samedi 23 juin 2018

KELTOS – LA GRANDE QUÊTE


KELTOS – LA GRANDE QUÊTE

Les Cimbres arrivent en vue de la cité d’Ys afin de la détruire. Le roi Pendragon n’a que faire des avertissements de sa sœur Morgan : il préfère s’enivrer plutôt que de donner l’ordre à son armée de protéger la cité. Au même moment, Ursus et ses compagnons arrivent en vue de l’île blanche. Sur place, ils ne trouvent qu’un pêcheur qui ne souhaite pas les aider à traverser. En fait, c’est l’île qui enverra des bateaux pour les récupérer, le moment venu. En attendant, ils montent leur camp sur la berge et méditent sur leur sort. Le corbeau raconte alors une histoire sur sa rencontre avec un dieu. Une histoire sombre, dont l’issue le mena à l’exil avec, en prime, une malédiction comme fardeau. Au petit matin, le pêcheur leur annonce que les barques sont arrivées sur la plage. Ils embarquent à bord et prennent la direction de l’île blanche. Sur place, ils ne rencontrent personne, hormis de milliers d’os qui jonchent la plage. A ce moment, une ombre apparaît contre la falaise. Il s’agit d’une vielle femme gardienne des lieux qui reconnaît de suite ces arrivants. Ursus demande alors à la vieille ou se trouve la lance de Lug…


Keltos – La Grande Quête
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O’Grady
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Heroic-Fantasy, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 22 septembre 2010
Nombre de pages : 55

Mon avis : Indéniablement, Le Corbeau des Batailles, premier volet de Keltos, œuvre du duo Pécau/Kordey, m’avait enchanté de par l’univers et l’époque abordé : les celtes, a l’époque grecque, et plus précisément la méconnue razzia effectuée par ceux-ci sur Delphes en 279 av JC et l’autre bataille des Thermopyles, mais aussi, Pécau oblige, de part les liens évidant de par les noms des protagonistes avec les légendes Arthuriennes, avec un décalage de mille ans qui aura put faire sauter au plafond les puristes mais qui, de mon point de vu, ne m’aura pas gêner plus que cela. Après tout, dans une œuvre de fiction, il y a « fiction » et cette évidence ne saute pas forcement aux yeux de tout le monde, ainsi, si les auteurs on fait remonter le mythe Arthurien a une époque aussi reculée, autant prendre la chose comme ce qu’elle est : un divertissement avant tout. Et puis, accessoirement, cela vaut mieux que de se taper pour la millième fois les chevaliers de la table ronde, Merlin et Excalibur en plein moyen âge hollywoodien, ce qui, historiquement, est bien plus une hérésie, mais bon… Ceci étant dit, qu’en est-il de ce deuxième tome ? Voilà la question qui nous préoccupe aujourd’hui. Si dans Le Corbeau des Batailles, nous faisions connaissance avec l’univers et les divers protagonistes de la série, dans La Grande Quête, le lecteur, en territoire connu désormais, s’attend le plus naturellement du monde à ce que l’intrigue suive son cour et se développe. Ayant laissé, a l’issu du premier volume, les personnages principaux de la saga devant la quête des trois objets sacrés de leur peuples, afin qu’Ursus, le fameux « Roi perdu », puisse prendre la tête des siens face a la menace des envahisseurs Cimbres, ce deuxième tome débute de la meilleure des manières par les souvenirs du fameux Corbeau des Batailles, ancien mercenaire ayant servis Carthage dans ses guerres contre les hellènes et le lecteur, ravi d’en savoir plus sur le passé de ce personnage charismatique sera confronté a la violence de l’époque, bien servie par un Kordey au sommet de son art, et apprendra également pourquoi ce personnage est maudit, et aussi, qui le poursuit. Et c’est là l’un des grands tournants dans ce cycle, l’entrée de plein pied dans le surnaturel. Si dans le premier volume de Keltos, celui-ci était esquissé, c’était plus dans le sens folklorique qu’autre chose, après tout, rien ne laissait présager la suite : les druides n’avaient rien de franchement exceptionnels, ressemblants plus a des charlatans qu’autre chose, et les allusions a la magie et aux légendes ne laissaient en rien présager que celles-ci étaient réelles ; de même, ces fameux trois objets sacrés n’avaient, a priori, rien de magique. Or la, tout s’accélère est l’on ne peut plus nier la réalité des faits : déjà, et c’en est même inattendu, des Dieux marchent parmi les hommes, mais pas des divinités omniscientes comme dans l’Ancien Testament, mais bel et bien des Dieux dits primordiaux, plus « humains » dans leur comportement tels des divinités grecques ; sauf que dans le cas présent, celles-ci sont celtes pour la plupart (mais bon, vu que selon les divers peuples de l’antiquité, les Dieux n’étaient que des variantes locales des mêmes archétypes primordiaux, l’on pourrait presque dire que, a part les noms, c’est presque du pareil au même dans de nombreux cas). Ensuite, la magie n’est pas si irréel que cela : si dans le premier tome de Keltos, or quelques visions et rêves, celle-ci ressemblait plus a du charlatanisme qu’a autre chose, là, il serait difficile au lecteur de ne pas se convaincre de son existence. Bref, Pécau et Kordey nous on contacter une bonne petite BD où se mêlent, pour notre plus grand plaisir, mythes, divinités et civilisation celtes et grecs (intéressant par ailleurs d’opposer ces deux civilisations vu que l’on a plus l’habitude de voir les celtes face aux romains, c'est-à-dire à une époque plus récente de l’Histoire), matinée de légendes a consonances Arthuriennes, mais où des personnages du nom de Jason (pour les connaisseurs) et ou une cité état comme Carthage est présente nous présente un formidable panorama des civilisations méditerranéennes antiques. Ainsi donc, La Grande Quête est dans la droite ligne de son prédécesseur et les lecteurs qui auront apprécié le premier volume de la saga seront une fois de plus ravis de retrouver un univers et des protagonistes qui valent amplement le détour ; Jean Pierre Pécau, même s’il a ses défauts et que bien souvent, a tendance a trop en faire, n’en reste pas néanmoins un excellant scénariste qui a le don de captiver ses lecteurs, quant a Igor Kordey, franchement, il m’épates d’albums en albums et celui-ci est une véritable petite merveille ; il aura fallu le temps pour que l’ancien illustrateur des X-Men arrive a maturité, mais depuis, ce n’est que du bonheur. Franchement, pour moi, Kordey est l’un de mes dessinateurs préférés à l’heure actuelle. Bref, vous l’avez compris, La Grande Quête, deuxième tome de Keltos, sans être non plus exceptionnel, il ne faut pas exagérer non plus, vient confirmer tout le bien que je pensais de cette sympathique et intéressante énième série du duo magique de L’Histoire Secrète, Pécau et Kordey, une série a l’univers original, avec des personnages qui n’ont pas encore livrés tous leurs secrets et leurs potentiel et dont la suite promettait énormément… Hein, comment, j’ai user du conditionnel ? Bah oui, voilà le problème : La Grande Quête est paru en 2010, nous sommes en 2018, depuis, Pécau et Kordey ont sortis bien d’autres œuvres et toujours aucune nouvelle d’un éventuel troisième tome qui, je le crains fortement, restera a jamais lettre morte… Mais quel dommage au vu du potentiel de cette série !


Points Positifs :
- Après un premier volume qui mettait en place l’univers, la trame générale et les protagonistes, on entre vraiment dans le vif du sujet avec ce second tome qui se permet le luxe de rehausser le niveau général de l’ensemble, ce qui, ma foi, est une gageure.
- Une intrigue de plus en plus captivante, bourrée de rebondissements, inventive et qui vous tiendra en haleine de la première à la dernière page.
- L’arrivée massive du fantastique dans le récit. Ainsi, ici, les dieux marchent parmi les hommes, la magie existe, de même que certaines créatures peu communes.
- Un Igor Kordey au top de sa forme et qui livre une prestation par moments excellente… du moins, pour ceux qui adhèrent a son style.
- Cette ambiance particulière qui mêle habilement légendes Arthuriennes et histoire.
- Une nouvelle fois, une couverture plutôt réussie.

Points Négatifs :
- Cela fait huit ans que l’on attend le troisième tome ! Non seulement c’est incompréhensible au vu du potentiel de la série, mais en plus, on n’a droit a aucune nouvelle, aucune déclaration comme quoi Keltos avait été stoppé. Alors, aurons nous droit, éventuellement, a la conclusion de cette œuvre un jour ou devrons nous faire une croix dessus ?
- Les habituels détracteurs de Jean-Pierre Pécau et d’Igor Kordey trouveront probablement a redire, mais bon, cela est davantage dut a une simple affaire de gouts personnels…

Ma note : 8/10

KELTOS – LE CORBEAU DES BATAILLES


KELTOS – LE CORBEAU DES BATAILLES

Aux abords de la mer méditerranée, près de Massalia, en 280 avant J.C., un mystérieux guerrier se dirige vers le couchant. Faisant route pour Ker Ys, capitale des Abrincates, le prince Ursus vient avertir le roi Mordred, son frère, que des envahisseurs, les Cimbres, se dirigent vers la ville. Mais il se heurte à l’incrédulité de son souverain. Mordred accepte cependant de consulter les oracles en procédant à un sacrifice. Ursus se rend au sanctuaire et découvre avec stupeur que c’est son porte lance, Yber, qui a été désigné comme victime du sacrifice. Après avoir lui avoir tranché la gorge, l’oracle observe le sang d’Yber et prédit que le danger ne viendra pas du couchant mais du levant ! Le soir venu, Ursus trouve un peu de réconfort auprès de Morgan, sa sœur, qui lui confie avoir eu des visions dans lesquelles elle voyait son frère fuir vers le levant afin de fonder un nouveau royaume, mais d’échouer avant d’y réussir. Le lendemain, le mystérieux guerrier arrive à la capitale, en ayant au préalable tué le champion de la forêt. Dès son arrivée, des craintes se font sentir car il vient du côté du levant…


Keltos – Le Corbeau des Batailles
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O’Grady
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Heroic-Fantasy, Historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 26 août 2009
Nombre de pages : 55

Mon avis : Après avoir, pendant bien des années, traverser les siècles avec les Archontes dans L’Histoire Secrète, puis visiter un monde où Napoléon aurait conquis les Indes avec Empire, voila que Pécau et Kordey nous entraînent parmi les peuples celtiques et, plus précisément, dans l’un des plus grands moments de leur histoire (et paradoxalement, très peu connu) : la prise de Delphes par des dizaines de milliers de soldats celtes. Cet événement, franchement peu connu (bigre, il y a tout de même une autre bataille dans les Thermopyles !), j’en entendis parler pour la première fois il y a une dizaine d’années environ, en lisant l’excellant Celtika du regretté Robert Holdstock. Ainsi, en découvrant le synopsis de ce Keltos, mon intérêt, déjà éveillé par le duo d’auteurs, n’en fut que plus grand. Une fois de plus, l’on retrouve la patte de Jean-Pierre Pécau et son goût immodéré pour l’Histoire, même la plus obscure. Et comme il fallait s’y attendre, le scénariste s’en donne à cœur joie, se permettant même le luxe, de mêler les légendes Arthuriennes aux mythes fondateurs celtes – Selon la mythologie grecque, un fils serait né de la liaison entre Héraclès et Keltine, nommé Keltos, il serait l'ancêtre des Celtes. Les détracteurs de Pécau, et ils sont légions, crieront probablement au scandale, arguant que le mélange des deux est osé, cependant, personnellement, l’idée qui me surpris de prime abord, au bout de quelques pages (en découvrant que le Roi se nommait Mordred, les autres protagonistes suivirent rapidement) n’est peut être pas si mauvaise et m’a renvoyé à une histoire de Donald (et oui) réaliser par l’excellent Don Rosa, The Once and Future Duck (1996), où le canard le plus colérique du monde et ses neveux débarquaient au moyen age et rencontraient un Roi Arthur bien différent de la légende et bien plus barbare, ce qui était assez judicieux d’ailleurs au vu de l’antiquité de la légende. Alors certes, celle-ci ne remonte probablement pas à la prise de Delphes vers 300 avant J-C, mais pour moi, le lien entre les deux ne me choqua pas le moins du monde. Tout ceci étant dit, que vaut véritablement ce Corbeau des Batailles, premier tome de Keltos, car pour le moment, il faut dire que l’on n’en est resté qu’au synopsis de base, et bien souvent, les meilleurs idées ne sont pas forcement un gage de réussite ? Et bien, en toute franchise, si l’on a droit bien entendu a la mise en place de l’univers du récit et a l’entrée en scène des divers protagonistes, ce qui est parfaitement normal pour un premier tome, l’on rentre assez rapidement dans l’histoire, sans aucun temps mort et, pour peu que l’on soit fan de Pécau (ou du moins, habitué a ces scénarios a consonances plus ou moins historiques), c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on découvre l’intrigue. De plus, les personnages, aux noms (pour la plupart) qui résonnent de façon « Arthurienne » a nos oreilles, sans être certes d’une grande originalité sont plutôt intéressants, en particulier le fameux Corbeau des batailles. Bon, évidement, il ne faut pas s’attendre à un charisme hors du commun, après tout, ils sont assez caricaturaux : Ursus en Roi déchu, courageux, respectueux des traditions, Mordred en usurpateur parfait, couard et retors, Morgan en femme forte et sensuelle etc. Cependant, l’ensemble fonctionne plutôt bien et l’on accroche rapidement à cet univers, sublimement mis en valeur par un Igor Kordey tout bonnement excellent. Et oui, qu’il est loin le temps des débuts, où, dépité, je me demandais comment l’on pouvait confier une série comme les X-Men a un tel tâcheron ? Mon opinion a son sujet évolua énormément, je le reconnais, son travail de l’époque n’étant pas si mauvais (c’était plus une question de style) mais de même, il faut avouer que celui-ci à réaliser d’énormes progrès au fil des années et qu’a mes yeux, ses derniers albums (entre L’Histoire Secrète et ce Keltos par exemple) sont quasiment parfaits, voir impressionnants. Sincèrement, je n’ai rien à redire sur les dessins de Kordey dans ce Corbeau des Batailles, même les habituelles scènes de combat trop souvent brouillonnent sont bien mieux réalisées et ce n’est pas sur les dessins, que l’on pourra critiquer ce premier volume de Keltos. A moins, bien entendu, de ne pas aimer le style particulier de Kordey qui, il faut bien le dire, est plutôt du genre « on aime ou on déteste ». Alors, finalement, tout ne serait qu’une histoire de goût : pour les fans, Keltos sera une très bonne surprise, qui promet énormément ; quant à ceux qui ne peuvent ni voir Pécau, ni Kordey, cette nouvelle production des deux hommes ne sera que la confirmation de leur opinion à leur sujet. Reste les autres, ceux qui ne connaissent pas encore L’Histoire Secrète et consorts. Personnellement, je leurs conseillerais ce Keltos mais uniquement parce que celui-ci m’a beaucoup plu. Dommage tout de même qu’après un second tome qui reste dans la même lignée qualitative, on n’attende toujours, en vain, une conclusion qui, je le crains, ne vienne jamais…


Points Positifs :
- Un univers celtique plutôt réussi et attirant. Pécau maitrise assez bien son sujet et s’en donne a cœur joie, de plus, l’époque où a lieue l’intrigue, c’est-à-dire, celle où les peuples celtes allèrent ravager l’Oracle de Delphes, est plutôt bien choisie – surtout que cet exploit est plutôt mal connu du grand public.
- Le mélange entre histoire et légendes Arthuriennes, assez réussi.
- Un Igor Kordey en très bonne forme et sincèrement a mille lieux du coté brouillon de ses débuts. Certaines planches sont tout bonnement superbes.
- Une fort belle couverture !

Points Négatifs :
- Le principal défaut de Keltos, et on ne peut l’occulter, c’est que cette série, composée de deux tomes, n’a pas de conclusion ! Je ne sais pas si on y aura droit un jour – aucune nouvelle depuis des années – ce qui serait dommage si ce n’est pas le cas, mais tout nouveau lecteur se doit de le savoir.
- Les détracteurs de Pécau regretteront son coté un peu fourre tout habituel.
- Igor Kordey est un artiste qui divise et certains n’accrocheront naturellement pas à son style. Au demeurant, il a toujours autant de mal avec certaines scènes d’actions.

Ma note : 7,5/10

LA FORTERESSE MAUDITE


LA FORTERESSE MAUDITE

Vous êtes Loup Solitaire, seul et dernier Maître Kaï du Sommerlund. La quête que vous avez entreprise va maintenant vous conduire au Dessi, pays des Anciens Mages qui ont accepté de vous aider dans votre périlleuse mission. Mais ils exigent, en retour, que vous les débarrassiez à tout jamais du Seigneur de la Forteresse Maudite, un être dont les desseins diaboliques menacent l'avenir du Dessi. Or, c'est au cœur même de cette sinistre forteresse que se trouve l'objet de votre quête. Pour vous en emparer, il vous faudra déjouer les redoutables pièges qui jalonnent les galeries et les souterrains du lugubre château. Vous seul prendrez les décisions utiles au succès de votre mission, et, pour mener les combats, vous n'aurez besoin que de la Table de Hasard figurant dans cet ouvrage.


La Forteresse Maudite
Série : Loup Solitaire n°7
Auteur : Joe Dever
Illustrations intérieures : Gary Chalk
Illustration de la couverture : Peter Andrew Jones
Titre original : Castle Death
Traduction : Pascale Jusforgues et Alain Vaulont
Année de l’édition Anglaise : 1986
Sortie de l'édition Française : avril 1987
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 350

Mon avis : Mais qu’est-ce qui est donc passé par la tête de Joe Dever lorsqu’il se décida a écrire ce septième volume des aventures de Loup Solitaire, car bon, comment dire, encore de nos jours, plus de trente ans après la sortie de celui-ci, on est en droit d’être dubitatif devant le résultat proposé… Il faut dire que, jusque là, cette série de Livres dont vous êtes le héros était tout simplement sans la moindre faute : un univers d’une richesse impressionnante, un protagoniste principal identifié et charismatique, le fait appréciable de vivre des aventures les unes après les autres et de monter en puissance au fil des tomes, sans oublier, bien sur, une narration pour le moins impeccable. Bref, que de bonnes voir de très bonnes choses pour Loup Solitaire ! Et puis, vint La Forteresse Maudite avec sa couverture qui m’avait tant attirée étant adolescent mais aussi et surtout, cette mauvaise impression que dans ce septième tome, Joe Dever nous a pondu un Défis Fantastique ! Car oui, ici, hélas, exit les voyages dépaysant et riches en émotions, exit la narration par moments captivantes, exit les protagonistes secondaires hauts en couleur, exit, quasiment, tout le plaisir qui faisait de cette série un quasi sans fautes et place a l’exploration d’une forteresse ou, plus précisément, de ses souterrains, qui vous ramena aux heures les moins passionnantes des Défis Fantastiques les moins passionnants. Ainsi, dans La Forteresse Maudite, notre héros se baladera dans des couloirs, ouvrira des portes, affrontera des monstres et, de temps en temps, trouvera des objets qui lui seront, ou non, utiles par la suite. Bref, une aventure dont le synopsis tient sur un timbre poste et dont les seuls véritables moments réussis sont le fait que, une fois plongés dans le labyrinthe de la forteresse, on est privé du Glaive de Sommer, ce qui ajoute a la difficulté, ainsi que le grand méchant du jour, le charismatique Zahda, qui, lui, mérite le détour. Bref, une belle petite déception que cette Forteresse Maudite, la première dans une série qui, jusque là, était sans la moindre fausse note…


Points Positifs :
- Une difficulté plus ardue que d’habitude, surtout que, a un moment donné, on est privé de tout notre équipement y compris le Glaive de Sommer – le passage dans le labyrinthe. Du coup, le challenge n’en est que plus relevé, ce qui nous change des volumes précédents qui, pour rappel, n’ont jamais été insurmontables.
- Le grand méchant du jour, Zahda, est plutôt charismatique. De plus, c’est la première fois que l’on a affaire à un adversaire qui se débarrasse de Loup Solitaire aussi facilement.
- Les illustrations de Gary Chalk.
- Si vous êtes un inconditionnel des Défis Fantastiques, cette Forteresse Maudite pourra vous plaire.
- Quelques adversaires marquent les esprits.
- La couverture reste plutôt réussie.

Points Négatifs :
- Joe Dever, avec La Forteresse Maudite, nous a pondu un tome fortement inspiré des Défis Fantastiques et, sincèrement, cela dénote fortement dans la saga, surtout que, du coup, exit les voyages et les superbes descriptions, les rencontres marquantes et tout ce qui faisait le sel de Loup Solitaire jusqu’à alors.
- En plus de nous pondre un ouvrage a la manière des Défis Fantastiques, il apparait que Joe Dever n’est pas a l’aise dans ce style là et que, non seulement ses couloirs et ses pièces sont terriblement vides – cela manque cruellement de description – mais qu’en plus, l’auteur s’embrouille rapidement, au point même que faire une carte devient très rapidement compliqué pour le lecteur.
- Un synopsis qui tient sur un timbre poste : une forteresse où règne le mal, tout un tas de méchants et de monstres y vivent mais sans que l’on sache vraiment pourquoi, un manque de background important…

Ma note : 6/10

vendredi 22 juin 2018

PERDIDO STREET STATION

PERDIDO STREET STATION

Nouvelle-Crobuzon : une métropole tentaculaire et exubérante, au cœur d'un monde insensé. Humains et hybrides mécaniques y côtoient les créatures les plus exotiques à l'ombre des cheminées d'usine et des fonderies. Depuis plus de mille ans, le Parlement et son impitoyable milice règnent sur une population de travailleurs et d'artistes, d'espions, de magiciens, de dealers et de prostituées. Mais soudain un étranger, un homme-oiseau, arrive en ville avec une bourse pleine d'or et un rêve inaccessible: retrouver ses ailes. Isaac Dan der Grimnebulin, savant fou et génial, accepte de l'aider. Mais ses recherches vont le conduire à libérer une abomination sur la ville tout entière...


Perdido Street Station
Auteur : China Miéville
Type d'ouvrage : Science-Fiction, Dystopie, Fantasy
Première Parution : 24 mars 2000
Edition Poche : 1 septembre 2006
Titre en vo : Perdido Street Station
Pays d’origine : Grande-Bretagne
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Nathalie Mège
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 967

Mon avis : Inutile de tourner autour du pot plus longtemps puisqu’il apparait clairement que Perdido Street Station, après lecture, est un pur chef d’œuvre ; mais n’allons pas trop vite en besogne… Fantasy, Steampunk, Fantastique, Science-Fiction, voir même, critique sociale – Miéville étant plutôt actif politiquement parlant et engagé à l’extrême gauche – Perdido Street Station, est un fabuleux mélange des genres, quelque chose de littéralement inclassable et qui brille par son originalité. Mais il faut dire qu’ici, nous touchons là des sommets de la littérature fantastique moderne : j’ai conscience, pertinemment, que ce roman n’est pas fait pour tout le monde, que nombreux sont ceux qui n’accrocheront pas au style (car oui, Perdido est ardu a sa lecture, comme s’il choisissait ceux qui méritent d’aller au bout) et que, quelque part, son extrême originalité voir même son intrigue ne peuvent plaire à une grande partie des amateurs de fantastique, plus habitués à des œuvres dites plus classiques, mais malgré cela, je persiste et signe que nous avons bel et bien là un pur chef d’œuvre du genre. Déjà, ne serais ce que par l’univers sortit tout droit de l’imagination de Miéville : ce monde à la fois si proche et si éloigné du notre, ce monde où les humains ne côtoient pas des Elfes et des Nains mais, par contre, marchent et vivent auprès de créatures aussi singulières que des Hommes Cactus, des Femmes Scarabées et d’étranges grenouilles humanoïdes, un monde où magie, science et vapeur se mêlent et s’entremêlent, un monde où la chair est recrée et où des intelligences artificielles voient le jour, un monde où, dans une Cité État, New-Crobuzon, sous un couvert de démocratie, règnent en maitre de véritables despotes qui disposent de leur police politique et qui n’hésitent pas à faire des affaires avec la pègre. Un monde donc, diablement original mais surtout sans espoir, et un monde qui sert de toile de fond a une intrigue pour le moins réussie, même si on ne se doute pas, lorsque celle-ci débute, jusqu’où elle va nous mener : un couple mixte, Lin, une femme scarabée artiste et Isaac Dan der Grimnebulin, savant fou génial qui se voit approcher par Yagharek, un Garuda (un homme oiseau) à qui on a coupé les ailes, et qui ne rêve que d’une seule et unique chose, pouvoir voler à nouveau. Un départ plutôt simple, si ce n’était, comme je l’ai dit précédemment, le style de l’auteur : franchement, oui, il faut s’accrocher car, comme je l’ai dit, Perdido Street Station n’est pas un roman facile d’accès, surtout que Miéville, premièrement, prend un malin plaisir à détailler le moindre élément de cette mégapole tentaculaire, au point même que, par moments, on croirait a l’existence de New-Crobuzon, mais qu’en plus, il apparait clairement que le bougre possède un bagage pour le moins imposant pour ce qui est de l’écriture, a quoi il faut ajouter son gout pour les mots un peu modifiés, histoire de rendre la chose un peu plus exotique. Et comme en plus, pendant la première bonne moitié du roman, le lecteur a parfois l’impression que l’intrigue n’avance pas, vous pouvez comprendre pourquoi j’avais dit, en préambule, que Perdido Street Station n’est pas une œuvre à mettre entre toutes les mains. Cependant, si vous parvenez à accrocher à l’intrigue, si vous trouvez du plaisir à ces longues et interminables descriptions du véritable héros de l’histoire, je veux bien évidement parlé de la cité en elle-même, New-Crobuzon, alors, vous comprendrez ce que je voulais laisser entendre par chef d’œuvre. Car une fois arriver à la moitié de l’ouvrage, une fois la menace parfaitement identifiée, ces fameuses Gorgones, et donc, une fois que l’action démarre véritablement, c’est un véritable festival auquel nous avons droit, et ce, jusqu’au bout : les Gorgones paraissent certes invincibles mais entre Isaac et ses compagnons d’un côté, la Fileuse de l’autre, le Concile Artefact également ainsi que, les autorités et la pègre, la lutte s’annonce homérique, et elle le sera bel et bien. Cependant, comme New-Crobuzon est une cité implacable et que l’espoir n’y a pas vraiment sa place, comme un peu dans le monde réel, ce sont toujours les salauds qui l’emportent, la fin sera loin d’être un happy-end, bien au contraire et les quelques survivants seront loin d’en sortir intacts… Un final plutôt triste, mais tellement crédible lorsque l’on a lu les presque 1000 pages précédentes… Pas de place pour les héros avec China Miéville ! Incontestablement, et comme je vous l’avais dit, Perdido Street Station est sans nul doute l’une des œuvres majeures de la littérature fantastique de ce début de vingt-et-unième siècle ; de par l’immense richesse de son univers bien entendu, ses personnages, véritables antihéros et pourtant, tellement attachants (Yagharek étant mon préféré au vu de sa complexité, mais les autres ne sont pas en reste) ainsi que son histoire, dans un sens plus général et, forcément, son savant mélange des genres. Alors bien sûr, certains trouveront que j’exagère un chouia et que j’en fais un peu trop, pourtant, et cette relecture me la confirmer, des œuvres littéraires aussi originales, aussi bien écrites et prenantes, des œuvres qui marquent autant, il n’y en a pas des masses, et donc, ici, c’est le cas selon moi. Un grand bravo a China Miéville, auteur génial s’il en est et qui nous prouve, que la relève est assurée !


Points Positifs :
- Originalité, c’est le terme qui s’impose immédiatement à la lecture de cette œuvre. Un mélange des genres complètement improbable, un style d’écriture pas évidant d’accès mais excellent, une intrigue qui prend son temps a décollé, des protagonistes qui sont tout sauf de véritables héros, un univers tellement bien décris qu’on le croirait presque réel, et, surtout, une parfaite maitrise de l’ensemble qui prouve, indubitablement, qu’avec Perdido Street Station, China Miéville offre au monde un véritable chef d’œuvre.
- Le véritable héros de ce roman, où plutôt, dans le cas présent, son héroïne, c’est la ville elle-même, New-Crobuzon : parfaitement détaillée, inquiétante, oppressante, celle-ci est partout, dans la moindre page du livre.
- Chapeau-bas a Miéville pour la création de cet univers, pour cette faune et cette flore complètement originale, pour ces hommes-cactus, ces femmes-scarabées, ces grenouilles humanoïdes, ces robots qui prennent vie, ces gorgones qui se nourrissent de vos cauchemars, cette araignée qui se déplace entre les dimensions… Bref, chapeau-bas pour un univers original et qui semble, par moments, si réel.
- Les protagonistes ne sont pas de véritables héros, mais pas dans le sens si usé désormais d’antihéros, bien au contraire : juste des gens, ordinaires ou pas, accablés par une mégalopole, un gouvernement, un destin qui ne leur laissera guère de chances…
- Je n’ai pas vraiment de préférences notables, cependant, Yagharek le Garuda est tout de même un personnage a la personnalité complexe et qui cache bien des secrets…
- La fin, triste, prévisible, mais tellement réussie… comme tout le reste finalement.

Points Négatifs :
- Attention, comme c’est le cas parfois avec certains chefs d’œuvres, il va falloir s’accrocher pour pouvoir en apprécier toute la quintessence… En effet, Perdido Street Station est difficile d’accès, et, entre une intrigue qui prend tout son temps avant de décoller et un style narratif pour le moins complexe, certains abandonneront au bout de quelques dizaines de pages. C’est fort dommageable mais tellement prévisible…

Ma note : 9,5/10

jeudi 21 juin 2018

EMPIRE – LE SCULPTEUR DE CHAIR


EMPIRE – LE SCULPTEUR DE CHAIR

Alors que les ballons dirigeables survolent la cathédrale Sainte Sophie, le jubilé de Napoléon 1er est l'événement majeur du moment dans la superbe ville de Constantinople. Quelques années après la révolution, et grâce à sa spectaculaire conquête des Indes, l'empereur à fait taire toutes les oppositions en France. Ses ennemis sont désormais au-delà des frontières, tentant de limiter l'appétit de conquête de ce nouvel Alexandre. Ainsi, lorsque son ambassadeur à Jérusalem s'annonce à lui, il ne réalise pas qu'il s'agit d'un homme qui a pris ses traits, jusqu'à ce que son visage se déforme et qu'il soit abattu par les gardes sans pouvoir vider son pistolet sur Napoléon. C'est la première fois que les services de sécurité font face à un Assassin Mirage, qui a la capacité de changer d'apparence, et semble concrétiser les rumeurs qui circulent sur les Sculpteurs de Chair. Le général Berthier est chargé de l'enquête, persuadé que le meurtre à été commandité depuis Moscou, dont le Tsar n'a pas accepté la réussite insolente de Napoléon à ses frontières. Il va alors rencontrer le capitaine Saint Elme, qui le rejoint à la frontière afghane à bord d'un helixptéron, nouvel engin volant révolutionnaire avec son énorme hélice. Sur la route du Caire, Saint Elme va retrouver son ancien complice...


Empire – Le Sculpteur de Chair
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Desko
Couverture : Manchu, Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 juin 2016
Nombre de pages : 56

Mon avis : Neuf années après Opération Suzerain, il faut dire que la sortie du Sculpteur de Chair fut une véritable surprise, après tout, depuis le temps, on était en droit de se dire que la saga Empire était bel et bien achevée. Alors certes, lorsqu’était paru le troisième tome, on nous avait bel et bien annoncée une suite, suite qui, au demeurant, ne se justifiait guère vu que le final était une conclusion plus qu’acceptable, mais franchement, de la a imaginé que le duo composé de Jean-Pierre Pécau et d’Igor Kordey reviendraient sur cette série, sincèrement, je n’y croyais plus depuis longtemps. Quoi qu’il en soit, et malgré le fait que malgré tout un tas de bonnes idées, Empire était apparu moins bon que je ne l’escomptais au départ, il est clair que j’étais pour le moins curieux de découvrir ce que ce quatrième volume allait apporter a la série !? Eh ben ma foi, après lecture de la chose, force est de constater que Le Sculpteur de Chair est l’exemple parfait de ce que fut Empire tout au long de ses quatre tomes, que dis-je, c’est peut-être même l’exemple parfait du talent de son scénariste, Jean-Pierre Pécau, mais aussi de ses défauts. Ainsi, une fois de plus, d’entrée de jeu, nous avons droit à postulat de départ plutôt intéressant, pas mal de bonnes idées et, ma foi, des protagonistes et des enjeux qui promettent beaucoup. Ensuite, et les fans du premier cycle ne me contrediront pas, on va enfin retrouver le fameux Oupire dont Pécau n’avait cessé de nous bassiner dans les trois premiers albums sans que celui-ci n’y joue un rôle majeur. Oui, plein de promesses donc ! Ajoutons a cela un Kordey bien plus inspiré qu’il y a une dizaine d’années et qui ravira donc ses amateurs et, ma foi, tout était en place pour que ce quatrième tome de Empire soit une réussite… Et puis, et puis… Pécau étant Pécau, on n’échappe pas à ses traditionnels travers, c’est-à-dire que celui-ci, a force de multiplier les références et les idées, finit par partir dans tous les sens, accordant de l’importance à des événements sans importance et bâclant le principal. Cela est plutôt dommage car ce quatrième volume de Empire est loin d’être mauvais, mais bon, un peu comme la série dans son ensemble, il aura rater le coche de par un trop grand nombre de défauts, défauts qui auraient pourtant put être facilement évités…


Points Positifs :
- Le plaisir de retrouver un univers et des personnages qui, sans être extraordinaires, nous avaient laissé néanmoins quelques bons souvenirs, surtout que, après tant d’années, on n’y croyait plus à la sortie de ce quatrième tome de Empire.
- Un postulat de départ plutôt bon et une intrigue qui, dans son ensemble, se lit agréablement. Il faut dire que si vous souhaitez passer un bon moment sans prise de tête, vous êtes à la bonne adresse !
- Les fans d’Igor Kordey seront ravis, surtout que celui-ci a fait bien des progrès depuis le premier cycle de la série. Bien évidement, il faut être fan du style particulier du croate, mais bon, si c’est le cas…
- Le duo Saint-Elme et Nodier qui reste toujours aussi efficace.
- Enfin, on en sait un peu plus sur l’Oupire et ce dernier occupe une place importante dans cet album.
- Une belle couverture, dans la lignée de ses devancières.

Points Négatifs :
- De bonnes, pour ne pas dire de très bonnes idées malheureusement très mal exploitées par la suite.
- Mais pourquoi donc Pécau s’évertue-t-il à perdre son temps sur des détails de ses histoires, au point de délaisser le principal ? Une fois de plus, il nous refait le coup, ce qui nuit grandement a cet album – comme ce fut le cas dans Opération Suzerain au passage…
- Il faut accrocher au style de Kordey, même si celui-ci a fait d’énormes progrès ces dernières années.

Ma note : 7/10