lundi 5 juin 2017

THE BIRTH OF A NATION


THE BIRTH OF A NATION

Trente ans avant la guerre de Sécession, Nat Turner est un esclave cultivé et un prédicateur très écouté. Son propriétaire, Samuel Turner, qui connaît des difficultés financières, accepte une offre visant à utiliser les talents de prêcheur de Nat pour assujettir des esclaves indisciplinés. Après avoir été témoin des atrocités commises à l’encontre de ses camarades opprimés, et en avoir lui-même souffert avec son épouse, Nat conçoit un plan qui peut conduire son peuple vers la liberté…


The Birth of a Nation
Réalisation : Nate Parker
Scénario : Nate Parker
Musique : Henry Jackman
Production : Bron Studios, Mandalay Pictures, Phantom Four et Tiny Giant Entertainment
Genre : Drame historique
Titre en vo : The Birth of a Nation
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 07 octobre 2016
Durée : 110 mn

Casting :
Nate Parker : Nat Turner
Armie Hammer : Samuel Turner
Mark Boone Junior : le révérend Walthall
Colman Domingo : Hark Turner
Aunjanue Ellis : Nancy Turner
Dwight Henry : Isaac Turner
Aja Naomi King : Cherry
Esther Scott : Bridget Turner
Roger Guenveur Smith : Isaiah
Gabrielle Union : Esther
Penelope Ann Miller : Elizabeth Turner
Jackie Earle Haley : Raymond Cobb
Tony Espinosa : Nat Turner, jeune
Jayson Warner Smith : Earl Fowler
Jason Stuart : Joseph Randall
Aiden Flowers : John Clarke, jeune
Griffin Freeman : Samuel Turner, jeune
Justin M. Smith : Jethro
Jeryl Prescott : Janice
Tom Proctor : E.T. Brantley
Steve Coulter : le général Childs
Katie Garfield : Catherine Turner
Dominic Bogart : Hank Fowler
Brad Schmidt : le lieutenant Akers
Nicole Davis : Angel

Mon avis : Reprenant le même titre que le célèbre film de Griffith, sorti en 1915 et sans nul doute l’une des œuvres cinématographiques les plus racistes de tous les temps, The Birth of a Nation, version 2016, prend le contre pied de son prédécesseur en mettant en avant le sort des esclaves et, plus précisément, en s’intéressant a la révolte de ces derniers en 1831, révolte qui vit la mort d’une soixante de blancs – hommes, femmes et enfants – et d’une centaine de noirs, suite aux représailles. Un sujet polémique, donc, pour un postulat de départ certes intéressant mais néanmoins clivant puisque, après tout, même si l’on peut comprendre le sentiment de révolte des esclaves et leur haine de leurs maitres, il est difficile de cautionner les massacres commis par ces derniers a l’encontre des femmes et des enfants. Mais bon, malgré ce fait, on était en droit d’attendre de ce The Birth of a Nation qu’il soit, au moins, aussi bon, par exemple, qu’un 12 Years a Slave qui, déjà, était loin d’être un chef d’œuvre absolu mais qui possédait suffisamment d’éléments pour nous toucher et nous émouvoir, or, après visionnage de la chose, il apparait que le film du sieur Nat Parker ne tient absolument pas la comparaison, loin de là… Ainsi, malgré un début pour le moins prometteur, il apparait rapidement que le réalisateur à souhaiter s’en tenir a une vision strictement clivante de la problématique de l’esclavage : non pas que je nie que le sort des esclaves était horrible et que bien des propriétaires terriens se comportaient comme des sadiques, mais, ne même pas proposer ne serais-ce qu’un personnage blanc plus ou moins positif, un minimum compatissant, faire l’impasse sur les idées progressistes des états du nord, c’est créer un raccourci facile qui, de mon point de vu, justifie l’injustifiable, c’est-à-dire, les massacres a venir. Ensuite, il y a pas mal d’incohérences, ici et là, comme ce mariage oh combien facile entre deux esclaves qui ne vivent même pas dans les mêmes plantations ou le fait que, dans l’affrontement final, une troupe armée de fusils se fait débordée et battre par des hommes uniquement pourvus d’armes blanches. Ajoutons a cela une contre vérité historique – Nat Turner ne se rend pas mais est retrouvé alors qu’il était en fuite, ce qui n’est pas tout a fait la même chose – et le fait que, histoire d’atténuer la chose, on ne voit que des hommes blancs adultes se faire tuer par les esclaves et on comprendra, très rapidement, que ce The Birth of a Nation se joue allègrement de la vérité, mettant en avant les éléments qui l’arrange et occultant les autres. C’est tout de même dommage car le sujet en lui-même mérite largement qu’on s’y attarde, qu’on le mette en avant, que l’on pointe du doigt ce passage honteux de l’histoire américaine, cependant, a un moment donné, jouer avec la réalité et occulter les faits, aussi déplaisants soient-ils – Nat Turner était loin d’être un saint mais sa révolte et sa lutte se comprennent aisément – desservent cette œuvre plus qu’elle ne la servent. Du coup, au final, plutôt que d’avoir droit a un bon film sur l’esclavage qui nous aurait touché, The Birth of a Nation version 2016 rate le coche alors que, en toute sincérité, au vue de l’histoire de cette révolte de 1831, il y avait vraiment de quoi faire beaucoup mieux…


Points Positifs :
- Sans atteindre des sommets, The Birth of a Nation est un film qui se regarde plutôt bien et assez plaisant, même, par moments. Le savoir faire américain a une fois de plus frapper, et il est clair que, malgré tous ses défauts, ce long métrage est loin d’être inintéressant, loin de là.
- Certaines scènes sont terribles et réussissent a nous toucher et oui, mille fois oui, s’il y a bien eu quelques propriétaires où le sort de leurs esclaves était plus ou moins correct, du moins, pour des hommes privés de liberté, la plupart du temps, c’était une horreur sans nom et, en regardant ce film, il faut se dire que la réalité était encore pire !
- Mettre en avant la fameuse révolte des esclaves du mois d’aout 1831 était, sans nul doute, une fort bonne idée.

Points Négatifs :
- Pour un film censé nous montrer la naissance d’une nation, je vois davantage une guerre entre deux peuples, les hommes blancs et les hommes noirs, où les premiers sont tous des salauds sans nom et les seconds des combattants de la liberté. Alors certes, la révolte des esclaves est compréhensible et on ne peut que prendre fait et cause pour eux, cependant, si le film aurait été plus nuancé, il aurait gagné en intérêt.
- Pourquoi occulter les massacres de femmes et d’enfants commis lors de la révolte ? Finalement, nier la réalité nuit plus au film qu’autre chose, surtout que l’on comprend parfaitement le sentiment de colère des esclaves et la haine qu’ils éprouvent vis-à-vis des blancs. Ici, on a plus l’impression que le réalisateur préfère occulter les faits dérangeants, histoire de nous présenter une histoire plus présentable de cette révolte.
- Quelques raccourcis navrants, peu de personnages qui marquent vraiment les esprits.
- Donner le même titre a ce film que le The Birth of a Nation de 1915, œuvre glorifiant le Ku Klux Klan, était un exercice casse gueule et il aurait fallut que la version moderne soit un chef d’œuvre incontestable, or, il n’en est rien, loin de là même…

Ma note : 6/10

dimanche 4 juin 2017

LE MONDE HISTOIRE & CIVILISATIONS 29 – LE CLIMAT


LE MONDE HISTOIRE & CIVILISATIONS 29 – LE CLIMAT
Juin 2017

Au sommaire :
Edito : Des mauvaises récoltes
- L’actualité
- Un pharaon sorti des eaux
- Le trésor de Zhang Xianzhong dépasse l’imagination
- Uzès retrouve son visage romain
- L’événement : Frankenstein
- La vie quotidienne : Sur les bancs de l’école au XVIIe siècle
Dossier : Les caprices du climat
- Coup de chaud sur le Moyen-âge
- L’anthropocène
- Le Tambora
- Les grands articles
- Le Mausolée perdu d’Alexandre le Grand
- Gutenberg
- La marine de guerre romaine
- La vie rêvée d’un noble égyptien
- L’œuvre d’art : La châsse de Thomas Becket
- Des livres et des expositions

Mon avis : Le hasard fait souvent bien les choses et, alors qu’il y a quelques jours, l’irascible président nord-américain, Donald Trump, déchirait les accords de Paris de la Cop21, provoquant au passage un tôlé international, je me trouvais alors en pleine lecture du dernier numéro en date du Monde Histoire & Civilisations, consacré, comme vous l’avez compris, au climat, a ses changements au cour de l’histoire et, bien entendu, aux conséquences de ceux-ci. Un numéro qui tombait a pic, donc, et qui n’en pris que plus de saveur, surtout que, accessoirement, le dossier principal, sans être très long – un peu dommage d’ailleurs – était plutôt instructif et revenait assez bien sur les divers changements climatiques qui ont touchés les sociétés humaines depuis 10000 ans. Mais le dossier consacré au climat n’était pas le seul de ce numéro du Monde Histoire & Civilisations et, pour un coup d’essai – car oui, c’était la toute première fois que je me procurais cette revue – force est de constater que, si tout n’est pas parfait, ce fut dans l’ensemble une réussite : ainsi, entre les dossiers, plus ou moins courts, consacrés a Frankenstein, a la dépouille d’Alexandre le Grand, a Gutenberg ou  la marine de guerre romaine, le lecteur y trouvera son compte. De plus, la partie consacrée a l’actualité ou celle consacrée aux livres et aux expos est loin d’être inintéressante, tout en n’occupant pas une place trop importante, reproche que je fais depuis pas mal de temps désormais a la nouvelle formule des Cahiers de Science & Vie. Bref, pour un premier essai, j’ai été plutôt conquis par ce numéro du Monde Histoire & Civilisations et comme en plus le dossier principal collait à l’actualité récente, cela a beaucoup aidé. Maintenant, je ne sais pas si je me procurerai cette revue de manière régulière, mais bon, en tous cas, je suivrais son actualité d’un œil bien plus attentif…


Points Positifs :
- Un dossier principal certes court mais qui n’en reste pas moins plutôt bon et, surtout, très instructif : revenant sur les aléas du changement climatique au cours de ces 10000 dernières années et des conséquences de ceux-ci dans les sociétés humaines, ce dossier s’avère par moment passionnant.
- Les dossiers secondaires – Frankenstein, la dépouille d’Alexandre le Grand, Gutenberg, la marine de guerre romaine, la vie des nobles égyptiens – sont plutôt bons et, surtout, suffisamment longs pour que l’on n’ait pas l’impression que les sujets soient survolés.
- Pour ce qui est des illustrations, celles-ci sont nombreuses et de qualité. La maquette, elle, sans être extraordinaire, n’en reste pas moins convenable et agréable a la vue.
- Au vu de l’actualité récente – Trump qui déchire les accords de la Cop21 – force est de constater que ce dossier tombait à pic !

Points Négatifs :
- Un petit bémol quand au dossier principal qui reste tout de même trop court, hélas.
- Les illustrations sont nombreuses et de qualité, cependant, celles qui occupent des doubles pages font que, du coup, les dossiers se trouvent amputer d’une part du texte qui auraient fait qu’ils soient plus complets.

Ma note : 7/10

samedi 3 juin 2017

STRANGE FRUIT


STRANGE FRUIT

En 1927, à Chatterlee dans le Mississipi, le grand fleuve est en proie à des crues historiques, forçant les populations à protéger leur village et leur champ grâce à des digues. Alors qu'ils craignent que l'une d'elle ne tienne pas, des hommes, blancs, se rendent dans une taverne où les noirs se détendent en écoutant de la musique, en buvant de l'alcool ou en dansant. Même si l'esclavage a été aboli, les blancs ordonnent à leurs employés de se presser car, même si la nuit est tombée, les eaux montent et ils ont besoin d'eux pour remplir des sacs de sable et consolider les digues. Parmi les noirs, se trouve Sonny un homme accusé de vol dans un bric-à-brac et recherché par le shérif. Celui-ci parvient à s'enfuir. Alors qu'il court à travers les environs, que les autres noirs sont conduits sur les fameuses digues alors que d'autres s'affairent déjà dessus, une lumière vive en provenance du ciel s'écrase sur la fameuse barrière de terre et de sable, laissant passer une grosse quantité d'eau. De l'engin sort un homme noir, un véritable colosse. Il ne parle pas un mot mais sa carrure, sa force et sa nature vont changer les choses. En bien ?


Strange Fruit
Scénario : Mark Waid, J.G. Jones
Dessins : J.G. Jones
Encrage : J.G. Jones
Couleurs : J.G. Jones
Couverture : J.G. Jones
Genre : Super-Héros, Historique
Editeur : Boom Studios
Titre en vo : Strange Fruit
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 08 juillet 2015 – 02 novembre 2016
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Delcourt
Date de parution : 05 avril 2017
Nombre de pages : 128

Liste des épisodes
Strange Fruit 1-4

Mon avis : D’entrée de jeu, Strange Fruit était une œuvre polémique, et cela, les auteurs, Mark Waid et J.G. Jones l’avaient parfaitement assumés dès la création de ce comics qui souhaitait pointer du doigt la place des afro-américains dans la culture populaire nord-américaine et plus particulièrement dans la bande dessinée. Attention louable, certes, a bien y réfléchir, surtout quand on constate que parmi les icones de chez Marvel ou DC, l’homme noir y brille surtout par son absence, procédé plutôt judicieux puisque ce fameux Colosse qui tombe du ciel renvoi bien évidement a Superman, cependant, là où le bat blesse, c’est que malgré toutes les bonnes attentions du monde, luter pour une cause, c’est bien, écrire une bonne histoire, c’est pas mal aussi. Car hélas, malgré la beauté du produit finit – c’est un bien bel album – et, bien entendu, malgré les superbes peintures du sieur J.G. Jones, scénaristiquement, Strange Fruit est plutôt moyen pour ne pas dire faiblard par moments : ainsi, après un premier épisode qui, pourtant, plaçait la barre assez haut, le reste n’est pas a la hauteur de nos espérances, loin de là, et tant même a décevoir au final. Il faut dire que si ce fameux être venu du ciel en jette, effectivement, si la retranscription de la manière de pensée et d’agir des habitants du sud profond des Etats-Unis de cette lointaine année 1927 est plutôt juste, tout cela tombe très rapidement dans des stéréotypes plutôt navrants où, de toutes façons, il n’y a vraiment aucun personnage blanc positif mais, pire que tout, où le scénario, l’histoire, bref, le nerf de la guerre, finit par briller par son absence tant abonde les raccourcis on ne peut plus faciles. Dommage car tout cela est loin d’être mauvais, bien au contraire et que, surtout, le premier épisode ne laissait pas attendre que les trois autres ne soient qu’une lente descente qualitative. Après tout, Strange Fruit partait d’une très bonne attention et possédait indéniablement tous les éléments pour devenir un incontournable, cependant, a un moment donné, il ne faut pas oublier le scénario en court de route car au final, eh bien, œuvre coup de poing ou pas, cela reste une bande dessinée…
                                                                                                                   

Points Positifs :
- Le postulat de départ est tout simplement excellent – a défaut d’être véritablement original, il faut en convenir – ainsi, dans le sud profond des Etats-Unis, en 1927, un être tombe du ciel, bourré d’une force peu commune et d’une intelligence supérieure et ce n’est pas Superman mais le Colosse et il est noir de peau, ce qui ne peut que déplaire aux pecnos du coin…
- Strange Fruit pointe du doigt le racisme de l’époque aux USA mais aussi, a une plus large échelle, celui qui existe encore de nos jours, y compris dans le milieu des comics. Et que l’on soit d’accord ou pas, le débat mérite d’exister.
- Graphiquement, bien évidement, c’est magnifique et il faut saluer le travail de J.G. Jones.
- Le premier épisode est tout simplement excellent.
- L’amateur d’Histoire sera ravi d’apprendre que cette fameuse crue du Mississipi exista bel et bien en 1927.

Points Négatifs :
- Crée la polémique, lutter pour une cause, c’est certes noble et louable, cependant, il ne faut pas oublier que Strange Fruit est également une bande dessinée et que, bon, comment dire, il est dommage que les auteurs n’aient pas fait davantage d’efforts pour nous offrir un scénario plus réussi. Il faut dire que, passé le premier épisode, la suite déçoit plus qu’autre chose.
- Les événements se précipitent les uns après les autres sans que l’on soit sensible à ces derniers ou que l’on s’attache véritablement aux protagonistes ; il faut dire que, malheureusement, ces derniers sont tout saufs charismatiques et que le seul qui aurait put l’être, le fameux Colosse, ne parle jamais…
- Je sais parfaitement que le sud profond des Etats-Unis était sacrément raciste en 1927 et que, d’ailleurs, le pays lui-même l’était, et l’est encore de nos jours même si de sacrés progrès ont été faits, cependant, ne pas nous proposer ne serais-ce qu’un seul personnage blanc positif, cela fait tomber l’histoire dans une lutte entre blancs et noirs qui finit davantage par diviser qu’autre chose.

Ma note : 6,5/10

LES LIVRES DE CORUM – LE CHÊNE ET LE BÉLIER


LES LIVRES DE CORUM – LE CHÊNE ET LE BÉLIER

Grâce au sacrifice du Taureau Noir, la terre natale de la belle Rhalina peut refleurir, mais les Fhoi Myore sont toujours là. Ces monstres venus d'une autre dimension sont en train de purifier le monde de toute présence humaine; ils ont même capturé l'Archidruide Amergin, qu'ils retiennent prisonnier dans sa propre ville de Caer Llud. Le seul personnage assez respecté pour organiser la résistance ! Corum, le Prince à la Robe écarlate, n'a jamais affronté une situation aussi difficile. Ce n'est pas tout d'entrer à Caer Llud, il faudra encore en faire sortir un vieillard sans forces — car les Fhoi Myore l'ont ensorcelé pour plus de sûreté : il se rend maintenant pour un animal. Pour refaire de lui un homme, il faut trouver le Chêne d'Or et le Bélier d'Argent, ces deux figurines surnaturelles. Une mémorable quête en perspective...


Les Livres de Corum – Le Chêne et le Bélier
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Fantasy
Première Parution : 17 octobre 1973
Edition Française : 09 juin 2005
Titre en vo : The Oak and the Ram
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Martin Bruno
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 185

Mon avis : Cinquième tome des Livres de Corum et suite des péripéties du Prince à la robe écarlate parmi les Tuha-na-Cremm Croich, le peuple du Mont, les descendants de son aimée, Rhalina. Une aimée qui, rappelons le fut remplacée par la belle et farouche Medhbh dans le cœur de Corum qui a adopter son peuple et qui coule, alors que débute le récit, quelques jours heureux, mais qui sont de courte durée puisque la menace des terrifiants Fhoi Myore n’a pas disparue et ceux-ci vont vite se rappeler au bon souvenir du Champion Eternel et de ses alliés qui, une fois de plus, devront batailler ferme pour repousser leur menace. Bon, une fois de plus, il ne faut pas s’attendre, d’un point de vue narratif a de grands bouleversements et les habitués seront une fois de plus en terrain connu sur ce point : Corum et les siens sont tranquilles, un événement survient, une quête quelconque est décidée et le voila parti, seul ou accompagné, pour de nouvelles aventures qui s’avéreront, bien évidement, périlleuses, dans une grande course contre la montre avant un affrontement final, forcement spectaculaire. Bon, il est évidant que dit comme cela, tout ceci n’a pas l’air très engageant, pourtant, une fois de plus, la trame fonctionne parfaitement et l’on peut dire sans crainte que la grande force de Moorcock est de sublimer des récits qui, chez d’autres, seraient franchement beaucoup moins intéressants. Car une fois de plus, le lecteur en aura pour son argent et c’est l’aventure avec un grand A que nous offre l’auteur britannique, ce qui fait que c’est avec un grand plaisir que l’on y replonge, dévorant le tout d’une traite. Un récit assez captivant, du début à la fin, où l’on suivra Corum et ses compagnons (pour une fois nombreux), Jhary-O-Conel qui fait là son grand retour pour notre plus grand plaisir (personnellement, j’adore ce personnage avec son coté dandy, mystérieux voir par fois je m’enfoutiste mais qui en sait beaucoup plus qu’il ne le prétend même si sa mémoire, comme il le reconnaît lui-même, lui joue souvent des tours) même si dans ce cinquième volume, il reste un peu en retrait de l’action, mais aussi les deux Sidhi, dont le peuple, allié aux Vadhaghs et aux humains combattirent autrefois les Fhoi Myore, Gonfanon, le « nain » forgeron (qui avait fait son apparition dans le volume précédant), et Ilbrec, fils d’une sorte de Dieu des océans, deux personnages particulièrement savoureux, en particulier le premier cité. Et donc, on suivra tout ce petit monde en plein territoire ennemi, essayant de rejoindre leur forteresse afin de libérer le grand Druide des peuples humains encore en vie, le sortir de son ensorcellement (par ailleurs assez amusant puisque celui-ci se prend pour… un mouton !) et, car sans trésors pas de véritable quête qui se tienne, récupérer deux objets magiques des mythes celtiques, euh pardon, Mabdens (comme on nomme les humains), le fameux Chêne et le Bélier. Une fois de plus, les dangers seront grands, les rebondissements et divers coups de théâtre nombreux, Gaynor le damné sera une encore de la partie et Corum affrontera même, en combat singulier, l’un des épouvantables Fhoi Myore, ces créatures stupides issues des limbes et qui, assez curieusement, ressemble a l’un des plus farouches ennemis du Prince à la robe écarlate, Glandyth-a-Krae, abattu a l’issu de la guerre contre les seigneurs du Chaos plus de mille ans auparavant. Une ressemblance dont on n’en saura pas plus (du moins pour le moment, je n’ai pas encore attaqué le sixième tome) et qui laisse des questions en suspens quant aux origines de ces créatures… Bien entendu, Le Chêne et le Bélier s’achèvera, après moult péripéties, bien, le grand Druide étant sauver et les Tuha-na-Cremm Croich et leurs nombreux alliés reprenant confiance dans leur lute contre les Fhoi Myore, mais pour Corum, une vieille prédiction commence a le tourmenter de plus en plus et le sentiment que sa fin est proche devient plus qu’une certitude à ses yeux, mais tout cela, comme toutes les autres questions que le lecteur peut se poser trouvera des réponses dans le prochain et dernier tome des Livres de Corum. En attendant, ce Chêne et le Bélier, sans être le meilleur de la saga, n’en reste pas moins, dans la ligné de ses prédécesseurs, d’un bon niveau, nous montrant une fois de plus toutes les qualités (et elles sont nombreuses) des aventures du dernier des Vadhaghs.


Points Positifs :
- Sans atteindre le niveau d’excellence du tome précédant, Le Chêne et le Bélier n’en reste pas moins un bon volume des Livres de Corum : plutôt captivant de bout en bout, bourré de péripéties et de coups de théâtres, parsemé de bonnes idées, le fan de Moorcock ne s’ennuiera pas une seconde.
- L’expédition périlleuse en plein territoire ennemi, les séides des Fhoi Myore, toujours aussi originales – entre le Peuple du Pin, les morts vivants, les chiens blancs et les spectres, il y a de quoi faire – et le fait que Corum n’est pas seul : les deux derniers Sidhis sont de la partie mais aussi un certain… Jhary-a-Conel !
- La prédiction de la vieille femme faite a Corum, la fameuse harpe qui se fait de plus en plus entendre et qui le menace…
- L’ambiance celte, du plus bel effet.
- J’adore la malédiction qui pèse sur l’Archidruide : celui-ci se comporte comme un… mouton !

Points Négatifs :
- Une nouvelle quête, encore deux trésors sacrés possédant de grands pouvoirs à retrouver afin de sauver la mise… et oui, Moorcock use encore du même procédé que dans La Lance et le Taureau, du coup, cela en devient répétitif.
- L’Archidruide semble être important aux yeux des divers clans, certes, mais bon, de là a ce qu’il soit nécessaire pour que ces derniers s’unissent face a une menace mortelle ; mouais, un chef, ça se remplace, surtout lorsqu’il n’a pas l’air aussi flamboyant que celui la.
- Gaynor passe son temps a éviter et fuir Corum, ce qui est plutôt dommage d’utiliser un tel personnage de cette façon.

Ma note : 7,5/10

jeudi 1 juin 2017

LES LIVRES DE CORUM – LA LANCE ET LE TAUREAU


LES LIVRES DE CORUM – LA LANCE ET LE TAUREAU

Corum sait-il encore qu’il a vaincu les Seigneurs du Chaos ? Un siècle a passé depuis; la belle Rhalina est morte et le Prince à la robe écarlate, condamné à l’immortalité, reste prostré dans son morne château. Une nuit, en songe, il entend un appel : un indicible danger menace le peuple de Rhalina. Il franchit les portes du temps et rejoint les survivants qui lui apprennent l’accablante nouvelle : les Fhoi Myore sont de retour. Ces monstres issus d’une autre dimension font régner sur toutes choses le froid et la brume ; leurs chiens démoniaques massacrent tout sur leur passage. Jadis, on avait pu repousser les envahisseurs grâce à six adjuvants magiques. Mais où les retrouver ? Et comment affronter les périls d’une quête ? Mannach, le roi-druide, n’en fait pas mystère : c'est à Corum de relever le défi.


Les Livres de Corum – La Lance et le Taureau
Auteur : Michael Moorcock
Type d'ouvrage : Fantasy
Première Parution : 10 juin 1973
Edition Française : 02 mai 2004
Titre en vo : The Bull and the Spear
Pays d’origine : Royaume-Uni
Langue d’origine : anglais
Traduction : Martin Bruno
Editeur : Pocket
Nombre de pages : 185

Mon avis : La Lance et le Taureau marque un tournant incontestable dans le cycle de Corum, le Prince Vadhagh, avatar du Champion Eternel : en effet, on peut parfaitement parler de deuxième cycle tant les différences sont notables entre les trois premiers volumes et les suivants, dont l’action, ici, se déroule mille ans plus tard, face à de nouveaux adversaires, les Fhoi Myore, qui remplacent au pied levé les habituels Seigneurs du Chaos, « adversaires » habituels des diverses incarnations du Champion dans les divers cycles. De plus, l’ambiance celtique, que l’on pouvait ressentir légèrement dans la première partie des Livres de Corum, est cette fois ci portée a son paroxysme : coutumes, vêtements, mode de vie, pierres levées, légendes, héroïsme, druides etc. Pas de doute, Moorcock, dans cette suite des aventures de Corum a tenu à nous proposer un monde pas forcement original d’un point de vue narratif (après tout, les œuvres liées au monde celtique sont légions) mais auquel l’on ne se serait pas forcement attendu, habitués que nous sommes a l’habituelle opposition entre Loi et Chaos. Sur ce point, le fait que l’on quitte pour une fois un peu l’habituelle cosmologie (enfin, un petit peu, un petit peu seulement) du Multivers Moorcockien n’est pas, à mes yeux, pour me déplaire, et voir Corum, ce personnage charismatique quitter un peu ce rôle de Champion Eternel pour celui de demi-dieu Celte dont on attend le retour, puis déambuler au milieu de Druides, de guerriers vaillants aux coutumes bien plus complexes qu’un Jules César ait put laisser entendre dans sa Guerre des Gaulles, et découvrir des cairns de pierre et autre pierres levées est assez intéressant à mon avis. De plus, c’est un Corum différent, bien moins puissant que dans la première partie du cycle, où sa main et son œil, appartenant a des Dieux lui conféraient bien des pouvoirs, mais aussi un Corum privé de ses amis et de son amour (Jhary est parti pour d’autres lieux, Rhalina est morte après une longue vie… humaine) et qui, au début de ce quatrième tome, se lamente dans sa forteresse comme un autre Champion, Hawkmoon, put le faire en son temps. Mais un Corum qui, bien vite, répondra, sous les conseils de Jhary-O-Conel, à l’appel au secours des descendants de son épouse, qui, plus de mille ans plus tard, sont en grand danger devant une menace peu commune, les fameux Fhoi Myore, ces fameuses créatures issues des limbes et qui menacent, comme purent le faire autrefois les Ducs du Chaos, toute vie sur Terre. Et une fois de plus, l’on se retrouve en chemin connu : un danger a première vu insurmontable survint, un objet, un lieu, quelqu’un pourrait aider Corum et ses alliés a le surmonter, et voila le Prince Vadhagh embarqué, comme a son habitude, pour une quête aux nombreuses péripéties, où il connaîtra bien des dangers, sera parfois sauver de façon surprenante au dernier moment, avant de finir par, bien entendu, réussir dans son entreprise. Ce coté, un petit peu comment dire, répétitif dans le cycle peut en énerver ou lasser plus d’un, ce qui ce conçois parfaitement ; pourtant, une fois de plus, le tout fonctionne assez bien et le lecteur sera rapidement captivé par un récit sans temps morts et ne reposera le livre que lorsqu’il sera parvenu a la dernière page. Personnellement, c’est ce qui m’est arrivé, ayant tout bonnement dévoré ce quatrième tome, l’expédiant assez rapidement tant le plaisir de découvrir la suite était présent, plaisir qui trouva son point culminant dans un final impressionnant (ah, le combat contre les hordes des Fhoi Myore, le Taureau noir !). Alors certes, tout n’est peut être pas parfait, comme je l’ai déjà dit un peu plus haut, cependant, il y a ce nouvel univers mis en place, cette ambiance celtique du plus bel effet qui fait tant pour la réussite de l’ensemble, le retour de Gaynor le damné et ces nouveaux ennemis, les fameux Fhoi Myore qui semblent invincibles avec leur troupe composés de morts vivants et d’hommes végétaux fait que cette Lance et le Taureau est une fois de plus, comme de coutume dans le cycle, une réussite. Un Corum certes différent, à la fois semblable et différent dans la structure narrative du récit, mais un Corum tout simplement exceptionnel, qui prouve une fois de plus toutes les immenses qualités de ce cycle peut être moins connu que les productions actuelles mais qui mérite largement le détour.


Points Positifs :
- Avec La Lance et le Taureau, Moorcock débute un, de fait, un second cycle pour son héros, Corum, et, ma foi, au vu des nombreuses différences avec le précédant – finit l’opposition entre la Loi et le Chaos, ambiance celtique omniprésente, nouveaux adversaires réussis – force est de constater que c’est une belle réussite et que ces changements apportent un souffle nouveau a une saga déjà excellente a la base.
- L’ambiance celtique, justement, est l’une des grandes forces de ces Chroniques de Corum : certes, cela déstabilise un peu au début, cependant, assez rapidement, le lecteur est conquis par ce peuple aux coutumes familières, ces légendes, ces noms et mêmes ces créatures qui sonneront familièrement aux amateurs des celtes et de leurs coutumes.
- L’intrigue en elle-même n’est certes pas des plus originale, cependant, elle n’en reste pas moins terriblement efficace et cette quête de Corum vous tiendra en haleine de la première a la dernière page.
- Les Fhoi Myore remplacent habilement les Seigneurs du Chaos, d’ailleurs, leur étrangeté même fait d’eux des opposants plus originaux que les traditionnels Arioch, Xiombarg et compagnie… De plus, leurs séides sont plus réussies que celles du Chaos.
- Ah, le magnifique et somptueux Taureau noir !
- La plus belle couverture du cycle, tout simplement.

Points Négatifs :
- Une quête, deux trésors sacrés possédant de grands pouvoirs à retrouver afin de sauver la mise, oui, tout cela n’est pas bien original surtout que Moorcock réutilisera le concept par la suite.
- On voit a peine le sympathique Jhary-a-Conel.

Ma note : 8,5/10