samedi 18 décembre 2010

THE MAN WHO SOLD THE WORLD


THE MAN WHO SOLD THE WORLD

David Bowie

1 - The Width of a Circle (Bowie) 8:05
2 - All the Madmen (Bowie) 5:38
3 - Black Country Rock (Bowie) 3:32
4 - After All (Bowie) 3:52
5 - Running Gun Blues (Bowie) 3:11
6 - Saviour Machine (Bowie) 4:25
7 - She Shook Me Cold (Bowie) 4:13
5 - The Man Who Sold the World (Bowie) 3:55
6 - The Supermen (Bowie) 3:38


The Man Who Sold the World
Musicien : David Bowie
Parution : 4 novembre 1970
Enregistré : 18 avril – 22 mai 1970
Durée : 40:37
Genre : Hard Rock, Heavy Metal, Folk Rock, Blues Rock, Glam Rock
Producteur : Tony Visconti
Label : Mercury

Musiciens :
David Bowie : chant, guitare, Dubreq Stylophone
Mick Ronson : chant, guitare
Tony Visconti : basse, piano, guitare
Mick Woodmansey : batterie, percussions
Ralph Mace : synthétiseur Moog

Mon avis : Et dire que je l’ai détesté pendant des années! Sacré David Bowie, j’aurais passé mon enfance a ne pas pouvoir le voir, et ce, uniquement parce que, étant un petit brun a la peau matte, j’avais du mal tout petit avec les blonds aux yeux bleus (le comble, c’est que le mince duc blanc les a vairons) qui étaient, quelque part, la norme en France ; après tout, ne disait-on pas « nos chères petites têtes blondes » ? Et puis, en ce début des années 80, Bowie était partout avec son Let’s Dance et son China Girl qui tournaient en boucle a la radio et a la télé jusqu'à n’en plus soif. Ainsi, il m’aura fallut bien plus d’une décennie pour le redécouvrir, me procurer tous ces albums, en tomber presque amoureux, musicalement, cela va de soit, et le reconnaître pour ce qu’il est, indéniablement, c'est-à-dire, comme l’un des meilleurs auteurs compositeurs tout bonnement génial de la seconde moitié du vingtième siècle. Et autant j’ai put détester David Bowie enfant, autant je l’adore depuis que je suis adulte. Cette petite introduction me semblait nécessaire afin d’expliquer la relation que j’ai entretenu avec le personnage, qui, pour rappel, nous a quitter en janvier dernier ; avec Bowie, je ne suis pas véritablement objectif, sauf dans ses périodes de vaches maigres artistiquement parlant dans la seconde moitié des années 80. Pour moi, Bowie, c’est comme les Beatles, les Stones (euh, jusqu’en 72), Neil Young et quelques autres, un génie dont je ne me lasse pas d’écouter en boucle chacun de ses albums avec, a chaque fois, le même plaisir. Et pour ce qui est de sa longue production artistique, il y a de quoi faire, et justement, parce que David Bowie fut et restera mon artiste préféré, et comme, depuis les débuts de ce blog, je n’ai jamais eu l’occasion de vous parler du moindre de ses albums, ce qui, ma foi, est une véritable hérésie, pourquoi ne pas commencer par le commencement et par sa première véritable réussite en 33 tours qui vaille le détour, l’envoutant The Man Who Sold The World. Sortie a la fin de l’année 1970, The Man Who Sold The World sans atteindre la qualité et le succès de bon nombre d’albums géniaux a venir et un véritable tournant pour Bowie et, accessoirement, un véritable petit bijoux qui laisse entrevoir bon nombre de merveilles a venir. Déjà, la pochette, où Bowie pose langoureusement en robe sur un canapé avec son jeu de cartes éparpillées devant lui pose le personnage : il est fini et bien fini le temps des chemises a fleurs et du Peace and Love, voila maintenant venu des chanteurs ambigus, où le strass et les paillettes se mêlent a des textes hallucinés parlant de folie, de dieux homosexuels et de lobotomie en pagaïe. Bref, Bowie et le Glam Rock, cela donne ca : son plus magnifique représentant, mais aussi sa plus parfaite antithèse, contrairement a Marc Bolan par exemple qui était le Glam a (presque) lui tout seul. Ainsi, en ce début des seventies, un curieux petit bonhomme aux yeux bizarres, autrefois mime de son état, nous offre un album majeur, au son distordant et aux textes auxquels on n’a parfois bien du mal a tout comprendre et où, au dessus de tout cela, plane sa voie, intemporelle, reconnaissable entre mille et qui, des milliers de fois après l’avoir entendu et réentendue, me donne toujours autant de frissons. Et donc, The Man Who Sold The World, avec ses plus de quarante ans d’âge, fascine encore aujourd’hui, avec en ouverture, le magistral The Width Of A Circle, ses huit minutes et ses guitares folles où Bowie fait le récit d'un voyage psychologique, violent et sexuel duquel les héros sont lui, l'autre lui (son double schizophrénique) et dieu, qui est aussi un amant homosexuel de Bowie, avec qui il partage des expériences sadomasochistes. Des le départ, la messe est dite, le personnage posé, et on va en prendre pour des décennies de plaisir. Et si ce titre, tout bonnement excellent, est une belle entrée en matière, comment ne pas s’attarder sur ce que je considère comme le sommet de l’album, All the Madmen, traitant de la schizophrénie et de lobotomie avec son invocation finale « zane zane zane ouvre le chien », l’un de mes titres préférés de Bowie, mais aussi de belles petites perles comme After All ou The Supermen avec son surhomme nietzschéen. Mais il en manque une, et de taille puisqu’elle donne même son nom a l’album. Comme beaucoup de personnes, j’aurais connu The Man Who Sold The World (la chanson, pas l’album) par la version de Nirvana. Tout bonnement excellente, cette reprise mérite, pour une fois, le détour, ce qui n’est pas toujours le cas par ailleurs. Mais malgré sa valeur, indéniable, j’ai une nette préférence pour l’originale, celle de Bowie, moins crade, plus, comment dire, planante, plus mystérieuse et où, une fois de plus, la voie sublime tout. Inspiré d’une nouvelle de science fiction, le titre partage encore aujourd’hui les avis, les uns préférant l’original de Bowie, les autres, celle de Nirvana, mais quoi qu’il en soit, et quelque soit les opinions diverses qui ont plus à voir entre les gouts et les couleurs de chacun, ce titre est la preuve de l’inventivité et du génie du Mince Duc Blanc. Ainsi donc, The Man Who Sold The World restera dans l’histoire de la musique comme le premier des indispensables de Bowie ; pas encore totalement un chef d’œuvre comme les merveilles à venir, il n’en reste pas moins excellent et fourmille de bons titres annonciateurs de la suite qui s’avérera, comme chacun sait, excellente. Personnellement, et après moult écoutes, je ne me lasse toujours pas de cet album, ne serais ce que pour ces deux titres que sont The Width of a Circle et All the Madmen, que je trouve exceptionnels, mais bon, quelque part, c’est un peu le cas pour moi avec tous les albums de Bowie. Et dire qu’enfant, je ne pouvais pas le voir !


Points Positifs :
- Sans être un véritable succès a l’époque, The Man Who Sold the World est le premier opus de Bowie où le génie de se dernier pointe enfin le bout de son nez sur la totalité de l’album : l’ensemble est cohérent, Bowie a enfin trouver son univers et nous l’impose, musicalement, il y a tout un tas de choses fort intéressantes, quand aux textes, nous sommes a des années lumières de ce qui se faisait auparavant dans la musique populaire.
- Il n’y a pas de mauvaises chansons dans cet opus, mais reconnaissons que des titres comme The Width of a Circle, The Man Who Sold the World et, surtout, All the Madmen, se démarquent nettement du lot et sont de véritables petites merveilles.
- Justement, dans cet album, même si le ton général est le même, Bowie aborde moult styles musicaux et l’on passe allègrement du Heavy Metal au Folk en passant par le Blues ou des prémices du Glam.
- La pochette, tout simplement culte avec notre David Bowie posant langoureusement en robe sur un canapé. 

Points Négatifs :
- Tony Visconti, compagnon de toujours, est déjà aux manettes mais la production, elle, souffre tout de même un peu par moments, surtout si on la compare avec ce qui se fera par la suite. Parfois, le son est un peu étrange, la voix de Bowie un peu en retrait…
- Malgré un ensemble plus qu’acceptable, on sent que Bowie se chercher encore un peu, d’où, justement, ces divers genres musicaux abordés. Mais bon, cela arrivera très rapidement.

Ma note : 8,5/10

mardi 7 décembre 2010

L’HISTOIRE SECRÈTE – LA PORTE DE L’EAU


L’HISTOIRE SECRÈTE – LA PORTE DE L’EAU

En 1970, à la frontière israélo-jordanienne, sur le site des ruines du palais d'Hérode, l'archonte Erlin croise ce qui ressemble à un fantôme : feu Guillaume de Lecce, alias le roi en jaune, envoie sur lui des djinns de sable et le menace d'une vengeance proche. L'année suivante, un jeune photoreporter du nom de Sean Flynn (fils du célèbre acteur) travaille à Saigon, en marge de la guerre du Vietnam. Sa curiosité mal placée incite sa rédaction – sous recommandation de la CIA – à l'envoyer en mission au Laos. Il atterrit sur la base secrète de Long Chieng, le plus grand aéroport du pays. Il y fait la connaissance de James T. Chance, un agent américain qui le prend sous son aile. Chance est un drôle de personnage, qui joue aux cartes et manipule le hasard, comme pour accumuler un maximum de chance. Ensemble, à bord d'un petit zinc, ils ravitaillent Igmur, un ancien SS allemand qui a bâtit une sorte de potentat local et fait commerce de pavot, dans la vallée de Han Huo. Mais au petit matin, Chance a discrètement flingué Igmur et il leur faut fuir en urgence par la voie des airs, depuis une piste de décollage verticale compliquée...


L'Histoire Secrète – La Porte de l'Eau
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 décembre 2010
Nombre de pages : 54

Mon avis : Et bien, et bien, et bien, nous voilà déjà au vingtième tome de cette longue, décidément très longue saga qu’est L’Histoire Secrète, cette œuvre où le scénariste Jean Pierre Pécau et le dessinateur Igor Kordey nous entrainent dans une histoire de l’humanité parallèle où les Archontes, des êtres semi eternels, manipuleraient celle-ci, au grès de leurs envies et de leur fantaisies. Une série où le hasard et la chance occupent une place de première ordre, une série ou manipulations, secrets se mêlent et où une multitude de personnages historiques font leur apparition, la quasi-totalité liés a l’une des familles des Archontes, et où, forcément, le moindre événement historique, dans la grande tradition du sieur Pécau, se doit d’être expliquer, parfois, de très bonne manière, mais pas toujours, avouons le. Personnellement, j’adhère a cette Histoire Secrète et chaque nouveau tome est toujours un petit événement en soit, pas forcement d’un point de vu hautement qualitatif, car cette série possède ses hauts et ses bas, mais surtout, après tant de temps, pour en connaître la suite. Indéniablement, La porte de l’Eau, serait plutôt, selon moi, à classer dans les volumes légèrement moins réussis de la saga. Oh, que l’on ne croit pas qu’en disant cela, la médiocrité soit au rendez vous, loin de là une telle idée, mais disons plutôt que si par certains moments, j’ai vraiment accrocher a cette saga, cet énième volume m’aura moins intéresser qu’en temps normal ; la faute peut être a l’un des défauts récurrents de la série, le fait que celle-ci parte un peu dans tous les sens de temps en temps. Je m’explique : Jean Pierre Pécau, dans L’Histoire Secrète, a le don de complexifier son récit de façon parfois exagérée, cela plait ou non, mais c’est un fait. Personnellement, en temps normal, cela ne me dérange pas trop, mais de temps en temps, l’on se retrouve avec un tome comme celui là, où l’on s’attarde sur des événements annexes, qui n’ont de rapports avec l’intrigue principale que de loin, tandis que celle-ci n’avance pas spécialement. Certes, les Archontes font leurs apparitions dans La porte de l’Eau (il était arrivé une fois qu’ils ne daignent même pas le faire, peut être étaient-ils en grève ?), mais de façon épisodique, au début, pour de la parlote avec ce brave Erlin, puis a la fin où celui-ci va sauver sa sœur, camée jusqu’à la moelle ; entre temps, l’autre sadique de Dyo fit une courte apparition au Kremlin et puis c’est tout. Le reste de l’album, en suit les pas d’un journaliste de guerre, fils d’Errol Flynn (pourquoi pas) et d’un excellant joueur, un certain T Chance (oh le nom !!!) en plein conflit vietnamien et qui s’en vont en vadrouille assassiner un ancien SS membre qui s’est reconverti dans le trafic de drogue. Bon, on apprend également que l’administration US pour contrer sa jeunesse contestataire, bref, le plan de Reka (voir L’Âge du Verseau), à décider de la plonger dans la dépendance aux stupéfiants (une explication comme une autre, chacun en tirera ce qu’il voudra) et cette découverte, importante pour l’intrigue n’est pas négligeable, mais avait-on besoin pour cela de se taper les péripéties de Flynn Junior et d’un vieux baroudeur en vadrouille au Vietnam et au Laos pour cela ? Permettez-moi d’en douter. Cependant, malgré une petite baisse d’intérêt lié plus au fond qu’a la forme, le lecteur habitué retrouvera avec plaisir des protagonistes auxquels il est habitué, des explications aux complots les plus fous (attention les amis, voilà, roulements de tambours, le Watergate !!!) et des promesses pour les futurs albums de la série. Mais en fait, c’est un peu le problème de cette Porte de l’Eau, qui se lit rapidement, mais qui ne satisfait pas vraiment le lecteur, plus pressé de découvrir la suite que de revenir sur un tome qui finalement, n’apporte pas grand-chose de nouveau.


Points Positifs :
- Ma critique a put paraitre fort négative mais en fait, ce vingtième tome n’est pas si mauvais qu’on pourrait le penser : l’histoire est pas mal, il y a quelques bonnes idées, et, surtout, tout un tas de pistes sont évoquées pour la suite de la saga, comme, par exemple, la confirmation (mais on s’en doutait) que Guillaume de Lecce est toujours en vie ou le piètre état de Reka.
- S’il y a au moins une chose que l’on ne peut pas enlever a Jean-Pierre Pécau, c’est ses connaissances historiques ; il excelle dans ce domaine et c’est fou le nombre de choses que l’on peut apprendre en lisant cette série – évidement, il y a un travail de recherche à faire ensuite.
- Depuis quelques tomes, le duo Kordey/ O'Grady fonctionne a plein régime et une fois de plus, les planches de cet album sont une pure réussite – si l’on apprécie le style du croate, bien entendu.

Points Négatifs :
- Je n’en ai pas parlé dans ma critique mais en fait, le personnage de T Chance est l’un des protagonistes d’Arcanes Majeur, une série parallèle de Pécau se déroulant dans le même univers ; du coup, ce vingtième tome est une sorte de crosover entre les deux séries. Ceux qui connaissent Arcanes Majeur (et Arcanes) prendront sans nul doute plus de plaisir a la lecture de cet album.
- C’est un peu plus décousu que dans les tomes précédant, surtout en raison de toute la partie avec T Chance et le journaliste qui n’apporte pas grand-chose a l’intrigue principale.
- J’ai noté une erreur de Jean-Pierre Pécau : Moshe Dayan affirme qu’il a connu Curtis pendant la seconde guerre mondiale, or, c’est après celle-ci qu’il le rencontre pour la toute première fois : voir Sion.

Ma note : 6,5/10

vendredi 3 décembre 2010

THORGAL – LA MAGICIENNE TRAHIE


THORGAL – LA MAGICIENNE TRAHIE
(Suivi de) PRESQUE LE PARADIS

Thorgal est condamné à mourir pour avoir aimé et été aimé par la fille de Gandalf-Le-Fou, roi des vikings du nord cruel et sans pitié, Aaricia. Ce dernier l'attache lui même à l'anneau des sacrifiés pendant que la mer monte. Pour éviter la mort, Thorgal accepte le marché d'une femme mystérieuse, venue de nulle part accompagnée d'un loup. Elle lui propose un étrange marché : une année de sa vie en esclave soumis contre sa liberté. Sa première mission consiste à ramener les anneaux de Freyr gardés par un nain et un géant...


Thorgal – La Magicienne trahie
Scénario : Jean Van Hamme
Dessins : Grzegorz Rosinski
Couleurs : Grzegorz Rosinski
Couverture : Grzegorz Rosinski
Editeur : Le Lombard
Genre : Heroic Fantasy, Science-Fiction
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : janvier 1980
Nombre de pages : 46

Mon avis : Cela faisait quelques d’années que j’hésitais a me lancer dans Thorgal ; a la fois attirer par l’ambiance, le contenu et la qualité de cette œuvre, j’avais un peu peur de devoir me taper l’acquisition d’une trentaine de volumes par la suite. Mais bon, après moult hésitations et un énième feuilletage en magasin, je me suis décidé hier et me suis enfin procurer le premier volume de la saga, paru en 1980 déjà, et intitulé La magicienne trahie. A celui-ci, les auteurs ajoutèrent à l’album un court récit du héros nordique, plus récent, Presque le Paradis. Mais commençons par le début, et donc, par les débuts de la saga… Indéniablement, ce qui choque les yeux tout d’abord lorsque l’on découvre le premier volume de la saga Thorgal en 2010, c’est les dessins ; « ah, c’est de la bonne vieille BD a papa ca ! », comme on n’en fait plus. Et si je m’attendais, avant coup, a un truc ressemblant par le style a Rahan (allez donc savoir pourquoi ?), j’eu la surprise, en voyant les planches de cet album, de constater que celui-ci lorgnait plus du coté des comics américains de la même époque. Certes, par la suite, le style évoluera et l’on retrouvera plus un coté « franco-belge », comme on peut le voir dans le second récit Presque le Paradis, plus tardif (mais je ne sais pas de quand il date, enfin, je n’ai pas cherché non plus), mais pour ce qui est des débuts de Thorgal, indéniablement, c’est le cas. Alors bien évidement, ce style fait « vieillot » et accuse franchement son âge de nos jours, mais bon, si vous passez outre ce dernier, dites vous au moins que Grzegorz Rosinski livrera des planches sublimes par la suite. Mais bon, outre les dessins, il y a le plat principal, l’univers de Thorgal, et la, si depuis la parution de ce premier tome, on en a vu et revu et s’il a perdu de son originalité, je dois reconnaître que celui-ci m’a enthousiasmé d’emblé : se déroulant dans un moyen-âge imaginaire, l’action se situe dans le grand nord, chez les vikings et cela nous permet de sortir du carcan si lassant a force où semble enfermer la Fantasy depuis Tolkien, celle avec des elfes et des gobelins, des dragons et des ogres, des chevaliers, des magiciens et tout plein de bons sentiments. Dans Thorgal, place au grand nord, à la neige, aux légendes où l’on côtoie Odin, les Valkyries et Siegfried, place a un autre univers, moins utiliser par les auteurs, ce qui nous apporte un changement salvateur et agréable. Et encore, ce n’est qu’un début puisque la suite de la saga ira beaucoup plus loin et lorgnera même du coté du fantastique pur et dur (et oui, il m’arrivait de feuilleter Thorgal de temps en temps), mais pour le moment, nous n’en sommes pas la. Ainsi, ce premier album nous présente les personnages, Thorgal, si différent de ses semblables et dont on devine qu’un mystère rode sur ses origines, aux prises avec le chef des vikings, Gandalf-Le-Fou (tient, il est plus magicien celui-là ?) qui décide de se débarrasser de lui. Sauver par Slive, la fameuse Magicienne trahie, notre héros doit donc accomplir une quête afin d’assouvir sa vengeance, et là, on a droit a des combats fulgurants, des trahisons, des objets magiques et des révélations, dans la ligne droite de ce que l’on trouve d’habitude dans le petit monde de l’Heroic Fantasy. Il est clair que dit comme cela, La Magicienne trahie n’a pas l’air d’être un récit vachement original, mais bon, c’est le premier volume d’une très longue saga, qui s’apprécie sur sa globalité (et qui accessoirement, n’est pas achevée !) et que, vu que cette BD date d’il y a trente ans, il faut savoir relativiser nos impressions et nos comparaisons avec d’autres œuvres bien plus récentes. Quoi qu’il en soit, et malgré des dessins franchement vieillots, j’ai apprécié ce premier récit et quelque part, c’est ce qui compte. Dans l’édition que je possède, il y a une histoire courte, Presque le Paradis, qui se lit comme une aventure indépendante de notre brave et ténébreux viking ; et là, en toute sincérité, j’ai encore plus accroché que pour l’autre : bon, déjà, question dessins, c’est le niveau supérieur, mais ce n’est pas la raison principale de mon enthousiasme puisque le scénario, où Thorgal se retrouve dans une espèce de lieu fermé, où le temps s’écoule différemment selon les dires de ses habitantes, et où le lecteur ne cesse de s’interroger, ne sachant plus qui croire, ce, jusqu’au superbe coup de théâtre final est un petit bijoux qui mérite le détour. Bref, vous l’avez compris, Thorgal à trouver un nouvel admirateur, c'est-à-dire, moi-même. Bien évidement, il faudra attendre que je lise un nombre plus conséquent d’albums, que je voie un peu où tout cela va mener pour que je me fasse une opinion plus précise de l’œuvre, cependant, pour un premier tome, je trouve que cette Magicienne trahie est d’assez bonne facture et laisse présager des lendemains enchanteurs.


Points Positifs :
- Les débuts de l’une des bande dessinées franco belges les plus marquantes des trois dernières décennies : originale pour son concept qui mêle habillement Heroic Fantasy et SF dans un univers de vikings – avec, bien entendu, tout ce qui tourne autour de ces derniers comme les dieux, les créatures mythiques, etc. – Thorgal se démarque nettement de la concurrence, souvent trop conventionnelle.
- Un premier tome qui permet de faire la connaissance des protagonistes, de l’univers et où on comprend que les origines de Thorgal sont un peu mystérieuses…
- Le second récit qui complète ce premier tome, Presque le Paradis, est bien plus réussi : plus récent, avec un  Grzegorz Rosinski qui livre une prestation superbe, on prend un plaisir certain à la lecture, surtout pour le final, un peu prévisible mais réussi.

Points Négatifs :
- Il est clair que les dessins de La Magicienne trahie sont plus que vieillots : Rosinski fera bien mieux par la suite (d’ailleurs, on le constate tout de suite dans Presque le Paradis) mais là, ce n’est pas du tout ça… et puis, on dirait du comics de l’époque, c’est-à-dire, franchement bof de nos jours.
- Même scénaristiquement, la série montera en puissance au fil des tomes mais bon, on dira qu’ici, c’est un tome de présentation des personnages et de l’univers…

Ma note : 7/10

dimanche 12 septembre 2010

PRINCESSE MONONOKÉ


PRINCESSE MONONOKÉ

Pendant l’ère Muromachi, au Japon, Ashitaka, le prince de la tribu des Emishis, est frappé d'une malédiction après avoir tué un dieu sanglier devenu démon. La chamane du village le dit condamné à devenir lui-même un démon. Il part dans le but de « porter sur le monde un regard sans haine », espérant y trouver la source de sa malédiction et un moyen de s'en débarrasser. Il se retrouve mêlé à une guerre entre les esprits de la forêt, animaux gigantesques et doués de parole (auxquels il faut ajouter San, la princesse Mononoké élevée par la louve Moro), et deux partis humains aux intérêts contradictoires : Dame Eboshi, dirigeante du village des forges qui souhaite détruire la forêt afin de permettre la prospérité à son peuple, et les samouraïs du seigneur Hasano, cherchant à dominer le village des forges car jalousant son fer.


Princesse Mononoké
Réalisation : Hayao Miyazaki
Scénario : Hayao Miyazaki
Musique : Joe Hisaishi
Production : Studio Ghibli, Tokuma Shoten, Nippon Television, Dentsu Music and Entertainment, Nibariki
Genre : Animation, Aventure, Drame, Fantasy
Titre en vo : Mononoke Hime
Pays d'origine : Japon
Langue d'origine : japonais
Date de sortie : 12 juillet 1997
Durée : 134 mn

Casting :
Yōji Matsuda : Ashitaka
Yuriko Ishida : San
Akihiro Miwa : Moro
Yūko Tanaka : Dame Eboshi
Tsunehiko Kamijô : Gonza
Kaoru Kobayashi : Jiko
Sumi Shimamoto : Toki
Hisaya Morishige : Okkoto
Masahiko Nishimura : Kohroku

Mon avis : N’y allons pas par quatre chemins et disons le tout net : selon moi, ce film d’animation est à mon avis le chef d'œuvre d'Hayao Miyazaki. Voilà, la chose est dite ; au moins, ainsi, vous savez par avance ce que j’en pense. Sortie en 1997 juste avant le magnifique Voyage de Chihiro, mais pas avant le fatidique, pour certains, an 2000 (vous vous souvenez du fameux bug ?) dans nos vertes contrées, Princesse Mononoké est une œuvre qui comporte les thèmes de prédilection de Miyazaki : légendes traditionnelles du Japon, conscience écologique, lutte entre l'Homme et la Nature, refus du manichéisme... On y suit les aventures du jeune prince Ashitaka, banni de son village à la suite de l'infection étrange qu'il reçu en combattant un curieux démon qui s’était emparé d’un sanglier géant doué de parole. Partant pour un voyage dans le Japon médiéval afin de découvrir qui est à la source de cette malédiction, il rencontrera un moine étrange et cupide, la grande dame Eboshi qui est à la tête d’un village de mineurs et de forgerons mais qui possède des cotés pour le moins philanthropiques (on s’aperçoit que les femmes du village sont toutes d’anciennes prostituées rachetées par Dame Eboshi), ainsi que San, la fameuse Princesse Mononoké qui vit parmi les loups et lutte pour défendre la grande Forêt. Le but d'Ashitaka est de « regarder sans haine » comme il est dit dans l’histoire, et devant cette lutte entre deux mondes, celui des humains et celui de la nature, apparemment irréconciliable, il ne cherchera pas à privilégier un seul point de vue, essayant de les concilier, tache ardue s’il en est. Princesse Mononoké nous montre donc l'ascension de l'homme face aux puissances ancestrales de la Nature, sans pour autant que le réalisateur cherche à nous convaincre que l'humanité est destructrice et mauvaise. Car ici, nous ne sommes pas le moins du monde dans un Disney, encore moins dans un quelconque film hollywoodien type : si vous êtes un adepte inconditionnel du manichéisme, cette œuvre de Miyazaki n’est pas pour vous. Mais si vous êtes un écolo pur et dur, une certaine partie de son message ne vous plaira peut être pas… Point de manichéisme ? En effet, les hommes, eux aussi issus de la Nature sont pleins de ressources telles que le désir de progrès, l'entraide et la quête d'un avenir meilleur pour les plus démunis. En face, nous découvrons le monde des anciens esprits de la Nature, guidés par le magnifique Dieu-Cerf de la Forêt, qui ne comprennent pas les hommes qui détruisent la Forêt et ne semblent avoir aucun respect pour ces entités millénaires. Ainsi, la jeune San, qui elle aussi est pourtant une humaine, est prête à tout pour stopper l'expansion des hommes, un conflit qui finira par mener à une terrible guerre. Et au cours de l’avancée de l’intrigue, le spectateur se surprend à trouver des points positifs dans les deux camps opposés, ce qui est pour le moins étonnant et accessoirement, rare : certes, le message écologique est fort, et l’on y adhère fortement ; après tout, comment ne pas prendre fait et cause pour cette foret ancestrale, magnifique, où errent des animaux que l’on pourrait qualifier de primordiaux, des dieux et des créatures féeriques des bois ? Mais d’un autre coté, comment ne pas éprouver de la sympathie pour ces villageois, travailleurs, courageux et drôles, et pour cette Dame Eboshi charismatique en diable, comme bon nombre des protagonistes de cette histoire, qui sous ses airs de dureté propre a son statut de chef, est presque une « mère » pour les villageois. Où l’on voit que tout n’est ni blanc, ni noir, même s’il y a bien quelques « méchants », les fameux samouraïs d’un quelconque seigneur de la guerre local ainsi que les envoyés de l’Empereur, et que du coup, prendre parti pour l’un des deux camps n’est pas chose aisée. La Nature est la Nature et il faut la préservée, cela va de soit ; mais au détriment de la vie humaine ? Les choses sont loin d’être aussi simples et sur ce point, Princesse Mononoké fonctionne à merveille. Techniquement, car il est temps d’en parler, le film est une splendeur. Les décors réalistes et magnifiques nous plongent dans un univers historiquement exact et empreint en même temps d'un profond mysticisme. L'animation des personnages et des créatures est époustouflantes et de nombreuses scènes d'actions sublimes entretiennent une incroyable tension tout le long du film. La musique de Hisaishi (ah, cette bande son, l’une des meilleurs qu’il m’ait été donné d’entendre dans une œuvre d’animation… j’avais même acheté la BO a l’époque de sa sortie) est parfaite et possède un grand sens épique. Les personnages, que cela soit le jeune prince Ashitaka prêt a tout pour réconcilier deux camps que tout oppose, San, la fille-louve, extrémiste dans ses sentiments au départ mais qui ne peut renier sa nature humaine, coincée qu’elle est entre deux mondes mais qui n’en choisira pas moins toujours celui de sa « mère » ou Dame Eboshi dont je vous ais parler un précédemment, sont tous charismatiques au possible, y compris les second couteaux, villageois, le moine, mais aussi, car il ne faut pas les oublier, loin de là, les fameux « animaux primordiaux », Moro la divinité louve, le vieux sanglier aveugle Ottoko mais aussi le Dieu-Cerf qui reste peut être coït pendant tout le film mais qui n’en dégage pas moins, malgré son apparence, un charisme peu commun. Quant au scénario, celui-ci est un modèle du genre : profondément intelligent et philosophique, présentant dans toute sa complexité les rapports de l'esprit humain aux forces du monde. On est donc immédiatement frappé par le génie visuel de l'œuvre ainsi que par sa portée intellectuelle qui mène à une réflexion nécessaire et gigantesque. Princesse Mononoké est donc le genre d'œuvre que l’on n’oublie jamais car elle laisse une trace profonde dans l'esprit de celui qui la voit, donnant le sentiment d'avoir assisté à un spectacle fascinant de beauté, de rage et de noblesse des sentiments. La réflexion qui s'en suit a une portée infinie, tant elle est au cœur de tous ceux qui se sont un jour posé la question de leur place dans le monde et de la responsabilité humaine par rapport à la planète. Princesse Mononoké est donc un des plus grands témoignages culturels modernes du Japon, un film fondamental et merveilleux, l'œuvre d'un authentique génie, Hayao Miyazaki, que je recommande donc fortement a tous ceux qui aiment le merveilleux, la rêverie, l’onirisme propre a ces paysages proposés et tout bonnement exceptionnels, mais aussi, tous ceux qui ne voient pas que de façon manichéenne, ceux qui n’ont pas peur de réfléchir et qui aiment qu’une œuvre, quel quelle soit, soit un peu plus qu’un simple divertissement. Bien évidement, pour ceux là, Princesse Mononoké est fait pour vous. J’avais découvert cette œuvre il y a prêt de dix ans, lors de sa sortie en France et j’en étais presque tombé amoureux. M’étant procuré le DVD a l’époque, cela faisait un certain temps que je n’avais pas eu l’occasion de le revoir mais là, sincèrement (et en VO pour la première fois, c’est toujours mieux), je viens de passer une excellente après midi… c’était presque comme si je le découvrais pour la première fois. En toute franchise, et sans exagérer, Princesse Mononoké est un vrai chef d’œuvre.


Points Positifs :
- Une magnifique fable écologique mais qui ne tombe jamais dans le fascisme vert puisque les deux points de vus, celui de la nature et celui des humains, sont abordés de la même manière avec leur qualités et leurs défauts. Bien sur, il y a une préférence pour le premier mais sans que l’on tombe dans l’excès.
- L’histoire en elle-même est magnifique avec ce héros déchiré entre deux mondes et qui ne souhaite qu’une chose, les réconcilier, cette fille louve indomptable et cette femme qui se moque complètement des anciens dieux et de la nature mais qui s’avère être une vrai mère pour les siens. Bref, ici, nous sommes à des années lumières du manichéisme traditionnel.
- Des personnages charismatiques : que ce soit les trois que je viens de citer ou le simple villageois, que ce soit l’esprit de la forêt ou le chef des sangliers, tous possèdent un petit quelque chose qui les rend attachants.
- Graphiquement, c’est une pure merveille et entre ses décors enchanteurs, ses personnages attachants, ses animaux primordiaux et ses esprits de la forêt, nos yeux ne peuvent qu’être émerveillés.
- Une bande originale à la hauteur de l’œuvre, c’est-à-dire, sublime.
- La poésie indéniable qui se dégage de l’ensemble, certains passages étant tout bonnement enchanteurs.
- Sans nul doute le chef d’œuvre de Miyazaki, qui n’a pas prit une ride, deux décennies plus tard et qui se revoit, encore et encore, sans le moindre problème.

Points Négatifs :
- Si vous êtes totalement allergique au cinéma d’animation ou bien un fasciste vert (bah oui, les humains aussi ont leur place dans cette œuvre), alors, passez votre chemin.

Ma note : 10/10

dimanche 5 septembre 2010

L’HISTOIRE SECRÈTE – L’ÂGE DU VERSEAU


L’HISTOIRE SECRÈTE – L’ÂGE DU VERSEAU

Le 4 avril 1968, le révérend Martin Luther King est assassiné sur le balcon de son motel de Memphis, d'une balle gravée de mystérieux symboles. Habité depuis des années par une mystérieuse âme sombre, le producteur Howard Hugues supervise ce meurtre depuis sa voiture et désigne un coupable à ses sbires, parmi une liste de petits délinquants : James Earl. Au même moment, à San Francisco, l'archonte Reka endosse le rôle de gourou pour la petite bande de hippies parmi lesquels elle vit. Après avoir ingéré une dose démentielle d'acides, elle réussit son voyage quantique et mystique : elle se retrouve spirituellement téléportée dans un des infinis mondes parallèles du « multivers ». Elle émerge dans les ruines du temple de Kor, en 1919, et croise un soldat prénommé Itzak. Son expérience s'arrête là, faute d'énergie. De retour parmi ses hippies, elle a alors une idée lumineuse pour procurer l'énergie nécessaire à un plus long voyage vers Kor, qui semble être un nœud névralgique de l'Histoire. Elle propose d'organiser un gigantesque rassemblement de hippies, une vaste procession de plaisir qui devrait théoriquement lui conférer beaucoup de puissance. Sex, Drug and Rock’n roll : ce sera le concert de Woodstock...


L'Histoire Secrète – L'Âge du Verseau
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 septembre 2010
Nombre de pages : 54

Mon avis : Après une attente pour le moins longuette, le dernier tome, La fin de Camelot, datant de mai dernier, ce fut avec un certain plaisir, mais aussi une certaine crainte que je me suis procuré le tout dernier tome en date de L’Histoire Secrète, L'âge du Verseau. Crainte car bon, comment dire, la première fois que j’ai vu la couverture de cet album, avec Jimmy Hendrix, j’ai eu peur que Jean-Pierre Pécau n’en fasse un agent des Archontes, ce qui, de mon point de vu, aurait été pour le moins absurde. Fort heureusement, il n’en fut rien, comme quoi, il arrive encore au scénariste d’avoir des moments de lucidité ! Mais pour ce qui est de e volume en lui-même, en toute franchise, et sans exagération, je pense, après lecture, que nous avons là l’exemple type du bon tome de cette déjà longue, mais pas si ancienne que ca, saga qu’est L’Histoire Secrète. Ni meilleur, ni pire, que la moyenne, ce dix-neuvième volume comblera d’aise les amateurs du cycle et laissera froid ceux qui n’y ont jamais accroché. Mais pour ce qui est de ceux-ci, s’ils n’ont jamais accroché a L’Histoire Secrète, cela m’étonnerais qu’ils n’aient pas abandonné la partie depuis longtemps. A moins d’être limite maso, cela va de soit. Cependant, sans être totalement extraordinaire, L’Âge du Verseau n’en est pas moins un bon tome, sans réelle surprise, certes, puisque au fil des années, le lecteur est plus que familier avec l’univers du cycle et le modus operandi des auteurs, mais il m’a fait passer un bon moment, et ce fut donc avec plaisir que je me suis replonger dans la suite de la saga. Alors, peut être que le fait qu’il y ait eu un peu plus d’attente que d’habitude entre l’avant dernier volume et celui-ci y ait jouer pour quelque chose mais même sans cela, je pense que je l’aurais apprécier a sa juste valeur. Car des qualités, L’Âge du Verseau n’en manque pas : inutile de revenir sur les dessins, je le fais a chaque fois et si vous êtes fans de Kordey, ceux-ci vous combleront, surtout que cette fois ci, il livre peut-être sa meilleure prestation sur la série. Ensuite, le scénario de Pécau, là, une fois de plus, celui-ci tant a vouloir expliquer le moindre événement de l’histoire de l’humanité par, soit l’intervention des Archontes, soit par le jeu que se livre les diverses forces en présence. Et bien entendu, nous sommes gâtés, presque jusqu'à l’indigestion : l’assassinat de Martin Luther King, le Printemps de Prague, le LSD, le Summer of Love, Woodstock (il ne manquait plus qu’Hendrix agent des Archontes), les liens entre la mafia russe et le Kremlin et on a même droit aux univers parallèles et, après un petit clin d’œil a un certain Indiana Jones, effet de mode oblige, le calendrier des mayas et la fin du monde pour décembre 2012 ! Alors certes, je reconnais que c’est parfois gros a avaler et que cela peut en agacer plus d’un, mais personnellement, ayant accepté la chose depuis belle lurette, et prenant la chose au second degré, disons que cela ne me gène plus vraiment et que, parfois, je trouve certaines idées bien trouvées. Pas toutes, loin de la, mais quand même. Alors, si vous êtes comme moi un mordu des péripéties des Archontes, si vous êtes un incorrigible amateur des « histoires cachés » et des manipulations ou sociétés secrètes en tout genre, si voir la sensuelle Reka au beau milieu des hippies ne vous effraie pas et si vous savez être indulgent envers les délires parfois gros comme une maison du père Pécau, n’hésitez pas une seconde, ce dix neuvième volume de L’Histoire Secrète est fait pour vous. Mais bon, d’un autre coté, si vous avez lu tous les tomes jusqu'à maintenant, c’est que, quelque part, vous êtes légèrement fans sur les bords…


Points Positifs :
- Un album qui renoue avec ce que l’on a put avoir de meilleur depuis que cette longue saga existe : un synopsis plus tassé, tout un tas de bonnes idées et de références parfois étonnantes mais bien choisies ; bref, pour le fan de cette série (oui, il en existe encore), c’est par moments un véritable régal que de lire cet Âge du Verseau.
- Un Jean-Pierre Pécau au sommet de sa forme et qui nous abreuve de références historiques a toutes les pages tout en les liant a son jeu entre Familles. Parfois, ça a du mal a passé, ici, ce n’est pas le cas et même ce qui parait le plus absurde passe plutôt bien.
- Je pense ne pas me tromper en affirmant que rarement Igor Kordey à livrer une aussi bonne prestation sur cette série, peut-être même celle-ci est la meilleure depuis les débuts.
- Rendons a César ce qui lui appartient et donc, a Len O'Grady qui y est pour beaucoup pour ce qui est de la mise en valeur des dessins de Kordey : quelle colorisation superbe !
- Scénaristiquement, il s’en passe des choses et entre la disparition, après nous avoir accompagné depuis si longtemps – Notre-Dame des Ténèbres – de Curtis, et la surprise de découvrir un Itzak, porté disparu depuis la fin de la guerre – Le Crépuscule des Dieux – encore en vie et a Kor, nous sommes gâtés.

Points Négatifs :
- Je pense que le problème avec cette série, c’est principalement son inconstance et, du coup, la méfiance qui s’installe pour les fans qui ne savent jamais a quoi s’en tenir, un mauvais tome pouvant succéder a un autre, plutôt bon. Ici, L’Âge du Verseau est l’un des meilleurs de la série, mais bon, rien ne nous dit que le prochain ne soit nul !?
- C’est quand même par moments fortement exagéré toutes ces références et manipulations historiques ; pour Pécau, tout, absolument tout, est lié aux Ivoires et aux Familles, mais si certaines choses passent, pour d’autres, c’est un peu plus dur à avaler…
- Petit bémol : tout au long de l’album, on nous bassine avec l’été de l’amour et, a en croire ce que l’on lit, celui-ci aurait eu lieu lors du festival géant de Woodstock. Grave erreur messieurs ! Le Summer of Love, c’était en 1967, quant au festival qui en fut son point d’orgue, ce fut celui de Monterey. Qu’on se le dise. Monsieur Pécau, vous nous avez habitués à mieux !

Ma note : 7,5/10

vendredi 3 septembre 2010

FIFA 2010


FIFA 2010

Continuons dans le football (décidément, je ne vais pas me faire que des amis aujourd’hui) mais cette fois ci, sur console, puisqu’il est temps que je vous parle un peu, mais alors un tout petit peu, de la mouture 2010 de FIFA. Bon, inutile de tourner autour du pot puisque tout joueur, quelque soit la console qu’il possède, voir même sur PC, a, un jour ou l’autre, entendu parler, a défaut de jouer, a l’un des nombreux opus de la très fournie gamme de jeux sportifs de chez Electronic Arts. Cette formidable vache a lait de la firme américaine dure depuis plus d’une quinzaine d’années, et depuis le temps, que de générations de « gamers » se sont donc évertués, au fil de moult éditions, a jouer a leur sport favori, de leur salon, ce qui, il faut bien l’avouer, est plutôt confortable.

Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, c’est donc FIFA 2010 qui nous intéresse puisque, accessoirement, le football est mon sport favori depuis belle lurette. Cela, vous l’avez probablement remarquer, a votre grand regret, si vous venez de temps en temps sur ce blog, mais si vous êtes un inconditionnel qui regarde tout depuis le début (euh, s’il y en a un seul, qu’il se manifeste, je serais curieux de voir a quoi il ressemble), vous vous rappelez probablement que ce n’est pas la première fois que je traite d’un FIFA sur le Journal de Feanor, comme on peut le voir sur les liens suivants :
FIFA 2007:
http://feanor-journal.blogspot.com/2010/02/fifa-07-autres-temps-autres-lieux-autre.html
FIFA 99:
http://feanor-journal.blogspot.com/2010/02/fifa-99-que-de-souvenirs-mais-que-de.html
Et donc aujourd’hui, le 2010.

Mais alors, si entre des versions ayant plus de dix ans d’écart, des articles se justifient-ils fort logiquement, peut-on en dire autant entre le 2007 (puisque je le possède) et la dernière mouture en date (avant que la version 2011 ne sorte d’ici quelques semaines), la 2010. Il y eut-il de considérables changements en… trois ans ?

Et bien, pour être tout à fait franc, pas tant que ca en fait. Oh, bien entendu, d’un point de vu graphique, il y a un mieux, incontestablement, mais bon, encore heureux. Mais bon, pas de quoi sauter au plafond non plus puisque, possédant la version PS2, les différences sont mineures (par contre, sur PS3 que j’ai essayé, quelle claque !). Enfin, pour avoir réessayé le FIFA 2007 il y a un peu plus d’une semaine juste pour voir, j’ai put remarquer que les couleurs sont plus réussies et les joueurs mieux faits dans l’ensemble. Sinon, pour le reste, tout ce que j’ai écrit dans la critique du 2007 est valable pour le 2010. Ou presque. Donc, je vous renvoie à celle-ci.

Car pour la énième fois, le principal problème des FIFA n’a pas changer d’un iota ou presque : le manque flagrant des clubs des pays de l’est de l’Europe. Alors oui, miracle, on a droit au championnat russe cette année, ce qui est une bonne chose, mais les autres, tous les autres, quant est ce qu’on les aura ? Quant aura-t-on le droit de pouvoir affronter dans le jeu des équipes comme le Dynamo de Kiev, l’Etoile Rouge de Belgrade, le Dynamo de Zagreb, le Steaua Bucarest, le CSKA Sofia, l’Honved Budapest et tant d’autres ??? Franchement, j’en ai plus qu’assez de ces quatre divisions anglaises si c’est pour se priver d’équipes qui elles ont marqué l’histoire des Coupes d’Europe. Et comme en plus, la possibilité de créer des équipes se limitent à … deux (sic !), et la création de joueurs, tout juste une douzaine, on fait donc contre mauvaise fortune bon cœur et on abandonne…

C’est tout de même dommage parce qu’un d’autre coté, et comme dans FIFA 2007, le fait de pouvoir se lancer dans de monstrueux tournois avec 64 équipes, crées de toute pièces avec ses formations préférées, est toujours aussi prenant (un tournoi remporter il y a quelques jours, je viens a peine de me lancer dans un autre avec un niveau de difficulté plus élevé, ah, le bonheur !). Mais bon, une fois de plus, il manque le petit plus, toujours le même, qui ferait que les FIFA, a mes yeux, seraient tout simplement parfaits. Peut être le prochain j’espère ?