lundi 31 mai 2021

THE KINKS ARE THE VILLAGE GREEN PRESERVATION SOCIETY


THE KINKS ARE THE VILLAGE GREEN PRESERVATION SOCIETY
 
The Kinks
 
1 - The Village Green Preservation Society (Ray Davies) 2:45
2 - Do You Remember Walter ? (Ray Davies) 2:23
3 - Picture Book (Ray Davies) 2:34
4 - Johnny Thunder (Ray Davies) 2:28
5 - Last of the Steam-Powered Trains (Ray Davies) 4:03
6 - Big Sky (Ray Davies) 2:49
7 - Sitting by the Riverside (Ray Davies) 2:21
8 - Animal Farm (Ray Davies) 2:57
9 - Village Green (Ray Davies) 2:08
10 - Starstruck (Ray Davies) 2:18
11 - Phenomenal Cat (Ray Davies) 2:34
12 - All of My Friends Were There (Ray Davies) 2:23
13 - Wicked Annabella (Ray Davies) 2:40
14 - Monica (Ray Davies) 2:13
15 - People Take Pictures of Each Other (Ray Davies) 2:10
 

The Kinks Are the Village Green Preservation Society
Musicien : The Kinks
Parution : 22 novembre 1968
Enregistré : Novembre 1966 – Octobre 1968
Durée : 38:46
Genre : Rock, Pop
Producteur : Ray Davies
Label : Pye

Musiciens :
Ray Davies : Chants, guitare, piano, harmonica, saxophone, trompète, trombone, accordéon, hautbois, flute
Dave Davies : Guitare, chœurs, chant sur Wicked Annabella
Pete Quaife : Basse, chœurs
Mick Avory : Batterie, percussion
Nicky Hopkins : Piano, mellotron
Rasa Davies : Chœurs
 
Mon avis : 
Avec The Kinks Are the Village Green Preservation Society, nous abordons sans nul doute le plus grand album (selon les critiques) d’un groupe un peu tombé dans l’oubli de nos jours, les Kinks. Bref, ce n’est pas n’importe quel opus dont je vais vous parler aujourd’hui quoi que, avant d’aller plus loin, une petite précision, de taille, s’impose : en effet, si je connaissais les Kinks depuis fort longtemps – grosso modo, un bon quart de siècle si je ne me trompe pas – jusqu’à ce jour, je n’avais jamais eu l’occasion d’écouter ne serais-ce qu’un seul de leurs albums ; une chanson par ci, par la, les noms des membres du groupe, leurs visages (et encore), et puis c’est tout. Bref, et comme cela m’arrive souvent, je remettais toujours au lendemain le jour où, enfin, je franchirai le pas et me déciderait, enfin, a essayer de découvrir enfin ces fameux Kinks. Bref, il était grand temps que je m’y mette aux Kinks, et, justement, rien de tel pour cela que de commencer par cet opus, ce célèbre The Kinks Are the Village Green Preservation Society dont j’avais entendu le plus grand bien. Mais alors, la chose étant faite désormais, que dire de cet album ? Méritait-il toutes les louanges que j’ai put lire ici ou la depuis si longtemps ? Eh ben ma fois, d’un point de vu objectif, sans doute, cependant, d’un autre coté, j’ai un peu de mal à y voir le pur chef d’œuvre clamé par beaucoup. La faute, bien entendu, principalement au fait qu’il n’est jamais simple de se lancer dans un nouveau groupe, de le découvrir, en partant de zéro, ou presque, surtout que, qu’on le veuille ou non, si l’on possède une certaine culture musicale, ce qui est mon cas, on ne peut pas s’empêcher de faire des comparaisons a d’autres productions parues a la même époque, ce qui, forcément, est on ne peut plus injuste pour les Kinks. Car ceux-ci n’étaient ni les Beatles, ni les Stones, ni même les Who, non, les Kinks, a une époque où quasiment tout le monde était tombé dans la musique psychédélique, parlait ouvertement de révolution, de drogues et de mysticisme hindou, les Kinks, eux, nous pondent cet album, terriblement pop, et qui nous narre des histoires d’amitié perdues, de beuveries, de motards et de chats volants ; bref, un truc complètement hors-propos a l’époque, qui connu, forcément, un terrible échec commercial mais qui, avec le temps, fut reconnu a sa juste valeur. Car oui, malgré tout, comment ne pas reconnaitre l’intrinsèque valeur des nombreuses chansons de ce The Kinks Are the Village Green Preservation Society : mélodies entrainantes, usage d’instruments divers même les plus incongrues, aucune fausse note, mais aussi, et surtout, ce coté anticonformiste assumé, car oui, en 1968, un album pop l’était bien plus que de se taper pour la énième fois un truc sous acide… Bien entendu, cet album mérite une seconde écoute, une troisième, beaucoup d’autres d’ailleurs afin que l’on puisse mieux en saisir toute sa valeur, mais aussi, dans mon cas, pour me permettre de mieux saisir ce groupe et de, par la suite, tenter une nouvelle fois l’expérience, avec, pourquoi pas, un certain Arthur (Or the Decline and Fall of the British Empire)
 

Points Positifs
 :
- Rendons a César ce qui lui appartient et donc, au sieur Ray Davies, d’avoir porter ce projet a bout de bras contre vents et marées et, surtout, contre sa maison de disques qui fut pour beaucoup dans l’échec commercial de cet album.
- Sincèrement, les quinze chansons qui composent cet album sont, mélodiquement parlant, de véritables petites perles.
- Le fait que, alors que la concurrence suivait la mode du psychédélisme, les Kinks aient osé réaliser un disque 100% pop, donc, bien entendu, sonnant désuet a l’époque, pour ne pas dire ringard pour certains.
- Les thèmes aussi – villages, beuveries, amitiés perdues, sorcières, chats volants – aux antipodes des révolutions et autres Hare Krishna chantés par les autres…

 Points Négatifs :
- Hélas, il manque un ou deux titres qui sortent véritablement du lot dans ce The Kinks Are the Village Green Preservation Society. Bien évidement, il n’y a aucune mauvaise chanson, mais un ou deux hits auraient bien aidé au succès de cet album.
- Cela n’a strictement rien à voir avec la valeur en elle-même de cet opus mais reconnaissons qu’au contraire de certains albums parus sensiblement a la même époque, celui-ci risque de ne pas plaire aux plus jeunes d’entre nous ; ce n’est pas que, musicalement, il ait vieillit, ce n’est pas le cas, mais ce coté pop prononcé, certaines mélodies… j’ai quand même un doute pour la génération actuelle…

Ma note : 8/10

dimanche 30 mai 2021

LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN


LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN

Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés. Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique. Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps, les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans. Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ?


Les Déportés du Cambrien
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction, Anticipation
Première Parution : 1967
Edition Poche : 17 avril 2002
Titre en vo : Hawksbill Station
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Livre de Poche
Nombre de pages : 191

Mon avis : Après le fort réussi Roma Æterna, voici le second roman de cette grande figure de la SF Nord-Américaine, je veux bien évidement parlé de Robert Silverberg, dont je vais vous parler sur ce blog : Les Déportés du Cambrien, une œuvre plutôt intéressante même si pas exempt de défauts… Déjà, le concept de départ avait plus qu’éveiller ma curiosité – des prisonniers politiques envoyés des milliards d’années dans le passé, lors des débuts de l’apparition de la vie sur Terre, sans espoir de retour, bref, la prison idéale – et, au bout de quelques pages, j’ai été plus que conforter dans mon choix, celle-ci s’avérant être captivante. Robert Silverberg, jongle de fort bonne manière entre deux récits, c’est-à-dire, l’intrigue principale qui s’étale sur quelques jours entre, l'arrivée de cet étrange Lew Hahn parmi les autres détenus dans la station de Hawksbill jusqu'à la révélation finale, et l’intrigue secondaire, s’intéressant elle a la vie de Jim Barret, protagoniste principal du livre, et, accessoirement, plutôt touchant, de ses débuts de révolutionnaire jusqu'à son arrestation – la, sur une période bien plus longue, plus de 20 ans. Et, non seulement on prend un certain plaisir a alterner les deux récits, découvrant petit a petit le passé du héros tout en se demandant qui peut bien être ce tout nouveau détenu, mais en plus, dans ce récit, Silverberg se permet de nous tenir en haleine avec son histoire de mouvements clandestins dans cette Amérique devenue une véritable dictature. Vous l’avez compris, sans être le roman de l’année et malgré un coté un peu rétro, Les Déportés du Cambrien s’est avéré être une fort bonne surprise, assez prenant, qui se lit d’une traite et dont la fin, pour être tout a fait franc, m’aura surpris, bref, une œuvre que je ne saurai trop que vous conseiller et dont, finalement, le principal défaut aura été qu’elle soit trop courte, beaucoup trop courte, et qu’il y aurait eu beaucoup plus a dire sur ce pénitencier en plein Cambrien…


Points Positifs :
- Déjà, notons l’originalité du postulat de base : envoyés un milliard d’année dans le passé, sans la moindre chance d’en revenir, les prisonniers politiques d’une Amérique devenue une dictature se retrouvent donc bel et bien dans ce qu’il faut bien appeler une prison idéale. Bien entendu, les voyages dans le temps sont un thème souvent abordés dans le genre SF, cependant, pas de cette manière en tous cas.
- Robert Silverberg alterne plutôt bien entre deux récits et l’on passe de l’un à l’autre sans le moindre problème et toujours avec le même intérêt.
- Captivant, assez court, impossible de lâcher ce roman avant de le finir.
- La fin, surprenante.

Points Négatifs :
- Je suis peut-être habituer à des romans un peu plus longs et qui font un peu plus la part belle aux descriptions mais en tous cas, il est évidant que Les Déportés du Cambrien est beaucoup trop court et on ne peut s’empêcher de se dire qu’il y avait beaucoup a dire…
- De même, le style à un peu vieillit, mais, en comparaison avec d’autres œuvres, pas tant que cela…
- La surprise finale est plutôt réussie mais je trouve qu’elle arrive un peu trop rapidement ; mais bon, comme je l’ai dit, ce roman est court, ce qui explique sans doute cela !?

Ma note : 7/10

samedi 29 mai 2021

DHEEPAN


DHEEPAN
 
Dheepan est un combattant des Tigres tamouls. La guerre civile touche à sa fin au Sri Lanka, la défaite est proche, Dheepan décide de fuir. Il emmène avec lui une femme et une petite fille qu'il ne connaît pas, espérant ainsi obtenir plus facilement l'asile politique en Europe. Arrivée à Paris, cette « famille » vivote d'un foyer d'accueil à l'autre, jusqu'à ce que Dheepan obtienne un emploi de gardien d'immeuble en banlieue. Dheepan espère y bâtir une nouvelle vie et construire un véritable foyer pour sa fausse femme et sa fausse fille. Bientôt cependant, la violence quotidienne de la cité fait ressurgir les blessures encore ouvertes de la guerre. Le soldat Dheepan va devoir renouer avec ses instincts guerriers pour protéger ce qu'il espérait voir devenir sa « vraie » famille.
 

Dheepan
Réalisation : Jacques Audiard
Scénario : Jacques Audiard, Thomas Bidegain et Noé Debré, librement inspiré des Lettres persanes de Montesquieu
Musique : Nicolas Jaar
Production : Why Not Productions, Page 114, France 2 Cinéma
Genre : Drame
Titre en vo : Dheepan
Pays d'origine : France
Langue d'origine : français
Date de sortie : 26 août 2015
Durée : 109 mn
 
Casting :
Antonythasan Jesuthasan : Dheepan
Kalieaswari Srinivasan : Yalini
Claudine Vinasithamby : Illayaal
Vincent Rottiers : Brahim
Marc Zinga : Youssouf
Tarik Lamli : Mourad, résident du Pré
Faouzi Bensaïdi : Monsieur Habib
Bass Dhem : Azziz
Franck Falise : le gardien du Hall C
Joséphine de Meaux : la directrice de l'école
Jean-Baptiste Pouilloux : le juriste au foyer
Nathan Anthonypillai : l'interprète
Vasanth Selvam : Colonel Cheran
Kartik Krishnan : le faussaire au Sri Lanka
Tassadit Mandi : la dame dans l'escalier
Marie Trichet : la jeune femme chez M. Habib
Rudhra : la femme du camp de réfugié
Keasavan Paramasamy : Vendeur de roses
Suthagar Shanmugalingam : Vendeur de roses
Thurainesan Thurasingham : Vendeur de roses
Eric Douré : le faussaire pakistanais
Jana Bittnerova : la résidente anniversaire
Jean-Michel Correia : le facteur
Alexandre Michel : l'employé Pole-Emploi
 
Mon avis :
 Après vous avoir parlé, pour la toute première fois sur ce blog, d’un long métrage du sieur Jacques Audiard, il y a tout juste quelques jours avec De Rouille et d’Os, film plutôt reconnu par la critique mais qui ne m’avait guère convaincu, aujourd’hui, c’est d’une autre œuvre du réalisateur dont je vais vous entretenir, un autre succès incontestable de ce dernier, Dheepan. Sortit en 2015, en une période où l’actualité était alors prise d’assaut par des images de centaines de milliers de réfugiés qui arrivaient en Europe afin de fuir la guerre au Moyen-Orient et, pour beaucoup, les troupes dégénérées de Daesh, en cette période où nombreux étaient ceux qui s’élèvent contre l’accueil fait par nos gouvernements de ces mêmes réfugiés et qui se souvenaient, subitement, qu’en bas de chez eux, il y a avait des SDF, alors qu’eux-mêmes n’ont jamais rien fait pour eux, bien au contraire, la thématique générale de Dheepan ne pouvait qu’éveiller ma curiosité car si cette fausse famille n’est pas syrienne, elle n’en fuyait pas moins un conflit au Sri-Lanka – peu connu sous nos latitudes car pas assez vendeur – et, accessoirement, la mort. Du coup, de par sa thématique et le fait que je suis moi-même enfant d’immigrés qui avaient fuit une dictature dans les années 70, dès les premières minutes, j’ai été conquis par cette histoire de ces trois êtres que le destin a réuni et qui essayent, avec difficultés bien sur, de se reconstruire un avenir dans notre pays… Alors bien sur, pour une famille qui n’en est pas vraiment une, les choses seront compliquées car entre la langue et les traditions à apprendre, il y aussi le fait qu’ils sont logés, parqués, dans une cité comme il en existe tant en France et où la racaille de banlieue fait la loi. Bien évidement, les bien pensants qui n’ont jamais mis ne serais-ce qu’un seul pied dans une citée trouveront que tout cela est exagérer, les autres, ceux qui doivent vivre avec ces dégénérés qui font la loi pendant que le gouvernement détourne le regard, ne retrouveront, finalement, que leur simple quotidien… Alors bien sur, il est pour le moins amusant de voir quelques racailles se moquer du héros, ce gardien dont ils ne se doutent absolument pas qu’il est un ancien soldat et qu’il est, de fait, mille fois plus dangereux qu’eux, de même, il est intéressant de voir toutes les difficultés d’intégration, malgré toute la bonne volonté du monde, de cette famille de réfugiés – et pourtant, ils en font des efforts… Et puis, et puis… alors que tout coulait bien, alors que le film paraissait être parti pour atteindre des sommets, a l’orée du dernier tiers, ce fut la débandade totale : oublié la thématique des débuts, Dheepan devient un banal western moderne où notre héros se voit obliger de lutter contre les méchantes racailles, se donnant même le luxe, dans une scène surréaliste, de les massacrer tous les uns après les autres avant que ne survienne un improbable happy-end… Et là, quand survint le générique de fin, j’en suis resté bouche bée : mais comment ont-ils put gâcher une œuvre aussi bonne de cette façon, comment avaient-ils osé tomber dans le grand n’importe quoi ?! Ah, il y a vraiment des questions auxquels je n’aurais jamais de réponses, mais franchement, quel dommage !
 

Points Positifs
 :
- Une thématique forte et qui, par le hasard d’une actualité récente, colle parfaitement à celle-ci, je veux bien évidement du sort des réfugiés de guerre et de leur intégration dans nos sociétés occidentales.
- Je pense que tout enfant d’immigré ne pourra qu’être intéressé par ce film qui, par moments, leur rappellera bien des souvenirs, que cela soit le problème de l’intégration, les moqueries, les préjugés, etc.
- Chapeau bas aux acteurs que je ne connaissais absolument pas mais qui sont excellents, rendant cette vrai-fausse famille pour le moins touchante.
- Mine de rien, c’est plutôt rare de voir la communauté tamoule portée à l’écran.
- Certes, j’ai trouvé la scène ridicule, mais bon, d’un autre coté, voir toutes ces racailles se faire massacrer par un soit disant simple gardien, ça a un petit coté amusant pour ne pas dire jouissif !
 
Points Négatifs :
- Les deux premiers tiers du film sont excellents, puis, tout a coup, les racailles prennent de plus en plus d’importance et le scénario se transforme en western moderne dont on ne comprend absolument pas l’intérêt, gâchant indéniablement l’impression finale.
- Quand Dheepan est en colère, il se transforme en Rambo et massacre des racailles a la machette, alors certes, c’est peut-être une idée pour résoudre les problèmes des banlieues, mais bon, pour ce qui est de la crédibilité par contre…
- D’ailleurs, qu’un ex-soldat massacre des voyous qui ne sont, après tout, que des voyous qui jouent aux grands, c’est une chose, mais que cet ex-soldat échappe a la justice, c’est plutôt singulier.
- Le happy-end est pour le moins curieux : tandis que la France aura été présentée comme une zone de non droit, l’Angleterre, elle, pays où il n’y a pas de problèmes comme chacun sait, apparait comme une espèce de Paradis… Mouais…
 
Ma note : 7/10

GILGAMESH


GILGAMESH

Un ami d'argile, les prostituées du temple, le bâtisseur de l'Arche – voilà quelques-uns des personnages qui accompagnent Gilgamesh dans l'accomplissement de ses grands travaux. Souverain despotique condamné par les dieux à défier un géant féroce puis le Taureau céleste avant de chercher l'élixir de vie, le roi d'Uruk va vivre une véritable odyssée, au cours de laquelle il perdra presque tout ce qui lui est cher, mois finira par se trouver lui-même. Gilgamesh – le plus ancien récit du monde – raconté et adapté en BD par Jens Harder.


Gilgamesh
Scénario : Jens Harder
Dessins : Jens Harder
Couleurs : Jens Harder
Couverture : Jens Harder
Editeur : Actes Sud
Genre : Science
Pays d’origine : Allemagne, France
Langue d’origine : français
Parution : 24 janvier 2018
Nombre de pages : 124

Mon avis : J’ai eu le plaisir, que dis-je, l’immense joie de découvrir l’illustrateur allemand Jens Harder par le biais des deux premiers volets de son œuvre maitresse, je veux bien évidement parler de Alpha – Directions et de Beta – Civilisations – Volume 1, deux gros pavés qui revenaient, pour le premier, sur l’histoire de l’univers jusqu’à l’apparition humaine, pour le second, sur l’histoire de ce dernier jusqu’à la naissance du Christ. Deux pures merveilles du neuvième art, sans aucune discussion possible même s’il faut reconnaitre que ces deux albums sont avant toute chose destinée a un certain public de connaisseurs. Quoi qu’il en soit, et a défaut d’avoir droit, comme je l’espérais au second volume de Beta – Civilisations, ce fut néanmoins avec un certain plaisir – mais aussi, une curiosité certaine – que je me suis plonger dans la dernière œuvre en date de l’auteur, une bande dessinée tout autant inclassable et qui a pour sujet rien que moins que l’œuvre écrite la plus ancienne au monde, je veux bien évidement parler de Gilgamesh ! Cela tombait plutôt bien puisque, grand amoureux des civilisations mésopotamiennes, cela fait des années que le légendaire roi d’Uruk me fascine, de même que son épopée, ses aventures avec son compagnon Enkidu et, bien entendu, sa quête, inachevée, de l’immortalité. Fidèle à lui-même et à sa manière de travailler, Jens Harder nous livre une vision de cette épopée que n’auraient pas choquée les mésopotamiens eux-mêmes : ainsi, s’inspirant des bas-reliefs de l’époque, l’artiste nous fait revivre une épopée maintes fois millénaires et qui, même de nos jours, n’a rien perdu de sa force et de son intensité. Bien évidement, une fois de plus, cela ne sera pas destiné au grand public qui, sans nul doute, sera rebuté par le choix graphique et des dialogues issus de traductions forcément incomplètes. Par contre, pour les autres, particulièrement pour les amoureux de Summer, d’Ur, de Babylone et de la Mésopotamie, quel régal de redécouvrir Gilgamesh, Enkidu ou le Taureau Céleste sous le trait du fort talentueux Jens Harder !


Points Positifs :
- Retranscrire L’épopée de Gilgamesh en bande dessinée n’était pas chose aisée or, Jens Harder réussit de fort belle manière son pari et nous livre une œuvre qui ravira, sans nul doute, les amateurs de la civilisation mésopotamienne.
- Le choix graphique de l’auteur est indéniablement l’une des grandes forces de cet album. Il faut dire qu’en s’inspirant des bas-reliefs de l’époque, on a par moments l’impression que les mésopotamiens auraient put, eux-mêmes, réaliser cette bande dessinée.
- Jens Harder respecte tellement bien l’œuvre originale qu’il pousse le vice jusqu’à inclure les passages perdus et les quelques incohérences du récit ; ainsi, le final lorsque Enkidu, pourtant décédé, réapparait sans que l’on comprenne comment.
- Les fans de Jens Harder seront bien évidement ravis de retrouver l’artiste au sommet de son art.
- Une fort belle couverture qui, curieusement, met Enkidu en valeur.

Points Négatifs :
- Bien évidement, Gilgamesh n’est pas une œuvre destinée au grand public et sa grande complexité, de même que le respect total accordé aux fragments du récit que l’on connait actuellement, fait que nombreux seront ceux qui seront rebutés par une cette œuvre.
- Je n’ai rien contre Gilgamesh, au contraire, mais c’est quand que Jens Harder va s’attaquer au second volet de Beta !?

Ma note : 8,5/10

vendredi 28 mai 2021

PROCOL HARUM


PROCOL HARUM
 
Procol Harum
 
1 - A Whiter Shade of Pale (Keith Reid, Gary Brooker, Matthew Fisher) 4:08
2 - Conquistador (Keith Reid, Gary Brooker) 2:37
3 - She Wandered Throught the Garden Fence (Keith Reid, Gary Brooker) 3:24
4 - Something Following Me (Keith Reid, Gary Brooker) 3:37
5 - Mabel (Keith Reid, Gary Brooker) 1:58
6 - Cerdes (Outside the Gate of) (Keith Reid, Gary Brooker) 5:05
7 - A Christmas Camel (Keith Reid, Gary Brooker) 4:50
8 - Kaleidoscope (Keith Reid, Gary Brooker) 2:54
9 - Salad Days (Are Here Again) (Keith Reid, Gary Brooker) 3:41
10 - Good Captain Clack (Keith Reid, Gary Brooker) 1:30
11 - Repent Walpurgis (Keith Reid, Matthew Fisher) 5:08
 

Procol Harum
Musicien : Procol Harum
Parution : 01 septembre 1967
Enregistré : Avril 1967 – Juin 1967
Durée : 35:05
Genre : Rock Psychédélique, Pop Baroque
Producteur : Denny Cordell
Label : Regal Zonophone
Musiciens :
Gary Brooker : piano, chant
Matthew Fisher : orgue
Dave Knights : basse
Keith Reid : paroles
Robin Trower : guitare
B. J. Wilson : batterie
 
Mon avis : 
Dans la série des grands groupes de rocks complètement oubliés de nos jours – du moins, pour ce qui est du grand public, c’est-à-dire, de la majeure partie des gens – j’ai nommé, aujourd’hui, Procol Harum ! Il faut dire, bien évidement, que lors des années 60 et 70, le genre connu tant de groupes sublimes, d’artistes incomparables et d’albums incontournables – les chefs d’œuvres étant légions et je n’exagère nullement en affirmant cela – que, malheureusement, avec le temps qui est passé depuis, tout le monde ne fut pas logé à la même enseigne. Ainsi, si les Beatles et les Stones – voir les Pink Floyd, Led Zeppelin, The Doors et quelques autres – sont encore connus de nos jours, combien de superbes groupes sont tombés dans l’oubli, ou presque !? Parmi eux, donc, il y a Procol Harum : un nom singulier pour un groupe qui l’était tout autant et qui, accessoirement, existe encore de nos jours, mais un nom qui, aux yeux des initiés, restera à jamais comme étant un des plus notables, ce, pour deux raisons, pour leurs sublimes albums mais aussi pour un certain titre, A Whiter Shade of Pale, probablement une des plus grandes chansons de tous les temps, rien que ça ! Bref, il était grand temps que je vous parle de Procol Harum sur ce blog et, ma foi, histoire de bien commencer, autant le faire par leur tout premier opus, Procol Harum – oui, ils ne se sont guère foulés pour trouver un titre à leur album… Une pochette culte, en noir et blanc, qui nous présente une jeune femme dénudée et un contenu, ma foi, superbe ! Il faut dire que, si l’on met de coté le cas A Whiter Shade of Pale inclut dans les versions modernes de ce premier opus et qui n’était sortit, à l’époque, qu’en 45 tours, véritable merveille intemporelle reprise depuis par moult artistes – voir Annie Lennox dans Medusa – ce premier album de Procol Harum, sans être un pur chef d’œuvre absolu – ils feront nettement mieux par la suite, il faut le reconnaitre – n’en reste pas moins un incontournable pour les fans du groupe, bien entendu, mais aussi pour les amateurs de musique en général. Quasiment parfait de bout en bout, riche en compositions de qualité – Conquistador, She Wandered Throught the Garden Fence, Cerdes (Outside the Gate of), A Christmas Camel, Repent Walpurgis – possédant un son identifiable entre mille, mélange habile entre rock psychédélique et musique baroque, sans oublier la voix inimitable de son chanteur, Gary Brooker, Procol Harum – l’album, pas le groupe – est un superbe opus qui pose immédiatement Procol Harum – le groupe, pas l’album – comme un des tous meilleurs de l’année 1967, ce, au sein d’une concurrence oh combien féroce. La suite confirmera, tout naturellement, tout le bien que les amateurs de musique pouvaient penser de ces singuliers britanniques qui réussiront la gageure de faire encore mieux, particulièrement par le biais d’un certain A Salty Dog, indéniablement, un de leurs meilleurs albums même si ceci reste, bien entendu, une autre histoire… Bref, si vous ne connaissez pas Procol Harum et, encore moins, cet album, si vous êtes un fan de musique en générale et que vous n’avez pas peur de ces albums désormais anciens, alors, n’hésitez pas une seule seconde car si cet excellent groupe est plutôt méconnu de nos jours, ce n’est qu’une terrible injustice, surtout lorsque l’on voit le marasme musical actuel qui dure depuis bien trop longtemps…
 

Points Positifs
 :
- Pour un premier album, il faut reconnaitre que Procol Harum fait fort, très fort même et nous livre un opus à la fois quasiment parfait de bout en bout mais qui, surtout, laisse présager d’un immense potentiel pour la suite. Possédant de très bons titres et un son original, Procol Harum est un des incontournables de cette lointaine et si riche année 1967…
- Conquistador, She Wandered Throught the Garden Fence, Cerdes (Outside the Gate of), A Christmas Camel, Repent Walpurgis sont des titres superbes qui font de ce premier opus du groupe un très bon album.
- L’inclusion, dans les versions modernes de l’album, de A Whiter Shade of Pale, sans aucun doute possible, une des plus grandes chansons de tous les temps !
- Ce son si particulier, mélange de rock psychédélique et de musique baroque.
- La voix, reconnaissable entre mille, de Gary Brooker.
- Une pochette à la fois simple – une jeune femme dénudée en noir et blanc – mais qui n’en reste pas moins superbe.

 Points Négatifs :
- Même s’il y a moult très bonnes chansons dans ce premier opus de Procol Harum, il faut reconnaitre que certains titres sont un peu plus moyens, ce qui empêche cet album d’atteindre l’excellence.
- Bien entendu, si vous n’êtes pas un familier de cette musique qui sonne typiquement comme les albums de son époque – bref, qui accuse son âge et absolument pas moderne pour un sou – alors, vous risquerez de ne pas apprécier cet album, ce qui est dommage mais cela reste une affaire de gouts personnels, bien entendu…

Ma note : 8/10

jeudi 27 mai 2021

L'HABITANT DE L'INFINI – TOME 3


L'HABITANT DE L'INFINI – TOME 3
 
Makie a retrouvé Lin et Manji et propose à ce dernier un nouveau combat qu'il accepte, néanmoins il demande à Lin de s'en aller ce qui la vexe profondément – elle ne sait pas que Makie n'aborde pas Manji en tant que prostituée. Cependant, la jeune fille commence à avoir des doutes sur la réelle identité de Makie et décide d'aller les retrouver. Pendant ce temps Manji a fort à faire face à une Makie bien plus dangereuse qu'auparavant. Makie finit par prendre l'avantage en utilisant la même technique que Manji avait utilisé sur Shizuma et elle parvient à l'empaler sur un mur. Manji est alors très étonné car Makie ne semble pas décidé à lui donner le coup de grâce, en effet elle a subitement perdu sa rage de combattre et tremble désormais devant lui. Manji énervé de cette réaction lui conseille de le décapiter si elle ne veut pas que le combat s'éternise…
 

L'Habitant de l'Infini – Tome 3
Scénariste : Hiroaki Samura
Dessinateur : Hiroaki Samura
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Action, Samouraïs, Drame
Titre en vo : Mugen no jūnin vol.3
Parution en vo : 21 avril 1995
Parution en vf : 16 février 2005
Langue d'origine : Japonais
Éditeur : Casterman
Nombre de pages : 240
 
Mon avis :
 Sans pouvoir non plus prétendre à l’excellence, les deux premiers volumes de L’Habitant de l’Infini s’étaient avérer être suffisamment réussis pour satisfaire les amateurs du genre qui retrouvaient ici une histoire loin d’être d’une folle originalité mais qui, avec ses duels de samouraïs, ses histoires de vengeances, ses protagonistes charismatiques en diable et ses deux personnages principaux attachants, n’en possédait pas moins un potentiel certain qui laissait présager du meilleur… Et, alors que nous abordons à présent le troisième volume de la saga, il est évidant que, une fois de plus, le mangaka, Hiroaki Samura, nous livre un album haut en couleur qui reste dans la lignée de ses prédécesseurs en étant tout aussi bon que ces derniers même si, comme vous allez vous en rendre compte, les choses changent un peu ici… En effet, dans ce troisième volet de L’Habitant de l’Infini, place est faite, principalement, aux dialogues entre les différents protagonistes. Certes, nous avons une fois de plus affaire a quelques scènes spectaculaires qui font tout le sel de ce manga comme, bien évidement, le duel entre notre héros, Manji, et la redoutable Makie – désormais, nettement plus dangereuse que dans le tome précédent – cependant, dans ces nouveaux chapitres de L’Habitant de l’Infini, les dialogues entre certains protagonistes, les révélations sur le passé d’Anotsu, son lien particulier avec Makie et le questionnement pour le moins pertinent au sujet de la vengeance, ne sont pas en reste et font, indéniablement, de ce troisième tome une belle réussite qui confirme, une nouvelle fois, tout le bien que l’on peut penser de ce manga qui n’est peut-être pas un chef d’œuvre absolu, certes, mais qui s’avère être, petit à petit, de plus en plus prometteur…
 

Points Positifs
 :
- Un troisième volet qui met davantage l’accent sur les dialogues et quelques révélations sur le passé de certains protagonistes mais qui n’en reste pas moins dans la lignée de ses prédécesseurs, confirmant, à nouveau, tout le bien que l’on peut penser de ce manga. Bref, les fans de L’Habitant de l’Infini seront une fois de plus aux anges !
- Le duel entre Manji et Makie s’avère être un des grands moments de ce troisième tome, surtout que cette dernière représente enfin une véritable menace pour notre héros qui est en bien mauvaise posture ici.
- Comme je le souligne à chaque fois, la partie graphique est une des grandes forces de ce manga. Il faut dire que le mangaka maitrise à merveille son style qui alterne entre crayonnés fort audacieux et planches détaillées de toutes beautés. Un pur régal !
- Ce n’est pas la meilleure couverture que nous avons eu mais bon, elle n’en reste pas moins efficace.
 
Points Négatifs :
- Tout de même impressionnant comment Makie se prend une déculottée de Manji dans le second tome et lui fout une branlée ici ?! Hum, pas très crédible quand on y pense…
- Une histoire de vengeance, des duels au sabre spectaculaires, des samouraïs, un geste de fantastique, des antagonistes charismatiques et surpuissants, un héros badass qui protège une jeune fille, une petite dose d’humour, manga oblige… mouais, tout cela est loin d’être franchement original, il faut le reconnaitre…
 
Ma note : 7,5/10