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samedi 6 août 2022

ABATTOIR BLUES / THE LYRE OF ORPHEUS


ABATTOIR BLUES / THE LYRE OF ORPHEUS
 
Nick Cave and the Bad Seeds
 
Abattoir Blues
1 - Get Ready for Love (Nick Cave, Warren Ellis, Martyn P. Casey, Jim Sclavunos) 5:05
2 - Cannibal's Hymn (Nick Cave) 4:54
3 - Hiding All Away (Nick Cave) 6:31
4 - Messiah Ward (Nick Cave) 5:14
5 - There She Goes, My Beautiful World (Nick Cave) 5:17
6 - Nature Boy (Nick Cave, Warren Ellis, Martyn P. Casey, Jim Sclavunos) 4:54
7 - Abattoir Blues (Nick Cave, Warren Ellis) 3:58
8 - Let the Bells Ring (Nick Cave, Warren Ellis) 4:26
9 - Fable of the Brown Ape (Nick Cave) 2:45
The Lyre of Orpheus
1 - The Lyre of Orpheus (Nick Cave, Warren Ellis, Martyn P. Casey, Jim Sclavunos) 5:36
2 - Breathless (Nick Cave) 3:13
3 - Babe, You Turn Me On (Nick Cave) 4:21
4 - Easy Money (Nick Cave) 6:43
5 - Supernaturally (Nick Cave) 4:37
6 - Spell (Nick Cave, Warren Ellis, Martyn P. Casey, Jim Sclavunos) 4:25
7 - Carry Me (Nick Cave) 3:37
8 - O Children (Nick Cave) 6:51
 

Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus
Musicien : Nick Cave and the Bad Seeds
Parution : 20 septembre 2004
Enregistré : mars 2004 – avril 2004
Durée : 82:30
Genre : Post-Punk, Rock Gothique, Blues Rock, Gospel
Producteur : Nick Cave and the Bad Seeds, Nick Launay
Label : Mute Records
 
Musiciens :
Nick Cave : chant, piano
Mick Harvey : guitare
Warren Ellis : violon, mandoline, bouzouki, flute
Martyn P. Casey : basse
Conway Savage : piano
James Johnston : orgue
Jim Sclavunos : batterie sur Abattoir Blues, percussions
Thomas Wydler : batterie sur The Lyre of Orpheus, percussions
Åse Bergstrøm : chœurs
Donovan Lawrence : chœurs
Geo Onayomake : chœurs
Lena Palmer : chœurs
Stephanie Meade : chœurs
Wendy Rose : chœurs
 
Mon avis :
 C’est un fait, incontestable, Nocturama avait déçu. Certes, ce n’était pas un mauvais album, loin de là, certes, je pense ne pas me tromper en affirmant que Nick Cave et ses comparses font partit de ces quelques rares musiciens incapables de nous pondre vraiment un opus que l’on peut qualifier de complètement raté, cependant, malgré ce constat et quelques bonnes choses, ici et là, Nocturama était peut-être, que dis-je, était le moins bon album de Nick Cave and the Bad Seeds. Histoire d’enfoncer le clou, Blixa Bargeld, le comparse des débuts, lassé, avait décidé de jeter l’éponge afin de se concentrer uniquement à son autre groupe, Einstürzende Neubauten. Et, ma foi, sans son élément le plus underground, le plus avant gardistes, il était évidant qu’une page se tournait et qu’il y avait de quoi éprouver quelques craintes… Et puis, tout juste un an plus tard, en 2004, donc, un nouvel opus était annoncé et, histoire de remettre les compteurs à zéro et se lancer définitivement dans ce nouveau millénaire du bon pied, Cave et ses comparses nous pondaient, tout bonnement, un double album : Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus ! Forcément, les fans avaient de quoi être méfiants : après tout, le précédent opus n’avait pas laissé un souvenir impérissable et un double album, c’est toujours un choix casse gueule car bon, comment dire… comme chacun sait, qui dit double album dit trop de chansons et que, dans l’histoire de la musique, rare, très rares auront été les doubles opus à avoir réussit complètement à tirer leur épingle du jeu. Alors, quid du résultat ? Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus est-il un bon album ? Bon, je ne tourne pas plus longtemps autour du pot, c’est un oui ! Bon, je ne vous le cache pas, nous sommes loin des heures de gloire du groupe, c’est un fait et, par ailleurs, la problématique traditionnelle des doubles albums a encore frapper puisque tout cela finit par sentir le remplissage au bout d’un moment. Pourtant, malgré cela, il est évidant que nous avons affaire à une belle réussite et vu comment Nocturama nous avait laissé dubitatif, c’est déjà une bonne nouvelle. Diviser en deux parties qui en font, en réalité, deux albums différents, Abattoir Blues au son plus rock et aux sonorités gospel d’un coté, The Lyre of Orpheus, plus calme, plus expérimental dans sa conception de l’autre, ce nouvel opus de Nick Cave et de ses comparses s’avère fort plaisant même si, il faut le reconnaitre, il faut quelques écouter afin de mieux l’appréhender. Forcément riche en contenu, il possède pas mal de bonnes voir de très bonnes chansons même si, admettons le, il lui manque tout de même de véritables incontournables comme c’était le cas auparavant. Abattoir Blues, pour ma part, est excellent : Nick Cave en grande forme s’entoure d’une chorale de gospel et nous entraine dans des morceaux endiablés qui nous prouvent que l’australien et ses comparses sont loin d’être finis. The Lyre of Orpheus, lui, est plus difficile d’accès et cette revisite du mythe d’Orphée risque d’en perturber plus d’un, ce, même si, une fois écouter à de multiples reprises, ont finit par y trouver pas mal de qualités et quelques bonnes chansons… Bref, avec Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus, Nick Cave nous prouve qu’il est loin d’être finit et même si le résultat n’est pas excellent, c’est un fait, il a de quoi laisser le fan pour le moins satisfait : Nocturama n’était qu’un faux pas et on avait, finalement, enterrer probablement un peu trop rapidement Cave et ses mauvaises graines…
 

Points Positifs
 :
- Après le semi-échec de Nocturama qui avait déçu une bonne partie de leurs fans, Nick Cave et ses Bad Seeds, nos compères reviennent avec un double album qui, sans être un chef d’œuvre, n’en reste pas moins une belle réussite qui nous prouve, de fort belle manière, que nos quinquagénaires sont loin d’être finis et qu’ils possèdent encore le feu sacré !
- Un double album qui est composé, en fait, de deux opus assez différents dans leurs conceptions : Abattoir Blues au son plus rock et aux sonorités gospel, The Lyre of Orpheus, plus calme, plus expérimental.
- Abattoir Blues est, selon moi, le meilleur du lot avec son coté plus explosif et ses titres qui mélangent habillement rock et gospel. Aucune fausse note, que de bonnes chansons et un groupe au top, bref, que demander de plus !?
- Même si je le trouve inférieur, The Lyre of Orpheus n’est pas inintéressant et possède, lui aussi, son lot de bonnes chansons…
- Get Ready for Love, Hiding All Away, There She Goes, My Beautiful World, Abattoir Blues, Breathless et Supernaturally sont de très bonnes chansons mais d’autres titres méritent, eux aussi le détour !
- L’importance prise par Warren Ellis au sein du groupe est de plus en plus notable.
 
Points Négatifs :
- La traditionnelle problématique des doubles albums est, bien entendu, au rendez vous : ainsi, il est difficile de ne pas reconnaitre que tous les morceaux ne se valent pas et que certains donnent l’impression d’être là histoire de boucher les trous, ce qui est dommage.
- Je pense que Nick Cave aurait mieux fait de sortir deux albums à quelques mois d’intervalle, cela aurait été une bonne chose et les deux en seraient sortis grandis…
- Même si Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus est un bon album dans l’ensemble, nous sommes encore loin des heures de gloire du groupe.
- On a déjà connu des pochettes plus réussies, il faut le reconnaitre.
 
Ma note : 8/10

lundi 6 juin 2022

NOCTURAMA


NOCTURAMA
 
Nick Cave and the Bad Seeds
 
1 - Wonderful Life (Nick Cave) 6:49
2 - He Wants You (Nick Cave) 3:30
3 - Right out of Your Hand (Nick Cave) 5:15
4 - Bring It On (Nick Cave) 5:22
5 - Dead Man in My Bed (Nick Cave) 4:40
6 - Still in Love (Nick Cave) 4:44
7 - There Is a Town (Nick Cave) 4:58
8 - Rock of Gibraltar (Nick Cave) 3:00
9 - She Passed by My Window (Nick Cave) 3:20
10 - Babe, I'm on Fire (Nick Cave) 14:45
 

Nocturama
Musicien : Nick Cave and the Bad Seeds
Parution : 03 février 2003
Enregistré : mars 2002
Durée : 57:35
Genre : Post-Punk
Producteur : Nick Cave and the Bad Seeds, Nick Launay
Label : Mute Records
 
Musiciens :
Nick Cave : chant, piano, orgue Hammond B-3
Mick Harvey : guitare, orgue, basse, percussions, chœurs
Blixa Bargeld : guitare, pedal steel, chœurs
Warren Ellis : violon
Martyn P. Casey : basse
Thomas Wydler : batterie, percussions, chœurs
Jim Sclavunos : batterie, percussions, chœurs
Conway Savage : chœurs
Chris Bailey : chant sur Bring It On
Johnny Turnbull : chœurs sur He Wants You, Bring It On, There Is a Town et She Passed by My Window
Norman Watt-Roy : chœurs sur He Wants You, Bring It On et There Is a Town
Mickey Gallagher : chœurs sur He Wants You, Bring It On, There Is a Town et She Passed by My Window
Chaz Jankel : chœurs sur He Wants You, Bring It On et There Is a Town
 
Mon avis :
 Aujourd’hui, j’aborde le cas de l’album qui est, sans aucun doute possible, le plus problématique de la longue discographie du sieur Nick Cave. En effet, depuis sa sortie, en mars 2002, c’est-à-dire, il y a de cela deux décennies déjà – et dire que j’ai l’impression, par moments, que c’était hier – Nocturama occupe une place pour le moins particulière aux yeux  des fans du chanteur australien et, pour la petite histoire, une place peu envieuse… En effet, Nocturama est considéré, tout bonnement, comme étant le plus mauvais opus de Nick Cave et des Bad Seeds ! Voilà, la chose est dite et, d’entrée de jeu, vous comprendrez que ce n’est pas de n’importe quel album dont je vais vous parler aujourd’hui… Après tout, aux yeux des fans, les plus concilient reconnaitront les faiblesses de cet opus mais lui trouveront tout de même quelques qualités, quand aux autres, moins complaisants, disons qu’ils cracheront tout simplement sur cet album qui ne trouve, mais alors, absolument pas, grâce à leurs yeux… Bien entendu, les choses ne sont peut-être pas à prendre d’un point de vu aussi radical et, pour ce qui est de ces deux opinions, mon cœur balance sans nul doute du coté de la première : en effet, oui, c’est indéniable, Nocturama n’est pas un grand album et souffre énormément de la comparaison avec les autres productions de Nick Cave, cependant, ce n’est pas non plus un étron absolu comme certains l’ont, un peu trop hâtivement peut-être, affirmer d’entrée de jeu. Disons plutôt que cet opus est moyen, trop moyen au vu de ce le sieur Cave et ses comparses nous ont offert au fil des années, ce qui, fatalement, ne peut que décevoir – surtout après un No More Shall We Part qui était exceptionnel et, au demeurant, deux décennies de quasi-sans faute. De même, on sent bien que quelque chose ne tourne pas très rond du coté des Bad Seeds et que, à force de tergiverser, Nick Cave est dépassé par les événements et n’arrive pas à se décider sur quelle direction prendre une bonne fois pour toutes, c’est-à-dire, se reposer à nouveau sur les fidèles Blixa Bargeld et Mick Harvey qui l’accompagnent depuis si longtemps ou bien donner, définitivement, les clés de la maison au fantasque Warren Ellis ?! Quoi qu’il en soit, la suite, on la connait : Blixa Bargeld quittera les Bad Seeds à l’issu de cet album afin de se consacrer uniquement à son autre groupe, Einstürzende Neubauten, Mick Harvey ne tardera guère à le suivre, quand à Warren Ellis, eh bien, disons que si son importance était déjà grande depuis le milieu des années 90, les albums suivants verront le barbu prendre les clés de la maison une bonne fois pour toutes… Bref, vous l’avez compris, pour ces raisons et quelques autres, Nocturama ne pouvait pas être un grand album mais, si on prend le temps de l’écouter plusieurs fois, de lui redonner sa chance, disons qu’il est loin d’être aussi inintéressant que certains l’affirment : certes, il possède bien des défauts mais de la à dire que nous avons affaire à un étron, ce serait fortement exagérer…
 

Points Positifs
 :
- Difficile de défendre un album qui est aussi décrié depuis sa sortie il y a vingt ans et qui est considéré par les critiques comme par les fans comme étant le plus mauvais opus de la discographie de Nick Cave, pourtant, malgré ses faiblesses que l’on ne peut pas nier, Nocturama possède quelques qualités qu’il serait dommage d’occulter et certains titres méritent le détour. Après tout, Nick Cave et ses comparses, même lorsqu’ils sont en petite forme, ne sont pas capables de nous pondre un album tout à fait mauvais !
- Quelques titres, sans être exceptionnels, méritent le détour et sortent du lot : Wonderful Life, Right out of Your Hand, Bring It On ainsi que le cataclysmique Babe, I'm on Fire qui conclut cet album avec ses prêt de 15 minutes !
- Une fort belle surprise que la présence de Chris Bailey – le chanteur de The Saints – qui chante en duo avec le sieur Cave sur Bring It On.
- Même peu inspirés en regard de ce qu’ils nous avaient pondus auparavant, malgré les tensions que l’on devine, les Bad Seeds nous prouvent tout de même qu’ils sont toujours capables de grands moments, ce qu’ils prouvent fort bien dans cet album.
 
Points Négatifs :
- Même si j’ai bien défendu cet album, je ne peux pas nier que celui-ci est tout de même, effectivement, le moins bon de la discographie de Nick Cave. Trop moyen pour être honnête, ne possédant que peu de chansons qui marquent vraiment les esprits, Nocturama est un opus qui ne restera pas dans les annales, bien au contraire…
- Même les quelques titres qui sortent du lot ne sont pas non plus des incontournables, ce qui renforce le peu d’attrait que l’on peut avoir envers cet album.
- Dernier opus de Blixa Bargeld qui quittera les Bad Seeds après vingt ans de bons et loyaux services. Naturellement, vu son importance auprès de Nick Cave, comment ne pas regretter le génial allemand ?!
- Une pochette blanche, avec Nick Cave de profil qui à l’air dubitatif, mouais, même là, ce n’est pas terrible !
 
Ma note : 7/10

samedi 4 juin 2022

NO MORE SHALL WE PART


NO MORE SHALL WE PART

Nick Cave and the Bad Seeds

1 - As I Sat Sadly by Her Side (Nick Cave) 6:15
2 - And No More Shall We Part (Nick Cave) 4:00
3 - Hallelujah (Nick Cave) 7:48
4 - Love Letter (Nick Cave) 4:08
5 - Fifteen Feet of Pure White Snow (Nick Cave) 5:36
6 - God Is in the House (Nick Cave) 5:44
7 - Oh My Lord (Nick Cave) 7:30
8 - Sweetheart Come (Nick Cave) 4:58
9 - The Sorrowful Wife (Nick Cave) 5:18
10 - We Came Along This Road (Nick Cave) 6:08
11 - Gates to the Garden (Nick Cave) 4:09
12 - Darker with the Day (Nick Cave) 6:07


No More Shall We Part
Musicien : Nick Cave and the Bad Seeds
Parution : 02 avril 2001
Enregistré : septembre 2000 – octobre 2000
Durée : 67:35
Genre : Post-Punk
Producteur : Nick Cave and the Bad Seeds, Tony Cohen
Label : Mute Records

Musiciens :
Nick Cave : chant, piano
Mick Harvey : guitare, batterie
Blixa Bargeld : guitare
Warren Ellis : violon
Martyn P. Casey : basse
Thomas Wydler : batterie
Conway Savage : orgue
Jim Sclavunos : batterie, percussions
Kate McGarrigle : chœurs
Anna McGarrigle : chœurs

Mon avis : Après l’extraordinaire The Boatman’s Call, paru en 1997 et une petite cure de désintoxication afin de régler ses problèmes d’alcoolisme et de drogue, Nick Cave, toujours accompagner de ses fidèles Bad Seeds, revenait, en cette désormais lointaine année 2001, avec un opus, No More Shall We Part, qui poussait encore plus loin la mue amorcée dans l’album précédent. En effet, si The Boatman’s Call avait déjà traumatisée une bonne partie des fans de la première heure de l’australien, force est de constater que No More Shall We Part n’allait pas les rassurer quant a la tournure artistique prise par leur idole, à mille lieux, désormais, de l’énergie punk de ses débuts, celui-ci lorgnant, de plus en plus, vers un style à la Leonard Cohen avec un petit je ne sais quoi de plus, peut-être un coté habité, dérangé, quasi mystique mais oh combien grandiose… En effet, si The Boatman’s Call était un grand album, No More Shall We Part, plus jusqu’au-boutiste, plus habité, nous démontre, de fort belle manière, que non seulement le sieur Cave et ses comparses sont capables d’adopter, à loisir, un style complètement différent, mais aussi, d’y exceller de fort belle manière tant le résultat est, ma foi, somptueux ! Il faut dire que s’il subsiste encore une poignée de titres plus explosifs, ceux-ci, désormais, sont l’exception et que, désormais, Nick Cave, au piano, donne le ton de chansons plus calmes, plus douces, plus belles – oui, cet album est beau, terriblement beau – et parfaitement maitrisées de bout en bout. Bien entendu, la présence des Bad Seeds au top de leur forme y est pour beaucoup et si, une fois de plus, il faut prendre le groupe pour ce qu’il est, c’est-à-dire, un tout, comment ne pas reconnaitre l’importance de Warren Ellis à la cohérence musicale de l’ensemble – décidément, dans la carrière de Nick Cave, il y eut un avant et un après Warren Ellis. Bref, vous l’avez compris, No More Shall We Part, s’il détonne  nettement avec les premiers albums de Nick Cave n’en reste pas moins comme étant une de ses plus belles réalisations, un opus magnifique, quasiment parfait de bout et qui nous prouvait, lors de sa sortie, qu’un artiste peut parfaitement changer de style, sortir de sa zone de confort, prendre des risques et prouver, a la face du monde, qu’il est tout aussi bon !


Points Positifs :
- La mue, bien entendu, avait démarrée auparavant, cependant No More Shall We Part, encore plus radical que son prédécesseur, The Boatman’s Call, nous prouve à merveille que Nick Cave avait, non seulement, énormément évoluer depuis ses débuts, mais que, surtout, il était un artiste qui maitrisait, à merveille, moult genres avec autant de talent. Le résultat ? Un album magnifique, parfaitement maitrisée et superbe de bout en bout, sans nul doute un des meilleurs de la carrière de l’australien !
- En dehors de un ou deux titres, peut-être un poil moins réussis – et encore – le reste est, soit très bon, soit exceptionnel, c’est pour dire le niveau qualitatif atteint dans cet album. Petite mention, pour ma part, a As I Sat Sadly by Her Side, Hallelujah, Fifteen Feet of Pure White Snow, Oh My Lord et We Came Along This Road. Mais ce ne sont que quelques exemples…
- Un Nick Cave habité comme jamais et qui nous démontre, une fois de plus, toute l’étendue de son talent de chanteur.
- Les Bad Seeds sont fidèles à eux-mêmes, c’est-à-dire, qu’ils accompagnent a merveille le sieur Cave. Quand à Warren Ellis, une fois de plus, comment ne pas rendre hommage a son importance au sein de l’évolution du son du groupe.

Points Négatifs :
- Indéniablement, encore un opus qui ne réconciliera pas les fans de la première heure avec leur idole. Il faut dire que nous sommes à des années lumières du punk des débuts…
- Bon, on ne peut pas dire que la jaquette soit une franche réussite.

Ma note : 9/10

vendredi 3 juin 2022

THE BOATMAN’S CALL


THE BOATMAN’S CALL

Nick Cave and the Bad Seeds

1 - Into My Arms (Nick Cave) 4:15
2 - Lime Tree Arbour (Nick Cave) 2:56
3 - People Ain't No Good (Nick Cave) 5:42
4 - Brompton Oratory (Nick Cave) 4:06
5 - There Is a Kingdom (Nick Cave) 4:52
6 - (Are You) the One That I've Been Waiting For? (Nick Cave) 4:05
7 - Where Do We Go Now but Nowhere? (Nick Cave) 5:46
8 - West Country Girl (Nick Cave) 2:45
9 - Black Hair (Nick Cave) 4:14
10 - Idiot Prayer (Nick Cave) 4:21
11 - Far From Me (Nick Cave) 5:33
12 - Green Eyes (Nick Cave) 3:32


The Boatman’s Call
Musicien : Nick Cave and the Bad Seeds
Parution : 3 mars 1997
Enregistré : Juin 1996 – Août 1996
Durée : 52:07
Genre : Post-Punk
Producteur : Nick Cave and the Bad Seeds, Flood
Label : Mute Records

Musiciens :
Nick Cave : chant, piano, orgue Hammond, claviers, vibraphone
Mick Harvey : guitare acoustique, guitare électrique, orgue Hammond, vibraphone
Blixa Bargeld : guitare
Warren Ellis : violon, accordéon, piano
Jim Sclavunos : mélodica, batterie, percussions
Conway Savage : piano, claviers
Martyn P. Casey : basse
Thomas Wydler : batterie, maracas

Mon avis : Indéniablement, dans la longue et toujours inachevée carrière de Nick Cave, il y aura un avant et un après The Boatman’s Call, car si avant, le sombre australien paradait de tout feu, tout flamme, avec la sortie de cet opus, en 1997, pour la toute première fois, celui-ci nous proposait un opus où les chansons n’explosent pas, où Cave, plus habité que jamais, nous livre a nue ses sentiments du moments, son état d’esprit, vis-à-vis du monde, de ses amours perdus – PJ Harvey – et du Créateur qui, ici, est rien moins qu’une femme. Le résultat, forcément, aura surpris a l’époque, ce, même si Murder Ballads annonçait déjà un peu la couleur. Mais dans The Boatman’s Call, Cave va beaucoup plus loin et abandonne toute la grandiloquence assumée de son précédant album pour un son plus épuré, plus habité où, dans la plupart des titres, il se contente, au piano et la voix, d’être accompagner par un seul membre des Bad Seeds – le résultat flirtant allègrement avec le sublime lorsque c’est Warren Ellis qui est a ses cotés. Ressemblant par moments a un pasteur, notre crooner ténébreux aura bouleversé nombreux de ses fans les plus anciens qui, a jamais, regretteront la brutalité et l’énergie des débuts, pourtant, avec The Boatman’s Call, Nick Cave nous démontrait, une fois de plus, que le punk excité des débuts était davantage que cela, qu’il était un énorme artiste, d’une complexité rare, qui revient sans arrêt a ses mêmes obsessions, certes, mais en se renouvelant a chaque fois de fort belle manière, bref, la marque des très grands, indéniablement !


Points Positifs :
- L’album du changement pour Nick Cave, peut-être le plus inattendu lors de sa sortie, un opus qui, pour la toute première fois dans sa carrière, nous montrait un artiste moins explosif, moins démonstratif mais toujours aussi habité.
- Peut-être un des opus les plus calmes de Cave – en tout cas, il l’était en 1997 – mais jamais ce dernier n’avait paru aussi ténébreux, aussi désabusé sur le monde, l’amour, Dieu. Bref, un Nick Cave au sommet de son art et qui nous fait part, une fois de plus, de ses traditionnelles obsessions.
- Les Bad Seeds sont fidèles à eux-mêmes, c’est-à-dire, qu’ils accompagnent a merveille le sieur Cave. Par moments, seul un d’entre eux apparait sur un titre, mais le résultat est toujours à la hauteur.
- Le résultat flirte parfois au sublime avec Warren Ellis.
- Une pochette simple, efficace, mais parfaitement réussie.

Points Négatifs :
- L’album flirte allègrement avec la perfection, c’est un fait, cependant, à force de nous asséner des chansons aussi calmes – en apparence – je n’aurai pas été contre un ou deux titres un peu plus pêchus.
- The Boatman’s Call aura traumatisé bien des fans de la première heure, plus habitués a un Cave plus explosif, mais bon, ce n’est pas non plus comme si cet opus fut une surprise absolue non plus…

Ma note : 8,5/10

jeudi 2 juin 2022

MURDER BALLADS


MURDER BALLADS
 
Nick Cave and the Bad Seeds
 
1 - Song of Joy (Nick Cave) 6:47
2 - Stagger Lee (Nick Cave) 5:15
3 - Henry Lee (Nick Cave) 3:58
4 - Lovely Creature (Nick Cave) 4:13
5 - Where the Wild Roses Grow (Nick Cave) 3:57
6 - The Curse of Millhaven (Nick Cave) 6:55
7 - The Kindness of Strangers (Nick Cave) 4:39
8 - Crow Jane (Nick Cave) 4:14
9 - O'Malley's Bar (Nick Cave) 14:28
10 - Death is not the End (Bob Dylan) 4:26
 

Murder Ballads
Musicien : Nick Cave and the Bad Seeds
Parution : 5 février 1996
Enregistré : 1993 – 1995
Durée : 58:43
Genre : Post-Punk, Alternatif
Producteur : Tony Cohen, Victor Van Vugt, Nick Cave and the Bad Seeds
Label : Mute Records
 
Musiciens :
Nick Cave : chant, piano, orgue, orgue Hammond, coups de feu, arrangements cordes
Blixa Bargeld : guitare, cris, chant
Martyn P. Casey : basse
Mick Harvey : batterie, guitare, guitare acoustique, orgue, orgue éolien, chœurs, arrangements cordes, basse, orgue Hammond, ceinture métallique, percussions
Conway Savage : piano, chœurs, orgue
Jim Sclavunos : batterie, percussions, cloches, tambourin
Thomas Wydler : maracas, batterie, tambourin, chant
PJ Harvey : Chant
Kylie Minogue : Chant
Shane MacGowan : Chant
Anita Lane : pleurs, chant
Warren Ellis : violon, accordéon
Hugo Race : guitare
Terry Edwards : cuivres
Katharine Blake : Chant additionnel
Jen Anderson : violon
Sue Simpson : violon
Kerran Coulter : alto
Helen Mountfort : violoncelle
Marielle Del Conte : Chant additionnel
Geraldine Johnston : Chant additionnel
Liz Corcoran : Chant additionnel
Brian Hooper : basse
 
Mon avis :
 Comment un type aussi monumental que Nick Cave, un chanteur habité qui est sans aucune contestation possible, un des plus grands artistes de ces quatre dernières décennies, peut être aussi méconnu du grand public et n’est que trop rarement mis en avant, en dehors d’une certaine presse spécialisé qui, il faut le reconnaitre, plus grand monde ne lit ? C’est un peu la question que je me posais dans mes diverses critiques de ses albums que j’ai put vous proposer ces dernières semaines et auquel je n’ai toujours pas trouvé de réponse, car bon, comment dire… après l’excellent Let Love In dont je vous ai dit le plus grand bien il y a quelques jours, voilà que, avec Murder Ballads, j’aborde un album encore plus monumental, un truc énorme, un disque que l’on peut, sans la moindre exagération aucune, qualifié de chef d’œuvre absolu dès sa première écoute, c’est pour dire ! Car oui, et je pèse mes mots, Murder Ballads est un grand disque, un des meilleurs de Nick Cave et de ses mauvaises graines et, accessoirement, sans nul doute une des plus belles réussites des années 90. Il faut dire que le sieur Cave, toujours entouré de ses compagnons et de tout un tas d’invités prestigieux, nous livre ici un exercice de style pour le moins audacieux puisque, en décidant de nous sortir un album uniquement composé de ballades traitant de meurtres, genre de chanson populaire dans les pays anglo-saxons, le résultat, oh combien somptueux, mets tout le monde d’accord, ou presque, tant la perfection est atteinte de la première a la dernière chanson. Bien évidement, a bien y regarder, la thématique de ses titres, plutôt calmes en apparence mais aux paroles incisives, sinistres, colle comme un gant a notre brave Nick Cave qui, tel un poisson dans l’eau, est en terrain familier, posant sa voix d’outre-tombe dans des descriptions sans fioritures de meurtres et de crimes passionnels. Si l’on ajoute à cet ensemble cohérent et parfait les deux duos qui firent beaucoup pour la réussite de cet album, je veux bien évidement parlé de Henry Lee – avec PJ Harvey qui vivait alors une histoire d’amour avec Nick Cave – et, surtout, Where the Wild Roses Grow – avec Kylie Minogue, énorme succès de cette année 1996 et vous comprendrez, sans nul doute, a quel point ce Murder Ballads est l’un des albums majeurs du sieur Nick Cave et de ses mauvaises graines, incontestablement !
 

Points Positifs
 :
- Indéniablement un des meilleurs albums de Nick Cave voir, tout bonnement, un des plus aboutit. Il faut dire que Murder Ballads, vrai-faux concept album, est un opus monumental quasiment parfait de bout en bout, bref, un chef d’œuvre !
- Le genre des ballades meurtrières est absent dans l’hexagone mais très populaire dans les pays anglo-saxons et, force est de constater que celui-ci colle parfaitement a un artiste comme Nick Cave qui, de par son style, sa musique, s’y trouve parfaitement a l’aise, ce qui se remarque de bel manière de part l’ambiance générale de l’album.
- Les deux duos, bien sur : Henry Lee et le magnifique Where the Wild Roses Grow.
- Même si les deux duos avec Kylie Minogue et PJ Harvey se démarquent du lot, les autres titres sont loin d’être en retraits et Song of JoyStagger LeeThe Curse of MillhavenLovely Creature ou la reprise de Dylan, Death is not the End, méritent largement le détour !
O'Malley's Bar et ses 14 minutes de folie !
- Une pochette plutôt simple mais qui colle bien au contenu.
 
Points Négatifs :
- Histoire de pinailler, disons que j’ai légèrement moins accroché a The Kindness of Strangers et Crow Jane ; mais c’est vraiment pour pinailler…
 
Ma note : 9/10