mercredi 26 novembre 2014

TERRA FORMARS – TOME 1


TERRA FORMARS – TOME 1

La population terrienne en constante augmentation épuise toujours plus les ressources de sa planète. Seule solution pour éviter l'extinction : faire proliférer sur Mars l'unique forme de vie capable d'endurer son environnement et de le rendre habitable… le cafard. An 2599 : la terraformation entre dans sa phase finale et les rampants doivent maintenant être exterminés. À bord du vaisseau spatial Bugs 2, quinze jeunes gens venus des quatre coins du globe, et génétiquement modifiés en vue de cette tâche, s'apprêtent à atterrir sur Mars. Ils ignorent encore tout du sort de leurs prédécesseurs disparus en tentant de remplir la même mission… Et si la théorie de l'évolution ne s'appliquait pas qu'à l'Homme ?


Terra Formars – Tome 1
Scénariste : Yū Sasuga
Dessinateur : Kenichi Tachibana
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Action, Science-Fiction
Titre en vo : Terafōmāzu
Parution en vo : 19 avril 2012
Parution en vf : 01 février 2013
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Kazé
Nombre de pages : 192

Mon avis : Se lancer dans une nouvelle œuvre, quelque soit le genre d’ailleurs (ici, c’est d’un manga qu’il s’agit, mais bon, c’est valable pour toute série en plusieurs parties), est souvent une entreprise pour le moins périlleuse, surtout quand, si vous êtes comme moi, vous suivez plusieurs séries au même temps. Mais ce qui peut arriver, surtout avec des séries dont plusieurs tomes sont déjà sorties, c’est que celles-ci, après un certain emballement des débuts, soient abandonnées sur le bas de la route ; la chose m’étant déjà arriver a plusieurs reprises, et, accessoirement, pas seulement avec des mangas. Mais dans le cas présent, bref, avec ce Terra Formars dont je vous propose la critique du premier tome de la saga, il se pourrait fort bien que les choses se déroulent autrement… Il faut dire que l’œuvre du scénariste Yū Sasuga portait en elle, depuis un certain temps, bien des louanges a son sujet et que son scénario, pourtant classique en soit – finalement, ce n’est qu’une banale histoire d’affrontement entre humains et êtres venus d’ailleurs – n’en reste pas moins plutôt bien ficelé : en effet, en partant d’un postulat de base qui tient a être de moins en moins de la science-fiction, c’est-à-dire, la terraformation de notre voisine, Mars, Terra Formars met face a face une humanité qui, trop nombreuse sur sa planète natale, s’en va conquérir les étoiles, sauf que, suite a l’un des hasards dont l’évolution a le secret, les cafards envoyés sur Mars ont évolué en quelques centaines d’années, sont devenus humanoïdes et… sont tout sauf amicaux. Bref, ennuis en perspectives et, comme vous pouvez l’imaginez (car nous ne sommes pas au pays des bisounours), massacre à venir, surtout pour les pauvres humains envoyés dans cette galère. Alors bien sur, les autorités terriennes, toujours aussi fourbes, avaient prévu le truc et nos astronautes ont été améliorés avec des gènes d’insectes (oui, je sais, dit ainsi, cela a l’air débile, pourtant, si l’on accepte la chose, aussi incongrue soit-elle, l’intrigue marche plutôt bien), ce qui les améliore de diverses façons, plus ou moins utiles… après, est ce que cela sera nécessaire pour affronter des hordes de cafards ? La, c’est un autre problème, bien entendu. Quoi qu’il en soit, et de façon presque surprenante au vu du synopsis et des nombreux affrontements qui parsèment ce premier tome, force est de constater que Terra Formars s’avère être une agréable surprise : c’est plutôt captivant, les dessins de Kenichi Tachibana, sans être géniaux n’en restent pas moins réussis et apportent un plus a l’ensemble, c’est souvent gore, dramatique et l’on a même droit a quelques scènes plus touchantes… bref, en aucune façon le truc de l’année, loin de là, mais un excellent premier tome qui pose bien les bases de la saga, riche en scènes marquantes et qui, sans nul doute, donne envie de découvrir la suite !


Points Positifs :
Terra Formars part d’un postulat pour le moins saugrenue – des cafards, envoyés sur Mars, évoluent en quelques centaines d’années et deviennent une menace pour les humains – mais qui n’en reste pas moins efficace.
- De la même manière, on a droit à une fois de plus à un énième affrontement entre l’humanité et des êtres venus d’ailleurs (enfin, pas de si loin finalement) mais bon, le scénario est suffisamment captivant pour tenir en haleine le lecteur de bout en bout.
- Le sieur Kenichi Tachibana s’en sort plutôt bien aux pinceaux et, ma foi, le look des cafards est réussi.
- Décapitations, personnages coupés en deux ou démembrés, c’est gore, très gore même par moments mais personnellement, cela ne me gène pas le moins du monde.
- Quelques protagonistes un peu stéréotypés (pour ne pas dire beaucoup) mais auquel on s’attache pour certains – dommage d’ailleurs que l’israélien, charismatique en diable, passe si vite a la trappe !
- Une bonne entrée en matière qui donne envie de découvrir la suite.

Points Négatifs :
- Malgré quelques bonnes idées et un scénario qui démarre au quart de tour pour ne jamais s’arrêter, reconnaissons que Terra Formars est d’un classicisme certain dans sa forme : intrigue, personnages stéréotypés et surpuissants face a une menace qui l’est encore plus, magouilles et trahisons, humains contre monstres… mouais, pour l’originalité, la vrai, l’unique, on repassera…
- Probablement trop gore pour un certain lectorat.

Ma note : 7,5/10

dimanche 23 novembre 2014

L'ATTAQUE DES TITANS – INSIDE


L'ATTAQUE DES TITANS – INSIDE

Il y a plus d’un siècle, les Hommes vivaient en paix. Mais, un jour l’Humanité a été presque entièrement décimée par des êtres gigantesques, les Titans. Personne ne sait d’où ils viennent ! Une chose est sûre, ils semblent animés par un unique but : dévorer les humains, un par un ! Depuis, les derniers rescapés ont bâti une place forte, une cité cernée de hautes murailles au sein de laquelle vivent leurs descendants. Ignorants tout du monde extérieur, ils se pensent au moins à l’abri des Titans ! Mais leurs vies basculent le jour où surgit un Titan colossal… L’Attaque des Titans – Inside : Le guide complet des 78 personnages mêlés à la guerre contre les Titans ! Une chronologie retraçant tous les événements du monde de L’Attaque des Titans ! Un almanach des Titans retraçant leur invasion ! Les combats et les scènes les plus marquantes sélectionnés pour vous ! Le résultat des votes de votre personnage préféré ! Une interview de Hajime Isayama pour connaître les coulisses de la série ! Un dossier spécial sur les doubleurs et le réalisateur de l’anime !


L’attaque des Titans – Inside
Scénariste : Hajime Isayama
Dessinateur : Hajime Isayama
Genre : Shōnen
Type d'ouvrage : Action, Dark Fantasy, Dystopie, Horreur, Tragédie
Titre en vo : Shingeki no Kyojin
Parution en vo : 9 avril 2013
Parution en vf : 29 octobre 2014
Langue d'origine : Japonais
Editeur : Pika Édition
Nombre de pages : 192

Mon avis : Indéniablement, L’Attaque des Titans est l’un des mangas les plus réussis de ces dernières années, et là, ce n’est pas le fan qui parle mais l’observateur parfaitement objectif qui, devant les chiffres de vente de cette œuvre et devant la qualité intrinsèque de l’adaptation animé, ne peut que reconnaitre les faits. Bien évidement, affirmer de telles choses ait bien plus aisé lorsque l’on aime une œuvre, et donc, dans mon cas, c’est bien plus facile ; de la même façon, ceux qui n’aiment pas ce Shōnen du sieur Hajime Isayama trouveront sans nul doute à redire quand a mes dires, ce qui peut se comprendre. Mais si j’ai débuter cette critique par ces propos, c’est justement que l’œuvre qui nous préoccupe aujourd’hui, L’Attaque des Titans – Inside est indubitablement le genre de produits qui ne peut convenir qu’aux fans purs et durs, car bon, comment dire… pour ceux qui n’auraient pas compris, ici, nous avons affaire a un guide officiel de la série, ce qui, d’entré de jeu, fait que ce bouquin est avant tout destiné aux amoureux de la série, qui, sans nul doute, y trouveront leur compte, mais qui, de la même manière, laissera complètement froid tous les autres. Car bon, si vous n’aimez pas L’Attaque des Titans, a quoi bon au guide officiel ? A quoi bon toutes ces fiches de personnages, a quoi bon tous ces graphiques, ces résumés des événements, ces résultats de vote pour savoir qui sont les protagonistes préférés des lecteurs nippons (Livaï !!!), a quoi bon l’interview de l’auteur ou des doubleurs japonais, bref, a quoi bon toute cette somme d’informations sur une œuvre qui vous laisse froid ? Mouais, tout cela ne sert à rien… Par contre, oui, par contre, si, comme moi, vous êtes un fan absolu de Shingeki no Kyojin, si vous vouez un culte au Caporal Chef Livaï, si vous ne pouvez pas vous empêcher de trouver Mikasa ou Annie plutôt mignonnes, si vous avez versé une petite larme lors de la mort de Petra et s’il vous arrive de vous imaginez affronter des Titans au péril de votre vie, bref, si vous êtes un mordu de cette œuvre, alors, ce guide officiel est fait pour vous, je dirais même plus, c’est un Saint Graal, une Bible, une relique sacrée que vous ne pourrez plus quitter, un livre saint que vous consulterez, encore et encore, tandis que votre entourage, lui, de plus en plus inquiet, songera a joindre l’hôpital psychiatrique le plus proche…


Points Positifs :
- L’Attaque des Titans – Inside est un guide officiel, est donc, forcément, il ne peut convenir qu’aux fans purs et durs de la série, mais si c’est le cas, alors là, vous tiendrez là un objet indispensable, que dis-je, culte, que vous consulterez, encore et encore…
- Tous les personnages, je dis-bien tous les protagonistes apparus jusqu’au tome 9, ont droit a une fiche détaillée ; idem pour les Titans ainsi que – les japonais sont fous – les lieux, les objets, etc.
- Une mine d’informations a nul autre pareil sur l’univers de la série.
- Résumé, sondages, interviews, historique… que dire, le fan ne pourra qu’être ravi en parcourant ce guide officiel.
- Belle couverture avec Livaï en premier plan, forcément !

Points Négatifs :
- Bien évidement, qui dit guide officiel, dit que vous devez aimer la série et si ce n’est pas le cas, alors ce bouquin ne vous servira strictement a rien.

Ma note : 8,5/10

vendredi 21 novembre 2014

PLUS GRANDS SONT LES HÉROS


PLUS GRANDS SONT LES HÉROS

Les Israélites ont un nouveau roi. Désigné par Samuel, Saül, un simple paysan, mène une armée de plusieurs milliers d’hommes contre les Philistins. Son fils, Jonathan, et sa reine, Achinoam, sont perçus avec un immense respect par son peuple. Originaires de Caphtor, on murmure qu’ils sont bien davantage que de simples mortels et qu’ils cachent leurs pouvoirs craignant la colère de Saül et de son Dieu, Yahvé. Alors que le champion des Philistins, Goliath, réapparaît parmi leurs rangs, un jeune berger nommé David vient rejoindre le camp des Israélites et s’attire l’attention du roi lui-même par son talent à la harpe. Mais une question se pose, qui pourra vaincre Goliath le cyclope ?


Plus grands sont les héros
Auteur : Thomas Burnett Swann
Type d'ouvrage : Fantasy, Mythologie
Première Parution : 19 mars 1974
Edition Poche : 4 septembre 2014
Titre en vo : How Are the Mighty Fallen
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Patrick Marcel
Editeur : Les Moutons Electriques
Nombre de pages : 224

Mon avis : De Thomas Burnett Swann, écrivain américain peu connu du grand public sous nos latitudes, jusqu’à peu, je n’avais lu qu’une seule de ses œuvres, La Trilogie du Minotaure, magnifique recueil où se mêlaient Fantasy et mythologie et dont je vous ai parlé en aout 2013. Il faut dire que bon nombre des ouvrages de cet auteur n’eurent pas la chance d’avoir droit a des traductions dans notre pays, ainsi, lorsque j’appris la sortie, il y a quelques temps, d’un certain Plus grands sont les héros, je n’ai pas hésité une seconde : si les aventures d’Eunostos, le dernier des Minotaures, m’avait enchanté, il n’y avait pas de raison que cette relecture du mythe biblique de David et Goliath ne me laisse les mêmes impressions. Bon, arriver a ce point de ma critique, certains pourront tiquer en entend les noms de David, Goliath ou de la Bible, et, d’ailleurs, ce ne fut pas sans une certaine méfiance que j’ai abordé cette œuvre ; après tout, qu’est ce que Thomas Burnett Swann pouvait apporter de neuf a un mythe archi connu ? Or, première surprise, et une bonne d’ailleurs, assez rapidement, je me suis rendu compte que je connaissais fort mal les a cotés du mythe de David et Goliath, car bon, comment dire, si je savais parfaitement que le premier, simple berger, tuait le second avec sa fronde et finissait roi d’Israël, non seulement je ne connaissais pas ses talents de poète mais en plus, des protagonistes comme Saül, Achinoam voir même Jonathan m’étaient parfaitement inconnus ! Et justement, on en vient au fond du problème et à l’intrigue principale de ce roman, je veux bien évidement parlé de la relation pour le moins ambigu entre David et le beau Jonathan. Ah, plus qu’une amitié virile entre deux hommes, il se pourrait fort bien que ses deux là se soient aimés d’un amour bien moins chaste – hein, quoi, comment, un couple homo dans la Bible, mais où va le monde – et si les spécialistes de l’Ancien Testament ne sont pas d’accords sur cette… euh, relation, Thomas Burnett Swann, lui, n’y va pas par quatre chemins et nous décris une relation amoureuse et charnelle entre les deux hommes, ce qui était pour le moins osé il y a quarante ans. Du coup, et avant toute chose, Plus grands sont les héros est plus une histoire d’amour, fort belle au demeurant, qu’une simple relecture biblique, et comme en plus, l’auteur, un peu dans la même veine que dans La Trilogie du Minotaure, use sans vergogne, de créatures mythiques comme les sirènes grecques, faisant même de la reine Achinoam l’une d’entre elles et de Goliath, un cyclope, on se retrouve au final avec une œuvre pour le moins singulière, plutôt osée, et qui sort des sentiers battus ; mais une œuvre d’une rare poésie et qui, malgré son coté par moments déstabilisants, n’en mérite pas moins d’être connue…


Points Positifs :
- Fort intéressante relecture du mythe de David et Goliath et plus particulièrement de la relation entre le premier cité et son grand ami Jonathan, fils du roi Saül.
- On sent que Thomas Burnett Swann a potassé son sujet et connait son Ancien Testament sur le bout des doigts ; partant de là, il brode, il s’éloigne de l’histoire originale, certes, mais avec succès.
- David et Jonathan homos ? Et pourquoi pas d’ailleurs !? Quoi qu’il en soit, en plus d’être plutôt osé pour une œuvre sortie dans les années 70, nous avons là une fort belle histoire d’amour.
- Sirènes, Cyclopes, magie : les choix de l’auteur peuvent choquer mais le tout se goupille plutôt bien au final.

Points Négatifs :
- Bien évidement, ce mélange de tradition biblique et de mythes grecs peut déstabiliser voir choquer pas mal de lecteurs.
- J’ai trouvé ce livre un peu trop court, surtout vers la fin un peu trop rapidement expédié a mon gout.
- Certes, c’est une histoire d’amour avant toute chose mais bon, certains passages sont un peu gnangnans par moments.

Ma note : 7,5/10

mardi 18 novembre 2014

MELANCHOLIA


MELANCHOLIA

A cinq jours de la fin du monde, Justine et Michael se marient. Claire, la sœur de Justine, a organisé pour cette occasion une luxueuse et très solennelle réception dans la somptueuse demeure qu'elle partage avec son mari astronome et son fils Léo. Malgré le faste et l'ostentation, ce ne sont pas les bonnes manières et l'éducation qui étouffent les invités. Des comptes seront réglés et du linge sale lavé en famille. Entre autre, mais pas que...comme on dit. Claire en apparence solide, équilibrée, couve, materne et protège sa petite sœur la blonde, diaphane, douce et fragile Justine. Parfois néanmoins elle la secoue un peu, mais pas trop. Cependant, en ce jour programmé pour le bonheur, Justine fait des efforts démesurés pour sourire, s'amuser et afficher l'image idéale qu'on attend d'une mariée. Mais Justine est atteinte d'un mal sournois et invisible à l'œil nu. Elle souffre d'une profonde dépression. On peut dire qu'elle est une maniaco-dépressive, une bipolaire... mais avant Freud, l'état de Justine portait un tout autre nom : la mélancolie. Et c'est justement la planète Melancholia qui s'approche à toute vitesse de la Terre et risque de la heurter. Alors que Claire si forte jusque-là panique à l'idée de tout perdre et notamment la vie, Justine s'apaise progressivement...


Melancholia
Réalisation : Lars von Trier
Scénario : Lars von Trier
Musique :  Prélude de Tristan und Isolde de Richard Wagner
Production : Zentropa, Memfis Film, Slot Machine, BIM Distribuzione, Trollhättan Film AB, ARTE France Cinéma
Genre : Drame, Catastrophe
Titre en vo : Melancholia
Pays d'origine : Danemark, Suède, France, Allemagne, Italie, Espagne
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 26 mai 2011
Durée : 130 mn

Casting :
Kirsten Dunst : Justine
Charlotte Gainsbourg : Claire, la sœur de Justine
Kiefer Sutherland : John, le très riche mari de Claire
Charlotte Rampling : Gaby, la mère de Justine et de Claire
John Hurt : Dexter, le père de Justine et de Claire
Alexander Skarsgård : Michael, le promis de Justine
Stellan Skarsgård : Jack, le patron de Justine, directeur d'une agence de publicité
Brady Corbet : Tim, le neveu de Jack
Udo Kier : l'organisateur du mariage
Jesper Christensen : « Little Father »
Cameron Spurr : Leo, le fils de Claire et de John, neveu de Justine

Mon avis : Je vais être franc, cela faisait longtemps, très longtemps même que je souhaitais voir ce film, Melancholia, en fait, pour être tout a fait précis, depuis sa sortie, il y a de cela plus de trois ans. Il faut dire que, sans avoir vu le moindre film jusque là du controversé et fantasque (barré) réalisateur danois, Lars von Trier, le scénario de cette œuvre, qui valu a l'actrice allemande Kirsten Dunst le prix d'interprétation féminin a Cannes, m'avait attirer tout de suite ; le scénario, quelques extraits, et cette affiche, tout simplement magnifique a mes yeux. Et donc, il aura fallu attendre que la chaîne franco-allemande, ARTE, ne le diffuse ce dimanche pour que, enfin, j'ai l'occasion de juger par moi même ce que certains considéraient comme étant un chef d'œuvre tandis que d'autres n'y voyaient là qu'un bouillon indigeste, un truc de barge egocentrique sans le moindre intérêt... Et d'entré de jeu, dès cette somptueuse séquence d'ouverture, j'ai accroché : esthétique sublime, véritable régal pour mes yeux émerveillés, je me souviens m’être dis a moi même que ce type, Lars von Trier, était peut être complètement barré mais qu'il n'en restait pas moins un génie... enfin, je suppose que l'un ne va pas sans l'autre !? La suite, eh ben, comment dire, disons que celle ci ne fut que la confirmation de mes premières impressions et cette fête de mariage, véritable descente aux enfers pour ses participants, maelstrom maniaco-dépressif qui pourrait pousser au suicide les plus fragiles tellement les protagonistes errent comme des âmes en peine et se déchirent jusqu'à n'en plus finir, est, a mes yeux, le point d'orgue du film. Alors bien sur, la seconde partie, selon moi, est un peu en deçà, non pas pour cette histoire de planète qui va percuter notre bonne vieille Terre et qui entraînera l'apocalypse, non, la chose, après tout, on peut l’admettre, mais davantage en raison de deux choses : le personnage de Kirsten Dunst devient un peu trop « surnaturel » a mes yeux, et, malgré tout l’intérêt de cette partie, le désespoir des personnages devant la fin du monde, la première partie était tellement parfaite qu'il en devenait fort difficile de rivaliser avec... Alors bien entendu, Melancholia est un film de barge destiné a un public de barge, Lars von Trier est sans nul doute un grand malade mental et franchement, pour avoir été captiver, que dis-je, subjuguer par ce film, c'est que je dois l’être également – et j'assume complètement – mais bon, fou ou pas, cela faisait longtemps que je ne ressentait pas un tel plaisir a découvrir un film, et rien que pour cela, le jeu en valait la chandelle !


Points Positifs :
- Esthétiquement, Mélancholia est une pure merveille et entre la façon de tourner, caméra a l'épaule, certains plans plus larges et magnifiques et, bien entendu, la séquence d'introduction qui est un véritable petit bijou, nous avons là un véritable régal pour les yeux, et ce, pendant deux heures.
- Personnages tourmentés et dépressifs, longue fête familiale qui s'éternise et qui finit en eau de boudin, réaction des protagonistes face a la mort, inéluctable, Lars von Trier nous offre une belle palette de sentiments humains.
- Les deux actrices, Charlotte Gainsbourg et Kirsten Dunst, sont tout simplement parfaites de maîtrise dans leurs rôles respectifs.
- Un film sur la fin du monde pour le moins singulier, certes, mais qui n'en reste pas moins réussi et, accessoirement, bien plus intéressant, au vu de la réaction des protagonistes, que bien des films apocalyptiques.
- La première partie, celle du mariage, est un véritable régal pour le spectateur et voir cette descente aux enfers familiale au fil des heures, est une vrai réussite.

Points Négatifs :
- Peut etre que la chose qui m'a le plus titiller en regardant Melancholia, c'est le passage entre les deux parties – mariage puis fin du monde – qui m'a sembler un peu brutal, surtout au vu du personnage joué par Kirsten Dunst qui, de simple névrosée, devient presque une voyante.
- Je reconnais que c'est tout de même spécial, très spécial même et que, non seulement il faut s'accrocher a l'histoire, mais qu'en plus, Melancholia fait parti de ce genre de films sans demi-mesures, c'est à dire, que soit on adore, soit on déteste. Dans mon cas, aimant les films de barrés comme Lars von Trier, ce ne fut pas un problème, mais pour d'autres...

Ma note : 8,5/10

dimanche 16 novembre 2014

EARTHLING


EARTHLING

David Bowie

1 - Little Wonder (Bowie, Gabrels, Plati) 5:24
2 - Looking For Satellites (Bowie, Gabrels, Plati) 5:46
3 - Battle for Britain (The Letter) (Bowie, Gabrels, Plati) 4:11
4 - Seven Years in Tibet (Bowie, Gabrels) 7:04
5 - Dead Man Walking (Bowie, Gabrels) 4:04
6 - Telling Lies (Bowie) 4:10
7 - The Last Thing You Should Do (Bowie, Gabrels, Plati) 4:40
8 - I'm Afraid of Americans (Bowie, Brian Eno) 4:35
9 - Law (Earthling on Fire) (Bowie, Gabrels) 1:54


Earthling
Musicien : David Bowie
Parution : 3 février 1997
Enregistré : 1996
Durée : 48:58
Genre : Rock industriel, Drum and Bass, Techno
Producteur : David Bowie, Mark Plati, Reeves Gabrels
Label : BMG

Musiciens :
David Bowie : chant, guitare, saxophone alto, samples, claviers
Reeves Gabrels : synthétiseurs, guitares samplées ou non, chant
Mark Plati : boucles, samples, claviers
Mike Garson : claviers, piano
Gail Ann Dorsey : basse, chant
Zachari Alford : batterie, percussions électroniques
Mark Plati : mixage

Mon avis : Ce n’est pas vraiment une surprise pour toute personne qui me connait personnellement mais pour les autres, c’est-à-dire, ceux qui tomberaient sur ce blog par hasard par exemple, si je devais me considéré comme étant fan d’un seul musicien, s’il y a bien un artiste que je place au-dessus de tous les autres, c’est bel et bien David Bowie ; d’ailleurs, sur ce blog, nombreuses ont été les critiques de ces albums, ce qui est logique. Mais par fan, je ne veux pas dire que je suis complètement aveugle comme certains et que, du coup, le Mince Duc Blanc comme il se surnomma lui-même autrefois, n’a pas droit à des critiques négatives venant de ma part : je sais que le Major Tom (autre surnom) a réalisé de grandes choses mais aussi, et oui, d’autres bien moins réussies. Mais dans le cas présent, bref, avec Earthling, disque pour le moins singulier du maitre, sorti à la fin des années 90 et qui n’eut jamais bonne presse, je me pose tout simplement en défenseur d’un opus, selon moi, trop sous-estimé pour ne pas dire railler. Sorti début 1997 alors que Bowie fêtait ses 50 ans et que moi-même, j’étais encore jeune et beau (en tous cas, bien plus que maintenant) Earthling marqua les esprits pour deux raisons : sa jaquette, où Bowie, vêtu d’une veste de l’Union Jack du plus bel effet, semble poser un regard sur les terres britanniques (et certains de ressortir de vieilles casseroles datant des années 70 et sur sa soit disant fascination pour l’esthétique nazi), et, bien entendu, pour son virage musical entièrement tourné vers la techno, le Drum/Bass et le Rock industriel qui régnaient alors en maitre sur les terres de sa gracieuse majesté. Bien entendu, les détracteurs de Bowie et pas mal de ses fans crièrent au scandale avant de tirer a bras-raccourcis sur l’album, ne retrouvant le sourire que quelques années plus tard, avec d’autres opus jugés plus conformes à leurs propres gouts mais que, pour ma part, ne m’ont jamais attirés ; moins de prise de risque, trop fades selon moi, non, le dernier bon album de Bowie, à mes yeux, c’est cet Earthling, véritable condensé de la musique d’alors, véritable saut dans l’inconnu d’un musicien qui, tout au long de sa longue carrière, n’hésita jamais à sauter d’un genre à l’autre, et ce, toujours avec succès… y compris ici car aussi incongrues soient les titres qui composent cet album, aussi déstabilisants soient-ils pour le vieux fan, comment ne pas reconnaitre que le bougre est diablement doué !? Oh bien sûr, certains ricaneront doucement en affirmant que Bowie ne fait que surfer sur un effet de mode et que Plati a la production y est pour beaucoup ? Et alors, ne le fit-il pas autrefois avec Brian Eno avec encore plus de succès et de reconnaissance ? Et même si Earthling n’est pas un chef d’œuvre, même si je suis seul au monde à défendre cet album, peu importe, cet album, je l’adore, je l’écoute et, hérésie suprême pour certains, je le trouve bon, très bon même !!!


Points Positifs :
- Bigre, Bowie, toujours à l’affut des nouveautés et qui n’a jamais eu peur de prendre des risques décide d’aller encore plus loin que dans Outside et nous pond un album Drum/Bass, Techno et aux accents de Rock industriel. Certains y verront du vampirisme, moi, un mec qui sait prendre des risques.
- La production de Mark Plait est tout simplement excellente.
- C’est fou comme le groupe qui entourait Bowie à la fin des années 90 était excellent et apportait un plus indéniable a celui-ci ; et puis, il y avait alors Gail Ann Dorsey…
- La pochette avec Bowie vêtu de son trench-coat aux couleurs de l’Union Jack est tout simplement splendide.
- Mine de rien, il y a une belle petite flopée de titres dans cet album, certes déstabilisants mais si on aime bien sortir des sentiers battus, s’ouvrir à d’autres genres, ça marche !

Points Négatifs :
- Je reconnais que pour pas mal de fans, cet album est trop… comment dire… différent, déstabilisant voir même, pour certains, inécoutable. Après, les gouts et les couleurs, comme chacun sait, ne se discutent pas.
- Ceux qui attendaient la suite de Outside (pour rappel, un album par an jusqu’à l’an 2000, la bonne blague) en sont pour leurs frais ; pour la petite histoire, ils le sont encore…

Ma note : 8/10

12 YEARS A SLAVE


12 YEARS A SLAVE

En 1841, Solomon Northup est un homme libre qui vit avec sa femme et leurs deux enfants à Saratoga Springs, dans l'État de New York. Il gagne sa vie en tant que charpentier et joueur de violon. Un jour, il est approché par deux hommes, de prétendus artistes, qui le droguent et l'enchaînent avant de le vendre comme esclave. Northup est envoyé par bateau à La Nouvelle-Orléans, où il est appelé « Platt » avant d'être acheté par le propriétaire d'une plantation du nom de William Ford. Bien qu'étant son esclave, Northup s'entend bien avec Ford, qui s'avère être un maître relativement bienveillant. Lorsque Solomon propose une nouvelle technique de transport des arbres à Ford, lui faisant économiser temps et moyens, ce dernier lui offre de bon cœur son violon. Mais le charpentier raciste employé par Ford, John Tibeats, est jaloux du succès de Northup et commence à lui mettre des bâtons dans les roues, le menaçant verbalement puis physiquement. Les tensions entre Tibeats et Northup atteignent leur paroxysme lorsque Tibeats le frappe et qu'il se défend. Pour se venger, Tibeats et deux de ses amis tentent de le lyncher. Pour le protéger du courroux de son charpentier, Ford est finalement contraint de revendre Northup à Edwin Epps, un propriétaire cruel et impulsif, convaincu que son droit de maltraiter ses esclaves est autorisé par la Bible.


12 Years a Slave
Réalisation : Steve McQueen
Scénario : John Ridley, d'après l'autobiographie de Solomon Northup
Musique : Hans Zimmer
Production : Regency Enterprises, Film4 Productions, River Road Entertainment et Plan B Entertainment
Genre : Drame historique
Titre en vo : 12 Years a Slave
Pays d’origine : États-Unis et Royaume-Uni
Parution : 8 novembre 2013
Langue d'origine : anglais
Durée : 133 min

Casting :
Chiwetel Ejiofor : Solomon Northup
Michael Fassbender : Edwin Epps
Lupita Nyong'o : Patsey
Benedict Cumberbatch : William Ford
Paul Dano : John Tibeats
Paul Giamatti : Theophilus Freeman
Brad Pitt : Samuel Bass
Alfre Woodard : Harriet Shaw
Sarah Paulson : Mary Epps
Adepero Oduye : Eliza
Quvenzhané Wallis : Margaret Northup
Dwight Henry : oncle Abram
Michael K. Williams : Robert
Scoot McNairy : Brown
Garret Dillahunt : Armsby
Ruth Negga : Celeste
Chris Chalk : Clemens Ray
Bryan Batt (VF : Gabriel Le Doze) : le juge Turner

Mon avis : Depuis fort longtemps, j’ai tendance à éprouver une certaine méfiance à l’encontre des films dont les critiques à leurs sujets sont unanimes, particulièrement, bien sûr, si celles-ci sont positives, ce qui, vous l’avez compris, est le cas avec ce 12 Years a Slave (ou 12 années d’esclavage pour ceux qui ne comprendraient pas l’anglais), long métrage sorti l’année dernière et qui reçut bien des louanges de la part des médias dits spécialisés. Mais le problème qui se pose, justement, avec ces fameux films qui semblent faire l’unanimité à leurs sujets, c’est que l’on a parfois l’impression que certains voudraient choisir pour nous ce qui est un chef d’œuvre ou ce qui est un étron, et cela – est ce mon côté rebelle qui veut ça – je ne peux l’accepter. Car bon, comment dire… disons le tout de suite, si bien évidement, 12 Years a Slave n’est pas une daube sans nom, bien au contraire, ce n’est pas non plus le chef d’œuvre affirmer par certains. Alors bien sûr, c’est un bon film, un très bon film même, sur ce point, il n’y a rien à redire : l’histoire est touchante, le sieur Steve McQueen réalise la chose à merveille et d’ailleurs, certaines scènes (je pense à celle de la pendaison qui s’éternise ou celle, en plan séquence, où la jeune Patsey se fait fouetter) sont de purs petits bijoux du septième art. Mais là où 12 Years a Slave échoue a être un chef d’œuvre, c’est qu’en dehors de quelques moments forts, tout cela ne reste qu’une histoire qui nous narre les souvenirs d’un esclave (dont on sait d’entrée de jeu qu’il s’en sortira) et que tout, absolument tout du début à la fin, est fait pour que le spectateur soit ému par son sort ; bref, un film à l’américaine sans surprises et parfaitement calibré – j’ose – pour un public blanc qui aura le sentiment, en sortant de la salle de cinéma, d’avoir fait son devoir de mémoire quant à la responsabilité de ses ancêtres… J’exagère un peu ? Peut-être pas tant que cela en fait. Dommage car en dehors de cela, 12 Years a Slave reste un bon film, la chose est incontestable, mais pas un grand film, et puis, si vraiment vous souhaitez découvrir une œuvre de fiction sur l’esclavage et le sort des descendants de ces malheureux africains emmenés de force outre-Atlantique, autant regarder Racines, mini-série sortie dans les années 70 et qui fut diffusée pas mal de fois sous nos vertes contrées depuis, voir même, encore mieux, lire le livre éponyme : c’est certes moins tape a l’œil que 12 Years a Slave mais bigrement plus intéressant.


Points Positifs :
- Un fort bon film sur l’esclavage, je ne le nie pas, superbement mis en scène par un réalisateur, Steve McQueen (rien à voir avec l’acteur) qui non seulement connait son affaire mais qui se donne même le luxe de nous offrir quelques scènes inoubliables.
- Sur ces fameuses scènes, justement, comment ne pas frémir sur celle de la pendaison du héros, qui s’éternise tandis que les autres esclaves reprennent leur routine, sur celle, au début, où il est passé à tabac et sur celle, bien sûr, où Patsey se fait fouetter encore et encore ; de purs bijoux malgré leur dureté.
- 12 Years a Slave se regarde bien, très bien même : sur ce point, c’est fou ce que les américains sont doués pour nous pondre des longs métrages de qualité a la chaine…
- Petite anecdote : aussi incongru que cela puisse paraitre, oui, le type joué par Brad Pitt – un abolitionniste canadien qui se retrouve dans le sud profond des USA – a bel et bien exister mais en plus, il s’investi encore davantage pour sauver Solomon Northup que ce que l’on voit dans le film.

Points Négatifs :
- Non, et au risque d’en choquer voir d’en énerver plus d’un, si 12 Years a Slave est un bon film, ce n’est pas un chef d’œuvre.
- Trop d’émotions tuent l’émotion selon moi, et ici, de l’émotion, on en a encore et encore…
- Bien sûr, le film est tiré des mémoires d’un ancien esclave, Solomon Northup, est donc, il est normal que l’intrigue soit centrée sur lui mais du coup, nous avons là une œuvre sur un individu et non sur l’esclavage.
- Pour la petite histoire, le premier maitre de Solomon Northup était bien moins cynique que celui présenté dans le film et le second, si la chose est possible, encore pire ; dommage d’avoir modifier un peu la réalité, surtout pour le premier…
- Ce qui fait la force du cinéma américain fait aussi sa faiblesse et, du coup, d’entrée de jeu, on sait que le héros va s’en sortir, il y a peu de surprises et malgré de fort belles images par moments, on a plus l’impression d’être devant un produit calibré grand public qu’autre chose ; mais où est la prise de risque bordel !?

Ma note : 7,5/10