Mon
avis : Amoureux d’énigmes policières, de
disparitions inexpliquées, de mystères non résolus, ce vieux, très vieux hors
série de la revue Historia est
indéniablement fait pour vous. J’ai personnellement, dans ma bibliothèque,
quelques petits trésors du même genre que j’ai lu et relu un nombre
incalculables de fois et dont je ne me lasse jamais, tous sont anciens, ce
numéro d’Historia, par exemple, date
de 1982, mais un peu comme le bon vin, j’ai l’impression qu’ils se bonifient
avec les années. Serais-ce que les revues actuelles sont de moins bonne qualité
ou, plus surement, parce qu’a la base, ces vieux hors séries étaient tout
simplement excellent, quoi qu’il en soit, c’est toujours avec un grand plaisir
que je me replonge dans la lecture de ceux-ci, et, bien entendu, cet Historia Spécial intitulé Morts mystérieuses ne déroge pas à la
règle. Certes, certains cas sont archis connus, que cela soit l’affaire Calas,
l’espagnolette du prince de Condé ou le cas Fawcett, les amoureux du genre n’y
trouveront rien de nouveau à se mettre sous la dent. De même, on à droit au
fameux canular qu’est le régiment soit disant disparu dans un nuage à Gallipoli
et dont tous les passionnés de paranormal nous rabâchent les oreilles depuis
prêt de cinquante ans (et cela dure encore de nos jours alors que dans ce hors
série, datant, pour rappel de 1982, on nous explique ce que c’est : tout juste
un canular), mais sincèrement, ce numéro spécial d’Historia mérite
largement le détour, tout d’abord, pour la grande qualité de ses articles,
ensuite, pour l’éclectisme des cas abordés qui fait que l’on passe de cas très
connus, donc, a d’autres, bien plus obscurs mais tout aussi passionnants.
Alors, si vous êtes amateurs de vieux crimes non résolus et si vous avez
l’occasion de vous le procurer, n’hésitez pas une seule seconde, ce vieux
numéro d’Historia est fait pour vous !"D’abord, ils nieront la chose. Ensuite, ils la minimiseront. Enfin, ils diront que cela se savait depuis longtemps."
lundi 17 janvier 2011
HISTORIA SPÉCIAL – MORTS MYSTÉRIEUSES
Mon
avis : Amoureux d’énigmes policières, de
disparitions inexpliquées, de mystères non résolus, ce vieux, très vieux hors
série de la revue Historia est
indéniablement fait pour vous. J’ai personnellement, dans ma bibliothèque,
quelques petits trésors du même genre que j’ai lu et relu un nombre
incalculables de fois et dont je ne me lasse jamais, tous sont anciens, ce
numéro d’Historia, par exemple, date
de 1982, mais un peu comme le bon vin, j’ai l’impression qu’ils se bonifient
avec les années. Serais-ce que les revues actuelles sont de moins bonne qualité
ou, plus surement, parce qu’a la base, ces vieux hors séries étaient tout
simplement excellent, quoi qu’il en soit, c’est toujours avec un grand plaisir
que je me replonge dans la lecture de ceux-ci, et, bien entendu, cet Historia Spécial intitulé Morts mystérieuses ne déroge pas à la
règle. Certes, certains cas sont archis connus, que cela soit l’affaire Calas,
l’espagnolette du prince de Condé ou le cas Fawcett, les amoureux du genre n’y
trouveront rien de nouveau à se mettre sous la dent. De même, on à droit au
fameux canular qu’est le régiment soit disant disparu dans un nuage à Gallipoli
et dont tous les passionnés de paranormal nous rabâchent les oreilles depuis
prêt de cinquante ans (et cela dure encore de nos jours alors que dans ce hors
série, datant, pour rappel de 1982, on nous explique ce que c’est : tout juste
un canular), mais sincèrement, ce numéro spécial d’Historia mérite
largement le détour, tout d’abord, pour la grande qualité de ses articles,
ensuite, pour l’éclectisme des cas abordés qui fait que l’on passe de cas très
connus, donc, a d’autres, bien plus obscurs mais tout aussi passionnants.
Alors, si vous êtes amateurs de vieux crimes non résolus et si vous avez
l’occasion de vous le procurer, n’hésitez pas une seule seconde, ce vieux
numéro d’Historia est fait pour vous !LES MYSTÈRES DE HARRIS BURDICK

LES MYSTÈRES DE HARRIS BURDICK
Chris van Allsburg a découvert les dessins de ce livre chez Peter Wenders. Ce retraité était éditeur de livres pour enfants. Un jour, un homme se présentant comme Harris Burdick est venu le voir, expliquant qu'il avait écrit et illustré quatorze histoires. « Il n'avait apporté qu'un seul dessin sur chaque histoire » et devait apporter ces histoires le lendemain matin. Quatorze images étranges, bizarres, insolites, extraordinaires... en noir et blanc, pour parler, pour rêver...
ARCHIE SMITH, LE PRODIGE
Une petite voix demanda : « Est-ce que c'est lui ? »
SOUS LA MOQUETTE
Deux semaines passèrent et cela recommença.
UN JOUR ETRANGE DE JUILLET
Il le lança de toutes ses forces, mais le troisième caillou revint en ricochant.
ECHEC A VENISE
Même en faisant machine arrière de toute sa puissance, le paquebot avançait de plus en plus dans le canal.
AUTRE LIEU, AUTRE TEMPS
S'il y avait une réponse, c'est là qu'il la trouverait.
DES INVITES INATTENDUS
Son cœur battait très fort. Il était certain d'avoir vu le bouton de la porte tourner.
LA HARPE
C'était donc vrai, pensa-t-il, c'est absolument vrai.
LA BIBLIOTHEQUE DE M. LINDEN
Il l'avait prévenue pour le livre. Maintenant c'était trop tard.
LES SEPT CHAISES
La cinquième s'est arrêtée en France.
LA CHAMBRE DU SECOND
Tout a commencé quand quelqu'un a laissé la fenêtre ouverte.
DESSERT VIVANT
Elle abaissa le couteau et cela devint encore plus lumineux.
CAPITAINE TORY
Il balança sa lanterne trois fois et la goélette apparut lentement.
OSCAR ET ALPHONSE
Elle savait qu'il était temps de les renvoyer. Les chenilles se tortillèrent doucement dans sa main, en lui disant « au revoir ».
LA MAISON DE LA RUE DES ERABLES
Ce fut un beau décollage.
Cet article, je comptais l’écrire depuis longtemps et ce n’est qu’aujourd’hui, finalement, que je m’y attelle, mais comme dirait l’adage populaire, « mieux vaut tard que jamais ». Alors, bien évidement, Les Mystères de Harris Burdick est avant tout autre chose un livre pour enfants, cependant, que les grincheux prennent gardent avant de râler : pas n’importe lequel, de part ses qualités, bien entendu, mais aussi de part son contenu, curieux de prime abord, qui en fait tout son charme, sa valeur, et surtout, que a fait de cet album l’un des ouvrages les plus utilisés par les professeurs de primaire dans notre beau pays depuis fort longtemps, comme je vais essayer de vous expliquer.
Ce fut par le biais de mon épouse, professeur des écoles et elle-même fille d’institutrice que j’ai connu ces fameux Mystères de Harris Burdick il y a quelques années déjà. Immédiatement, elle m’avait prévenu que cet ouvrage risquais fort de me plaire de part son contenu et ce fut donc, avec une curiosité certaine que je le découvris, un jour lointain de fin 2005. Immédiatement, des le préface, je fus conquis : ainsi donc, l’auteur, Chris Van Allsburg, mettait en scène tout un scénario qui fleuretait de bon aloie avec le fantastique et le mystérieux où, selon lui, les illustrations de l’album étaient l’œuvre d’un homme, le fameux Harris Burdick, qui les avaient laissé a un vieil éditeur, depuis a la retraite, du nom de Peter Wenders, et qui étaient sensées représentées quatorze histoires, avant de disparaître mystérieusement dans la nature de la même façon dont il était apparu. Chris Van Allsburg, étant, toujours selon ses dires, entré en contact avec cet éditeur, plusieurs années plus tard, s’était alors décidé à publier les dites illustrations sous le titre, donc, des Mystères de Harris Burdick. Bien évidement, il n’en est rien, Chris Van Allsburg est en réalité l’auteur de l’ouvrage, quant a Harris Burdick, celui-ci n’est qu’un personnage imaginaire, mais le ton est lancé, afin de donner une consistance et un lien a l’ensemble de l’album, composé d’illustrations disparates, et permet de plonger davantage le lecteur, jeune, rappelons le, dans le coté mystérieux de la chose.
Et force est de constater que ca marche, car, pour ceux qui ne connaitraient pas cet album de jeunesse, Les Mystères de Harris Burdick ne racontent nulle histoire en soit, les quatorze illustrations sont indépendantes les unes des autres et leur seul et unique lien, justement, est ce vrai faux mystère que l’on nous présente dans la préface de l’album. Mais alors, où est l’intérêt de la chose s’il n’y a pas d’histoire a proprement parler puisque, par habitude, les albums jeunesse, et pas qu’eux d’ailleurs, racontent tout de même une histoire ? Serais ce un simple livre d’illustrations, habillement maquillée par un auteur qui ne savait que faire de quelques unes de ses productions ? Nullement, et c’est là tout le génie qui transparait de cette œuvre de Chris Van Allsburg car, au lieu de nous proposer sa vision des choses, c’est a une fantastique invitation au voyage dans notre imaginaire qu’il nous propose. Ici, nul récit formaté, ni début, ni fin véritable, chacune des quatorze illustrations qui parsèment cet album (et dont j’ai mis les titres en préambule de cet article) sont une ouverture vers un autre monde, celui de l’imaginaire, et chacun, qu’il soit petit, ou bien plus grand, car Les Mystères de Harris Burdick plairont probablement aux grands passionnés de fantastique que nous sommes, se plaira a essayer d’inventer une histoire, quatorze histoires voir même plus, chacune indépendante les unes des autres, n’ayant aucune limites, si ce n’est, celles de notre propre imagination.
Car lorsque l’on voit une maison décollée dans la nuit noire, telle une fusée, quand on s’interroge, devant cette forme mystérieuse sous la moquette qui semble effrayer un individu qui essaye tant bien que mal de se défendre ou bien, quand on se demande pourquoi un caillou lancer dans l’eau revient mystérieusement a son lanceur, notre cerveau, ramollis par la télévision, par le cinéma, par les jeux vidéos, bref, notre cerveau qui n’a plus forcement l’habitude de réfléchir par lui-même, qui ne sait plus ce qu’est inventer une histoire, commence a échafauder de multiples théories, a imaginer le pourquoi du comment, une préquelle a la scène, une suite, bref, de passif, le lecteur devient actif et chacun, devant ses illustrations, aura créer ses propres récits, aura fourni ses propres explications, but, véritable et avouer de l’auteur et de son ouvrage.
Alors, devant le coté ludique évidant des Mystères de Harris Burdick, chacun comprendra pourquoi cet album, déjà vieux de près de trente ans environ, soit toujours vu d’un très bon œil du coté du corps enseignant dont les membres ne cessent de l’utiliser avec leurs classes. Après tout, quel formidable moyen de stimuler les imaginations des plus jeunes que cet album, surtout a une époque ou le verbe « réfléchir » serait presque un gros mot et ou pour ce qui est de l’imagination, celle-ci soit devenue une espèce, quasiment, en voix d’extinction comme tant d’autres. J’ai eu l’occasion de lire quelques compositions, au fil des années, des élèves de mon épouse et si, bien entendu, le meilleur côtoie bien trop souvent le pire, j’ai put, parfois, m’extasier devant telle idée, tel récit que j’ai estimé plutôt pas mal venant d’enfants aussi jeunes, comme quoi, il y a encore parfois matière à espérer pour certains.
Vous comprendrez donc pourquoi, personnellement, je tiens Les Mystères de Harris Burdick en très haute estime mais aussi, pourquoi cela faisait longtemps que je comptais lui consacré un article. Bien évidement, vous parler d’un album jeunesse sans faire mention des talents d’illustrateurs de son auteur, Chris Van Allsburg, serait une hérésie, et même si vous avez depuis longtemps quittés les bancs de l’école primaire, je pense que les quatorze planches qui composent cet album, uniquement composées de noir, de blanc et de tout un tas de nuances de gris, les cadrages inhabituels, les éclairages surgis de nulle part, l’atmosphère mystérieuse de ses dessins tout simplement beaux, mais aussi insolites, étranges, fantastiques, troublants, angoissants, fascinants, photographiques, oniriques, terrifiants et familiers, irréels et pourtant hyperréalistes ne pourront, indéniablement, que vous fasciner et vous scotcher devant un tel étalage de merveilleux.
Les Mystères de Harris Burdick est un album pour enfants ? C’est certes exact mais cela me parait fort réducteur ; si vous aimez le merveilleux, le fantastique, et surtout, si vous faites partis de ceux qui aiment rêver, ou cauchemarder, et surtout, si vous n’avez pas peur de créer vos propres récits, alors, vous en conviendrez peut être, comme moi, que cet œuvre de Chris Van Allsburg plaira autant aux plus jeunes qu’aux adultes, enfin, ceux qui ont sur garder en eux un gout pour l’imaginaire.
vendredi 14 janvier 2011
L’ADVERSAIRE

L’ADVERSAIRE
Jean-Marc Faure habite un petit appartement avec sa femme, Christine, qui le presse d'acheter une maison, et leurs deux enfants. Médecin, il travaille à l'Organisation mondiale pour la santé. C'est du moins ce que croit tout son entourage, son meilleur ami, Luc, compris. Car Jean-Marc s'est inventé une vie de mensonges. Il n'a jamais fini ses études de médecine, n'a aucune profession et passe ses journées à traîner dans les couloirs de l'OMS, en prenant soin de ne pas attirer l'attention, ou à lire dans sa voiture. L'argent, il l'a «emprunté» à son beau-père, auquel il a fait miroiter un juteux placement. Il se sert aussi parfois sur le compte de ses parents, qui vivent pourtant modestement...
Il y a environ quatre ou cinq ans (la mémoire me faisant défaut), j’avais déjà eu l’occasion de regarder ce film, sauf que, m’écroulant misérablement comme une larve, je m’étais endormis vers la fin et ne m’étais réveiller que lors du générique, ce qui, je m’en souviens, m’avait fortement frustré. Car, et cela était une évidence, j’avais assez bien aimé L’Adversaire, le film m’avait marqué et avait été l’occasion, accessoirement, d’une longue discussion avec ma femme, sur les mensonges et la mythomanie des gens en règle général, mais aussi et surtout sur quelque uns que l’on pouvait connaître. Ainsi, ce fut avec plaisir et un enthousiasme certain que j’appris la rediffusion hier soir de ce film, me promettant, cette fois ci, de tenir jusqu’au bout, ce que je fis sans grande difficultés par ailleurs, mais ceci nous éloigne déjà du sujet principal de cet article.
J’ai été assez surpris de voir sur le net pas mal d’avis contradictoires au tour de ce film ; non pas sur sa qualité en tant que soit, mais plus sur l’éternelle question : a-t-on le droit ou non de montrer au cinéma de tels drames, d’utiliser un drame bien réel, lui, de le romancer et de le présenter, gagnant de l’argent au passage. Si je peux, personnellement, comprendre que cela ne plaise pas forcement aux proches, et encore, faudrait-il voir leur avis, chose que je n’ai pas faite, je ne vois pas vraiment pourquoi le cinéma devrait s’en tenir au simple divertissement comme le souhaiteraient certains ? Car si l’on ne peut pas parler d’un drame, alors c’est simple, finissons en également avec les œuvres historiques, les films de guerre etc. Et puis, c’est quoi cette histoire de divertissement ? Les films qui font réfléchir n’ont-ils pas leurs places eux aussi ? Déjà que la majeure partie de la population se contente des productions US genre les films d’action a la « moi voie, moi tue » et les comédies a l’eau de rose dont on nous abreuve, pour ne pas dire, on nous noie en permanence, il faudrait en plus se priver des rares films qui, crime de lèse majesté pour certains visiblement, nous ferait, un temps soit peu réfléchir ? Ou bien, c’est trop dur de réfléchir et l’on est un fanatique absolu de bouses monumentales a la Taxi 1, 2, 3, etc. et l’on se complait devant un vidéo clip de une heure trente bourré de scènes d’actions et de tirs dans tous les sens, ou bien l’on se dit que le cinéma, même s’il est avant tout un divertissement, sert aussi a autre chose, a dénoncer par exemple, mais aussi, a réfléchir.
Je ne suis pas là a essayer de glorifier L’Adversaire, ce n’est pas mon propos, c’est un bon film, indéniablement, même très bon dans son genre, mais ce n’est pas non plus un chef d’œuvre du septième art ; cependant, a-t-il été calibré pour cela ? Non, et ce n’est pas plus mal ; car ce film, inspiré d’une histoire vraie, donc, et d’un drame qui eu lieu en 1993 où un homme tua sa femme, ses deux enfants et ses parents après avoir inventé un faux travail, de faux revenus, une fausse vie en gros pendant dix-huit ans, n’est pas fait pour tout le monde. Servi par des acteurs inspirés, en premier lieu un Daniel Auteuil dont je ne suis pas spécialement fan mais qui est tellement bien entré dans la peau de son personnage qu’il en devient inquiétant, L’Adversaire est un film sombre, très sombre même, oppressant au possible et par ailleurs affreux par moments : personnellement, j’ai put en voir des films d’horreurs ou prétendus tels, mais l’indicible scène où le spectateur sait par avance que le gamin n’en a plus pour longtemps, qu’il va mourir, alors qu’il regarde tranquillement Père Castor a la télé, créant au passage un contraste saisissant entre le générique enjoué du dessin animé et l’intensité dramatique de la scène, m’aura bien plus marquer qu’une flopée de films d’horreurs. Mais l’Adversaire, plus qu’une histoire d’un mythomane devenu meurtrier des siens, est surtout un grand film sur la lâcheté humaine car ne nous leurrons pas, ce Jean-Marc Faure (Daniel Auteuil), avant d’être un mytho de premier ordre, est avant tout un lâche, qui a toujours, dans sa vie, eu peur de tout : des examens, des gens, du regard des autres, de la découverte de ses mensonges qui en entrainent d’autres, et encore, et encore jusqu’au jour où tout éclate, et là, ne supportant plus rien, le drame, horrible, indicible, affreux qui conclu le film.
Je ne pourrais pas m’empêcher, en guise de conclusion, de comparer L’Adversaire avec une œuvre traitant elle aussi de la mythomanie, A l’Origine, dont j’ai écrit la critique sur ce blog il y a quelques mois, mais plus pour en marquer les différences, car si, dans les deux films, nous retrouvons avec plaisir François Cluzet et Emmanuelle Devos, le second nous narre un simple escroc, terriblement doué pour le mensonge certes, mais finalement, loin d’être véritablement dangereux. Par contre, dans L’Adversaire, le personnage présenté est d’un tout autre calibre, que cela soit par l’ampleur et la durée tout bonnement impressionnante de ses mensonges, mais aussi et surtout, de part les causes et les conséquences finales de ses actes, mais c’est aussi, ne nous leurrons pas, un type perdu dans ses mensonges, qui finis dévorer par ceux-ci. Un film bouleversant, diablement oppressant et qui, justement, ne laisse pas indifférent. Oui, L’Adversaire fait partie de ces films qui font réfléchir, et qui nous amènent à nous poser des questions sur la nature humaine, sur la folie, les mensonges de certains, et parfois, ce n’est pas très rassurant non plus…
THE IDIOT

THE IDIOT
Iggy Pop – 1977
1- Sister Midnight (Iggy Pop, Bowie, Alomar) – 4:19
2- Nightclubbing (Iggy Pop, Bowie) – 4:14
3- Funtime (Iggy Pop, Bowie) – 2:54
4- Baby (Iggy Pop, Bowie) – 3:24
5- China Girl (Iggy Pop, Bowie) – 5:08
6- Dum Dum Boys (Iggy Pop, Bowie) – 7:12
7- Tiny Girls (Iggy Pop, Bowie) – 2:59
8- Mass Production (Iggy Pop, Bowie) – 8:24
Ah, Iggy Pop, l’Iguane, toujours vaillant après toutes ces années écoulées. Pourtant, on ne peut pas vraiment dire que cela était le cas dans les années 70, bien au contraire : les Stooges aux oubliettes, il vit un temps dans la rue, enregistre un album qui sera refusé par toutes les maisons de disques de l’époque et passe un an en hôpital psychiatrique. Au même moment, un certain David Bowie qui a, depuis longtemps, tuer Ziggy, alors que le monde s’extasie pour des fadaises sans grand intérêt s’apprête à sortir, tout un tas d’albums qui vont marquer musicalement les dix années à venir et décide, une fois de plus, après la production du dernier album des Stooges quelques années plus tôt, d’aller chercher celui qu’il admire, Iggy Pop, d’abord sur la tournée Station to Station puis l’amène en Europe, où seront enregistrer, au Château d'Hérouville, Low et The Idiot, puis a Berlin pour Heroes et Lust for Life. L’homme qui, avec Brian Eno, inventa la new wave en cette fin de décennie, sera donc déterminant pour la renaissance artistique de l’Iguane, pour ne pas dire sa renaissance tout court.
Alors bien sur, les puristes stoogiens crieront au scandale en découvrant ce chef d’œuvre absolu, ce modèle d’aboutissement esthétique qu’est The Idiot, d’autres prétendront que le vampire Bowie utilisa Iggy Pop, ce qui peut paraître exagérer alors que le premier était au sommet de son art et le second, et ben, ne faisait plus grand-chose. Personnellement, pour moi, les choses sont claires depuis fort longtemps : d’Iggy Pop, je ne retiendrais que cinq albums : les trois avec les Stooges, The Idiot et Lust for Life, a quoi j’ajouterais, bien entendu, quelques chansons par ci, par la. Et dans cette sélection, certes réduite, mon préféré est incontestablement The Idiot, album qui nous préoccupe donc aujourd’hui.
Car malgré tout ce que l’on peut en penser, il est indéniable que le duo Iggy Pop/ David Bowie a réussie là un coup de maitre magistral, un disque que l’on peut qualifier sans peine de majeur et qui sera reconnu a sa juste valeur par des générations de musiciens et d’amateurs de musique. Prenant place par la force des choses dans la trilogie berlinoise de David Bowie, complément indispensable à celle-ci, The Idiot, superbe travail des deux hommes (qui, pour la petite histoire, travaillaient autant a la conception de la musique que des paroles), avec son son et son ambiance froide, lourde, oppressante, post apocalyptique par moments fait partie de ces rares albums qui ne possèdent pas de points de faibles comme on pouvait encore en trouver a l’époque : démarrant en fanfare par l’inquiétant Sister Midnight et ses jeunes garçons qui n’en ont pas finis avec le complexe d’Oedipe, l’on passe ensuite par ce classique de l’ennuie chic des années növo-diskö, cet extraordinaire titre qu’est Nightclubbing, déroulant sa mélancolie sur un riff sans fin de piano cabaret, tronçonnées par les guitares d’Alomar tandis que notre Iguane préféré chante le plaisir d’apprendre de nouvelles danses, comme « the nuclear bomb ». Personnages inquiétants et orgies dans le laboratoire miteux de Dracula dans Funtime, petites filles poursuivies dans les rues de l’Allemagne de Weimar dans Baby, histoire d’amour avec une China Girl (et oui, il n’y a pas que la version ultra connue de Bowie dans la vie, écoutez celle-ci si vous ne la connaissez pas, elle vaut son pesant d’or) tout en se rêvant en Marlon Brando et même, histoire semi autobiographique d’Iggy lui-même se racontant comme une vieille trave dans Dum Dum Boys, l’ensemble, jusqu'à Mass Production qui clôt l’album fait de The Idiot un classique du genre, un disque, si ce n’est le disque le plus abouti d’Iggy Pop (même si j’ai conscience que je vais en faire hurler plus d’un en affirmant cela) et tellement révélateur de son temps, et surtout, de la futilité et du désenchantement des années a venir. Bowie et l’Iguane partiront ensuite pour Berlin, où sera enregistrer Heroes et Lust for life, celui-ci plus divers et coloré (et accessoirement, plus facile d’accès pour les fans) mais la révolution est en marche, Ian Curtis met The Idiot sur sa platine et s’apprête a se pendre, ridiculiser voir tuer par le punk et la new wave naissante, les derniers survivants des sixties vont disparaître pour la plupart ou débuter une très longue traversée du désert, et l’homme commence a comprendre que la décennie qui arrive, les 80, ne seront pas faciles pour lui et que le rêve est bel et bien finis. Mais la musique à venir, devra beaucoup à quelques uns qui auront réalisé des albums majeurs, ici de là, sur le long terme, mais qui ne seront pas forcement bien vendus, et parmi ceux-ci, indéniablement, The Idiot y trouve toute sa place.
dimanche 2 janvier 2011
THORGAL – L’ÎLE DES MERS GELÉES
mardi 28 décembre 2010
LE NOM DE LA ROSE

LE NOM DE LA ROSE
En l'an 1327, le moine guillaume de Baskerville, aidé du novice Adso, sont appelés dans un monastère pour enquêter sur la mort mystérieuse d'un moine. Leur démarche est entravée par des comportements où tout le monde a l'air de cacher quelque chose. Un autre moine meurt, assassiné. Un aveugle, Jorge de Burgos, semble connaître la cause des meurtres, mais reste hermétique à toute approche. De son côté Adso découvre l'amour avec une jeune fille qui s'est introduite dans le monastère. L'enquête se complique avec l'arrivée d'un prêtre de l'inquisition. Il s'agit avant tout pour lui d'arrêter les présumés coupables et de les condamner le plus rapidement possible aux flammes du bûcher.
Je n'ai pas découvert Le nom de la rose hier, encore moins avant hier, ce film, que dis-je, cette œuvre, je l'ai vu pour la première fois encore adolescent, même si à l'époque, j'étais encore bien trop jeune pour en apprécier toute la subtilité, toute la quintessence et le reconnaître a sa juste valeur, c'est à dire, comme l'une des œuvres cinématographiques majeures des années 80. Bien évidement, certains hurleront au loup devant une telle affirmation, jugeant tel autre film meilleur ou plus représentatif d'une décennie, les 80's, qui accessoirement, n'aura pas laisser un souvenir impérissable dans le septième art si on la compare a d'autres, bien plus fructueuses ; de même, quelques uns rechignerons devant le fait qu'une production européenne puisse tenir la dragée haute aux films hollywoodiens; cela, je l'assume parfaitement, surtout que des films dans le genre SOS Fantômes ou bien Un fauteuil pour deux sont certes sympathiques mais ne resterons pas dans l'histoire du septième art comme des œuvres impérissables. Bien évidement, tout cela reste une affaire de gouts personnels mais je tenais a vous le dire, ne serais ce que pour que vous compreniez toute l'importance que peut avoir a mes yeux un film comme Le nom de la rose.
Bien évidement, le film de Je an Jacques Annaud ne serait rien sans l'œuvre originale, le roman d'Umberto Eco (que je n'ai jamais eu l'occasion de lire par ailleurs mais il faudra que je m'y mettes un de ces jours), mais comme aujourd'hui, c'est l'adaptation qui est le sujet de cet article, et non le roman original, mes propos, mon ressenti, seront bien évidement ceux du film. Mais si Le nom de la rose (le livre) était considérer comme un véritable petit bijou, pour ne pas dire un chef d'œuvre, son adaptation n'en est pas moins incontournable comme je vais essayer de vous l'expliquer au mieux:
Avec sa grandiose bâtisse, sur un éperon rocheux, ses ciels nocturnes, crépusculaires ou tempétueux, Le nom de la rose est une réussite visuelle rappelant indéniablement les films d'horreurs gothiques de la grande époque de la Hammer. Comme un ancêtre mythique, l'abbaye écrase de son poids les moines et se révèle être le personnage principal, inquiétant, secret et mystique avec sa haute tour verrouillée à double tour, son inquiétant cimetière ou encore son fantasmagorique portail orné. Pour peupler le sombre et majestueux édifice, Jean-Jacques Annaud a fait appel à une véritable Cour des miracles, un défilé de tronches qui impriment leur faciès rebutant dans l'esprit du spectateur et qui marquera ceux ci fortement. Chaque personnage est un monument de laideur inoubliable : du bossu idiot à la gueule prognathe de Salvatore, joué par l'inimitable Ron Perlam au vénérable Jorge (Feodor Chaliapin Jr), vieil aveugle irascible au visage parcheminé, en passant par le bibliothécaire au profil de vautour et l'albinos adipeux qui se flagelle dans sa cellule. Autant d'injures à la Création et à la beauté qui sont contrebalancés par le visage buriné mais noble et franc de Guillaume de Baskerville (Sean Connery qui fit tout pour obtenir ce rôle qui sembla, après coup, fait pour lui) et la jeunesse insolente d'Adso (Christian Slater dans un de ses premiers rôles).
Dans cette atmosphère hostile, sombre, inquiétante, Guillaume de Baskerville, Sherlock Holmes franciscain, tente tant bien que mal de mener son enquête. Car il s'agit bien sûr et avant tout, entendons nous bien, d'une enquête sur un tueur en série sévissant dans l'abbaye, un tueur qui prend appui sur l'Apocalypse comme le tueur de Seven utilisera, des années plus tard (comme quoi, on s'inspire tous de quelque chose), les sept péchés capitaux. Chaque meurtre est, en effet, directement lié à une prophétie de l'Apocalypse : tué par la grêle ou noyé dans le sang. Le Diable habiterait-il l'abbaye ? La peur de la fin du monde semble pétrifier les moines qui, habitués du mystère et de la dissimulation, referment les portes, réelles ou non, qui auraient pu amener Guillaume de Baskerville à la vérité. L'abbaye est un huis clos physiquement mais aussi mentalement car rien ne doit filtrer en dehors de l'édifice. Et comme un certain nombre de moines semblent cacher un passé ou un présent sulfureux, le spectateur en vient à soupçonner tout le monde. Et la recherche du meurtrier, et surtout de ses mobiles, n'en devient que plus intéressante.
En parallèle de l'enquête policière, Le nom de la rose dépeint une Église médiévale en pleine tourmente. En opposition à une Église décadente et s'éloignant des préceptes du Christ, de nombreux courants se développent : les branches dissidentes vont rapidement se voir taxées d'hérétisme jusqu'à la création de l'Inquisition en 1199. Mais c'est en 1231 que le Pape Grégoire IX décide de la peine de mort pour les hérétiques les plus durs. Dans ce contexte troublé, Le nom de la rose oppose clairement une Église riche et hypocrite, celle de l'abbaye, à une Église se réclamant de la pauvreté. Comme un symbole de sa supériorité, l'abbaye est construite sur une masse rocheuse et surplombe un village miséreux : les ordures de l'abbaye sont des mets de choix pour ces derniers qui se battent pour obtenir les meilleurs morceaux, donnant au passage une scène marquante du film où des paysans crasseux se jettent comme des animaux sur cette « manne » tombée du ciel, don de la charité des moines. Cette richesse incongrue s'accompagne d'une déviance morale certaine, au moins du point de vue catholique. Tandis que les moines se montrent d'une piété certaine, l'attrait de la chair, envers le sexe opposé comme envers les jeunes moines prêts à tout pour obtenir quelques privilèges, ronge les fondations religieuses de l'abbaye comme de l'Église.
Grâce à un univers gothique remarquable, peuplé de personnages inquiétants aux gueules éprouvantes, Le nom de la rose stimule la partie sensible du spectateur, tout en descendant dans les tréfonds d'une Église catholique médiévale décante et obscurantiste. Cette Église là préfère dissimuler et détruire plutôt que voir ses préceptes remis en question. Cette même Église qui voit le Diable partout, qui voit dans le rire l'une de ses manifestations terrestres, qui sait bien qu'elle n'empêchera pas les masses populaires de rire, mais qui ne veut surtout pas que les létrés, que la petite minorité cultivée de cette époque, le moyen-âge, puisse subitement rire de tout, car alors, on rirait de Dieu également et cela serait la fin de son emprise. Un film, donc, assurément magistral de la première à la dernière seconde tant par son synopsis (mais là, bien sur, il le doit au roman éponyme), des décors et une ambiance inquiétantes faisant rappeler bien des chef d'œuvres plus anciens, un coté visuel et des « tronches » inoubliables, et une histoire captivante avec une enquête parfaitement menée par un Sean Connery en grande forme, et des implications qui donnent bien évidement a réfléchir sur le pouvoir de l'Église a l'époque, mais que l'on pourrait transposé assez facilement dans bien des régimes plus modernes. Un must inoubliable, indéniablement.
jeudi 23 décembre 2010
LES AVENTURES DE TINTIN : LE CRABE AUX PINCES D’OR

LES AVENTURES DE TINTIN : LE CRABE AUX PINCES D’OR
Tintin s'intéresse à la mort d'un marin, retrouvé noyé dans un port. Cette mort, dont on ne sait pas si elle est accidentelle, a un lien avec une boîte de crabe vide que Milou a trouvée en fouillant dans une poubelle. En effet, on a retrouvé dans les vêtements du marin un message écrit sur un bout de papier qui, vraisemblablement, faisait partie de l'emballage de cette boîte de conserve. Ce message comporte un mot : « Karaboudjan », qui s'avère être le nom d'un cargo. Tintin enquête sur le Karaboudjan, mais il est bientôt retenu prisonnier à bord par l'équipage... Tintin découvre par la suite que l'équipage du Karaboudjan pratique le trafic d'opium, et que les boîtes de conserve stockées sur le navire ne contiennent pas du crabe, contrairement à ce que leur emballage laisserait à penser, mais servent en fait à transporter la drogue. Il rencontre le capitaine Haddock, qui est théoriquement le maître à bord, mais qui, à cause de son penchant pour l'alcool, est délibérément enivré par son lieutenant Allan, désireux de rester seul maître à bord. Tintin apprend à Haddock stupéfait que son équipage est impliqué dans un trafic de drogue. Ce dernier s'enfuit avec lui. Tintin, Milou et Haddock se retrouvent par la suite au Maroc, où le jeune reporter s'emploie à démasquer les trafiquants et Haddock à combattre son alcoolisme…
Neuvième album des célèbres Aventures de Tintin, Le crabe aux pinces d’or, sans avoir la qualité intrinsèque d’autres tomes comme les dytiques Le secret de la Licorne/Le trésor de Rackham le rouge, Objectif Lune/On a marché sur la Lune ou même Tintin au Tibet et s’il est moins connus que le mal aimé Tintin au Congo, n’en reste pas moins, dans les aventures du plus célèbre des reporters, indispensable quant a l’univers de celui-ci ; en effet, Le crabe aux pinces d’or marque un tournant notable dans la vie de Tintin puisque c’est dans cet album qu’apparaît pour la première fois celui qui deviendra la figure paternelle par excellence, qui va suppléer Milou comme compagnon principal du reporter, j’ai nommé, l’indispensable, le colérique, le si humain, Capitaine Haddock. Car si dans les huit premiers volumes, Tintin devait se contenter de son chien comme seul et unique compagnon (les Dupontds étant juste un élément comique accessoire), avec Haddock, Hergé passe a la vitesse supérieure et trouve enfin la parfaite antithèse a son héros : car autant celui-ci est bien trop propre, trop pur, avec notre bon vieux loup de mer, nous avons droit a tout son contraire ; colérique, bagarreur, alcoolique notoire, insultant (ah les insultes du Capitaine Haddock, a elles seules, c’est une légende !),bourré de défauts, avec Haddock, Hergé peut se permettre tout ce qu’il ne peut pas faire avec Tintin, et autant celui-ci est bien trop propre pour être honnête, le Capitaine, lui, est tout bonnement humain. Car ne nous leurrons pas, nous aurions tous aimer être comme Tintin, mais au final, nous sommes tous des Capitaines Haddock qui s’ignorent (ou qui s’assument). Ainsi, rien que pour cette amitié naissante entre deux personnages que tout oppose, pour ce début de l’un des duos les plus célèbres de l’histoire de la bande dessinée, Le crabe aux pinces d’or vaut largement le détour.
Ainsi, quelque part, ce neuvième album vaut plus pour son coté historique que pour ses qualités en elles mêmes, mais ne nous leurrons pas, Le crabe aux pinces d’or n’en reste pas moins un bon Tintin, et ce, pour deux raisons : tout d’abord, et même si ca l’air idiot de le rappeler, il n’existe tout bonnement pas de mauvais Tintin, tous sont de qualité, ce qui est rare dans le milieu de la BD ; certes, après, chacun a ses préférences, mais il serait exagérer de prétendre que tel album du reporter a la houppette est nul (n’en déplaise aux pourfendeurs de Tintin au Congo ou de Tintin au pays des Soviets). Ensuite, l’histoire de ce neuvième tome des Aventures de Tintin est bonne, tout simplement. Certes, il y a mieux, mais tout de même, ce trafic d’opium caché dans des boites de conserves de crabe, ce pauvre Capitaine tellement embourbé d’alcool qu’il n’est au courant des agissements de son second, le perfide Allan qui fait là se deuxième apparition après le déjà lointain Les cigares du Pharaon, cette petite virée dans le désert marocain après des débuts plus marins, et surtout, cet humour, toujours présent que ce soit grâce a Milou et aux deux flics du pauvre que sont les Dupont/Dupond, mais surtout, grâce a, bien entendu, le Capitaine Haddock qui écrase l’album de sa présence au point de quasiment reléguer Tintin au second plan, et bien, tout cela me botte bien et fait que je garde une certaine sympathie pour ce Crabe aux pinces d’or.
Bien évidement, le lecteur attentif remarquera que les cases sur une page, destinées à augmenter le nombre de planches marque bien un petit tour de passe passe de la part d’Hergé qui nous offre là une histoire plus courte qu’a l’accoutumer, de même, il est indéniable que l’intrigue est un chouïa moins prenante que d’habitude, mais bon, au final, Le crabe aux pinces d’or, ne serais ce que pour les débuts tonitruants du Capitaine Haddock n’en reste pas moins un indispensable des Aventures de Tintin… comme tous les autres en gros.
lundi 20 décembre 2010
LEGEND

LEGEND
Dans un monde imaginaire où la paix et l'harmonie sont maintenues grâce à la magie d'un couple de licornes, vivent la princesse Lily et Jack, un jeune homme pour qui la nature semble ne pas avoir de secret. Dans cette contrée, le démon Darkness, tapi dans l'obscurité, n'attend qu'une occasion pour s'emparer des licornes et les tuer, ce qui engendrera une nuit éternelle. Les gobelins, ainsi que l'amour que Jack porte à sa princesse lui seront d'une grande aide. Jack, avec l'aide de lutins et d'une fée capricieuse, devra tout faire pour rétablir ce qu'il a contribué à détruire, et ce avant qu'il ne soit trop tard...
Ah, la bonne vieille Heroic Fantasy des années 80, sincèrement, elle ne me manquait pas le moins du monde. Mais qui dit « manquer » ne signifie pas que je l’avais oubliée, loin de la. D’ailleurs, pour être tout à fait franc, il aura presque fallut attendre la sortie de la trilogie du Seigneur des anneaux au cinéma pour que ce genre, l’Heroic Fantasy, donc, gagne enfin ses lettres de noblesses sur grand écran, car avant l’adaptation de l’œuvre de Tolkien, celui-ci connu une longue, très longue traversée du désert du point de vue cinématographique au point que certains n’hésitaient pas a parler de genre totalement maudit. Ainsi, de temps en temps, et contrairement à la SF par exemple qui avait le vent en poupe (remember Star Wars), l’on avait droit a un Willow, a un Princesse Bride ou bien, a un Legend, donc, sujet qui nous préoccupe aujourd’hui, avec a chaque fois, un résultat bien loin d’être véritablement a la hauteur de ce que l’amateur d’Elfes, d’Ogres et de Dragons espérait. Mais il faut aussi avouer que la technologie de l’époque n’aidait pas vraiment au développement d’un genre alors mineur, qui n’allait intéresser que les fanatiques de Donjons & Dragons et autres Livres dont vous êtes le héros ; pas d’images de synthèses, des effets spéciaux digne du Muppet Show, cela pose un peu le problème de l’époque, les années 80… quoi que, en y réfléchissant, quand on se souvient du travail somptueux d’un magicien comme Ray Harryhausen quelques décennies auparavant dans des films comme Le Septième voyage de Sinbad, Le Voyage fantastique de Sinbad ou Jason et les Argonautes, il y a de quoi être dubitatif.
Mais ce Legend alors, que vaut-il véritablement ? Bon, en toute franchise, il est assez représentatif de ce que fut la Fantasy au cinéma dans les années 80 et tout ce que j’ai dit plus haut lui va plutôt bien. En plus, l’acteur principal du film, comble de chez comble, est notre brave Tom « Scientologie » Cruise, alors tout jeune, le cheveu mi-long et a l’orée de sa carrière. Personnellement, le père Cruise, je ne l’aime pas du tout, tant le personnage public avec sa secte pour riches que l’acteur (sauf dans Entretien avec un Vampire), ce qui fait que le voir déambuler au milieu des marionnettes du Muppet, de types grimées en lutins, d’espèces de soit disant Kobolds du pauvre (dont un ridicule avec une tête de cochon) et d’une princesse a la coupe très eighties, cela ne le fait pas trop. Donc, vous l’avez compris, Legend, ce n’est pas vraiment pour moi.
Mais en faisant abstraction de mes gouts personnels, de mon âge et de mon antipathie notoire pour le représentant numéro un de la scientologie, j’ai essayer de me mettre un peu a la place de mes enfants, avec qui j’ai vu le film et qui l’avaient apprécier ; et là, c’est tout de suite une autre histoire, car, du haut de mes 36 ans, de mon vécu, de mes préférences, mon opinion sur Legend ne pouvait être neutre, par contre, pour de jeunes enfants, je dois reconnaître que ce film est parfait. Ainsi, j’ai décidé de demander l’avis de mes trois enfants, et de le retranscrire ci-dessous :
Rafaël, 4 ans ½ :
Bah j’aime bien les licornes, l’autre aussi qui a coupé la corne de la licorne, elle était méchante ! Après, c’est rien. Oui, c’était bien.
Alexandre, 7 ans ½ :
Moi j’ai aimé quand l’autre il s’est roulé dans la neige, quand celui qui s’appelait Jack il avait tué le monstre. C’était bien fait (le film). Elles étaient bien les licornes. Et c’est tout.
Anna, 7 ans ½ :
J’ai adoré quand les licornes courraient toutes les deux dans la rivière, par contre je n’ai pas aimé quand le gobelin a coupé la corne de la licorne. J’ai aimé quand Jack à tuer le méchant qui lui, était très très beau, mais très méchant. Le film était super mais un peu triste. Ah, et les lutins du petit garçon de la foret étaient un peu drôles avec les grandes oreilles, d’ailleurs le petit garçon de la foret aussi.
Effectivement, Legend plait aux enfants, c’est un fait indéniable. Par contre, je ne pense pas que Ridley Scott, en le réalisant, ait souhaité faire un film pour jeunes enfants, mais bon, cela importe peu. Parfaitement représentatif de ce qu’était la Fantasy au cinéma dans les années 80, il en porte malheureusement tous les défauts de l’époque. Cependant, je dois reconnaître qu’il possède quelques qualités, une certaine poésie même et que c’est un fort jolie conte pour les plus jeunes. Et puis, petite cerise sur le gâteau, comment ne pas vous parler de la grande réussite de ce Legend, le fameux et diabolique Darkness ? Car si l’on peut être dubitatif avec les lutins, si l’on peut trouver l’accoutrement de Tom Cruise tout bonnement ridicule et trouver la princesse niaise, comment ne pas s’extasier devant ce sublime Darkness ? La classe a l’état pur, sans aucun doute possible, au point qu’à un moment donné du film, j’ai souhaité que le seigneur des ténèbres du jour étripe tous ces fichus lutins, se tape Cruise et écartèle la princesse (euh, ou le contraire ?), mais bon, malheureusement, ce ne fut pas le cas… dommage ;)
LA JOURNÉE DE LA JUPE

LA JOURNÉE DE LA JUPE
Sonia Bergerac est professeur de français dans un collège de banlieue difficile. Elle vit difficilement la dureté quotidienne des relations avec ses élèves, et est d'autant plus fragilisée par le départ de son mari. Lors d'une répétition de théâtre avec une de ses classes, elle découvre un pistolet dans un sac d'élève. En cherchant à s'en emparer, un coup part et blesse un élève à la jambe. Dans la confusion du moment, elle craque et prend sa classe en otage. Alors qu'à l'extérieur, les autorités scolaires, policières et politiques peinent à comprendre et à réagir à la situation, Sonia impose à ses élèves sa vision et leurs contradictions.
En toute franchise, je dois reconnaître que cela faisait belle lurette que je souhaitais le voir cette fameuse Journée de la jupe qui fit tant couler d’encre lors de sa sortie en mars 2009. Car, que l’on veuille ou non, que l’on aime ou pas ce film, que l’on soit d’accord ou non avec son contenu, il est indéniable que celui-ci connu l’une des campagnes de presses les plus dénigrantes qu’il m’ait été donné de voir ces dernières années. Car il faut savoir remettre un peu les choses dans le contexte de l’époque : en 2008 était primé à Cannes, le festival des paillettes, un autre long métrage dont le sujet était les difficultés d’enseigner dans les quartiers difficiles dans la France d’aujourd’hui ; reconnu par la critique, porté aux nus, ce film, Entre les murs, plu au paysage médiatique français, et, accessoirement, à Sean Penn, président alors du jury du Festival de Cannes alors en conflit avec le système éducatif de son propre pays, les Etats-Unis. Je dois reconnaître que je n’ai pas vu ce film, mais j’en connais, par ma femme, enseignante (je tiens à le préciser car cela a son importance), et par la presse le contenu général : oui, ce n’est pas facile d’être un prof aujourd’hui mais bon, il faut savoir se battre pour ses élèves etc. etc. etc. Bref, un film que l’on nous a présenté comme étant « coup de poing » sur la réalité d’aujourd’hui mais au final, assez politiquement correct par sa forme. Cela me dérange un peu de critiquer une œuvre que je n’ai pas vu, et d’ailleurs, il faudra probablement qu’un jour, je fasse l’effort de voir ce fameux Entre les murs. Et ce, même si j’ai un énorme problème, mais alors un gigantesque pour ne pas dire un himalayesque soucis avec François Bégaudeau, prof de français de son état a la base qui écrivit un livre qui donna le fameux film dans lequel il joua son propre rôle et qui depuis squatte les plateaux télé, surtout sur Canal + en donnant son avis sur tout et n’importe quoi. Mais bon, Bégaudeau c’est une chose et je jugerais mieux Entre les murs le jour où je le verrais, cependant, il me semblait nécessaire d’en parler, vu que ce film est indissociable de ce que j’appellerais le problème La journée de la jupe.
En 2009, donc, sortit quasiment anonymement, un autre film sur le même sujet, cette fameuse Journée de la jupe, d’abord diffusé sur Arte, puis, dans quelques rares salles de cinéma. Et immédiatement, nous avons eu droit à tout le contraire, d’un point de vu médiatique, que lors de la sortie d’Entre les murs : en effet, si quelques rares critiques louèrent la qualité du film, de son contenu, de son message, les autres, bien plus nombreux pour la plupart, le descendirent en flèche, critiquant honteusement a tout va, le trainant dans la boue, avec, en tête de fille, mes très chers amis de Libération qui en firent une affaire personnelle, les Inrocks, comme par hasard, et… L’Humanité (sic), ce qui ne m’étonnas pas le moins du monde. Quand a Canal + et ses chroniqueurs donneurs de leçons de morale qui ont un avis sur tout, si je les épargne sur ce coup là, c’est parce que je ne me souviens plus trop de leurs propos, mais bon, ne croyez pas que ceux-ci furent enthousiastes… Et donc, sortis à quelques mois d’intervalles, le cinéma français avait eu droit à deux films, Entre les murs et La journée de la jupe, dont l’un fut porté aux nues par l’intelligentsia parisienne et l’autre, brulé sur le buché de l’antipolitiquement correct. Etrange ? En fait, pas le moins du monde.
En fait, tout est une affaire de point de vue : l’on peut se voiler la face, se dire que tout vas pour le mieux dans le meilleur des mondes, trouver toutes les excuses du monde a tout et n’importe quoi, s’autoflagélé en permanence en chantant l’éternelle petite rengaine « mais ce sont des victimes de la société », accepter, au nom de je ne sais quelle incarnation divine, création humaine par ailleurs, toutes les traditions, les lois mêmes les plus absurdes (je n’en vise aucune en particulier, mais toutes, a mettre dans le même sac), fermer les yeux sur ce qui se passe dans les banlieues, sur cette société où l’on protège les criminels et où l’on fustige les victimes, bref, faire de l’angélisme de gauche (et je dis cela car je suis de gauche), encore et encore, et aggraver davantage la situation. Ou alors, l’on peut aller a contre courant, pointer du doigt là où ca fait mal, oser dire la vérité, même si elle blesse, même si cela reviendrait à dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, l’on peut en finir une bonne fois pour toutes avec ces non dits, ce laissé aller qui ont fait que la situation actuelle est quasiment, je dis bien quasiment, insupportable. Ce n’est pas du pessimisme, c’est encore moins du racisme, même si en lisant mes propos, les bobos vont hurler au loup, non, c’est tout juste montrer la réalité, dire que oui, tout va mal, et que ce n’est surement pas en glorifiant un système qui a donné de si piètres résultats que l’on s’en sortira, si encore, on s’en sorte un jour. Oui, tout cela n’est qu’une affaire de point de vue ; du social, il en faut, de la répression, n’en déplaise à la gauche extrême, bah il en faut également. Et voilà donc pourquoi l’un de ces films, Entre les murs, fut porté aux nues, et l’autre, La journée de la jupe, critiquer jusqu'à n’en plus soif. Angélisme d’un coté, politiquement correct, ca passe, alors que quand on montre la réalité, brute, implacable, bref, quand on va a contre courant, l’intelligentsia veille au grain.
Car indéniablement, La journée de la jupe frappe fort, ne cache rien, et nous montre, oui messieurs dames, que cela vous plaise ou non, la France d’aujourd’hui : un pays sans respect, où règne la loi du plus fort, de l’argent, des paillettes, où la femme est de moins en moins considérer, où les parents, qui ont un avis sur tout, ont abandonner leur rôle, l’éducatif, pour l’école, au moment où celle-ci, de toute façon, ne peut plus rien : ah, il était beau d’interdire d’interdire, mais tout en étant contre les châtiments corporels, vous trouvez normal qu’il n’y ait plus de respect dans les établissements scolaires ? Vous trouvez normal que les professeurs et les instits de primaire se fassent copieusement insulter (et je sais de quoi je parle, souvenez vous) ? Vous trouvez normal qu’ils aillent travailler la peur au ventre, qu’ils n’aient plus le droit de punir, que tout de suite ils aient à faire aux parents, aux grand frères, au type qui passait par la et qui leur mettent une pression impossible, parfois des la maternelle (véridique), ces mêmes individus qui eux, ne remplissent même pas leur rôle éducatif ? Vous trouvez cela normal ? Alors oui, La journée de la jupe ne vous plaira pas. Vous trouverez cela exagérer, surjouer, impossible, et pourtant… et pourtant… non, c’est cela les établissements en ZEP. Vous croyez quoi mes amis bobos, que c’est une garderie, que ce sont juste des gamins un peu chahuteurs ? Allons bon, ca, c’était de mon temps, dans les années 80, où, quand on rigolait un peu trop, on était considérer comme étant une classe difficile. Mais jamais, oh grand jamais on n’aurait osé s’en prendre a un professeur ! Et les punitions, vous croyez peut être que mes parents auraient été râlé celui qui me l’aurait donné ? Allons bon, j’étais, comme les autres, bien mal barré ! Non, on était des rigolos à l’époque. Et cela fait longtemps que les élèves sont passés a la vitesse supérieure. Très supérieur…
Alors oui, la violence de La journée de la jupe ne m’étonnes guère, celle des élèves, elle n’est que tristement banale, il suffit de se balader d’en la rue, de prendre les transports, où d’être ou de connaître quelqu’un du milieu enseignant. Quant au prof qui pete un câble et qui prend sa classe en otage, ce qui m’étonnes, c’est qu’il n’y ait pas déjà eu des dérapages dans le genre. Car vous croyez que cela n’arrivera pas un jour ? Qu’un homme ou une femme, a force d’insultes, d’irrespect, de menaces, ne disjoncte complètement et ne fasse un carton dans sa classe ? Heureusement que nous ne sommes pas aux Etats-Unis et que le port d’armes ne soit pas autoriser a tout le monde car sinon… Alors oui, La journée de la jupe dérange, mais c’est parce que ce film touche là où sa fait mal, qu’il nous montre la réalité telle qu’elle est, sans travestissement, sans faux fuyants, que presque chaque scène, chaque réplique est juste : ce proviseur qui avoue que s’il parle des problèmes, il sera mal vu et s’il ne dit rien, cela sera pareil ; cette ministre de l’intérieur qui explose en disant que les femmes se sont battus pendant des siècles pour avoir le droit de porter un pantalon et qui ne veut pas entendre parler d’une journée de la jupe et qui me fait penser a ces féministes américaines qui voient en chaque homme un violeur, qui vont imposer tout et n’importe quoi dans les universités, dans les entreprises et qui ne pensent qu’au mot « harcèlement » mais qui se moquent littéralement des vrais problèmes des femmes des ghettos, victimes elles, de la violence masculine ; ce prof d’espagnol, qui se fait tabasser par des jeunes mais qui ne voit là qu’un échange de points de vue différents ; ces mères de familles, dépassées certes, mais qui ne voient rien, ou qui ne veulent rien voir ; ce commerçant, asiatique, qui vient nous montrer que le racisme n’est pas le lot des « blancs », eternel raccourcis si facile ; ces filles, victimes de tournantes, considérées comme des putes, et forcement, bah oui, consentantes. Des exemples comme cela, La journée de la jupe en fourmille et cela serait trop long de tous les énumérés. Mais c’est à cause d’eux, justement, que ce film est si mal passé aux yeux de certains.
Indéniablement, et malgré sa quasi censure qui me fit penser au sort d’un autre film, Katyn (oh, celui là, il eut du mal avec tous les vieux fans du Petit Père des peuples), La journée de la jupe est un film qui mérite d’être vu ; de part son propos, véritablement coup de poing, lui, la vérité qui y est montrée, sans fard ni faux fuyants, mais aussi pour ses acteurs, du plus connu, Isabelle Adjani aux plus obscurs, les élèves, tous sont parfaits. Alors oui, il n’est pas politiquement correct, oui, il dérange, mais franchement, cela fait un bien fou de voir un film courageux qui sort, pour une fois, des sentiers battus.





