mercredi 3 juin 2020

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE – LE COUVENT DES SOEURS DE SANG


REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE – LE COUVENT DES SOEURS DE SANG

Djebel Madhbah, La Montagne de Dieu, Terre Sainte, 1332. Une armée de Croisés se trouve au pied du Mont Sacré. Dans un de ses profonds contreforts, une étrange mélodie s'élève au dessus des chevaliers casqués. Le plus docte d'entre-eux s'exclame : « C'est la trompette de Dieu ! » et se met à citer les Textes du Très-Grand : « Comme l’apparition du Seigneur dans l'Exode, il y eut des tonnerres, des éclairs et une épaisse nuée dans la montagne... Le son de la trompette retentit fortement : et tout le tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante ». L'homme qui conduit la troupe, le Seigneur Barbarossa, lâche alors, le visage plein de rage, qu'il ne s'agit que du vent. Lui et son armée sont venus s'emparer de l'Arche, qui a échappé aux Israélites et qui est sur le point d'être prise par de vils Sarrasins. Quelques instants après, la bataille fait rage et les croisés du Christ finissent par mettre leurs ennemis en pièces. Bientôt, ils gagnent une gigantesque crypte qui abrite l'Arche d'Alliance et le Thurim, objet sacré qui permet d'en libérer la puissance divine. L'énergie qui se propage alors brûle littéralement tous les hommes, sauf Barbarossa. Car ce marteau magique appartenait à Lucifer avant qu'il ne soit chassé du Paradis et ceux qui lui obéissent en sont immunisés...


Requiem Chevalier Vampire – Le Couvent des Sœurs de Sang
Scénario : Pat Mills
Dessins : Olivier Ledroit
Couleurs : Olivier Ledroit
Couverture : Olivier Ledroit
Editeur : Glénat
Genre : Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 14 novembre 2018
Nombre de pages : 56

Mon avis : Septième volume de Requiem Chevalier Vampire et, comme il est de coutume depuis le début de la saga, les premières pages nous replongent quelques siècles en arrière, ici, à l’époque où les Chevaliers Teutoniques d’Heinrich Barbarossa écumaient la Terre Sainte à la recherche de l’Arche d’Alliance. Et il me faut noter une petite déception, si le futur Thurim est toujours aussi impitoyable et emprunt d’un sadisme à toutes épreuves, il est dommage que le combat entre ses chevaliers et les cavaliers Sarrazins aient été aussi rapidement expédiés. Celui-ci aurait amplement mérité d’être approfondi, au lieu de quoi, on a droit à quelques misérables cases. Mais bon, la suite nous fera vite oublier cette légère déception… En effet, dans le volume précédent, nous avions laissé Requiem alors qu’il pénétrait dans le Couvent des Sœurs de Sang, le lieu où le sang destinée aux habitants de Necropolis est collecté et raffiné. Une fois de plus, Ledroit s’en donne à cœur joie avec l’architecture gothique et torturée du lieu, mais également avec les divers nouveaux personnages de ce septième tome : nonnes impitoyables à l’attirail SM, Dystopiens à l’apparence reptilienne tout aussi maléfiques et impitoyables que les vampires, il y a de quoi être gâté. Tout comme l’intrigue qui alterne entre le fameux couvent et le camp Dystopiens où se réunissent Dracula et la Reine – qui de faux-airs de la célèbre Reine Elisabeth. Ainsi, tandis que Requiem et Sabre – qui effectue ici son retour après son apparition haute en couleur dans le cinquième volet de la saga – ont toutes les difficultés du monde face aux nonnes et, surtout, à l’effroyable Mère Supérieure, la réunion au sommet entre les dirigeants des deux Etats tourne rapidement au jeu de dupes et à l’hostilité déclarée, au point que la guerre éclate. Mais c’est bien évidemment du coté de Requiem qu’il faut se tourner pour ce qui est de l’événement majeur de ce septième tome : apparemment tué par la Mère Supérieure, celui-ci, se voit offrir la possibilité de revenir à la non vie, s’il laisse la place à Thurim. N’ayant pas le choix, ce dernier prend alors possession du corps de notre héros, et son retour est un véritable carnage dans le couvent, tant sa maîtrise du combat est parfaite. Mais Heinrich n’a pas dit son dernier mot et tante tout afin de reprendre le contrôle, surtout que, pendant ce temps là, Rebecca est en danger dans l’antre d’Otto. Bref, ce septième tome est d’une violence rarement atteinte dans la série, et pourtant, les précédents volumes allaient déjà assez loin dans le gore. Bien évidemment, la présence de Thurim y est pour beaucoup, et la lutte interne entre celui-ci et Requiem promet énormément pour la suite. De même que le sort de Dracula et des siens, visés par un sombre complot et qui voit se liguer contre lui tous les autres royaumes de Résurrection. La série est toujours aussi bonne, et ce, tant du point de vue du scénario que des dessins et le lecteur n’a qu’une hâte, connaître les tenants et aboutissements de l’intrigue. Bref, vivement la suite !


Points Positifs :
- Un tome peut-être un poil moins marquant que ses prédécesseurs mais qui, dans l’ensemble, reste suffisamment réussi pour satisfaire les amateurs de la saga. Il faut dire que l’on retrouve avec plaisir un univers, des protagonistes et une intrigue qui sont toujours aussi plaisants à suivre et que, au bout de tant d’albums, on est vraiment curieux de voir comment tout cela va s’achever…
- Toute la partie qui se déroule dans le Couvent est fort réussie, on retrouve avec plaisir ce bon vieux Sabre – un peu de légèreté ne fait pas de mal – quand a la rencontre entre Dracula et la Reine de la Dystopie, franchement, c’est un pur régal.
- Les dessins d’Olivier Ledroit, bien entendu. Mais bon, ce n’est pas vraiment une surprise tant l’artiste et reconnu pour son immense talent et livre à nouveau une fort belle prestation. Quand a ses dessins des personnages féminins, ma foi, que dire ?!
- Un bel hommage au Jardin des Délices de Jérôme Bosch de la part de Ledroit.
- Encore une fois, une fort belle couverture.
- Une excellente réédition de la saga par les éditions Glénat.

Points Négatifs :
- Pour être tout à fait franc, je ne suis pas vraiment fan de Thurim : trop violent, trop basique dans son comportement, un langage vulgaire sans intérêt… mouais, Heinrich est nettement plus intéressant…
- Bon, comme je l’ai déjà souligné dans mes critiques précédentes, certains risquent de ne pas accrocher à cet univers loin d’être franchement original, à ces protagonistes caricaturaux au possible, a ces dialogues un peu limite et a cet humour un peu beauf par moments. Par contre, si vous êtes fans du genre, si vous souhaitez lire une œuvre oh combien jouissive et qui vous fera passer un bon moment, alors, Requiem est fait pour vous !

Ma note : 7,5/10

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE – HELLFIRE CLUB


REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE – HELLFIRE CLUB

Lorsqu'il était encore sur Terre, Heinrich a commis de nombreuses atrocités. Il n'hésitait jamais à tuer ses adversaires à coup de lance-flammes. Le soldat nazi vivait alors une relation charnelle avec Rebecca. Mais lorsqu'il apprit que celle-ci était juive, l'amour laissa place à la haine et au goût de l'interdit... L'histoire d'amour entre Heinrich et Rebecca ne pouvait se terminer du temps de leur vivant. Devenu un chevalier vampire, celui que l'on nomme désormais Requiem a retrouvé sur Résurrection cella qu'il aimait dans le camp de ses adversaires. Ils n'ont pu longtemps s'opposer. A présent que Heinrich est parvenu à emmener sa bien aimée dans son donjon. Ils font l'amour fiévreusement. Soudain, le vampire a une pulsion et s'apprête à mordre Rebecca. La seconde suivante, cinq vampires forcent l'entrée du donjon. Ce sont des agents venus récupérer Rebecca pour la conduire au couvent des Sœurs du sang. Requiem réagit brutalement, mais finit par être arrêté. Plus loin, dans l'ombre, Otto observe la scène, mécontent de voir que Rebecca ne souffrira pas plus. Le chevalier vampire est conduit ensuite auprès de Black Sabbat. Ce dernier souhaite se servir d’Heinrich pour que son ancienne identité, Thurim, fasse de nouveaux ravages...


Requiem Chevalier Vampire – Hellfire Club
Scénario : Pat Mills
Dessins : Olivier Ledroit
Couleurs : Olivier Ledroit
Couverture : Olivier Ledroit
Editeur : Glénat
Genre : Fantastique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 31 mai 2017
Nombre de pages : 56

Mon avis : Quelle claque que ce sixième tome de Requiem Chevalier Vampire ! Quelle claque que cette série qui reste, pour le moment, quasiment parfaite dans son genre depuis ses débuts ! Décidément, on ne se lasse pas des pérégrinations de nos protagonistes dans Résurrection, et, après un cinquième volume énormément basé sur l’action et l’humour, mais toujours aussi bon, le temps des grandes révélations est venu… Ou, du moins, car l’on ne peut être sur que nos certitudes ne soient balayés ultérieurement, on en sait beaucoup plus, à la fin de ce Hellfire Club sur le sombre complot qui sévit dans l’ombre de Dracula… Ainsi, dans les premières pages, nous retrouvons les plaines glacées de Russie, mais cette fois, nous ne sommes plus pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais quelques siècles auparavant, en pleine Bataille des Glaces, qui vit s’opposer les Chevaliers Teutoniques, menés par celui qui devint Thurim – une incarnation précédente de Heinrich – au célèbre Alexandre Nevski. A ce propos, j’invite ceux que cela intéresse à regarder le film éponyme de Serguei Eisenstein, réalisé en 1938, à une époque où l’éventualité d’une nouvelle attaque allemande se faisait jours. Après cette petite parenthèse sur le cinéma soviétique, revenons à nos moutons : on en prend plein la vue avec cette bataille, formidablement bien dessinée, et le destin des Teutoniques, qui finirent dans le lac glacé, le Peipus, est un des moments les plus marquants de cet album. Une fois de plus, nous avons droit à l’habituelle scène du décès, ici de Barbarossa Thurim, et du crachat, de son exécuteur, Nevski. Après une tel entrée en matière, le lecteur n’a pas le temps de s’en remettre car nous retrouvons Requiem et Rebecca en pleins ébats, dans une scène d’une rare sensualité – où l’on comprend pourquoi ce brave Heinrich ne peut décidément pas se passer de son aimée. Mais c’est un Requiem qui a de plus en plus de mal à contrôler sa véritable personnalité, autrement plus maléfique… Arrêtés par la police secrète de Black Sabbat, les deux amants sont séparés, une fois de plus dira t’on. Mais alors que l’on pouvait craindre le pire pour notre héros, celui-ci est emmené par son geôlier dans un temple souterrain impie, où se retrouvent tous les complotistes vampires comme Mortis et Cryptus pour une messe noire où est invoqué un curieux Dieu-Singe du nom d’Aiwass. Et cette fois ci, nous autres heureux lecteurs, obtenons enfin les réponses que nous nous posions au sujet de ce fameux complot. Et comment Thurim doit y tenir une place primordiale. Mais tout ne va pas être si simple puisque, vous l’avez compris, l’esprit d’Heinrich occupe toujours une place de premier ordre dans le corps de Requiem, et que sa préoccupation majeure, malgré l’apocalypse qui s’abat sur Necropolis, est de libéré sa chère Rebecca. Bref, un sixième tome qui promet beaucoup pour la suite de cette saga, où l’on commence à découvrir les forces en présence et le jeu insidieux des alliances le plus souvent contre nature. Un album toujours aussi bien dessinée, qui, en plus, véritable cerise sur le gâteau, nous fait découvrir une nouvelle race, les Dystopiens, une race de reptiles véreux qui ne pensent qu’au commerce, véritable parodie de nos hommes d’affaires et de nos sociétés ultralibérales, et, surtout, des britanniques eux-mêmes ! Ce qui, pour un auteur sujet de sa très gracieuse Majesté à quelque chose de jouissif. Alors, certes, on rigole franchement en voyant leur ambassadeur commercer en usant de la plus parfaite mauvaise fois avec tous les partis en jeu, mais un peu moins, lorsque l’on se dit que c’est ainsi que sa ce passe dans notre monde réel… Vivement la suite !


Points Positifs :
- Ce sixième tome de Requiem Chevalier Vampire n’est ni meilleur, ni inférieur à ses prédécesseurs, disons qu’il est tout aussi bon et, ma foi, cela signifie que, qualitativement parlant, il y a de quoi ravir largement les amateurs du genre, heureux, une fois de plus, de retrouver un univers envoutant et des protagonistes toujours aussi charismatiques !
- On en apprend pas mal sur les divers complots et autres enjeux dans ce sixième volume. Bref, l’intrigue avance doucement mais surement et c’est toujours aussi passionnant.
- La Bataille des Glaces qui ouvre cet album est tout simplement spectaculaire.
- Un pur régal que ces Dystopiens, véritables parodie des hommes d’affaires mais aussi de l’Empire Britannique…
- Les dessins d’Olivier Ledroit, bien entendu. Mais bon, ce n’est pas vraiment une surprise tant l’artiste et reconnu pour son immense talent et livre à nouveau une fort belle prestation. Quand a ses dessins des personnages féminins, ma foi, que dire ?!
- Encore une fois, une fort belle couverture.
- Une excellente réédition de la saga par les éditions Glénat.

Points Négatifs :
- Bon, comme je l’ai déjà souligné dans mes critiques précédentes, certains risquent de ne pas accrocher à cet univers loin d’être franchement original, à ces protagonistes caricaturaux au possible et a ces dialogues un peu limite par moments. Par contre, si vous êtes fans du genre, si vous souhaitez lire une œuvre oh combien jouissive et qui vous fera passer un bon moment, alors, Requiem est fait pour vous !

Ma note : 8/10

mardi 2 juin 2020

THE ESCAPISTS


THE ESCAPISTS

À la mort d'un père dont il n'était guère proche, Maxwell Roth se rend dans la cave de ce dernier, un lieu qui lui était interdit autrefois. Il y découvre une énorme collection de comics mettant en scène The Escapist. Des années plus tard, alors qu'il enterre à présent sa mère, Maxwell se lance dans un projet un peu dingue, à savoir relancer la série de comics qu’il a appris à aimer. En dilapidant la quasi-intégralité de son héritage dans les achats de droits, il sollicite son ami Denny, pour l’encrage et une jeune dessinatrice nommée Case Weaver. Une fois leur premier épisode achevé, ils font leur possible pour que tout le monde parle du retour de ce super héros. Denny se fait un costume d'artiste de l’évasion et part dans un supermarché afin de sauver les employés enfermés par leur patron la nuit dans l’enceinte du magasin. Là-bas, un événement totalement inattendu se produit : des braqueurs sont en train de dévaliser les rayons. Denny se met en tête de les assommer un par un…


The Escapists
Scénario : Brian K. Vaughan
Dessins : Steve Rolston, Jason Shawn Alexander, Philip Bond, Eduardo Barreto
Encrage : Steve Rolston, Jason Shawn Alexander, Philip Bond, Eduardo Barreto
Couleurs : Matt Hollingsworth, Dave Stewart, Paul Hornschemeier, Dan Jackson
Couverture : James Jean
Genre : Chronique Sociale, Super-Héros
Editeur : Dark Horse
Titre en vo : The Escapists
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 12 décembre 2007
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Urban Comics
Date de parution : 07 octobre 2016
Nombre de pages : 184

Liste des épisodes
The Escapists 1-6

Mon avis : Ayant atteint la confirmation par le biais de Saga, sans aucun doute son œuvre maitresse et, accessoirement, un des meilleurs comics de la décennie écoulée – en attendant que, a l’occasion, on ait droit a une suite au terrible et spectaculaire neuvième tome – Brian K. Vaughan est, indéniablement, un des plus grands noms du genre. Pourtant, comme on pouvait s’en douter, le sieur Vaughan ne débuta pas sa carrière avec Saga et, quelques années auparavant, il nous faisait montre de tout son talent et de son originalité par le biais de The Escapists, sympathique bande dessinée qui nous entraine dans l'envers du décor de l'industrie des comics et combien, bien entendu, il peut être difficile de percer dans ce métier. Pour cela, Vaughan s’inspire du roman de Michael Chabon, Les Extraordinaires Aventures de Kavalier et Clay, deux cousins qui écrivent des comics et, plus particulièrement, The Escapist, le héros costumé qui nous occupe aujourd’hui : ici, l’auteur nous amène à croire que ce comics à exister et qu’une bande de jeunes auteurs – un Geek complexé et amoureux du personnage, une dessinatrice loufoque et un grand costaud doué pour le lettrage – décide, après avoir racheter les droits de la franchise, de relancer The Escapist. Une bande d’amateurs face aux grosses maisons d’éditions du marché ? Le jeu semble perdu d’avance, bien entendu, cependant, le propos n’est pas là et même si l’échec sera au rendez vous, après bien des péripéties, tout l’intérêt de The Escapists est de nous montrer ce qu’est l’envers de l’univers des comics, surtout amateur, et si vous êtes fans du genre, ma foi, c’est plutôt intéressant. Dommage qu’une partie des dessins ne suive pas vraiment – Steve Rolston, franchement, je n’ai pas accrocher – mais dans l’ensemble, le jeu en vaut tout de même la chandelle, ne serais-ce que pour découvrir une œuvre qui sort un peu des sentiers battus et qui fourmille de bonnes idées…


Points Positifs :
- Si vous souhaitez en savoir davantage sur l’envers du décor de l’industrie des comics, particulièrement amateur, alors, The Escapists est fait pour vous. Bien entendu, il faut être un fan du genre pour mieux l’apprécier, cependant, l’ensemble est assez convainquant pour ravir tout amateur de BD, tout genre confondu ; après tout, la lutte entre le pot de terre et le pot de fer, c’est un peu universel…
- Brian K. Vaughan est tellement doué que l’on a presque l’impression que ce personnage, l’Escapist, est un ancien super-héros de l’âge d’or des comics…
- Toute la partie dessinée par Jason Shawn Alexander est superbe. Dommage qu’il se contente de la partie secondaire, consacrée au comic.
- La couverture de James Jean est superbe, mais bon, ce n’est pas une surprise.

Points Négatifs :
- Nous sommes assez loin, ici, des standards habituels des comics des super-héros, ce qui risque de déplaire aux ultras fans de super-slips qui déchanteront devant The Escapists.
- Les dessins de Steve Rolston, franchement, je n’ai absolument pas accroché. Certes, tout est une affaire de gouts, mais bon, il faut reconnaitre qu’il y a moult artistes nettement plus doués ou qui possèdent un style plus aboutit…
- Peut-être un poil trop court ?

Ma note : 7,5/10

lundi 1 juin 2020

DERNIER TRAIN POUR BUSAN


DERNIER TRAIN POUR BUSAN

Seok-woo, un courtier en bourse, vit à Séoul avec sa fille Soo-ahn, mais il est peu attentionné envers elle : il ne va pas à une fête à l'école où elle doit chanter, il lui offre un cadeau pour son anniversaire qu'il lui avait déjà offert pour la journée des enfants. Soo-ahn lui dit alors qu'elle veut aller voir sa mère à Busan dès le lendemain. Le lendemain, ils embarquent dans le Korea Train Express (KTX), un train rapide qui doit les amener de Séoul à Busan. Juste avant le départ, une jeune fille qui semble malade réussit à monter dans le train ; et alors que le train quitte la gare, celle-ci est envahie par un groupe d'individus qui attaquent le chef de quai. Sur les chaînes de télévision diffusées dans le train, des informations rapportent que des troubles sont en cours dans beaucoup de villes du pays, tandis que le gouvernement dédramatise la situation et appelle la population au calme. La jeune fille malade s'est glissée dans des toilettes ; dans d'autres toilettes, le steward découvre un vagabond apparemment en état de choc, dont il ne parvient à tirer que des propos incohérents. La jeune fille finit par avoir une crise semblable à une crise d'épilepsie ; l'hôtesse qui la découvre tente de l'aider, mais en vain. Elle est attaquée par la jeune fille lorsque celle-ci ressuscite, ce qui déclenche une attaque dans tout le reste du train. Seok-woo et Soo-ahn arrivent à y échapper, Seok-woo manquant d'abandonner à leur sort un couple dont la femme, Seong-kyeong, est enceinte ; le mari, Sang-hwa, lui en veut fortement et le méprise ouvertement en apprenant son métier, ce qui ne surprend guère Soo-ahn.


Dernier Train pour Busan
Réalisation : Yeon Sang-ho
Scénario : Yeon Sang-ho
Musique : Jang Yeong-gyoo
Production : RedPeter Film
Genre : Horreur
Titre en vo : Train to Busan
Pays d'origine : Corée du Sud
Langue d'origine : coréen
Date de sortie : 20 juillet 2016
Durée : 118 mn

Casting :
Gong Yoo : Seok-woo, le trader
Jeong Yu-mi : Seong-kyeong, la femme enceinte
Kim Su-an : Su-an, la fille de Seok-woo
Ma Dong-seok : Sang-hwa, le mari de Seong-kyeong
Choi Woo-sik : Yong-guk, l’adolescent joueur de baseball
Ahn So-hee : Jin-hee, la copine de Yong-guk
Kim Eui-sung : Yon-suk
Choi Gwi-hwa : le SDF
Jung Suk-yong : le Capitaine du KTX
Ye Soo-jung : In-gil
Park Myung-sin : Jong-gil
Jang Hyuk-jin : Ki-chul
Kim Chang-hwan : Kim Jin-mo
Kim Ee-seong : Yong-seok
Kim Yool-ho : l'homme en costume
Sim Eun-kyeong : la fille en fuite

Mon avis : Sans connaitre plus que cela ce Dernier Train pour Busan, je savais tout de même qu’il s’agissait d’un film coréen, que c’était une énième œuvre de fiction mettant en scène une invasion de zombis et que, surtout, celui-ci était plutôt loué par la critique, public et professionnels ayant adhérés en masse, apparemment, a celui-ci. Bref, de quoi me pousser, curiosité aidant, a voir par moi-même ce que valait ce film, surtout que, celui-ci se déroulement quasiment exclusivement dans un train, je me demandais ce que cela pouvait donner ?! Et, en toute sincérité, je n’ai nullement été déçu par le voyage – bah oui, quand on monte a bord d’un train a grand vitesse, zombis ou pas, c’est un voyage – et, après coup, j’irai même jusqu’à affirmer que ce Dernier Train pour Busan est un des meilleurs films de zombis de ces dernières années, et, franchement, de loin ! Bien entendu, au début, on se dit que tout cela n’a rien d’original et l’on retrouve, grosso modo, tous les éléments habituels des films d’horreurs et, plus particulièrement, des films de zombies tels que définis par George Romero et sa Nuit des Morts-Vivants paru en 1968 : protagonistes variés et qui finissent par s’opposer entre eux, certains montrant le meilleur de l’humanité, la plupart, le pire, les zombis sont la menace apparente mais, en fait, critique est faite de la société de consommation, des industriels et de l’état, véritables coupables de tout ce foutoir et, bien entendu, a la fin, peu ou prou se survivants, quasiment tout le casting y passant, d’une façon ou d’une autre… Bref, vous l’avez compris, des œuvres comme Dernier Train pour Busan, a priori, c’est du vu et du revu, pourtant, là où ce film sort nettement du lot, ce n’est pas en raison du fait que l’action se déroule dans un train, non, ce qui fait de lui un incontournable, c’est que nous sommes, ici, a des années lumières du cinéma américain, de son coté grand spectacle, de ses tics habituels – malgré la présence d’une enfant et de son père, nous n’avons nullement droit aux traditionnels scènes de sentimentalisme béat comme les américains nous en abreuvent tant – et de son conformisme terriblement efficace mais un peu lassant à la longue. Non, mille fois non, Dernier Train pour Busan, sans renouveler le genre, réussi parfaitement son pari, c’est-à-dire, de nous proposer un énième film de zombis qui, tout en conservant les thématiques propres du genre, réussit à les transcender et, surtout, a nous captiver de la première à la dernière minute, ce, par le biais d’un rythme trépidant et sans failles. Bref, une fort belle réussite que ce Dernier Train pour Busan et qui nous prouve deux choses : premièrement, que les coréens sont franchement doués pour le cinéma, quelque soit le genre, deuxièmement, qu’il est encore possible de faire du neuf avec du vieux, oui, même avec des zombis, alors, si le cœur vous en dit, embarquer donc dans ce train pour Busan, vous ne le regretterez pas !


Points Positifs :
- Incontestablement, un des meilleurs films de zombis de ces dix voir de ces vingt dernières années. Il faut dire que Dernier Train pour Busan, pour son coté original – l’action se déroule quasiment uniquement dans un train – pour son rythme trépidant, pour son ambiance et pour certains de ses protagonistes hauts en couleur a de quoi ravir les amateurs du genre qui seront ravis de sortir un peu des sentiers battus.
- Il faut reconnaitre que le fait que quasiment toute l’intrigue se déroule dans un train apporte un plus a ce long métrage : voir les protagonistes avancer, petit a petit, dans des wagons bondés de zombis, ma foi, cela nous change !
- Qui dit film de zombis dit, en fait, critique de notre société de consommation, de nos dirigeants, et, bien évidement, ici, c’est surtout le pire de l’être humain qui est mis en avant. Rien de bien original, certes, mais cela reste efficace et fort pertinent.
- N’étant pas un spécialiste du cinéma coréen, je ne connaissais pas les acteurs, cependant, après coup, force est de constater que j’ai trouvé tout ce petit monde plutôt bon voir très bon.
- Pour ce qui est des effets spéciaux, il n’y a rien à redire, ceux-ci sont excellents, mais bon, ce n’est plus vraiment une surprise de nos jours…

Points Négatifs :
- Bon, même s’il se démarque nettement de la concurrence, cela reste, dans l’ensemble, un énième film de zombis comme il en existe tant. Ainsi, on n’échappera pas à quelques tics regrettables du genre, surtout quand a la personnalité des protagonistes, leurs réactions et, ma foi, leur sort.
- Malgré quelques prises de risques narratives, quand on voit quel protagoniste s’en sort, on se dit que le scénariste n’a pas oser aller trop loin…
- Si vous n’aimez pas les films de zombis, ce n’est surement pas Dernier Train pour Busan qui vous réconciliera avec le genre.

Ma note : 7,5/10

JEFFREY EPSTEIN – FILTHY RICH


JEFFREY EPSTEIN – FILTHY RICH

Maria Farmer sortait tout juste de l’université lorsqu’elle a pour la première fois rencontrée Jeffrey Epstein. Artiste peintre prometteuse, elle vend, en 1995, ses premières toiles lors de l’exposition célébrant la fin de son année universitaire… Mais se voit contrainte de les céder, pour un prix moindre, à Jeffrey Epstein et sa compagne, Ghislaine Maxwell, présentés comme de généreux donateurs de l’établissement. « Nous te revaudrons ça », lance le milliardaire à la jeune femme. Il l’invitera dans l’une de ses propriétés, ainsi qu’une de ses plus jeunes sœurs, Annie, sous prétexte de travaux artistiques et de voyages d’études. Toutes deux seront victimes d’attouchements sexuels. Elles alerteront le FBI, en vain. Il faudra attendre 2019 pour que l’affaire Epstein explose : le 6 juillet, le milliardaire est interpellé dans un aéroport du New Jersey, alors qu’il revient de Paris à bord de son jet privé. Il est alors accusé de trafic sexuel sur mineures, dont certaines à peine âgées de 14 ans, et comparaît deux jours plus tard devant un tribunal fédéral à Manhattan, New York. L’ancien gérant de fonds spéculatifs encourt la prison à perpétuité… mais est retrouvé pendu dans sa cellule, le 10 août.


Jeffrey Epstein – Filthy Rich
Réalisation : Lisa Bryant
Narrateur : Divers
Production : Netflix
Genre : Documentaire
Titre en vo : Jeffrey Epstein – Filthy Rich
Pays d’origine : Etats-Unis
Chaîne d’origine : Netflix
Diffusion d’origine : 27 mai 2020
Langue d'origine : Anglais
Durée : 4 x 55 mn

Mon avis : Dans la lignée des forts intéressants documentaires Netflix, comme Gregory ou 13 Novembre – Fluctuat Nec Mergitur, dont j’ai eu l’occasion de vous parler sur ce blog, un des derniers en date, Jeffrey Epstein – Filthy Rich, est, indéniablement, un des incontournables de cette fin de printemps. Il faut dire que l’affaire Epstein, encore fraiche dans les mémoires puisque l’homme d’affaire ne fut arrêter qu’il y a un an et que sa mort, officiellement par suicide en prison, n’eut lieue qu’en août 2019, a de quoi attirer le chaland puisque, ici, tout est en place pour captiver l’attention du spectateur : argent, pouvoir, sexe, manipulation, pédophilie – oui, n’en déplaise à certains, coucher avec des mineures, c’est de la pédophilie – et, bien entendu, la chute inévitable et tant attendue du coupable, ma foi, tous ces éléments avaient de quoi donner à matière pour satisfaire les amateurs du genre. Et, ma foi, dans l’ensemble, le pari est réussi : Jeffrey Epstein – Filthy Rich étant, tout au long de ses quatre épisodes, suffisamment intéressant et prenant pour captiver les spectateurs qui, plus ils avanceront dans le déroulé de la mini-série, seront de plus en plus dégoutés par ce formidable salopard – et je pèse mes mots – qu’était Jeffrey Epstein, individu de la pire espèce, imbu de lui-même, sans la moindre compassion pour ses victimes et qui aura brisé bien des vies. Mais le pire, dans tout cela, c’est, probablement, tous ces complices de l’homme d’affaire, tous ces individus puissants qui fréquentaient Epstein de son vivant, qui profitaient probablement de ces très jeunes filles et qui, ma foi, s’en sortent plutôt bien : Bill Clinton, Donald Trump, le Prince Andrew et beaucoup d’autres ont du pousser un ouf de soulagement avec la mort de l’homme d’affaire – et comment voulez vous que l’on ne soit pas complotiste ensuite ?! Sur ce point, le documentaire ne vas peut-être pas assez loin, mais bon, malgré tout, pour donner la parole a bon nombre de victimes, pour nous expliquer ce que fut ce triste individu qu’était Jeffrey Epstein et pour nous rappeler que, décidément, il se passe des choses franchement dégueulasses chez les puissant, puissants qui, accessoirement, savent si bien se défendre entre eux, ce documentaire mérite le détour, du moins, jusqu’au prochain a tomber, car bon, vous vous en doutez, Epstein n’était pas le seul dans son genre…


Points Positifs :
- Un excellent documentaire sur l’affaire Epstein, sans nul doute une des affaires de pédocriminologie les plus importantes de ces dernières années – mais pas la seule hélas – et qui nous rappelle que plus on fréquente les hautes sphères du pouvoir, plus on découvre des individus tellement puissants qu’ils se croient tout permis, surtout du pire.
- Parole, ici, est donnée aux victimes et, ma foi, c’est une très bonne chose que de voir comment celles-ci racontent leur rencontre avec Epstein, ce qu’elles sont subies et, par la suite, comment elles ont essayé de s’en sortir, ce, malgré le fait qu’entre des avocats s’en scrupules et des médias souvent méprisants, leur image aura été souvent bafouée…
- Jeffrey Epstein fut un salopard de la pire espèce, sans aucune compassion pour ses victimes, mais, quelque part, ses nombreux et puissants complices courent toujours… Le documentaire le montre fort bien mais bon, qui va s’attaquer a des présidents, des acteurs, des princes, de puissants hommes d’affaires ?
- Quelques noms, histoire de rigoler, ou pas : Bill Clinton, Donald Trump, le Prince Andrew, Harvey Weinstein, Woody Allen, Naomi Campbell, Richard Branson, Kevin Spacey, Ehud Barak, Courtney Love, Ralph Fiennes et beaucoup d’autres encore…

Points Négatifs :
- Dommage que le documentaire ne s’intéresse pas plus aux complices et puissants amis de Jeffrey Epstein, certains sont cités, d’autres non mais, dans l’ensemble, cela ne va pas plus loin que cela…
- Quid, donc, du sort de Ghislaine Maxwell, mère maquerelle par excellence ? Elle s’en sort, elle a des amis trop puissants ou bien, comme son père, un jour, on la retrouvera morte dans des circonstances singulières ?!
- Impasse est faite sur les agissements de ce triste individu a l’étranger, pourtant, même une plainte a été portée à Paris.

Ma note : 7,5/10