lundi 7 juin 2021

COSMO'S FACTORY


COSMO'S FACTORY

Creedence Clearwater Revival

1 - Ramble Tamble (John Fogerty) 7:10
2 - Before You Accuse Me (Bo Diddley) 3:27
3 - Travelin' Band (John Fogerty) 2:07
4 - Ooby Dooby (Wade L. Moore, Richard A. Penner) 2:07
5 - Lookin' out My Back Door (Johnny Burke, James Van Heusen) 2:35
6 - Run Through the Jungle (John Fogerty) 3:10
7 - Up Around the Bend (John Fogerty) 2:42
8 - My Baby Left Me (Arthur Crudup) 2:19
9 - Who'll Stop the Rain (John Fogerty) 2:29
10 - I Heard It Through the Grapevine (Barrett Strong, Norman Whitfield) 11:07
11 - Long as I Can See the Light (John Fogerty) 3:33


Cosmo's Factory
Musicien : Creedence Clearwater Revival
Parution : 16 juillet 1970
Enregistré : 1969-1970
Durée : 42:28
Genre : Rock, Blues
Producteur : John Fogerty
Label : Fantasy Records

Musiciens :
John Fogerty : guitare soliste, piano, saxophone, harmonica, chant
Tom Fogerty : guitare rythmique
Doug Clifford : batterie
Stu Cook : guitare basse

Mon avis : Avant d’aller plus loin, c’est-à-dire, dans la critique de Cosmo’s Factory, cinquième album des Creedence Clearwater Revival, il me faut reconnaitre que, aussi incroyable que la chose puisse paraitre, si je connais bien évidement ce monumental groupe de la pop musique nord américaine du tournant des années 70, ce n’est que très récemment, et donc, avec cet opus, qu’enfin, j’ai eu l’opportunité de me lancer dans la découverte a proprement parler du quatuor. Incroyable ?! Certes, surtout qu’outre le fait que je connaissais le groupe de John Fogerty depuis des décennies sans parler de leurs plus grandes chansons, jamais je n’avais osé franchir le pas, repoussant sans cesse l’achat de l’un de leurs albums. Mais bon, comme dirait l’autre, mieux vaut tard que jamais et par ailleurs, débuter par Cosmo’s Factory, l’un de leurs meilleurs albums si ce n’est le meilleur, c’était plutôt un bon choix. Car bon, comment dire, si par la force des choses, je ne suis pas familier de ce groupe et donc de cet album comme je peux l’être depuis des lustres de ceux des Stones, de Bowie ou de Neil Young, il est évidant qu’a l’écoute de ce Cosmo’s Factory, il apparait nettement que nous avons affaire ici a une véritable petite pépite, quelque chose d’énorme et qui, indubitablement, en son temps, marqua son époque. Car si certes, on pourrait regretter que John Fogerty et ses compagnons abusent un peu des reprises – je ne suis pas un fan de ce procédé – ma foi, lorsque l’on se retrouve face a celle de I Heard It Through the Grapevine, tube peu de temps auparavant du grand Marvin Gaye, ici, véritable monument de plus de 11 minutes qui est le point d’orgue de cet album, on ne peut s’empêcher de se dire que des reprises aussi bonnes, eh ben ma foi, cela vaut le détour, et pas qu’un peu ! Ajoutons a cela, en ouverture de ce Cosmo’s Factory, l’excellent Ramble Tamble, rock endiablé qui flirte avec le progressif, le cultissime Run Through the Jungle et les non moins excellents Travelin' Band et Who'll Stop the Rain, pour ne citer que les morceaux les plus connus et l’on comprendra aisément toute la richesse d’un opus franchement réussi et qui, ma foi, sonne toujours aussi bien de nos jours. Et puis, n’oublions pas que Creedence Clearwater Revival, c’était avant toute chose John Fogerty, maitre d’œuvre du groupe et qui, outre ses compositions d’excellente facture, magnifiait celles-ci de sa voix rauque et inimitable. Un must que ce Cosmo’s Factory ? Indéniablement et s’il m’a fallut plus de quarante ans pour enfin me procurer un album des Creedence, ce qui est sur, c’est que j’ai déjà perdu beaucoup trop de temps et que le second, lui, ne tardera guère…


Points Positifs :
- Le temps qui passe aura probablement renvoyé Creedence Clearwater Revival loin des yeux du grand public mais en son temps, ce groupe nord américain fut l’un des tout meilleurs, et ici, avec Cosmo’s Factory, cinquième de leur opus, nous atteignons peut-être le sommet de leur inspiration musicale tant cet album est réussi.
- La reprise du tube de Marvin Gaye, I Heard It Through the Grapevine, est sans nul doute le sommet de cet album : longue de 11 minutes, envoutante, avec un  John Fogerty endiablé, voilà un morceau presque aussi bon si ce n’est meilleur que l’original.
- L’album commence fort avec Ramble Tamble, autre monument de cet opus et qui, tout au long de sept minutes, voit le groupe lancé dans un morceau endiablé aux allures, par moments, de rock progressif.
- Run Through the Jungle, Travelin' Band et Who'll Stop the Rain : autres titres marquants de cet album.
- La voix de John Fogerty, rauque, presque un instrument à elle toute seule et qui est pour beaucoup pour la qualité de l’ensemble.
- A première vue, cette jaquette pourrait sembler un peu foutraque, pourtant, elle n’en reste pas moins réussie dans son genre.

Points Négatifs :
- Je n’ai jamais été un grand fan des reprises et, ma foi, je trouve que celles-ci abondent un peu trop dans ce Cosmo’s Factory.
- Si deux titres sont longs, pour ne pas dire très longs, les autres, sincèrement, sont franchement cours voir beaucoup trop par moments. Curieux tout de même toutes ces chansons a trois minutes voir moins.

Ma note : 8,5/10

dimanche 6 juin 2021

MONSTRESS – GUERRIÈRE


MONSTRESS – GUERRIÈRE
 
Maïka est une jeune fille qui tente au mieux de survivre aux traumatismes de la guerre au cœur d’une Asie uchronique. Elle supporte également les effets d’un lien psychique qui l’unie à un monstre d’une autre dimension. La guerre tant redoutée entre la Fédération et les Arcaniques est sur le point de commencer tandis que se mettent en place les forces en présences et que de curieuses alliances se font jour. Quand à Maika, elle doit faire un choix terrible : va-t-elle aider ses amis ou se débrouiller seule ?
 

Monstress – Guerrière
Scénario : Marjorie Liu
Dessins : Sana Takeda
Encrage : Sana Takeda
Couleurs : Sana Takeda
Couverture : Sana Takeda
Genre : Heroic-Fantasy
Editeur : Image Comics
Titre en vo : Monstress – Warchild
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 06 octobre 2020
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 12 mai 2021
Nombre de pages : 192
 
Liste des épisodes
Monstress 25-30
 
Mon avis :
 L’attente aura été plutôt longue pour que l’on ait enfin droit à la parution du cinquième volet de Monstress, œuvre du duo composé par Marjorie Liu, pour ce qui est du scenario et de Sana Takeda, pour ce qui est des dessins puisque, pour rappel, le tome précédent, le quatrième, était sortit en France en décembre 2019, ce qui, comme vous pouvez le constater, commence à dater un peu. Bien évidement, la raison de ce retard fut dut à l’épidémie de Covid-19 et, plus précisément, au véritable confinement quasi-mondial qui eut lieu l’année passée entre mars et mai et qui, comme chacun sait, fit davantage que bouleversement le petit monde des comics… Bref, une attente un peu plus longue que d’habitude mais comme dirait l’autre, mieux vaut tard que jamais et, justement, il est grand temps de s’attaquer à ce cinquième volet de Monstress… Bon, je ne vais pas vous mentir, je ne suis pas un inconditionnel absolu de ce comics : certes, depuis ses débuts, je lui trouve un petit coté sympathique, l’histoire est plutôt pas mal, les protagonistes également mais ce mélange entre bande dessinée nord-américaine et nippone, franchement, ce n’est pas trop ma tasse de thé. De plus, au fil des tomes, je trouve que, scénaristiquement parlant, tout cela se complexifie un peu inutilement par moments. Mais bon, dans l’ensemble, Monstress, malgré ses défauts et son coté girl power qui aurait put m’agacer en d’autres occasions, reste un comics sympathique, loin d’être parfait mais suffisamment plaisant, c’est déjà cela… Le souci, c’est que je n’ai pas vraiment accroché à ce cinquième tome… Plus long qu’en temps normal, quasiment consacré à une bataille où troupes humaines et Arcaniques se battent pour la maitrise d’une cité, un peu brouillon par moments – on a déjà connu Sana Takeda plus inspirée, il faut le reconnaitre – j’ai trouver que l’intrigue en elle-même n’avançait guère, ce, même si certains passages étaient plutôt réussis et que, dans l’ensemble, tout cela reste loin d’être mauvais, loin de là… Bref, vous l’avez compris, plus le temps passe et moins l’effet de surprise et l’émerveillement des débuts est présent : Monstress reste un comics agréable, je suis toujours curieux de voir comment tout cela fait s’achever mais bon, en étant tout a fait franc, celui-ci fait de moins en moins partit de mes comics préférés, bien au contraire. Espérons tout de même que la suite soit d’un autre acabit et rehausse un peu le niveau d’un comics qui commence à tourner un peu en rond…
 

Points Positifs
 :
- Malgré une baisse de régime scénaristique et quelques défauts, il est difficile de ne pas se passionner pour la suite des aventures de Maïka Demi-Loup et de ses compagnons, surtout que, dans ce cinquième tome, nos héros sont plongés en plein siège, dans une bataille terrible entre humains et Arcaniques.
- Les protagonistes, nombreux, sont toujours aussi charismatiques et les fans de girl-power seront une fois de plus aux anges vu qu’il y a davantage de femmes que d’hommes dans ce comics…
- Si Sana Takeda à déjà réalisée de biens meilleures prestations auparavant, force est de constater que celle-ci réalise encore quelques planches qui sont tout bonnement magnifiques, quand à la colorisation, ma foi, il n’y a rien à redire.
- Une couverture que l’on peut qualifier de superbe !
 
Points Négatifs :
- Un petit coup de mou scénaristique dans ce cinquième tome de Monstress ! La bataille, interminable, est trop longue, certains passages n’apportent pas grand-chose quand à l’arrivée de nouveaux protagonistes, reconnaissons qu’ils viennent augmenter inutilement un casting déjà pléthorique…
- Comme je l’avais déjà souligner dans mes critiques précédentes de la série, le principal soucis est le style manga de Sana Takeda qui fait que celle-ci est capable de nous livrer des planches tout bonnement exceptionnelles et d’autres qui le sont un peu moins, surtout pour ce qui est décors, parfois vides, et des affrontements, un poil trop brouillons. Qui plus est, on à déjà connu l’artiste plus inspirée dans les volets précédents…
- Bien entendu, ceux qui détestent les mangas risquent de ne pas trop accrocher à Monstress, peut-être un peu trop typé à leurs yeux ?!
 
Ma note : 7/10

samedi 5 juin 2021

L'HOMME DANS LE LABYRINTHE


L'HOMME DANS LE LABYRINTHE

Muller vivait depuis neuf ans dans le labyrinthe. Maintenant, il le connaissait bien. Il savait ses pièges, ses méandres, ses embranchements trompeurs, ses trappes mortelles. Depuis le temps, il avait fini par se familiariser avec cet édifice de la dimension d'une ville, sinon avec la situation qui l'avait conduit à y chercher refuge. Tous les hommes qui avaient tenté de pénétrer dans le labyrinthe de Lemnos avant Muller étaient morts d'une façon atroce. Tous ceux qui avaient essayé de l'y rejoindre par la suite avaient été massacrés. Aujourd'hui, Ned Rawlins a reçu l'ordre de ramener Muller sur la terre, sa planète natale. Qui, neuf ans auparavant, l'a impitoyablement chassé...


L'Homme dans le Labyrinthe
Auteur : Robert Silverberg
Type d'ouvrage : Science-Fiction
Première Parution : 1968
Edition Poche : 31 mars 2003
Titre en vo : The Man in the Maze
Pays d’origine : États-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Michel Rivelin
Editeur : J’ai Lu
Nombre de pages : 307

Mon avis : Avec L’Homme dans le Labyrinthe, je poursuit mon cycle Robert Silverberg et il est évidant, après coup, qu’après Roma Æterna, Les Déportés du Cambrien puis Le Livre des Crânes, celui-ci est, selon moi, l’ouvrage le plus aboutit de ce grand auteur de Science-Fiction, du moins, pour ce que j’ai lu de lui a ce jour. Car cette œuvre, la plus ancienne de Silverberg que j’ai eu l’occasion de lire, est un pur bijou de cette SF a l’ancienne, un ouvrage qui possède les qualités mais aussi les défauts de son époque – on ne peut pas les occulter – mais qui, de par son propos, va bien au-delà du simple roman de Science-Fiction… En effet, dans L’Homme dans le Labyrinthe, que nous importe que l’intrigue ait lieue dans un futur plus ou moins lointain, que nous importe que l’auteur nous affirme que l’espèce humaine ait colonisé les étoiles et soit rentrer en contact avec des races extraterrestres intelligentes et, même, que nous importe ce fameux labyrinthe qui, pourtant, occupe une place de choix dans le déroulement de l’intrigue. Tout cela n’est qu’un habillage, qu’une toile de fond qui a certes son importance mais qui n’est pas indispensable en tant que telle ; après tout, Muller, cet homme exilé après une mission qui a mal tournée auprès d’une race d’extraterrestre aurait tout aussi bien put connaitre ses déboires a l’époque des grandes découvertes, lorsque les européens s’étaient lancés a la conquête du monde. Car oui, dans L’Homme dans le Labyrinthe, ce qui compte avant tout, c’est cet homme, véritable misanthrope, exilé volontaire et qui ne veut surtout pas avoir la quelconque envie de renouer le contact avec le reste de l’humanité. Bien évidement, cette dernière, après l’avoir rejeté, a besoin de lui et tout le propos de ce roman tourne autour de cela : comment convaincre un homme qui ne veut plus rien avoir affaire avec les siens de revenir parmi eux afin de les sauver ? Ainsi, L’Homme dans le Labyrinthe est un ouvrage qui met avant toute chose en avant la psychologie de ses protagonistes et de nombreux dialogues : cela ne plaira pas a tout le monde, certes, cependant, pour ceux et celles qui aiment un tant soit peu réfléchir et qui préfèrent le coté intimiste au grand spectacle, il est évidant que ce roman de Silverberg risque de ne pas les laisser indifférents. Un ouvrage a essayé, sans nul doute, et qui sait, qui risque fort de vous plaire !


Points Positifs :
- Plus qu’un simple ouvrage de SF, L’Homme dans le Labyrinthe est avant toute chose un roman qui met l’accent sur la psychologie de ses protagonistes et sur les dialogues entre ces derniers. Ainsi, tout l’enjeu, ici, est de voir comment Muller sera convaincu de revenir au sein de l’humanité afin de sauver cette dernière.
- Si Muller est fort naturellement le protagoniste le plus intéressant de ce roman, Ned Rawlins, pour sa jeunesse et son coté naïf s’avère être assez attachant.
- Même si le coté SF est accessoire, il est clair que l’on ne peut pas en faire totalement abstraction : ainsi, prenons donc ce fameux Labyrinthe de Lemnos, tellement singulier et mystérieux, incontestablement une des grandes réussites de cet ouvrage.
- Un final pas totalement inattendu mais qui n’en reste pas moins fort réussi.

Points Négatifs :
- Quelques petites faiblesses inhérentes à l’époque où fut écrit cet ouvrage : certains passages un peu simplistes, personnages féminins sans la moindre profondeur, etc.
- Les amateurs de SF à grand spectacle passeront rapidement leur chemin. Il faut dire que L’Homme dans le Labyrinthe est un ouvrage un peu cérébral et que l’action brille particulièrement par son absence.

Ma note : 8/10

A WAR


A WAR

Au cours d'une bataille contre les Talibans, une patrouille tourne très mal : un jeune soldat est grièvement blessé et Claus Michael Pedersen, commandant de compagnie danois, prend instinctivement la décision de bombarder la zone afin de permettre l'arrivée d'un hélicoptère de secours. La mission est couronnée de succès. Le jeune soldat a la vie sauve. Mais Claus ne se doute pas que sa décision prise en une fraction de seconde impactera le reste de sa vie : les corps de onze femmes et enfants afghans sont retrouvés sous les ruines. Claus est arrêté et accusé de crime de guerre.


A War
Réalisation : Tobias Lindholm
Scénario : Tobias Lindholm
Musique : Sune Wagner
Production : Nordisk Film et Celtic Film
Genre : Drame, Guerre
Titre en vo : Krigen
Pays d'origine : Danemark
Langue d'origine : danois
Date de sortie : 10 septembre 2015
Durée : 115 mn

Casting :
Pilou Asbæk : Claus Michael Pedersen
Tuva Novotny : Maria Pedersen
Dar Salim : Najib Bisma
Søren Malling : Martin R. Olsen
Charlotte Munck : Lisbeth Danning
Dulfi Al-Jabouri : Lutfi Hassan
Alex Høgh Andersen : Anders
Jakob Frølund : Terkel Sand
Phillip Sem Dambæk : Brian Brask

Mon avis : On connaissait depuis longtemps l’indéniable talent de nos amis danois pour les séries, mais pour ce qui était du cinéma a proprement parlé, les choses étaient plus vagues, or, avec ce A War – Krigen en version originale – force est de constater que, d’un point de vu personnel, en le visionnant, j’ai passé un bon, que dis-je, un très bon moment de cinéma. Car oui, mille fois oui, A War est indéniablement l’un des meilleurs longs métrages qu’il m’ai été donné de voir ces derniers mois, une œuvre plutôt fine, intelligente, et qui traite de la guerre – ici, celle en Afghanistan – et de ses conséquences, que ce soit pour les belligérants, les populations locales ou les familles restées au pays, d’une fort bonne manière. Et forcément, en visionnant ce A War, en m’imprégnant totalement de son intrigue et des nombreuses questions soulevées par celui-ci – problématique de la séparation familiale, de la responsabilité d’un chef dans un conflit, des décisions prises sous le feu ennemi et du jugement de la société, souvent sévère – je n’ai pas put m’empêcher de penser a un autre film de guerre qui a énormément fait parler de lui l’année passée, et que, personnellement, j’ai détester, American Sniper : ainsi, autant le premier, comme je l’ai dit, est d’une finesse et d’une intelligence incroyable, autant le second est pompeux, pas crédible pour un sou et davantage axé grand public. Bien évidement, A War est bien moins connu, mais qu’importe après tout, l’important, c’est d’avoir le plaisir de le voir et franchement, si vous en avez l’opportunité, n’hésitez pas une seconde, le jeu vaut largement la chandelle. Pour finir, si vous êtes un habitué des séries danoises, vous aurez le plaisir de retrouver, dans le rôle principal, un certain Pilou Asbæk, qui se fit connaitre dans Borgen et qui, ma foi, dans un rôle aux antipodes de celui du Spin-Doctor de Birgitte Nyborg, est excellent ! Bref, une très bonne surprise que ce A War, une œuvre qui nous démontre que l’on peut encore faire des films de guerre intelligents et que, de ce point de vu là, les danois n’ont rien, mais alors rien a envier aux américains, bien au contraire…


Points Positifs :
- Un film d’une intelligence rare et plutôt fin dans son raisonnement. Franchement, j’ai rarement eu l’opportunité de voir un long métrage traitant de la guerre en Afghanistan aussi crédible, surtout que, ici, l’histoire s’intéresse particulièrement aux conséquences faites par ces hommes envoyés a l’autre bout du monde dans un conflit qui, a priori, n’est pas le leur.
- Eloignement familial, désir de protéger ses hommes, difficultés devant des prises de décisions rapides, sous le feu ennemi, qui peuvent sauver, ou pas, des vies. On retrouve tous ces thèmes dans A War, sans oublier, bien entendu, le jugement de nos sociétés occidentales pour leurs propres troupes, jugement souvent sévère de la part d’hommes et de femmes qui sont a mille lieux de savoir ce qu’est véritablement un conflit.
- Même si d’un point de vu personnel, j’ai pris fait et cause pour le personnage principal, rien n’est fait dans ce film pour l’excuser, ce qui donne une vision neutre plutôt intelligente.
- Pilou Asbæk avait brillé dans Borgen, eh ben ma foi, il confirme largement dans ce film qu’il est un excellent acteur !
- Les amateurs de séries danoises retrouveront avec plaisir des figures connues comme Søren Malling et Dar Salim.

Points Négatifs :
- Curieusement, j’ai trouvé A War trop court alors qu’il dure presque deux heures tout de même ! Probablement aurais-je souhaité que le plaisir dure plus longtemps ?
- Certes, de par sa décision, le personnage principal est responsable de la mort de plusieurs civils, cependant, a un moment donné, personne, au cours du procès, ne mentionne le fait qu’effectivement, suite au bombardement, les tirs ennemis ont cessés et que oui, indéniablement, tout cela a aboutit au sauvetage de ses hommes ?

Ma note : 8/10

vendredi 4 juin 2021

MØRKE


MØRKE
 
Julie, jeune femme handicapée en fauteuil roulant, se marie à Anker, homme venant de nulle part, qu'elle a rencontré sur internet, six mois auparavant. Le soir de ses noces, elle ce suicide dans la salle de bain et est découverte par son frère, Jacob, dans les bras de son mari. Quelques temps plus tard, en rangeant les affaires de Julie, Jacob effeuille un livre appartenant à Anker : une feuille découpée tombe. C'est un faire-part d’obsèques, celui d'une autre femme Rikke Bjerre, qui est le même que celui de sa sœur. Jacob veut en avoir le cœur net et, de chez lui, téléphone à son cabinet de journaliste afin de trouver où habite Anker, vu que ce dernier est injoignable au téléphone. Il se déplace alors à la campagne, où semble vivre Anker, et rencontre un policier Carl qui lui montre le chemin : Jacob retrouve Anker, qui vit désormais avec une autre femme handicapée…
 

Mørke
Réalisation : Jannik Johansen
Scénario : Anders Thomas Jensen, Jannik Johansen
Musique : Antony Genn
Production : Film and Music Entertainment, Fine & Mellow Productions
Genre : Thriller Psychologique, Drame
Titre en vo : Mørke
Pays d'origine : Danemark, Royaume-Uni
Langue d'origine : danois
Date de sortie : 07 octobre 2005
Durée : 124 mn
 
Casting :
Nikolaj Lie Kaas : Jacob
Nicolas Bro : Anker
Lærke Winther Andersen : Hanne
Laura Drasbæk : Nina
Lotte Bergstrøm : Julie
Anne Sophie Byder : Sonja
Morten Lützhøft : le policier, Carl
Lisbet Lundquist : Caroline
Hother Bøndorff : le père de Rikke
Katrine Hartmann Nielsen : Rikke Bjerre
Lars Lunøe : Ka Hjort
Jørgen Lysemose : le pianiste
Søren Thomsen : Onkel Svend
Ane Vinther : la mère de Rikke
 
Mon avis :
 Grand amateur de cinéma et de séries nordiques depuis bien des années – il serait fort fastidieux de rappeler tous les exemples déjà cités sur ce blog depuis ses débuts – et alors que cela faisait un certain temps que je ne trouvais pas grand-chose à mon gout chez Netflix – il est clair que la plateforme, qualitativement parlant, n’est plus vraiment ce qu’elle était depuis quelques temps – je suis tombé, un peu par hasard, sur un certain Mørke. Un long métrage danois, un thriller – ce qui est souvent le cas chez nos voisins nordiques – et, en tant que têtes d’affiches, deux grands noms : Nikolaj Lie Kaas – Les Enquêtes du Département V, The Killing – Saison 3 – et Nicolas Bro – The Killing – Saison 2, Borgen – Saison 3 et Les Enquêtes du Département V – Dossier 64. Forcément, au vu du pédigrée des deux hommes et comme j’apprécie énormément le premier, je me suis dit que le jeu pouvait en valoir la chandelle… Alors, le résultat fut-il à la hauteur de mes espérances ? Eh bien, pour être tout à fait franc, oui et non… Dans l’ensemble, on pourra résumer ce Mørke de la manière suivante : un début intriguant et intéressant, un développement scénaristique plus ou moins correct et une conclusion clownesque dont on se serait bien passer ! Ainsi, le postulat de départ tient plutôt la route avec ce suicide d’une jeune mariée le soir de ses noces dont on se doute bien qu’il cache quelque chose : rien de bien époustouflant là-dedans mais bon, on se dit que cela va permettre de passer un bon moment devant un thriller sans prétentions… La suite, elle, est déjà un peu plus discutable et si l’on suit avec plaisir ce brave Nikolaj Lie Kaas qui enquête sur l’inquiétant Nicolas Bro, l’ensemble reste trop prévisible dans l’ensemble et à chaque fois que le scénario est censé nous faire croire que ce dernier est innocent, disons qu’on n’y croit pas une seule seconde. Quand au final, que dire !? Ridicule, pas crédible pour un sou, absurde, ubuesque… les qualitatifs me manquent pour le décrire, ce qui vous laisse imaginer ce que je pense de celui-ci. Cela est plutôt dommage car, sans atteindre des sommets qualitatifs, Mørke n’est pas un mauvais film et se laisse regarder, hélas, mille fois hélas, cette conclusion abracadabrantesque vient décidément tout gâcher !
 

Points Positifs
 :
- Un thriller nordique plutôt correct dans l’ensemble et qui, bien entendu, ravira les amateurs du genre qui retrouveront, avec plaisir, l’ambiance particulière de ce genre de longs métrages – et de séries – qui connaissent de plus en plus de succès depuis quelques années.
- Un postulat de départ suffisamment bon pour donner envie au spectateur d’en savoir davantage sur le suicide de la sœur du héros, surtout lorsque l’on découvre, rapidement, que celle-ci n’est pas la seule.
- Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire, celui-ci est plutôt bon même si Nikolaj Lie Kaas et Nicolas Bro tiennent le haut du pavé.
 
Points Négatifs :
- Une conclusion tellement pathétique et ridicule qu’elle ne peut que gâcher l’ensemble du film. Mais qu’est-ce qui est passé par la tête des scénaristes de ce film pour nous avoir pondu une telle ineptie !?
- Même si cette fin marque les esprits, il ne faut pas occulter que le reste du film est loin d’être parfait. Ainsi, l’intrigue n’est pas exceptionnelle et souffre de quelques incohérences par moments. Bref, dans le même genre, il y a beaucoup mieux !
- Même les fans de cinéma nordique ne seront pas totalement convaincus par ce Mørke, alors, si ce n’est pas votre tasse de thé, je vous laisse imaginer…
 
Ma note : 6/10

jeudi 3 juin 2021

UNE AMÉRIQUE QUI FAIT PEUR


UNE AMÉRIQUE QUI FAIT PEUR
 
Seule superpuissance désormais sur l'échiquier mondial, où va l'Amérique ? Régulièrement, on prédit son déclin ; la dégradation des villes et des relations interethniques, la criminalité galopante, une justice de plus en plus arbitraire semblent résulter d'une crise morale sans précédent. D'ici dix ans, les Etats-Unis verront doubler leur population carcérale, accélérer la destruction de leur tissu social promis à un impitoyable cloisonnement. Or, l'Amérique poursuit des chimères : obsession du harcèlement sexuel, psychothérapies à la mode, déviances absurdes de la « political correctness » véritable maccarthysme de gauche, selon l'auteur, et dictature menaçante des minorités raciales, sexuelles et culturelles qui envahissent la vie quotidienne et annoncent une guerre idéologique. Cette société soumise à un tel totalitarisme intellectuel, préfigure-t-elle la nôtre dans un avenir proche ?
 

Une Amérique qui fait peur
Auteur : Edward Behr
Type d'ouvrage : Essai Sociétal
Edition originale : 01 juin 1995
Edition française : 01 février 1996
Titre en vo : Une Amérique qui fait peur
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : néant
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 324
 
Mon avis :
 Avec Une Amérique qui fait peur, j’aborde aujourd’hui le cas d’un ouvrage pour le moins particulier à mes yeux puisque celui-ci est, non seulement, un des essais les plus anciens que je possède mais aussi, et cela a son importance, un de ceux que j’ai le plus lu et relu au fil des années et il fallait bien que, tôt ou tard, je vous en parle sur ce blog. Œuvre d’Edward Behr, journaliste britannique spécialisé des Etats-Unis qui passa une bonne partie de sa vie en France, Une Amérique qui fait peur date du milieu des années 90 ce qui pourrait faire dire à certains que cet essai est pour le moins daté. Pourtant, à bien y regarder, il n’en est rien… En effet, malgré le quart de siècle écoulé depuis et les bouleversements géopolitiques survenus depuis – 11 Septembre, monté en puissance du terrorisme islamiste – mais aussi l’importance prise par internet et, plus particulièrement, les réseaux sociaux, événements que ne pouvaient pas prévoir l’auteur et bon nombre de spécialistes à l’époque, cet ouvrage n’a rien perdu, dans le fond et la forme, de sa pertinence. Ainsi, malgré celles et ceux qui, déjà à l’époque taxaient Edward Behr de conservateur obtus, lorsque l’on voit notre époque actuelle, lorsque l’on voit comment les minorités ont pris le pouvoir médiatique, lorsque l’on voit comment le politiquement correct est devenu la norme, lorsque l’on voit comment les sociétés sont de plus en plus divisées – religion, origines, préférences sexuelles et autres – et lorsque l’on voit comment la moindre parole, le moindre avis, peut valoir à son auteur le tribunal médiatique, comment ne pas faire le parallèle avec ce qui est constater dans cet essai au beau milieu des années 90 !? Sauf que, si à l’époque, tous ces bouleversements sociétaux étaient la norme aux Etats-Unis et que l’Europe n’était pas touchée, force est de constater que, une fois de plus, ce qui commence aux USA finit toujours, tôt ou tard, par franchir l’Atlantique, ce, pour le meilleur comme pour le pire, comme c’est le cas ici… Du coup, avec beaucoup de recul désormais et malgré quelques erreurs de l’auteur dut à des événements qu’il ne pouvait de toutes façons pas prévoir, Une Amérique qui fait peur apparait comme étant un ouvrage pour le moins visionnaire quand à l’évolution de la société américaine dans son ensemble et, dans un sens nettement plus large, occidentale. Bien entendu, certains trouveront à redire à cet essai, probablement les mêmes qui se satisfassent largement de cette société où l’on ne vit plus ensemble mais à coté les uns des autres, pour ne pas dire les uns contre les autres. Les autres, eux, regretteront probablement une époque finalement pas si lointaine où l’on pouvait rire de tout, où l’on vivait tranquillement avec ses voisins malgré les différences, où les relations entre les individus n’étaient pas aussi perverties et où on ne passait pas notre temps à entendre telle minorité s’indigner pour des broutilles sans importance, mais bon, ceci est, malheureusement, une autre histoire…
 

Points Positifs
 :
- Un excellent essai sur les bouleversements radicaux de la société nord-américaine de la fin du vingtième siècle et qui était déjà fort pertinent lors de sa sortie, au milieu des années 90. Cependant, celui-ci prend encore plus de valeur par le fait que, un quart de siècle plus tard, quasiment tout ce qui était pointé du doigt par l’auteur s’est aggravé et, pire, a franchit l’Atlantique pour toucher une bonne partie du monde occidental.
- Politiquement correct triomphant, dictature des minorités, monté en puissance d’un ultra féminisme qui déteste les hommes, communautarisme militant, société morcelée, mise en avant de faits sans grande importance ou mineurs tandis que les véritables problèmes sans occultés… Cela ne vous rappelle rien ? Bienvenu dans les USA de la fin du vingtième siècle et dans le monde actuel !
- Edward Behr est un auteur pour le moins talentueux qui, non seulement, connait son sujet mais sait nous tenir en haleine le lecteur tout au long de son essai.
 
Points Négatifs :
- Si l’auteur ne pouvait pas prévoir les attentats du 11 Septembre et la montée en puissance de l’islamisme militant, il n’en est pas de même pour ce qui est de l’écologisme qui est quasiment totalement occulté dans cet ouvrage. Pourtant, au vu de l’importance prise par cette nouvelle religion dans nos sociétés actuelles, en bien comme en mal, force est de constater qu’il aurait été fort judicieux d’en parler…
- Bobo parisien lecteur de Libération qui ne jure que par l’écologie – tout en ne supportant les le chant des coqs, les odeurs de la campagne ou le chant des cigales lorsqu’il est en vacances – qui ne cesse de hurler qu’il déteste la police et que celle-ci ne cesse d’être violente envers les pauvres jeunes des quartiers – sans avoir jamais mis les pieds dans le moindre quartier, cela va de soit – et qui affirme que l’homme blanc est le plus grand criminel de l’Histoire tout en occultant les méfaits de toutes les autres civilisations, vous allez détester cet ouvrage !
 
Ma note : 7,5/10