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samedi 6 août 2022

LA FORME DE L'EAU


LA FORME DE L'EAU

Sans famille, Elisa Esposito a été trouvée, enfant, dans une rivière. Elle porte au cou des cicatrices semblant témoigner de violences exercées sur son larynx, qui expliqueraient qu'elle soit muette. Elle vit dans une grande solitude, tout comme son voisin de palier Giles, un vieil homosexuel, illustrateur publicitaire sans emploi. C'est la Guerre Froide, les Américains sont en pleine lutte avec les Soviétiques pour la conquête de l'espace. Elisa travaille comme femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental de Baltimore. Le terrible colonel Richard Strickland, brutal et imbu de lui-même, cultivant la force de la pensée positive, vient de ramener d'Amérique du sud un humanoïde amphibien qu'il a capturé dans une rivière où les Indiens le considéraient comme un dieu. Un jour, l'amphibien se rebelle contre son tortionnaire Strickland. Il lui sectionne deux doigts. Chargée de nettoyer les traces de sang, Elisa est tout de suite fascinée par l'amphibien, enchaîné dans un grand réservoir d'eau salée. Chaque jour, elle s'introduit clandestinement dans le lieu secret où l'on cache le réservoir. Elle établit le contact avec l'amphibien, et sympathise bientôt avec lui.


La Forme de l'eau
Réalisation : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Vanessa Taylor
Musique : Alexandre Desplat
Production : Bull Productions, Double Dare You Productions, TSG Entertainment, Fox Searchlight Pictures
Genre : Fantastique
Titre en vo : The Shape of Water
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 08 décembre 2017
Durée : 123 mn

Casting :
Sally Hawkins : Elisa Esposito
Michael Shannon : colonel Richard Strickland
Richard Jenkins : Giles, le voisin d'Elisa
Doug Jones : l'homme amphibien, « l'atout »
Michael Stuhlbarg : Dr. Robert Hoffstetler / Dimitri Antonovich Mosenkov
Octavia Spencer : Zelda Delilah Fuller
Lauren Lee Smith : Elaine Strickland
Nick Searcy : Général Hoyt
David Hewlett : Fleming
Nigel Bennett : Mihalkov
Stewart Arnott : Bernard
Dru Viergever : un policier militaire

Mon avis : Ma première rencontre avec le sieur Guillermo Del Toro eut lieu il y a quelques années de cela, par le biais d’un merveilleux et enchanteur film fantastique, un certain Labyrinthe de Pan. Œuvre onirique qui nous narrait la rencontre entre une jeune enfant et dieu faune en pleine Guerre Civile Espagnole, ce long métrage m’avait tellement marqué que, depuis, j’attendais de la part de Del Toro qu’il nous offre a nouveau un film du même acabit, une œuvre du même genre, qui serait capable de nous faire rêver, de nous enchanter, bref, ce qu’il faut appeler, faute de mieux, un conte moderne. Et s’il aura fallut patienter bien des années pour cela, force est de constater que, avec La Forme de l’eau, je tiens enfin le digne successeur du Labyrinthe de Pan ! En effet, ce long métrage multi-récompensé, est bel et bien, avant toute chose, un formidable conte de fées moderne, une belle histoire d’amour, un plaidoyer pour les différences et, accessoirement, un très bon film. Ainsi, cette rencontre entre une femme de ménage muette – la princesse du jour – et cette créature amphibie – qui nous rappelle celle du Lac Noir voir même Abe Sapiens dans Hellboy – le prince, malgré les apparences – qui accouchera d’une belle histoire d’amour qui sera menacé par un agent gouvernemental brutal – le méchant très méchant – use et abuse des codes des contes de fées, avec son manichéisme assumé, ses moments de grâce, cette idée que l’amour dépasse les différences et peut tout vaincre. Le propos, naturellement, est simpliste et si certains pourront trouver tout cela plutôt gnangnan, force est de constater qu’il n’en reste pas moins terriblement efficace et que, pour peu que vous soyez amateurs du genre, alors, vous serez transporter dans une belle histoire d’amour qui, indéniablement, vous ramènera en enfance. Une belle réussite, donc, que La Forme de l’eau, peut-être pas autant que put l’être en son temps Le Labyrinthe de Pan mais qui nous prouve merveilleusement bien qu’onirisme, sentiments et fantastique existent aussi sur grand écran, pour le plus grand plaisir de ceux et celles qui préfèrent rêver plutôt que d’être éblouis par de vulgaires effets spéciaux tapes a l’œil dans des productions sans le moindre sentiment…


Points Positifs :
- Un magnifique conte de fées moderne formidablement magnifié par une fort belle histoire d’amour entre deux êtres que tout sépare : car oui, La Forme de l’eau est un bel exemple d’ode à la différence avec ses faux airs de Belle et la Bête.
- L’ambiance qui se dégage de ce film : entre des années 50 fort bien retranscrites, le coté onirique de certaines scènes, l’habile mélange entre contes de fées et longs métrages typiques de la Guerre Froide, Guillermo Del Toro a sut trouver l’équilibre parfait pour nous offrir une œuvre atypique mais oh combien réussie.
- Une belle petite flopée d’acteurs, avec, en tête de liste, une Sally Hawkins tout en finesse et terriblement touchante.
- La créature que l’on croirait par moments réels.
- N’est pas le véritable monstre celui que l’on croit. Certes, rien de neuf sous le soleil mais, comme quoi, c’est encore capable de créer de bonnes histoires avec d’anciens concepts.

Points Négatifs :
- Un scénario peut-être un peu trop prévisible par moments. Bon, il est vrai que les contes de fées, c’est un peu cela et Del Toro use et abuse des poncifs du genre, sans oublier ceux des films d’espionnage propre a la Guerre Froide.
- Des méchants très méchants, des gentils très gentils… manichéisme, quand tu nous tiens !
- Un film qui, indéniablement, n’est pas destiné au grand public plus habitué a des longs métrages a long spectacle, bourrés d’effets spéciaux tapes a l’œil, de gags débiles et de bastons phénoménales – hum, qui a dit que je vise les films de super-héros ?

Ma note : 8/10

vendredi 5 août 2022

CLOUD ATLAS


CLOUD ATLAS

À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.


Cloud Atlas
Réalisation : Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer
Scénario : Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer, d'après Cloud Atlas de David Mitchell
Musique : Reinhold Heil, Johnny Klimek et Tom Tykwer
Production : Anarchos Pictures, Cloud Atlas Productions et X-Filme Creative Pool
Genre : Science-Fiction, Drame, Aventure
Titre en vo : Cloud Atlas
Pays d'origine : Allemagne, États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 8 septembre 2012
Durée : 172 mn

Casting :
Tom Hanks : Dr. Henry Goose, le tenancier de l'hôtel, Isaac Sachs, Dermot Hoggins, l'acteur jouant le rôle de Cavendish, Zachry
Halle Berry : une Native, Jocasta Ayrs, Luisa Rey, une invitée à la fête, Ovid, Meronym
Jim Broadbent : Capitaine Molyneux, Vyvyan Ayrs, Timothy Cavendish, un musicien coréen, Prescient 2
Hugo Weaving : Haskell Moore, Tadeusz Kesselring, Bill Smoke, l'infirmière Noakes, Mephi, membre du Conseil, Vieux Georgie
Jim Sturgess : Adam Ewing, un pauvre client de l'hôtel, le père de Megan, Écossais du bar, Hae-Joo Chang, Adam, le beau-frère de Zachry
Doona Bae : Tilda Ewing, la mère de Megan, une Mexicaine, Sonmi~451, Sonmi~351, une prostituée Sonmi
Ben Whishaw : un mousse, Robert Frobisher, l'employé de la boutique de disques, Georgette, un membre de la tribu
James D'Arcy : Rufus Sixsmith jeune, Rufus Sixsmith vieux, l'infirmier James, l'archiviste
Zhou Xun : Talbot, directrice de l'hôtel, Yoona~939, Rose
Keith David : Kupaka, Joe Napier, An-Kor Apis, Prescient
David Gyasi : Autua,            Lester Rey, Duophysite
Susan Sarandon : Madame Horrox, Ursula vieille, Yosouf Suleiman, l'Abbesse
Hugh Grant : Révérend Giles Horrox, Gérant de l'hôtel, Lloyd Hooks, Denholme Cavendish, Superviseur Rhee, Chef Kona

Mon avis : Indubitablement, Cloud Atlas fait parti de ce type d’œuvres qui ne mettent personne d’accord ; ainsi, ici, il est indéniable que soit l’on tombe sous le charme d’un film visionnaire, soit l’on déteste tout bonnement devant une telle débauche d’égocentrisme incompréhensible. Car que l’on aime ou pas ce Cloud Atlas, adaptation cinématographique du roman du même nom, une évidence saute immédiatement aux yeux : ce film n’est pas fait pour tout le monde, il convient a un certain public, probablement barré au demeurant, qui saura en apprécier toute la quintessence. Et en disant cela, vous avez probablement compris que je m’y inclus, car oui, après visionnage de la chose, comment ne pas reconnaitre que j’ai bel et bien fortement apprécié cette symphonie des nuages ?! Pourtant, comme je l’y attendais au vu des nombreuses critiques de cette œuvre que j’avais put lire auparavant, les premières minutes du film ne furent pas simple et j’avoue que j’ai du m’accrocher pour parvenir à suivre ses six intrigues différentes qui se déroulaient alternativement ; cependant, une fois rentré dans le film, une fois que j’ai saisis que toutes ces histoires étaient liés et que l’on passait allègrement de l’une a l’autre de façon on ne peut plus logique, je n’ai pas put m’empêcher de me dire que le jeu en valait la chandelle et que ce Cloud Atlas était bel et bien un superbe film. Alors certes, l’on pourrait tiquer, a juste raison d’ailleurs, sur des défauts aussi flagrants que ces acteurs maquillés, souvent de façon un peu ridicule, ce qui dessert grandement la qualité générale du film, de même, alors que celui-ci dure deux heures quarante, je n’ai pas put m’empêcher de me dire qu’il était… trop court, bref, qu’il y aurait eu de quoi approfondir les diverses intrigues. Suis-je complètement maso, pour ne pas dire cintré ? Probablement, mais comme je l’ai dit en préambule de cette critique, cela doit être une condition nécessaire pour apprécier une œuvre comme Cloud Atlas, un véritable ovni mêlant divers genres, complètement inclassable, dont le message simpliste – amour, lutte contre les puissants – n’en est pas moins bien traité et qui, mais c’est mon opinion, mérite largement le détour. Après, il se peut que vous n’accrochiez absolument pas a une telle œuvre, cela ne serait absolument pas anormal, loin de là, mais si vous aimez, alors là, préparez vous a passer un bon, que dis-je, un grand moment de cinéma.


Points Positifs :
Cloud Atlas est avant toute chose un film de barré destiné a un public de cintrés, bref, ce n’est pas donné a tout le monde d’apprécier une telle œuvre ; et n’y voyez là aucun jugement de type élitiste, loin de là, disons juste que c’est spécial, très spécial même.
- Six histoires différentes qui se succèdent les unes aux autres, quelques acteurs qui jouent différents personnages : il est facile de s’y perdre mais une fois que vous serez rentré dans l’intrigue (car tout est lié), alors, c’est le début d’un fantastique voyage qui durera plus de deux heures et demi.
- Mine de rien, nous avons droit à un casting d’enfer avec une petite flopée de grands acteurs au programme.
- Bien évidement, j’ai bien apprécié l’histoire futuriste avec Sonmi~451 mais celle où l’on suit la création de la mélodie est pas mal non plus, idem pour celle de la journaliste qui nous renvoi aux films de la blaxploitation des années 70 ; dans un autre genre, bien plus comique, les péripéties de Timothy Cavendish vaut le détour.
- Une révélation, l’actrice sud-coréenne, Doona Bae, pour son rôle de messie malgré elle qui deviendra par la suite une déesse.
- Pour tous ceux et celles qui regrettent que le cinéma, c’est souvent la même chose, bref, qu’il manque pas mal d’originalité, au moins ici, ce n’est pas le cas et ce film sort vraiment du lot.

Points Négatifs :
- Enorme point faible du film : le maquillage des acteurs. Bon, ce n’est pas une généralité mais souvent, celui-ci était tellement mal fait qu’il en devenait grotesque et au final, cela à nuit énormément a l’ensemble. Dommage car sans cela, Cloud Atlas n’était pas loin d’atteindre l’excellence.
- L’exemple le plus criant reste tout de même le cas de l’actrice Doona Bae qui apparait très mal grimée en occidentale rousse à taches de rousseur. Mais ce n’est qu’un cas parmi tant d’autres…
- Malgré ses deux heures quarante, j’ai trouvé ce film un poil trop court ; il y avait de quoi approfondir les différentes intrigues selon moi.
- Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, Cloud Atlas n’est pas un film destiné au plus grand nombre : très complexe, spécial, il peut rapidement devenir complètement incompréhensible.
- Certains, plus cyniques, trouveront sa thématique générale – en gros, lutte des faibles contre les puissants, histoire d’amour – un peu gnangnan, mais comme on dit, les gouts et les couleurs…

Ma note : 8/10

lundi 1 août 2022

PHASE IV


PHASE IV
 
Ernest D. Hubbs, scientifique issu d'une grande université, découvre que le cosmos influence certaines espèces de fourmis, en Arizona Celles-ci s'unissent, éliminent leurs prédateurs et construisent des structures inhabituelles. Elles semblent douées d'intelligence et de stratégie. Hubbs s'associe avec son collègue James Lesko pour en faire une étude plus poussée. Ils font évacuer la région, construisent un laboratoire de pointe et commencent à étudier le comportement des fourmis. Le lendemain de l'installation du laboratoire, celles-ci l'attaquent, mais Lesko diffuse un poison jaune qui tue toutes les assaillantes. Quand Lesko et Hubbs sortent, ils découvrent Kendra, une habitante de la région qui n'avait pas été évacuée. Dans l'impossibilité de le faire, puisque coupés du monde, ils la recueillent.
 

Phase IV
Réalisation : Saul Bass
Scénario : Mayo Simon d'après le roman de Barry N. Malzberg
Musique : Brian Gascoigne
Production : Alced Productions, Paramount Pictures
Genre : Science-Fiction
Titre en vo : Phase IV
Pays d’origine : Etats-Unis, Royaume-Uni
Parution : 17 octobre 1974
Langue d'origine : Anglais
Durée : 83 min
 
Casting :
Nigel Davenport : Dr Ernest D. Hubbs
Michael Murphy : James R. Lesko
Lynne Frederick : Kendra Eldridge
Alan Gifford : M. Eldridge
Robert Henderson : Clete
Helen Horton : Mildred Eldridge
 
Mon avis :
 Voici probablement un des films les plus singuliers de l’Histoire du Septième Art qui, pourtant, connait un lot de bizarreries en tout genre depuis ses débuts. Il faut dire que dans le genre film expérimental passé quasiment inaperçu lors de sa sortie – en 1974, quelques jours avant ma naissance même si ce détail n’intéressera pas grand monde – et complètement oublié depuis est l’exemple parfait que même les œuvres les plus obscures méritent largement que l’on s’y attarde, du moins, si l’on sait faire abstraction de pas mal de choses et que l’on a l’esprit curieux. Phase IV, puisque c’est son nom, fut l’unique long métrage du sieur Saul Bass qui, pour la petite histoire, était davantage connu en raison des génériques qu’il avait réalisé pour le grand Alfred Hitchcock – Vertigo, par exemple, c’est lui ! Mais l’étrangeté de ce film tient davantage a son contenu, bien évidement : ainsi, prenons ce synopsis pour le moins singulier où, suite à une singulière influence cosmique non expliquée, les fourmis terrestres commencent à agir bizarrement, de manière plus coordonnée entre les différentes colonies et même entre les différentes espèces. Premièrement, ce sont leurs prédateurs – araignées, mantes religieuses et autres – qui subissent leur courroux – puis, naturellement, elles s’en prennent à l’homme. Face à elles : deux scientifiques font essayer de tout faire afin de contrer leur inexorable avancée ! Résumé ainsi, le synopsis nous promet, indéniablement, une belle série B voir Z et nombreux seront ceux qui passeront leur chemin, n’ayant pas de temps à perdre avec de telles fadaises. Pourtant, Phase IV est davantage qu’un simple film de science-fiction, expérimental serait nettement plus approprié. Parfaitement en phase, c’est le cas de le dire, avec son époque, peut-être même un peu trop au vu de certains délires psychédéliques – et encore, le final, présent sur le Blu-Ray, a été modifié au dernier moment – ce film oh combien minimaliste n’en reste pas moins fort intéressant, ne serais-ce que pour ce face à face entre les deux scientifiques et les fourmis : au début, on se dit que ces dernières n’ont aucune chance face à l’humanité, cependant, au fil du déroulement de l’intrigue et des diverses phases, on comprend que celle-ci n’aura aucune chance face à ces insectes dont la société est un modèle d’efficacité – et là, c’est tout simplement la vérité lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu aux insectes sociaux comme les fourmis, les termites ou les abeilles. Bien entendu, le final, franchement bizarre, a de quoi en déstabiliser plus d’un, cependant, pour ce scénario bien plus malin qu’on pourrait le penser de prime abord, cette musique électronique oppressante qui accompagne si bien l’intrigue, certaines idées tout bonnement géniales – ah, la scène où des fourmis se sacrifient les unes après les autres afin d’apporter du morceau de poison à leur reine est tout simplement excellente – et tout ces passages où l’on voit diverses fourmis en action, comme dans les meilleurs documentaires, Phase IV mérite largement le détour. Alors certes, il n’est pas parfait, certes, il ne plaira pas à tout le monde, cependant, si vous êtes amateurs de science-fiction et que n’ayez pas peur de ce genre de films qui sortent de la norme, il serait dommage de ne pas tenter l’expérience !
 

Points Positifs
 :
- Véritable ovni du Septième Art, Phase IV est bien plus qu’un simple film de science-fiction : poussant l’expérimentation jusqu’à des frontières rarement atteintes, l’œuvre du sieur Saul Bass est un incontournable que tout amateur de curiosités se doit de voir au moins une fois sa vie !
- Toutes les scènes où l’on voit les fourmis sont un pur régal et on se croirait devant un excellent documentaire animalier.
- Un scénario qui réussit la gageure de mettre sur le même pied d’égalité l’homme et la fourmi – avec un net avantage pour cette dernière finalement.
- Malgré un manque de moyens pour le moins conséquent, Saul Bass livre une réalisation pour le moins stupéfiante et qui a de quoi en stupéfié plus d’un !
- La bande originale de Brian Gascoigne, oppressante à souhait, nous rappelle les plus belles heures de Pink Floyd !
 
Points Négatifs :
- Bien entendu, Phase IV est une œuvre tellement expérimentale qu’elle ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Il faut dire que, ici, nous sommes à des années lumières des productions destinées au grand public.
- Un film qui accuse naturellement son age, surtout en raison de son coté psychédélique qui apparait franchement daté – même si le final, non retenu par la production, est une merveille du genre, mais bon, il faut être habitué…
- Mouais, elle est mignonne Lynne Frederick mais il faut reconnaitre que son personnage ne sert strictement à rien !
 
Ma note : 7,5/10

BARRY LYNDON


BARRY LYNDON
 
Au XVIIIe siècle, en Irlande, dans les années 1750, le père de Redmond Barry est tué en duel pour une querelle au sujet de l'achat d'un cheval. Sa veuve, Belle, dédaigne toutes les offres de mariage pour se consacrer à l'éducation de son fils unique. Barry tombe amoureux de sa cousine Nora, laquelle le séduit. Mais quand John Quin, un riche capitaine anglais, lui fait la cour, sa cousine délaisse Barry qui n'a pas d'argent. La perspective d'un mariage entre leur sœur et un officier fortuné n'échappe pas aux frères de Nora. Barry, lui, refuse la situation et provoque Quin en duel. Il croit avoir tué son rival et, pressé par les frères de Nora, prend la route de Dublin pour se faire oublier quelque temps. N'ayant jamais voyagé, il tombe dans une embuscade tendue par un bandit de grand chemin, le Capitaine Feeney, qui lui prend son cheval, son argent et tout son équipement. Brisé et sans le sou, il s'engage dans l'armée britannique comme simple soldat. Il est rejoint dans son régiment par un ami de la famille, le capitaine Grogan qui l'informe qu'il n'a pas tué Quin, son pistolet étant chargé d'une inoffensive balle d'étoupe. Le duel a été truqué pour forcer Barry à s'éloigner afin que sa cousine puisse se marier avec Quin et éponger les dettes de la famille. Pour prix de son silence, Grogan a reçu de la famille de Nora une forte somme d'argent, qu'il s'offre à partager avec Barry. Le régiment de Barry est envoyé combattre les Français sur le continent. Nous sommes au début de la guerre de Sept Ans et l'Angleterre est alors alliée à la Prusse, qui affronte la France, la Suède, la Russie et l'Autriche.
 

Barry Lyndon
Réalisation : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick d'après l’œuvre de William Makepeace Thackeray
Musique : Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Frédéric II de Prusse, Seán Ó Riada
Production : Peregrine, Hawk Films, Warner Bros
Genre : Historique
Titre en vo : Barry Lyndon
Pays d’origine : Etats-Unis, Royaume-Uni
Parution : 18 décembre 1975
Langue d'origine : Anglais, Français, Allemand
Durée : 185 min
 
Casting :
Ryan O'Neal : Barry Lyndon, né Redmond Barry
Marisa Berenson : la comtesse de Lyndon
Leon Vitali : lord Bullingdon
Dominic Savage : lord Bullingdon enfant
Patrick Magee : le chevalier de Balibari
Hardy Krüger : le capitaine Potzdorf
Marie Kean : Belle, la mère de Barry
Murray Melvin : le révérend Samuel Runt
David Morley : Bryan Patrick Lyndon
Steven Berkoff : lord Ludd
Gay Hamilton : Nora Brady
Diana Körner : Lischen
Frank Middlemass : Sir Charles Reginald Lyndon, chevalier de l'ordre du Bain
André Morell : lord Gustavus Adolphus Wendover
Arthur O'Sullivan : le capitaine Feeny
Billy Boyle : Seamus Feeny
Godfrey Quigley : le capitaine Grogan
Leonard Rossiter : le capitaine John Quinn
Philip Stone : Graham, le secrétaire de la comtesse de Lyndon
Peter Cellier : sir Richard
Geoffrey Chater : le docteur Broughton
Roger Booth : George III
Anthony Sharp : lord Hallam
Ferdy Mayne : le colonel Bulow
Wolf Kahler : le prince de Tübingen
Frederick Schiller : Herr Von Potzdorf, le ministre de la police
Liam Redmond : le père de Nora
Pat Laffan : Ulick, un frère de Nora
Patrick Dawson : Mick, un frère de Nora
John Bindon : le sergent recruteur
Pat Roach : Toole, le soldat lors du combat à mains nues
Jonathan Cecil : le lieutenant Jonathan Fakenham
John Sharp : Doolan
Hans Meyer : Joseph, l'officier prussien
George Sewell : le second de Barry Lyndon au duel final
Barry Jackson : le second de Barry Lyndon au duel final
John Sullivan : le second de lord Bullingdon au duel final
Norman Gay : le tailleur
Roy Spencer : le vendeur de chevaux
Harry Towb : l'aubergiste
Michael Hordern : le narrateur
Norman Mitchell : le soldat britannique organisant le combat entre Barry et Toole
 
Mon avis :
 On ne va pas se mentir, au fil de sa longue et fructueuse carrière, le grand Stanley Kubrick, probablement un des plus grands réalisateurs du vingtième siècle – pour ne pas dire de l’Histoire du Septième Art tout court – nous aura offert une filmographie qui, dans les grandes lignes, aura osciller entre les très bons films et les chefs d’œuvres absolus. Bien entendu, certains me diront que tout cela n’est qu’une affaire de ressentit et que d’autres réalisateurs ont fait aussi bien que Kubrick, ce qui, ma foi, est plutôt exact. Cependant, reconnaitre que celui-ci est un des plus grands n’est nullement une exagération, bien au contraire ! Curieusement, depuis que ce blog existe, je n’ai eu l’occasion de vous parler que de deux longs métrages du maitre : Les Sentiers de la Gloire et Shining, ce qui, ma foi, est plutôt incroyable au vu des films du réalisateur qui se devraient d’avoir leur place par ici. C’est donc afin de commencer à réparer cette belle faute de gout que, aujourd’hui, je vais vous parler de ce qui est, sans aucun doute, un des plus beaux fleurons de Stanley Kubrick, un certain… Barry Lyndon ! Bon, ici, les choses apparaissent d’entrée de jeu assez simple : considéré depuis sa sortie, en 1975, comme étant un chef d’œuvre du Septième Art, Barry Lyndon qui, curieusement, ne connut pas un grand succès au prêt du grand public anglo-saxon est, définitivement, un film superbe que tout amateur de cinéma se doit de voir au moins une fois dans sa vie. Naturellement, on pourrait dire cela de toutes les productions du sieur Kubrick, cependant, dans le cas présent, comment ne pas reconnaitre que Barry Lyndon est, probablement, une des plus belles réalisations du maitre ? Tout d’abord, en raison de la photographie de ce film qui reste encore, malgré presque cinq décennies écoulées, de toute beauté : utilisant uniquement la lumière du jour et celle des bougies pour les scènes en intérieur, Stanley Kubrick nous prouve ici qu’il n’était pas qu’un simple réalisateur et que sa vision de l’image n’était pas anodine. De plus, tout au long des trois heures que dure Barry Lyndon, comment ne pas s’extasier devant ces très nombreuses scènes qui nous rappellent les tableaux de l’époque, les cadrages audacieux proposés ici ajoutant à cette impression que l’on ne peut qualifier que d’enchanteresse. Mais ce film, naturellement, n’est pas là uniquement que pour le plaisir de nos yeux puisque nos oreilles vont être servies, tout au long de celui-ci, par de multiples compositions du XVIIIe siècle : somptueuses, bien entendu, celle-ci renforcent l’impression générale positive que l’on peut avoir de cette œuvre décidément peu commune où l’a presque l’impression, par moments, d’avoir effectué un voyage dans le temps tellement la reconstitution historique est crédible ! Ajoutons à cela des protagonistes auxquels il est certes difficile de s’attacher – par de héros ici, et encore moins Barry – mais qui n’en restent pas moins diablement charismatiques malgré leurs défauts et une intrigue qui oscille entre espoirs et mélancolie et dont la conclusion, désabusée, est tout simplement parfaite et vous comprendrez à quel point ce film mérite bel et bien les très nombreux louanges qu’il a eu depuis sa sortie. Génial mais probablement trop complexe pour le grand public, Barry Lyndon est une œuvre comme on n’en fait plus et confirme tout le génie d’un réalisateur alors au fait de sa créativité. Bien entendu, avec le temps qui est passé depuis, il ne plaira pas à tout le monde – déjà à l’époque – mais bon, si vous prétendez aimer le cinéma, il serait dommage de passer à coté d’une telle merveille !
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des meilleurs films de Stanley Kubrick et, dans un sens plus large, un des chefs d’œuvres cinématographique du vingtième siècle. Surprenant dans sa conception, magnifique visuellement, Barry Lyndon est une œuvre empreinte d’une poésie rare que tout amateur de cinéma se doit de voir au moins une fois dans sa vie !
- C’est visuellement que Barry Lyndon marque le plus les esprits : pour ses nombreuses scènes qui nous renvoient a la peinture du XVIIIe siècle mais aussi, pour l’utilisation pour le moins osée et géniale de la lumière du jour et de celle des bougies.
- Peu de protagonistes vraiment sympathiques et auxquels on a envie de s’attacher, cependant, ces derniers, assez nombreux au demeurant, n’en marquent pas moins les esprits et sont franchement charismatiques. Les parfaits représentants de ces hommes et femmes de l’époque…
- Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire, celui-ci est de qualité et l’on retiendra, naturellement, la performance de Ryan O'Neal dans le rôle de ce jeune paysan irlandais qui n’a qu’un but dans la vie : accéder a la richesse et a la reconnaissance de ses pairs et qui, pour cela, est prêt à tout !
- Un scénario particulier, qui nous montre le destin d’un homme du commun prêt a tout pour réussir et qui finira, naturellement, par échouer, mais qui n’en reste pas moins terriblement réussi et captivant, ce, malgré ses trois heures…
- Jean-Sébastien Bach, Georg Friedrich Haendel, Wolfgang Amadeus Mozart, Giovanni Paisiello, Franz Schubert, Antonio Vivaldi, Frédéric II de Prusse et Seán Ó Riada. Musicalement, il est difficile de faire mieux !
- Peut-être la meilleure reconstitution historique du XVIIIe siècle qu’il m’a été donné de voir !
 
Points Négatifs :
- On ne va pas se mentir, Barry Lyndon n’est pas un film qui plaira a tout le monde et si, en 1975, celui-ci avait déjà ses détracteurs, je ne vois pas comment le grand public moderne peut accrocher à une œuvre aussi spéciale dans sa conception. C’est dommage mais c’est ainsi…
- L’impression que, malgré les trois heures que dure ce film, il y avait de quoi faire plus et que le scénario aurait gagné, peut-être, a être davantage développé par moments.
 
Ma note : 8,5/10