diverses (peintures rupestres, tableaux anciens, illustrations, vignettes de BD, cartes, diagrammes, photographies, images de films, animations informatiques, etc.). Le sens, inépuisable, naît des rapprochements inattendus entre ces visions hétéroclites qui bâtissent la somme des rêves, des idées et des représentations nées de l’aventure humaine.


Beta – Civilisations – Volume 1
Scénario : Jens Harder
Dessins : Jens Harder
Couleurs : Jens Harder
Couverture : Jens Harder
Editeur : Actes Sud
Genre : Science
Pays d’origine : Allemagne, France
Langue d’origine : français
Parution : 22 janvier 2014
Nombre de pages : 368

Mon avis : Après le sublime Alpha – Directions, dont je vous ai parlé sur ce blog en avril dernier et qui, pour rappel, était sortit en 2009, Jens Harder était revenu sur le devant de scène cinq ans plus tard, en 2014 donc, avec la première partie de Beta – Civilisations, la suite directe de son chef d’œuvre. Première surprise a l’époque puisque, a la base, un seul volume était prévu pour ce Beta, sauf que, devant la richesse de la chose – pour rappel, Harder traitait de l’évolution humaine jusqu’à nos jours – l’auteur avait préféré diviser cette suite en deux parties, histoire de pouvoir prendre son temps dans la conception de cette très longue histoire de l’humanité. Du coup, cette première partie de Beta va des prémices de l’évolution humaine, en revenant sur la fin des dinosaures et sur la faune de l’ère Tertiaire jusqu’à la naissance du Christ, événement choisi par commodité puisque notre calendrier débute a partir de là. Bien évidement, ceux qui avaient apprécié Alpha – Directions retrouveront avec plaisir tout ce qui leur avait plu dans le premier ouvrage de Harder, c’est-à-dire, des milliers d’illustrations, certaines inspirées de tableaux, de dessins, de photographies célèbres, une narration plutôt rare mais sans que cela soit un défaut ainsi que cette volonté, au fil des pages, de mêler l’ancien au moderne, réalité et imaginaire… Bref, comme il fallait s’y attendre, Beta – Civilisations est sans surprises mais, après tout, pourquoi Harder aurait-il dut changer une méthode qui avait fonctionné de si belle manière, surtout pour une suite ? Du coup, après lecture de ce premier volet de Beta, la seule déception que l’on peut ressentir, c’est que, justement, cela soit un premier volet et que l’on n’a pas eu droit à la suite immédiatement. D’ailleurs, quatre années après, celle-ci n’est toujours pas arrivée et on peut trouver le temps long, mais bon, lorsque l’on voit le résultat final, on ne peut que se dire que le jeu en vaut la chandelle !


Points Positifs :
- Dans la lignée de son prédécesseur, Alpha – Directions, ce Beta – Civilisations est une pure merveille, et ce, même si l’effet de surprise est passé et qu’il faille encore patienter pour la seconde partie.
- L’histoire de l’évolution humaine jusqu’à la naissance du Christ, ma foi, il y a de quoi faire et force est de constater que Jens Harder maitrise fort bien son sujet tant cet ouvrage, de près de 400 pages, est une mine d’informations.
- On retrouve avec plaisir tout ce qui avait fait la force de Alpha, c’est-à-dire, cette multitude d’illustrations, ce découpage audacieux, ce choix de couleurs par période et cet habile mélange entre imaginaire et réel, ancien et moderne et autres comparaisons auquel on n’aurait pas penser de prime abord.
- Alpha possédait déjà une couverture magnifique et, une fois de plus, le sieur Harder a fait fort pour cette première partie de Beta.

Points Négatifs :
- Je trouve que l’auteur passe un peu trop rapidement sur les civilisations de l’antiquité.
- Comme je l’avais souligné pour Alpha, Beta fait parti de ce genre d’œuvres qui, malgré son coté vulgarisateur assumé, n’en reste pas moins assez complexe. Après, tout est une affaire de gouts, bien entendu, et de vouloir posséder une certaine culture.
- Quel dommage qu’il faille patienter si longtemps pour avoir la suite de Beta ; mine de rien, cela fait quatre ans que l’on attend !

Ma note : 8,5/10

samedi 7 mai 2022

ALPHA – DIRECTIONS


ALPHA – DIRECTIONS

Dans ce livre d’une folle ambition, l’auteur allemand, Jens Harder, se penche sur les origines du monde. S’appuyant sur une synthèse des connaissances les plus actuelles dans tous les domaines du savoir, il raconte l’histoire de la vie depuis le Big Bang jusqu’à l’émergence des premières civilisations humaines. Passionné depuis le jeune âge par la nature et toutes les formes de vie, Harder donne à voir toutes les procédures et les ruses de l’Evolution : variation, mutation, symbiose, combinaison, convergence, adaptation, etc. Il se plaît à confronter le savoir contemporain avec les croyances et représentations des époques antérieures, souvent naïves ou fantastiques, telles que l’iconographie en porte témoignage. Œuvre d’utilité publique à l’heure où les théories darwiniennes sont remises en cause par un nouvel obscurantisme, cet ouvrage de vulgarisation scientifique, tout en démontrant l’extraordinaire valeur pédagogique de la bande dessinée, s’impose aussi comme une somme artistique impressionnante.


Alpha – Directions
Scénario : Jens Harder
Dessins : Jens Harder
Couleurs : Jens Harder
Couverture : Jens Harder
Editeur : Actes Sud
Genre : Science
Pays d’origine : Allemagne, France
Langue d’origine : français
Parution : 19 janvier 2009
Nombre de pages : 356

Mon avis : S’il m’aura fallut bien des années avant de me lancer, enfin, dans la lecture de cette merveille qu’est Alpha – Directions, œuvre pour le moins singulière et inclassable de l’allemand Jens Harder – après tout, elle est paru en 2009 et nous sommes en 2018 alors que, depuis le départ, j’avais prévu de me la procurer – on pourra dire, sans la moindre exagération, que le jeu en aura valut la chandelle. Il faut dire qu’ici, la messe était dite d’entrée de jeu et que ce fut sans la moindre surprise que je n’ai pas été déçu le moins du monde, bien au contraire. Alpha – Directions, une œuvre conforme a mes attentes ? Oui, sans nul doute, et ce, alors que celles-ci étaient très élevés mais bon, pour une fois qu’un résultat est a la hauteur de mes espérances, je ne vais pas m’en plaindre. Pourtant, malgré le fait, indéniable, que nous avons a faire ici a ce qu’il faut bel et bien appeler un chef d’œuvre – sans discussions possibles – il me semble évidant de rappeler que Alpha – Directions n’est peut-être pas destiné au grand public dans le sens le plus large possible. Cela est fort dommage d’ailleurs car je pense ne pas me tromper en affirmant que l’œuvre de Jens Harder est tout simplement parfaite pour ceux et celles qui souhaiteraient en connaitre davantage sur la création de l’univers, de notre planète, sur l’apparition de la vie et son évolution au fil des éons, ce, d’une manière franchement plus ludique qu’en lisant un ouvrage spécialisé. Mais bon, ne nous voilons pas la face, si Alpha – Directions apportera son lot de connaissances a beaucoup, nombreux seront ceux qui n’oseront guère franchir le cap et tenter l’expérience ; cela est dommage, j’en conviens… Pourtant, quelle merveille que cet album : pour son coté instructif, principalement, qui m’a rappeler, tout au long, certaines de mes lectures d’enfance – et qu’est ce que j’aurais aimé posséder une telle œuvre a l’époque – pour ses illustrations qui, en s’inspirant, pour la plupart, d’œuvres existantes, parsèment cet ouvrage, pour ce découpage audacieux, ces très nombreux clins d’œil et références religieuses, sans oublier, bien entendu, une coloration assez simple mais néanmoins efficace. Bref, un sans fautes et une flopée de qualités digne des plus grands chefs d’œuvres pour cet Alpha – Directions, indéniablement, un ouvrage que l’on ne peut pas qualifier uniquement de simple bande dessinée, loin de là. Après, il est clair que ce n’est pas le genre de bouquins a mettre entre toutes les mains mais, quelque part, si cela est plutôt dommage, est-ce vraiment important, ceux qui tenteront l’expérience, eux, seront aux anges, ce, avant de se plonger dans la suite, c’est-à-dire, la première partie d’un certain Beta – Civilisations qui s’intéressera, lui, aux débuts de l’histoire de l’humanité…


Points Positifs :
- Sans la moindre surprise, Alpha – Directions est un pur chef d’œuvre, un truc énorme, monumental, stupéfiant même et terriblement instructif. Le travail en amont de la part de Jens Harder a dut être important mais quand on voit le résultat final, on ne peut que s’incliner devant celui-ci.
- L’histoire des débuts de l’Univers jusqu’à l’apparition de l’Homme résumé en presque 400 pages… cela peut paraitre peu mais en fait, le résumé – car comment ne pas faire un résumé – n’en est pas moins complet et, surtout, fort instructif, ce, que vous soyez un familier de la préhistoire ou un parfait néophyte.
- Alpha – Directions n’est pas vraiment une bande dessinée dans le sens premier du terme, cependant, cela se lit plus ou moins de la même manière sauf qu’ici, ce ne sont pas les textes qui priment mais les illustrations, très nombreuses, certaines étant originales et d’autres, plus nombreuses, s’inspirant de tableaux, de sculptures, de dessins, etc.
- L’auteur met souvent en parallèle le déroulement de la création de l’univers ou de l’évolution de la vie avec des illustrations religieuses diverses, voir même, en certaines occasions, avec d’autres qui s’inspirent d’œuvres de la culture populaire. Le résultat, fait de manière intelligente, est bigrement efficace.
- Une colorisation plutôt basique – chaque ère géologique possède sa couleur – mais qui apporte un plus indéniable a l’ensemble.
- La couverture est simple mais efficace.

Points Négatifs :
- Malheureusement, malgré le fait que Alpha – Directions est une œuvre parfaite pour les néophytes, je pense qu’elle n’en reste pas moins pas évidente d’accès pour un certain public. Cela n’est pas un défaut a proprement parler, certes, mais il ressort tout de même un coté élitiste de cet album qui en fera fuir plus d’un. Dommage, ils ne savent pas ce qu’ils ratent…

Ma note : 9/10