HAUTEVILLE
HOUSE – LA CITÉ D'OR
Nos
héros venus de la vieille Europe poursuivent leur mission en Afrique, avec le
terrible sentiment de se jeter dans la gueule du lion... mais avec l'espoir
d'une abolition prochaine de l'esclavage Outre-Atlantique. Maintenant que le
fantôme est libre, il faut restituer l'araignée de bronze au peuple zoulou à
qui elle appartient légitimement. Il faut surtout que les négociations entre
leur roi et l'Empire français permettent à ces derniers de contrôler l'or du
Transvaal afin de financer leur armée et mettre fin à l'esclavage aux Amériques.
Mais avec une telle fortune en jeu, l'entreprise sera ardue !
Hauteville House – La Cité d'Or
Scénario
: Fred Duval
Dessins
: Thierry
Gioux, Emem
Couleurs : Nuria
Sayago
Couverture : Manchu,
Thierry Gioux
Editeur
: Delcourt
Genre : Aventure,
Steampunk
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Parution : 29
septembre 2021
Nombre
de pages : 48
Mon
avis : Dix neuvième
et dernier tome de Hauteville
House, du moins, pour le moment – car la fin est ouverte et qu’une
suite est d’ores et déjà prévu, ce qui classe, forcément, la BD de Fred Duval
et de Thierry Gioux dans la catégorie de celles qui n’ont pas de fin – La Cité d’Or est, une fois de plus, l’exemple
parfait de ce qu’est cette saga depuis ses tous débuts, c’est-à-dire, une BD
hautement sympathique et plaisante à suivre avec son ambiance Steampunk et son
scénario digne d’une série B mais qui, il faut le reconnaitre, souffre de
beaucoup trop de défauts pour être vraiment un incontournable… Il faut dire
que, alors qu’un énième cycle prend fin, une fois de plus, nous avons en droit
à un volet qui, par certains cotés, possédait bien des qualités mais qui, par d’autres,
avait de quoi nous laisser dubitatif. Ainsi, toute cette histoire de
malédiction zoulou, de déesse dorée qui menaçait le monde et de multiples alliances
contre natures qui allait entrainer nos protagonistes habituels – sauf Zelda –
du coté du Transvaal, en Afrique du Sud, n’était pas déplaisante, loin de là,
cependant, une nouvelle fois, Fred Duval est incapable de nous pondre un
scénario non pas parfait mais, néanmoins, suffisamment solide du début à la fin
et l’on ressort de la lecture de ce dix-neuvième tome de Hauteville House avec l’habituelle impression que l’auteur pouvait
nettement mieux faire que de nous proposer, pour la énième fois, un scénario
trop série B pour être honnête. Ajoutons à cela la problématique des dessins – Thierry
Gioux possédant un style trop brouillon selon moi – et vous comprendrez
pourquoi je ne peux pas ressortir de la lecture du dernier tome en date de Hauteville House totalement satisfait.
Mais bon, d’un autre coté, je me connais et je sais également que je serais au
rendez vous de la suite, alors, quelque part, c’est que j’y trouve mon compte…
Points
Positifs :
-
Les fans de Hauteville House seront bien entendu ravis de
retrouver la suite d’une série qui, malgré ses défauts, n’en reste toujours
aussi sympathique et plaisante à suivre. De plus, ici, un nouveau cycle – le quatrième
– s’achève et, ma foi, il y a suffisamment de bonnes idées pour satisfaire les
fans de la saga de Fred Duval et de
Thierry Gioux.
- Sans être époustouflante – nous avons là
probablement le cycle le moins aboutit de la saga – l’intrigue reste suffisamment
intéressante et l’on prend un certain plaisir à suivre tout ce petit monde en
terres africaines et a faire face à cette menace d’une déesse dorée…
-
Comme ce fut quasiment à chaque fois le cas depuis les débuts de cette série,
nous avons droit à une fort belle couverture.
Points
Négatifs :
-
Il faut reconnaitre même si Hauteville House est une BD
plaisante, elle possède trop de défauts pour en faire un incontournable :
ainsi, ne serais-ce que, scénaristiquement parlant, le fait que Fred Duval a
souvent la manie d’user et d’abuser des mêmes vieilles ficelles narratives…
-
Thierry Gioux encore et toujours ! Il faut dire que, si depuis des années,
on s’est fait, par la force des choses, au style particulier de l’artiste,
celui-ci a de quoi diviser les amateurs de BD. Capable de réaliser des planches
superbes et d’autres qui tellement brouillonnent qu’elles en sont navrantes, il
y a de quoi être dubitatif par moments.
-
On ne peut pas vraiment dire que ce cycle ait été le plus aboutit de la saga…
-
Et ce n’est pas encore fini puisqu’on nous annonce déjà une suite !
Ma
note : 6,5/10
L'HABITANT
DE L'INFINI – TOME 15
Samouraï
sans maître errant sur les routes du Japon médiéval, Manji est immortel. Afin
d'expier les crimes commis lorsqu'il était au service d'un cruel seigneur, il
porte en lui un mystérieux ver qui guérit ses plus terribles blessures et ne
recouvrera sa mortalité qu'après avoir occis mille scélérats. Son chemin croise
alors celui de Lin, une jeune femme en quête de vengeance. Séparée encore une
fois de Manji, Lin croise la route des deux nouveaux combattants de l’Ittô-Ryû,
tandis que l’Immortel, prisonnier dans les geôles du Mugairyû, subit de
terribles séances de torture destinées à lui arracher le ver qui lui offre son
pouvoir de régénération. L’occasion d’apprécier à nouveau les talents de
bretteur hors norme de Kagimura, le puissant maître de cette école de sabre.
L'Habitant de l'Infini – Tome 15
Scénariste
: Hiroaki
Samura
Dessinateur : Hiroaki
Samura
Genre : Seinen
Type
d'ouvrage : Action, Samouraïs, Drame
Titre
en vo : Mugen no jūnin vol.15
Parution
en vo : 23 janvier 2004
Parution
en vf : 24 avril 2006
Langue
d'origine : Japonais
Éditeur : Casterman
Nombre
de pages : 240
Mon
avis : Indéniablement, les volumes de L’Habitant
de l’Infini se succèdent et continuent, inlassablement, à nous
surprendre de plus en plus. Il faut dire que, alors que nous sommes arrivés à
la moitié de la saga, son auteur, Hiroaki Samura nous prouve une nouvelle fois
à quel point celle-ci est tout simplement un incontournable du genre et aurait
mérité – je pense ne pas me tromper en affirmant cela – d’être davantage connue
du grand public qui lui préfère des œuvres plus modernes, plus enfantines –
désolé mais c’est le cas – et, fatalement, moins somptueuses… Car bon, comment
dire, après un quatorzième
volume qui avait, comme la plupart de ses prédécesseurs – si ce n’est tous –
marqués les esprits des fans de ce manga, ce nouveau tome, le quinzième, donc,
part dans une direction complètement différente et s’intéresse particulièrement
au sort de Manji, tombé entre les mains des hommes du gouvernement, ces
derniers étant commandés d’une main de maitre par le charismatique et puissant Kagimura.
Ainsi, notre héros, une fois de plus séparé de la jeune Lin – qui, au passage,
fait la rencontre d’un couple pour le moins singulier et qui risque de lui
attirer des ennuis – va subir moult expériences médicales destinées à percer le
secret de son immortalité. Celles-ci occupent une bonne partie de ce quinzième
volume et nous permettent, accessoirement, de faire la connaissance de nouveaux
protagonistes – dont un médecin aux méthodes peu orthodoxes et qui a parfait
ses connaissances en Europe – et de mettre en lumière le terrifiant Kagimura
qui semble reléguer, au vu de sa puissance, tous les combattants aperçus jusqu’ici
loin derrière lui… Bref, vous l’avez compris, encore un très bon tome de L’Habitant de l’Infini, un manga qui,
jusqu’à présent, confirme qu’il est, tout simplement, un des meilleurs de ces
trois dernières décennies, ce qui, ma foi, au vu de la concurrence, est une
belle prouesse alors, une fois de plus, comment ne pas conclure cette critique
en criant bien haut : vivement la suite !
Points
Positifs :
- Encore
un bon tome de cet excellent manga qu’est L’Habitant
de l’Infini et qui confirme, une fois le plus, tout le bien que l’on
peut penser de l’œuvre du sieur Hiroaki Samura : des affrontements
spectaculaires, des retournements de situations innatendu, un scénario toujours
aussi captivant, de nouveaux protagonistes charismatiques, bref, que demander
de plus ?!
-
Pas de combats spectaculaires dans ce quinzième volume mais une intrigue qui
avance petit à petit et, surtout, le plat de résistance de ce tome, je veux,
bien entendu, parler des sombres expériences médicales subies par Manji qui est
tombé dans les mains des hommes du gouvernement.
-
Comme je le souligne à chaque fois, la partie graphique est une des grandes
forces de ce manga. Il faut dire que le mangaka maitrise à merveille son style
qui alterne entre crayonnés fort audacieux et planches détaillées de toutes
beautés. Un pur régal !
-
Sympa de débuter ce volume avec l’intégralité du casting déjà apparu depuis les
débuts du manga : cela nous aide à nous rappeler un peu qui est qui…
-
Encore une fort belle couverture avec, au demeurant, une Lin plus sexy que
jamais.
Points
Négatifs :
-
Comme je l’ai déjà souligné à quelques reprises, il commence à avoir tellement
de protagonistes qu’il est facile de s’y perdre par moments. Rien de bien
grave, certes, mais bon…
-
Une histoire de vengeance, des duels au sabre spectaculaires, des samouraïs, un
geste de fantastique, des antagonistes charismatiques et surpuissants, un héros
badass qui protège une jeune fille, une petite dose d’humour, manga oblige…
mouais, tout cela est loin d’être franchement original, il faut le reconnaitre…
Ma
note : 7,5/10
OSLO
En
1992, des discussions secrètes, organisées par un couple de diplomates
norvégiens, réunissent des ennemis jurés, Israéliens et Palestiniens, pour
tenter de trouver un terrain d’entente en vue d’un possible traité de paix. Ces
difficiles négociations ont abouti sur les accords d’Oslo.
Oslo
Réalisation : Bartlett
Sher
Scénario : J.
T. Rogers
Musique : Zoë
Keating, Jeff Russo
Production : HBO
Films, Marc Platt Productions
Genre : Historique
Titre
en vo : Oslo
Pays
d'origine : États-Unis
Langue
d'origine : anglais
Date
de sortie : 29 mai 2021
Durée : 118
mn
Casting :
Ruth
Wilson : Mona Juul, diplomate du
ministère norvégien des affaires étrangères
Andrew
Scott : Terje Rød-Larsen, directeur
de la Fafo Foundation
Salim
Daw : Ahmed Qurei, Ministre des Finances
de l’OLP
Waleed
Zuaiter : Hassan Asfour, associé d’Ahmed
Qurei
Jeff
Wilbusch : Uri Savir, directeur
du ministère israélien des affaires étrangères
Dov
Glickman : Yair
Hirschfeld, professeur d’économie de l’université de Haïfa
Rotem
Keinan : Ron Pundak, associé de Yair
Hirschfeld
Igal
Naor : Joel Singer, juriste du
ministère israélien des affaires étrangères
Sasson
Gabai : Shimon Peres, Ministre d’Etat
d’Israël
Itzik
Cohen : Yossi Beilin, député israélien
Karel
Dobrý : Johan Jørgen Holst, Ministre
norvégien des affaires étrangères
Tobias
Zilliacus : Jan Egeland, secrétaire
d’état du ministère norvégien des affaires étrangères
Mon
avis : Né de conversations entre l’auteur,
J. T. Rogers – qui remporta moult récompenses en 2017 pour sa pièce de théâtre
d’où est tirée cette adaptation cinématographique – et le diplomate norvégien
Terje Rød-Larsen, Oslo relate les dessous d’une négociation
secrète, en 1992, que personne n’aurait cru possible, pas même et, surtout,
ceux qui étaient directement impliqués. Orchestrée en terrain neutre – en Norvège
donc – à l’initiative du couple que forment Rød-Larsen – Andrew Scott – et Mona
Juul – Ruth Wilson – elle aussi diplomate, cette rencontre clandestine entre
les représentants de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) et le
gouvernement israélien était d’autant plus inimaginable qu’à l’époque, il était
même illégal pour les politiciens des deux camps d’interagir directement entre
eux. Pourtant, si les premières minutes d’Oslo annoncent une approche
plutôt hollywoodienne de l’affaire, en plongeant le spectateur au cœur d’un
conflit insoluble à travers lequel les parties ne peuvent au départ voir en
l’ennemi rien d’humain, le récit devient pourtant rapidement passionnant pour
ne pas dire, étonnant… Ainsi, la toute première rencontre entre deux individus
issus des deux camps, qui ne s’étaient jamais vus d’aussi près, constitue l’un
des moments dramatiques d’un récit qui en comptera beaucoup au fil de son
évolution. La suite ne fera que confirmer tout le bien que l’on peut penser de
cette première scène plutôt coup de poing et Oslo, plutôt que d’être un
vulgaire film historique hollywoodien comme il en existe tant, de se transformer
en une œuvre nettement plus intelligente, uniquement basée sur les dialogues
entre les différents protagonistes, ce qui donne un coté théâtral à l’ensemble,
ce qui, bien entendu, est plutôt logique vu que ce film est tiré d’une pièce de
théâtre… Bien évidement, à la lumière des évènements actuels, Oslo revêt
un caractère encore plus poignant. L’espoir qu’avait fait naître la poignée de
main historique entre Yasser Arafat, président de l’OLP, et Yitzhak Rabin,
premier ministre d’Israël, sous le regard du président des États-Unis Bill
Clinton dans la roseraie de la Maison-Blanche, a été de très courte durée. Cependant,
ce long métrage, qui ne va pas au-delà de ce chapitre de l’histoire, nous
rappelle que même dans les pires circonstances, il est parfois possible de
rêver l’impossible rêve, aussi bref soit-il. Bref, une belle surprise que ce Oslo et un film a voir pour les amateurs
de films historiques et, plus particulièrement, pour celles et ceux qui se passionnent
pour la problématique du conflit israélo-palestinien…
Points
Positifs :
- Un
film intéressant et fort instructif qui revient de fort belle manière sur les
célèbres accorts d’Oslo qui, entre 1992 et 1993, eurent lieu dans le plus grand
secret entre le gouvernement israélien et l’OLP et qui donnèrent tant d’espoirs
au point même que, à l’époque, beaucoup auraient put croire que le conflit israélo-palestinien
pouvait finalement prendre fin.
-
Oslo est l’adaptation d’une pièce de théâtre
et cela se sent fort bien à l’écran puisque tout, ici, est basé sur les
dialogues entre les protagonistes. Accessoirement, c’est une fort bonne chose
et cela renforce l’intensité dramatique des enjeux…
-
Pour ce qui est du casting, il n’y a rien à redire, celui-ci est plutôt bon et
les acteurs font le job.
-
Aucune prise de partie pour l’un ou l’autre camp en présence, plutôt la mise en
évidence que les deux ont raisons et tord à la fois…
-
Un film qui ne pourra que ravir les amateurs d’Histoire, bien évidement,
surtout celles et ceux qui se passionnent pour le conflit israélo-palestinien.
Points
Négatifs :
-
Nous sommes bien évidement, ici, à mille lieux de ce que l’on peut appeler un
film grand public et il faut reconnaitre qu’il beaucoup seront ceux qui auront
un peu de mal avec un scénario uniquement basé sur les dialogues et au
traitement aussi théâtral.
-
Malheureusement, il est difficile de ne pas regarder Oslo et de se dire que tout cela n’aura servi à rien au vu des
événements dramatiques qui auront suivis et qui ont encore lieu près de trente
ans plus tard…
Ma
note : 7,5/10
TÉTRALOGIE
DES ORIGINES – LE CRÉPUSCULE DES DIEUX
Reinhard
Heydrich se meurt dans un hôpital de Prague. À moins que... Le monde est à feu
et à sang, l'humanité se consume dans les affres d'une guerre comme elle n'en a
jamais connu. Dans le chaos du conflit qui déchire le monde d'hier s'esquisse
déjà celui de demain, mais les véritables enjeux de cette boucherie planétaire
se dévoilent enfin, enjeux bien plus cruciaux que tout ce qu'il était possible
d'imaginer. Un futur que l'ancien SS Friedrich Saxhäuser refuse, qu'il ne
permettra pas. Désormais coule dans ses veines l'impensable puissance révélée
au cœur du Kurdistan irakien. Un pouvoir tel qu'il pourrait bien provoquer ce
que, dans les secrets méandres du complot, tous redoutent : le crépuscule des
dieux...
Tétralogie des Origines – Le Crépuscule des Dieux
Auteur
: Stéphane Przybylski
Type
d'ouvrage : Uchronie, Ufologie
Première
Parution : 21 septembre 2017
Edition
Poche : 10 janvier 2019
Titre
en vo : Tétralogie des Origines – Le Crépuscule
des Dieux
Pays
d’origine : France
Langue
d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : Pocket
Nombre
de pages : 576
Mon
avis : Ces dernières semaines, je me suis
lancé dans la lecture d’un cycle romanesque pour le moins intéressant – du moins,
au vu de mes propres gouts personnels – la Tétralogie
des Origines. Œuvre du sieur Stéphane Przybylski qui a peut-être un nom
imprononçable mais qui n’en reste pas moins un écrivain plutôt talentueux, celle-ci
nous entrainait dans une Seconde Guerre Mondiale légèrement différente de celle
que l’on connait puisque si tous les événements clés de celle-ci sont bel et
bien au programme et que son déroulé est identique, il y a, ici, une histoire
cachée, celle qui voit les nazis trouver, quelque part en Irak, les traces d’une
civilisation extraterrestre qui était arrivée sur notre planète depuis des
milliers d’années, ce qui allait entrainer une longue et passionnante course
entre nazis, britanniques et une société secrète américaine pour mettre la main
sur la technologie alien, le tout, sous la menace d’une annihilation de l’humanité.
Un scénario que certains pourraient trouver digne d’une vulgaire série B avec
son coté X-Files parfaitement assumé
mais qui n’en restait pas suffisamment bon et, surtout, captivant, l’auteur
maitrisant à merveille son sujet pour nous tenir en haleine tout au long des
trois premiers tomes qui, s’ils n’étaient pas parfait – on ne peut pas occulter
la chose – restaient suffisamment plaisant pour que les lecteurs aient envie de
découvrir le fin mot de l’histoire… Hélas, il fallait que tout cela ne finisse
pas aussi bien que cela avait commencé et il est évidant, après lecture de ce Crépuscule des Dieux, dernier volet,
donc, de la Tétralogie des Origines,
que la déception soit au rendez vous… Bon, déjà, je n’avais pas vraiment été emballé
par l’idée, développée dans le final du troisième
tome, que Reinhard Heydrich ait survécu, mais bon, à la rigueur, au vu du
scénario de Stéphane Przybylski et de ses idées, cela peut se comprendre
surtout que le problème n’est pas vraiment là. Ensuite, il y à le fait que ce
quatrième volume soit, en partie, un long dialogue entre l’intriguant Mr Lee –
l’Homme à la Cigarette de X-Files –
et la petite fille de Friedrich Saxhäuser : l’idée se tient, certes,
cependant, une bonne partie du suspens est complètement évacué puisque l’on
connait à l’avance le sort de la plupart des protagonistes…. Mais le vrai
problème, c’est surtout que ce quatrième tome de la saga a plutôt tendance à accélérer
son intrigue, l’auteur ne s’attardant plus sur les détails et les événements se
bousculant sans cesse, le pire étant le dernier quart qui expédie vraiment une
conclusion que l’on attendait nettement plus aboutie que celle que l’on a eu…
Ainsi, on a droit a la mort de Saxhäuser, a celle de Mr Lee – ridicule au
demeurant – on découvre que la petite fille du premier cité possède des
pouvoirs incommensurables et puis… eh bien, c’est tout… hein, quoi, comment, l’invasion
extraterrestre et le danger qui plane sur l’humanité ? Complètement évacué
par l’auteur, ce qui est tout de même un comble ! Du coup, comment ne pas
être déçu par ce quatrième tome, comment ne pas se dire que cette saga, loin d’être
géniale mais tout de même suffisamment bonne jusqu’ici, méritait une conclusion
plus aboutie, plus intelligente, moins décevante ? Oui, il y a de quoi se
dire que tout cela méritait bien mieux et, ce qui est dommage, c’est que l’on n’est
pas passé bien loin d’une bonne conclusion, mais bon, visiblement, il faut
croire que la réussite n’est pas toujours au rendez vous…
Points
Positifs :
-
Si vous avez apprécié les trois premiers volets de la Tétralogie des Origines, ce sera avec un plaisir certain que vous
retrouverez la suite et la conclusion de cette saga d’aventure et de
science-fiction qui malgré un final un peu loupé, n’en reste pas moins, dans l’ensemble,
plutôt bonne.
-
Comme je l’avais déjà souligné, l’auteur, Stéphane Przybylski, maitrise à
merveille son sujet et a de bonnes connaissances historiques, ce qui apporte
une certaine crédibilité à son récit tout au long du développement de celui-ci,
ce que l’on retrouve avec plaisir dans cet ultime volet.
-
SF, nazis, espionnage, aventure, histoire parallèle, paléocontact,
figures historiques : tout cela se mêle une nouvelle fois pour notre plus
grand plaisir. Et puis, comment ne pas reconnaitre que tout cela possède un
petit coté X-Files non déplaisant !?
-
On retrouve avec plaisir et pour la dernière fois, un casting qui nous est
familier depuis longtemps et qui est toujours aussi réussi.
Points
Négatifs :
-
Un quatrième et dernier volet fatalement décevant, ne serais-ce qu’en raison d’une
conclusion absolument pas à la hauteur de nos espérances. Il faut dire que celle-ci
est rapidement expédiée, beaucoup trop et que, au passage, l’auteur oublie pas
mal d’éléments scénaristiques y compris un des plus importants : la menace
des extraterrestres !
-
Tellement de protagonistes ont été inventés pour cette saga – en plus des
personnages historiques réels – et une bonne partie d’entre eux n’ont pas eu
droit à la fin qu’ils méritaient, loin de là…
-
Des nazis, des extraterrestres, des armes secrètes… mouais, tout cela sent le
déjà-vu, il faut le reconnaitre.
-
Aussi plaisante soit la Tétralogie des Origines, il faut
reconnaitre que cette saga est très loin d’être un incontournable. Disons
plutôt que nous avons affaire à une bonne série d’aventure matinée de SF,
suffisamment captivante pour nous tenir en haleine mais qui ne restera
nullement dans les annales…
Ma
note : 7/10
SQUID
GAME – SAISON 1
456
personnes, qui ont toutes de très grosses difficultés financières dans la vie,
sont invitées à prendre part à une mystérieuse compétition. Dans celles-ci, les
joueurs doivent participer à ce qui ressemble à priori à une série de jeux
traditionnels pour enfants, sauf que, dès les premières minutes du premier jeu
– Un, deux, trois, Soleil – les perdants sont impitoyablement abattus. Les
autres concurrents comprennent rapidement que, s’ils veulent empocher le
pactole final de 45,6 milliards de wons – environ 32 millions d'euros – les
choses vont être nettement plus compliquées que prévu et que la mort pourrait
bien être leur seule récompense…
Squid Game – Saison 1
Réalisation
: Hwang Dong-hyeok
Scénario
: Hwang Dong-hyeok
Musique : Jung
Jae-il
Production : Siren
Pictures Inc
Genre : Thriller,
Action, Drame
Titre
en vo : Ojing-eo Geim
Pays
d’origine : Corée du Sud
Chaîne
d’origine : Netflix
Diffusion
d’origine : 17 septembre 2021
Langue
d'origine : coréen, anglais
Nombre
d’épisodes : 9 x 55 minutes
Casting :
Lee
Jung-jae : Seong Gi-hun
(no 456)
Park
Hae-soo : Cho Sang-woo (no 218)
Yeong-Su
oh : Oh Il-nam (no 001)
Jung
Ho-yeon : Kang Sae-byeok (no 067)
Heo
Sung-tae : Jang Deok-su
(no 101)
Anupam
Tripathi : Abdul Ali (no
199)
Kim
Joo-ryoung : Han Mi-nyeo
(no 212)
Yoo
Sung-joo : Byeong-gi (no
111)
Kim
Yun-tae : no 069
Gong
Yoo : le recruteur des
participants au Jeu
Wi
Ha-joon : Hwang Jun-ho, le policier
Kim
Young-ok : la mère de
Gi-Hun
Jo
A-in : Seong Ga-yeong, fille de
Gi-Hun
Park
Si-wan : Kang Cheol, le frère de
Sae-Byeok
Mon
avis : Ce fut, indéniablement, un des événements
de cette rentrée 2021 du coté de Netflix
et, dans un sens nettement plus large, du coté du petit monde des séries, genre
qui, comme chacun sait, est devenu, depuis quelques années, presque aussi – si ce
n’est plus – important que le cinéma. De quoi est-ce que je parle ? Mais
de Squid Game, bien évidement, une
série coréenne qui, depuis mi-septembre dernier et sa sortie mondiale, aura
connu un succès monstrueux un peu partout dans le monde, au point même que
certains, peut-être un peu trop hâtivement, aient conclu que l’on tenait là la
série de l’année 2021, un pur chef d’œuvre comme il y en existe pas tant que
cela, bref, la série à voir absolument ! Alors, le jeu en valait-il la
chandelle ? Squid Game est-il
bel et bien le chef d’œuvre annoncé ? Ma foi, disons que, après visionnage
de la chose, je serais loin d’être aussi enthousiaste… Avant toute chose, n’allez
pas croire que je fais parti de ce genre d’individus qui se plaisent et se
complaisent à dézinguer tout azimuts chaque film, chaque série, chaque jeu à
succès, ce, uniquement pour, soit disant, se démarquer de la norme. Non, je ne
suis pas fait du même bois et, par ailleurs, si je dois être tout à fait franc,
j’ai bien aimé Squid Game et oui, je
reconnais que la série du sieur Hwang Dong-hyeok est plutôt pas mal dans l’ensemble.
Après, je ne peux, en aucune façon, être dithyrambique a l’égard de celle-ci,
car bon, comment dire… Squid Game, à
bien y regarder, ce n’est qu’une énième version d’un concept éculé et dont l’un
des tous premiers représentants reste le superbe Battle
Royale de Kinji Fukasaku – avec l’inimitable Takeshi Kitano – et qui
date déjà du tout début des années 2000. Bien entendu, l’élève ne dépasse en
aucune manière le maitre, mais bon, je peux concevoir que la nouvelle
génération qui ne connait probablement pas Battle
Royale mais qui est abreuver depuis longtemps à des films, des séries ou
des jeux dont le concept est identique ne pouvait qu’adhérer à une œuvre comme Squid Game qui à pour elle deux énormes
avantages : elle représente la quintessence du genre et, surtout, c’est
une réussite indéniable, cela, on ne peut pas le nier. Qui plus est, en se prenant
moins au sérieux que ses équivalents nippons ou nord-américains, la série de Hwang
Dong-hyeok peut rameuter un plus large public, ce, même s’il faut relativiser
les choses : après tout, Squid Game
reste une série où l’hémoglobine coule à flots et où certaines situations sont
pour le moins dures… Autre point positif, les protagonistes qui sont plutôt charismatiques
– y compris les seconds rôles – et l’absurdité de certains jeux qui dénotent totalement
avec la mortalité générale de chaque épreuve. Cependant, pour un vieux de la vieille
dans mon genre qui en a vu d’autres, Squid
Game sent un peu le déjà-vu et propose, finalement, très peu de véritables nouveautés
à proprement parler : certes, c’est une bonne série, certes, certains
passages sont oh combien jouissifs, certes, tout cela tient parfaitement la
route mais bon, de là a en faire un chef d’œuvre, la série de l’année, le
maitre étalon du genre ?! Allons bon, ne poussons pas la plaisanterie
aussi loin…
Points
Positifs :
-
Le genre des battle royales est à la mode depuis quelques années et, quelque
part, Squid Game en est un de ses
plus beaux représentants et, accessoirement, comme un aboutissement
terriblement intelligent de ces fictions de survies où, à la fin de multiples
épreuves mortelles, il n’en restera plus qu’un. Bref, si vous êtes fans du
genre, cette série ne pourra que vous plaire !
-
Des protagonistes plutôt charismatiques et qui marquent suffisamment les
esprits pour que l’on prenne plaisir à les suivre tout au long des diverses
épreuves. Bien évidement, certains sont naturellement mis en avant mais même
les seconds couteaux méritent le détour, ce qui est toujours une bonne chose.
-
Pour ce qui est du casting, celui-ci est quasiment uniquement coréen et je le
connais fort mal – en dehors de Gong Yoo que j’avais vu dans Dernier
Train pour Busan – cependant, il faut reconnaitre que, dans l’ensemble,
celui-ci est plutôt bon.
-
Le contraste entre l’absurdité des épreuves proposées – ce sont des jeux pour
enfants – et la dangerosité de ces derniers est une des bonnes idées de cette
série. De même, les décors flashies au possible apportent une touche plutôt appréciable
à l’ensemble.
-
Scénaristiquement, c’est plutôt pas mal et l’on regarde avec plaisir les neuf
épisodes qui composent cette série. D’ailleurs, Squid Game est moins sérieux que certains de ses équivalents du
même genre, ce qui n’est pas une mauvaise chose…
Points
Négatifs :
-
Indéniablement, Squid Game est une
bonne série et dans le genre des battle royales, c’est un des tous meilleurs,
cependant, il faut savoir relativiser les choses et reconnaitre que cette série
n’apporte quasiment aucune véritable nouveauté à un genre un peu trop présent
dans les médias populaires ces dernières années. Bref, tout cela est loin d’être
original.
-
Quasiment aucun suspens quand aux protagonistes qui sont encore en vie dans les
dernières épreuves – fatalement, ce sont ceux que l’on voit le plus à l’écran
depuis le début…
-
Les VIP sont tout bonnement ridicules et représentent une des plus mauvaises
idées de cette série, quand à leurs masques en forme de têtes d’animaux, que
dire si ce n’est qu’ils sont absurdes !?
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Certaines exagérations scénaristiques, par moments, nuisent un peu à la
crédibilité de l’ensemble.
Ma
note : 7,5/10
SCÈNES
DE LA VIE CONJUGALE
Mariés
depuis dix ans, Johan et Marianne ont deux filles. Ils donnent l'apparence d'un
couple harmonieux, mais Marianne se plaint de leur quotidien étouffant, qui ne
leur laisse pas de répit. Johan semble accepter leur routine avec philosophie
et une pointe d'agacement. Un jour, il annonce à son épouse qu'il est tombé
amoureux d'une autre femme, et qu'il part s'installer avec elle à Paris.
Marianne est dévastée et le supplie de rester.
Scènes de la Vie Conjugale
Réalisation
: Ingmar Bergman
Scénario
: Ingmar Bergman
Musique : Sven
Nykvist
Production : Cinematograph
AB
Genre : Drame
Titre
en vo : Scener ur ett äktenskap
Pays
d’origine : Suède
Parution
: 21
septembre 1974
Langue
d'origine : suédois
Durée
: 167
min
Casting :
Liv
Ullmann : Marianne
Erland
Josephson : Johan
Bibi
Andersson : Katarina
Jan
Malmsjö : Peter
Gunnel
Lindblom : Eva
Anita
Wall : Madame Palm
Barbro
Hiort af Ornäs : Madame Jacobi
Rosanna
Mariano et Lena Bergman : les
enfants Eva et Karin
Wenche
Foss : La mère
Bertil
Norström : Arne
Mon
avis : Indéniablement, Ingmar Bergman est
un des plus grands noms du Septième Art, un réalisateur et un scénariste
reconnu par ses pairs et qui, tout au long de sa très longue et prolifique
carrière, aura donné au cinéma quelque uns de ses plus beaux fleurons, même si,
bien évidement, bon nombre de ses réalisations ne furent absolument pas grand
public. Curieusement, au cours de ma vie, je n’ai guère eu l’occasion de voir
beaucoup de films du suédois – le contraire étant plutôt la norme – et ce fut
donc en parfait néophyte, ou presque, que je me suis lancé dans le visionnage
de ce qui est, probablement, une de ses œuvres les plus connues : Scènes de la Vie Conjugale. Bon, disons
le tout de suite, ici, j’allais m’attaquer à du lourd, du très lourd, du moins,
si j’en croyais toutes les critiques pour le moins élogieuses que j’avais put
lire a son sujet. Paru d’abord à la télévision suédoise en tant qu’une
mini-série de six épisodes en 1973 – Bergman alterna, tout au long de sa
carrière, entre le grand et le petit écran – Scènes de la Vie Conjugale fut adapter, pour une sortie internationale,
après moult coupes, en tant qu’un film, plutôt long, certes – plus de deux
heures et demi – mais nettement moins que la série et ses cinq heures. Une
coupe drastique, donc, qui voit l’œuvre originale amputée de sa moitié, ce qui
n’est pas rien, il faut en convenir… Le souci qui se pose donc ici, c’est que,
aussi réussi soit la version que le public international connait le mieux, celle-ci
souffre de ces découpages qui ne sont peut-être pas trop gênant au début du
film mais qui deviennent problématique au fur et à mesure qu’avance l’intrigue –
on sent bien qu’il manque des éléments scénaristiques, que trop de raccourcis
ont lieu, ce qui fait que l’on a un peu de mal à saisir comment ce couple qui
ne cesse de se déchirer jusqu’à atteindre l’irréparable finit par se retrouver…
Malgré tout, malgré ce découpage discutable, Scènes de la Vie Conjugale fonctionne néanmoins car, quelque part,
jamais personne auparavant et probablement personne depuis, n’aura aussi bien filmé
et mis en scène la déchirure d’un couple qui, malgré tout, ne cesse de s’aimer.
Bergman qui, comme à son habitude, s’investit énormément dans on œuvre au point
de s’inspirer de sa propre vie personnelle – il venait de se séparer de Liv
Ullmann qui tient ici le rôle principal et certaines scènes sentent le vécu – maitrise
à la perfection son sujet et, malgré une mise en scène que l’on peut qualifier
de minimaliste et qui semble taillée pour le théâtre, n’en reste pas moins
parfaite de bout en bout. Bien évidement, pour apprécier un film comme Scènes de la Vie Conjugale, je pense ne
pas me tromper en affirmant qu’il faut aimer ce genre de longs métrages qui
misent tout sur les dialogues, où la caméra est presque statique et où le
spectateur a presque l’impression d’être plonger au plus cœur de ce qu’il voit
à l’écran, c’est-à-dire, la simple banalité de la vie d’un couple qui semble
nager dans le bonheur alors que, en fait, tout cela n’est qu’apparence. Bref,
une œuvre à voir, ne serais-ce que pour ne pas mourir idiot même si je persiste
à dire que, si l’occasion se présente, voir la série originale, forcément plus
complète, serait nettement préférable…
Points
Positifs :
-
Un des films les plus connus du grand Ingmar Bergman, une œuvre maitresse dans
sa longue production et, probablement, le long métrage qui nous montre le mieux
et sans fards, la vie d’un couple qui se déchire tout en continuant à s’aimer.
-
Liv Ullmann et Erland Josephson tiennent naturellement le haut du pavé à l’écran
– ce qui est normal puisque le reste du casting se contente de jouer les
utilités – et livrent ici une interprétation exceptionnelle.
-
Une mise en scène minimaliste presque entièrement tournée en intérieur, avec
peu de décors – on se croirait au théâtre – mais qui n’en reste pas moins
terriblement efficace et parfaite.
-
Complètement axé sur le dialogue, Scènes
de la Vie Conjugale ravira sans nul doute les amateurs du genre.
Points
Négatifs :
-
La version internationale, sortie sur grand écran, est deux fois plus courte
que l’œuvre originale qui est une mini-série de cinq heures. Par la force des
choses, le scénario se voit ici amputé de sa moitié, ce qui n’est pas rien. Du
coup, on sent que certaines parties de l’intrigue manquent à l’appel, ce qui
rend peu compréhensible certains retournements de situations, particulièrement
vers le derniers tiers du film.
-
Il est tout de même difficile d’éprouver une quelconque compassion envers le
mari qui semble être un sacré connard arrogant – ou alors, le film ne montre
pas tout, ce qui est possible même si je suis dubitatif.
-
Il faut tout de même apprécier ce genre de films entièrement axé sur des
dialogues interminables et il faut reconnaitre que même si l’on est plus ou
moins réceptif au genre, Scènes de la Vie
Conjugale possède quelques longueurs problématiques et que son rythme, par
moments, finit par lasser, particulièrement vers la fin…
Ma
note : 7,5/10