dimanche 28 juin 2009

EVERYBODY KNOWS THIS IS NOWHERE


EVERYBODY KNOWS THIS IS NOWHERE

Neil Young (1969)

1-Cinnamon Girl - 2:58
2-Everybody Knows This Is Nowhere - 2:26
3-Round & Round (It Won't Be Long) - 5:49
4-Down By The River - 9:13
5-The Losing End (When You're On) - 4:03
6-Running Dry (Requiem For The Rockets) - 5:30
7-Cowgirl In The Sand - 10:06

Avec ce deuxième album, tous ceux qui pouvaient encore douter du talent indéniable de Neil Young seront fixés : le bestiau était sacrément doué (comme on s’en doutait déjà, à l’époque du Buffalo Springfield, et sur son premier LP) et les années a venir verraient la confirmation de celui-ci (au point, d’ailleurs, que le magazine Rolling Stones, le considéra, une décennie plus tard, comme l’artiste des années 70, ce qui est amusant lorsque l’on sait que le canadien ne connu qu’un unique numéro un dans les charts dans sa carrière, Heart of Gold). Mais en 69, lorsque paru Everybody Knows This Is Nowhere, le loner était encore loin de tout ça et avait encore beaucoup à prouver. Avec cet album, pourtant, tout était déjà dit en quelque sorte puisque des celui-ci, on possède le matériau que l’on retrouvera par la suite : LP très épuré avec des mélodies admirables et ce son brut qui sera désormais la "marque de fabrique" de Neil Young & Crazy Horse. Tient, justement, la rencontre de Young et de ce qui deviendra son groupe fétiche, ex-Rockets, sera primordiale dans la carrière de celui-ci est des leur premier album en commun, on comprend tout de suite que leur rencontre apportera énormément au canadien (même si celui-ci, fidèle à sa légende, altérera régulièrement tout au long de ses nombreux albums, il reviendra toujours a son « Cheval fou »). Du coup, loin d’un premier essai en solo assez moyen (la faute surtout a un son véritablement exécrable, malheureusement), ce deuxième album nous propose immédiatement trois titres qui deviendront immédiatement des standarts du maître : Cinnamon Girl, Down By The River, et Cowgirl in The Sand. Personnellement, je ne me lasse pas, près de quinze ans après avoir découvert cet album, des deux premiers, que j’écoute toujours avec autant de plaisir, tout comme le reste d’un excellant album, décidément inoubliable et qui défie les générations. Une vraie petite perle a écouté encore et encore…

dimanche 24 mai 2009

SGT. PEPPER’S LONELY HEARTS CLUB BAND


SGT. PEPPER’S LONELY HEARTS CLUB BAND

The Beatles (1967)

1. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band 2:02
2. With a Little Help from My Friends 2:43
3. Lucy in the Sky with Diamonds 3:27
4. Getting Better 2:47
5. Fixing a Hole 2:36
6. She's Leaving Home 3:34
7. Being for the Benefit of Mr. Kite! 2:37
8. Within You Without You (George Harrison) 5:05
9. When I'm Sixty-Four 2:37
10. Lovely Rita 2:41
11. Good Morning Good Morning 2:40
12. Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (Reprise) 1:18
13. A Day in the Life 5:33

Celui là, comment voulez vous que je puisse écrire une critique alors que, 42 ans après sa sortie, tout a été dit, mille et une fois et que je ne vois pas ce que je pourrais ajouter de plus. Tache ardue donc devant laquelle je m’attelle, car c’est tout simplement à un véritable monument que je m’attaque aujourd’hui. Car, cette « fanfare du club des cœurs solitaires du sergent Poivre » (c’est fou comme lorsque l’on traduit certaines choses, celles-ci perdent beaucoup de leur crédibilité) est tout simplement considéré comme étant le plus grand disque de tous les temps, occupant la plus haute marche de quasiment tous les classements possibles et inimaginables. Le chef d’œuvre absolu des Beatles, donc, groupe tout aussi génial (mais faut il le rappeler ?) qui, à l’époque, sortie quelques belles galettes du même acabit. D’ailleurs, histoire d’aller un peu à contre courant, je dois avouer que, à choisir, je préfère Revolver, sortis un an auparavant, voir, le somptueux Abbey Road, le chant du signe du groupe, sorti en 1969. Mais tout ceci ne reste qu’une affaire de goûts personnels, et, pour la majorité, c’est bel et bien Sgt. Pepper’s qui, encore à ce jours (mais sincèrement, quelqu’un croit il que, un jour, on fera mieux ? Evidement que non…) est le meilleur disque de pop rock.

Evidement, encore aujourd’hui, ce qui détonne tout d’abord, c’est la qualité intrésèque de ce son, une véritable révolution pour l’époque, avec cette basse libre, mise en avant et omniprésente tout au long des divers titres de l’album. Encore une fois, il est bon de rappeler que Mac Cartney, en plus de l’extraordinaire compositeur qu’il fut (depuis, il a un peu vieilli), fut également l’un des plus grands bassistes de l’histoire de la musique. De plus, reconnaissons que ce Sgt. Pepper’s doit énormément à Maca, à l’origine du projet et incontournable sur l’album de part son implication, mais aussi par le retrait (relatif, tout de même) de Lennon ainsi que d’Harrison (celui-ci en plein trip oriental), et ce, même si les meilleurs titres de celui-ci sont ceux où les deux « génies » collaborèrent comme With a Little Help from My Friends, offerte à Ringo, She's Leaving Home (Maca aidé par Lennon) et A Day in the Life (le contraire). Un album non loin de la perfection donc, rempli de somptueuses chansons ou le rock se mêle à la fanfare, aux cors de chasse, aux clavecins et à diverses cordes, peu communes à l’époque. Et si l’on ajoute à cela, en plus, la pochette la plus célèbre (et la plus copiée également) de l’Histoire du rock qui, dans le fond, ne connais qu’un seul et terrible défaut : la non inclusion des deux chefs d’œuvres que sont Strawberry Fields Forever et Penny Lane, sortis en 45 tours quelques temps auparavant et victimes de l’habitude que les Fab Fours avaient : les titres parus en singles ne paraissaient pas en album. Vraiment dommage, mais bon, on ne refera pas le passé.

lundi 11 mai 2009

LE GROOM VERT-DE-GRIS



LE GROOM VERT-DE-GRIS

Nous sommes en 1942. La Belgique est occupée par l'envahisseur nazi qui contrôle le rationnement et prive le pays de ses libertés. Spirou travaille au Moustic Hôtel, mais celui-ci a été réquisitionné par l'armée allemande qui l'oblige à revêtir un costume de groom aux couleurs nazies. À quelques minutes du couvre-feu et alors que le jeune héros rentre chez lui, il tombe nez à nez avec une affiche incitant les jeunes à rejoindre la légion Wallonie, une unité militaire qui combat aux côtés des nazis. C'en est trop pour lui, qui doit déjà les supporter à longueur de journées à l'hôtel. Il sort un feutre et écrit sur l'affiche un « mort aux boches » très éloquent… lorsqu'il est surpris par un militaire. Il se retourne et découvre qu'il s'agit de Fantasio, qui lui fait une blague. Ce dernier lui présente sa nouvelle invention, le fantaérosol qui permet de peindre de manière très précise. Une petite démonstration s'impose et Fantasio écrit à son tour un « mort aux boches » qui recouvre tout le mur… lorsqu’une vraie patrouille arrive dans leur direction ! Or, l'acolyte de Spirou n'arrive plus à arrêter sa machine et les deux héros se font repérer. Le groom prend la machine de son ami et la jette au sol en direction des nazis. L'explosion qui s’ensuit leur permet de s'enfuir. Mais ils n'ont pas le temps d'aller très loin qu'une autre patrouille les contrôle et les embarque. Heureusement, Spirou sort son document prouvant qu'il travaille comme groom au siège de la Geheime Staatspolizei et l'armée les laisse reprendre leur route...


Le Groom vert-de-gris
Scénario : Yann
Dessins : Olivier Schwartz
Couleurs : Laurence Croix
Genre : Aventure, Action, Fantastique, Etrange, Humour
Editeur : Dupuis
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 07 mai 2009
Nombre de pages : 64

Mon avis : Il aura fallu attendre d’avoir presque 35 ans pour que, pour la toute première fois de ma vie, je lise un album de Spirou, une œuvre pourtant fort connue et vieille de plusieurs décennies mais qui, jusque-là, ne m’avait jamais intéressé. Cependant, lancée en 2006 par les éditions Dupuis, la série Une aventure de Spirou et Fantasio par... permet à divers auteurs de réaliser un one shot, chacun donnant sa vision particulière du monde de Spirou, ce Groom vert-de-gris étant le cinquième tome de ces aventures modernes de ce personnage on ne peut plus culte sous nos vertes contrées. Une œuvre qui avait fait pas mal parler d’elle avant sa sortie et que j’attendais avec impatience, ne serait-ce que par curiosité. Et, ma foi, mon attente fut à la hauteur de mes espérances puisque cette BD dont l’intrigue se déroule sous l’occupation allemande, est un véritable bijou que tout amateur de bande dessinée se doit de posséder, ou à défaut, de lire au moins une fois dans sa vie. Découvrir un personnage, aussi « naïf » (pas dans le genre péjoratif) que Tintin, plongé en pleine guerre mondiale, mêlé à un réseau de résistance, et etre confronter aux horreurs de son époque, cela fait un bien fou et nous change un peu de nos vieilles habitudes. Le Groom vert de gris est une réussite incontestable, où les personnages principaux, sans perdre leur humour et leurs traits de caractères, vivent une « aventure » bien plus sombre, où le danger et la mort sont bel et bien présents, où les considérations politiques ne sont pas occultées, de même que le sexe (et oui, ce sont des hommes, inutile de sombrer dans une parodie X comme Le mariage de Tintin pour s’en rendre compte). Un univers plus sombre, donc, que l’habituel, où certes Spirou est résistant et Fantasio cache des pilotes alliés chez lui, mais où chacun croit que l’autre n’est plus qu’un vulgaire collabo. Une collaboration non occultée d’ailleurs, comme le marché noir (avec un clin d’œil amusant à La traversée de Paris) et la déportation. Et si les nazis sont, bien évidemment, la cible des auteurs, comme leurs sympathisants, tout n’est pas rose au royaume paisible de Belgique et la tonte des femmes coupables d’avoir couché avec l’ennemi ou le mépris des habitants pour le sort des juifs est mis en avant, laissant un certain malaise planer, remettant en cause une certaine légende dorée de l’époque, valable pour la Belgique mais également pour la France. Et, tandis que le lecteur dévorera avidement cette BD bien plus adulte que l’on pourrait le croire, les amateurs s’amuseront à chercher les milles et une références et divers hommages des auteurs à Tintin (quel plaisir de revoir le terrible Docteur Muller), en majorité, et à d’autres héros de l’époque ou à des films bien connus. D’ailleurs, ceux-ci sont tellement nombreux qu’ils justifient à eux seuls une relecture attentive afin de ne passer à coter d’aucun d’eux. Et, personnellement, ces hommages n’ont fait que renforcer l’opinion plus que positive que j’ai de ce Groom vert de gris. Un véritable bijou que je vous disais. Si, comme vous pouvez le constater, j’ai apprécié au plus haut point cette aventure « moderne » de Spirou, il est incontestable qu’une telle œuvre remet en cause l’idée comme quoi l’on ne devrait pas toucher certaines icônes sacrées suite au décès de leurs auteurs. Certes, pour cela, il faut que la qualité soit au rendez-vous, ce qui est le cas ici, mais ce qui est loin d’être assuré en d’autres occasions, malheureusement. Mais, l’on voit bien qu’avec des auteurs inspirés et respectueux, l’on peut avoir de très bonnes surprises et que bon nombre d’autres séries (qui a dit Tintin ?), mériteraient peut être un petit dépoussiérage. Le Groom vert de gris nous prouve que cela ne serait pas forcement une hérésie.


Points Positifs :
- Une version moderne des aventures de Spirou et Fantasio qui place nos héros dans une période sombre de notre Histoire, la Seconde Guerre Mondiale, et ici, plus précisément, l’occupation de la Belgique par les troupes allemandes. On sent l’important travail des auteurs qui maitrisent parfaitement leur sujet, y compris, bien entendu, historique.
- De très nombreuses références à d’autres œuvres contemporaines comme Tintin, bien entendu, mais aussi, Blake et Mortimer, et même un fort sympathique clin d’œil à La traversée de Paris.
- Excellents dessins d’Olivier Schwartz qui s’inspire fortement des albums d’après-guerre, ce qui apporte une petite touche datée du plus bel effet.
- Des personnages plus adultes, plus fouillés ; bien entendu, le synopsis y est pour beaucoup mais cela fait plaisir de sortir un peu des sentiers battus.
- Un humour néanmoins présent.
- Mine de rien, l’intrigue est pas mal et il ne faudrait pas l’oublier…
- Œuvre moins manichéenne qu’il n’y parait de prime abord : les nazis sont bien entendus les grands méchants de l’histoire mais certains comportements contestables de la résistance belge ne sont pas occultés (tonte des femmes) quant au sort des juifs, on montre bien à quel point la population s’en moquait comme de sa première chemise.

Points Négatifs :
- Les deux premiers tiers de l’histoire sont quasiment parfaits, par contre, une fois arrivé à ce point de l’intrigue, la fin est un peu plus poussive ; dommage, on n’était pas loin de la perfection.
- Hum, il faudrait etre un expert en bande dessinée franco-belge pour reconnaitre et apprécier à sa juste valeur toutes les références qui jalonnent l’album, et elles sont nombreuses, très nombreuses même !
- Euh, Spirou est un résistant, il est arrêté par les allemands et il n’est pas fusillé sur place ? Pas très crédible ce passage…

Ma note : 8/10

dimanche 3 mai 2009

NEIL YOUNG


NEIL YOUNG

Neil Young (1968)

1-The Emperor of Wyoming – 2:14
2-The Loner – 3:55
3-If I Could Have Her Tonight – 2:15
4-I've Been Waiting for You – 2:30
5-The Old Laughing Lady – 5:58
6-String Quartet from Whiskey Boot Hill – 1:04
7-Here We Are in the Years – 3:27
8-What Did You Do to My Life? – 2:28
9-I've Loved Her So Long – 2:40
10-The Last Trip to Tulsa – 9:25

« L'album en lui-même était très bon. Mais ils m'ont fichu un nouveau procédé, le CSG, sur les mixes originaux, et ça l'a tué. Le CSG, c'était ce truc de merde qui écrasait littéralement le son pour faire sonner la musique de manière identique, qu'elle soit enregistrée en mono ou stéréo. En d'autres termes, cela a tout foutu en l'air. Il a fallu que la maison de disques choisisse de tester cette idée à la con sur mon disque, mon tout premier disque. En plus, il n'y avait que moi et Jack sur ce disque. Nous avions tout enregistré à deux, piste après piste. A l'époque, je trouvais encore cette technique valable, je voulais voir si elle pouvait vraiment fonctionner. Certaines chansons datent de l'époque Buffalo Springfield. »

Neil Young. Pleine Lune. Inrockuptibles 12/1992. Interview de Nick Kent.

Je me suis dit, alors que je m’apprêtais à écrire ma petite critique du premier album de Neil Young, que la citation du Loner résumait assez bien ce que celui-ci valait (et vaux toujours, plus de 40 ans après sa sortie). Car, incontestablement, ce qui choque, encore aujourd’hui, c’est ce son, légèrement écrasé, qui ne met pas vraiment en valeur le contenu de cette œuvre, qui aurait put être d’un tout autre niveau (mais avec des « si », on referait le monde). Car, en 1968, et suite à des divergences avec Stephen Stills qui le poussèrent à quitter les Buffalo Springfield, Neil Young, sur ce premier album de sa très longue, et pour le moment toujours en cour, carrière solo, laissait déjà entrevoir les immenses qualités qui allaient l’imposer comme l’un des plus grands auteurs-compositeurs de l’histoire de la musique de la fin du vingtième siècle. Si les réminiscences de la période « Springfield » sont encore présentes, ce qui est compréhensible, un titre atypique comme « The Last Trip to Tulsa », long de plus de 9 minutes (l’un des plus longs pour l’époque) annonce l’album suivant, l’excellent « Everybody Knows This Is Nowhere » qui sera d’un niveau supérieur et lancera la carrière du canadien. Mélange de rock, de pop et de country, ce premier album, sans nom, est un parfait mélange de ce qui fera le style de Neil Young dans les décennies suivantes, même s’il faut bien reconnaître que si les compositions sont certes honnêtes, voir très bonnes comme « The Loner » qui lui vaudra son surnom, la suite sera d’une toute autre facture. Mais cela n’empêche pas ce premier album, malgré un son trop moyen qui gâche l’ensemble, de s’en sortir avec les honneurs, cela, grâce à l’incontestable talent d’un Neil Young qui se cherche encore un peu sur cet opus, mais qui marquera très rapidement de son empreinte, l’Histoire de la musique.

dimanche 19 avril 2009

BUFFALO SPRINGFIELD AGAIN


BUFFALO SPRINGFIELD AGAIN

Buffalo Springfield (1967)

1-Mr Soul (2:35) N. Young,
2-A Child's Claim to Fame (2:09) R. Furay,
3-Everydays (2:38) S. Stills,
4-Expecting to Fly (3:39) N. Young,
5-Bluebird (4:28) S. Stills,
6-Hung Upside Down (3:24) S. Stills,
7-Sad Memory (3:00) R. Furay,
8-Good Time Boy (2:11) R. Furay,
9-Rock & Roll Woman (2:44) S. Stills
10-Broken Arrow (6:13) N. Young

Il est parfait incroyable de constater à quel point les années 60 et 70 ont put nous donner d’aussi bons groupes, et ce, en quantité inimaginable aujourd’hui. Cependant, ce qui est dommage à mon avis, c’est que bon nombre d’entre eux sont tombés dans l’oubli depuis longtemps alors qu’ils auraient mérité un tout autre sort. Prenez par exemple les Buffalo Springfield : qui, en 2009, les connaît ? Franchement, à part les amateurs et les spécialistes, pas grand monde. Et pourtant, quel groupe formidable il fut en son temps. Certes, il n’eut pas une longue durée de vie (deux ans, ce n’est pas grand-chose), mais en ces quelques mois d’existence, celui-ci sortit trois bons albums et quelques petits bijoux inoubliables. Et en parlant d’album, leur deuxième, « Buffalo Springfield Again » est incontestablement le meilleur.

Formé par Stephen Stills et Neil Young qui venait de débarquer aux USA en 1966, le groupe se fit rapidement connaître avec un hit que chacun à au moins une fois écouter dans sa vie, « For what it’s worth », repris dans un nombre incalculables de longs métrages se déroulants dans les sixties. L’année suivante, ce fut donc leur deuxième album, ce « Buffalo Springfield Again » à la pochette vraiment bof mais superbe, du point de vu musical, de bout en bout. Car aux compositions du duo Stills / Young, déjà en grande forme à leurs débuts, ce joignirent celles du troisième larron de la foire, l’excellent et méconnu Richie Furay, qui aurait probablement mérité de connaître une carrière aussi prestigieuse que celle des deux autres (plutôt que de finir pasteur dans un quelconque trou perdu du Colorado ; véridique !). Le tout donnant un très bon album, assez éclectique sans temps morts, ou l’on ne s’ennuie pas une seconde, tant la qualité des compositions est de haut niveau. Certes, l’on regrettera peut être que le son ne soit pas excellent mais tout le monde, en 1967, n’avait pas accès aux meilleurs studios d’enregistrement comme de nos jours (mais à la différence de la plupart des musiciens d’aujourd’hui, le talent était présent). Cependant, même ainsi, ce « Buffalo Springfield Again », malgré un son moyen et une durée assez courte n’en reste pas moins inoubliable et ce laisse écouter encore et encore avec un grand plaisir. Entre un Neil Young déjà enchanteur avec un « Mr Soul » rentre dedans et un « Broken Arrow » plus pop, un Stills tout bonnement excellant, « Bluebird » et son banjo, « Hung Upside Down » et « Rock & Roll Woman », ainsi qu’un Richie Furay inspiré, « A Child's Claim to Fame », on se retrouve au final avec un album certes typique de l’époque, mais néanmoins de grande qualité et qui laisse déjà présager de ce que donnerons les carrières futures des deux leaders, Stills et Young, que cela soit en solo ou en groupe (CSN&Y), c'est-à-dire, du tout bon.

dimanche 12 avril 2009

VALSE AVEC BACHIR


VALSE AVEC BACHIR

Valse avec Bachir est un film autobiographique. Ari Folman, metteur en scène israélien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemars récurrents, au cours desquels il se retrouve systématiquement pourchassé par une meute de 26 chiens. 26, exactement le nombre de chiens qu'il a dû tuer au cours de la guerre du Liban, au début des années 80 ! Le lendemain, Ari, pour la première fois, retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante : lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades. Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d'Histoire et de lui-même et décide, pour y parvenir, d'aller interviewer à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d'armes. Plus Ari s'enfoncera à l'intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées referont surface.

De temps à autre, au cours d’une vie, on tombe parfois sur ce que l’on appelle tout simplement un chef d’œuvre, et, la plus part du temps, cela nous tombe dessus de façon tout à fait inattendu. Alors certes, « Valse avec Bachir » promettait énormément, et je me doutais bien que, après avoir entendu moult louanges à son sujet, je n’avais que peu de chances d’être déçu. Non pas que je fasse énormément confiance aux critiques (ce n’est pas le genre de la maison) puisque je me méfie de celles-ci, mais que, au vu du sujet traiter, la guerre du Liban en 82, et de l’esthétique sombre, mélange de BD européenne et fausse 3D, j’étais persuader, avant coup, que cette œuvre allait me plaire. Après, des différences existent entre le bon ou l’excellent et le chef d’œuvre et celles-ci sont souvent immenses, mais là, oui, je l’affirme, « Valse avec Bachir » en est un, incontestablement. Alors, encore sous le choc du film (d’animation, mais là n’est pas le problème), je craignais de ne pas réussir à exprimer les divers sentiments ressentis, n’ayant de toutes façons pas le talent nécessaire pour réussir à rendre justice à une telle œuvre. Certes, j’aurais put essayer, mais, au vu du texte suivant, écrit par ma femme, je n’éprouve pas de regrets à m’être effacer et a lui laisser la plume (enfin le clavier) pour une fois : celle-ci réussit le plus simplement du monde à retranscrire exactement ce que j’ai put ressentir lors du visionnage de ce superbe film et je l’en remercie :

La démarche psychanalytique est l’essence même de cette œuvre autobiographique d’un réalisateur israélien, Ari Folman, légitimement traumatisé par son expérience de jeune soldat durant la guerre du Liban de 1982. Le début du film nous plonge d’emblée dans une vision cauchemardesque bivalente : l’esthétique ultra réaliste et sombre de la bande dessinée, voir du jeu vidéo, et la terreur nocturne incluse dans la diégèse du film (le héros se trouve pris dans des visions noires terrifiantes qu’il n’arrive guère à s’expliquer). Lors d’une discussion avec un de ses camarades de guerre, il relate ses craintes et tente de remonter le passé, afin d’ associer ses propres images à une réalité qu’il pense avoir connu. De personnage en personnage retrouvé, le héros retrace son expérience traumatique, allant au plus profond de son Histoire puisque c’est la Shoah qui est aussi traitée ici. Car il va se rendre compte qu’en laissant les chrétiens libanais perpétrer ces massacres, lui, comme ses compatriotes israéliens, se sont mis dans la position des bourreaux, comme les sympathisants nazis lors de la seconde guerre mondiale qui ont laissé faire… L’histoire sert-elle de leçon ? L’homme sous l’autorité, en temps de guerre, ne devient-il pas un animal, à l’image de ces chiens errants et menaçants qu’on voit courir dès les premières images du film ? Tel est le questionnement philosophique de cette œuvre magistrale, magnifiée par une esthétique hyper obscure alliant la bande dessinée contemporaine européenne et le jeu vidéo. Instantanément, on est embarqué dans une aventure humaine d’où on ne peut sortir indemne. Le personnage principal, voyageant au plus profond de lui-même et de ses souvenirs qui reviennent petit à petit à la surface, accompagné par une bande son mêlant des musiques de l’époque, à du classique et de la musique de jeu, redevient le jeune soldat qu’il a été, coupable d’avoir su et de n’avoir rien fait, en recherche d’une rédemption, qu’il cherche pour lui et son peuple entier. La conclusion du film transgresse l’univers animé et mêle les images de plus en plus réalistes des massacres, aux vraies images, comme elles avaient pu être filmées à l’époque. Le procédé, bien que régulièrement utilisé (voir par exemple La liste de Schindler où l’on voit ce que sont devenus les vrais descendants), renforce l’émotion que peut ressentir le personnage à la révélation de son propre vécu, et celle du spectateur par la même occasion. La barrière jusque là maintenue par l’effet d’animation est anéantie face à la réalité, achevant le film sur une vision cauchemardesque malheureusement vraie et intense. Le réalisateur, par l’incarnation de son héros, a effectué sa catharsis, aussi dérangeante soit-elle pour lui et la position d’Israël face à ces massacres.

DÉJÀ VU


DÉJÀ VU

Crosby, Stills, Nash & Young (1970)

1-Carry On (Stills) – 4:25
2-Teach Your Children (Nash) – 2:53
3-Almost Cut My Hair (Crosby) – 4:25
4-Helpless (Young) – 3:30
5-Woodstock (Joni Mitchell) – 3:52
6-Déjà Vu (Crosby) – 4:10
7-Our House (Nash) – 2:59
8-4 + 20 (Stills) – 1:55
9-Country Girl (Young) – 5:05
.Whiskey Boot Hill
.Down, Down, Down
.Country Girl (I Think You're Pretty)

10-Everybody I Love You (Stills, Young) – 2:20

Ici, l’affaire fut entendue tout de suite : mais qu’allais faire le grand Neil Young dans ce ramassis de nains qu’était Crosby, Stills & Nash ? Comme souvent, le raccourci était facile et un peu trop réducteur, après tout Stephen Stills n’était pas n’importe qui et avait déjà fait ses armes de fort belle manière aux cotés du canadien chez Buffalo Springfield, ainsi que de façon ponctuelle par la suite, lorsque le cœur leur en dit (et qu’ils ne sont pas fâchés). De plus, pour être tout a fait honnête, Stills est un bon auto compositeur interprète, connaissant, au cours de sa carrière fait de hauts et de bas, quelques bonnes réussites. Certes, pour CS&N, il restait la problématique de Crosby et Nash, l’otarie et le grand dadais des familles. Une fois de plus, il faut savoir relativiser et ne pas tomber dans des clichés, ne serais ce que pour leur superbe mélange de voix, bande son de toute une époque à jamais révolue. Et puis, pour la première et dernière fois, ces deux là nous livrent deux compositions personnelles à la hauteur de celles de leurs complices, ce qui fait que ce « Déjà Vu », incontestablement, est un excellant album, riche, complet et tout simplement le meilleur d’un groupe miné bien trop rapidement par les immenses ego de leurs membres respectifs. Mais bon, comme tout à chacun sait, ce n’est pas parce que l’on met plusieurs « stars » ensemble que la mayonnaise prendra forcement (les amateurs de ballon rond ne me contrediront pas) et même si ce « Déjà Vu » est le meilleur album de la carrière du groupe, en est il pour le moins, tout simplement, bon ? Car c’est peut être cela qui compte dans le fond ?

Et bien oui, sans aucune discussion possible. Comme dit précédemment, outre Neil Young, véritable monument de la musique nord américaine depuis une quarantaine d’années, et Stills, qui en son temps, connu de grands moments d’inspirations, l’ajout des deux autres, si l’on peut être perplexe après coup, était parfaitement justifié à l’époque, et, en écoutant, vingt neuf ans après sa sortie, ce « Déjà Vu », il est indéniable que cet album était (et l’est toujours) tout bonnement excellent. D’ailleurs, pour être tout a fait franc, je dois avouer que c’est l’un des albums que j’écoute le plus, même si celui-ci est loin d’être mon préféré : les compositions sont soit excellentes soit fort agréables, il n’y a pas de temps morts et de morceaux a jeter aux oubliettes et, de plus, « Déjà Vu » possède un petit coté rétro fort accrocheur, nous faisant replonger dans une époque révolue (et que je n’ai pas connu, pour être né quelques petites années plus tard) mais qui m’a toujours attiré. Et puis, si Neil Young reste égal à lui-même et nous livre deux compositions de haute volée (en particulier le célèbre « Helpless »), à mes yeux, les deux meilleurs titres de l’album sont l’excellant et ébouriffant « Carry On » de Stills, qui ouvre l’album (et dont j’invite tout a chacun de découvrir la version de plus d’un quart d’heure de l’album live qui suivra, « 4 Way Street ») tout tambours battants, et la reprise du « Woodstock » de Jony Mitchell, dans la même veine. Et comme le reste de l’album, oscillant entre divers styles selon les compositeurs, et du même niveau, vous comprendrez aisément que ce « Déjà Vu » vaut largement le détour et mérite, incontestablement, de figurer dans votre discothèque idéale.

dimanche 29 mars 2009

LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE


LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE

Le Premier jour du reste de ta vie, ou cinq jours décisifs dans la vie d'une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que d'autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain.

Non mais qu’elle putain de claque j’ai pris hier soir, du genre que l’on n’oublie jamais, même si, avec le temps, celle-ci sera atténuée. Après tout, les émotions ne sont jamais aussi fortes que lors de la première fois, et je ne pense pas que, si un jours je revois ce film, j’éprouve les mêmes sentiments, ou du moins, pas avec autant d’intensité. Et, comme d’habitude, mais on ne me changera pas ainsi du jour au lendemain (surtout à mon age), j’étais plus que dubitatif devant le DVD lorsque je le vis dans les mains de ma femme hier : encore un film français, encore c’est fichus titres à rallonge, beurk ; moi qui rêvait d’aventure et d’évasion, de penser à tout sauf en train train quotidien, j’étais loin d’être servi avec ce « Premier jour du reste de ta vie ». Et pourtant, encore une fois je me suis trompé. Non pas que je n’avais pas besoin d’un genre complètement différent, mais qu’au vu de la qualité intrésèque du film, le jeu en valait amplement la chandelle (mais la prochaine fois, promis juré, je passe à autre chose !).

Ce qui fait la différence entre le cinéma français et américain, comme me le disait ma femme, c’est que dans le premier, on peut parfaitement s’identifier aux personnages, chose bien difficile dans le second. Et pour ce qui est de ce « Premier jour du reste de ta vie », il est plus qu’évidant que pour ce qui est de l’empathie, celle-ci est plus que forte. Le synopsis, d’une simplicité que l’on pourrait croire affligeante (et dans le genre, bon nombres de films se sont déjà cassés la gueule) accroche immédiatement le spectateur, et ce, tout simplement parce que la vie d’une famille, sur plusieurs années, avec les enfants qui grandissent, les parents qui vieillissent, les joies, les peines, les drames et les fâcheries parlent à tout le monde, parce que cela se passe ainsi dans toutes les familles. Du coup, comment ne pas se reconnaître dans ces personnages, qui parcourent deux décennies que ceux de ma génération et les plus âgés connaissent bien, les années 80 et 90 ; de même, les multiples clins d’oeils qui jalonnent le film comme un extrait de « Nulle part ailleurs » ou le premier « Tomb Raider » pour n’en citer que deux, ne peuvent que renforcer l’identification envers cette famille qui pourrait parfaitement être celle de chacun de nous, après tout, ces mêmes choses ont jalonner notre vie. Des exemples d’identification comme ceux là, le film en est rempli, et comme en plus, entre une BO accrocheuse et réussie et des acteurs tout simplement excellents dans leurs rôles, tous les ingrédients sont donc réunis pour faire du « Premier jour du reste de ta vie » une œuvre inoubliable et parfaitement réussie, de celles que l’on ne regrette absolument pas de découvrir et qui vous remuent les tripes en raison de tous les sentiments personnels qui, forcement, vous remontent à la surface. Une belle claque que je vous disais, et je ne mache pas mes mots. Et pour conclure, pour ce qui est des comparaisons avec le cinéma américain (pourtant capable de nous pondre d’authentiques chefs d’œuvres mais dans un style entièrement différent), celui-ci aurait été tout simplement incapable de nous bouleversés autant que ce « Premier jour du reste de ta vie ». Comme quoi, il faut savoir ne pas jurer que par Hollywood et s’intéresser au cinéma des autres pays, bien plus digne d’intérêt que l’on voudrait nous le faire croire. Sincèrement, malgré un titre à rallonge et les préjugés que l’on peut avoir envers le septième art tricolore, pourquoi se priver d’une telle réussite ? Cela serait impardonnable.

dimanche 22 mars 2009

MAGICAL MYSTERY TOUR


MAGICAL MYSTERY TOUR

The Beatles (1967)

1-Magical Mystery Tour
2-The Fool on the Hill
3-Flying
(Lennon / McCartney / Harrison / Starkey)
4-Blue Jay Way
(Harrison)
5-Your Mother Should Know
6-I Am the Walrus
7-Hello Goodbye
8-Strawberry Fields Forever
9-Penny Lane
10-Baby You're a Rich Man
11-All You Need Is Love

“Magical Mystéry Tour” est un cas à part dans la discographie des Beatles et il n’est pas évidant, à première vue, d’en écrire une critique. La raison est toute simple, celui-ci n’est pas réellement un disque officiel comme peuvent l’être « Revolver » ou « Abbey Road » par exemple ; en effet, il s’agit de la bande originale du film (si l’on peut qualifier cette chose de film, ce qui est loin d’être acquis) du même nom, sorti fin 67, en pleine période psychédélique des quatre de Liverpool, et encore, cette fameuse BO ne comportait uniquement que six titres (les premiers en fait), ce qui fait que, franchement, avec du recul, il est incontestable que celle-ci était loin d’être vraiment indispensable puisque bon, sans être méchant, a part l’enchanteur « The Fool on the Hill » de Macca et l’extraordinaire « I Am the Walrus » de Lennon, le reste était loin d’être à la hauteur de ce que les Beatles nous avaient habituer jusque alors (mais, car il y a toujours un mais, encore une fois, ces mêmes titres sois disant inférieurs, valaient largement bon nombre de productions de l’époque, pourtant riche en talents divers). Bref, on ne peut pas dire que ce « Magical Mystéry Tour » débutait bien sa carrière : film ( ?) ou personne ne comprenait rien, y compris les principaux protagonistes, BO bien courte et bancale, il fallut attendre quelques années (1976 en Grande Bretagne pour être exact) et l’ajout de cinq autres titres, tous issus de 45 tours, pour rendre la chose bien plus intéressante. Car là, le niveau de l’ensemble monte en flèche, ne serais ce que par le duo inséparable « Strawberry Fields Forever » et « Penny Lane », les deux titres qui auraient dut apparaître sur l’extraordinaire « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » et qui l’auraient rendu encore meilleur (comme si cela était possible vu la qualité de celui-ci), deux bijoux magnifiques auxquels on joint le célèbre « All You Need Is Love », véritable hymne de l’été de l’amour ainsi que le sympathique « Hello Goodbye ». Du coup, pris dans son ensemble et pour quelqu’un qui ne connaît pas grand-chose en « Beatles », l’album peut s’avérer être excellant, au vu des titres proposés, pour la moitié de très haute volée. Mais bon, pour tous les autres, cela ne reste qu’une espèce de compilation, sympathique et indispensable lorsque l’on est collectionneur, mais d’un moindre niveau que les albums officiels. Mais bon, malgré cela, « Magical Mystéry Tour » vaut le détour, ne serais ce que par le fait que c’est plus agréable de retrouver des titres aussi bons que « I Am the Walrus » ou « Penny Lane » (pour ne citer qu’eux) dans ce qui reste un vrai faux album, que dans une compilation avec une soixantaines de titres.

vendredi 6 mars 2009

REVOLVER


REVOLVER

The Beatles 1966

1-Taxman (George Harrison) – 2:39
2-Eleanor Rigby – 2:07
3-I'm Only Sleeping – 3:01
4-Love You To (George Harrison) – 3:01
5-Here, There and Everywhere – 2:25
6-Yellow Submarine – 2:40
7-She Said She Said – 2:37
8-Good Day Sunshine – 2:09
9-And Your Bird Can Sing – 2:01
10-For No One – 2:01
11-Doctor Robert – 2:15
12-I Want to Tell You (George Harrison) – 2:29
13-Got to Get You into My Life – 2:30
14-Tomorrow Never Knows – 2:57

Et si c’était lui le numéro 1, le plus grand album de tous les temps, celui que tous les musiciens du monde auraient souhaiter réaliser avant eux, ou qui essayent de reproduire depuis ? Certes, dans la plupart des classements officiels, « Sgt. Pepper's » occupe la première place, mais son plus grand rival, est incontestablement ce sublime, extraordinaire « Revolver », paru en 1966, et qui marque incontestablement un tournant dans la carrière des Beatles : avant lui, ceux-ci n’étaient qu’un groupe exceptionnel, après, ils devinrent tout bonnement universels, rejoignant à jamais le firmament des plus grands musiciens de l’Histoire. Car, au moment où sortit le septième album de leur carrière, il était évidant que le temps des débuts était bien loin, ce qui était déjà évidant avec « Rubber Soul » et que la sophistication musicale allait atteindre des sommets insoupçonnés. Abandonnant définitivement les concerts qui les lassaient, les Fab Fours allaient devenir de véritables bêtes de studio, avides de nouveautés et repoussant toujours plus loin les limites de leur créativité.

Parfait de bout en bout, « Revolver » voit les Beatles, au sommet de leur art, nous livrer 14 magnifiques bijoux (dont trois d'Harrison, un record !) : que cela soit les guitares électro-acoustiques d’ « I’m Only Sleeping », les cordes d’ « Eleanor Rigby », la sitar d’Harrison sur un « Love You To » qui plaira aux plus réfractaires de la musique indienne (mon Dieu, l’intro à la harpe !) ou un « Yellow Submarine » qui mériterait à lui tout seul un post, la barre est mise très haut. Et la basse ! Cette basse que McCartney révolutionne a lui tout seul, la mettant en avant de façon envoûtante, comment ne pas parler de cette basse. Incontestablement, Paul McCartney fut le plus grand joueur de basse de tous les temps, en plus d’être génial cela va de sois, mais au fil des années, on a eu tendance à l’oublier. Et Lennon, qui non contant d’être au meilleur de sa forme, nous livre ce qui, à mes yeux, fut le meilleur titre de l’album (voir l’un des plus réussis du groupe), « Tomorrow Never Knows » au son tellement moderne, encore de nos jours, véritable prouesse pour l’époque, avec son mélange de guitares saturées que l’on fait défiler dans tous les sens, à l’envers etc, sa batterie hypnotique, ce coté planant : un véritable monument. Tout comme l’album dans son intégralité tant musicale qu'artistique, de part sa pochette, la première pop-art.

Certes, selon les goûts de chacun, « Revolver » ne sera pas forcement considéré comme étant le plus grand album des Beatles, mais à mes yeux, cette place lui revient de droit. Une quarantaine d’années après sa sortie, celui-ci n’a rien perdu de sa force, nous montrant la créativité d’un groupe tout simplement génial, qui savait encore, à ce moment là, tirer dans le même sens. Pour la petite histoire, « Revolver » fut le premier CD que j’acquis, il y a une bonne quinzaine d’années, et au bout de tant de temps, je ne me suis jamais lassé de l’écouter, encore et encore, comme si c’était la première fois : la marque des chefs d’œuvres probablement.