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mardi 8 juin 2021

LES MONADES URBAINES


LES MONADES URBAINES

En 2381, l'humanité a trouvé une solution à la surpopulation : c'est en se développant verticalement dans des Monades urbaines, des tours de mille étages, qu'elle continue de croître. L'altitude détermine le niveau social des habitants, qui quittent rarement leur étage. Au sein de cette société, pandémonium sexuel sans tabou, les hommes semblent nager en plein bonheur. Toutefois, la création, l'imagination et l'individualité y sont considérées comme des notions dangereusement subversives. C'est dans ce monde étrange que vont se croiser les destins de Micael, un électronicien qui rêve d'un monde antérieur, Jason, un historien qui découvre les affres de la jalousie, et Siegmund, un citoyen modèle. Tout se précipite quand Siegmund connaît une défaillance suite à une descente dans les bas étages. Bientôt, la situation vire au tragique.


Les Monades Urbaines
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 1971
Edition Poche : 27 octobre 2016
Titre en vo : The World Inside
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Michel Rivelin
Editeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 352

Mon avis : Il est indéniable que, depuis sa parution, Les Monades Urbaines est considéré comme étant un des incontournables du sieur Robert Silverberg, sans nul doute un des plus grands noms de la SF nord-américaine de ces cinq dernières décennies. Ainsi, avant même de le lire, j’en avais entendu le plus grand bien, ce, même si j’étais tombé sur quelques voix plutôt discordantes, ici et là. Alors, chef d’œuvre ou pas ? Disons, après coup, que si je devais choisir une œuvre de Silverberg, pour ce que j’ai lu de lui, mon choix se porterait sur L’Homme dans le Labyrinthe, autrement plus réussi, ne serais-ce que dans la psychologie de ses personnages, quand aux Monades Urbaines ? Eh bien, disons que si nous avons bel et bien affaire à un bon roman du maitre, quelques défauts l’empêchent d’atteindre l’excellence… Pourtant, le postulat de départ est franchement bon : ainsi, cette idée d’une société humaine qui, dans le futur, ne cesse de croitre – jusqu’à atteindre les 75 milliards d’habitants sur la planète, lorsque débute l’intrigue – encore et encore, et qui vie cloitrée dans de gigantesques tours de 3000 mètres de haut, ce postulat, donc, a de quoi fasciner. Surtout que, comme a son habitude, Silverberg décrit a merveille une société aux apparences parfaites mais qui, en fait, ne l’est pas tant que ça : ainsi, dans ce roman, tout devient rapidement obligation, que ce soit d’avoir des enfants, de ne pas sortir de la norme, de ne rien avoir à cacher – surtout son corps – et, bien entendu, de ne jamais refuser un rapport sexuel. Ce dernier point, qui ravira les libertins de tout poils est en fait une belle hypocrisie, les femmes étant, de fait, a disposition de tout homme qui souhaiterait les prendre – comme il est si joliment dit dans le texte. Et c’est donc par le biais de plusieurs nouvelles – mais où l’on retrouve souvent les mêmes protagonistes – que le lecteur, va rapidement s’apercevoir que tout n’est pas rose dans ce soit disant meilleur des mondes, comme il fallait s’en douter. Bref, sur l’idée générale de ce roman, Robert Silverberg réussit nettement son paris et nous livre une fort bonne dystopie, cependant, là où il échoue un peu, c’est dans l’écriture en elle-même, l’ensemble souffrant de quelques redondances voir même, vers la fin, de quelques facilitées narratives un peu navrantes. Dommage car, sans cela, Les Nomades Urbaines serait incontestablement un incontournable, mais bon, malgré ces quelques défauts d’écriture, si vous apprécier les dystopies et la SF intelligente – sans tomber dans la hard-science – alors, n’hésitez pas, ce roman ne vous laissera pas indifférent !


Points Positifs :
- Un postulat de départ pour le moins réussit et franchement original. Il faut dire que ce futur où 75 milliards d’être humains vivent cloitrés dans des milliers de tours géantes de 3000 mètres est franchement bonne. De même que la société, telle qu’elle est décrite et qui s’avère être une excellente dystopie.
- Comme il fallait s’y attendre, derrière ce vernis de liberté à tout va – principalement sexuel – Silverberg nous dévoile un futur qui n’est fait que de contraintes et d’obligations : procréation, sexualité, etc.
- Si toutes les nouvelles ne se valent pas, certaines méritent le détour – même si l’ensemble est fortement lié, surtout qu’on y retrouve souvent les mêmes personnages – est la lecture est non seulement plaisante mais également captivante.
- Une belle petite charge contre le libertinage a tout va et la déconstruction familiale.

Points Négatifs :
- La nouvelle sur le musicien est la pire du lot. Il faut dire que les descriptions musicales et métaphysiques sont tellement chiantes que j’en suis ressortit avec un mal de crane horrible !
- Au bout d’un moment, Silverberg tourne un peu en rond et on tombe dans quelques redondances et autres facilitées scénaristiques.
- Qu’est-il advenu du visiteur de Vénus de la première nouvelle ? On n’entend plus parler de lui par la suite ?!

Ma note : 7,5/10

samedi 5 juin 2021

L'HOMME DANS LE LABYRINTHE


L'HOMME DANS LE LABYRINTHE

Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d'une ville, sinon avec la situation qui l'avait conduit à y chercher refuge. Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d'une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l'y rejoindre par la suite avaient été massacrés. Aujourd'hui, Ned Rawlins a reçu l'ordre de ramener Muller sur la terre, sa planète natale. Qui, neuf ans auparavant, l'a impitoyablement chassé...


L'Homme dans le Labyrinthe
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 1968
Edition Poche : 31 mars 2003
Titre en vo : The Man in the Maze
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Michel Rivelin
Editeur : J’ai Lu
Nombre de pages : 307

Mon avis : Avec L’Homme dans le Labyrinthe, je poursuit mon cycle Robert Silverberg et il est évidant, après coup, qu’après Roma Æterna, Les Déportés du Cambrien puis Le Livre des Crânes, celui-ci est, selon moi, l’ouvrage le plus aboutit de ce grand auteur de Science-Fiction, du moins, pour ce que j’ai lu de lui a ce jour. Car cette œuvre, la plus ancienne de Silverberg que j’ai eu l’occasion de lire, est un pur bijou de cette SF a l’ancienne, un ouvrage qui possède les qualités mais aussi les défauts de son époque – on ne peut pas les occulter – mais qui, de par son propos, va bien au-delà du simple roman de Science-Fiction… En effet, dans L’Homme dans le Labyrinthe, que nous importe que l’intrigue ait lieue dans un futur plus ou moins lointain, que nous importe que l’auteur nous affirme que l’espèce humaine ait colonisé les étoiles et soit rentrer en contact avec des races extraterrestres intelligentes et, même, que nous importe ce fameux labyrinthe qui, pourtant, occupe une place de choix dans le déroulement de l’intrigue. Tout cela n’est qu’un habillage, qu’une toile de fond qui a certes son importance mais qui n’est pas indispensable en tant que telle ; après tout, Muller, cet homme exilé après une mission qui a mal tournée auprès d’une race d’extraterrestre aurait tout aussi bien put connaitre ses déboires a l’époque des grandes découvertes, lorsque les européens s’étaient lancés a la conquête du monde. Car oui, dans L’Homme dans le Labyrinthe, ce qui compte avant tout, c’est cet homme, véritable misanthrope, exilé volontaire et qui ne veut surtout pas avoir la quelconque envie de renouer le contact avec le reste de l’humanité. Bien évidement, cette dernière, après l’avoir rejeté, a besoin de lui et tout le propos de ce roman tourne autour de cela : comment convaincre un homme qui ne veut plus rien avoir affaire avec les siens de revenir parmi eux afin de les sauver ? Ainsi, L’Homme dans le Labyrinthe est un ouvrage qui met avant toute chose en avant la psychologie de ses protagonistes et de nombreux dialogues : cela ne plaira pas a tout le monde, certes, cependant, pour ceux et celles qui aiment un tant soit peu réfléchir et qui préfèrent le coté intimiste au grand spectacle, il est évidant que ce roman de Silverberg risque de ne pas les laisser indifférents. Un ouvrage a essayé, sans nul doute, et qui sait, qui risque fort de vous plaire !


Points Positifs :
- Plus qu’un simple ouvrage de SF, L’Homme dans le Labyrinthe est avant toute chose un roman qui met l’accent sur la psychologie de ses protagonistes et sur les dialogues entre ces derniers. Ainsi, tout l’enjeu, ici, est de voir comment Muller sera convaincu de revenir au sein de l’humanité afin de sauver cette dernière.
- Si Muller est fort naturellement le protagoniste le plus intéressant de ce roman, Ned Rawlins, pour sa jeunesse et son coté naïf s’avère être assez attachant.
- Même si le coté SF est accessoire, il est clair que l’on ne peut pas en faire totalement abstraction : ainsi, prenons donc ce fameux Labyrinthe de Lemnos, tellement singulier et mystérieux, incontestablement une des grandes réussites de cet ouvrage.
- Un final pas totalement inattendu mais qui n’en reste pas moins fort réussi.

Points Négatifs :
- Quelques petites faiblesses inhérentes à l’époque où fut écrit cet ouvrage : certains passages un peu simplistes, personnages féminins sans la moindre profondeur, etc.
- Les amateurs de SF à grand spectacle passeront rapidement leur chemin. Il faut dire que L’Homme dans le Labyrinthe est un ouvrage un peu cérébral et que l’action brille particulièrement par son absence.

Ma note : 8/10

jeudi 3 juin 2021

LE LIVRE DES CRÂNES


LE LIVRE DES CRÂNES

Ils sont quatre : Timothy 22 ans, riche, jouisseur, dominateur. Oliver, 21 ans, beau, athlétique, bloc lisse à la faille secrète. Ned, 21 ans, homosexuel, amoral, poète à ses heures. Eli, 20 ans, juif, introverti, philologue, découvreur du Livre des Crânes. Tous partis en quête du secret de l'immortalité : celle promise par Le Livre des Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d'eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d'entre eux doivent trouver la mort (l'un assassiné par un de ses compagnons, l'autre suicidé) et les deux autres survivre à jamais.


Le Livre des Crânes
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Fantastique
Première Parution : 1972
Edition Poche : 21 avril 2004
Titre en vo : The Book of Skulls
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Livre de Poche
Nombre de pages : 352

Mon avis : Après le plutôt réussi Roma Æterna puis le sympathique mais hélas trop court Les Déportés du Cambrien, Le Livre des Crânes est le troisième roman de ce grand nom de la SF nord-américaine qu’est Robert Silverberg à avoir droit a sa critique sur ce blog. Un roman un peu particulier dans la longue bibliographie de l’auteur puisque, comme chaque personne qui aura eu l’occasion de le lire le sait bien, celui-ci est tient davantage du road-movie qu’autre chose, d’ailleurs, l’habitué de Silverberg tiquera peut-être devant le manque évidents d’éléments SF ou fantastiques – après tout, au vu de conclusion en forme d’interrogation, on peut même se demander si le peu de fantastique existant était réel !? Quoi qu’il en soit, malgré ce constat, fort étonnant pour l’auteur, il apparait nettement que Le Livre des Crânes n’en reste pas moins un fort bon ouvrage de Silverberg ; certes très différent dans ses thématiques et dans sa forme, mais tellement captivant dans son déroulement. Ainsi, dans ce roman où l’on suit, alternativement, les quatre protagonistes principaux – chapitre après chapitre, suivant le point de vu de chacun – ce qui compte, ce n’est pas tant cette fameuse vie éternelle promise a deux d’entre eux mais davantage le voyage en lui-même ainsi que l’évolution des protagonistes, une évolution psychique plus que physique, qui, indéniablement, ne laissera aucun d’entre eux indemne – dans le sens propre comme figuré. Du coup, Le Livre des Crânes s’avère être un fort bon voyage dans l’Amérique du début des années 70 où Silverberg, tel un Stephen King avant l’heure, nous fait entrer dans la psyché, les doutes et les névroses de quatre jeunes américains et de la société en générale. Une œuvre particulière, inattendue si on la compare au reste de la production de l’auteur, mais qui n’en reste pas moins fort réussie et qui, en toute sincérité, mérite amplement le détour…


Points Positifs :
- Curieusement, Le Livre des Crânes tient davantage du road-movie que de la SF mais franchement, il n’en reste pas moins fort réussie et même s’il surprendra plus d’un des habitués de Silverberg, il serrait dommage de passer à coté de cette œuvre.
- Quatre jeunes étudiants en quête de la vie éternelle : un fils a papa, un fermier, un gay et un juif. Deux doivent mourir pour que les autres accédant au Graal. Voila donc un postulat de départ pour le moins étonnant mais qui s’avère plus efficace qu’on aurait put le penser.
- Le récit où l’on suit de manière alternative les quatre protagonistes, chaque chapitre étant décrit de leur point de vu, s’avère être captivant et il est difficile de reposer cet ouvrage avant sa conclusion.
- Psychologiquement, les quatre protagonistes sont très détaillés et l’auteur a fait un bon travail sur eux.
- Une belle plongée dans l’Amérique du début des années 70.

Points Négatifs :
- Une conclusion beaucoup trop rapide et un poil frustrante.
- Epoque oblige, quelques délires psychédéliques dont on se serait bien passer…
- Les inconditionnels purs et durs de Robert Silverberg auront peut-être du mal avec cet ouvrage qui met quasiment de coté tout élément fantastique.

Ma note : 7,5/10

dimanche 30 mai 2021

LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN


LES DÉPORTÉS DU CAMBRIEN

Révolutionnaires de toutes obédiences, arrêtés par un gouvernement trop magnanime pour les condamner à mort, ils ont été déportés. Plus loin que l'Alaska, la Sibérie ou l'Antarctique. Dans le passé. L'ère primaire, le Cambrien. Un milliard d'années avant notre ère. Le Marteau, ce gigantesque piston à refouler dans le temps, les dépose sans espoir de retour dans un monde où la vie n'a pas encore quitté les océans. Avec les années, ils succombent peu à peu au désespoir et à la folie. Jusqu'à ce que soit déporté parmi eux Lew Hahn qui ne ressemble en rien à un prisonnier politique. Pourquoi a-t-il été condamné ?


Les Déportés du Cambrien
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction, Anticipation
Première Parution : 1967
Edition Poche : 17 avril 2002
Titre en vo : Hawksbill Station
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Livre de Poche
Nombre de pages : 191

Mon avis : Après le fort réussi Roma Æterna, voici le second roman de cette grande figure de la SF Nord-Américaine, je veux bien évidement parlé de Robert Silverberg, dont je vais vous parler sur ce blog : Les Déportés du Cambrien, une œuvre plutôt intéressante même si pas exempt de défauts… Déjà, le concept de départ avait plus qu’éveiller ma curiosité – des prisonniers politiques envoyés des milliards d’années dans le passé, lors des débuts de l’apparition de la vie sur Terre, sans espoir de retour, bref, la prison idéale – et, au bout de quelques pages, j’ai été plus que conforter dans mon choix, celle-ci s’avérant être captivante. Robert Silverberg, jongle de fort bonne manière entre deux récits, c’est-à-dire, l’intrigue principale qui s’étale sur quelques jours entre, l'arrivée de cet étrange Lew Hahn parmi les autres détenus dans la station de Hawksbill jusqu'à la révélation finale, et l’intrigue secondaire, s’intéressant elle a la vie de Jim Barret, protagoniste principal du livre, et, accessoirement, plutôt touchant, de ses débuts de révolutionnaire jusqu'à son arrestation – la, sur une période bien plus longue, plus de 20 ans. Et, non seulement on prend un certain plaisir a alterner les deux récits, découvrant petit a petit le passé du héros tout en se demandant qui peut bien être ce tout nouveau détenu, mais en plus, dans ce récit, Silverberg se permet de nous tenir en haleine avec son histoire de mouvements clandestins dans cette Amérique devenue une véritable dictature. Vous l’avez compris, sans être le roman de l’année et malgré un coté un peu rétro, Les Déportés du Cambrien s’est avéré être une fort bonne surprise, assez prenant, qui se lit d’une traite et dont la fin, pour être tout a fait franc, m’aura surpris, bref, une œuvre que je ne saurai trop que vous conseiller et dont, finalement, le principal défaut aura été qu’elle soit trop courte, beaucoup trop courte, et qu’il y aurait eu beaucoup plus a dire sur ce pénitencier en plein Cambrien…


Points Positifs :
- Déjà, notons l’originalité du postulat de base : envoyés un milliard d’année dans le passé, sans la moindre chance d’en revenir, les prisonniers politiques d’une Amérique devenue une dictature se retrouvent donc bel et bien dans ce qu’il faut bien appeler une prison idéale. Bien entendu, les voyages dans le temps sont un thème souvent abordés dans le genre SF, cependant, pas de cette manière en tous cas.
- Robert Silverberg alterne plutôt bien entre deux récits et l’on passe de l’un à l’autre sans le moindre problème et toujours avec le même intérêt.
- Captivant, assez court, impossible de lâcher ce roman avant de le finir.
- La fin, surprenante.

Points Négatifs :
- Je suis peut-être habituer à des romans un peu plus longs et qui font un peu plus la part belle aux descriptions mais en tous cas, il est évidant que Les Déportés du Cambrien est beaucoup trop court et on ne peut s’empêcher de se dire qu’il y avait beaucoup a dire…
- De même, le style à un peu vieillit, mais, en comparaison avec d’autres œuvres, pas tant que cela…
- La surprise finale est plutôt réussie mais je trouve qu’elle arrive un peu trop rapidement ; mais bon, comme je l’ai dit, ce roman est court, ce qui explique sans doute cela !?

Ma note : 7/10

mercredi 26 mai 2021

ROMA ÆTERNA


ROMA ÆTERNA

Et si l’Empire romain n’avait jamais disparu ? Voici l’histoire parallèle d’un Empire romain qui a connu bien des vicissitudes, des guerres et des crises politiques mais qui n’a jamais cessé d’exister et de faire régner, avec quelques interludes sanglants, la Pax Romana. Le christianisme y est inconnu, ne serait-ce que parce que les Juifs n’ont jamais réussi à quitter l’Egypte des pharaons. Quelques siècles plus tard, un envoyé spécial de l’Empereur élimine un prophète d’Arabie avant qu’il ait eu le temps de fonder l’islam. La technologie évolue plus lentement que dans notre continuum. Vers l’an 2650 A.U.C. (Ab Urbe Condita : depuis la fondation de la Ville), qui correspond à la fin de notre XIXe siècle, le téléphone existe et l’automobile fait son apparition.


Roma Æterna
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Uchronie
Première Parution : 07 octobre 2003
Edition Française : 18 février 2009
Titre en vo : Roma Eterna
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Jacques Chambon
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 535

Mon avis : Un Empire Romain éternel, tel est le postulat de départ de Roma Æterna, uchronie de Robert Silverberg, bien plus profonde que l’on pourrait le penser de prime abord. Car en plaçant la ligne divergente au moment de l’Exode des Hébreux, qui, dans cet univers, échoua – les chars de Pharaon rattrapant les fugitifs et les massacrants tous jusqu’aux derniers – l’auteur laisse entendre que si Moise n’emmenait pas son peuple hors d’Egypte, il n’y aurait pas eu d’Israël, puis, plus tard, le Christ ne serait pas né, donc, sans religion Chrétienne (et avec une communauté judaïque limité à quelques milliers d’individus), l’Empire Romain se serait maintenu et, en survivant aux invasions barbares, aurait prospérer, bon gré mal gré, jusqu'à nos jours, instaurant une Pax Romana qui aurait éviter bien des conflits à l’humanité. Certes, on pourrais discuter pendant des heures sur la possibilité pour un Empire aussi vaste de pouvoir survivre plus de deux mille ans, mais, et là où l’ouvrage de Silverberg est intéressant, et, quelque part, subversif pour les grandes religions polythéistes, c’est qu’il pose la question suivante : celles-ci n’ont-elles pas causés plus de mal que de bien au fil d’une Histoire bien mouvementé où se succédèrent conflits de religions, massacres au nom de Dieu puis, camps de concentrations et, désormais, fondamentalisme islamiste ? A la lecture de ce Roma Æterna, il est permis d’y croire, car même s’il ne s’agit que d’un ouvrage de science-fiction sans grande prétention, et si l’auteur n’est pas plus complaisant que cela envers cet Empire, capable lui aussi de bien des atrocités, il est indéniable que celui-ci, malgré ses travers, de part sa puissance, évite bon nombre de conflits qui ont emmailler notre Histoire. Composé de plusieurs nouvelles se déroulant à diverses époques de la très longue Histoire de l’Empire Romain, le récit nous entraîne dans les méandres de cette Rome éternelle, qui semble immuable et qui connaît, au court des âges, gloires et revers divers mais qui parvient à se maintenir coûte que coûte et quelque soit le régime. Si ces mêmes nouvelles sont de qualités inégales, elles n’en restent pas moins indispensables pour saisir l’Histoire de l’Empire Romain et le lecteur se retrouve entraîner dans une succession de complots, de conflits, de découvertes et d’explorations a la fois proches et forts éloignées de notre monde réel. Et, sincèrement, je dois avouer que l’on prend un certain plaisir à découvrir ce monde, issu de l’imagination fertile de Robert Silverberg, et que, malgré des passages légèrement moins intéressants, l’ensemble n’en reste pas moins suffisamment accrocheur pour faire de ce Roma Æterna un roman digne d’intérêt doublé d’une uchronie plausible qui laisse songeur en plus, bien entendu, de ne pas être tendre envers les religions monothéistes…


Points Positifs :
- Un postulat de départ franchement intéressant avec cet Empire Romain qui, plutôt que de disparaitre comme dans le monde réel, se serait maintenu contre vents et marées, toujours plus puissant, jusqu’à nos jours.
- La thématique générale qui ressort de cette uchronie et que, malgré ses travers, malgré des périodes de conflits inévitables, cet empire éternel, imposant sa Pax Romana, évite à l’humanité la plupart de ses conflits et des millions de morts.
- Si toutes les nouvelles qui composent cet ouvrage ne se valent pas, l’ensemble reste néanmoins assez bon et comme tout cela est lié, la lecture s’en trouve assez facile voir passionnante pas moments.
- L’ouvrage, mine de rien, est peu complaisant vis-à-vis des religions monothéistes, mais bon, quand on voit tous ce qu’elles sont causées – et causent encore – comme ravage au fil de l’Histoire, on ne peut s’empêcher de se dire que si elles n’avaient pas vu le jour, le monde ne s’en serait que mieux porter…

Points Négatifs :
- Comme je le disais, toutes les nouvelles ne se valent pas et on alterne allègrement entre le franchement bon et le moyen.
- Sincèrement, la dernière partie consacrée aux hébreux et à leur rêve de conquête spatiale, on s’en serait bien passée, surtout que tout cela n’apporte strictement rien au roman.
- Curieux cette volonté de Silverberg de revenir régulièrement sur la décadence de l’Empire Romain tout au long du livre… surtout qu’il dure plus de 2000 ans.

Ma note : 7,5/10