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mardi 22 janvier 2013

LE TRÔNE DE FER – UNE DANSE AVEC LES DRAGONS



LE TRÔNE DE FER – UNE DANSE AVEC LES DRAGONS

Tyrion Lannister, membre éminent de la famille régnant sur Westeros, n'aurait jamais imaginé en être un jour réduit à jouer les bouffons. Capturé par des esclavagistes lors de la traversée qui devait l'amener à Meereen, puis vendu à un riche marchand, il doit apprendre à maîtriser l'art difficile de la joute à dos de cochon pour assurer sa propre survie. Mais peu importe la manière, seul compte le résultat : s'il faut en passer par là pour attirer l'attention de Daenerys Targaryen, qui a rétabli la paix dans sa cité en épousant Hizdahr zo Loraq et rouvert les arènes de combat, ainsi soit-il.  Au moins a-t-il réussi à garder la tête sur les épaules, une prouesse dont ne peuvent se targuer tous les nains du royaume. Pendant ce temps, au Nord, les portes de Winterfell demeurent obstinément closes, tandis que la forteresse disparaît peu à peu sous un épais manteau de neige. Ses occupants, victimes d'un mystérieux tueur en série, finissent par se demander si les remparts servent à les protéger de l'assaut de moins en moins probable des troupes de Stannis Baratheon ou à sceller leur tombeau. Car l'Hiver n'a jamais été si proche…


L’on a coutume de dire que toutes les bonnes choses ont une fin, et même si dans le cas qui nous préoccupe ici, je veux bien évidement parler de cette extraordinaire saga qu’est Le Trône de Fer,  le mot « fin » n’est pas vraiment exact puisque la série est loin d’etre finie et qu’il faudra patienter encore bien des années avant d’en voir le bout, pour ce qui en est du matériel publié par Georges Martin, c’est bel et bien le cas et, désormais, il va falloir s’armer de patience tout en guettant la moindre nouvel venue d’outre-Atlantique sur un nouveau chapitre prépublié (Theon ou Ariane Martel) et une éventuelle future date de sortie pour le sixième tome, date qui, vous vous en doutez bien, sera forcément repoussée. Mais le mot « fin » convient parfaitement, du moins, pour ce qu’il en est de cinquième tome de la saga, cette fameuse Danse avec les dragons que l’on ne risque pas de trouver sous son format original, en France, avant l’année prochaine, et qu’il aura donc fallu se coltiner sous son découpage façon Pygmalion, façon de faire hautement critiquable selon moi, mais d’un autre coté, qui se comprend parfaitement dans un monde où faire de l’argent passe de toutes façons avant le respect du lecteur. Et donc, après avoir tout bonnement dévoré ses prédécesseurs, Le bûcher d’un roi et Les dragons de Meereen, et vous avoir proposer leurs critiques sur ce blog, il est temps, alors que j’ai finis cette Danse avec les dragons en fin de semaine dernière, de m’attarder sur cette troisième partie du cinquième tome du Trône de fer, ou quinzième tome façon Pygmalion.

Tout d’abord, et comme je vous le signalais lors de la critique des Dragons de Meereen (hum, cela fait beaucoup de titres avec le mot « dragon » dedans), il m’aura fallu patienter un peu plus d’une semaine (une éternité !) avant de me procurer son successeur, sorti chez nous le 9 janvier dernier. Mais si l’attente fut pour le moins longue de mon point de vue, surtout que je n’osais rien lire d’autre entre-temps, force est de constater qu’il m’aura fallu bien moins de temps pour dévorer Une danse avec les dragons : un peu moins d’une semaine, et encore, sans lire tous les jours. Rapide, oui et non car avec du temps libre, je n’étais pas loin de me le taper en une traite tant celui-ci m’aura captivé. Il faut dire pour cela que, depuis que j’ai débuté ce qu’il faut bel et bien appeler cette grande aventure qu’est Le trône de fer, au mois d’aout dernier, mon intérêt pour celle-ci n’aura, a aucun moment, diminué, preuve une fois de plus de la façon qu’a ce diable de Martin de savoir captiver ses lecteurs avec son intrigue à la fois originale, complexe, parfois inclassable, ses très nombreux personnages hauts en couleurs et tous intéressants au possible et son suspens, omniprésent de bout en bout, qui fait que, quasiment à chaque page (et force est de constater qu’elles se comptent par milliers depuis les débuts), l’on peut s’attendre à tout et son contraire : retournements de situations, morts, surprises etc. Et donc, sur ce point, ce quinzième volume de la saga, qui pour rappel, est la dernière partie du cinquième tome, démarre sur les chapeaux de roues et fourmille de grands moments marquants tout au long de ses pages et ce, jusqu’aux derniers chapitres qui laissent bon nombre de protagonistes, soient morts, soient bien mal en points – et c’est partie pour quelques années à se demander ce qu’il adviendra d’eux ! Du coup, alors que dans les deux tomes précédant, l’action n’avançait pas énormément, ici, Martin accélère grandement le tempo, peut-être même un peu trop d’ailleurs puisque les tous derniers chapitres auraient mérités probablement d’etre un peu plus développés, et je pense surtout, en disant cela, à celui consacré à Jon, l’un des plus importants, scénaristiquement parlant quant à ses conséquences et qui me semble bien court. Mais en dehors de ce petit iota, il n’y a décidément rien à redire : Une danse avec les dragons, c’est du tout bon (oh la vieille rime pourrie) et entre des protagonistes qui prennent de la profondeur comme Jon Connington, un questionnement toujours pas résolu quant au prétendu Aegon, un Barristan Selmy qui a enfin droit a ses propres chapitres, ceux-ci étant un pur régal, la suite des mésaventures de ce pauvre Theon qui n’en finit pas de payer sa félonie, mais aussi, car comment les oublier, Tyrion qui s’est mis dans de beaux draps, Daenerys et ses mésaventures avec ses dragons et, bien entendu, la grande énigme quant au sort de Jon Snow, force est de constater que cette Danse avec les dragons aura été à la hauteur de mes espérances. Et si en plus, l’on ajoute la folle tentative de Quentin (où comment réussir à rendre intéressant un personnage a peine apparu) et surtout, le magistral chapitre où une Cersei Lannister doit défilée nue dans les rues de Port Real et qui restera sans nul doute dans les mémoires, sans omettre l’énième mort de la saga (et oui, encore un) dans un épilogue inattendu et lourd de conséquences et vous comprendrez à quel point la lecture de ce tout dernier tome, paru à ce jour, du Trône de fer m’aura plus qu’enthousiasmer.

Voilà, comme je vous le disais en préambule de cette critique, désormais, c’est finis ; certes, pour le moment car la saga, elle, ne l’est pas, mais bon, désormais, il va falloir attendre, armée d’une grande patience car Georges Martin, aussi talentueux soit-il, n’est pas connu pour sa rapidité d’écriture – surtout que le bougre a plutôt tendance à s’éparpiller à droite et à gauche, ce qui n’arrange pas le problème, bien au contraire. Bien évidemment, l’on pourra me rétorquer que Martin est libre de faire comme il l’entends, ce qui n’est pas faux, mais bon, quelque part, c’est un peu frustrant comme sensation, surtout que le bonhomme n’est plus tout jeune et que, comment dire, on ne sait jamais de quoi demain sera fait ?! Quoi qu’il en soit, si devoir patienter est gage d’un résultat final aussi excellent que ne l’est la saga jusqu’à maintenant, alors, je suis prêt à le faire sans problèmes, disons juste que je ne suis pas habituer à cela : jusqu’à ce que je me lance dans la lecture du Trône de fer, je n’avais jamais lu un cycle qui n’étais pas achever, aimant par-dessus tout finir ce que je commence et ne pas attendre, mais bon, quelque part, je savais où je mettais les pieds lorsque, en aout dernier, je me suis lancer dans la saga de Georges Martin. Une œuvre phénoménale, et je n’exagère pas le moins du monde, une œuvre qui, et même si je n’aime pas dire cela, a bouleversé ma vie, du moins, pour ce qui est de mes loisirs : en toute sincérité, des œuvres marquantes, j’en ai lu des tas, et des excellentes comme les habitués de ce blog ont pu le constater, mais des aussi bonnes que Le trône de fer, franchement, non. Enfin bon, désormais, il va falloir passer à autre chose, a d’autres lectures, beaucoup d’autres lectures en attendant qu’un jour ne sorte The Winds of Winter, le sixième et peut-être avant dernier tome de la saga, et là, ça va etre très difficile, après tout, on ne quitte pas aussi facilement un univers, des personnages et une œuvre aussi magistrale que Le trône de fer aussi facilement… espérons juste que le prochain roman que je lirais ne souffrira pas de la comparaison. Quoi qu’il en soit, et dans l’attente de replonger de nouveau dans ce chef d’œuvre, je tennais juste a remercié ce diable de Georges Martin pour m’avoir captivé, comme rarement je l’ai été, ces derniers mois, a lui, un grand merci !

dimanche 30 décembre 2012

LE TRÔNE DE FER – LES DRAGONS DE MEEREEN



LE TRÔNE DE FER – LES DRAGONS DE MEEREEN

A présent que Stannis Baratheon est parti reprendre Winterfell aux Bolton pour s'assurer la domination du Nord, Jon Snow est redevenu le seul maître du Mur. Cependant, le roi autoproclamé a laissé sur place Mélisandre, la prêtresse rouge, qui semble décidée à apporter son aide au bâtard. Les flammes lui révèlent l'avenir, mais quel avenir ? A Meereen, la situation s'enlise : le blocus du port par les esclavagistes ne semble pas vouloir prendre fin, et Daenerys refuse d'envoyer ses dragons y mettre un terme flamboyant. L'enquête visant à démasquer les Fils de la Harpie, coupables des meurtres qui ensanglantent le pouvoir, piétine elle aussi. Seul un mariage pourrait dénouer la situation, mais les prétendants sont nombreux et les conséquences hasardeuses. Quant aux Lannister, ils vont devoir attendre encore un peu avant de pouvoir décoller la tête de leur lutin de frère : le ravisseur de Tyrion a de tous autres projets pour ce dernier...

Comme je vous l’avais dit il y a un peu plus d’une semaine, dans Le bûcher d’un roi, je poursuis inlassablement la lecture de cette formidable saga qu’est Le Trône de Fer, mais, cette fois ci, finis les Intégrales par J’ai Lu – enfin, on y aura bien droit d’ici un peu plus d’un an – et place aux romans prédécoupés proposés par Pygmalion. Bon, je ne vais pas reprendre une nouvelle fois sur ce choix éditorial français hautement critiquable – après tout, s’ils veulent se faire un maximum d’argent de cette façon, que pouvons-nous y faire ? Hein, le respect des lecteurs ? Allons bons, franchement, ils s’en moquent, vous ne trouvez pas ? – car cela ne servirait pas à grand-chose, si ce n’est, pour la énième fois, me répéter inutilement, mais bon, comment ne pas se dire, surtout si, comme moi, vous avez débuter la lecture de cette œuvre par les intégrales (bref, par le mode de parution de l’œuvre originale), constater qu’ainsi, c’est la qualité même de la lecture qui est mis en cause. Certes, lu les uns après les autres, cela passe plutôt bien, je ne dis pas le contraire (sauf si vous souhaiter écrire une critique pour chaque tome, ou là, c’est une autre paire de manches), mais si vous vous taper un tome, puis attendez quelques mois le second, avant de faire de même pour le troisième, franchement, quelle frustration ! D’ailleurs, me voilé désormais en plein désarroi dans l’attente de la sortie d’Une danse avec les dragons, prévue pour le neuf janvier prochain – hum, je ne vais tout de même pas lire un autre bouquin en attendant, mais que faire ? – et encore, je n’en ai que pour deux semaines environ, d’autres, bien plus nombreux, attendent depuis des mois… Bref, un jolie foutage de gueule, mais bon, que voulez-vous, on ne peut pas y faire grand-chose.

Quoi qu’il en soit, et malgré tout, c’est du Trône de Fer que nous parlons, alors, même si je ne peux m’empêcher de râler et de pester à l’encontre d’une politique éditoriale néfaste, avant toute chose, cela n’enlève en rien le fait que nous avons affaire ici à ce qu’il faut bel et bien appeler un chef d’œuvre, alors, avant tout, le respect s’impose ; le respect de l’œuvre, et de son auteur, ce sacré Georges Martin, toujours aussi doué pour donner vie à son univers hautement crédible, a ses personnages si nombreux et pourtant tous charismatiques en diable, mais aussi, a parvenir, sacrée gageure, à captiver toujours autant le lecteur, admiratif devant ce monument de la littérature fantastique moderne… de la littérature tout court ? Ma fois, pourquoi pas ? Alors oui bien sûr, nous ne sommes plus dans A Storm of Swords, sommet absolu de la série de par son intensité dramatique, sa richesse et ses coups de théâtre incroyables qui auront traumatiser toute une génération de lecteurs, mais bon, quelque part, il aurait été difficile d’atteindre un tel niveau à chaque fois, surtout que, fort logiquement d’ailleurs, la poursuite de l’intrigue se devait, après un tel raz de marée scénaristique, d’etre un peu plus calme… avant la tempête finale ? Oh, nous n’en sommes pas encore là, bien au contraire. Et donc, forcément, puisqu’à la base, Les Dragons de Meereen et Le Bûcher d’un Roi ne forment qu’un seul et même ouvrage, A Dance with Dragons, les différences entre les deux sont minimes et tiennent davantage du fait de l’avancement de l’intrigue en elle-même, mais surtout, du retour pour le moins inattendue de protagonistes qu’on n’attendait pas de revoir de sitôt : en effet, censé de déroulé au même moment que les événements décrits dans A Feast For Crows, telle ne fut pas ma surprise de retrouver des personnages comme Arya Stark, Jaime Lannister, Asha Greyjoy ou les Martel. Certes, pour le moment, juste un peu, de façon épisodique, mais au moins nous savons désormais qu’il existe un décalage temporel certains entre les deux ouvrages, A Feast For Crows et A Dance with Dragons. Bien évidemment, John Snow, Tyrion Lannister et Daenerys Targaryen tiennent toujours le haut du pavé, quoi que, curieusement, ce n’est pas forcément d’eux que viennent les chapitres les plus marquants : selon moi, la palme en revient incontestablement a notre brave Theon Greyjoy, qui n’est certes plus que l’ombre de lui-même, mais qui, de moi point de vue, est l’un des protagonistes les plus marquants et intéressants de ce cinquième volume du Trône de Fer – et, accessoirement, l’un de mes préférés de la saga dans son ensemble, mais là, je sens que je vais me faire des amis.


Bref, avec ses défaut – découpage français absurde – et ses qualités – eh, c’est Le Trône de Fer mes amis ! – ces Dragons de Meereen, s’ils ne possèdent pas la même intensité que Les Noces Pourpres, juste pour vous citer l’exemple le plus frappant, n’en restent pas moins toujours aussi captivant : ainsi, on se plait toujours à suivre les péripéties des personnages plus anciens, comme des nouveaux que l’on accepte finalement assez bien. Depuis quelques temps, rares sont les morts dont Martin nous avait habitués, mais personnellement, je continue toujours autant à trembler pour certains, mais aussi, à souhaiter la mort d’autres – et, avec ma chance, ce sera le contraire qui arrivera. Bref, toujours aussi bon, on ne s’ennuie pas une seule seconde, par contre, mais maintenant que je l’ai finis, que vais-je faire en attendant la sortie d’Une danse avec les dragons dans deux semaines !? Argh, c’est terrible !!!

samedi 22 décembre 2012

LE TRÔNE DE FER – LE BÛCHER D'UN ROI



LE TRÔNE DE FER – LE BÛCHER D'UN ROI

Le destin des Sept Royaumes est sur le point de basculer. À l’est, Daenerys, dernière descendante de la Maison Targaryen, secondée par ses terrifiants dragons arrivés à maturité, règne sur une cité de mort et de poussière, entourée d’ennemis. Mais alors que certains voudraient la voir passer de vie à trépas, d’autres entendent rallier sa cause, tel Tyrion Lannister, le Lutin, dont la tête vaut de l’or depuis qu’il s’est rendu coupable du meurtre de son père, Tywin. Au Nord, où se dresse l’immense Mur de glace et de pierre qui garde la frontière septentrionale des Royaumes, Jon Snow, le bâtard de feu Eddard Stark, a été élu 998e Commandant en chef de la Garde de Nuit, mais ses adversaires se dissimulent des deux côtés du Mur, y compris parmi les troupes de Stannis Baratheon qui ont élu domicile dans ces contrées glacées ?

Débuté au mois d’aout dernier, ma lecture de cette époustouflante saga qu’est Le Trône de Fer se poursuit inlassablement et bien plus rapidement que je ne l’avais escompté quand je me suis lancer dans celle-ci, avec, désormais, pour cette fin d’année 2012, les débuts du cinquième tome, A Dance with Dragons, sortit il y a peu de temps en comparaison avec le reste de l’œuvre, puisque datant de juillet 2011, la traduction dans nos vertes contrées n’étant arrivée que pour cette année. Mine de rien, quand j’y pense, je suis presque en train d’achever tout ce que ce diable de Martin a pu écrire jusque-là, et bientôt, j’en serais au même point que des milliers de fans de par le monde : apprendre à patienter, encore longtemps, très longtemps, avant de connaitre la suite d’ici… oh, trois ou quatre ans si tout va bien ; l’horreur cette attente ! Enfin bon, lorsque je me suis lancer dans la lecture du premier tome du Trône de Fer, je savais parfaitement où je mettais les pieds, comme j’avais pu vous le dire à l’époque. Mais aujourd’hui, le problème est tout autre : en effet, finis désormais les soit disant intégrales français, car ce fameux cinquième volume américain, ce A Dance with Dragons, ne sera publier sous forme d’intégrale (bref, sous son format original) dans nos vertes contrées qu’en 2014, d’ici là, les éditions Pygmalion, puis J’ai Lu, pour ce qui est du format poche, auront le temps d’en écouler tout un tas, et ce dans un découpage contestable au possible. Car vous l’avez compris, et je n’apprends strictement rien aux fans de la saga, en France, cela se passe ainsi : plutôt que d’avoir droit d’entrée de jeu au roman original, les éditeurs préfèrent se faire un maximum d’argent en vendant, par exemple, ce A Dance with Dragons, en trois livres distincts, et, accessoirement, chacun coutant plus cher qu’une intégrale normale. Scandaleux ? Personnellement, c’est mon avis, et je ne me gènes pas pour le crier haut et fort, mais bon, comme je suis une bille totale en anglais et que mes dernières lectures dans la langue de Shakespeare remontent à quelques comics dans les années 90 ainsi que des jeux genre FF6 non sortis en France, vous vous doutez bien que, étant dans l’incapacité absolue de lire l’œuvre de Martin en VO, je mettrais le prix qu’il faudra pour me procurer la version française comme on nous la propose – et me connaissant, en 2014, je m’achèterais ce cinquième volume en intégrale… hein, je suis fou ? Oui, probablement…

Mais tout cela est intéressant, ou pas, mais ce qui compte, avant toute chose, c’est le contenu de ce cinquième… euh non, comment dire… début de cinquième tome du Trône de Fer, bref, de ce Bûcher d’un Roi ; bref, de savoir si la qualité est toujours au rendez-vous, si l’on est toujours aussi captiver par une saga jusqu’à ce jours quasiment parfaite et si le magicien Martin réussit toujours autant à captiver ses lecteurs ? Eh bien, je suis un peu embêté car j’aurais souhaité vous dire que oui, et quelque part, prétendre le contraire serait tout bonnement exact, mais je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce découpage m’aura perturber au plus haut point – d’ailleurs, comme en plus, j’ai finis de lire ce Bûcher d’un Roi depuis une bonne semaine, et que j’en suis déjà à la moitié de sa suite, Les Dragons de Meereen, je vous laisse imaginer ma difficulté pour ce qui est d’écrire cette critique – puisque, après tout, à la base, c’est un seul et unique roman, et pas trois, alors, imaginez que vous auriez, par exemple, à lire puis écrire une critique de Germinal, vous comprenez un peu mon désarroi ? Certes, probablement que je me prends un peu trop la tête, après tout, même si A Dance with Dragons est un roman que l’on nous propose en trois parties, à la base, il fait partie d’un ensemble plus vaste, d’une saga au demeurant inachevée pour le moment, et que, du coup, je ne devrais pas avoir trop de mal à vous proposer une critique convenable. Cependant, selon moi, il y a une différence entre le découpage souhaiter par Martin et celui décidé par Pygmalion, et, sincèrement, je peux vous assurez que le jour où ce A Dance with Dragons sortira dans sa version normale, il sera toujours temps que je vous propose une critique autrement plus intéressante et constructive que celle-ci. Mais bon, d’ici là, il s’en passera du temps…


Alors, au final, que dire de ce Bûcher d’un Roi ? Eh bien, comme on avait pu le constater dans A Feast For Crows, ou Intégrale IV, Martin, ici, après nous avoir fait suivre les péripéties de Jaime et Cersei Lannister, de Brienne, Arya, Sam, Sansa et de nous avoir entrainé, par monts et par vaux du coté de Port Réal, Braavos, des Iles de Fer et Dorne, revient aux autres protagonistes de la saga qui avaient été mis de côté comme John Snow, désormais Lord Commandant de la Garde de Nuit, Tyrion Lannister, en fuite après avoir assassiner son père, Daenerys Targaryen, désormais reine de Meereen, Bran Stark qui s’en est allé au-delà du Mur, mais aussi, Stannis, Mélisandre, Davos et même un revenant, ce sacré Theon Greyjoy en bien mauvaise posture. Personnages familiers a qui l’auteur à ajouter de nouvelles têtes dont certaines, franchement inattendues et donc certaines remettent tout bonnement en question bon nombre de nos certitudes sur ce que l’on croyait savoir de la saga : ainsi, des protagonistes réputés morts depuis des lustres sembleraient etre en vie (mais est-ce vraiment eux ?), les complots atteignent un degré de complexité extrême, l’on parcourt de nouveaux territoires, échafaudons de nouvelles théories, mais surtout, nous demandons comment ce diable de Martin est capable de nous pondre autant de bonnes idées à la minute ? Se déroulant au même moment que les événements de A Feast For Crows, les péripéties, aventures, dialogues et décisions de nos protagonistes sont toujours aussi captivants, cependant, je ne peux pas m’empêcher de me dire que ce découpage nuit franchement a l’ensemble… enfin, j’aurais probablement une vision bien plus précise à la fin de Une danse avec les dragons, en début d’année prochaine ?!

vendredi 7 décembre 2012

LE TRÔNE DE FER : INTÉGRALE IV



LE TRÔNE DE FER : INTÉGRALE IV

La Maison Stark est en ruines. Trahi par ses alliés Frey, qui n'ont pas toléré son mariage à la hussarde avec une autre femme que l'une des filles de leur patriarche, Robb Stark a été assassiné aux Jumeaux lors du sinistre épisode des Noces Pourpres, en même temps que sa mère Catelyn. Winterfell a été incendié, les derniers héritiers Stark étant réputés morts ou disparus. A Port-Réal, pourtant, le triomphe des Lannister est amer. Avec les morts de Joffrey et surtout de Tywin, la reine Cersei est isolée, coincée entre ses encombrants nouveaux alliés de Hautjardin, les Tyrell, et le pouvoir fanatique du nouveau Grand Septon. Brouillée avec son frère jumeau Jaime, elle l'envoie dans le Conflans où la forteresse de Vivesaigues arbore toujours la bannière des Stark envers et contre tout. Jaime, à présent mutilé, mesure l'étendue de la tâche : pourra-t-il sécuriser le Trône de Fer pour son fils cadet, que tous pensent être celui du défunt roi Robert Baratheon ? Pourra-t-il aussi laver sa propre réputation de régicide ? Brienne de Torth, qu'il a envoyée à la recherche des deux filles Stark, va devoir traverser des régions dévastées par la guerre civile, sans savoir que son destin se trouve peut-être au bout de la route...

Depuis que j’ai débuté la lecture de cette extraordinaire saga qu’est Le Trône de fer, à la fin de l’été dernier (hum, comme le temps passe vite), il me parait évidant que le volume qui m’inquiétait le plus, quoi que, le terme est probablement exagéré, disons plutôt, le volume qui me rendait le plus perplexe était indubitablement ce A Feast For Crows, ou, en français, Un festin pour les corbeaux, regroupé ici sous le titre bancal de Intégrale IV – mais pour ce qui est de la problématique du découpage, ou plutôt devrais-je dire du charcutage subit par l’œuvre dans nos vertes contrées, je n’en parlerais pas ici, l’ayant déjà fait a de multiples reprises lors de mes précédentes critiques. La raison de cette inquiétude est toute simple, et d’ailleurs, tout fan du Trône de fer sait parfaitement de quoi je parle : se compliquant la tache après moult hésitations dans cette suite à donner à l’extraordinaire A Storm of Swords, l’inimitable Georges Martin, après avoir souhaité faire un bond de cinq ans en avant dans l’intrigue – afin que les protagonistes les plus jeunes grandissent un peu – et constatant rapidement qu’en agissant ainsi, il ne réussissait pas à inclure les très nombreux flashbacks nécessaires a la compréhension de l’œuvre, se décida pour une suite, au départ, bien plus conventionnelle mais qui, très rapidement, atteint des proportions pour le moins monumentales ; ainsi, à la base, ce A Feast For Crows n’était pas loin de dépasser allègrement les deux mille pages. Du coup, décision fut prise de séparer ce volume en deux parties. Cependant, plutôt que d’avoir droit à un quatrième tome I et un quatrième tome II, Martin nous proposa un découpage pour le moins inattendue et qui en déconcerta plus d’un : la séparation géographique. Ainsi, dans A Feast For Crows, le lecteur suivrait les péripéties des Lannister – Cersei et Jaime – mais aussi de Brienne de Torth, Arya et Sansa Stark, des Greyjoy, de Sam et Mestre Aemon en route pour Villevieille tandis que de nouveaux protagonistes faisaient leur apparition du coté de Dorme. Quid de John Snow, Daenerys, Stannis, Mélisandre, Davos et Tyrion, pour ne citer que les plus marquants ? Eh bien, ceux-ci n’apparaitraient que dans le cinquième volume, A Dance with Dragons, censé se déroulé au même moment que les événements de A Feast For Crows. Bref, de quoi en déconcerté plus d’un, surtout que cette suite, prévu pour paraitre rapidement, traina en longueur… dans la grande tradition de la saga.

Du coup, que certains lecteurs crient au scandale ou jugent le procédé pour le moins saugrenue, pouvait, de mon point de vue, pour le moins compréhensible, et ce, même si, personnellement, j’estimais que l’on était sur le coup un peu injuste avec Martin : après tout, autant celui-ci est parfaitement critiquable quant à sa proportion a s’éparpiller a tout va, ce qui lui donne moins de temps à consacrer à l’écriture de son œuvre – mais bon, quelque part, il fait ce qu’il veut – autant ce choix scénaristique ne m’apparaissait pas du tout une mauvaise idée. En son temps, un certain Tolkien n’avait-il pas déjà plus ou moins agis de la sorte une fois la Compagnie de l’Anneau séparée ? Que je sache, on ne critiqua pas l’auteur du Seigneur des anneaux pour cela ? Mais il faut dire qu’à l’époque, la Fantasy n’occupait pas la même place que de nos jours et que, surtout, il n’y avait pas Internet. Car bon, comment dire, j’ai encore en mémoire de longs, forts long passages où il fallait se taper Frodon et Sam qui marchaient, se lamentaient, marchaient, discutaient, marchaient… tandis que par ailleurs, il s’en passait des choses autrement plus intéressantes sur la Terre du Milieu. Mais bon, pour en revenir à nos moutons, c’est-à-dire, au Trône de fer et plus précisément à ce quatrième tome tant décrié par certains, je dois tout de même reconnaitre que, avant lecture de celui-ci, je me demandais tout de même qu’elle allait etre mon ressentit vis-à-vis de celui-ci ? Que j’allais aimer, je n’en doutais pas le moins du monde, par contre, allais-je trouver cela aussi bien que les trois premiers volumes qui eux, mettaient la barre très haut, hum… c’était là une toute autre histoire ?!

Et alors, quid de ce quatrième intégrale, ou A Feast For Crows, pour citer le titre exact de cette œuvre ? Eh bien, ma fois, avouons-le tout de suite, après le summum scénaristique que fut A Storm of Swords, où les événements notables se succédaient les uns aux autres, quasiment sans temps mort, avec un final, Les Noces pourpres et La loi du régicide, qui restera longtemps, très longtemps dans les mémoires de tout lecteur ayant eu la chance de lire Le Trône de fer, force est de constater qu’ici, et bien, ce n’est pas qu’il ne se passe rien (comme j’ai pu le lire ici ou là, ce qui est on ne peut plus faux), mais tout de même, scénaristiquement, c’est beaucoup plus calme : prenant tranquillement son temps, Martin met gentiment en place ses quelques nouveaux protagonistes, plus particulièrement toute la clique dornienne, dont on avait eu un aperçu avec le regretté Oberyn Martell, mort un peu trop selon moi tant le personnage était charismatique (mais c’est là aussi la force de cette œuvre contrairement à bien d’autres : ici, personne n’est à l’abris et quand un personnage ultra charismatique passe rapidement l’arme à gauche, un autre, sans grand intérêt, peut durer toute la saga… en gros, comme dans la vie réelle) et nous entraine de nouveau du côté des Iles de Fer, avec la lutte de succession pour le Trône de grés, avec, là aussi, un nouveau protagoniste qui promet énormément : un certain Œil de Choucas. Mais si quelques nouveautés sont au rendez-vous, les anciens, du moins, une partie d’entre eux, ont droit au chapitre : alors certes, si les passages dédiés a Sam et Brienne ne sont pas inintéressants à strictement parler, car même s’il ne se passe pas grand-chose d’époustouflant avec eux – après tout, ils se contentent de voyager tout le long du bouquin – de par les quelques événements qui leur arrivent, ainsi que par leur évolution, ils n’en sont restent pas moins nécessaires quant à l’évolution de l’intrigue. Mais le point d’orgue de ce A Feast For Crows, bien entendu, sont les chapitres consacrés aux Lannister. Indéniablement, c’est un véritable régal que de suivre les deux jumeaux, Cersei et Jaime, la première, régente du royaume, son fils Tommen étant trop jeune encore, s’englue littéralement dans des mauvais choix qui s’avèrent qui plus est catastrophiques tandis que sa paranoïa et sa haine de sa bru finissent par la pousser à se mettre dans un sacré pétrin au final ; Jaime lui, protagoniste tout bonnement ignoble dans le premier tome de la saga – normal, on ne le voyait que sous le regard un peu trop hypocrite des Stark – poursuit son évolution et semble, une bonne fois pour toutes, quitter le « côté obscur de la force », n’espérant qu’une seule et unique chose : devenir quelqu’un d’honorable, le problème étant l’image que les autres ayant de lui et qui ne s’améliore pas avec le temps – sauf Brienne mais elle, c’est son cœur qui parle. Alors je ne dis pas que tout l’intérêt de ce quatrième volume du Trône de fer repose uniquement sur les péripéties des Lannister, mais que ceux-ci y occupent une place non négligeable et centrale, c’est un fait que l’on ne peut nier.


Bien évidemment, A Feast For Crows, s’il faut le comparer à ses devanciers, apparait néanmoins comme étant inférieure : l’intrigue est certes toujours aussi excellente, la qualité, intrinsèque de la série ne s’est pas envolée subitement du jour au lendemain, et certaines révélations sur le passé de Westeros et des protagonistes méritent amplement le détour, ajoutons à cela quelques événements notables et un final tout bonnement digne des meilleurs moments de la saga est vous comprendrez que mon avis vis-à-vis de ce quatrième volume du Trône de fer est on ne peut plus positif. Pourtant, comme je vous l’ai dit, il n’empêche qu’il apparait comme étant inférieur à ses prédécesseurs ; la faute, probablement, a sa structure qui fait que l’on mette de côté la moitié des personnages principaux, mais aussi, ne l’oublions pas, a cette sensation qu’en presque neuf cent pages, il ne se passe pas, finalement, grand-chose. Quoi qu’il en soit, un très bon ouvrage, selon moi, qui ne dénote absolument pas vis-à-vis de ses devanciers, et ce, même s’il peut dérouter par moments. Enfin bon, tout cela est bien gentil mais il est temps, désormais, de se lancer dans sa suite et voir ce qu’il va advenir de John, Daenerys, Stannis, Tyrion, Theon, Davos et les autres !

mardi 13 novembre 2012

LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE III



LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE III

Cinq rois pour un trône, voilà le résultat de la mort de Robert Baratheon, souverain des Sept Couronnes. Pourtant, Joffrey Baratheon occupe toujours le Trône de fer. Vaincu à la bataille de la Néra, Stannis Baratheon doit fuir vers son île, Peyredragon, avec le reste de sa flotte. Renly Baratheon mort, les Tyrell de Hautjardin choisissent de se rallier aux Lannister en offrant leur fille, Margaery Tyrell, comme épouse au jeune Joffrey. Bien que durement touché par la perte de Winterfell sous les coups de Theon Greyjoy et des Fer-nés, Robb Stark reste seul à s'opposer à Port-Réal. Mais, la situation pourrait vite tourner à l'aigre avec la mise en liberté de Jaime Lannister et les dissensions dans les rangs du Nord. D'autant plus que Sansa n'a pas pu s'échapper du Donjon Rouge et que sa sœur, Arya, demeure introuvable. D'autres drames se jouent au-delà du Mur où Jon Snow, Samwell Tarly et la Garde de Nuit doivent affronter à la fois les Autres et l'avancée de Mance Rayder à la tête d'une immense armée de sauvageons. L'espoir viendra peut-être d'au-delà des mers avec la princesse Daenerys dont le voyage s'apprête à faire trembler Astapor. Une chanson de feu et de glace se déchaîne sur Westeros tout entier, et seuls les plus retors s'en sortiront.

A Storm of Swords constitue le troisième volume de la fantastique fresque de George R. R. Martin : A Song of Ice and Fire, plus connu sous nos latitudes sous le nom du Trône de fer. Bien évidemment, en France, et de façon plutôt curieuse comme je vous l’ai déjà dit dans mes critiques précédentes, après le découpage de la saga en de multiples volumes, par la suite, le format original étant enfin conservé dans les nouvelles éditions, plutôt que d’avoir les titres de chaque volume de la saga, nous avons droit, par le biais des éditions J’ai Lu, à ces fameux Intégrales I, II etc. Chose amplement critiquable, de mon point de vue, mais bon, je ne vais pas non plus me répéter sans arrêt, surtout qu’il s’en passe des choses dans ce troisième volume du Trône de Fer. Et justement, tandis que l’on pouvait penser qu'après deux prédécesseurs aussi éblouissants qu’A Game of Thrones (Intégral I) et A Clash of Kings (Intégral II), il était impossible de garder le même niveau voir, soyons fous, de l'élever… ce diable de Martin nous livra… mais chut, procédons dans l’ordre.

L’habitué de ce blog se souviendra probablement du concert de louanges engrangé par le tout dernier volume de la saga ; celui-ci misait davantage sur le souffle épique avec un gigantesque affrontement – qui restera gravé dans les mémoires – que sur les jeux politiques des débuts. Avec A Storm of Swords, George R.R. Martin arrive à trouver l'équilibre presque parfait entre ces deux versants. Un des premiers éléments à évoquer, c'est bien la justesse de la narration employée par l'américain. Avec le nombre de personnages qui apparaissent et le nombre de lieux à explorer, l'utilisation d'un chapitre par personnage principal s'avère essentielle pour jongler avec les péripéties toujours plus incroyables du récit. Au nombre de dix cette fois, ils permettent d'avoir une vue d'ensemble des événements sans pour autant laisser le lecteur sur le bas de la route. Il faut d'ailleurs absolument mentionner l'apparition de Jaime Lannister dans ceux-ci. Par les yeux des Stark, principalement, celui-ci faisait figure de « méchant » jusque dans les dernières pages d'A Clash of Kings où son entretien avec Catelyn Stark amorce un changement dans cette vision du personnage. C'est tout naturellement que l'auteur en fait un de ses narrateurs pour A Storm of Swords. Plus encore qu'avec Theon Greyjoy et d'autres auparavant, Martin chamboule totalement la façon d'appréhender le personnage et le fait spectaculairement évoluer, toujours dans ce soucis de rejeter le manichéisme si courant des livres de Fantasy. Mais ce retournement va plus loin. Non content de changer notre jugement vis-à-vis de Jaime, les chapitres consacrés au commandant de la Garde Royale viennent ternir l'image de personnages qui pouvaient paraître plus ou moins bons jusqu'à présent. On pense notamment au portrait au vitriol d'Eddard Stark. Sans s'étendre davantage sur les myriades d'ajustements entrepris par George R.R. Martin, confirmons qu'une des grandes forces de ce troisième volet réside dans ses personnages en niveaux de gris. On connaissait certes déjà cet élément mais c'est par un patient travail sur les perceptions et les jugements du lecteur à l'égard des personnages du récit que l'auteur met en exergue de façon magistrale le rôle de la subjectivité dans l'écriture de l'histoire. Bien entendu, on reste ébahi par le nombre de protagonistes introduits. Désormais, on les compte par centaines, ce qui ne va pas sans poser quelques problèmes pour ma part : en effet, si au bout de trois longs, très longs tomes, la majeure partie des protagonistes me sont enfin familiers, force est de constater que j’ai toujours du mal à me rappeler de tel ou tel personnage que l’on pourrait qualifier de troisième zone (sans que dans le cas présent, cela soit désobligeant vu la quantité folle qui nous est proposée) même si, dans l’ensemble, il y a eu du progrès et que, dans l’ensemble, désormais, je sais parfaitement « qui est qui ». De plus, et comme ce fut le cas dans les deux précédents volumes de la saga, George R.R. Martin soigne encore et toujours ses personnages. Et si, comme on le sait fort bien, Tyrion Lannister s'affirme comme une réussite totale, Petyr « Littlefinger » Baelish ne démérite pas, très loin de là. On pourrait évidemment en citer bien d'autres comme La Vipère de Dorne, Walder Frey ou Tywin Lannister. Sachez simplement que la galerie présente dans ce Storm of Swords a de quoi faire pâlir n'importe quelle autre œuvre de Fantasy voir de littérature tout court.

Du coup, on s'imagine bien qu'avec le nombre de pages du volume et son imposante pléiade d'acteurs, A Storm of Swords approfondit grandement l'univers de Westeros. Déjà particulièrement étoffé et remarquable, celui-ci en vient à égaler les Terres du Milieu d'un certain J.R.R. Tolkien. Cette fois, on découvre l'Au-delà du mur et la société sauvageonne par les yeux de Jon Snow – et sur ce point, comme il fallait s’y attendre, ceux-ci nous apparaissent sous un autre jour – on continue à explorer les cités libres avec Daenerys – le récit de celle-ci est assez singulier, franchement a part de l’intrigue principal, il n’en reste pas moins intéressant pour deux raisons : il nous permet de découvrir d’autres lieux, perso, moi j’aime bien, et surtout, n’oublions pas que dans le cerveau prolifique de Martin, tout ceci a un but, et que, forcément, toutes les intrigues finiront par se rejoindre, enfin, en théorie – et on fait connaissance avec les familles de Dorne et d'Hautjardin. Les nouveautés ne s'arrêtent pas là puisque les anciennes histoires et les vieux secrets affirment de nouveau leur importance et construisent une solide base historique au royaume des Sept Couronnes. Martin reste fidèle à lui-même et nous propose toujours plus de détails et de profondeur à son monde. Une profondeur que l'on n'a pas fini de sonder et qui, parfois, laisse songeur : en effet, rares sont les véritables créateurs d’univers aussi crédibles ...  Elément important, les touches de Fantasy apparaissent bien plus encore dans ce volume, continuant dans ce sens le crescendo voulu par l'auteur. Dragons et morts-vivants bels et bien actifs, dieux, ou plutôt religion de plus en plus présente et, bien entendu, magie, ce troisième tome du Trône de Fer laisse entrevoir de façon mesurée son appartenance à la littérature de genre. Même si les Autres laissent planer le doute quant à leur nature véritable, le culte de R'hllor dévoile maintenant son vrai visage par l'intermédiaire de Mélisandre et de Thoros – ces deux-là, dans deux genres différents – et l’on ne peut oublier le surprenant Lord Béric Dondarion, ainsi que le retour d’une certaine… mais là aussi, chut... Bref, on sent que côté Fantasy, les choses sérieuses commencent.

Mais, quid de l'histoire ? En bon maître d'œuvre, George R.R. Martin mélange savamment l'épique et l'intimiste. Pour le premier, disons qu'A Storm of Swords contient maintes pages de bravoure ou de désastre, que ce soit pendant les Noces Pourpres, chapitre tout simplement exceptionnel et qui en choquera plus d’un (argh, mais pourquoi étais-je tomber sur un spoiler peu de temps auparavant !?) ou pendant la bataille du Mur. Pour le second point, les complots politiques et les retournements de situation qui en résultent atteignent ici leur paroxysme. Forcément, un des grands événements – que je ne dévoilerai pas – du livre se trouve bien évidement dans l'épisode des Noces Pourpres. Mais ce serait vite oublier les noces de Joffrey, presque aussi inattendues et plutôt jouissives finalement ainsi que la confrontation entre Sansa, Petyr et Lisa assortie de son incroyable révélation qui m’aura tout simplement laissé pantois ! George R.R. Martin n'a plus rien à prouver après cela en termes de suspense et d'inattendu, soyez-en certain. Grâce à sa volonté de bâtir un récit adulte qui ne refuse pas les évolutions logiques exigées par une histoire de cet acabit, l'américain continue de tuer certains de ses personnages principaux. Rétrospectivement, ces « surprises » n'en sont pas vraiment mais leur implacable logique au cœur du roman ainsi que les profonds bouleversements qu'elles engendrent en font un des plus importants atouts du livre. On saluera également la façon de penser la saga dans sa globalité et non par volet comme le font la plupart. Ainsi, A Storm of Swords renverse brutalement nos convictions acquises auparavant. La fin du volume constituant certainement un des plus ingénieux coups d'éclat qui soit, comme je vous l’ai dit... Mais, bien sûr, je vous laisse le découvrir. Côté noirceur et ton adulte, l'écrivain américain assure encore et toujours une partition sans fausse note notamment à travers la relation Jaime/Cersei des plus...troublantes. Décidément, Le Trône de Fer n'aime pas le politiquement correct. Tant mieux, car nous non plus.


Grandiose, exceptionnel, surprenant, spectaculaire, A Storm of Swords, ou troisième intégrale comme l’on dit dans cette édition, est tout simplement l’apogée d’un Martin qui atteint ici le paroxysme de sa série, dépassant les limites que l’on ne pouvait imaginer etre capable que celle-ci puisse atteindre. Fort de grands moments, captivant au possible au point qu’il en devienne quasiment impossible de décrocher la lecture – et nous avons là plus de 1100 pages – et parfois, terriblement cruelle, il me parait indéniable que ce troisième volume du Trône de Fer ne fait que confirmer tout le bien que je pouvais penser à son sujet jusque-là, bref, que ce roman est tout simplement un véritable chef d’œuvre, un truc tout bonnement énorme, du genre qu’on en lit que deux ou trois dans sa vie. Vous pensez que j’exagère ? Sincèrement, quand vous avez un récit aussi bien structuré, riche, crédible, qui est presque aussi fort de par ses implications, son univers, ses intrigues, ses révélations, la profondeur de ses protagonistes, que par ses fausses pistes, ses histoires perdues (et si cela se serait passé autrement), comment ne pas conclure au chef d’œuvre !? Et dire qu’il me reste encore deux volumes à lire (l’Intégral IV et le dernier paru aux USA,  A Dance with Dragons, et que l’on a droit en France en trois parties) et qu’après cela, ce ne sera pas encore finis…

jeudi 11 octobre 2012

LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE II



LE TRÔNE DE FER – INTÉGRALE II

Après la mort du roi Robert Baratheon, le royaume des Sept Couronnes a sombré dans la guerre. Le fils putatif du roi Robert, le roi Joffrey Baratheon siège sur le Trône de Fer, conseillé par sa mère, la reine régente Cersei Lannister. Il est toujours promis en mariage à lady Sansa Stark, fille aînée de feu lord Eddard Stark, ancienne Main du Roi, convaincu de trahison et exécuté sur le parvis du Grand Septuaire de Baelor. Le fils aîné de lord Eddard, Robb Stark, vient d'être couronné roi du Nord et du Trident par ses vassaux nordiens et ceux de la lignée de sa mère, lady Catelyn Stark. Après avoir remporté de brillantes victoires dans le Conflans contre les Lannister, principaux soutiens au roi Joffrey, le Jeune Loup doit choisir avec précaution ses prochains mouvements. Ceci d'autant plus qu'à Hautjardin, lord Renly Baratheon, le plus jeune frère de feu le roi Robert, vient de se couronner roi avec le soutien unanime du Bief et des terres de l'Orage. Mais, alors que trois rois se préparent à l'affrontement, nul ne sait ce que trame lord Stannis Baratheon, l'héritier légitime du Trône de Fer, dans sa forteresse de Peyredragon. Pendant ce temps, la Garde de Nuit lance la plus grande expédition qu'elle ait jamais entreprise de mémoire d'homme en s'enfonçant en force dans la forêt hantée pour découvrir quels périls menacent le royaume. Mais, par-delà le détroit, la princesse Daenerys Targaryen, désormais veuve de son époux Khal Drogo et mère de trois dragons, doit entamer un long périple afin d'échapper à nouveau à ses ennemis...


Fin septembre dernier, il y a tout juste quelques semaines, je m’extasiais (et je pèse mes mots) au plus haut point lors de l’écriture de ma critique du premier volume de l’une des sagas les plus réussies de ces dernières années, je veux bien évidement parler du Trône de Fer, de l’inimitable et touche à tout Georges RR Martin, écrivain américain de fort talent que certains comparent tout bonnement au maitre Tolkien – n’en déplaisent aux inconditionnels de celui-ci, dans un genre différent, je suis parfaitement d’accord avec cela, même si, pour moi, je préfère comparer ce qui est comparable. Et donc, dans ce premier volume, proposé par les éditions J’ai Lu dans un format semi-poche et qui reprenait enfin la publication originale (pour la petite histoire, pendant des années, nous autres pauvres français, avons eu droit uniquement a une œuvre publiée de façon hasardeuse par les éditions Pygmalion qui se plaisaient à découper chaque tome original en deux, trois voire quatre volumes, ce qui est hautement contestable même si je comprends parfaitement que, comme dirait l’autre, il faut bien vivre), j’avais pu vous montrer mon fort enthousiasme envers une œuvre que je n’avais pas hésiter, d’ores et déjà, à considérer comme étant l’une des meilleures qu’il m’avait été de découvrir au court de ma vie. Exagération toute latine ? Que nenni ! Le Trône de Fer méritait amplement les forts nombreux louanges que je lui avais adressé, et cette suite, ce deuxième tome de la saga, n’est venu, finalement, que le confirmer.


Intitulé A Clash of Kings, qu’ici, en France, on a traduit par La bataille des rois (mouais, pourquoi pas), ou, plus simplement, dans le cas présent, c’est-à-dire, par le bouquin, que dis-je, le pavé qui m’a accompagner ces dernières semaines, sobrement par le titre d’Intégrale II – ce qui, accessoirement, est assez osé de la part des éditeurs français, mais bon, passons – le deuxième tome de la saga du sieur Martin vient confirmer, en effet, tout le bien que l’on pouvait penser de celle-ci et le lecteur, ravi et émerveiller par le style particulier, ma mise en scène, les personnages et le développement de l’intrigue de la première partie du Trône de Fer, replongera donc avec plaisir, comme si de rien n’était, dans un univers désormais familier et captivant au possible. Bien évidemment, dans mon cas présent, comme je m’attaque à cette saga volume après volume, c’était un peu comme si je lisais un immense bouquin d’un seul coup, surtout que, a bien y réfléchir, dès les premières pages de ce A Clash of Kings, rien de bien différent n’est franchement a noter ; oh, certes, quelques personnages ne sont plus présents (bien entendu, j’éviterais de citer des noms, histoire de ne pas gâcher l’effet de surprise pour les futurs lecteurs de cette saga) tandis que d’autres, font leur apparitions ; de même, certaines figures sont davantage mises en avant tandis que d’autres, du moins, pour le moment, sont un peu en retrait. Cependant, dans l’ensemble, ce second tome de la geste pour la conquête de ce fameux – et si inconfortable – Trône en fer est la parfaite continuation de son prédécesseur : l’intrigue poursuit tranquillement son court, l’on a toujours droit aux points de vues de tout un tas de personnages, les rebondissements et autres coups de théâtre sont légions, les seconds, pour ne pas dire, troisièmes couteaux sont encore plus nombreux, et, bien entendu, tout cela est toujours aussi passionnant au demeurant.

Du coup, me voilà bien embêter car je ne sais pas trop quoi vous dire au sujet de ce second tome du Trône de Fer ? Répéter ce que j’ai pu écrire lors de ma première critique serait une bonne solution de facilité, mais, de mon point de vue, parfaitement inutile ; dire, pour la énième fois, que j’ai trouvé cela génial ? Oui, c’est le cas, mais cela ne fera pas avancer le Schmilblick. Par contre, vous parler de mes moments préférés, vous dire en quoi je trouve que le travail de Martin, sur cette œuvre, est tout bonnement exceptionnel, là, c’est forcément plus intéressant il me semble. Tout d’abord, et sans rentrer dans les détails car sinon, je n’en finirais plus : les nouveaux protagonistes. Vous trouviez qu’il y en avait trop déjà, rassurez-vous, ce diable de Martin nous en sort toute une nouvelle flopée de son chapeau de magicien ; ainsi, que ce soit le peu aimable Stannis Baratheon, son âme damnée, Mélisandre d'Asshaï, aussi inquiétante qu’attirante, mais aussi, Ser Davos, ancien contrebandier devenu l’homme de confiance de son roi, ou Brienne de Torth, une guerrière peu gâtée par la nature et bourrée de complexes en société, pour ne citer que les plus marquants, force est de constater que Martin a fait fort. Et si l’on ajoute à cela d’anciens personnages qui prennent davantage d’importance, l’exemple parfait étant bien entendu Theon Greyjoy qui occupe ici une place de choix dans l’intrigue, tandis que les… comment dire… principales figures du premier tome, elles, sont toujours présentes et toujours aussi marquantes (en tête de lice, l’inimitable et finalement attachant Tyrion, protagoniste que l’on suit le plus dans ce tome) et vous comprendrez à quel point il va falloir s’accrocher à la lecture de ce A Clash of Kings. Car oui, encore plus que dans le premier tome, il ne sera pas évidant de se souvenir de tous ces noms, de savoir qui a fait quoi a tel moment, quels sont les enjeux entre personnages ; en effet, si les principaux sont bien évidement facilement parfaitement identifiables, j’avoue avoir, une nouvelle fois bien galéré pour ne pas me perdre dans les patronymes des troisièmes couteaux de l’histoire au point que, parfois, j’en étais à me demander comment Martin parvenait à s’y retrouver !?

Mais, si l’on peut parfois etre perdu au milieu de tous ses personnages et de enjeux d’une intrigue oh combien complexe, comment ne pas louer, justement, le travail de l’auteur à rendre celle-ci oh combien passionnante !? Une fois de plus, il me fut quasiment impossible de décrocher la lecture et seul la fatigue et le manque de temps aura fait que celle-ci aura duré environ deux semaines et demie. Car plonger dans l’univers du Trône de Fer, dans ce jeu d’alliances qui se font et se défont, dans cette multitudes de points de vues qui font que, finalement, l’on s’attache au moindre protagoniste et que chacun a, quelque part, non seulement sa place mais aussi son importance, c’est tout simplement un véritable plaisir. Bien évidemment, la longueur de la chose (cette fois ci, presque mille pages) fait qu’il s’en déroule des événements dans ce second tome, mais quand on voit comment tout cela est amené, on ne peut que saluer bien bas le formidable boulot de Georges Martin sur cette œuvre. Captivant, époustouflant, impossible à lâcher tant qu’on ne la pas finis, ce second tome, encore plus riche de par ses protagonistes et les événements décris, sublime encore plus une œuvre décidément incomparable. Alors certes, le Trône de Fer n’est pas le genre de bouquin à mettre entre toutes les mains, certes, il faut s’accrocher et je pense, sur ce point, que jusqu’au bout, ce sera mon cas, mais pour la richesse de son univers, pour son style d’écriture (je suis absolument fan de ce côté point de vue des personnages) mais aussi pour son coté feuilletonesque parfaitement assumé et réussi et pour ses multiples rebondissements, cette œuvre est tout bonnement un monument. Et ses personnages, ses personnages… Si Tyrion remporte largement la palme pour le moment, petite mention particulière de ma part a Theon Greyjoy pour ce second tome, protagoniste oh combien intéressant de par ses choix et ses échecs… mais bon, ils mériteraient tous que je parle d’eux : tenez, même Sansa que je trouvais fadasse juste là commence à me plaire, comme quoi… En tout cas, vivement le troisième tome !

dimanche 23 septembre 2012

LE TRÔNE DE FER



LE TRÔNE DE FER

Le royaume des Sept Couronnes vit depuis près de quinze ans sous le règne du roi Robert Baratheon qui a mis fin à la lignée des Targaryen lors d'une rébellion qui vit la chute du roi Aerys II Targaryen. Depuis près de neuf ans, après la tentative de rébellion de lord Balon Greyjoy, le royaume est en paix et connaît la prospérité apportée par l'été le plus long connu de mémoire d'homme. Cependant, cette époque touche à son terme... Au-delà du Mur qui marque la frontière septentrionale du royaume, d'étranges événements annoncent la venue prochaine de l'hiver. Pendant ce temps, à Port-Réal, capitale du royaume, lord Jon Arryn qui fut la Main du roi Robert lors des quinze premières années de son règne, décède. Lord Eddard Stark, ami d'enfance du roi et seigneur suzerain du Nord est pressenti pour lui succéder, malgré son aversion pour les intrigues de la Cour. Mais un autre péril menace l'unité du royaume car, au-delà du détroit, dans les cités libres, les derniers héritiers de la dynastie targaryenne conspirent pour reprendre le Trône de Fer qui leur a été usurpé...

Dans a peu de choses prêt un mois, je vais avoir trente-huit ans, ce qui, pour certains, peut paraitre énorme, pour ne pas dire vieux, je n’en doute pas ; bref, quasiment quatre décennies complètes, souvent riches, parfois ennuyeuses, avec des hauts et des bas, comme tout à chacun, des moments de joie et d’autres que l’on préférerait oublier ou, du moins, ne plus jamais connaitre. Et en trente-huit ans, donc, vous imaginez bien la quantité pour le moins phénoménale d’œuvres, quel que soit le genre – cinéma, bande dessinées, romans etc. – que j’ai pu avoir l’occasion de découvrir, d’apprécier, lorsqu’elles le méritaient, de les dénigrer, lorsque je l’estimais, mais aussi, dans des cas plus rares, de les porter aux nues, cela, quand à mes yeux, celles-ci étaient tout bonnement de pures chef d’œuvres. Etant un pur latin avec tous les défauts et qualités qui vont de pair avec mes origines, je sais pertinemment que, bien trop souvent, j’ai tendance à m’extasier pour pas grand-chose, à louer le génie de tel film, tel roman avant de, quelques années plus tard, lorsque je reviens dessus, constater que tout cela ne valait pas un tel déballage d’éloges. Pourtant, en certaines d’occasions, l’évidence est telle que je sais pertinemment, en disant du bien d’une œuvre, que oui, mille fois oui, celle-ci est un véritable chef d’œuvre ; ce constat, même dix ans, vingt ans plus tard, je n’en démords pas le moins du monde. Certes, comme je vous le disais, cela n’arrive pas tous les jours et d’ailleurs, en trente-huit ans, ce ne fut que de façon plus qu’épisodique que j’ai pu découvrir de véritables chefs d’œuvres ; rare, donc, mais pas impossible, car oui, non seulement, ceux-ci existent bel et bien, mais en plus, aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous parler de l’un d’entre eux.

Une œuvre a-t-elle déjà put changer votre vie ? J’ai conscience, parfaitement, qu’une telle question peut paraitre plus qu’osée et fort probablement, certains d’entre vous, qui liront ces quelques lignes, pourraient trouver que je vais beaucoup trop loin cette fois ci. Pourtant, cette interrogation, aussi osée puisse-t-elle paraitre de prime abord, ne m’en parait pas moins pertinente, car oui, je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais personnellement, certaines œuvres ont belle et bien changer ma vie. Alors oui, je sais parfaitement que ce n’est pas un film ou une série, voir même un dessin animé, aussi marquant puisse-t-il l’etre dans la vie d’une personne, qui le fasse vivre, lui apporte le bonheur (une partie mais pas la plus importante, ne nous voilons pas la face non plus) ou le fasse tout simplement etre heureux : enfants, famille, amis, relations diverses voir même travail (car il faut bien vivre sa vie), cela me semble plus important : la naissance d’un enfant, gagner au loto, la mort d’un proche, un mariage, ce sont tout de même des événements autrement plus importants que la lecture d’un roman, aussi bon soit-il (bien évidement, parmi ceux-ci, j’en ai inclus un qui n’est qu’une chimère, mais bon, cela ne coute rien de rêver après tout), pourtant, si la naissance de mes enfants auront plus changer ma vie que tout autre événement, je considère sans peine que certaines œuvres, elles aussi, ont jouer leur rôles, à diverses étapes de ces quatre décennies d’existence et que, sans elles, sans leur découverte, leur contenu, ce qu’elles m’ont apporter, je ne serais pas, aujourd’hui, l’homme que je suis, avec mes gouts, mes passions, voir même mes qualités et mes défauts. Alors oui, selon moi, une œuvre peut changer notre vie, et certes, cela n’arrive pas tous les jours, certes, oui, il y a plus important, mais que serions-nous sans ses romans, ses films, ses séries, ses bande dessinées, ses disques, bref, sans tout ce petit sel de la vie qui fait que nous sommes, avant toute chose, ce que nous sommes.

Sur ce blog, en presque cinq années d’existence de celui-ci, j’ai pu vous parler de bien des chefs d’œuvres, et, pour en rester uniquement aux romans, je peux parfaitement classer des titres comme Les Cantos d’Hypérion, Fondation ou Elric, pour ne citer que les plus marquants, comme de purs chef d’œuvres qui oui, chacun a leurs façons, m’ont suffisamment marquer comme on aurait pu me le faire au fer rouge ; par ailleurs, d’autres titres furent tout aussi importants même si, ne les ayant plus lus depuis longtemps, je n’ai jamais eu l’occasion de vous en parler dans le Journal de Feanor : ainsi, entre les œuvres de Lovecraft ou celles de Tolkien comme le sublime Silmarillion et celui que l’on ne présente plus, Le Seigneur des Anneaux, à plusieurs reprises, au cours de ma vie, certains titres, certains auteurs, se démarquaient des autres. Et parmi ceux-ci, nul ne doute que la découverte de Tolkien, à la fin des années 80, alors que j’avais quatorze ans, fut probablement l’un des plus spectaculaires : recevant la trilogie pour Noël, j’avais tellement été enthousiasmé que je l’avais lu six fois de suite, sans discontinué ! Le Seigneur des Anneaux, donc, que j’ai lu à une époque où je me lançais dans les Livres dont vous êtes le héros, fut le catalyseur de mon entrée en Heroic Fantasy pour de longues, très longues années, avec le meilleur, mais aussi le pire, et si, avec le temps qui passe et l’évolution de mes propres gouts personnels, je me suis de plus en plus éloigné du genre que je jugeais trop figé dans des canons dépassés, jamais je ne reniais mes premiers amours, et ce, même si je n’aurais pas été contre qu’Elric vienne trucider Frodon avec Stormbringer et s’empare allègrement de l’Anneau Unique ! Bref, je pense que les connaisseurs du genre l’ont compris, j’étais plus que prêt pour passer à autre chose, a une autre Fantasy, plus sombre, plus adulte, plus à mon gout pour faire court…

Le Trône de fer, voilà, après un préambule qui n’en finissait pas, il est temps d’aborder enfin ce qui nous intéresse aujourd’hui, je veux bien évidement parler de ce qui est tout simplement considérer par beaucoups comme étant l’une des œuvres de Fantasy les plus importantes de ces dernières années, si ce n’est la toute meilleure, rien que ça ! Exagération, effet de mode dut a la série (que, pour la petite histoire, je dois etre le seul encore à ne pas avoir vu) et qui passera bien vite, sincèrement, non, je ne le pense pas, mais comment en convaincre quelqu’un qui n’aurait pas lu, qui n’aurait pas découvert cet univers, ces personnages, ces intrigues toutes droits sorties de l’imagination de son auteur, George R. R. Martin, considéré par certains comme le Tolkien moderne. Hérésie hurleront aux loups (Stark) les fans du vieux maitre ? Eh bien, pour avoir lu les deux auteurs, et tout en étant le plus objectif possible, chaque œuvre se valant et n’étant, finalement et après mure réflexion, nullement comparable si ce n’est par leur propre importance, cette comparaison ne m’apparait pas forcément exagérée, bien au contraire. Martin, comme Tolkien, a su créer de toutes pièces un monde, que dis-je, un univers crédible et magistrale, des personnages en veut-tu en voilà charismatiques en diable et une intrigue… ah, cette intrigue… qui vous empêche tout simplement de reposer le bouquin tant que vous ne découvrez pas la suite ! Pourtant, rares finalement sont les points communs entre les deux œuvres, le contraire étant plutôt à souligner : d’une part, chez Tolkien, nous avons un récit, voire carrément le récit fondateur de tout un genre, l’Heroic Fantasy avec son manichéisme de bon aloi, ses héros destinés à sauver le monde et ses méchants terriblement diaboliques, tandis que chez Martin, oubliez tout de go les Elfes aux oreilles pointues, les Nains et leurs haches, les magiciens barbus et les forces du mal car dans Le Trône de fer, la magie, les créatures fantastiques, si elles ont pu exister ou existent encore, ne sont qu’à peine esquisser et le lecteur de se retrouver davantage devant un récit plus proche du roman historique que de la pure œuvre de Fantasy – d’ailleurs, quand on connait les références de Martin comme Les rois maudits, la guerre des deux roses ou le Mur d’Adrien, pour ne citer que les plus importantes, l’on comprends mieux où l’auteur veut nous entrainer : ici, pas de héros ni de grands méchants mais toute une flopée de protagonistes, tout aussi importants les uns que les autres et que l’on suit, chapitres après chapitres, selon le point de vue de chacun. Cette façon de procédée, qui peut en troubler plus d’un, permet pourtant de suivre le déroulement de l’intrigue selon le point de vu de protagonistes souvent antagonistes dans le récit et est, accessoirement, une véritable bouffée d’oxygène dans un genre pour le moins convenu en temps normal. Chaque lecteur aura, du coup, ses préférences, selon ses personnages préférés et le fait que, suivant ces fameux points de vue, tel protagoniste peut, d’un chapitre à l’autre, passer presque d’un type bien à un véritable salaud est une façon de procédé que je trouve pour le moins judicieuse et parfaitement bien trouvée.


Bref, vous l’avez compris, j’ai aimé, que dis-je, j’ai adoré ce premier volume (lu ici dans sa dernière version dite intégrale qui reprend le format de parution original, ce qui, selon moi, est une fort bonne chose) de cette exceptionnelle saga qu’est Le Trône de fer. Pourtant, tout ne fut pas aussi facile au départ : tout d’abord, il est dans mes habitudes de ne jamais, mais vraiment jamais me lancer dans la lecture d’une œuvre tant que celle-ci n’est pas achevée, hors, comme chacun sait, pour ce qui est du cas présent, nous n’en sommes pas prêt d’en connaitre la fin – et encore, la connaitront nous un jour, suffirait que Martin meure et adieu celle-ci – pourtant, à force d’entendre tellement de louanges au sujet de cette œuvre depuis tellement longtemps, je me suis laisser tenter, me disant qu’avec les quatre premières intégrales, j’en avais au moins pour un certain temps. Ensuite, et ceci est valable pour tout nouveau lecteur qui souhaiterait se lancer dans Le Trône de fer : que ce fut dur au début ! Ces changements de points de vue entre les chapitres, le nombre gargantuesque de personnages principaux, secondaires, de troisième zone, les familles, les régions, les ancêtres, les légendes m’ont tellement embrouillé qu’il m’aura fallu une bonne centaine de pages pour que je commence enfin à m’y retrouver – et encore, alors que j’ai attaqué le tome deux depuis une semaine, parfois, il m’arrive de tomber sur un protagoniste sur lequel j’ai un doute – a quoi il faut ajouter la fameuse traduction tant décriée du sieur Jean Sola qui n’arrange pas les choses : usant d’un français au style plutôt ancien, la tournure des phrases, lorsque l’on est pas habitué – ce qui est le cas de tout individu normal – a de quoi dérouter nos pauvres neurones. Pourtant, avec le temps, je m’y suis habituer et je dois avouer que, désormais, celle-ci ne me pose plus aucun problème. Pour finir, un petit avertissement s’impose : dans Le Trône de fer, ne vous attendez pas à de grandes scènes d’actions ou des descriptions de batailles grandioses, ici, c’est surtout énormément de parlote entre personnages, de pensées etc. Personnellement, cela ne me gêne pas mais un tel procédé pourrait déplaire à plus d’un lecteur. Mais bon, ce n’est pas comme si je ne les avais pas prévenus.


Ceci étant dit, il est temps que je me replonge dans la deuxième intégrale, que je suive la suite des aventures de Daenerys Targaryen, Jon Snow, Arya Stark et le génialissime Tyrion Lannister, que je retrouve le plaisir incommensurable que je ressens a la lecture de cette œuvre, que je tremble pour les personnages (et oui, ici, n’importe qui peut mourir !), que je m’extasie devant les intrigues, les coups fourrés et les divers retournements de situations qui ponctuent le récit. Pour cette première critique du Trône de fer, je ne me serais guère attardé sur celui-ci, ses personnages, cette intrigue et je tacherais de le faire pour la suite, mais pour une première, j’avais décidément bien plus à cœur de vous dévoiler mon ressenti sur cette œuvre, même si, pour cela, je me serais un peu éparpiller dans tous les sens. Bien plus haut, dans ce billet, je me demandais si une œuvre peut changer une vie ? La réponse, vous la connaissez fort probablement : même si je relativise les choses, même si, après tout, cela n’est qu’un roman, même si la vie fourmille de choses autrement plus importantes, c’est oui, un grand oui même ! Mais bon, comment pourrait-il en etre autrement ? Personnellement, des œuvres géniales, il en existe des tas, mais aussi magistrale que ce Trône de fer, sincèrement, je dois les compter sur les doigts d’une main !