mardi 7 juillet 2020

LA QUÊTE DES HÉROS PERDUS


LA QUÊTE DES HÉROS PERDUS

Rappelez-vous la forteresse de Légende... Dros Delnoch a fini par tomber face à l'ennemi nadir, elle n'est plus qu'un point de passage pour les hordes du Nord. L'Empire Drenaï n'existe plus. Sous la main de fer de Jungir, le fils du célèbre Tenaka Khan, les Nadirs continuent leur progression, se livrant parfois à des raids dans les territoires gothirs, à la recherche d'esclaves. Mais un jour, les esclavagistes capturent une jeune villageoise dont Kiall, un jeune homme timide, est amoureux. Comme un héros de légende, il va partir à la recherche de son aimée. Et il ne sera pas seul car, sortis de leurs retraites, viennent se joindre à lui les anciens héros de la bataille de Bel-azar : Chareos, le maître d'armes, Beltzer le géant à la force colossale, et les deux archers Finn et Maggrig. Et l'un d'entre eux possède un secret qui pourrait bien changer la face du monde. Car dans ses veines coule le sang du Fléau nadir, et l'espoir du peuple Drenaï. Il est le dernier Comte de Bronze !


La Quête des Héros Perdus
Auteur : David Gemmell
Type d'ouvrage : Heroic Fantasy
Première Parution : 12 avril 1990
Edition Poche : 23 juin 2011
Titre en vo : Quest For Lost Heroes
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Alain Névant
Editeur : Milady
Nombre de pages : 416

Mon avis : Fin juin, dans ma critique d’un autre ouvrage de David Gemmell, Le Roi sur le Seuil, j’avais fait part d’une problématique récurrente que l’on peut rencontrer a la lecture des œuvres du regretté auteur britannique, c’est-à-dire, le fait, outre que la plupart de ses romans aient des airs de ressemblance (synopsis, personnages), que si on en lit un peu trop a la suite, il survint toujours un moment où l’on arrive a saturation. Certes, cela ne m’avait nullement empêché de considérer Le Roi sur le Seuil comme un ouvrage correct, mais, en comparaison d’autres œuvres de Gemmell, plutôt inférieur ; du coup, ce fut avec une certaine méfiance que je me suis lancé dans un autre roman du maitre, La Quête des Héros Perdus, œuvre qui, accessoirement, n’est pas la mieux appréciée dans les divers sites spécialisés… Pourtant, a ma grande surprise et même si, une fois de plus, on retrouve des héros vieillissants qui repartent pour une dernière mission quasi-impossible, même si l’on retrouve un jeune idéaliste qui finira par se rendre compte que la vie est un peu plus compliquée que dans les légendes et même si, une fois de plus, hauts faits d’armes et personnages charismatiques en diable abondent, force est de constater que j’ai plus qu’apprécier cette Quête des Héros Perdus… Suite directe du Roi sur le Seuil puisque, ici, l’intrigue se déroule quelques décennies plus tard, l’empire Drenaï n’existe plus et les Nadirs, sous l’emprise de Tenaka Khan, ont conquis une bonne partie du monde connu, nous suivons les destinés de cinq hommes : un jeune fermier idéaliste qui souhaite arracher des mains d’esclavagistes la femme qu’il aime, et, celle de quatre anciens soldats, uniques survivants de la bataille de Bel-azar, la seule défaite de Tenaka Khan… Un synopsis qui rappelle celui de Druss la Légende mais peut-être d’une façon un peu parodique, la belle enlevée, par ailleurs fille d’un éleveur de porcs, n’étant pas amoureuse de son sauveur et, celui-ci, bien entendu, n’étant pas Druss… Bref, une intrigue loin d’être originale sans occulter le fait que les protagonistes ne sont pas engageants : entre un gros chauve puant qui s’énerve facilement, deux archers qui ne parlent qu’entre eux et dont l’un est franchement misanthrope, reste le maitre d’armes, Chareos, le seul a être potable. Ajoutons à cela quelques scènes assez dures, dont celle d’un viol qui marque les esprits et l’on peut comprendre que bien des lecteurs aient eu du mal avec cette Quête des Héros Perdus. Pourtant, comme je l’ai dit, personnellement, j’ai aimé, d’ailleurs, pour être tout à fait franc, j’ai vraiment accroché ; personnages, intrigue, même le coté fleur bleu de Kiall, le jeune fermier, m’a bien plu. Alors bien sur, ce n’est pas original, bien sur, cela reste du Gemmell et il y a toujours cette sensation de déjà-vu qui rappelle bien d’autres œuvres du maitre, mais, l’intrigue, je l’ai trouvé captivante, les personnages principaux, ils sont loin d’être engageants ? Et alors !? Au moins, il se dégage quelque chose d’eux, et puis… Fin et Maggrig, vous en connaissez énormément des couples homosexuels dans une œuvre de Fantasy ? Sinon, c’est dur, il y a une scène de viol ? Non mais là, n’allez pas me dire que cela n’existe pas dans d’autres romans du même genre !? Reste Kiall, notre jeune rêveur ? Eh ben, peut-être pour m’être identifier a lui, peut-être pour avoir été sensiblement fleur-bleu et rêveur bien plus jeune, comment celui-ci ne m’aurait pas plu ?! Bref, vous l’avez compris, pour moi, La Quête des Héros Perdus est l’un de romans de David Gemmell que j’ai préféré, ce qui, d’ailleurs, est une sacrée surprise vu qu’il ne partait pas favori au départ et qu’il manquait des têtes d’affiches comme un Druss ou un Oleg Skilgannon, mais avec son histoire d’amitié, de quête impossible et d’amour contrarié, ces fortes têtes antipathiques mais sur lesquels on peut confier sa vie, j’eu l’agréable surprise de tomber sur une œuvre surprenante et qui m’aura captiver de bout en bout… comme quoi, ce n’est pas parce que la majorité n’apprécie pas une œuvre qu’il faut penser de la même manière…


Points Positifs :
- Captivant de bout en bout : certes, c’est souvent le cas chez David Gemmell et il faut dire que ce dernier possédait un sacré don pour, en partant plus ou moins du même synopsis général, nous pondre des récits qu’il était difficile de lâcher avant d’en voir le bout, mais ici, alors que je ne m’y attendais pas, vous pouvez imaginer ma surprise en tombant sur une histoire bien plus intéressante que prévu…
- Ah certes, ils ne sont pas très engageants nos héros de Bel-azar mais si les différences entre légendes et réalités sont un thème récurant, surtout chez Gemmell, force est de constater que malgré leurs défauts, nos quatre fortes têtes sont plutôt charismatiques ; Chareos, bien sur, étant un cran au-dessus.
- Un couple gay dans une œuvre de Fantasy datant de… 1990 !? Bigre, la chose est peu commune pour ne pas dire rarissime.
- Ah, notre pauvre petit fermier qui s’embarque pour une aventure impossible afin de tirer des mains des esclavagistes une femme qui ne l’aime pas ; bien entendu, n’est pas Druss qui veut ce qui n’empêchera pas Kiall de devenir, a son tour, un héros…
- Avec Chien-tsu, Gemmell nous montre enfin l’équivalent du peuple chinois dans le Cycle de Drenaï.
- Il y a même des terres parallèles, quelques éléments de magie noire un peu inquiétants et, vers la fin, la surprise de voir revenir une ancienne connaissance…

Points Négatifs :
- Bien entendu, je ne peux nier que comme a chaque fois, chez Gemmell, il existe un certain manque d’originalité et que certains éléments – héros vieillissants, combats perdus d’avance – sont plus que récurrents.
- De la même manière, David Gemmell a quasiment eu a chaque fois du mal a achever ses romans ; bien sur, on a déjà connu bien pire, cependant, c’est toujours un peu dommage d’avoir des fins trop rapides, comme, vous l’avez compris, c’est le cas ici.

Ma note : 8/10

Aucun commentaire: