lundi 14 décembre 2009

THE CONSTANT GARDENER

THE CONSTANT GARDENER 

Le diplomate britannique Justin Quayle (Ralph Fiennes) vit au Kenya avec sa femme Tessa (Rachel Weisz), militante altermondialiste. Celle-ci est en relation avec Hippo, une ONG allemande enquêtant sur les pratiques de l'industrie pharmaceutique, et prépare pour elle un rapport sur KDH et ThreeBees, deux entreprises impliqués dans la lutte contre le Sida au Kenya. Un jour, Tessa est retrouvée assassinée dans la brousse avec son collègue Arnold (Hubert Koundé), un humanitaire Noir belge de l'ONG "Médecins de la Terre". Secoué par les rumeurs d'infidélités de sa femme, Justin est poussé à découvrir les circonstances réelles entourant cet assassinat. 

Ma petite rubrique cinéma pourrait se diviser en trois catégories distinctes : les films que je vois sur grand écran (a la base, c’était mon idée de départ), ceux que je découvre par le biais des DVD (cela m’arrive bien plus souvent que d’aller au ciné) et puis les autres, tous les autres, que je connais depuis x années, qu’ils aient été vus une ou un nombre incalculables de fois et que, régulièrement, je prend plaisir à revoir. The Constant Gardener est dans ce dernier cas. Sincèrement, je ne sais même plus combien de fois j’ai bien put voir cet excellant long métrage : une au ciné, deux au moins en DVD avant une énième fois hier soir ? Hum, quatre fois au moins, c’est sur. Mais ce qui est certain aussi, c’est que le plaisir, même s’il est amputé (forcement) de celui de la découverte, est toujours aussi intense, ou presque. Car ne nous leurrons pas, The Constant Gardener (la constance du jardinier, mouais bof, autant garder le titre en anglais), à défaut d’être un grand film, n’en possède pas moins une belle histoire, assez prenante et émouvante, et fort bien sublimée par des acteurs plus qu’inspirés. Je m’aperçois, au fil du temps, et surtout des films où je le vois jouer, que Ralph Fiennes est un sacré bon acteur : j’aime bien son coté à la fois flegmatique et passionné (de temps en temps), voir désespéré par tant de souffrance personnelle dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui (même si, personnellement, son rôle préféré, pour moi, fut celui de l’officier SS sadique dans La liste de Schindler) puisque, sans faire de spoiler, il perd sa femme des les premiers instants du film. Ainsi, l’intrigue de The Constant Gardener, oscillera entre le présent, où l’on voit un mari, détruit par la perte de son épouse, enquêter sur les circonstances de la mort de celle-ci, et, surtout, essayant de retrouver les coupables de celle-ci, et le passé, le temps de la première rencontre, la vie en Afrique, les doutes, les drames… Et les nombreuses interrogations (Tessa était elle fidèle, que mijotait elle donc, que cache la société ThreeBees ?) que l’on peut se poser tout au long de la première partie du film trouveront bien évidement leurs réponses tout au long du développement de l’intrigue, suffisamment captivante du début à la fin. Une intrigue qui plongera le spectateur dans des paysages africains à la fois superbes et misérables (les bidonvilles, l’extrême pauvreté de la population à mettre en opposition avec l’opulence occidentale) qui ne pourront que marquer fortement, mais aussi et surtout, par delà la souffrance d’un homme, ce sont surtout dans les pratiques inavouables entre puissantes sociétés pharmaceutiques, gouvernements occidentaux et la corruption des locaux au détriment de la population que l’on aura à faire (d’ailleurs, l'histoire aurait pour origine des faits réels : des essais pharmaceutiques illégaux au Nigeria ayant entraîné le décès de plusieurs personnes). Ainsi, The Constant Gardener, vous l’avez compris, est un film bien plus profond et qui fait réfléchir, et s’il est parfois sentimental et mélancolique, c’est bel et bien, et avant tout, à une dénonciation du sort du continent africain que le spectateur aura droit. Une Afrique réaliste, sans faux semblants et où l’on se doute que tout cela ne finira pas bien pour le personnage principal, bien trop seul pour changer quoi que ce soit. Un film à la fois révoltant (car l’on sait bien que même romancer, tout ceci à plus ou moins lieu dans le continent noir), triste et parfois superbe (franchement, entre certains plans et la musique, chapeau). Mais un film incontestablement à découvrir pour ceux qui ne le connaissent pas et à revoir, pour les autres qui sont déjà convaincus de ses qualités…

lundi 30 novembre 2009

L’HISTOIRE SECRÈTE – SION


L’HISTOIRE SECRÈTE – SION

Tout commence par une vision d’apocalypse d’Erlin, où celui-ci assiste à la destruction de l’humanité… Etats-Unis, mai 1946, Washington est plongée dans l’obscurité dans la nuit du 13 au 14. A la sortie de la guerre, tout le monde accuse le manque d’entretien des centrales électriques d’être à l’origine de cette gigantesque panne. Mais au même moment, dans une petite maison d’un quartier de Washington, Nimue, femme Navarro, donne naissance à une petite fille prénommée Pandora… Deux ans plus tard, en 1948, en Jordanie, au moment où l’ONU vote la création de l’Etat d’Israël, des soldats israéliens sont attaqués sur la côte de la Mer Morte. Ils ne doivent leur salut qu’à l’intervention du pilote Curtis Hawk et de son avion. Son Messerschmitt touché, il est contraint d’atterrir. Il croise alors la destinée de Joachim, juif ashkénaze, de Dayan, sioniste au service de l’organisation Hagana, et de Reka. L’officier responsable de la mission lui apprend qu’il doit se rendre sur le site archéologique de Qumran. Jérusalem en flammes, Reka lui révèle alors des secrets sur la cité à nouveau divisée, sans pour autant dévoiler son plan secret. Erlin, lui, comprend que si les Archontes ne parviennent pas à s’unir, le monde humain s’autodétruira.


L'Histoire Secrète – Sion
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 23 septembre 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Plus le temps passe et plus le lecteur apprend à apprécier cette série, telle pourrait être la conclusion que je me suis fait après lecture de ce seizième tome de L’Histoire Secrète. Ainsi, après un départ pour le moins brouillon, il est incontestable que, depuis le début du second cycle et malgré un quatorzième opus, Les Veilleurs, qui laissait présager du pire pour ce troisième cycle, la qualité d’ensemble a franchi allègrement un pallier, comme si les auteurs, que cela soit Jean-Pierre Pécau ou Igor Kordey avaient finalement atteint leur vitesse de croisière, maîtrisant tous deux d’une main de maître une œuvre qui, décidément, m’aura fait souvent changer d’avis. Désormais, et Sion le prouve assez bien, tant d’un point de vue du scénario que du dessin, il n’y a rien à jeter, et, à moins de ne pas aimer le style particulier d’Igor Kordey ou d’être allergique à l’habitude qu’à Jean-Pierre Pécau de vouloir expliquer touts les événements de l’histoire par les Cartes, les Familles et les Archontes, le lecteur ne pourra qu’apprécier ce seizième volume, où l’on s’attarde longuement sur les débuts de l’état d’Israël – où Pécau a fort judicieusement mis cote à cote les cotés peu reluisants des deux camps – où des liens entre Jérusalem et la sombre et mystérieuse Kor, déjà entraperçues précédemment, sont une fois de plus évoqués, tandis que Curtis, de son côté, connaît les joies de la paternité mais subie également un drame. Pour ce qui est des Archontes survivants, Erlin fait des cauchemars au sujet de la fin du monde, Reka et Dyo, eux, voient venir la naissance d’une nouvelle Famille, assez inquiétante, le complexe militaro-industriel (tient, tient, quelle bonne idée, cela plaira aux paranoïaques de tous poils, mais aussi à d’autres) et craignent pour leur survie, évoquent la possibilité de s’unir, mais des forces agissant dans l’ombre, les menaçant, on se doute bien que tout ceci ne finira pas très bien pour nos trois derniers Archontes et que les albums suivants pourraient être dramatiques pour eux, maintenant que l’Homme semble de moins en moins prêt a leur obéir aveuglement… Bref, un album réussi de la première à la dernière page et que l’on parcourt d’une traite, se délectant avec plaisir des multiples révélations et autres coups de théâtre tout en attendant qu’une seule et unique chose : la sortie de la suite ! Quand je vous disais que mon opinion au sujet de cette série avait bien changée depuis ses débuts…


Points Positifs :
- Sion est dans la lignée du tome précédant, La Chambre d’Ambre : c’est-à-dire, un excellent tome d’une série qui avait très mal commencée mais qui, au fil des volumes, a sut monter en puissance jusqu’à nous offrir une intrigue de plus en plus maitrisée et intéressante, même si, il faut le reconnaitre, tout n’est pas parfait non plus.
- Encore une fois, Jean-Pierre Pécau jongle avec ses protagonistes habituels, tout un tas de figures historiques et se plait à expliquer le moindre événement historique par le jeu subtil des Archontes et des autres familles…
- Ici, l’intrigue à lieu lors des débuts de l’état d’Israël et de la guerre qui a suivis contre les pays arabes voisins. C’est fort intéressant, surtout si on s’intéresse au sujet (ce qui est mon cas) et Jean-Pierre Pécau fait preuve d’une neutralité absolue dans le traitement de ce dernier, les deux camps étant renvoyés dos a dos pour ce qui est des atrocités.
- Mine de rien, il s’en passe des choses dans ce tome : nouvelles révélations, nouveaux ennemis, nouvelles questions, mort d’un protagoniste important…
- Bigre, une nouvelle Famille : le Complexe Militaro-Industriel !
- Ah, si Igor Kordey pouvait être toujours aussi bon…

Points Négatifs :
- Peut de points vraiment négatifs dans ce seizième tome de L’Histoire Secrète, ou plutôt, disons que la longueur de cette série en est un, surtout que l’on n’a aucune certitude quand a sa fin et que ce n’est jamais bon quand une œuvre s’étire en longueur…
- Pas facile tout de même de s’y retrouver et bien des lecteurs seront perdus ; après, si vous aimez le genre, l’histoire et l’ambiance générale de la série, vous passerez outre mais je comprends parfaitement que certains puissent la détester.

Ma note : 7,5/10

samedi 7 novembre 2009

L’HISTOIRE SECRÈTE – LA CHAMBRE D'AMBRE


L’HISTOIRE SECRÈTE – LA CHAMBRE D'AMBRE

En décembre 1945, dans le ciel nocturne au nord de Nuremberg (secteur soviétique), Curtis Hawk pose un gros porteur sur une piste de fortune. Il s'agit d'une mission non commandée par son armée, la coalition occidentale, pour récupérer des partisans juifs ayant survécu toutes ces années cachés dans l'Allemagne nazie. Menés par un dénommé Kowalski, aguerris et radicaux, les partisans sont extrêmement méfiants, mais Curtis parvient à gagner leur confiance en soignant une de leur avec de la pénicilline. Repérés par les soviétiques, ils parviennent toutefois à redécoller, non sans causer quelques dégâts humains et matériels. Au retour à la base, Hawk est emprisonné pour avoir agi en marge de sa fonction. Pendant ce temps, à l'université de Princeton, le professeur Gödel réussit à ouvrir une porte vers la dimension parallèle de Kor... et la referme aussitôt, épouvanté par ce qu'il y découvre. Tandis que Hawk est libéré par l'archonte Erlin (on n'emprisonne pas un héros de guerre !), l'archonte Dyo apporte inversement son soutien au Kremlin, par l'intermédiaire de Yaponchik. Ce « Vor » (voleur de la mafia russe) assassine le général Patton pour lui dérober un artéfact doté d'une puissance occulte prodigieuse : la mystérieuse chambre d'Ambre...


L'histoire Secrète – La Chambre d'Ambre
Editeur : Delcourt
Scénario : Jean-Pierre Pécau
Dessins : Igor Kordey
Couleurs : Len O'Grady
Couverture : Manchu, Olivier Vatine
Genre : Fantastique, Etrange, Historique, Mondes décalés
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 17 juin 2009
Nombre de pages : 48

Mon avis : Depuis que ce blog existe, il y a de cela bientôt deux ans, on ne peut nier que s’il y a une bande dessinée qui aura tenu le haut du pavé, c’est bel et bien L’Histoire Secrète dont je vous propose ici la critique du quinzième tome. Cependant, s’il y a bien une chose que l’on peut retenir au sujet de cette série, c’est l’alternance entre bons et mauvais volumes et l’impression que, malgré un potentiel de départ intéressant, on est plus du coté du gâchis que du chef d’œuvre absolu. Mais bon, n’ayant pas encore perdu l’espoir, pour le moment, je continus, bon gré mal gré, a suivre cette saga qui, accessoirement, en est déjà a son troisième cycle – voir Les Veilleurs. Cette fois ci, l’on nous annonce 22 volumes, mais en fait, rien ne nous garantie que la série ne continue au-delà, après tout, Jean Pierre Pécau nous a déjà fait le coup à deux reprises : pour le septième et le quatorzième (à la base prévu en tant qu’encyclopédie). Cependant, et histoire de jouer les devins, si l’on observe la date annoncée où se déroulera l’action du vingt deuxième tome, 1986, et le lieu, Tchernobyl, il se pourrait bien que le grand final y ait lieu (avec la disparition des Archontes ?), mais ce ne sont que des suppositions et rien ne dit, après tout, que cela ne continue par la suite ?! Enfin, on verra bien ce qu’il en sera à ce moment là surtout qu’il est grand temps de nous préoccuper de ce quinzième volume, La Chambre d’Ambre. Déjà, un bon point que l’on a put constater depuis quelques albums : la constance d’Igor Kordey qui livre désormais un travail impeccable sur lequel il n’y a rien a redire ; plus le temps passe, plus il se bonifie, comme le bon vin, et sincèrement, moi qui apprécie son style si particulier, c’est franchement agréable – et qu’il est loin le temps de ses brouillons informes dans le premier cycle… Du point de vue du scénario, c’est du Pécau tout craché comme on à l’habitude désormais sur la série : celui-ci poursuit son petit bonhomme de chemin, faisant évoluer l’intrigue à pas d’escargots, multipliant à la fois les protagonistes secondaires, les apparitions de personnalités historiques et quelques petites révélations pour le moins bienvenues (dont l’identité de l’espion à la solde des soviétiques dont Curtis cherchait l’identité dans le douzième tome déjà !). Certes, une fois de plus, l’on ressort de ce nouveau tome avec plus d’interrogations que de solutions aux anciennes énigmes mais cela importe peu, la mayonnaise ayant bien prit cette fois. De plus, le talent de Pécau à lier le moindre événement apparemment mineur de l’Histoire à sa saga éclate encore et l’on retrouve, cette fois ci, pèle mêle, la mort du Général Patton, le mystère de la disparition de la Chambre d’Ambre (qui donna son nom au quinzième tome), les unités juives de l’armée britannique qui cherchaient à se venger des anciens nazis dans l’Allemagne occupée et bien d’autres encore. Une chose est sure, l’on peut ne pas aimer L’Histoire Secrète, mais reconnaissons au moins à Jean-Pierre Pécau le mérite de maîtriser son sujet, au moins du point de vu historique. Bref, La Chambre d’Ambre, s’il n’est pas forcement le meilleur volume de la saga, n’en reste pas moins réussi et possède un scénario plutôt captivant ; l’intrigue continue à se développer, petit à petit, et l’on lit le tout avec un certain plaisir, plus pour suivre la suite des pérégrinations de personnages qui sont devenus, au fil des années, de vieux compagnons de route et aussi, après tout ce temps, par curiosité de savoir ce que tout cela donnera au final.


Points Positifs :
- Comme je le disais dans ma critique, avec L’Histoire Secrète, on alterne entre bons et mauvais tomes, et, ici, force est de constater que nous avons droit a un bon album : intrigue captivante, on retrouve les protagonistes traditionnels qui étaient en vacances dans Les Veilleurs et l’ensemble fourmille de bonnes idées plutôt bien exploitées.
- Encore une fois, c’est les connaissances historiques de Jean-Pierre Pécau sont pour le moins impressionnantes, de même que la façon dont il les utilise pour son scénario ; même si parfois, cela peut embrouiller ce dernier.
- D’ailleurs, sur ce point, je me coucherais moins bête ce soir puisque je dois reconnaître que je n’avais jamais entendu parler de cette mystérieuse Chambre d’Ambre de Catherine II et que, du coup, cela m’a poussé à aller effectuer quelques recherches intéressantes sur le net. Comme quoi, toutes les occasions sont bonnes pour se cultiver un peu.
- Incroyable, Dyo fait enfin son grand retour !
- Encore une fort belle couverture.

Points Négatifs :
- Par moments, c’est tout de même un peu tiré par les cheveux tout cela et si les multiples références historiques de Pécau sont appréciables voir pertinentes, tout ne fonctionne pas, surtout quand on se tape des dialogues sans fin afin que le scénariste puisse placer toutes ses explications.
- De plus, après tant de tomes décevants depuis le début, je pense que beaucoup de lecteurs ont abandonné cette série depuis longtemps, surtout que celle-ci s’éternise en longueur…

Ma note : 7/10

vendredi 30 octobre 2009

NEED FOR SPEED III: HOT PURSUIT


NEED FOR SPEED III: HOT PURSUIT

Need for Speed 3 : Hot Pursuit est un jeu de courses de voitures sur Playstation. Le soft offre un sentiment de vitesse grisant, de beaux graphismes, et de pur plaisir de conduite. Dans le mode Classique, il y a une douzaine de super-voitures ayant chacune des qualités différentes à montrer. Alors montez dans votre Ferrari ou autre Lamborghini et faites chauffer le moteur.

Celui-là, il fallait que je vous en parle un jour ou l’autre tant il occupe depuis longtemps une place particulière dans mon cœur. Tout commença il y a une dizaines d’années, un ami m’avait prêté, comme je ne partais pas en vacances et que je ne travaillais pas à ce moment là, pour le mois d’août, sa Playstation avec trois jeux : Gran Turismo, Fifa 97 et donc, ce Need For Speed III. A l’époque, je n’avais pour console qu’une vieille Megadrive que je ne touchais guère plus et une autre, vestige des années 80 dont je ne serais même pas capable de vous donner le nom. Mon ami de l’époque (car la vie étant ce qu’elle est, parfois, on perd les gens de vue : a ce point, j’attends toujours qu’il repasse avec une K7 vidéo pour que je lui enregistre je ne sais plus quoi ; Carlos, si tu me lis…) ne cessait de me venter Gran Turismo, la révolution de l’année 98, mais personnellement, vu le peu d’attrait que j’ai toujours eu pour les jeux de voitures, Fifa m’intéressa largement plus. Mais, curieusement, ce fut Need For Speed qui remporta les suffrages de ces quelques semaines, me faisant passer un superbe mois d’août et me convainquant, quelques mois plus tard, à me procurer une Playstation et à me plonger dans plusieurs années consacrées aux jeux vidéos.

Mais comment quelqu’un comme moi, allergique aux jeux de voitures, ait put être attirer parce qu’il faut bien appeler un jeu de course automobile ? En fait, pour des raisons qui font que Need For Speed est tout sauf un simple jeu de course, bien au contraire. Certes, a la base, il est bien question de, au volant de superbes voitures comme des Ferrari, des Lamborghini ou des Corvettes, batailler ferme contre des adversaires dirigées par la console, ou des amis, dans des circuits plus ou moins convenus. Mais justement, lorsque l’on parle de ceux-ci, comment ne pas s’extasier devant certains comme le parcours endiablé en montagne ou mon préféré, dans une espèce de Grand Canyon ? Tout simplement superbe, de part les décors (pour l’époque, une révolution) mais aussi par leur difficulté. Ah, que de souvenirs de parties endiablées a batailler ferme pour essayer de remporter des courses ou la moindre erreur dans le dernier virage pouvait être fatale. Un must, tout simplement. Mais ce qui a fait la légende de la série des Need For Speed, c’est bien entendu le mode poursuite, où cette fois ci, plutôt que de faire simplement une course, il faut échapper aux forces de l’ordre dans des poursuites endiablées et jouissives, un peu comme dans bon nombre de films ou séries américaines. Un véritable régal qui a sut séduire en son temps bon nombre de joueurs et que, sincèrement, je n’ai jamais retrouvé par ailleurs.

Voilà donc pourquoi, une dizaine d’années après sa sortie, Need For Speed III reste à mes yeux mon jeu de course préféré et l’un des tous meilleurs, tous genres confondus. Un jeu que j’ai eu le plaisir de réessayer hier soir, pendant quelques heures et qui, encore maintenant, me procure toujours autant de plaisir.

dimanche 30 août 2009

BABEL


BABEL

En plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d'événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d'un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d'isolement et de douleur...

Ah, quel dommage que j’ai été si fatigué ses derniers jours, au point, alors que je regardais ce magnifique film qu’est Babel hier soir, je me sois lamentablement endormi à un moment donné et ait eu le plus grand mal à suivre la fin. Pourtant, cette œuvre du réalisateur Alejandro González Iñárritu, que je ne connaissais pas le moins du monde mais dont ma femme me dit le plus grand bien, ne méritait pas que je tombe dans les bras de Morphée, bien au contraire, mais bon, que voulez vous, si cela m’est arrivé, ce n’est sûrement pas en raison de la médiocrité du film, loin de là mais tout simplement parce que à un moment donné, le corps ne suit plus. Pourtant, j’ai lutté, car incontestablement Babel méritait de repousser le sommeil de toutes mes forces.

Il existe plusieurs catégories de films, mais en gros, on pourrait, après moult regroupements et simplifications, en choisir deux : ceux au scénario simple et grand public, et les autres, plus compliqués et soit disant réservés a une élite. L’un comme l’autre est faux, après tout, dans les premiers, il existe d’excellentes œuvres, voir de véritables monuments du cinéma alors que dans la seconde catégorie, sous couvert de ce que les bobos appelleront l’Art, l’on trouve parfois d’indicibles horreurs irregardables, voir carrément de belles bouses. Quant à cette histoire d’élites et de beaufs, sincèrement, c’est ridicule : si les deux genres sont réels, l’ont peut parfaitement aimer la filmographie de Bergman et rigoler devant Fantomas. Bref, tout ceci pour vous dire que Babel, malgré la présence accrocheuse d’un Brad Pitt et d’une Cate Blanchett, les deux plutôt synonymes de grosses productions américaines, rentre plutôt dans la deuxième catégorie citée plus haut, de part la complexité de son scénario, mais que ceux qui en temps ordinaire, n’aiment pas trop réfléchir devant un film, feraient mieux de réfléchir à deux fois et de ne pas se passer d’un excellant moment. Mais bon, je plaide dans le désert et j’en suis conscient : les amateurs de bourrinages tout azimut n’apprécieront pas Babel et l’on n’y changera rien.

Enfin, je parle, je parle, de tout et de rien, mais pas du film, alors que bon, c’est tout de même le sujet de cet article à la base ! Franchement, comme dit en préambule, si je ne connaissais pas du tout Alejandro González Iñárritu jusqu’à hier soir, sincèrement, il va falloir que je me plonge dans sa filmographie car, au vu de cet excellent Babel, je serais curieux de voir ce que valent ses précédentes œuvres qui, en l’apprenant en farfouillant sur le net, semblent toutes construites sur le même procédé : des individus réunis par le destin a la suite d’un événement, véritable nœud gordien de l’intrigue. Dans Babel, l’élément déclencheur, c’est une simple balle, tirée par un petit berger marocain par vantardise qui va lier, aussi incroyable que cela puisse paraître, son sort et celui de sa famille, mais aussi celui d’un couple de touristes américains, d’une nounou mexicaine se rendant au mariage de son fils en compagnie des deux enfants dont elle à la garde et, pour finir, d’une jeune japonaise sourde muette, visiblement perturbée après la mort de sa mère et dont les relations avec les autres ne sont pas simples. Et c’est là qu’est tout le génie de ce film : ces différentes histoires, qui a priori, n’ont pas grand-chose a voir (franchement, bien malin celui qui devinera ce que la jeune japonaise à a voir avec le reste) entre elles vont se mêler, au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue jusqu’au dénouement final, ou plutôt devrais je dire, les dénouements, car malgré le fait qu’un lien existe entre les quatre récits, ceux-ci gardent toujours leurs particularités et leur fil conducteur. A la fois dramatiques, sombres et pessimistes, ces quatre récits, indépendants et liés, sauront transporter le spectateur dans une œuvre franchement réussie et captivante, qui restera longtemps dans les annales, et qui fait de Babel, un superbe film à voir absolument. Dommage que le sommeil…

jeudi 20 août 2009

LE FLEUVE DE L’ÉTERNITÉ : LE NOIR DESSEIN


LE FLEUVE DE L’ÉTERNITÉ : LE NOIR DESSEIN

Long de trente millions de kilomètres, le Fleuve de l'éternité serpente sur une planète qui semble avoir été spécialement conçue pour accueillir les quarante milliards d'humains - célèbres ou obscurs - tous ressuscités aujourd'hui. Qui les a fait revivre et dans quel dessein ? Des esprits curieux s'interrogent, notamment Ulysse, Mark Twain, Cyrano de Bergerac... Apparaît alors à quelques-uns des ressuscités un mystérieux inconnu. Selon lui, la clé de l'énigme se trouve dans une tour géante, au pôle Nord. C'est là que les maîtres de la planète préparent leur effrayant projet... Décidés, intrépides, les hommes partent à l'assaut de la tour, remontant le fleuve sans fin. Parviendront-ils à empêcher la mise en oeuvre du noir dessein ?

Attention ! Que tous ceux qui, dans le Bateau fabuleux, avaient été surpris par la multiplication des intrigues et l’arrivée massive de nouveaux protagonistes venus remplacés les anciens se préparent car une fois de plus, Farmer complexifie son intrigue et c’est donc à une véritable avalanche de nouvelles tètes et d’histoires secondaires liées à celles ci que le lecteur fera face. Au point que, bien souvent, la trame narrative s’écarte du fil principal pour se perdre, parfois, dans des sujets un peu trop éloignés du départ, ce qui, indéniablement, pourrait en rebuter certains, attirés par le postulat de base du cycle, mais qui, a force de voir de nouveaux personnages faire leur apparition et reléguer dans un quasi anonymat les anciens, pourraient commencer à avoir un certain sentiment de lassitude. Surtout que, pour ce qui est des réponses aux questions posées depuis les toutes premières lignes du début de la saga, il faut avouer que ce troisième tome n’apporte guère d’éclaircissements (mais pour cela, il faut attendre le final, forcement) ; au contraire, si certaines petites avancées dans la résolutions de quelques énigmes mineures ont lieux, de nouveaux mystères font leurs apparitions (comme par exemple le fait que les résurrections n’aient plus lieux) et l’on ressort au final avec davantage de questions que de solutions à ces diverses énigmes. Bref, vous l’aurez compris, le Noir dessein, troisième tome du Fleuve de l’éternité, est un petit pavé qui complexifie l’intrigue de façon peu commune entre ces nouveaux personnages, le retour des anciens, les rebondissements littéralement inattendus qui laissent pantois le lecteur, et de nombreuses digressions et de longs passages qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec l’histoire principal.

Alors, est ce que tout cela signifierait que le Noir dessein marque un coup d’arrêt dans la qualité intréseque de la saga ? Franchement, à mes yeux, ce n’est pas mon avis. Certes, je conçois que de nombreux lecteurs pourront trouver lassant toutes ces multiplications de protagonistes a n’en plus finir et d’histoires secondaires, surtout que, du coup, l’on n’avance pas des masses dans l’intrigue principal. Cependant, passé un petit tant d’adaptation dans le tome deux, où Clemens remplaçait Burton comme tète d’affiche, ce fut donc le tout naturellement du monde que je ne fut pas surpris de voir arriver de nouveaux personnages principaux, et ce, en grand nombre d’ailleurs (a ce propos, de mémoire, j’ai rarement lu une œuvre comportant autant de ce que l’on pourrait qualifier de « héros », ou de protagonistes principaux, si l’on préfère ce terme a l’autre, plus manichéen). Et qui dit nouvelles tètes, dit forcement nouvelles intrigues, nouveaux buts, nouvelles idées pour essayer de parvenir a cette fameuse et mystérieuse Tour Noire (désormais, c’est par la voie des airs, par le biais d’un dirigeable que certains vont se lancer dans ce voyage digne des Argonautes). Et c’est là qu’a mon avis, s’opère une sélection parmi les lecteurs de la saga : soit l’on accepte cela et l’on accroche, soit l’on commence à trouver que l’on tourne un peu trop en rond et l’on commence à trouver toute la chose fort lassante, ce qui est dommage mais fort possible… Personnellement, donc, je fais parti de la première catégorie et donc, forcement, mon avis sur la saga n’a pas changé d’un iota au bout de trois tomes : l’œuvre est culte !

Alors, comme dans ma précédente critique du tome précédant, tout n’est pas parfait et l’on retrouve certaines imperfections déjà entraperçues auparavant dans ce Noir Dessein : quelques lapsus de l’auteur, certains événements trop vites expédiés alors qu’ils méritaient que l’on s’y attarde davantage alors que, contrairement, d’autres sont un peu longs. Mais tout ceci n’entache en rien l’excellente qualité du cycle, que l’on peut qualifier sans exagération de chef d’œuvre absolu dans la production de Farmer. D’ailleurs, ce qui me gène le plus dans tout ceci est d’un tout autre ordre et est plus lié a l’égocentrisme habituel du peuple américain qui ont un peu trop l’habitude de ne voir que par leur trop courte Histoire personnelle, un peu comme si le reste du monde était négligeable. Alors certes, des personnages comme Burton ou Cyrano de Bergerac (qui prend ici toute son ampleur, enfin !) sont là, mais parmi les protagonistes principaux, combien de citoyens américains ou nord américains ? Clemens, Jack London, Firebass, un cow boy, un trappeur, Frigate et bien autres sont un peu trop omniprésents, a mon goût, alors que, en étant objectif une minute, l’on se rend compte que la très longue Histoire de l’Humanité aurait put nous proposer une flopé de protagonistes autrement plus intéressants qu’un homme des bois canadien ou qu’un acteur de western du début du siècle. Ce petit défaut, propre à bon nombres d’œuvres nord américaines n’enlève rien à la qualité du cycle de Farmer, mais me laisse, néanmoins, un petit goût amer…

Enfin, malgré ces quelques petits défauts sans grande conséquences, le lecteur pourra se rattraper en se passionnant pour une intrigue, certes de plus en plus complexe mais toujours aussi bonne, et sera heureux d’apprendre que Burton et ses compagnons seront de retour et que Clemens et les siens, désormais séparés, seront toujours présents. Entre eux et les petits nouveaux, bien nombreux, l’équilibre n’est pas toujours respecté mais pour ce qui est des rebondissements et des moments de bravoure, soyez rassurez car ils seront légions. De plus, que le lecteur se prépare à sortir son mouchoir car de premiers drames vont faire leurs apparitions (alors que désormais, apparemment, nul ne peut plus renaître à la vie ?!). Alors, entre intrigues multiples mais qui s’emboîtent finalement diablement bien, des coups de théâtres en tout genres, des trahisons, des rencontres assez « chaudes » et une intrigue qui monte, certes lentement mais sûrement, le lecteur ne restera pas insensible au charme de cette saga, qui voit, avec ce troisième tome, l’annonce d’alléchantes et futures révélations tant attendues. Et pour ceux qui aiment les moments épiques, qu’ils relisent donc l’arriver du dirigeable à la Tour Noire et les événements qui s’ensuivent, ou bien, l’action commando de Cyrano dans le navire du Prince Jean : deux points d’orgue d’un tome riche, complexe et qui fait honneur à la série et qui ne donne qu’une seule et unique envie, de s’attaquer le plus rapidement possible à la suite, afin que les mystères du Monde du fleuve nous soient enfin dévoilés…

LE FLEUVE DE L’ÉTERNITÉ : LE BATEAU FABULEUX


LE FLEUVE DE L’ÉTERNITÉ : LE BATEAU FABULEUX

Vous souvenez-vous de ce fleuve immense sillonnant une planète inconnue ? Sur ses rives se sont retrouvés des milliards d'humains ressuscités. Et parmi eux, il y a des "noms" : Cyrano de Bergerac, Tom Mix, Ulysse, Hermann Goering, Mark Twain... Bref, des gens dynamiques, désireux de comprendre et d'agir. Alors Mark Twain (qui n'a pas oublié son cher Mississippi) décide de construire un navire pour remonter aux sources du fleuve. Il serait tout à la joie de la folle entreprise si sa femme ne le chagrinait : elle s'est éprise de Cyrano ! Autre ennui : Goering, devenu un non-violent, s'oppose à l'aventure... Mark Twain est têtu et le bateau fabuleux sera achevé. Pour voguer sur quelles eaux tumultueuses et maléfiques ?

Le premier volume du Fleuve de l’éternité s’était achevé alors que Richard Burton et ses compagnons se préparaient, une fois encore et après maintes péripéties, a partir en quête de la mystérieuse Tour noire, ce monument semi légendaire où vivraient les responsables de la résurrection générale de l’humanité toute entière sur le monde du fleuve, les non moins étranges Ethiques. Ainsi, après avoir suivi Burton, Alice, Frigate et les autres dans leur exploration de cette planète, ou, plus précisément, de ce long et sinueux fleuve sur les rives duquel, l’Homme commençait, au fil des années, a bâtir de nouvelles nations et, bien trop souvent, a retomber dans ses travers, je m’attendais à les retrouver dans ce deuxième tome. Ainsi, tel ne fut pas ma surprise (et je dois reconnaître que je ne m’y attendais pas le moins du monde) en constatant assez rapidement que ceux-ci seraient tout simplement absents dans ce volume, a part, pour Burton, quelques allusions lointaines. Alors certes, je savais pertinemment que de nouveaux personnages allaient faire leur grande entrée dans le récit, mais au point de bouter dehors les « héros » auxquels l’ont s’était attaché, je dois avouer que cela m’a causer un léger choc (et ce, même si je me doutais bien que ceux-ci reviendraient tôt ou tard dans le cycle). Quoi qu’il en soit, ce simple constat signifiait bel et bien deux choses : nombreux seront les protagonistes de cette œuvre et, surtout, malgré les préférences de untel sur un autre, mieux vaut se préparer a se passer de ses « poulains » pendant de longs moments, en commencent par ce tome deux du cycle, qui en est le parfait exemple.

Après ce petit préambule, rentrons donc dans le vif du sujet et intéressons nous donc à ce fameux Bateau fabuleux. Car une fois l’effet de surprise passé et après avoir compris que l’on ne verras pas une seule seconde Burton et ses compagnons tout au long du deuxième tome, l’on finit, au bout d’une période d’adaptation plus ou moins longue suivant le lecteur (le temps de se faire aux nouveaux protagonistes et a l’intrigue principale), irrémédiablement, par retrouver les grandes trames du cycle du Fleuve de l’éternité et en particulier les grandes questions que tout a chacun se posent : mais pourquoi une telle résurrection, comment et dans quel but, qui sont ces mystérieux Ethiques, comment accéder à cette mystérieuse Tour noire et, quel sera le sort de l’humanité ? Car nombreux sont ceux qui se posent ces questions et, parmi eux, un certain Sam Clemens (alias Mark Twain), un autre « contacté », comme Burton, par le mystérieux inconnu, le soit disant rebelle des Ethiques. Et alors que l’on aurait put s’attendre, comme dans le premier volume, a une succession de voyages au court du fleuve (c’était un peu ce à quoi je m’attendais), l’on se rend assez rapidement compte qu’en fait que Farmer nous entraîne tout au long du récit, dans la description de toute la mise en place nécessaire à la construction de ce fameux bateau fabuleux. Et là, tout y passe : création d’un Etat, enjeux politiques internes et relations avec les voisins, quelles soient houleuses ou amicales, trahisons et manœuvres politiques diverses, commerce, logistique, longs descriptifs de l’industrie et des moyens nécessaires à l’accomplissement du but ultime de ce deuxième tome : la construction du plus grand bateau à aubes de l’Histoire, qui permettra à Clemens et ses compagnons, de partir en quête de la Tour noire. Du coup, l’on se retrouve, tout en étant dans le même univers et que les objectifs n’ont pas changés d’un iota (oui, il s’agit bien d’une suite), avec un récit bien différent que dans le Monde du fleuve, peut être moins romanesque mais tout autant passionnant et captivant. Alors oui, l’action est moins présente (mais non absente, rassurez vous), et ce, au détriment de la psychologie des personnages, mais la force de Farmer, est de maintenir le niveau de qualité de l’œuvre et l’intérêt du lecteur pour celle-ci à un haut degré, et ce, malgré tant de changements.

L’on avait aimé la bravoure de Burton ? On se passionnera pour ce raleur de Clemens, a la personnalité bien trouble, parfois peu reluisante et jusqu’au boutiste. L’on avait aimé les voyages du premier tome ? La gérance d’un Etat et ses relations avec ses voisins nous passionnerons. L’on avait aimé la présence d’un homme de neanderthal et d’un extraterrestre dans le premier tome ? Les protagonistes de la suite seront plus conventionnels, si l’on fait abstraction du peu conventionnel « géant préhistorique », l’attachant Joe Miller, mais tout autant, voir plus charismatiques : n’est ce pas Cyrano de Bergerac, Jean sans Terre ou Eric la Hache, pour ne citer que trois exemples parmi une foule de petits nouveaux tout autant indispensables que captivants. Et, bien sur, on avait adoré tous les mystères entourant la résurrection de l’humanité, le sort à plus moins longue échéance de celle ci et les Ethiques ? Rassurez vous, ceux-ci sont toujours présents et s’en trouvent mêmes sublimés car plus l’on avance dans l’œuvre, plus de nouveaux indices nous sont donnés, plus nos certitudes et nos hypothèses volent en éclat, car, alors que les dernières pages de ce Bateau fabuleux s’achèvent, une chose est certaine, la route sera encore longue pour nos protagonistes et bien malin sera celui qui peut prétendre connaître la solution de toutes les énigmes, qui ne cessent de croîtrent…

Bref, un deuxième tome a la fois différent mais tout aussi passionnant que son prédécesseur, qui réussit à se renouveler tout en maintenant la qualité du cycle et qui donne envie de se plonger dans la suite. Malheureusement, malgré tous les louanges déjas cités, je ne peux passer sous silence quelques incohérences, dues la plupart du temps à des oublies, un peu trop nombreuse à mon goût qui ne remettent pas en cause la cohésion du récit mais qui peuvent parfois apparaître gênantes au lecteur. Enfin, malgré celles-ci, le Bateau fabuleux vient confirmer ce que son prédécesseur promettait : le Fleuve de l’éternité est un excellant cycle. Puisse la suite être du même acabit.

dimanche 26 juillet 2009

SLUMDOG MILLIONAIRE


SLUMDOG MILLIONAIRE

Jamal Malik, 18 ans, orphelin vivant dans les taudis de Mumbai, est sur le point de remporter la somme colossale de 20 millions de roupies lors de la version indienne de l'émission Qui veut gagner des millions ? Il n'est plus qu'à une question de la victoire lorsque la police l'arrête sur un soupçon de tricherie. Sommé de justifier ses bonnes réponses, Jamal explique d'où lui viennent ses connaissances et raconte sa vie dans la rue, ses histoires de famille et même celle de cette fille dont il est tombé amoureux et qu'il a perdue. Mais comment ce jeune homme est-il parvenu en finale d'une émission de télévision ? La réponse ne fait pas partie du jeu, mais elle est passionnante.

A moins d’avoir vécu, depuis le début de l’année sur une île déserte, il aura difficile de ne pas avoir entendu parler, au moins une fois (mais je pense ne pas me tromper que c’est plus qu’une fois) d’un certain film, Slumdog Millionaire, se déroulant en Inde, avec des acteurs indiens mais réaliser par des occidentaux, qui parle d’un type des bidonvilles qui participe au Qui veut gagner des millions local (a ce point, mon Dieu, c’est horrible de constater a quel point la mondialisation tue toute culture : où que l’on aille, on retrouve les mêmes émissions débiles, avec le même concept, les mêmes décors où seul le présentateur et la langue changent, bref, une horreur !) et qui, on s’en doute bien, finira par l’emporter (même si, une fois plongé dans le film, on perd légèrement nos certitudes…) et par partir avec la jolie fille de l’histoire, car tout film qui se respecte, qu’il soit bon ou mauvais, possède sa « jolie fille » (ici Freida Pinto), sauf, bien évidement, Laurence d’Arabie (ce qui ne l’empêche pas d’être excellant au demeurant…). Et comme l’on est à Bollywood (ou du moins, on s’en inspire), tout devra finir par une danse endiablée, sinon, cela ne ferait pas assez exotique et, franchement, cela serait tout de même dommage : un film avec des indiens, il faut bien que ça danse un peu, non ?

Bon, je caricature un peu la chose et j’exagère très légèrement une ou deux petites choses mais en gros, voilà ce qu’est Slumdog Millionaire, ce film sorti de nulle part et ultra récompensé aux Oscars (8 statuettes, pas mal non ???), où, tout du moins, ce que le grand public, dans sa très grande majorité aura retenu du film. Bien évidemment, celui-ci est un petit peu plus intéressant que cela, et si, lors des premières minutes, je me demandais vraiment pourquoi tant de bruit avait été fait autour de ce film, assez rapidement, je changeais d’avis pour me passionner par une histoire assez simpliste mais bigrement passionnante, oscillant entre des scènes du jeu a proprement parler, celles de l’interrogatoire, assez musclées, et les très nombreux et de plus en plus captivants flash-back qui nous narrent la vie du héros du jours, Jamal, de son voyou de frère et de la belle (car il faut bien une belle, non ?). Alors oui, Slumdog Millionaire est un bon film, incontestablement, mais pas non plus le gros truc auquel huit récompenses aux oscars auraient put laisser présager. Mais bon, tant pis dans le fond, on n’y passe de très bons moments et l’on ne s’ennuie pas une seule seconde. Certains trouveront peut être la chose un peu trop gnan-gnan, mais bon, rien que pour le jeu des enfants (qui ne sont pas des acteurs, faut il le rappeler) et pour une histoire sympathique, laissez vous tenter par ce Slumdog Millionaire diablement excitant et puis, un jour, qui sait, n’hésitez pas a franchir le pas et a regarder la véritable production locale ; vous verrez qu’elle vaut également le coup…

samedi 4 juillet 2009

ZUMA


ZUMA

Neil Young (1975)

1-Don't Cry No Tears - 2:34
2-Danger Bird - 6:54
3-Pardon My Heart - 3:49
4-Lookin' For a Love - 3:17
5-Barstool Blues - 3:02
6-Stupid Girl - 3:13
7-Drive Back - 3:32
8-Cortez the Killer - 7:29
9-Through My Sails - 2:41

Un petit bon en avant dans la discographie pléthorique de Neil Young avec ce huitième album, Zuma, paru en 1975, après une période assez sombre dans la vie du loner. Avant de rentrer dans le vif du sujet, une petite explication s’impose sur le fait que je ne vous propose pas les critiques dans l’ordre de leurs parutions : comme pour un roman que je lie ou un film que je regarde, celles-ci sont faites plus ou moins au moment où je les écoute (ou, dans le cas d’un disque, réécoute serait plus juste, mais bon, passons). D’où ce petit bon en avant jusqu'à Zuma, et l’impasse sur des albums majeurs comme Harvest ou Tonight's the Night. Cette justification ne se justifiait peut être pas mais bon, c’est fait.

Assez curieusement, depuis plus d’une douzaine d’années que je connais ce disque, Zuma m’a toujours laisser une impression mitigée, comme si je n’arrivais pas, même au bout de tant d’écoutes, a me faire une opinion bien précise de cet album. D’un coté, je reconnais que celui-ci est assez bon, comportant des titres assez réussis, dont certains inoubliables, comme par exemple Drive Back ou Cortez the Killer, mais, personnellement, je ne suis jamais très motivé a l’écouter, hésitant toujours fort longuement a mettre le CD dans le lecteur, comme si celui-ci allait me mordre. Où, plus sérieusement, comme si ce disque était trop moyen pour mériter une écoute attentive. Alors qu’il n’en est rien. Zuma, même si ce n’est pas un disque extraordinaire, il faut bien le reconnaître, vaut largement le détour, composé de bons titres, assez rocks, au son assez brut, assez différent de ses prédécesseurs mais qui, malgré mes éternels doutes, s’écoute assez bien. Curieusement, je ressens les mêmes choses pour la chanson phare de l’album : le fabuleux Cortez the Killer. A chaque fois, pendant des mois, je vais me dire que finalement, ce titre n’est pas si génial que ça et puis, finalement, lorsque je l’écoute, et que la longue intro débute et se prolonge langoureusement, je change instantanément d’avis et je ne peut que me dire : quel putain de bonne chanson !

Au final, je sais pertinemment que Zuma ne sera jamais mon disque préféré, mais, néanmoins, il recèle bon nombre de titres de qualités et son écoute se révèle assez agréable. Neil Young, moins dépressif que sur Tonight's the Night (mais celui-là, je l’adore, d’où mon manque d’objectivité probablement) apparaît toujours aussi en forme pour notre plus grand plaisir, et puis, il y a ce tueur de Cortez, et rien que pour ce titre, le disque vaut le déplacement. Par contre, quel dommage que la jaquette soit si moche…

lundi 29 juin 2009

AFTER THE GOLD RUSH


AFTER THE GOLD RUSH

Neil Young (1970)

1-Tell Me Why - 2:54
2-After the Gold Rush - 3:45
3-Only Love Can Break Your Heart - 3:05
4-Southern Man - 5:41
5-Till The Morning Comes - 1:17
6-Oh, Lonesome Me (Don Gibson)- 3:47
7-Don't Let It Bring You Down - 2:56
8-Birds - 2:34
9-When You Dance I Can Really Love - 3:44
10-I Believe in You - 2:24
11-Cripple Creek Ferry - 1:34

Sacré Neil Young, toujours, malgré le temps qui passe et qui ne semble pas avoir de prise sur lui, a su rester fidèle à sa légende, celle d’un vieux baroudeur solitaire, alternant les divers styles musicaux avec autant de talent, que cela soit en solo, ou avec les divers groupes dont il s’est entouré au cours d’une longue et fructueuse carrière ; Crazy Horse bien sur, compagnons fidèles, mais aussi Crosby, Stills & Nash voir Pearl Jam, en 1995. Bien évidemment, ceux qui suivent ce blog depuis un certain temps auront compris que je suis fan du loner, une petite passion qui dure depuis une quinzaine d’années déjà et dont je ne me lasse pas, comme cet After the gold rush, troisième album du canadien et véritable petit bijou dont je vous parle aujourd’hui.

Tout d’abord, à l’époque ou sorti cet album, il est amusant de rappeler que Young était engagé auprès de son vieux compère, Stephen Stills dans le super groupe CSN&Y (le Y s’étant logiquement ajouté), tout en ayant souhaité conservé son indépendance (on ne se refait pas lorsque l’on est un solitaire) afin de pouvoir poursuivre une carrière solo qui s’annonçait plus que prometteuse mais également (et surtout), pour ne pas tomber dans le piège d’appartenir à un groupe dont il ne serait que l’un des membres. A l’époque, en 1969, 1970, cela aurait put paraître être un pari osé, cependant, très rapidement, l’avenir donnera raison à Young qui poursuivra son envol tandis que ses « collègues » resteront sur le bas coté… Et justement, After the gold rush sorti au même moment que Déjà Vu, nous montre que le Loner avait bien vu son coup. En effet, si dans l’album de CSN&Y, il était évidant que Young était au-dessus du lot, avec ce troisième LP, c’est encore plus flagrant ; a croire qu’il gardait ses meilleures productions pour lui (ce dont il n’avait pas forcement tord au vu du résultat).

Car After the gold rush est incontestablement un excellent album, riche, complet, pourvu de très bons titres où l’on retrouve un Neil Young en grande forme, que cela soit sur des chansons qui tendent vers la country, le rock, voir même la pop comme le décallé When You Dance I Can Really Love qui me donne toujours, a chaque fois que je l’écoute, une folle envie de danser (moi qui suis un gros navet question danse). Et si, dans un registre différent, des titres comme Tell Me Why, After the Gold Rush ou I Believe in You sont parmis mes préférés de l’album, il est incontestable que le grand moment de celui-ci est le fantastique et rageur Southern Man, véritable brûlot contre le sud profond, l’esclavage et la ségrégation qui est tout bonnement, a mon avis, l’un des rocks les plus réussis de l’Histoire de la musique, un vrai chef d’œuvre. Bref, vous l’avez compris, pour son troisième essai, Neil Young nous offre là un sans faute quasi parfait, que tout amateur de rock se doit d’écouter, au moins une fois dans sa vie.