dimanche 24 novembre 2019

SEPT MISSIONNAIRES


SEPT MISSIONNAIRES

Au IXe siècle, sur les côtes d’Irlande, les hommes du nord appelés Fomoirés (ou vikings) viennent de piller leur énième monastère. Villageois et moines ont tous été passés par le fil de l’épée, à l’exception d’un copiste témoin, juste énucléé. Une réaction s’impose, d’urgence. Pourtant, le haut roi n’a que faire de ces incursions païennes sanguinaires, trop occupé qu’il est à guerroyer contre ses propres clans. Le Sire Abbé, guide chrétien en ces contrées, est aussi très sage. Il ne voit d’apaisement possible qu’à travers la conversion de ces barbares au culte chrétien. Une mission suicide, en somme, pour ceux à qui elle va échoir, au regard de la féroce réputation des Fomoirés. Le Sire Abbé a donc l’intelligence d’y envoyer non les meilleurs, mais les pires de ses prêtres ! Une communauté de sept moines, dotés d’une réputation sulfureuse, ternit justement l’image de l’Eglise. Au pire, ce ne sera pas une grande perte. Frère Oran est d’une vanité sans nom, Curnan est aigri par l’avarice, Enan jalouse tout le monde, le gros Goban ne pense qu’à manger, le robuste Conan peine à canaliser sa violence, Lugan est un tombeur de jupons et, enfin, Tristan est d’une insupportable nature atone. La mission leur est alors ainsi présentée : soit ils sont jugés pour leurs nombreuses déviances impies et risquent le bûcher, soit ils se portent volontaires et on leur fit miroiter une charge d’Evêque à la clé…


Sept Missionnaires
Scénario : Alain Ayroles
Dessins : Luigi Critone
Couleurs : Lorenzo Pieri
Couverture : Luigi Critone
Editeur : Delcourt
Genre : Aventure, Action, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 mars 2008
Nombre de pages : 56

Mon avis : Comme vous avez put le remarquer si vous avez lu ma critique précédente, celle de Sept Psychopathes, aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler de Sept, une série d'un genre particulier puisque sous la houlette du scénariste David Chauvel, devenu directeur de collection, sept scénaristes et sept dessinateurs nous proposent sept récits différents mettant en scène sept missions a haut risque menées a bien, a chaque fois, par sept personnages – bien évidement, comme un certain succès fut au rendez vous, il y eut bien plus d’albums que prévus au programme... Énormément de sept donc, et si le concept était original et que le premier volume était assez réussi, la suite, elle, était nettement moins enthousiasmante… Ainsi, à l’époque, ce fut avec une certaine appréhension que je m’étais plonger dans la lecture de ce quatrième volet, et, finalement, mes craintes furent infondées tant Sept Missionnaires s’est avéré être une heureuse réussite. En effet, si, a priori, une histoire ayant pour protagonistes principaux des moines peut paraître peu engageante, le fait que ceux ci soient chacun les représentants de l'un des sept péchés capitaux et qu’ils soient contraints par leur hiérarchie de partir en terres hostiles en dit un peu plus sur leurs principales motivations. Étant a la vie monastique ce que Staline fut a la démocratie, ces sept pécheurs en soutane se voient donc imposés une mission impossible : évangéliser les... vikings ! C'est le début d'une histoire loufoque, captivante et rafraichissante où l'on prend un certain plaisir à voir déambuler ces moines au milieu des vikings, semant petit a petit la zizanie dans la communauté de ces féroces guerriers. Je n'en dévoilerais pas plus, afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais quoiqu'il en soit, Alain Ayroles, déjà auteur de l’excellent De Cape et de Crocs, nous a servi la une très bonne histoire servi par des dessins plus que correct d'un dessinateur que je ne connaissais pas, Luigi Critone. A lire sans hésitation, surtout si vous aimez ce genre de récits à l’humour ravageur…


Points Positifs :
- Au départ, on se dit que le synopsis de base n’est pas des plus originaux, puis, assez rapidement, entre une construction narrative proche de la perfection – en trois pages, les moines sont présentés – une intrigue plutôt captivante et un humour omniprésent mais finalement assez fin, force est de constater que nous avons là une fort bonne BD.
- On connaissait Alain Ayroles pour De Cape et de Crocs, œuvre culte s’il en est, et on le retrouve fidèle a lui-même dans cet one-shot du plus bel effet.
- Les dessins de Luigi Critone restent certes plutôt classiques mais n’en sont pas moins fort bien réussis pour ne pas dire fort plaisants.

Points Négatifs :
- Aussi bonne soit cette bande dessinée – et, ma foi, elle l’est – ça reste un petit truc sympathique, qui se lit bien, franchement agréable mais… comment dire… sans plus, ce n’est pas un chef d’œuvre non plus.
- Il faut quand même passer outre des personnages franchement stéréotypés. Bon, je sais que c’est normal dans ce genre d’histoires, mais bon…

Ma note : 7,5/10

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