jeudi 3 juin 2021

LE LIVRE DES CRÂNES


LE LIVRE DES CRÂNES

Ils sont quatre : Timothy 22 ans, riche, jouisseur, dominateur. Oliver, 21 ans, beau, athlétique, bloc lisse à la faille secrète. Ned, 21 ans, homosexuel, amoral, poète à ses heures. Eli, 20 ans, juif, introverti, philologue, découvreur du Livre des Crânes. Tous partis en quête du secret de l'immortalité : celle promise par Le Livre des Crânes. Au terme de cette quête, une épreuve initiatique terrible qui amènera chacun d'eux à contempler en face le rictus de son propre visage. Une épreuve au cours de laquelle deux d'entre eux doivent trouver la mort (l'un assassiné par un de ses compagnons, l'autre suicidé) et les deux autres survivre à jamais.


Le Livre des Crânes
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Fantastique
Première Parution : 1972
Edition Poche : 21 avril 2004
Titre en vo : The Book of Skulls
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Guy Abadia
Editeur : Livre de Poche
Nombre de pages : 352

Mon avis : Après le plutôt réussi Roma Æterna puis le sympathique mais hélas trop court Les Déportés du Cambrien, Le Livre des Crânes est le troisième roman de ce grand nom de la SF nord-américaine qu’est Robert Silverberg à avoir droit a sa critique sur ce blog. Un roman un peu particulier dans la longue bibliographie de l’auteur puisque, comme chaque personne qui aura eu l’occasion de le lire le sait bien, celui-ci est tient davantage du road-movie qu’autre chose, d’ailleurs, l’habitué de Silverberg tiquera peut-être devant le manque évidents d’éléments SF ou fantastiques – après tout, au vu de conclusion en forme d’interrogation, on peut même se demander si le peu de fantastique existant était réel !? Quoi qu’il en soit, malgré ce constat, fort étonnant pour l’auteur, il apparait nettement que Le Livre des Crânes n’en reste pas moins un fort bon ouvrage de Silverberg ; certes très différent dans ses thématiques et dans sa forme, mais tellement captivant dans son déroulement. Ainsi, dans ce roman où l’on suit, alternativement, les quatre protagonistes principaux – chapitre après chapitre, suivant le point de vu de chacun – ce qui compte, ce n’est pas tant cette fameuse vie éternelle promise a deux d’entre eux mais davantage le voyage en lui-même ainsi que l’évolution des protagonistes, une évolution psychique plus que physique, qui, indéniablement, ne laissera aucun d’entre eux indemne – dans le sens propre comme figuré. Du coup, Le Livre des Crânes s’avère être un fort bon voyage dans l’Amérique du début des années 70 où Silverberg, tel un Stephen King avant l’heure, nous fait entrer dans la psyché, les doutes et les névroses de quatre jeunes américains et de la société en générale. Une œuvre particulière, inattendue si on la compare au reste de la production de l’auteur, mais qui n’en reste pas moins fort réussie et qui, en toute sincérité, mérite amplement le détour…


Points Positifs :
- Curieusement, Le Livre des Crânes tient davantage du road-movie que de la SF mais franchement, il n’en reste pas moins fort réussie et même s’il surprendra plus d’un des habitués de Silverberg, il serrait dommage de passer à coté de cette œuvre.
- Quatre jeunes étudiants en quête de la vie éternelle : un fils a papa, un fermier, un gay et un juif. Deux doivent mourir pour que les autres accédant au Graal. Voila donc un postulat de départ pour le moins étonnant mais qui s’avère plus efficace qu’on aurait put le penser.
- Le récit où l’on suit de manière alternative les quatre protagonistes, chaque chapitre étant décrit de leur point de vu, s’avère être captivant et il est difficile de reposer cet ouvrage avant sa conclusion.
- Psychologiquement, les quatre protagonistes sont très détaillés et l’auteur a fait un bon travail sur eux.
- Une belle plongée dans l’Amérique du début des années 70.

Points Négatifs :
- Une conclusion beaucoup trop rapide et un poil frustrante.
- Epoque oblige, quelques délires psychédéliques dont on se serait bien passer…
- Les inconditionnels purs et durs de Robert Silverberg auront peut-être du mal avec cet ouvrage qui met quasiment de coté tout élément fantastique.

Ma note : 7,5/10

L'HABITANT DE L'INFINI – TOME 4


L'HABITANT DE L'INFINI – TOME 4
 
Lin et Manji vont à une fête organisée à Naïto-Shinjuku, mais ce dernier qui n'a pas du tout l'intention de se balader laisse Lin et va boire dans une échoppe. Lin de son côté repense aux paroles d'Anotsu mais elle n'arrive pas à se convaincre de la véracité de celles-ci. Elle décide de se changer les idées et tombe sur un petit garçon avec qui elle ne tarde pas à sympathiser malgré quelques déconvenues. Manji de son côté rencontre un étrange fabricant de masque. Sous ses yeux il façonne avec une étonnante dextérité un masque avec un sabre et son propre sang. Stupéfait par un tel talent, Manji ne tarde pourtant pas à comprendre que cet homme n'est autre qu'un membre du Ittô-Ryû nommé Araya. Manji s'apprête à dégainer mais à ce moment-là, le garçon qu'a rencontré Lin, qui s'avère être le fils d'Araya, intervient et arrête le combat. Araya se confond en excuses et s'en va avec son fils. Lin qui observait la scène fait comprendre à Manji qu'Araya ne lui est pas étranger…
 

L'Habitant de l'Infini – Tome 4
Scénariste : Hiroaki Samura
Dessinateur : Hiroaki Samura
Genre : Seinen
Type d'ouvrage : Action, Samouraïs, Drame
Titre en vo : Mugen no jūnin vol.4
Parution en vo : 23 octobre 1995
Parution en vf : 17 mai 2005
Langue d'origine : Japonais
Éditeur : Casterman
Nombre de pages : 240
 
Mon avis :
 Depuis quelques semaines, comme vous l’avez peut-être remarqué si vous êtes un lecteur occasionnel de ce blog, je me suis lancé dans la lecture d’un nouveau manga – du moins, nouveau à mes yeux – L’Habitant de l’Infini. Œuvre du sieur Hiroaki Samura, ce Seinen, a priori, pourrait paraitre peu original pour les habitués du genre avec cette intrigue où un samouraï badass prend sous sa coupe une jeune orpheline qui désire se venger des tueurs de ses parents. Cependant, à bien y regarder, les choses sont un peu plus complexes qu’on aurait put le penser de prime abord et, entre un coté fantastique innatendu – le héros est quasiment immortel – des protagonistes charismatiques, une certaine dose d’humour et un style graphique plutôt original qui oscille entre planches traditionnelles et crayonnés du plus bel effet, L’Habitant de l’Infini se révèle, dès ses premiers tomes, une œuvre fort plaisante à suivre. Qui plus est, au fil des numéros, les motivations des personnages évoluent, nos héros doutent, les méchants sont tous plutôt bien travaillés et, ma foi, alors que je m’apprêtais à me lancer dans la lecture de ce quatrième volet, je commençais à comprendre pourquoi ce manga possédait moult très bonnes critiques depuis des années… Et là, alors que je trouvais celui-ci, pour le moment, sympathique mais sans être un chef d’œuvre, ce fut la révélation : ce quatrième tome étant, selon moi, le plus aboutit depuis les débuts de la saga ! En effet, si je trouvais jusque là L’Habitant de l’Infini plutôt bon, il me manquait encore un volume aussi bon, aussi aboutit que celui dont je vous parle aujourd’hui et il faut bien reconnaitre que ce quatrième tome représente la quintessence de tout ce que j’avais apprécié dans ce manga depuis ses débuts. Ainsi, sans parler de la partie graphique qui reste excellente, scénaristiquement, c’est du tout bon avec ce face a face magnifique entre la jeune Lin et un des responsables de la mort de ses parents – et, accessoirement, du viol de sa mère – un certain Araya. Sauf que, ici, nous n’avons pas affaire a un duel physique entre les deux – le guerrier en serait sortit naturellement vainqueur – mais davantage psychologique, le lecteur prenant naturellement le parti de l’adolescente mais tout en étant, malgré lui, attirer par Araya, individu capable de la plus grande cruauté tout en étant un artiste de génie et, surtout, un père aimant et prévenant pour son fils. Bref, comme vous l’avez compris, j’ai été totalement conquis par ce quatrième volet de L’Habitant de l’Infini et si, jusque là, je pouvais encore éprouver quelques doutes quand à la valeur intrinsèque de ce manga, cette fois ci, ces derniers ont été balayés, du moins, pour le moment car, à présent, j’attends la confirmation de la montée en puissance de l’œuvre de Hiroaki Samura ; après tout, il serait dommage de s’arrêter en si bon chemin !
 

Points Positifs
 :
- Le meilleur volet du manga depuis ses débuts, et de loin ! Il faut dire que si, depuis ses débuts, L’Habitant de l’Infini était plutôt bon pour ne pas dire très bon par moments, ce quatrième volet est quasiment parfait de bout en bout et, scénaristiquement, on atteint enfin des sommets narratifs insoupçonnés. Passionnant, tout simplement !
- L’opposition magnifique entre la jeune Lin et le charismatique Araya, individu complexe et capable des plus grandes cruautés tout en étant un père prévenant et un artiste de génie. Bref, les personnages sont de plus en plus complexes et on commence à sortir, petit à petit, de la simple histoire de vengeance du départ.
- Quelques questions intéressantes ressortent de la lecture de ce manga comme, par exemple, le bien fondé de la vengeance et le fait de savoir pardonner ou pas…
- Comme je le souligne à chaque fois, la partie graphique est une des grandes forces de ce manga. Il faut dire que le mangaka maitrise à merveille son style qui alterne entre crayonnés fort audacieux et planches détaillées de toutes beautés. Un pur régal !
- Dans la grande tradition du manga depuis ses débuts, nous avons une fois de plus droit à une fort belle couverture.
 
Points Négatifs :
- Une histoire de vengeance, des duels au sabre spectaculaires, des samouraïs, un geste de fantastique, des antagonistes charismatiques et surpuissants, un héros badass qui protège une jeune fille, une petite dose d’humour, manga oblige… mouais, tout cela reste assez habituel, il faut le reconnaitre…
 
Ma note : 8/10

mercredi 2 juin 2021

NOUS, LES MORTS – LES ENFANTS D'ABEL


NOUS, LES MORTS – LES ENFANTS D'ABEL

Sur les terres du sultan d'Istanbul, deux armées s'unissent dans le but déclaré de faire chuter le pouvoir et d'installer Kara Hasan Aga sur le trône. Le général Yaocoyotl est à la tête d'une armée de morts-vivants et construit une alliance avec l'ambitieux Aga. Mais la confiance entre les deux hommes n'est qu'apparente, et les enjeux bien trop importants pour qu'ils puissent tenir parole très longtemps. Le prince Manco, de son côté, est à nouveau sur les routes après avoir fui en bateau un affrontement épique au cœur de l'empire Han, et appris que les Aztèques se sont soulevés dans son pays d'origine. Le général Necalli continue d'y faire régner la terreur, totalement dépendant toutefois du soutien que les Han lui accordaient en secret. Lorsque les fournitures de poudre se font rares, le nouveau dictateur se venge sur tout ce qui bouge. Manco finira par toucher terre dans un pays inconnu, accompagné d'Occlo et de son fils. Les troupes qui avancent, les peuples qui se croisent, les destins qui se dessinent, vont être l'occasion pour chacun de trouver une forme de vérité. Mais rien n'empêchera les ambitions de prendre le dessus sur le sort très fragile des uns et des autres, de part et d'autre de l'océan.


Nous, les Morts – Les Enfants d’Abel
Scénario : Darko Macan
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Yana, Nikola Vitkovic
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 18 novembre 2015
Nombre de pages : 56

Mon avis : Si je dois reconnaitre que j’ai souhaité me lancer dans Nous, les Morts parce qu’Igor Kordey, un artiste au style très clivant dont je suis fan, assurait la partie graphique, assez rapidement, j’ai été emballé par un synopsis qui flirtait allègrement avec la série Z mais qui n’en restait pas moins fort captivant. Ainsi, dans cette Europe – dans ce monde au vu de ce que l’on a découvert petit a petit au fil des albums – où l’ensemble de la population avait été tuée par la Peste Noire avant de revenir sous la forme de zombies, un groupe d’Incas va partir pour une odyssée qui, ma foi, nous aura tenu en haleine du premier au dernier tome. Et, justement, puisque c’est celui-ci qui nous occupe aujourd’hui, force est de constater que si l’effet de surprise des débuts est passé depuis longtemps, s’il y a un peu a redire depuis le troisième volume de la saga – trop d’événements peu développés en comparaison des albums précédents – et si cette fin proposée par le sieur Macan n’en n’est pas vraiment une puisque, après tout, elle laisse tout un tas de développements possibles pour l’avenir – a chacun de se faire sa propre opinion sur le sort de certains protagonistes – dans l’ensemble, cet ultime tome de Nous, les Morts conclut plutôt bien une BD qui, sans être un chef d’œuvre, mérite amplement le détour. Ainsi, si vous êtes fans d’uchronies, si vous appréciez le style d’Igor Kordey, si vous souhaitez découvrir une histoire de zombies qui, pour une fois, sort un peu des sentiers battus, ma foi, il serait dommage de passer a coté de Nous, les Morts, en aucun cas le truc de l’année, certes, mais une BD suffisamment plaisante pour vous divertir et vous faire passer de très bons moments, ce qui, ma foi, est déjà une fort bonne chose !


Points Positifs :
- Une bonne conclusion qui, même si elle laisse quelques pistes en suspens quant au sort futur de certains protagonistes et du monde en général, n’en reste pas moins réussie.
- L’univers inventé par Darko Macan mérite franchement le détour et, dans le genre uchronie, Nous, les Morts brille indéniablement de par son originalité, de même pour ce qui est de la manière dont cette œuvre nous montre des zombies fort différents de ceux auxquels ont est habitués.
- Les origines de cette malédiction qui fait que les morts reviennent sous forme de zombies est simpliste mais efficace ; et puis, j’ai bien aimé l’idée que cela vienne des singes.
- Pour ce dernier album, Igor Kordey livre une fois de plus une prestation qui ravira ses fans, son style, au passage, étant pour beaucoup pour la réussite de cette BD.

Points Négatifs :
- On pouvait peut-être s’attendre a une conclusion moins ouverte, après tout, il reste tant de pistes scénaristiques en suspens…
- Bien évidement, et comme je l’ai dit lors de chaque critique, il faut aimer le genre et accrocher au postulat de départ pour apprécier une œuvre aussi singulière que Nous, les Morts.
- Igor Kordey et son style qui, bien entendu, ne plaira pas a tout le monde.

Ma note : 7,5/10

NOUS, LES MORTS – LE CÉLESTE EMPIRE


NOUS, LES MORTS – LE CÉLESTE EMPIRE

La troupe a rencontré le pape Clément, lui aussi zombifié, mais qui a réussi à dépasser le stade des pulsions carnivores. Ce dernier n'a pas pu donner d'indication à Manco sur le lieu où trouver la source de jouvence. Le départ d'Avignon s'organise alors pour atteindre l'empire Han, la traversée du continent vers l'est peut commencer. La troupe progresse depuis de longs mois lorsqu'elle se fait piéger par des morts cachés sous la neige. C'est l'intervention d'un groupe d'hommes armés de massues et prodigieusement efficaces au combat qui va les sauver. La soirée s'organise alors autour du père Iguman Alexeï et ses hommes, dans leur monastère. Alors qu'ils assistent à l'étrange coutume qui veut qu'un jeune moine blessé passe deux jours de félicité dans une pièce peuplée de femmes avant d'être décapité, Manco se questionne sur son propre passé. L'extermination du peuple Lakota, son manque d'affection envers la belle Occlo qui a pourtant porté le seul enfant de la troupe... Il faudra encore de nombreuses rencontres et l'approche du territoire des Han, pour que le prince guerrier comprenne un des enjeux de son voyage. Et découvre une à une la puissance des autres empires de par le monde...


Nous, les Morts – Le Céleste Empire
Scénario : Darko Macan
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Yana, Nikola Vitkovic
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 30 septembre 2015
Nombre de pages : 56

Mon avis : Franchement emballer par les deux premiers volumes de Nous, les Morts, uchronie des sieurs Darko Macan et d’Igor Kordey qui nous entrainaient dans un monde où la population européenne, dévastée par la peste noire, s’était transformée en zombie, ce fut avec un certain entrain que je me suis lancé dans la lecture de ce troisième tome de la saga, un album qui, au demeurant, confirme tout le bien que l’on pouvait penser a son sujet, ce, même si tout n’est pas parfait… En effet, et autant parler des choses qui fâchent tout de suite, scénaristiquement, il se passe beaucoup trop de choses dans ce troisième tome, ce qui fait que, au final, on se retrouve avec bon nombre d’événements majeurs traités un peu trop rapidement, principalement vers la fin. Cela est plutôt dommage car pour le reste, c’est toujours aussi bon : ainsi, on prend toujours autant de plaisir à suivre les pérégrinations de notre petite troupe de héros surtout que, dans cet album, ils voient du pays, allant des forêts russes jusqu’en Chine et rencontrant, au passage, tout un tas de peuples divers qui n’ont pas été touchés par la malédiction européenne – du moins, pour le moment. Coté dessins, c’est du Igor Kordey, ce qui signifie que si vous êtes fans du style du croate, c’est un pur régal même si, ici ou là, il retombe un peu dans ses travers des débuts avec quelques cases un peu réalisées a la va-vite… Bref, au final, Le Céleste Empire, troisième tome de Nous, les Morts apparait comme étant un poil en-dessous de ses prédécesseurs mais davantage en raison de petites faiblesses narratives qu’autre chose, en tous cas, pas au point que l’on puisse crier a la déception, bien au contraire ! L’aventure continue et j’ai vraiment hâte de découvrir comment celle-ci s’achèvera !


Points Positifs :
- Le plaisir, une fois de plus, de retrouver des protagonistes que l’on connait désormais fort bien et un univers plutôt original et toujours aussi attractif, surtout que, pour les premiers, les relations entre les personnages évoluent de manière assez intelligente et comme en plus on voit du pays, il y a de quoi ne pas s’ennuyer une seconde !
- Des plaines russes a l’Empire Chinois en passant par la Mongolie avec, en apparté, un petit tour du coté de l’Empire Ottoman et de l’Amérique Centrale, nos héros et le lecteur ont de quoi faire.
- Un Igor Kordey égal a lui-même dans l’ensemble, ce qui ravira ses fans.

Points Négatifs :
- Trop d’événements tuent les événements, ainsi, dans ce troisième tome, je trouve qu’il y en un peu trop et que ces derniers ne sont pas vraiment développés comme ils le devraient, ce, par manque de place.
- Comme je l’ai précisé lors des critiques des volumes précédents, Nous, les Morts est une BD au concept tellement spécial qu’il faut vraiment accrocher a celui-ci ; si ce n’est pas le cas, alors vous passerez votre chemin…
- Chacun sait qu’Igor Kordey est un artiste très clivant, du genre, soit on adore, soit on déteste, et comme en plus, il a tendance, dans ce tome, a retomber par moments dans ses travers des débuts…

Ma note : 7/10

mardi 1 juin 2021

NOUS, LES MORTS – LE CONTINENT CIMETIÈRE


NOUS, LES MORTS – LE CONTINENT CIMETIÈRE

Les premiers contacts s'établissent entre les Inkas arrivés sur le sol européen, et les zombies qui peuplent désormais les terres du continent. Les Inkas ne soupçonnent pas le danger que représentent les morsures de leurs prisonniers, jusqu'à ce que des soldats en nombre meurent et voient leur peau devenir grise, pour reprendre vie et chercher à dévorer leurs anciens compagnons. Manco poursuit néanmoins son voyage à la recherche de celui qui devrait être le chef de ce nouveau monde, le Sapa Inka de ces terres inconnues. C'est le père Swift, retenu prisonnier, qui est le guide des troupes Inkas, en même temps qu'il est le témoin de l'étendue désastreuse de la dégénérescence de l'espèce humaine. Ils se dirigent vers Londres, où ils espèrent rencontrer une autorité à la hauteur du prestige des visiteurs venus d'outre Atlantique. Mais lorsque Swift revient en éclaireur des rues de la capitale, il n'a croisé qu'un groupe de petites filles à la peau blafarde, toutes jumelles. Elles mènent Manco vers un vieillard qui va donner un nouveau tour à leur périple...


Nous, les Morts – Le Continent Cimetière
Scénario : Darko Macan
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Yana
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 03 juin 2015
Nombre de pages : 56

Mon avis : Indéniablement, malgré son coté grand guignolesque parfaitement assumé pour ce qui est de son postulat de départ, j’avais été on ne peut plus conquis par le premier volume de Nous, les Morts, œuvre du duo croate composé de Darko Macan au scénario et de l’inimitable Igor Kordey aux dessins. Il faut dire que, étant un fan du second, pour ce qui était de la partie artistique, le résultat fut à la hauteur de ce que j’attendais, surtout que le sieur Kordey est, dans cette série, en plutôt bonne forme. Mais la bonne et heureuse surprise fut ce scénario, cette uchronie loufoque où des Incas s’en partent explorer un continent européen dont tous les habitants ont été décimés par la Peste Noire avant de, subitement – et sans la moindre explication – revenir a la vie sous forme de zombies, mais des zombies intelligents, il faut le préciser ! Et donc, après un premier tome qui mettait en place les enjeux en courts, la présentation des divers protagonistes et la trame de fond, ce second volume, Le Continent Cimetière, comme son titre l’indique, nous entraine, en compagnie de notre groupe de héros hétéroclite, dans l’exploration d’une partie de la partie occidental de l’Europe. Ainsi, de la Grande-Bretagne a Avignon, la Cité des Papes, le lecteur, comme les protagonistes, découvrent un monde post-apocalyptique où règnent horreur et dépravation. Macan maitrise plutôt bien son scénario et nous fait alterner avec plaisir entre les divers sous intrigues tandis que Kordey, lui, prend un grand plaisir à mettre en dessin certains délires de son compère. Bref, si vous avez accroché au premier volume de Nous, les Morts, celui-ci devrait confirmer tout le bien que vous pouvez penser de cette bande dessinée, indéniablement, une bonne petite série Z comme on les aime !


Points Positifs :
- Le plaisir de retrouver une uchronie pour le moins originale et qui, malgré son scénario franchement exagéré, n’en reste pas moins terriblement efficace et captivante. Il faut dire que Darko Macan, s’il va très loin par moments dans le développement de son intrigue, maitrise plutôt bien son sujet et sait parfaitement nous tenir en haleine !
- Un Igor Kordey au sommet de sa forme et fidèle a lui-même et a son style si particulier.
- L’exploration d’une partie de ce continent européen post-apocalyptique est un pur bonheur. Ainsi, de la Grande-Bretagne a la Cité des Papes, Avignon, nous fera voir du pays.
- Quelques rencontres marquantes comme ce philosophe dont il ne subsiste plus que sa tête, le Pape Clément et l’Antipape, les singuliers enfants blonds, etc.
- Encore une fois, une couverture plutôt réussie. Il faut dire que j’aime bien le concept de ces dernières…

Points Négatifs :
- Comme je l’avais déjà souligné dans ma critique du premier tome de Nous, les Morts, il faut tout de même accrocher à un concept plutôt délirant. Après, si vous n’aimez pas les séries Z, cette BD n’est pas pour vous…
- Bien évidement, Igor Kordey est un artiste au style très clivant : soit on adore, soit on déteste, alors, si vous n’aimez pas…

Ma note : 7,5/10

NOUS, LES MORTS – LES ENFANTS DE LA PESTE


NOUS, LES MORTS – LES ENFANTS DE LA PESTE

Une épidémie de peste ravage l'Europe et atteint son paroxysme en 1348. Les hommes et les femmes périssent tous, sans exception, semble-t-il. Mais le père Swift se réveille sur son lit, le visage gris aux couleurs de la mort. Et il réalise que la vie a, de toute évidence, repris son cours. Le village est désormais peuplé de zombies, qui semblent constituer une nouvelle déclinaison de l'espèce humaine décimée. De l'autre côté de l'océan, les Inkas ont réussi à installer leur domination sur les Lakutas et les Aztèques, et assumer leur influence, aux côtés d’une dynastie Han d'origine chinoise. Les peuples sont appelés à se réunir à la demande du Sapa Inka, pour que leurs chefs prennent connaissance d'une information capitale. A bord de leurs bateaux dirigeables, les dignitaires se rejoignent pour voir de leurs yeux la réalité de la rumeur qui courait. Des hommes qui ont traversé l'océan près de cinq cents ans plus tôt sont toujours là, prisonniers dans leurs cages, hirsutes, dégénérés mais vivants. Au delà de la mer, à l'Est des terres habitées, doit exister une fontaine de jouvence. Nous sommes sur le continent américain au cœur du XIXème siècle, et le plus haut dignitaire Inka veut en savoir davantage...


Nous, les Morts – Les Enfants de la Peste
Scénario : Darko Macan
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Yana
Couverture : Igor Kordey
Editeur : Delcourt
Genre : Uchronie, Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 08 avril 2015
Nombre de pages : 56

Mon avis : Je ne vais pas vous mentir, ce fut avec un certain plaisir que j’ai retrouvé le dessinateur croate, Igor Kordey – L’Histoire Secrète, Empire, Keltos, Les 30 Deniers, Jour J – cette fois ci, sans son compère Jean-Pierre Pécau, dans une quadrilogie pour le moins singulière, Nous, les Morts. Accompagné du scénariste – croate lui aussi – Darko Macan, le sieur Kordey, toujours égal a lui-même aux crayons nous entraine cette fois ci dans une uchronie pour le moins improbable et qui possède un synopsis de départ tellement… euh, comment dire… délirant que l’on ne pouvait qu’attendre tout et n’importe quoi au sujet de cette BD : imaginez la population européenne totalement dévastée par la Peste Noire mais qui se transforme en zombie tandis que, dans le reste du monde, les empires des peuplades amérindiennes et asiatiques ont poursuivi tranquillement leur évolution. La rencontre risque de faire des étincelles ? Vous vous doutez bien que oui même si, dans ce premier tome de Nous, les Morts, l’intrigue met surtout en avant cet Empire Inca qui aura fait table rase de la concurrence – Aztèques, Mayas et compagnie. Bien évidement, dit de la sorte, le lecteur, méfiant, aurait de fortes raisons de fuir cette BD et, ma foi, on pourrait le comprendre, pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraitre, le duo Macan et Kordey réussi à nous pondre un premier tome qui, malgré son coté grand guignolesque, fonctionne plutôt bien. Les personnages sont stéréotypés, il y a du sang, du nu, du sexe, des trahisons et le lecteur, interloqué, suit tout cela, captiver et stupéfait a la fois, tout en se demandant comment l’alchimie a put prendre aussi bien alors que c’était bien mal engagé. Bref, une curiosité improbable mais qui fonctionne suffisamment pour m’avoir donné envie de découvrir la suite, ce qui, ma foi, est toujours un bon signe !


Points Positifs :
- La stupéfaction de constater que malgré un postulat de départ pour le moins casse gueule – dans les grandes lignes, on va avoir droit a des incas contre des zombies – l’histoire, si on accroche, tient parfaitement la route et que dans le genre série Z, Nous, les Morts remplie parfaitement son rôle !
- Une uchronie étonnante mais qui fonctionne : la population européenne, totalement anéantie par la Peste Noire, est revenue à la vie sous forme de zombie, mais des zombies intelligents. Les siècles défilent et, outre-Atlantique, l’Empire Inca qui a annexé tous ses rivaux, se tourne vers le vieux continent… idiot ? Non, génial !
- Un Igor Kordey au sommet de sa forme et qui livre une prestation qui ravira ses fans.
- Des protagonistes franchement stéréotypés mais qui ne dénotent guère dans cette BD aussi délirante.
- Une couverture plutôt réussie dans son genre.

Points Négatifs :
- Bon, il faut tout de même accrocher au concept qui est, au mieux, exagéré au possible, au pire, totalement saugrenu pour ne pas dire débile aux yeux de certains.
- Igor Kordey : si vous êtes fans, ce n’est pas un problème, par contre, si ce n’est pas le cas, ce n’est pas Nous, les Morts qui vous fera changer d’avis…

Ma note : 7,5/10