vendredi 13 mai 2022

DOULEUR ET GLOIRE


DOULEUR ET GLOIRE
 
Salvador Mallo est un réalisateur tourmenté et en fin de carrière qui a connu le succès mais qui ne réalise plus de films à cause des nombreuses douleurs physiques et psychiques dont il souffre. Par hasard, il retrouve Zulema, une de ses actrices, qui lui donne l'adresse d'Alberto Crespo, un acteur d’un de ses grands succès avec qui il est brouillé depuis trente-deux ans. À son contact, il sombre peu à peu dans l’addiction à l’héroïne. Frappé d'une terrible dépression au moment même où Sabor, son film le plus acclamé, est réédité, il se retrouve submergé par des fragments de son existence et il se remémore également des souvenirs de son enfance auprès de sa mère à Paterna. Salvador va connaître toute une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d'autres par le souvenir, certaines ravivant parfois ses souffrances, d'autres le relançant dans le processus créatif et lui permettant d'approcher le sens de sa vie.
 

Douleur et Gloire
Réalisation : Pedro Almodóvar
Scénario : Pedro Almodóvar
Musique : Alberto Iglesias
Production : El Deseo
Genre : Drame
Titre en vo : Dolor y gloria
Pays d’origine : Espagne
Parution : 22 mars 2019
Langue d'origine : Espagnol
Durée : 113 min
 
Casting :
Antonio Banderas : Salvador Mallo, un réalisateur que les douleurs physiques et morales empêchent de tourner
Asier Flores : Salvador Mallo, enfant
Asier Etxeandia : Alberto Crespo
Nora Navas : Mercedes, l'assistante de Salvador
Leonardo Sbaraglia : Federico Delgado, le grand amour de Salvador
Julieta Serrano : Jacinta, la mère de Salvador en fin de vie
Penélope Cruz : Jacinta, jeune
César Vicente : Eduardo, le jeune maçon à qui Salvador apprend à lire et à écrire
Cecilia Roth : Zulema, une actrice amie de Salvador
Raúl Arévalo : Le père de Salvador
Susi Sánchez : Beata
Rosalía : Rosita, la villageoise qui chante
Pedro Casablanc : Dr. Galindo
Julián López : Le présentateur de la cinémathèque
Eva Martín : La radiologue
Sara Sierra : Conchita
Xavi Sáez : Un spectateur à la cinémathèque
Agustín Almodóvar : Le prêtre
Topacio Fresh : Une spectatrice à la cinémathèque
 
Mon avis :
 Il est bien entendu inutile de rappeler l’importance de Pedro Almodóvar dans le petit monde du Septième Art de ces quatre dernières décennies car bon, comment dire, si le réalisateur espagnol et, sans aucune contestation possible, le plus connu de son pays en dehors des frontières de celui-ci et que, même aux yeux du grand public plus avide de films à grand spectacle hollywoodien, Pedro Almodóvar n’est pas un inconnu, il faut également reconnaitre que ses œuvres, nombreuses, de qualités, sont pour beaucoup pour la reconnaissance que le réalisateur ibérique connait auprès des critiques comme du public depuis bien longtemps désormais. Curieusement, depuis que ce blog existe, je n’ai eu l’occasion que de vous parler à deux reprises de deux longs métrages du sieur Almodóvar : La Mauvaise Éducation et Julieta. C’est naturellement bien trop peu au vu de l’importance du réalisateur et cela tombe bien puisque, pas plus tard qu’hier soir, j’ai eu l’opportunité de voir un de ses longs métrages les plus récents, l’excellent Douleur et Gloire… Paru en 2019, ce film est, probablement, un des plus intéressants de Pedro Almodóvar puisque, en le regardant, il est difficile de ne pas se dire que celui-ci est, en quelque sorte, le portrait du réalisateur lui-même, de son enfance, de sa réussite, de ses faiblesses, de ses doutes et, naturellement, de ses amours et amitiés perdus. Pour camper son alter ego devant la caméra, rien de tel quAntonio Banderas qui est, sans aucun doute possible, l’acteur fétiche d’Almodóvar : en effet, c’est ce dernier qui le fit débuter lors de ses premiers films, dans les années 80, et, après l’intermède américain de l’acteur, qui le fit revenir à ses cotés dans les années 2010. Un duo de choc de qualité, donc, pour un film qui l’est tout autant : Douleur et Gloire est donc une œuvre autobiographique, comme je l’ai dit précédemment, mais c’est également une œuvre d’une intelligence rare, sincère où un Banderas plus faillible que jamais mais néanmoins magistral, campe un Almodóvar plus vrai que nature au point même que, lors de chaque scène, chaque dialogue, le spectateur se demande où est la part de réel et la part de fiction. Les amateurs de Pedro Almodóvar seront, une nouvelle fois, totalement conquis par cette énième réalisation de leur réalisateur favori et si, naturellement, une part plus importante du grand public passera tranquillement son chemin, quelque part, cela importe peu : après tout, cela ne reste qu’une affaire de gouts et l’on ne peut pas obliger des gens qui ne jurent que par des films d’actions ou de super-slips à apprécier une œuvre que l’on qualifiera de plus intellectuelle. Bref, vous l’avez compris, Douleur et Gloire est une superbe réussite du sieur Almodóvar, une de plus diront certains, et, incontestablement, la preuve évidente que le réalisateur espagnol à encore pas mal de choses à nous raconter, alors, pourquoi bouder son plaisir et ne pas continuer, encore et encore, à voir ou revoir ses créations…
 

Points Positifs
 :
- Probablement un des tous meilleurs films de Pedro Almodóvar et, en tous cas, sans nul doute son plus sincère, son plus personnel puisqu’il est évidant, en le visionnant, que nous avons affaire à une œuvre autobiographique qui nous fait découvrir, de superbe manière, le passé et le présent du réalisateur.
- Un casting de qualité, comme il est de coutume avec Almodóvar et si, parmi les têtes d’affiches, le grand public reconnaitra particulièrement Penélope Cruz et Antonio Banderas, c’est surtout ce dernier qui crève l’écran avec une interprétation magistrale de ce vieux réalisateur sur le déclin qui, obnubilé par ses diverses douleurs corporelles, n’ose plus faire de cinéma.
- Malgré un coté nostalgique qui transparait pendant une bonne partie du film, Douleur et Gloire est, avant toute chose, un bel hymne à la vie : certes, le passé est omniprésent, certes, il y a eu bon nombre de séparations, de disparitions et de diverses fâcheries, mais l’avenir peut être tout de même prometteur.
- Les fans du sieur Almodóvar retrouveront naturellement un bon nombre des thématiques habituelles du réalisateur comme le rapport à la mère, les premiers émois amoureux, le poids du passé, etc.
 
Points Négatifs :
- Bien évidement et, comme c’est à chaque fois le cas avec tous les films de Pedro Almodóvar, le grand public, nettement plus habitué à des longs métrages à grand spectacle et où prime l’action au détriment de la réflexion, passera tranquillement son chemin en se demandant pourquoi le réalisateur espagnol est toujours porté aux nues. Cela reste, naturellement, une affaire de gouts personnels…
- Les détracteurs de Pedro Almodóvar regretteront peut-être que celui-ci ne sorte quasiment jamais de ses thèmes de prédilections – le poids du passé, le rapport a la mère, les émois amoureux homosexuels – mais bon, peut-on vraiment lui en vouloir vu qu’il est tellement doué et se renouvelle à chaque fois ?
 
Ma note : 8,5/10

samedi 7 mai 2022

ALPHA – DIRECTIONS


ALPHA – DIRECTIONS

Dans ce livre d’une folle ambition, l’auteur allemand, Jens Harder, se penche sur les origines du monde. S’appuyant sur une synthèse des connaissances les plus actuelles dans tous les domaines du savoir, il raconte l’histoire de la vie depuis le Big Bang jusqu’à l’émergence des premières civilisations humaines. Passionné depuis le jeune âge par la nature et toutes les formes de vie, Harder donne à voir toutes les procédures et les ruses de l’Evolution : variation, mutation, symbiose, combinaison, convergence, adaptation, etc. Il se plaît à confronter le savoir contemporain avec les croyances et représentations des époques antérieures, souvent naïves ou fantastiques, telles que l’iconographie en porte témoignage. Œuvre d’utilité publique à l’heure où les théories darwiniennes sont remises en cause par un nouvel obscurantisme, cet ouvrage de vulgarisation scientifique, tout en démontrant l’extraordinaire valeur pédagogique de la bande dessinée, s’impose aussi comme une somme artistique impressionnante.


Alpha – Directions
Scénario : Jens Harder
Dessins : Jens Harder
Couleurs : Jens Harder
Couverture : Jens Harder
Editeur : Actes Sud
Genre : Science
Pays d’origine : Allemagne, France
Langue d’origine : français
Parution : 19 janvier 2009
Nombre de pages : 356

Mon avis : S’il m’aura fallut bien des années avant de me lancer, enfin, dans la lecture de cette merveille qu’est Alpha – Directions, œuvre pour le moins singulière et inclassable de l’allemand Jens Harder – après tout, elle est paru en 2009 et nous sommes en 2018 alors que, depuis le départ, j’avais prévu de me la procurer – on pourra dire, sans la moindre exagération, que le jeu en aura valut la chandelle. Il faut dire qu’ici, la messe était dite d’entrée de jeu et que ce fut sans la moindre surprise que je n’ai pas été déçu le moins du monde, bien au contraire. Alpha – Directions, une œuvre conforme a mes attentes ? Oui, sans nul doute, et ce, alors que celles-ci étaient très élevés mais bon, pour une fois qu’un résultat est a la hauteur de mes espérances, je ne vais pas m’en plaindre. Pourtant, malgré le fait, indéniable, que nous avons a faire ici a ce qu’il faut bel et bien appeler un chef d’œuvre – sans discussions possibles – il me semble évidant de rappeler que Alpha – Directions n’est peut-être pas destiné au grand public dans le sens le plus large possible. Cela est fort dommage d’ailleurs car je pense ne pas me tromper en affirmant que l’œuvre de Jens Harder est tout simplement parfaite pour ceux et celles qui souhaiteraient en connaitre davantage sur la création de l’univers, de notre planète, sur l’apparition de la vie et son évolution au fil des éons, ce, d’une manière franchement plus ludique qu’en lisant un ouvrage spécialisé. Mais bon, ne nous voilons pas la face, si Alpha – Directions apportera son lot de connaissances a beaucoup, nombreux seront ceux qui n’oseront guère franchir le cap et tenter l’expérience ; cela est dommage, j’en conviens… Pourtant, quelle merveille que cet album : pour son coté instructif, principalement, qui m’a rappeler, tout au long, certaines de mes lectures d’enfance – et qu’est ce que j’aurais aimé posséder une telle œuvre a l’époque – pour ses illustrations qui, en s’inspirant, pour la plupart, d’œuvres existantes, parsèment cet ouvrage, pour ce découpage audacieux, ces très nombreux clins d’œil et références religieuses, sans oublier, bien entendu, une coloration assez simple mais néanmoins efficace. Bref, un sans fautes et une flopée de qualités digne des plus grands chefs d’œuvres pour cet Alpha – Directions, indéniablement, un ouvrage que l’on ne peut pas qualifier uniquement de simple bande dessinée, loin de là. Après, il est clair que ce n’est pas le genre de bouquins a mettre entre toutes les mains mais, quelque part, si cela est plutôt dommage, est-ce vraiment important, ceux qui tenteront l’expérience, eux, seront aux anges, ce, avant de se plonger dans la suite, c’est-à-dire, la première partie d’un certain Beta – Civilisations qui s’intéressera, lui, aux débuts de l’histoire de l’humanité…


Points Positifs :
- Sans la moindre surprise, Alpha – Directions est un pur chef d’œuvre, un truc énorme, monumental, stupéfiant même et terriblement instructif. Le travail en amont de la part de Jens Harder a dut être important mais quand on voit le résultat final, on ne peut que s’incliner devant celui-ci.
- L’histoire des débuts de l’Univers jusqu’à l’apparition de l’Homme résumé en presque 400 pages… cela peut paraitre peu mais en fait, le résumé – car comment ne pas faire un résumé – n’en est pas moins complet et, surtout, fort instructif, ce, que vous soyez un familier de la préhistoire ou un parfait néophyte.
- Alpha – Directions n’est pas vraiment une bande dessinée dans le sens premier du terme, cependant, cela se lit plus ou moins de la même manière sauf qu’ici, ce ne sont pas les textes qui priment mais les illustrations, très nombreuses, certaines étant originales et d’autres, plus nombreuses, s’inspirant de tableaux, de sculptures, de dessins, etc.
- L’auteur met souvent en parallèle le déroulement de la création de l’univers ou de l’évolution de la vie avec des illustrations religieuses diverses, voir même, en certaines occasions, avec d’autres qui s’inspirent d’œuvres de la culture populaire. Le résultat, fait de manière intelligente, est bigrement efficace.
- Une colorisation plutôt basique – chaque ère géologique possède sa couleur – mais qui apporte un plus indéniable a l’ensemble.
- La couverture est simple mais efficace.

Points Négatifs :
- Malheureusement, malgré le fait que Alpha – Directions est une œuvre parfaite pour les néophytes, je pense qu’elle n’en reste pas moins pas évidente d’accès pour un certain public. Cela n’est pas un défaut a proprement parler, certes, mais il ressort tout de même un coté élitiste de cet album qui en fera fuir plus d’un. Dommage, ils ne savent pas ce qu’ils ratent…

Ma note : 9/10

vendredi 6 mai 2022

ANATÈM


ANATÈM
 
Fraa Érasmas est un jeune chercheur vivant dans la congrégation de Saunt-Édhar, un sanctuaire pour les mathématiciens et les philosophes. Depuis des siècles, autour du sanctuaire, les gouvernements et les cités n’ont eu de cesse de se développer et de s’effondrer. Méfiante vis-à-vis de ce monde extérieur violent, la communauté ne s’ouvre au monde qu’une fois tous les dix ans. C’est lors d’une de ces courtes périodes d’échanges avec l’extérieur qu’Érasmas se trouve confronté à une énigme astronomique qui n’engage rien de moins que la survie de toutes les congrégations. Ce mystère va l’obliger à partir pour retrouver son mentor Fraa Orolo et vivre l’aventure de sa vie. Une quête qui lui permettra de découvrir Arbre, la planète sur laquelle il vit depuis toujours et dont il ignore quasiment tout.
 

Anatèm
Auteur : Neal Stephenson
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 09 septembre 2008
Edition Française : 13 octobre 2021
Titre en vo : Anathem
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : anglais
Traduction : Jacques Colin
Editeur : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 1472
 
Mon avis :
 Il est évidant, après lecture de cet Anatèm, roman fleuve du sieur Neal Stephenson, que nous avons affaire, ici, à une œuvre pour le moins singulière qui ne plaira peut-être pas à tout le monde mais qui, malgré tout, risque de fasciner certains lecteurs plus avides de se plonger dans des ouvrages que l’on peut qualifier d’hors du commun. Mais bon, commençons par le commencement… Nous voici sur la planète Arbre, 3689 ans après la Reconstitution et près de sept mille ans après l’existence d’un individu dont la pensée et ses interprétations ont façonné la civilisation arbrienne – nominalisme vs platonisme, pour faire simple. Fraa Erasmas est un phyte, jeune avôt à la math décénarienne du Mynstère de Saunt Edhar, dont l’aperte décennale approche… D’entrée de jeu, vous êtes largué ? Disons que c’est normal et ce n’est que le début ! Mais bon, histoire d’y voir plus clair, disons que le Mynstère de Saint Edhar est une espèce de monastère dont les avôts – des moines qui se consacrent pour l’essentiel à la philosophie et aux mathématiques – se répartissent en plusieurs maths – congrégations – qui, par ailleurs, ne se mélangent guère, chacune vivant à son rythme. De plus, le Mynstère vit en autarcie, imperméables aux affaires sæculières, sauf à des occasions particulières : les apertes – sortes de journées portes ouvertes – qui ont lieu à des intervalles réguliers – un an pour la math unétarienne, dix ans pour la math décénarienne, cent ans ma math centénarienne et, naturellement, mille ans pour la math millénarienne. Ainsi, quand le roman débute, l’aperte est double, les portails de l’an et de la décennie devant s’ouvrir. C’est l’occasion pour Erasmas de gagner l’extérieur et de retrouver ce qu’il reste de sa famille. De retour au mynstère, sa vie bien réglée reprend a priori son cours… mais le jeune homme pressent qu’il se trame quelque chose qui pourrait avoir trait à l’astrohenge – l’observatoire – qui se trouve confiné sans raison apparente. Quand fraa Orolo, le mentor d’Erasmas, est frappé d’anathymne et, banni, doit quitter le mynstère, Erasmas est loin de se douter que sa vie et son monde vont vite être chamboulés de fond en comble… À ce stade-là, trop en divulguer serait dommageable, tant une grande part de l’intérêt du roman provient de la découverte et de la compréhension d’un monde à la fois familier et totalement étranger. Ainsi, au fil des pages, le lecteur doit comprendre, dans un premier temps, la société dans laquelle évolue le jeune Erasmas, puis, par les yeux de celui-ci, le monde extérieur. La note introductive a beau donner quelques précisions utiles et les chapitres être introduits par les extraits d’un dictionnaire, le roman nécessite un effort conséquent d’adaptation qui risque rapidement de faire fuir les moins courageux d’entre nous… Ainsi, avec ses néologismes à foison, ses discussions parfois abstruses,  et on action d’une lenteur de limace anesthésiée – il s’écoule bon nombre de pages avant que l’on comprenne que l’intrigue a très discrètement commencé depuis le premier chapitre – Anatèm ne facilite guère la vie du lecteur. Pourtant, pour ceux qui se sont accrochés, une fois passé les cent cinquante premières pages, le roman finit par fasciner, et s’avère impossible à lâcher dès lors que les enjeux se dessinent toujours plus clairement. À travers le parcours d’Erasmas, on en vient à comprendre peu à peu la nature de la planète Arbre, ses philosophies, ses religions et ses écoles de pensées, quand à la tournure prise par les événements, dans la seconde partie, disons que celle-ci à de quoi en surprendre plus d’un et que l’on peut affirmer, sans trop en dévoiler, que ce coté SF est plutôt bien trouvé. Bref, vous l’avez compris, Anatèm est une œuvre fascinante dans ses aspects spéculatifs et philosophiques, mais aussi, qui a de quoi surprendre de par la richesse peu commune de son univers proposé. Naturellement, c’est un roman qui n’est pas destiné à tout le monde et qui n’est pas simple d’accès pour un sou, mais bon, si jamais vous accrochez à celui-ci, il se pourrait bien que, vous aussi, vous soyez conquis par ce qui est probablement l’œuvre maitresse du sieur Neal Stephenson…
 

Points Positifs
 :
- Un roman pour le moins singulier et qui ne plaira certes pas à tout le monde mais qui n’en fascinera pas moins une certain public qui apprécie davantage les œuvres complexes et originales. Il faut dire qu’avec Anatèm, Neal Stephenson nous offre un univers d’une richesse peu commune et qui risque d’en fasciner plus d’un !
- Si le début est difficile de par sa complexité, une fois passé les premières 200 pages, il devient très difficile de lâcher le roman – alors que l’on n’est même pas au quart de celui-ci – il faut dire que, à ce moment là, le lecteur commence à être familier des différents termes utilisés par le narrateur, il saisit les points communs avec notre propre monde, les protagonistes commencent à prendre de l’épaisseur et, surtout, l’intrigue, elle, décolle petit à petit avant de partir vers des tournants pour le moins insoupçonnés par la suite…
- Au début, on à l’impression de se retrouver face à un roman qui flirte bon avec Le Nom de la Rose, et puis, petit à petit, on finit par se rendre compte que les choses sont un poil plus complexes et puis, vers le derniers tiers, on nage tout bonnement en pleine science-fiction !
- Neal Stephenson aura développé, ici, un univers d’une richesse impressionnante : histoire, sciences, philosophies, rapports entre les Mynstère et le monde Sæculièr, sans oublier, bien entendu, tous les termes de vocabulaires inventés pour l’occasion.
 
Points Négatifs :
- On ne va pas se mentir, Anatèm est une œuvre qui ne plaira pas au grand public et je pense même aller plus loin en affirmant que si l’on ne s’accroche pas durablement au début, sa complexité fait que pas mal de lecteurs risquent d’abandonner en court de route, ce qui est dommage vu que le jeu en vaut la chandelle mais qui est, finalement, compréhensible…
- Un rythme peut-être un peu trop lent, ce qui n’aide pas vraiment, il faut le reconnaitre. Qui plus est, entre des discussions qui partent dans tous les sens et qui s’éternisent parfois inutilement, des descriptions très nombreuses et pas mal de problèmes mathématiques, la lecture n’est pas toujours facile.
- Certains risquent peut-être de tiquer avec la conclusion même si, finalement, elle est plutôt logique avec les implications développées tout au long du roman.
 
Ma note : 8/10

jeudi 5 mai 2022

HENRY'S DREAM


HENRY'S DREAM
 
Nick Cave and the Bad Seeds
 
1 - Papa Won't Leave You, Henry (Nick Cave) 5:43
2 - I Had a Dream, Joe (Nick Cave) 3:42
3 - Straight to You (Nick Cave) 4:35
4 - Brother, My Cup Is Empty (Nick Cave) 3:02
5 - Christina the Astonishing (Nick Cave) 4:50
6 - When I First Came to Town (Nick Cave) 5:21
7 - John Finn's Wife (Nick Cave) 5:13
8 - The Loom of the Land (Nick Cave) 5:07
9 - Jack the Ripper (Nick Cave) 3:45
 

Henry's Dream
Musicien : Nick Cave and the Bad Seeds
Parution : 27 avril 1992
Enregistré : Novembre 1991 – Décembre 1991
Durée : 41:28
Genre : Post-Punk
Producteur : Nick Cave, Mick Harvey, David Briggs
Label : Mute Records
 
Musiciens :
Nick Cave : chant, harmonica, claviers
Mick Harvey : guitare, claviers, vibraphone, batterie, chœurs
Blixa Bargeld : guitare, chœurs
Conway Savage : piano, orgue, chœurs
Martyn P. Casey : basse, chœurs
Thomas Wydler : batterie, percussions, chœurs
Dennis Karmazyn : violoncelle
Bruce Dukov : violon
Barbara Porter : violon
 
Mon avis :
 Singulier album que cet Henry's Dream, septième opus de l’inimitable Nick Cave et de ses mauvaises graines qui est, depuis sa sortie, en 1992, limite renié par le groupe qui n’avait guère apprécier la production d’un David Briggs nettement plus à l’aise avec Neil Young que dans le cas présent, mais, curieusement, album plutôt apprécié par de nombreux fans et même fort accessible pour le grand public. Ainsi, cet opus qui, décidément, ne maîtra jamais tout le monde d’accord – en commençant par les premiers concernés – n’en reste pas moins un album important dans la longue carrière de l’australien et de ses compagnons, ne serais-ce que, mine de rien, comme le pensent de nombreux fans, il est bon, franchement bon ! Il faut dire que, d’entrée de jeu, les choses démarrent fort avec un Papa Won't Leave You, Henry qui est, selon moi, le point d’orgue d’un opus qui en connaitra quelques autres et qui, au passage, nous démontre que le sieur Cave et ses Bad Seeds ne sont pas venus là pour rigoler – d’un autre coté, cela n’a vraiment jamais été le cas… Et après cette entrée en matière tonitruante qui, personnellement, me laisse sur le cul lors de chaque écoute, I Had a Dream, Joe enfonce le clou et, dans les grandes lignes, jusqu’à un Jack the Ripper qui clôture magistralement l’album, le fan oscillera entre titres hauts en couleurs et autres plus calmes qui, a aucun moment, ou presque, ne laisse entrevoir une quelconque baisse qualitative. Alors certes, Cave et les siens auront bien pesté contre la production trop sage du sieur Briggs, ils auront bien revisités une bonne partie de ses titres dans l’album live qui suivra, force est de constater que Henry's Dream est un sacré bon opus : peut-être pas le meilleur, certes, mais un album fort réussi, possédant des chansons magnifiques et qui, au passage, nous démontre, une fois de plus, que même si Nick Cave n’est pas l’artiste le plus connu du grand public, il n’en est pas moins un des plus talentueux de ces quatre dernières décennies, rien que ça !
 

Points Positifs
 :
- Un album qui frôle l’excellence par moments et qui mérite largement le détour, ce, même si le groupe ne le porte pas vraiment dans son cœur. Cela est tout de même un peu dommage car la qualité est bel et bien au rendez vous.
- Une sacrée flopée de titres hauts en couleurs comme Jack the RipperJohn Finn's WifeI Had a Dream, JoeThe Loom of the Land et, mon préféré, Papa Won't Leave You, Henry !
- Nick Cave, bien évidement, toujours aussi magistral que ce soit pour ses textes ou son chant.
- Musicalement, le groupe est bien entendu égal à lui-même, c’est-à-dire, très bon, ce, que ce soit dans les titres plus nerveux comme dans les autres, plus calmes, le mélange entre guitares et claviers étant parfait.
- Une pochette plutôt réussie.
 
Points Négatifs :
- Même si cet opus est fort apprécié des fans, on ne peut nier que si le groupe ne l’apprécie guère, c’est qu’il y a un souci avec la production et l’on ne peut s’empêcher de se dire que, si leur vision avait prévalu, le résultat aurait été somptueux.
- Quelques titres un poil en-dessous, selon moi, empêchent cet Henry's Dream d’atteindre l’excellence.
- Comme je le souligne à chaque fois, Nick Cave est un artiste au style pour le moins particulier et il faut accrocher à son univers, à ses obsessions et je ne suis pas sur que le grand public adhère à cette noirceur qui transparait de cet album. Après, cela reste une affaire de gouts, bien entendu…
 
Ma note : 8/10

mercredi 4 mai 2022

LION


LION

Une incroyable histoire vraie : à 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Armé de quelques rares souvenirs et d’une inébranlable détermination, il commence à parcourir des photos satellites sur Google Earth, dans l’espoir de reconnaître son village. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?


Lion
Réalisation : Garth Davis
Scénario : Luke Davies d’après l’œuvre de Saroo Brierley
Musique : Hauschka
Production : The Weinstein Company, Screen Australia, See-Saw Films
Genre : Drame
Titre en vo : Lion
Pays d'origine : Australie, États-Unis, Royaume-Uni
Langue d'origine : anglais, Hindi, Bengali
Date de sortie : 12 octobre 2016
Durée : 118 mn

Casting :
Dev Patel : Saroo Brierley
Sunny Pawar : Saroo Brierley jeune
Rooney Mara : Lucy
David Wenham : John Brierley
Nicole Kidman : Sue Brierley
Abhishek Bharate : Guddu
Priyanka Bose : Kamla
Divian Ladwa : Mantosh

Mon avis : Le problème qui se pose souvent avec les films tirés d’une histoire vraie, c’est que, forcément, avant même de se rendre au cinéma, on connait déjà la fin. Certes, cela n’empêche pas que le résultat soit bon, voir très bon même, cependant, il est clair que pour le suspens, il faudra aller chercher ailleurs… Enfin, ce n’est pas forcément le principal car si l’on sait d’entrée de jeu que le héros de Lion retrouvera sa mère biologique a la fin du film – et ce n’est pas un spoiler – il nous reste à découvrir tout le reste, oh certes, pas comment il l’a retrouvé, cela aussi on le sait – Google Earth – non, par reste, j’entends comment, enfant, il s’est perdu, ce qu’il a vécu avant de se retrouver adopter par une famille australienne, ce qu’il est devenu, une fois adulte et pourquoi, du jour au lendemain, il a décidé de se lancer dans une recherche folle. Bref, de quoi nous offrir une histoire intéressante et, pourquoi pas, un bon film, et sur ce point, que l’on se rassure, Lion est un bon film : pour son histoire qui vous touchera, forcément, pour cette quête des origines qui ne peut vous laisser insensible, pour ses acteurs avec le beau gosse de service, Dev Patel, qu’on avait découvert dans Slumdog Millionaire, et pour toutes ces images d’une Inde toujours aussi pleine de contrastes et où, malgré ses milliers d’années d’histoire et ses richesses, existe aussi une pauvreté extrême qui frappe une grande partie de la population. Cependant, si Lion se laisse regarder, si tout cela est plutôt bon dans son ensemble, force est de constater que cela reste plutôt sans surprises et plutôt convenu dans l’ensemble, et je dis cela sans que cela ait quelque chose à voir avec le fait que l’on connait la fin d’entrée de jeu. Qui plus est, si la première partie, celle où le héros, alors enfant, est très bonne, franchement, a partir du moment où, adulte, il se met en quête de retrouver sa famille, il y a quelques longueurs. Oh certes, ces quelques défauts ne vous gêneront guère voir pas du tout, selon vos propres gouts personnels, surtout que, ne serais-ce que pour cette histoire plutôt touchante, le jeu en vaut la chandelle, mais bon, quitte a voir un film avec Dev Patel, dans un autre genre, Slumdog Millionaire était plus réussit selon moi. Après, les gouts et les couleurs…


Points Positifs :
- Une histoire plutôt touchante et qui ne laissera pas indifférent les plus sensibles d’entre nous, ne serais-ce que pour ce coté un peu impossible de cette quête : deux décennies se sont écoulées, le héros ne connait pas sa ville de naissance, son nom de famille, celui de sa mère… mouais, loin d’être gagner !
- Un casting plutôt bon avec, bien évidement, en tête d’affiche, un Dev Patel plus beau gosse que jamais, mais aussi, une Nicole Kidman presque méconnaissable.
- Toute la partie tournée en Inde est magnifique par moments. Alors certes, la misère n’est pas occultée et certaines images ne sont pas faciles, mais bon, c’est aussi cela l’Inde…
- Mine de rien, si on ne savait pas que c’était une histoire vraie, on aurait eu énormément de mal a y croire tout de mal. Comme quoi, Google Earth peut être très utile !

Points Négatifs :
- Un traitement plutôt conventionnel et sans grandes surprises : le héros vit une petite vie tranquille, il a une révélation, il se lance en quête de sa famille, il se coupe du monde et de ses proches pour parvenir a ses fins et, au moment où il va abandonner, miracle, il parvient a son but ! Ah, la magie du cinéma…
- Quelques petites longueurs par moments, surtout quant le héros est en quête de sa famille et qu’il passe presque autant de temps a réfléchir qu’a faire des recherches sur Google Earth.

Ma note : 7/10

mardi 3 mai 2022

V POUR VENDETTA


V POUR VENDETTA
 
Fin du XXème siècle, le monde a sombré tragiquement depuis le déclenchement d'un immense conflit nucléaire. Même si l'Angleterre à été épargnée, elle subit cependant de plein fouet les désastreuses conséquences climatiques qui ravagent son territoire et sèment la maladie et la famine. Des émeutes explosent un peu partout. Pour mettre fin au chaos ambiant, un groupuscule fasciste s'empare du pouvoir et met en place une purge des citoyens jugés déviants. Les opposants politiques, les minorités ethniques ou bien encore les homosexuels sont arrêtés par milliers et envoyés vers des camps de concentration, au cœur desquels des sadiques de la pire espèce sévissent. La société, quant à elle, est surveillée par le système qui contrôle tout et se charge des punitions arbitraires. Ainsi en plein désarroi, la Jeune Evey Hammond accoste maladroitement un homme dans la rue à la nuit tombée, afin de lui proposer son corps en échange d'un peu d'argent pour survivre. Mais ce dernier lui révèle être un agent des mœurs en planque et hélas les bonnes mœurs ont depuis bien longtemps été abandonnées par la police locale. Evey échappe de peu à un viol collectif suite à l'apparition impromptue d'un illuminé déguisé et masqué qui rosse les vilains tout en citant du Shakespeare. En sécurité sur les toits de Londres, ils contemplent alors ensemble l'impressionnante explosion du parlement de Westminster, suivie d'un feu d'artifice balafrant le ciel d'un immense V. Vive l'Angleterre, la machine vengeresse est en marche ...
 

V pour Vendetta
Scénario : Alan Moore
Dessins : David Lloyd
Encrage : David Lloyd
Couleurs : David Lloyd
Couverture : David Lloyd
Genre : Politique, Dystopie
Editeur : Vertigo
Titre en vo : V for Vendetta
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 10 juin 1989
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 27 mars 2020
Nombre de pages : 400
 
Liste des épisodes
V for Vendetta 1-11
 
Mon avis :
 Cela faisait pas mal de temps que je ne vous parlais pas du génialissime Alan Moore, sans aucun doute possible, le plus grand auteur de comics  de ces quatre dernières décennies et qui, au fil du temps, nous aura proposer moult chef d’œuvres incontestables comme, pour ne citer que quelques exemples évidents, Watchmen ou La Ligue des Gentlemen Extraordinaires… Et donc, profitant de cette période estivale, je me suis dit que l’occasion était parfaite pour me lancer dans la lecture d’autres titres majeurs du Sorcier de Northampton, surtout que, mine de rien, parmi ces derniers, il y avait quelques magnifiques pépites, des incontournables absolus comme ce fameux V pour Vendetta dont je vais vous parler aujourd’hui… Nous sommes à la fin des années 90 et, une décennie auparavant, le monde a connu un conflit nucléaire qui ne l’aura pas dévasté totalement. L’Angleterre s’en est plus ou moins sortit mais un régime dictatorial s’est installé et tient naturellement sous sa joug le peuple, écrasant celui-ci sous une poigne de fer. Pourtant, alors que l’avenir apparait bien sombre, un homme sans nom, sans visage, apparait et lutte seul contre le régime en place, commettant des attentats et des meurtres de personnalités. Cet homme qui se fait appeler V souhaite rendre le pouvoir au peuple, du moins, si celui-ci en est digne… En partant de ce postulat de départ qui pourrait flirter allègrement avec un certain 1984 de George Orwell chef d’œuvre absolu du genre dystopique, Alan Moore nous livre avec V pour Vendetta probablement ce qui est la BD qui retranscrit avec le plus de justesse la dictature. Imaginant ce qu’aurait put donner les iles britanniques sous un régime fasciste, l’auteur nous offre un récit oppressant, menaçant et suffisamment solide pour sortir définitivement du simple carcan grand public un peu stupide où est relégué, en temps normal, l’amateur de comics. Bien évidement, avec Watchmen, Alan Moore nous avait déjà prouvé que le genre n’était pas réservé aux super-slips et que, même en mettant en scène ces derniers, il y avait matière à nous en proposer une vision plus intelligente. Avec V pour Vendetta, Moore va encore plus loin puisque, ici, non seulement V n’a pas grand-chose a voir avec les super-héros – en dehors du fait qu’il porte un masque – mais que, en plus, l’ennemi, dans ce récit, est autrement plus redoutable qu’un quelconque pantin costumé puisqu’il s’agit de politiciens – après tout, faut-il rappeler les millions de morts causés, au vingtième siècle, par les diverses dictatures, quelles soient de gauche comme de droite ? Qui plus est, le propos d’Alan Moore est de nous montrer que, davantage que les capacités d’un homme a lutter contre le mal, ce qui compte, c’est avant toute chose, une idée, un symbole : après tout, un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Et c’est probablement cela qui fait aussi la réussite de ce V pour Vendetta, une œuvre intelligente et, finalement, moins manichéenne qu’on pourrait le penser de prime abord puisque, dans celle-ci, certains des membres du pouvoir en place sont loin d’être des salauds et il y a même des victimes parmi eux. De même, à aucun moment Alan Moore ne glorifie les actes de V et même si l’on sent l’attrait de l’auteur pour l’anarchisme, il laisse le soin au lecteur de se faire sa propre opinion sur les agissements du justicier masqué… Bref, vous l’avez compris, V pour Vendetta est une œuvre majeure de la bande dessinée britannique et, incontestablement, un incontournable que tout amateur de comics se doit de lire au moins une fois dans sa vie. Après, il faut reconnaitre que ses thématiques, son propos et le style particulier d’Alan Moore qui est davantage un écrivain qu’un simple scénariste risque de ne pas plaire à tout le monde, mais bon, cela reste une affaire de gouts personnels comme c’est le cas avec pas mal d’œuvres géniales, tous genres confondus…
 

Points Positifs
 :
- Incontestablement, V pour Vendetta est la bande dessinée la plus intelligente qui ait été écrite au sujet de la dictature : œuvre d’une profondeur rare, plausible et pas manichéenne pour un sou, nous avons là une des plus belles créations du sieur Alan Moore ! Bref, un petit chef d’œuvre du Neuvième Art…
- Si V apparait comme étant, naturellement, le protagoniste phare de cette BD et qu’il écrase tous les autres de par son charisme, il faut reconnaitre que les autres personnages marquent également les esprits : Evey, bien entendu, mais aussi une bonne partie des membres du régime qui sont particulièrement bien développés plutôt que d’être de simples coquilles vides…
- Un récit découpé en trois actes, comme au théâtre et si le second est peut-être le moins aboutit, l’ensemble n’en reste pas moins réussi et captivant de bout en bout.
- Un être humain peut être tué. Un symbole, lui, ne meurt pas. Voilà ce qui ressort principalement de ce V pour Vendetta et, ma foi, cela résume plutôt bien ce comics.
- En effet, certains peuvent trouver que le style de David Lloyd accuse son âge, cependant, si vous êtes un peu agé comme moi – bref, dans les 40 ou 50 ans – et que vous êtes familier du style de l’époque, alors, vous serez probablement plus enclin a apprécier les dessins d’un artiste nettement plus talentueux qu’on pourrait le penser de prime abord.
 
Points Négatifs :
- Comme souvent chez Moore, posséder de bonnes connaissances en histoire s’avère nécessaire pour mieux saisir toutes les subtilités de ce V pour Vendetta, sans parler, bien entendu, des nombreuses références qui parsèment les presque 400 pages de cet album.
- Une œuvre absolument pas grand public et qui risque de déstabiliser un public que l’on qualifiera de moderne.
- Certains estimeront que le style de David Lloyd accuse un peu son âge est un trop typé années 80. Naturellement, cela reste une affaire de gouts personnels…
 
Ma note : 8,5/10