vendredi 12 avril 2013

BLAKE ET MORTIMER – L’AFFAIRE DU COLLIER



LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER – L’AFFAIRE DU COLLIER

Olrik qui défraye la chronique des faits divers et se transforme tour à tour en passe muraille et en gentleman cambrioleur, voilà qui ne laisse pas d’étonner Blake et Mortimer ! Ces derniers se sont rendus à Paris pour une confrontation avec leur vieil ennemi au Palais de Justice. Mais le colonel, par un magistral tour de passe-passe et l’utilisation de complice extérieur, réussi à fausser compagnie à ses geôliers avant d’arriver au Palais. L’histoire ferait presque sourire nos deux Anglais, si le colonel ne les mettait au défi de l’arrêter avant qu’il ne commette quelque forfait. Or les feux de l’actualité sont alors braqués sur une affaire que d’aucun dans l’opinion publique française n’hésite pas à qualifier d’état. Sir Williamson, un richissime collectionneur Britannique, se propose de faire cadeau à la reine Elisabeth du collier de Marie-Antoinette, celui-là même qui fut à l’origine d’un retentissant scandale qui, à la fin de l’ancien régime, préluda à la révolution. Le prestigieux bijou doit être présenté à l’issue d’une réception que donne Sir Williamson chez le joaillier Duranton. C’est ce moment que choisit Olrik pour refaire surface et subtiliser le collier, au nez et à la barbe de Blake et Mortimer, eux aussi invités à la fête. Mais quelle curieuse stratégie pousse donc Olrik à informer par téléphone tous les journaux de son forfait ? Pour quelle raison harcèle-t-il le pauvre Duranton, déjà bien éprouvé par la disparition du bijou dans son hôtel particulier ?


Lors de mes derniers congés, en mars, j’avais lu quelques albums des célèbres Aventures de Blake et Mortimer, le fameux duo so british de l’inoubliable Edgard P. Jacobs, et, bien entendu, je vous avais proposé les critiques de ceux-ci sur ce même blog ; depuis, après avoir repris le travail, le temps à passer et je dois avouer que je n’avais pas trop Blake et Mortimer en tête, au point que, alors que j’avais emprunter ce septième volume de la saga à ma médiathèque, j’aurais attendu le tout dernier jour avant de le rendre pour le lire. Enfin bon, l’important, bien évidemment, aura été que je le fasse, mais, du coup, ces quelques semaines d’absence (la critique du dernier volume, Le piège diabolique, date tout de même du 21 mars dernier) auront fait que je n’étais plus autant enthousiaste qu’alors pour me replonger dans l’œuvre de Jacobs. Mais bon, comme dirait l’autre, quand il faut-il aller, faut y aller, alors, ce vendredi après-midi, je me suis poser un peu et me suis attaquer à L’affaire du collier, septième tome des Aventures de Blake et Mortimer.

Il faut dire d’entrée de jeu que déjà, avec la couverture, ça partait mal : en effet, celle-ci, où l’on voit l’ennemi juré de nos deux compères, le charismatique Colonel Olrik avec le fameux collier de Marie-Antoinette, est probablement l’une des plus moches si ce n’est la plus moche de la série ; alors certes, cela ne reste qu’une couverture et que celle-ci soit réussie ou pas, cela ne signifie pas que le contenu de l’album soit mauvais – d’ailleurs, sur ce point, Blake et Mortimer ont quelques fois eu droit à des couvertures… hum, comment dire… franchement ratées. Mais passé ce premier mauvais point, dès la première case, j’eu la mauvaise surprise de m’apercevoir que, une fois de plus, l’aventure allait se dérouler en France, plus précisément à Paris et dans sa proche banlieue, et comme cela fait tout juste trois albums que ça dure, je pense que, sur ce coup-là, Jacobs aurait pu nous faire « voyager » un peu plus, car bon, pour le dépaysement, on repassera. Du coup, l’on retrouve des lieux et des personnages désormais devenus habituels, comme l’inspecteur français, mais qui manquent franchement de charisme. Mais si la couverture et le choix du lieu où se déroulait l’aventure m’avaient déjà mortifié, le coup de grâce final fut le scénario en lui-même : ici, nulle machine sophistiqué, pas la moindre trace de science-fiction ou de fantastique mais tout juste une simple et banale enquête policière, un polar donc, un jeu du chat et de la sourie dans les rues et les égouts de Paris avec… soupir… Olrik, Blake et Mortimer. Alors certes, c’est sympa par moments, mais… par moments seulement et ceux-ci ne sont pas nombreux : prévisible au possible, le scénario n’apporte pas de grandes surprises et tout au long de l’album, l’on assiste à des courses poursuites, des coups de feu, des retournements de situations, mais tellement convenus qu’ils en perdent toute leur saveur. Pire que tout, le passage dans les catacombes parisiennes, qui aurait dut etre le point d’orgue de l’histoire, est, selon moi, plutôt ratée, la faute à un Jacobs pas franchement au sommet de son art et qui fit bien mieux précédemment, quand à l’histoire du Collier, sincèrement, je n’aurais pas vraiment accroché, le comble étant atteint par son propriétaire qui au début, souhaite le donner à la Reine d’Angleterre, et qui, à la fin, change d’avis comme si de rien n’était… et d’ailleurs, sans explications.


Bref, je pense qu’il est inutile d’en rajouter, je n’ai absolument pas accroché à cette Affaire du collier : les amateurs de la série et ceux qui l’auront apprécié pourront m’en vouloir mais sincèrement, j’ai trouvé cet album plutôt fade et sans grand intérêt, un peu comme si Jacobs, pourtant capable de nous livrer des histoires sublimes, tournait un peu en rond et s’était louper sur ce coup-là. Dommage tout de même puisque, jusqu’ici, et en dehors du premier album, Le secret de l’Espadon, un peu spécial dut à son ancienneté, j’avais plutôt bien accroché à cette série, mais là, je suis contraint d’admettre que j’ai connu, avec cette Affaire du collier, ma plus belle déception avec cette série. 

samedi 6 avril 2013

PROMÉTHÉE – MANTIQUE



PROMÉTHÉE – MANTIQUE

13 h 13 min – 21 Septembre 2019 : La navette Atlantis disparaît mystérieusement des écrans de contrôle lors de son dernier vol.
13 h 13 min – 22 Septembre 2019 : Toutes les montres et les horloges de la planète s’arrêtent. Au même moment, le mécanisme d’Anticythère, un étrange astrolabe datant de la Grèce Antique, se met en marche alors qu’aucun scientifique n’était parvenu à le déclencher jusqu’à présent.
13 h 13 min – 23 Septembre 2019 : La navette Atlantis réapparaît et atterrit à Cap Canaveral, un survivant est à bord : le commandant de la mission, en état de choc au milieu des cadavres déchiquetés du reste de l’équipage.
13 h 13 min – 24 Septembre 2019 : Un sous-marin nucléaire américain capte l’écho sonar d’un U-boat de l’armée allemande disparu soixante-huit ans plus tôt...Un chalutier voit apparaître devant lui la monumentale coque du Titanic, disparu au même endroit, à 650 km au Sud-Est de Terre-Neuve.
Quelle nouvelle catastrophe plongera plus encore notre civilisation dans les ténèbres ? La série de phénomènes inexpliqués qui frappent la planète jour après jour semble présager le pire pour l'Humanité : disparition de la navette Atlantis, arrêt des horloges, crash des avions et des satellites orbitaux… Alors que les États-Unis sont accusés de vouloir installer un nouvel ordre mondial, Jeff Spaulding, directeur de vol à la NASA, accède à des documents secrets qui prouvent la découverte sur la Lune d'un gigantesque vaisseau spatial extraterrestre. Parallèlement, dans le journal de bord du capitaine du Titanic, revenu à la surface dans un état quasi neuf, on retrouve d'étranges coordonnées qui semblent indiquer un point au large des Bahamas : un trou bleu ! Une équipe de spécialistes sera constituée pour plonger dans le mystérieux gouffre.

Après avoir renoué avec cette excellente série qu’est Prométhée, œuvre du sieur Christophe Bec au scénario et aux dessins (en partie pour les derniers albums) avec deux albums, Blue Beam Project et Exogénèse lus coups sur coups, il m’aura fallu patienter un peu plus d’un mois pour, enfin, m’attaquer au quatrième volume de la saga, ce Mantique dont je vous parle aujourd’hui : une attente pour le moins longue, peut-être pas insoutenable non plus car, aussi bonne soit cette série, cela ne reste qu’une bande dessinée, mais même ainsi, je dois avouer que j’étais plutôt impatient de découvrir la suite que nous avait mijoter ce diable de Christophe Bec, décidément plutôt jouer pour ce qui est de nous offrir une œuvre pour le moins captivante. Et comme en plus, la trame générale de l’ensemble n’est pas pour me déplaire, bien au contraire – événements paranormaux qui se succèdent les uns aux autres, ambiance a la X-Files – au jour d’aujourd’hui, je n’ai aucun problème à dire que, pour moi, Prométhée est la BD du moment, et ce, même si celle-ci n’est pas si récente que cela – mais comme je ne l’ai débuté qu’à la fin de l’année dernière, pour moi, cela reste du domaine du neuf. Mais bon, trêve de bavardages inutiles et voyons donc ce que ce quatrième tome de Prométhée a dans le ventre.

Pour ce qui est de la qualité générale, tant du scénario que des dessins, il n’y a rien à redire, celle-ci est toujours au rendez-vous, pourtant, le fait que Bec soit quasiment absent aux pinceaux aurait pu etre un point faible pour ce Mantique, pourtant, il n’en est rien : Alessandro Bocci, qui avait déjà officié dans l’album précédant, Exogénèse, est une fois de plus au rendez-vous est sans sort, une fois de plus, pas trop mal, mais ce quatrième volume de la saga voit l’arrivé d’un troisième dessinateur, Stefano Raffaele, dont le style colle à merveille à celui des deux autres. Ce fait, plutôt rare au demeurant (demandez donc aux amateurs de comics qui, dans certains épisodes spéciaux ou plus longs qu’a l’accoutumée, passent d’un dessinateur a l’autre et où le sublime côtoie parfois le médiocre), est à souligner et tous ceux qui pourraient craindre que trois dessinateurs se s’arguant d’une bande dessinée, c’est deux de trop, se rassurent : en aucun cas, cela ne gâche le plaisir des yeux. Quant au scénario, les amateurs de la série, une fois de plus, trouveront leurs comptes : certes, certains pourront estimer qu’il ne se passe pas grand-chose et qu’à force de prendre son temps, Christophe Bec pourrait lasser, de même, que ceux qui s’attendaient a de grandes révélations passent leur chemins, une fois de plus, Mantique apporte davantage de nouvelles énigmes que de solutions, d’ailleurs, elles sont où celles-ci ? Mais personnellement, j’adhère totalement au concept ; certes, je ne nie pas que mes gouts personnels entrent en ligne de mire, de même, j’ai toujours eu une certaine attirance pour les œuvres où il faut « se prendre un peu la tête », mais quoi qu’il en soit, il faut tout de même rendre à César ce qui lui appartient, bref, a messire Bec, c’est-à-dire, le fait qu’il a réussi, dans ce Prométhée, à tisser une toile scénaristique de toute beauté et qui fait cogiter pas mal ses lecteurs.


Avec un coté vu et archi-vu pour le fond – phénomènes paranormaux, présence des extraterrestres et connaissance de nos gouvernements, bref, du X-Files – et une forme – scénario, multiples intrigues sans lien apparents, certaines idées comme celle d’une catastrophe planétaire par jour – de toute beauté, nul ne doute que nous tenons là une excellente saga, bien meilleure que ce à quoi je m’attendais à la base. Captivante au possible, Prométhée nous entraine très loin, dans un au-delà du réel où la vérité est ailleurs, certes, mais de la plus belle des façons. Alors certes, au bout de quatre albums, on n’en sait pas plus ou presque qu’au début, il y a bien des extraterrestres apparemment, tous ces éléments sont liés, mais alors, le pourquoi du comment, cela reste une énigme totale, et si l’on ajoute à cela, en filigrane de tous ses événements, ce sympathique Prométhée, qui donne le titre a la saga, est qui est ici libéré par Héraclès, et vous comprendrez à quel point il est bien difficile de deviner où Christophe Bec veut nous mener ? Quelques révélations dans le prochain tome ? Oh, je suis sûr que même dans le septième, ce ne sera pas encore le cas…

dimanche 24 mars 2013

HARVEST



HARVEST

Neil Young – 1972

1. Out on the Weekend – 4:35
2. Harvest – 3:03
3. A Man Needs a Maid – 4:00
4. Heart of Gold – 3:05
5. Are You Ready for the Country ? – 3:21
6. Old Man – 3:22
7. There's a World – 3:00
8. Alabama – 4:02
9. The Needle and the Damage Done – 2:00
10. Words (Between the Lines of Age) – 6:42

Ecoutant moins de musique ces dernières années qu’auparavant, il m’arrive bien souvent de ne plus écouter certains albums pendant un laps de temps tout bonnement phénoménal, et ce, alors qu’autrefois, ceux-ci l’étaient, dans les meilleurs des cas, écoutés religieusement tous les jours, dans les pires, au bas mot, une fois par semaine. Mais comme chacun sait, les années passent, les temps changent et les habitudes encore plus, pourtant, et même si je regrette ne plus avoir autant de temps libre à consacrer à l’intégralité de mes loisirs, force est de constater que je n’oublie pas tous ces albums mythiques qui ont, à un moment ou un autre de mon existence, et plus particulièrement, l’époque bénie où je n’étais qu’un jeune insouciant d’une vingtaine d’années, marquer ma vie. Et, parmi ces très nombreux opus, je reconnais que ceux de Neil Young occupent une place particulière pour moi : il faut dire que le canadien, depuis presque vingt ans, est, avec Bowie, les Beatles ou les Stones, pour ne citer que les plus connus, ce que l’on peut appeler mon idole. Et les raisons de ce statut ne sont pas que musicales mais doivent énormément a sa personnalité dans laquelle je me retrouve : solitaire dans l’âme, amoureux des grands espaces, le « loner », comme on le surnomme (et qui renvoi a l’une de ses toutes premières chansons) est en plus épileptique, ce qui est également mon cas – le hasard faisant parfois bien les choses. Mais si ces points communs sont amusants a constater, ce qui compte avant toute chose, c’est la musique, est, justement, de ce point de vue-là, le sieur Young se pose en excellent auteur-compositeur diablement doué et possédant derrière lui une longue, très longue carrière qui ne peut etre pas composée que de hits absolus, j’en conviens, mais qui fera sans nul doute de  lui comme l’un des musiciens parmi les plus importants de la seconde moitié du vingtième siècle.


Sur ce blog, j’avais déjà eu l’occasion de vous parler de quelques-uns de ses albums : ainsi, que ce soit son premier, sobrement intitulé Neil Young, puis les excellents Everybody Knows this is Nowhere ou After the Gold Rush ainsi que, pour finir, l’aérien Zuma, en 2009, j’écoutais pas mal le canadien ; à quoi il faut ajouter ses collaborations avec les Buffalo Springfield et Crosby, Stills & Nash dans Déjà Vu. Puis, ce fut le néant : d’autres disques et d’autres artistes à écouter, et encore, de moins en moins, et ce, jusqu’à ces jours ci où, après quelques années (sic, un record !), j’ai enfin remis un album du maitre dans mon vieux, très vieux lecteur CD de Sony (je suis moi-même un vieux dinosaure, en plus, ce truc tombe en morceaux !) et suis partit pour… oh, très très loin, de l’autre côté de l’Atlantique, dans la campagne et le sud profond tout en me demandant pourquoi, décidément, l’Alabama ne s’en sortait pas, et cherchant, tout en me trouvant trop vieux, un cœur d’or… bref, les amateurs savent fort bien de quel album je parle (et puis, ce n’est pas bien difficile puisqu’il suffit de lire le titre de ce billet), du légendaire et inoubliable Harvest !


Paru en février 1972, Harvest est le quatrième album solo de Neil Young et, sans nul doute, l’un de ses plus connus si ce n’est le plus célèbre de sa fort longue discographie ; ce qui est sûr, c’est que ce fut avec cet opus que le canadien connu ses plus grands succès et, accessoirement, son seul numéro un de sa carrière : l’excellent Heart of Gold. Du coup, cet état de fait aura fait dire à certains que ce disque est trop commercial, que Young aura accepté de se renier pour une musique plus commerciale, plus consensuel, ce qui est, de mon point de vu, un peu idiot : ainsi donc, pour etre crédible, un artiste se devrait d’etre maudit tout le temps, de ne connaitre que des échecs ou, du moins, que de piètres succès d’estimes ? Que je sache, je pense que les membres du Velvet Underground auraient préféré en vendre davantage des albums, non ? Et puis, si c’est pour mettre en avant des musiciens obscurs, que personne ne connait et qui n’ont jamais fait grand-chose d’important, au temps pour moi… et puis, ces mêmes personnes ont tendance à oublier que Neil Young, à l’époque, ce n’était pas non plus n’importe qui et que, s’il n’atteint jamais l’aura des Beatles ou des Stones, le bonhomme, de par son appartenance a Crosby, Stills, Nash & Young était lui aussi une star… certes, dans une époque où il y en avait beaucoup mais une star quand même. De plus, le canadien a souvent, au gré de ses albums et de ses collaborations, souvent alternés les genres, passant des disques plus calmes a d’autres, autrement plus violents, plus rocks, alors, qu’Harvest ne le soit pas, c’est un fait, mais prétendre qu’il soit commercial, ca, franchement, non.

Victime à l’époque de grave problèmes de dos qui l’empêchaient de trop forcé et donc, de ne presque pouvoir pas utiliser sa guitare électrique, Neil Young, que l’on connaissait donc bien plus violent, nous offre donc avec Harvest ce que l’on peut appeler sans problèmes une véritable petite perle musicale, un classique du genre, un chef d’œuvre absolu comme on en avait pas mal à l’époque, et quasiment plus désormais. Disque campagnard s’il en est, Harvest fait partie de ses rares albums que l’on peut écouter tranquillement chez soi, la nuit – il ne réveillera pas les voisins – ou au bord d’une voiture, traversant les grands espaces américains avec une clope au bec et l’autre sur le volant. Un disque calme, ou prédomine la guitare acoustique, et où la majeure partie des titres sentent bon la country, genre souvent tourner en dérision de nos jours, mais dont l’importance dans l’histoire de la musique est indéniable – après tout, le rock, c’est le mélange du blues et de la country. Un disque d’où sortent des titres tout bonnement prodigieux, comme, pour ne citer que mes préférés, Heart of Gold, bien entendu, mais aussi Harvest, le sublime Old Man que je ne me lasse jamais d’écouter et, comment ne pas le citer, l’excellent Alabama – bien plus électrique – chanson musicalement parfaite en soi, mais avant tout, joli petit brulot contre le sud profond raciste qui nous rappelle le déjà sublime Southern Man paru dans l’album précédant, After the Gold Rush, et qui valut a Neil Young la non moins célèbre réplique de la part du groupe de rock sudiste Lynyrd Skynyrd : Sweet Home Alabama – probablement à prendre moins au premier degré que la légende ne le laissait sous-entendre, Young et Ronnie Van Zant s’appréciant davantage qu’on aurait pu le croire.


Harvest est sorti il y a quarante et un ans déjà, et, malgré les décennies, il n’a rien perdu de son charme, de son intensité et de son intrinsèque valeur musicale. Probablement curieux pour une oreille jeune, de nos jours, il ne s’en avère pas moins comme étant un véritable petit bijou et peut etre, comme je vous l’ai déjà dit, considéré comme étant un pur chef d’œuvre. Bien évidemment, Neil Young ne se limita pas à Harvest et sa longue et éclectique carrière est là pour nous le prouver, mais bon, ceci est déjà une autre histoire – déjà racontée pour partie sur ce blog – et je pense que je reviendrais bientôt, ici même, pour vous en raconter la suite. 

jeudi 21 mars 2013

BLAKE ET MORTIMER – LE PIÈGE DIABOLIQUE



LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER – LE PIÈGE DIABOLIQUE

Mortimer est à Paris, appelé par un notaire, dans le cadre d'une succession. Or, la personne dont vient l'héritage n'est autre que Miloch, mort quelques mois après avoir échappé à la destruction du château de Troussalet et qui lui lègue une vieille maison sise à La Roche-Guyon, village situé à 72 km de Paris, où Mortimer pourra trouver une invention extraordinaire. Miloch dit considérer Mortimer comme la seule personne ayant compris son génie et qui pourrait apprécier véritablement sa découverte. Malgré les avertissements de Blake, Mortimer part découvrir son héritage. Arrivé au village, il entre dans le château par une crypte. Il y trouve l'invention de Miloch : le « Chronoscaphe », une machine à remonter le temps.


Comme je vous le disais en début de semaine, lundi dernier, lors de ma critique de La marque jaune, j’avais emprunter, pour ces deux semaines de congés qui me laissaient amplement le temps d’avancer dans la saga, quatre tomes des célèbres Aventures de Blake et Mortimer, et donc, après avoir passé pas mal de temps du côté de l’œuvre de Jacobs, à lire ces volumes puis, bien entendu, à écrire les critiques sur ce blog, j’arrive finalement au dernier titre, Le piège diabolique, pour le moment, j’entends bien puisque la saga est loin d’etre finis et que, dans les semaines et mois à venir, je pense ne pas me tromper en affirmant que vous retrouverez encore d’autres aventures du duo britannique, le sanguin Mortimer et le flegmatique Blake. Et si cela peut paraitre beaucoup, en regard des autres titres que je propose sur ce blog, disons que je profite pas mal du fait que je puisse me procurer l’intégralité de cette série gratuitement, ce qui n’est pas plus mal, et puis, finalement, au vu de la qualité qui se dégage de cette série – que je n’ai découvert que sur le tard, comme vous le constatez – disons que celle-ci mérite amplement la place que je lui accorde depuis le début de l’année, surtout suite a quelques déceptions que j’ai pu avoir vis-à-vis d’autres titres plus modernes et sur lesquels j’avais placé énormément d’espoirs.

Mais trêve de bavardages et intéressons-nous donc maintenant à ce sixième volume des Aventures de Blake et Mortimer : Le piège diabolique. Bon, tout d’abord, et contrairement à son prédécesseur, SOS Météores dont la couverture était franchement moche (mais le contenu, bien meilleur fort heureusement), ici, celle-ci est, ma foi, bien plus réussie et ce, même si l’on a déjà connu Jacobs plus inspiré. Là où le bât blesse surtout, c’est le titre que je n’aime pas trop, mais bon, tout d’abord, il faut relativiser les choses en se souvenant que ces bande dessinées sont tout de mêmes anciennes désormais et que, surtout, elles étaient destinées à un jeune public (quoi que, quand je vois le contenu et les textes, cette jeunesse ne me semble pas la même que celle de nos jours), d’où, je pense, des titres qui flirtent un peu avec le nanard. Mais peu importe, il est inutile de chipoter sur des détails car ce qui compte avant toute autre chose, c’est le contenu de cet album et là, force est de constater qu’une fois de plus, alors que je partais sur un a priori défavorable, j’eu l’agréable surprise de me retrouver, au final, devant une fort bonne histoire, bien plus intéressante pour ne pas dire captivante que ce à quoi je m’attendais. Il faut dire qu’avant de la lire, en la feuilletant, j’avais trouvé que les planches n’étaient pas du même niveau que ses prédécesseurs ; oh, certes, Jacobs n’avait pas subitement perdu son tallent, les dessins restaient de bonne qualité, mais usant et abusent de cases un peu plus grandes qu’a l’accoutumé et de, par moments, de couleurs que je trouvais fade, je trouvais qu’il y avait là une certaine baisse de niveau. Or, au bout de quelques pages de lecture, j’oubliais mon impression première et ce, grâce a un scénario qui certes, a la base, est loin d’etre transcendant – un ancien ennemi de Mortimer piège celui-ci par le biais d’une machine à voyager dans le temps afin de l’empêcher de revenir à notre époque – mais qui, petit à petit, et surtout, à partir du moment ou Mortimer débarque dans le futur, prend toute son ampleur ! Car justement, si le voyage dans le temps est un thème maintes et maintes fois usés jusqu’à n’en plus soif dans la science-fiction, force est de constater que, bien écrit, celui-ci a souvent tendance à fonctionner, et qu’ici, c’est bel et bien le cas. Alors oui, le passage chez les dinosaures est anecdotique et celui au moyen-âge plus amusant qu’autre chose, mais le dernier séjour de Mortimer, dans le futur, est une vrai petite réussite comme je les aime : monde dévasté suite à une apocalypse nucléaire, survivants humains asservis par un dictateur tout puissant, vestiges de notre civilisation, armes futuristes surpuissantes comme ma préférée, la chose, une espèce d’amibe géante invulnérable, tout un tas d’éléments sont en place pour que l’on ait droit, une fois de plus, a un excellent album de nos compères… enfin, surtout de Mortimer d’ailleurs puisque Blake, dans cette aventure, n’apparait que dans les deux premières et deux dernières pages de l’album.


Ajoutons à cela le coté visionnaire de Jacobs qui nous sort une fort crédible réforme de l’orthographe qui devient phonétique (accessoirement, moi qui suit une bille en orthographe et en grammaire, cela m’aiderait bien) et nous avons, au final, un album bien plus intéressant qu’on pourrait le croire de prime abord : là où d’autres auteurs se seraient contentés de nous présenter le monde dans le futur, Jacobs, lui, va plus loin et fait tout pour le rendre crédible. Cette volonté de bien faire, d’aller au bout des choses peut paraitre banale mais de nos jours, mais ayons conscience que ce n’était pas forcément le cas il y a cinquante ans, bien au contraire. Bref, vous l’avez compris, une fois de plus, j’ai été conquis par un nouvel album des Aventures de Blake et Mortimer, et à juste titre car ce Piège diabolique le mérite amplement. Bien évidemment, je n’en ai pas encore finis avec nos deux compères, mais bon, pour cela, il va falloir patienter un peu, le temps que j’aille emprunter la suite de la collection bien sûr !

mercredi 20 mars 2013

Les Cahiers de Science & Vie 121 : Naissance de la Médecine



Nombreux furent les numéros des Cahiers de Science & Vie à avoir été lus puis critiquer sur ce blog depuis la fin de l’année dernière, et donc, après avoir voyagé du côté du Japon et de sa longue et riche histoire, dans le premier numéro de cette année 2013 (depuis, un autre est paru en kiosques, consacré à la vie au temps de la Rome antique, mais je ne l’ai pas encore), et après avoir passé un peu de temps sur d’autres revues, je reviens aujourd’hui avec un ancien numéro, vieux de deux ans déjà, et qui a, pour sujet principal, la médecine, et plus précisément, sa naissance comme on peut le constater ci-dessous :

Les Cahiers de Science & Vie n°121 : Naissance de la Médecine
Février/Mars 2011

Naissance de la Médecine
- Edito : D’une naissance à l’autre
- Cadrage : Préhistoire : Ouvert, tatoué, marqué... le corps investi
- Mythes et légendes : des dieux et des malades
- Interview : « Dans toute société, un prêtre ou un magicien faisait office de médecin » de Bruno Halioua
I - Médecine des premières civilisations
- Egypte : Souffles de vie, souffles de mort
- Mésopotamie : De l'incantation à la prescription
- Hébreux : le corps sous contrôle divin
- Indus : Âyurvéda, la science de la vie
- Chine : une médecine au long souffle
- Précolombiens : le corps humain miroir de l'Univers
II - Naissance de la médecine moderne
- Monde grec : Hippocrate, le père de la médecine
- Rome : Galien ou l'avènement d'un règne
- Médecine militaire : A la pointe de l'art
III - Autour de la médecine
- Les chemins étroits de la formation
- Du cercle sacré au domaine public : la profession évolue
- Soin, prévention, contamination : le paradoxe d'Hygie
- Les animaux se soignent eux aussi
IV - D'hier à aujourd'hui
- La médecine contemporaine redécouvre ses classiques
- Interview : « Il faut aborder les problèmes éthiques avec une sagesse pratique » de Lazare Benaroyo

A la base, je ne suis pas un grand amateur de médecine, c’est un sujet qui ne m’intéresse pas plus que cela (d’ailleurs, c’est du pareil au même pour les séries médicales, en dehors de Dr House, qui, pour la petite histoire, s’est achevé hier soir, et dont il va falloir que je vous parle, pour le reste, je passe mon chemin), loin de là, pourtant, quand l’occasion s’est présentée, en début d’année, de me procurer cet ancien numéro, je n’ai pas vraiment hésité. La raison ? En fait, elle est toute simple : en effet, si autant la médecine est loin d’etre ma tasse de thé, je n’avais rien contre le fait d’en apprendre davantage au sujet de son histoire, bien plus longue qu’on ne pourrait le croire de prime abord, et justement, comme son nom l’indique, ici, plus qu’une histoire de la médecine au fil des siècles ou plutôt des millénaires, c’est à ses origines que s’intéresse ce numéro des Cahiers de Science & Vie, et là, oublions les médecins du moyen-âge et de la renaissance, comme l’on pourrait s’y attendre, pour faire un véritable saut dans le temps et retrouver leurs ancêtres, ceux de la Mésopotamie, de l’Egypte, de la civilisation de l’Indus puis, ceux de la Grèce et de Rome, sans oublier, petit détail intéressant, un petit passage du coté de nos plus anciens ancêtres mais aussi des… animaux, eux aussi capables de se soigner, aussi incroyable que cela puisse paraitre. Du coup, une fois de plus, par le biais d’une qualité générale d’une revue qui ne se démord jamais, c’est une fois de plus un excellent numéro que nous avons là, instructif au possible, et qui fourmille de détails sur les pratiques et usages des tous premiers médecins. Alors, comme quoi, même avec un sujet qui ne me dit rien en temps normal, les Cahiers réussissent à m’intéresser… voilà bien encore pourquoi je considère cette revue comme étant ma préférée !

mardi 19 mars 2013

BLAKE ET MORTIMER – SOS MÉTÉORES



LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER – SOS MÉTÉORES

Des phénomènes météorologiques d’une alarmante ampleur sévissent sur toute l’Europe occidentale, bouleversant la vie de millions d’hommes… À un hiver long et meurtrier a succédé un dégel propice aux inondations. Ces calamités n’ont pas épargné la France, et c’est dans un Paris que les affres du temps ne laissent pas d’inquiéter la population que débarque le professeur Mortimer. Préoccupé par ces fluctuations météorologiques et ses désastreuses conséquences, son gouvernement l’a chargé d’en déterminer les causes, et c’est avec cet objectif en tête qu’il se rend à Jouy, chez son vieil ami le professeur Labrousse, directeur de la météo.


Sous le constat plus qu’évidant que cette couverture est décidément bien moche, nous avons là la cinquième des aventures du duo de choc britannique, j’ai nommé Blake et Mortimer qui, après avoir pris une part active pendant la troisième guerre mondiale dans Le secret de l’Espadon, explorer les énigmes de l’Egypte ancienne dans Le mystère de la grande pyramide, déjoué les plans diaboliques de La marque jaune avant de, finalement, découvrir L’énigme de l’Atlantide, se retrouvent cette fois ci aux prises avec des phénomènes météorologiques d’une grande ampleur et qui dévastent l’Europe occidentale, causant d’importants dégâts et de nombreuses victimes. Un synopsis de départ plutôt intéressant et qui laisse sous-entendre, bien évidemment, que, derrière ce dérèglement climatique, se cache la main de l’Homme, mais pas, bien entendu, dans le sens où on l’entend de nos jours : ici, une volonté de nuire est au cœur de l’intrigue, ce qui, ma foi, la rend diablement plus intéressante que si nos deux compères allaient passer tout un album à jouer les écologistes avant l’heure et a constater les méfaits de l’espèce humaine sur la nature. Mais trêve de tergiversation, puisqu’il est grand temps de s’attaquer au nœud du problème, bref, de savoir ce que vaut véritablement ce SOS Météores ?

Eh bien, ma foi, s’il me parait évidant, après coup, que cet album ne fera pas parti de mes préférés de la saga, je ne peux que m’incliner devant le fait que s’il n’atteint pas les sommets qu’on put représenter à mes yeux des titres comme Le mystère de la grande pyramide ou L’énigme de l’Atlantide, ce SOS météores, dans un autre genre, n’en reste pas moins un fort bon album, et ce, pour de nombreuses raisons. Tout d’abord, comme je vous l’ai déjà dit, le synopsis de départ est pour le moins intéressant – mais parfois, cela ne suffit pas, malheureusement. Ensuite, vient le lieu où se déroule l’action : Paris et la région parisienne et plus particulièrement l’ouest de celle-ci, fort bien retranscrite par ailleurs, et une fois de plus, l’on sent l’immense (et je pèse mes mots) travail de recherche de Jacobs pour nous rendre, dans cet album, des décors nets, précis et fidèles à la réalité et ce, jusqu’à l’obsession, au point même que, parfois, cela n’en devienne fascinant ; sincèrement, au cours de ma vie, des bande dessinées, j’ai pu en lire des tas, mais des décors aussi crédibles que ceux-là, force est de constater que cela ne court pas les rues, bien au contraire. Et si, d’un point de vue graphique, il n’y a rien à redire, bien au contraire, le scénario, lui, est tout aussi bon ; oh certes, nous ne retrouvons pas ici les envolées rencontrées dans d’autres albums, ici, l’action est plus, comment dire, terre à terre, mais qu’elle finesse dans les (très nombreux) dialogues, quel justesse dans son avancée, ne serais ce quelques petits défauts que sont certaines scènes un peu simplistes (mais c’est l’époque qui voulait cela) et l’on tiendrait presque un album parfait, c’est pour dire à quel point la lecture de ce SOS Météores m’a enthousiasmer alors que, au départ, je n’en attendais pas spécialement grand-chose.


Bien entendu, je n’en dirais pas davantage, après tout, il est inutile de trop dévoiler une intrigue qui vous tiendra probablement en haleine, mais je pense ne pas trop me tromper en affirmant que la présence, une fois de plus, d’Olrik, dans ces pages est tout sauf un spoiler, et que, pour la petite histoire, vous retrouverez quelques vieilles connaissances. Quoi qu’il en soit, un très bon album de Blake et Mortimer, probablement pas le meilleur, j’en conviens, mais qui vous tiendra suffisamment en haleine de la première a la dernière page et où, une fois de plus, transparait l’immense travail en amont de Jacobs – ce qui nous explique également pourquoi celui-ci ne sortit pas davantage d’albums de la série. Pour la petite histoire, et en guise de conclusion, l’on remarquera que les forces étrangères ne sont jamais nommées en tant que telles mais que, entre le fait que cela soit l’Europe occidentale qui est touchée et que quelques noms soient à consonance… hum russes, celui-ci soit, comment dire, un petit peu soviétique, non ? 

lundi 18 mars 2013

BLAKE ET MORTIMER – L'ÉNIGME DE L'ATLANTIDE



LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER – L'ÉNIGME DE L'ATLANTIDE

Mortimer profite de ses vacances à Sao Miguel, une île des Açores, pour faire un peu de spéléologie. En explorant un trou nommé par les autochtones O foro del Diablo, Mortimer trouve un rocher radioactif et ne peut s'empêcher de faire un rapprochement avec l'orichalque mentionné par Platon, le métal précieux des Atlantes, les habitants de l'Atlantide, cette civilisation légendaire que l'on dit engloutie par les flots. Il fait alors appel à l'aide de Blake, pour approfondir avec lui l'exploration de cette grotte. Mais nos deux amis découvrent rapidement qu'ils ne sont pas les seuls à s'intéresser à cette affaire. En effet, une puissance étrangère, ayant intercepté la lettre à l'adresse de Blake de Mortimer, se trouve intéressée par cette source potentielle d'énergie nucléaire et a engagé Olrik pour récupérer la roche. Ce dernier se déguise en natif du pays et réussit à accompagner Blake et Mortimer dans leur exploration. Bien qu'Olrik ne réussisse à récupérer l'orichalque, il réussit à condamner Blake et Mortimer à rester prisonniers dans la grotte. Nos deux amis commencent alors à avancer au hasard dans la grotte en espérant trouver une autre sortie. Après avoir découvert une mine d'orichalque, ils finissent par s'évanouir, irradiés. Quand ils se réveillent, non seulement Blake et Mortimer sont parfaitement guéris mais de plus, ils ont quitté la caverne, se retrouvant dans un monde bizarre et futuriste. Ils sont conduits devant le chef de l'endroit qui se fait appeler Basileus. Celui-ci les condamne à rester jusqu'à la fin de leurs jours dans cet endroit. Blake et Mortimer sont mis sous la protection d'un certain prince Icare, qui leur explique leur situation : ils sont en Atlantide.

Indéniablement, depuis que je me suis lancé dans la lecture des Aventures de Blake et Mortimer, il y a delà environ deux mois, avec Le secret de l’Espadon, s’il y avait bel et bien un album que j’étais pressé de lire, c’était indubitablement L’Énigme de l’Atlantide. La raison, en fait, est toute simple, surtout pour ceux qui me connaissent personnellement, mais comme pour la plus part des gens qui viennent sur ce blog, ce n’est pas le cas, je vais tacher de vous expliquer le pourquoi du comment avant de me lancer dans la critique a proprement parlé de cet album. Depuis bien des années, probablement depuis ma plus tendre enfance, j’ai été fasciné par ce continent mythique qu’est l’Atlantide, ainsi, il m’est arrivé, a moult reprises, de lire maints livres sur le sujet, de me procurer tout un tas de magazines, plus ou moins sérieux, qui abordaient ce thème, mais aussi, de ne jamais dire non quand l’opportunité de regarder un reportage consacré à l’Atlantide se présentait. Bien entendu, la plus part du temps, c’était un peu tout et n’importe quoi et, d’ailleurs, avec du recul, je dois reconnaitre que j’ai lu, bien trop souvent à mon gout, bien des foutaises au sujet de ce continent perdu dont a parlé, en son temps, un certain Platon. Pourtant, et même si avec l’âge, je suis bien moins crédule qu’auparavant et que mon scepticisme s’est forgé – fut un temps, a la question, « croyez-vous à l’Atlantide ? », j’aurais répondu oui sans hésiter, désormais, je suis plus prudent mais n’ai pas perdu la foi – je n’ai pas perdu l’espoir qu’un jour, qui sait, soit trouver trace d’une ou plusieurs anciennes civilisations qui auraient pu, d’une façon ou d’une autre, inspirer Platon pour son Atlantide. Du coup, ceci étant dit, vous comprenez pour quelle raison j’avais grande hâte de découvrir qu’elle était la vision qu’Edgar P. Jacobs, dans son œuvre, nous avait donné de son Atlantide, et sur ce point, je n’ai pas été déçu, bien au contraire.

Perplexe suite au Secret de l’Espadon, enthousiasmer par Le mystère de la grande pyramide et n’ayant pas sauté au plafond par la lecture de La marque jaune, je n’en étais pas moins confiant avant de me plonger dans cette fameuse et tant attendue Énigme de l’Atlantide, quatrième opus des Aventures de Blake et Mortimer. Il faut dire que, outre le sujet de cet album, celui débute décidément plutôt bien, et ce, dès la première page, ce qui est notable pour un vieux spécialiste de la question atlante comme moi : en effet, dans la première case nous est présenté une ile de l’archipel des Açores, l’un des lieux que l’on prétend etre parmi les tous derniers vestiges de l’Atlantide. D’ailleurs, immédiatement, je me suis souvenu ce que me racontait mon père (lui originaire d’une autre ile portugaise, Madère) au sujet du lien entre Açores et Atlantide : en effet, depuis longtemps, il est dit que l’archipel ne serait, en fait, que les sommets les plus élevés de l’ile-continent atlante. Et donc, sur ce point, je ne peux que louer Jacobs pour avoir crédibilisé son récit plutôt que de s’etre perdu en divagations au sujet de la localisation de l’Atlantide ; après tout, pourquoi faire compliquer lorsque l’on peut faire simple ? Et d’ailleurs, l’on sent, comme à son habitude, que l’auteur sait pertinemment de quoi il parle car, toute légende qu’elle soit, nous avons là, non seulement, droit à une localisation crédible de l’ile, mais aussi, a une Atlantide type telle qu’on la voyait dans les années 50/60 : prenant le récit de Platon a la lettre, l’Atlantide de Jacobs, pour l’habitué, est fidèle à la vision coutumière que l’on peut avoir d’elle, et qui plus est, l’auteur a pris un malin plaisir à lier celle-ci a un autre phénomène très en vogue à l’époque, celui des soucoupes volantes, qui, ici, sont liées aux atlantes. Du coup, le lecteur se retrouve avec une Atlantide futuriste, qui vit dissimulée du reste de l’humanité, mais qui n’en continue pas moins à nous observer par le biais des ovnis ; bref, de la SF pure et dure bien dans l’ère du temps, certes pas vraiment originale, mais qui n’en est pas moins bigrement efficace.


Alors bien sûr, les puristes pourront justement trouver à redire sur un scénario de base qui n’est pas franchement original, mais si l’on remet les choses dans leurs contextes, c’est on ne peut plus normal : après tout, dans les années 50, bien rares auraient été les auteurs qui nous auraient présenté une Atlantide aux antipodes de celle connu par le grand public ; et puis, n’oublions pas qu’à la base, et quoi qu’on en pense désormais, Blake et Mortimer était destiné aux jeunes enfants, d’où, l’inutilité de se lancer dans une complexification de la chose qui aurait été inutile, et, quelque part, anachronique. Mais alors, c’est bien beau de m’attarder sur la toile de fond de cet album mais quid du scénario de celui-ci ? Avons-nous là droit à un bon opus de Blake et Mortimer ? Indéniablement, à mes yeux, c’est le cas. En effet, pour ce que j’ai lu jusque-là de l’œuvre de Jacobs, Blake et Mortimer, pour moi, c’est ce genre d’aventures que je préfère avant tout, de l’action, du suspens, un peu de science-fiction voir beaucoup, des coups de théâtre à n’en plus finir et une toile de fond qui me fait dire : ça c’est de l’aventure comme je les aime ! Un peu simpliste, de nos jours ? Probablement, en effet, mais qu’importe finalement : cette Atlantide, elle est peut-être absolument sans aucune surprise, mais comme toile de fond pour un album de Blake et Mortimer, elle était tout simplement parfaite !

BLAKE ET MORTIMER – LA MARQUE JAUNE



LES AVENTURES DE BLAKE ET MORTIMER – LA MARQUE JAUNE

Dans la nuit pluvieuse londonienne un mystérieux criminel commet une série de cambriolages spectaculaires signés avec la lettre grecque μ entourée d'un cercle dessiné à la craie jaune. Cette série culmine par le vol de la couronne royale dans la Tour de Londres. Nul ne peut arrêter ce personnage insaisissable, capable d'assommer les gens sans les toucher. Blake est alors chargé par le MI5 d'aider l'inspecteur-chef Glenn Kendall de Scotland Yard à résoudre cette affaire, ce qui ne l'empêche pas de passer une agréable soirée avec ses amis (Mortimer, Leslie Macomber, rédacteur en chef du Daily Mail, Sir Hugh Calvin, juge, le Professeur Raymond Vernay, médecin et le Professeur Jonathan Septimus, psychiatre) au Centaur Club. Le soir même, Vernay est enlevé, puis c'est au tour de Macomber. Il ne fait alors aucun doute que Calvin et Septimus sont les prochaines cibles ; ils disparaissent eux aussi malgré la protection de la police.

Depuis le début de cette année, j’ai décidé de me lancer dans la découverte de l’une des bande dessinées de l’univers dit franco-belge, parmi les plus célèbres, je veux bien évidement parler de l’œuvre cultissime du regretté Edgar P. Jacobs, Les aventures de Blake et Mortimer. Ainsi, en février dernier, je vous avais proposé sur ce même blog les critiques des deux premières aventures du duo britannique, Le secret de l’Espadon (en trois tomes) et Le mystère de la grande pyramide (celui-ci, en deux tomes). Etant alors un parfait néophyte en la matière, c’était donc, de fait, tout un univers que je découvrais, au fil de la lecture de ces premiers tomes de cette grande saga, et si, je dois avouer que j’ai eu bien du mal avec les deux tiers du Secret de l’Espadon, qui avaient, de mon point de vu, plutôt mal vieillis, la suite m’était apparue bien plus enthousiasmante et même si tout n’était peut etre pas parfait, je ne pouvais que m’incliner devant une qualité qui elle, était indubitablement au rendez-vous, surtout pour ce qui est du Mystère de la grande pyramide, que je n’hésitais pas à comparer aux meilleurs Tintin, tout bonnement ! Et donc, comme j’avais débuté la lecture de cette œuvre, je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin puisque, empruntant les albums à ma médiathèque, je n’avais pas, ici, l’excuse d’etre en manque de liquidités pour parfaire mon avancée dans la saga – hum, qui a dit Thorgal ou quelques autres ? Alors, cette fois ci, et comme je disposais de deux semaines de congés devant moi, ce ne fut pas trois ou deux albums que j’ai emprunter, mais tout bonnement quatre, dont deux, dont je vais vous parler aujourd’hui, m’ont accompagner pendant mon séjour de la semaine passée à Rome.


Tout néophyte que j’étais, il est indéniable que si, avant de me plonger dans la lecture des Aventures de Blake et Mortimer, il y avait un album que je connaissais déjà, c’était bel et bien cette Marque jaune ; oh, bien entendu, pas par son contenu, mais sa couverture, son titre m’étaient tout aussi familiers, voire plus, que bon nombre d’autres œuvres, et ce, depuis toujours ou presque. Il faut dire, pour expliquer cela, que pour bon nombre de fans du duo britannique, La marque jaune est souvent considérée comme étant le tout meilleur album de la saga, du moins, c’est l’avis qui revient le plus souvent, alors, forcément, même si vous n’y connaissez rien, comme c’était mon cas il n’y a pas si longtemps encore, celui-ci, tellement mis en avant sur le net, la presse ou les rayons, ne pouvait que vous etre familier. Mais alors, et tandis que j’étais encore plus qu’enthousiasmer par la lecture du Mystère de la grande pyramide, la lecture de cet album est-il venu confirmer tout le bien que l’on dit de lui depuis plus d’un demi-siècle ? Hum, disons que je suis un peu mitigé…

Je ne vais pas vous mentir, La marque jaune est un très bon album, sur ce point, il n’y a strictement rien à dire : tant graphiquement que scénaristiquement, la patte de Jacobs se fait sentir et force est de constater que la qualité est bel et bien au rendez-vous, du coup, vous redire tout le bien de ce que je pense de la saga en général me semble superflu. Non, pour moi, le problème est tout autre, et d’ailleurs, c’est davantage une affaire de gouts qu’autre chose : en effet, si j’avais autant apprécié Le mystère de la grande pyramide, c’était avant toute chose pour son dépaysement, son exotisme, son coté mystérieux où l’on sentait planer la marque de l’ancienne Egypte. Or, dans la Marque jaune, l’aventure, pour la première fois condensée en un seul album, ce qui est une première, le scénario est, finalement, beaucoup plus terre à terre ; oh, je sais, j’entends déjà les spécialistes de Jacobs hurler aux loups en m’affirmant que nous avons tout de même là du contrôle mental, mais bon, franchement, pour moi, les choses ne sont pas comparables. Du coup, d’un album que j’ai trouvé tout bonnement génial, je suis passé à un fort bon album, je ne le nie pas, mais qui est avant toute chose une enquête policière dont l’action se déroule a… Londres. Oh, certes, je n’ai rien contre la capitale britannique et puis, comment ne pas reconnaitre que celle-ci est superbement retranscrite dans les planches de cet album. Mais bon, pour moi, le Londres des années 50, ce n’est pas l’Egypte, et puis bon, je suis désolé mais entre des pyramides, d’anciens secrets égyptiens et des trésors cachés et un savant fou qui, pour se venger, en manipule un autre, bah, il n’y a pas photo. Jugement injuste et partisan ? J’en conviens, mais, comme je vous le disais, ici, c’est une affaire de gouts qui priment avant toute autre considération.


Mais alors, je ne l’ai pas apprécié cette Marque jaune ? Eh bien, disons que malgré le fait que je reconnaisse que l’histoire se tient, que les dessins soient de fort bonne qualité et que souvent, l’action est au rendez-vous, je m’étais fait, avant coup, une telle montagne de cet album qu’au final, il n’a peut-être pas accouché d’une sourie, mais bon, il n’en était pas loin. Alors oui, je sais qu’en affirmant cela, je ne me ferais probablement pas des amis, mais bon, que voulez-vous, déjà, je pense que je survivrais a cet état de fait, ensuite, ce n’est qu’un avis personnel et celui-ci ne prime aucunement sur les autres et est encore moins parole d’évangile, et puis… oh bah vous savez, les gouts et les couleurs… Par contre, si dans le fond, il n’y a rien à redire sur le travail minutieux et précis du sieur Jacobs, comment celui-ci a-t-il été capable de laisser passer une aussi grosse boulette : à la fin de l'album, le vilain de l’histoire explique à Mortimer qu'il a rencontré celui qu'il ne sait pas être le colonel Olrik errant dans le désert et l'a ramené à Londres « avant la guerre ». Or les événements qui ont conduit Olrik à perdre la raison, racontés dans Le Mystère de la grande pyramide, sont postérieurs à la guerre en question, racontée dans Le Secret de l'Espadon. Notre vilain précise pourtant avoir eu Olrik comme serviteur durant ce conflit mondial, dont le colonel était un des principaux protagonistes !? Franchement, tout bonnement inimaginable pour ne pas dire impardonnable !