mercredi 15 février 2012

KILL BILL – VOLUME 1


KILL BILL – VOLUME 1

Dans la petite chapelle de Two Pines perdue au milieu du désert, à El Paso, au Texas, alors que se déroule la répétition d'une cérémonie de mariage, des assassins surgissent et tirent impitoyablement et sans raison apparente sur toutes les personnes présentes. La Mariée, qui est enceinte, survit à ses blessures mais sombre dans le coma. Toutefois, la Mariée n'est pas une personne ordinaire. Autrefois tueuse à gages dans une organisation secrète, le Détachement International des Vipères Assassines, elle est une combattante hors pair. Sortant du coma quatre années plus tard, elle n'a plus qu'un seul but, se venger de ses anciens complices, dans lesquels elle a reconnu les assassins de Two Pines, et surtout, tuer Bill, leur chef, qui est également le père de son enfant.


Kill Bill – Volume 1
Réalisation : Quentin Tarantino
Scénario : Quentin Tarantino
Musique : RZA
Production : Miramax Films, A Band Apart
Genre : Action, Thriller, Arts Martiaux
Titre en vo : Kill Bill – Volume 1
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 10 octobre 2003
Durée : 111 mn

Casting :
Uma Thurman : Beatrix Kiddo, alias La Mariée alias Black Mamba
Lucy Liu : O-Ren Ishii, alias Cottonmouth
Vivica A. Fox : Vernita Green, alias Copperhead
Daryl Hannah : Elle Driver alias, California Mountain Snake
David Carradine : Bill
Michael Madsen : Budd alias, Sidewinder
Julie Dreyfus : Sofie Fatale
Chiaki Kuriyama : Gogo Yubari
Sonny Chiba : Hattori Hanzo
Gordon Liu : Johnny Mo
Michael Parks : le ranger Earl McGraw
James Parks : Edgar McGraw, le fils du ranger
Michael Bowen : Buck
Kenji Ōba : le serveur chauve du bar à sushis

Mon avis : Il m’aura fallut bien des années pour que je me décide enfin a m’intéresser à Kill Bill – volume 1, premier volet, selon moi, du chef d’œuvre absolu de la filmographie du fantasque Tarantino, cela, pour le simple fait que plus jeune, je n’éprouvais guère de sympathie pour le réalisateur, ne comprenant pas pourquoi un tel engouement a son sujet, et ce, en raison d’une mauvaise expérience avec Pulp Fiction, film qui, lors de sa sortie, ne m’avait pas laisser un grand souvenir. Bien sur, en vieillissant, mon opinion a l’encontre de Tarantino a pas mal évolué, mes gouts également, d’où, bien des années plus tard, mon enthousiasme certain pour ce fameux Kill Bill. Eh bien, comment dire, je ne sais pas, vous qui pouvez aimer ce film, vous qui pouvez forcément avoir des gouts si différents des miens, un autre vécu, une autre culture cinématographique, pourquoi, vous aimer Kill Bill ? Après tout, il peut exister moult raisons de tomber amoureux de cette œuvre. Mais personnellement, je comprends parfaitement le crédo de Tarantino qui présentait ce film comme étant une œuvre faite par un fan pour les fans d’un certain, ou plutôt, de certains genres de cinéma : cinéma hongkongais d'arts martiaux, chanbara japonais, films d'exploitation et western spaghetti, les références et les hommages sont tellement légions, que, parfois, la frontière entre clin d’œil et pompage et rapidement franchie. Et, quelque part, selon moi, pour pouvoir parfaitement apprécier Kill Bill à sa juste valeur, comment ne pas avoir été un ancien fan de tous ces genres, avoir été abreuvé, au fil de son adolescence par une multitude de films improbables d’arts martiaux qui, avec les années écoulées, pourraient paraitre terriblement ringards de nos jours, mais qui, franchement, m’avaient bien plus marqués que je ne le pensais. Juste un exemple, tout bête : un vieux film dont je ne me souviens même pas du nom, à mon grand désespoir, vu il y a des lustres, où un pauvre élève d’une école d’arts martiaux décimée par des méchants pas beaux et qui perd un bras dans l’histoire, s’entraine comme un dingue et par se venger, se tapant au passage toute une flopée de grands maitres des diverses disciplines avant de tomber en tuant le sale type qui avait tuer son maitre. Oui, je sais, dit comme cela, ça a franchement l’air débile, mais ce film, au titre inconnu (si quelqu’un le connait, qu’il me le dise, je lui en serais éternellement reconnaissant), ce scénario, franchement limite débile, bah, ce n’est pas si éloigné de Kill Bill quand on y pense. Car finalement, qu’est Kill Bill, malgré le fait qu’il ait été tourné en l’an 2000 avec la technologie et les effets spéciaux de l’époque, une image bien plus nette et clinquante et tout le tralala qui va avec, si ce n’est qu’un film d’arts martiaux, avec la vengeance en ligne de mire – ah, la vengeance, rien de tel pour un bon scénario – comme on en faisait dans les années 60 et 70 ? Pas n’importe lequel, j’en conviens, le plus bel, le plus spectaculaire hommage rendu à un genre aujourd’hui obsolète mais qui, en son temps, connu un véritable âge d’or. Alors, que vous dire de plus de ce Kill Bill – volume 1 ? Vous parlez de la profondeur du scénario serait bien évidement exagéré ; après tout, et ce n’est pas une surprise, ceux qui chercheraient une quelconque réflexion dans celui-ci, ceux qui ne peuvent se passer de cogiter devant un film passeront leur chemin puisque ce film n’est pas fait pour eux. Mais est-ce néanmoins critiquable en soit ? Je ne le pense pas. En effet, et je pense que l’on a parfois tendance à l’oublier, le cinéma, c’est aussi cela : de purs moments de délires, sans aucune prise de tête et qui nous en mettra plein les yeux – et c’est quelqu’un qui aime la réflexion et la profondeur qui dit cela, mais je suis aussi ce genre de personne qui, de temps en temps, ne daigne pas décompresser un peu, et, franchement, ce premier volet de Kill Bill est tout bonnement parfait pour cela. Ensuite, que pourrais-je ajouter ? Le scénario, bien évidemment, tient sur un timbre-poste : une femme laissée pour morte le jour de son mariage décide de se venger et part tuer tous ceux qui sont responsables de ses malheurs. Vu mille fois, sans surprise, force est de constater que ce n’est pas de côté-là que le film fonctionne. Non, là où le sieur Tarantino fait fort, c’est par les innombrables hommages présents de bouts en bouts, quasiment à chaque scène, chaque dialogue, chaque seconde d’une bande son de folie ; ceux-ci sont tellement nombreux et, tellement marquants pour ne pas dire géniaux, que tout vieux fan de cinéma du genre – ici, de films de samouraïs ou de Kung Fu – ne pourra qu’être aux anges. Ainsi, que ce soit la plus évidente, la combinaison jaune d’Uma Thurman calquée sur celle de Bruce Lee dans Le jeu de la mort, le générique, d’un kitch absolu mais qui rappellera bien des souvenirs aux plus vieux d’entre nous – ah, les frères Shaw et le cinéma Hongkongais – qui auront, bien entendu, fait le lien entre les masques des 88 fous et celui du Frelon Vert, autre série culte avec… Bruce Lee, mais aussi, la scène où la mariée essaie de vaincre sa paralysie et qui renvoi à un vieux film de John Ford, L'aigle vole au soleil avec John Wayne, les nombreux liens avec d’anciennes œuvres de Tarantino, en particulier Pulp Fiction, les clins d’œil – via la citation du début « La vengeance est un plat qui se mange froid » - aussi saugrenus a Star Trek, ainsi que la participation de véritables légendes comme l’acteur, Kenji Ohba, qui joua le rôle de X Or (ah, que de souvenirs) où celui, Sonny Chiba, dans le même rôle, de Hattori Hanzo dans de multiples films, force est de constater qu’avant toute chose, ce premier volume de Kill Bill est bel et bien le plus bel hommage que l’on pouvait rendre à tout un genre de cinéma, et que, sur ce point, c’est une parfaite réussite. Formidablement jouissif, spectaculaire, inoubliable,  portée par un rythme a cent a l’heure, servit par une flopée d’acteurs tout bonnement excellents – Uma Thurman étonnante et Lucy Liu superbe – et qui magnifient l’ensemble, Kill Bill – volume 1, dans un genre complètement à part, est probablement l’un des plus grands moments de cinéma de la décennie précédente – et c’est un vieux détracteur de Tarantino qui vous le dit. Bien évidemment, selon moi, être un connaisseur du genre (enfin, des genres) auquel il rend hommage est un plus non négligeable pour pouvoir en apprécier toute la subtilité et les innombrables clins d’œil qui parsèment cette œuvre. Ici, le cinéma asiatique de l’âge d’or est à l’honneur, dans le volume 2, il sera temps de nous tourner vers le western a la Sergio Leone – d’où, l’intérêt, justement, que les deux films soient séparés – mais ceci est déjà une autre histoire ...


Points Positifs :
- Probablement l’œuvre la plus abouti de Tarantino et, accessoirement, celle où le crédo « un film de fan pour les fans » sonne le plus juste tant Kill Bill fourmille de multiples hommages a tout un tas de longs métrages et a un certain cinéma aujourd’hui un peu tombé en désuétude – les films d’arts martiaux.
- J’ai rarement vu un film aussi jouissif et où on ne s’ennui pas une seconde du début a la fin : bourré d’adrénaline, sexy en diable, le premier volet de Kill Bill n’est certes qu’une longue succession de combats rythmés a 100 a l’heure mais captivant au possible.
- Un casting d’enfer, bien sur, mais avec, au sommet, une Uma Thurman éblouissante. Mais bon, reconnaissons que les autres, Lucy Liu, Daryl Hannah, entre autres, ne sont pas en reste.
- Que de références dans ce film : du costume a la Bruce Lee aux plus infimes, le fan du genre sera aux anges et s’amusera à les reconnaitre.
- C’est fou comment Tarantino, en partant d’un scénario qui tient sur un timbre poste réussi à en faire un grand film.
- Les scènes de combat, impressionnantes au possible et dont on ne se lasse pas… avec, bien entendu, le duel entre Uma Thurman et Lucy Liu en tête d’affiche.
- Comme toujours avec Tarantino, une bande son du tonnerre !

Points Négatifs :
Kill Bill est un film qu’on adore ou qu’on déteste, il ne peut pas y avoir de demi-mesure avec cette œuvre, et, franchement, les allergiques du genre passeront rapidement leur chemin, ne voyant là qu’un étalage de scènes d’actions toutes plus improbables les unes que les autres.
- Je pense qu’il faut posséder une certaine culture cinématographique pour apprécier a sa juste valeur une telle œuvre, ne serais-ce que pour toutes ses références…

Ma note : 9/10

mardi 24 janvier 2012

LA CITÉ INTERDITE



LA CITÉ INTERDITE

L’empereur Ping est un homme d’humble origine et à la forte ambition, monté sur le trône à partir du rang modeste de capitaine. Il a abandonné sa première femme pour épouser la princesse de Liang, aujourd’hui son impératrice Phœnix. L’empereur n’aime pas sa seconde femme, met son humeur aigre sur le compte de la maladie et l’oblige à prendre un traitement qu’il a concocté lui-même toutes les deux heures depuis dix ans. Elle et le prince héritier Wan, le fils que l’empereur a eu de sa première femme, ont une liaison depuis trois ans. Wan se sent coupable de cette liaison et entretient une seconde relation secrète avec Jiang Chan, la fille du médecin impérial. Il souhaite s’échapper du palais, qu’il n’a jamais quitté, et voir le monde réel avec Chan. Le prince Jai, le deuxième fils et l'aîné de l’impératrice, a dirigé l’armée de l’empereur Ping aux frontières du royaume pendant trois ans. Le palais a préparé une cérémonie d’accueil grandiose pour le retour du prince à la veille de la fête des chrysanthèmes, mais l’empereur annule celle-ci au dernier moment pour rencontrer son fils dans une auberge voisine où Jai a reçu instruction de l’attendre. Là, l’empereur provoque son fils en duel comme un acte de domination, après quoi il avertit Jai de ne jamais répéter une erreur passée, non précisée, insistant sur le fait que tout ce que Jai reçoit provient de la volonté de l’empereur et que toute tentative d’obtenir quelque chose de l’empereur par la force est vouée à l’échec.

Je ne remercierais jamais assez France Ô de nous avoir proposé, hier soir, pour fêter la nouvelle année chinoise, ce très beau film qu’est La Cité Interdite, œuvre du réalisateur chinois Zhang Yimou et déjà responsables de véritables petits bijoux comme Le secret des poignards volants, Hero ou Epouses et concubines. Ainsi, et alors que je m’apprêtais a passer une soirée peu engageante, en zappant sans grande conviction, et dans l’attente d’une sale nuit où j’aurais bien du mal à trouver le sommeil suite à mes quintes de toux, j’eu l’agréable surprise de tomber par hasard – comme l’on dit, celui-ci fait décidément bien les choses – sur ce film que je ne connaissais pas (franchement, vu sa date de sortie, mon plus jeune fils était tout petit et j’avais bien d’autres chats à fouetter que de suivre l’actualité cinématographique) ou que j’avais oublié (ma mémoire et moi) et, en moins de deux minutes, décision fut prise de m’exiler au salon (et oui, ça n’enchantait pas madame qui préféra, soupir, L’amour est dans le pré sur M6) et de m’installer confortablement devant un bon moment de cinéma.


Bon, avant toute chose, je dois reconnaitre que cela faisait belle lurette que je ne voyais pas un film asiatique alors qu’il fut un temps – plus insouciant, moins de responsabilités, en gros, je n’avais que ça à faire – où je ne me lassais pas de ceux-ci : ainsi, entre des véritables petits bijoux de Kurosawa comme Les Sept Samouraïs ou La Forteresse cachée pour les films de sabres nippons, mais aussi, Battle Royal ou Ring dans des genres différents ainsi que, du côté du cinéma chinois, des pépites d’humour et d’action comme Il était une fois en Chine et des fresques comme Hero ou Tigres et Dragons, pour ne citer que les plus connus, les premières années du vingt et unième siècle, pour moi, furent asiatiques ! Par la suite, et les aléas de la vie, j’ai un peu abandonné le genre et ce, même si celui-ci me plaisait toujours au temps ce qui a fait que, depuis que Le Journal de Feanor existe (quatre ans), je n’ai eu l’occasion que d’en voir un seul : Les Trois Royaumes, superbe fresque semi légendaire, semi historique des Royaumes combattants, il y a de cela trois ans environ. Ainsi, telle ne fut pas ma joie de retrouver ainsi un genre aimé, pour ne pas dire adorer, et que j’avais laissé, selon moi, bien trop longtemps de côté.


Mais alors, que vaut vraiment cette Cité Interdite ? Car bon, comment dire, ce n’est pas parce que l’on aime un genre particulier que l’on doit tout accepter sans emmètre la moindre critique. Et ben, tout d’abord, reconnaissons-le tout de suite, ce film n’est pas le meilleur que j’ai eu l’occasion de voir du cinéma chinois, certes, à l’époque de sa sortie, il en était le plus cher – mais cela n’a jamais été un gage de qualité. Ensuite, et quelque part, ceux qui connaissent et apprécie le genre peuvent trouver cela curieux de ma part mais sur ce coup-là, je n’ai pas franchement aimé les exagérations habituelles des combats. Certes, par-là, je n’émets pas de critiques sur tous les combats du film, après tout, le dernier, dans son exagération même – deux armées qui s’affrontent en plein cœur de la Cité interdite, le massacre qui suit, l’un des personnages principaux qui tient tête à des centaines d’adversaires à lui tout seul (ah, les bons souvenirs de l’un des jeux les plus extravagants et jouissif de tous les temps : Dynasty Warriors !) est un modèle du genre et ravira les amateurs dans mon genre. Par contre, le côté mecs qui volent sur ce coup, était de trop car ne se justifiait pas vraiment. Pire encore, le fait que certaines femmes aient des prédispositions au combat et plus particulièrement la fille du médecin royal : franchement, ce fait a desservi le film alors que dans d’autres, ça passait assez bien. Mais alors, pourquoi ses griefs ? La Cité Interdite est-il une œuvre ratée ?

Et ben non, pas le moins du monde en fait ! Le problème qui se pose ici, c’est qu’en fait, nous nous trouvons la devant une œuvre plus profonde, plus intimiste et plus, comment dire, axé sur la réflexion que ce que l’on a l’habitude de voir dans le cinéma chinois. Véritable drame que n’aurait pas renié Shakespeare, La Cité Interdite vaut énormément pour son coté terriblement oppressant, renforcé par ses décors certes somptueux et féeriques, mais dans lesquels chaque protagoniste n’est en fait qu’un jouet dans une prison dorée, soumis aux bons vouloirs d’un souverain, à la fois cruel et aimant (selon ses gouts), mais aussi au poids encore plus important des traditions ancestrales qui régissent l’ensemble de la société chinoise et plus encore la classe dirigeante. Cette oppression, ce sentiment d’étouffement est amplifié par une bande son qui colle parfaitement bien à l’intrigue et qui écrase davantage – comme s’ils n’en avaient pas encore assez – les personnages de ce drame. Car oui, c’est un drame qui se cache derrière cette intrigue de palais, cette volonté de l’impératrice de formenté un coup d’état, tentative forcement voué à l’échec mais qui reste sa seule et unique solution, condamnée qu’elle est selon la volonté de son époux. Mais drame aussi pour son beau-fils, le Prince héritier, qui souffre d’avoir perdu sa mère, mais aussi de sa liaison avec sa belle-mère ; drame également pour les autres enfants, l’un tirailler entre son père et sa mère et qui pourrait tout perdre, l’autre, véritable cinquième roue du carrosse, nourrissant sa haine secrètement pour l’ensemble de sa famille. Drame également pour d’autres protagonistes, que je ne dévoilerai pas davantage afin de ne pas trop en révéler sur l’intrigue et gâcher l’effet de surprise ; sachons seulement qu’entre jalouseries, haine, inceste, les pauvres protagonistes de cette histoire, accablés par le destin et sachant par avance que celui-ci ne leur sera pas profitable, n’en sortiront pas indemnes, loin de là.

Car malgré ses somptueux décors, ses costumes flamboyants et ses hauts faits d’armes, La Cité Interdite est avant tout une œuvre en vase clôt, une affaire de famille qui ne peut que se finir mal, une œuvre dont le personnage principal, et de loin, est cette impératrice – formidable et magnifique Gong Li au sommet de son art – qui écrase de sa prestance tout le reste. Tant de par son jeu, tout bonnement parfait, alternant entre lucide et révolte, sensualité et folie, amour et haine, celle-ci remporte haut la main de personnage le plus intéressant, et ce, malgré un lot assez bien fournie pour une fois. Mais du coup, lorsque l’on regarde La Cité Interdite, et malgré un combat final, comme je l’ai dit, qui mérite le coup d’œil, ce que l’on recherche, ce sont les relations entre personnages, d’une complexité rare, ce que l’on regarde, ce sont ces décors, tout bonnement grandioses, et surement pas, à coup sûr, ces types costumés qui volent dans tous les sens de façon grand guignolesque. Sincèrement, ceux-ci n’auraient pas été présents et ce film ne s’en serait que mieux porté. 

vendredi 20 janvier 2012

L’ARMEE DES DOUZE SINGES



L’ARMEE DES DOUZE SINGES

En 2035, l'humanité vit rejetée dans des souterrains suite à la propagation d'un virus mortel et à l'extermination de la majeure partie de la population en 1996. Le seul espoir des survivants est de retrouver la piste du virus dans le passé afin de l'identifier et de soigner la population. La technique du voyage dans le temps est alors balbutiante et seuls des prisonniers sont déclarés volontaires pour cette dangereuse exploration. James Cole (Bruce Willis), hanté par une image d'enfance, une image violente et douce qui revient comme un leitmotiv, est ainsi envoyé dans le temps à la recherche de cette fameuse Armée des 12 Singes qui a apparemment libéré le virus. Cole parviendra-t-il à obtenir ces précieux renseignements ? Qui est-il vraiment ? Que sont ces flashbacks qui le hantent ?


Cela peut paraitre incroyable quand j’y pense, mais, alors que L’armée des douze singes est l’un des films que j’ai le plus vu et revu (si l’on excepte les Louis de Funès et autres Ben Hur et Autant en emporte le vent), je n’avais jamais proposé la critique de celui-ci sur ce blog. Bien évidemment, il y a une explication à cela : le simple fait que cela faisait quelques années que je ne le regardais plus (c’est après tout une raison comme une autre) ce qui a un avantage certain : le fait de vous proposer une critique bien meilleur que je ne l’aurais fait en 2008 par exemple, mais aussi et surtout, comme ça faisait un bon bout de temps que je ne le revoyais plus, j’ai grandement apprécier cet énième visionnage de cette œuvre, surtout que, pour la toute première fois, je l’ai vu en VO ; ce qui, accessoirement, fut une bonne idée. Ainsi, ce mercredi, et pendant que ma femme et mes enfants partaient au cinéma voir La colline aux coquelicots (argh, fiévreux, je ne pus les accompagner), je me suis donc installer devant mon petit écran pour me replonger dans ce qu’il faut bien appeler l’un de mes films préférés.

Avant d’aller plus loin, une petite précision s’impose : oui, je suis parfaitement au courant que L’armée des douze singes est une adaptation du court métrage La jetée de Chris Marker et datant de 1962 (voir ici pour en savoir plus). Mais comme, malgré mes propres promesses de m’être jurer de le voir, je ne l’ai jamais fait (du moins, pour le moment quoi que cela fait juste une bonne dizaine d’années d’attente), je ferais l’impasse, dans cette critique, de La jetée. Du coup, et tout en sachant pertinemment ce que l’œuvre qui nous préoccupe aujourd’hui doit à celle de Chris Marker, cette critique sera uniquement considérer a L’armée des douze singes. Que l’on me pardonne donc par avance si je n’en ferais plus mention par la suite.

Ceci étant dit, attaquons le problème à bras raccourcis, c’est-à-dire, cette fameuse Armée des douze singes, qui, en son temps, les années 90, marqua bien des cinéphiles et des amoureux de fantastiques. Œuvre du fantasque et génial Terry Gilliam que l’on ne présente plus, ce film est l’aboutissement, selon moi, de ce que doit être une œuvre fantastique comme je les aime : en effet, dans celle-ci, tous les éléments dont je ne me lasse pas sont présents. Ainsi, dès les premiers instants et une musique de générique inoubliable, le ton est donné ; s’ensuit, tout au long du film, des allés retours incessants entre passé/présent et futur au point où le spectateur ne sait plus où donner de la tête, et surtout, si tout cela est bel et bien réel. Et c’est surtout ce futur qui marque les esprits : dans une planète dévastée par un virus mortel qui décima la quasi-totalité de la population mondiale, des prisonniers de droit commun, volontaires d’office, sont envoyés dans le passé afin de trouver des indices sur cette fameuse Armée des douze singes, organisation suspectée d’avoir provoqué l’apocalypse. Et ce futur, forcement peu rassurant, est encore plus effrayant quand on voit ce que l’espèce humaine – ou ce qu’il en reste – est devenu, ne serais ce que ces scientifiques en blouse blanche, véritables archétypes du savant fou qui, dans des décors improbables, envoie donc de simples quidam vers, apparemment, une mort certaine. Et parmi ces « volontaires », il y a donc la grande star hollywoodienne de l’époque, le symbole même des films d’actions des années 90, Bruce Willis en personne dans ce qui, à mes yeux, restera comme son meilleur rôle au cinéma. Car ici, si, pour la énième fois dans sa carrière, Bruce Willis essaye de sauver le monde, c’est d’une façon bien plus subtile et intéressante que d’habitude car plutôt que l’habituel bourrin qui castagne tout ce qui bouge, dans L’armée des douze singes, s’il ne joue pas un enfant de cœur, c’est un personnage hautement plus attachant que d’habitude qu’il joue : paumé, souvent – par la force des choses – défoncé par les médicaments et baveux, Bruce Willis fait des allers retours entre passé et futur sans savoir si, finalement, tout cela n’est pas qu’une simple illusion de son esprit et qu’en fait, il ne soit complétement fou. Bien évidemment, on se doute bien que ce n’est pas le cas mais quoi qu’il en soit, le tout est si bien tourné que l’on peut avoir des doutes. Autre rôle marquant de ce film, un Brad Pitt complétement halluciné qui nous sort toute la panoplie du parfait amateur de camisole de force. Sincèrement, l’on peut aimer ou détester cet acteur mais ici, il est tout bonnement parfait et ce, même s’il pousse tellement à fond son rôle que parfois, on a l’impression qu’il surjoue un peu trop, allant toujours plus loin dans les profondeurs de la folie.


Folie, le mot est lancée : folie des hommes qui ont provoqué un tel drame, folie des hommes, dénoncé tout le long du film, qui n’ont pas respecté la nature, folie de la plus part des protagonistes – Brad Pitt, assumé, Bruce Willis, qui pense l’être, Madeleine Stowe, elle, jouant une… psychiatre – et puis, ces savants, pas très net, ces décors, faits de bric et de brocs, et cette musique, ah, cette musique, oppressante et qui reviens sans cesse. Mais le pire, du moins, ce que l’on retient avant tout de cette œuvre, c’est que, quel que soit nos connaissances du futur (ou du passé), quel que soit nos efforts afin d’essayer de le modifier, cela est tout bonnement impossible : chaque acte, chaque décision, chaque parole ne tendra que vers l’inéluctable vérité : ce qui doit arriver arrivera.

Bien évidemment, un film comme L’armée des douze singes ne laisse pas indifférent, ne serais ce que par son propos et son esthétisme, peu commun, il faut l’avouer. Peut-être un peu oublier, de nos jours, il n’en reste pas moins comme étant ce qu’il faut bien appeler, sans exagération aucune, un pur chef d’œuvre. Et que je vous dise cela alors que le rôle principal est tenu par Bruce Willis, ce n’est pas rien, je peux vous l’assurer. Quoi qu’il en soit, avec cette Armée des douze singes, Terry Gillian signe là l’une de ses plus belles œuvres, certes dérangeante par moments, peu commune, originale et qui, sans nul doute, mérite le détour. A voir ou à revoir… 

dimanche 8 janvier 2012

L’ETOFFE DES LEGENDES : L’OBSCUR



L’ETOFFE DES LEGENDES : L’OBSCUR

1944, Brooklyn. Un enfant est kidnappé par le croquemitaine qui l'emmène dans un royaume mystérieux nommé l'Obscur. Conscients de cette disparition, les jouets du jeune garçon décident alors de partir pour ce monde inconnu afin de sauver leur petit maître. À leur arrivée, ils se trouvent réincarnés dans leur propre personnage beaucoup plus réaliste : l'ours en peluche devient un animal féroce, le soldat de plomb un as de la stratégie militaire, le bouffon dans sa boîte un acrobate maniant parfaitement la hache… Sous ces nouvelles apparences, ils se lancent dans un combat éperdu contre les armées du croquemitaine.

On a souvent tendance à l’oublier mais les comics, c’est-à-dire, la bande dessinée nord-américaine, ce n’est pas uniquement des histoires sans fin où des types en costumes en latex et masqués comme s’ils partaient boire un coup Chez Moustache, se tapent dessus à longueur de journées et où, années après années, il ne se passe jamais rien de bien transcendant – en gros, à chaque nouvelle évolution de l’histoire suit un fantastique bond en arrière éditorial sensé rassuré le fan de base. Non, les comics, c’est aussi autre chose, des hommes et des femmes qui osent sortir des sentiers battus, qui font éclater les carcans tellement réducteurs qui étouffent près de 90% de la production et qui savent prendre des risques. Certes, pour la plupart de ces courageux qui mériteraient presque qu’on leur dresse une statue, l’échec sera souvent au rendez-vous, et, comme il faut bien vivre, tôt ou tard, bon nombre d’entre eux devront se contenter de réaliser un boulot alimentaire du côté de chez Marvel ou DC, les deux ogres superhéroiques US. Mais heureusement pour ceux qui cherchent autre chose que l’énième mort de Magnéto ou le crosover de la mort qui tue qui, deux mois après, n’aura servi à rien puisque tout sera comme avant, certains parviennent néanmoins à produire des œuvres marquantes, originales, qui sortent de la masse et qui valent véritablement le coup – artistes et auteurs majeurs qui peuvent se le permettre ou petits nouveaux qui nous pondent le truc de l’année, ce sont ces hommes, et ces femmes, vers lesquels je me tourne uniquement pour ce qui est des comics. Certes, ce préambule pourra paraitre sévère et il se pourrait que bon nombre d’entre vous m’insultent copieusement pour m’en être pris aussi violement à un genre, le superhéroique, qui n’a plus grâce à mes yeux depuis longtemps ; pourtant, comme beaucoup, il fut un temps où j’étais un fan parmi d’autres, et je ne nie pas que parfois, certains titres vaillent le coup, mais le temps qui passe et qui n’arrange rien, cette impression, que dis-je, cette certitude de lire et relire sans cesse les mêmes histoires, cette non évolution flagrante des intrigues, ces morts qui n’en sont jamais, ces vieilles ficelles maintes fois utilisées et bien d’autres défauts font que, à force, j’éprouve un rejet monumental pour les productions Marvel et DC, du moins, pour leurs titres phares ; inutile de les nommer. Mais heureusement, comme je vous l’ai dit, il y autre chose.


J’ai découvert L’étoffe des légendes, comme souvent, par le plus grand des hasards, alors que j’effectuais une recherche, il y a de cela quelques semaines, sur une autre bande dessinée (qu’accessoirement, je n’achèterais jamais) et, immédiatement, au vu du synopsis et des quelques cases proposées sur un site consacré à la bande dessinée, je me suis dit que cette œuvre ne pouvait que me plaire et me suis donc empressé de me la procurer. Par manque de temps, je n’ai pas eu l’occasion de m’y attaquer tout de suite (il fallait que j’en finisse avec Millénaire avant, entre autres…) ce qui fait que 2011 c’est gentiment achevée tandis que mon album patientait tranquillement, posé dans le tas de bouquins en attente dans ma bibliothèque. Mais aujourd’hui, finalement, ayant quelques heures devant moi, je me suis confortablement installer dans le meilleur endroit qui existe au monde pour lire – c’est-à-dire, mon lit – et me suis plongé dans ce qui allait être une aventure peu commune, ou presque.


Ce qui marque, tout d’abord, c’est le format de cet album : peu commun, presque un carré, ce n’est pas ce que je préfère, question de rangement oblige (oui, je suis un horrible et incorrigible maniaque du rangement, tout droit être droit, classer, nickel… hum, ais-je des origines prussiennes ?) mais ceci n’est qu’un détail mineur pour juger une œuvre car ce qui compte, c’est bien évidement le contenu, et la, attention, c’est du tout bon ! Toutes les planches sont couleur sépia – l’une de mes préférée, ça tombe bien – un choix qui colle terriblement bien a L’étoffe des légendes et qui renforce l’impression de plonger le lecteur plus profondément dans le passé où se déroule l’intrigue – les années 40, en plein conflit mondial et ce, même si le noir et blanc aurait plus convenu si l’on voulait être logique. Mais peu importe la logique tant le sépia colle si bien à cette BD. Aux manettes, ou plutôt, devrais-je dire, aux pinceaux, un certain  Charles Paul Wilson troisième du nom, qui est peut-être un illustre inconnu pour moi, mais qui n’en possède pas moins un agréable coup de crayon qui sublime cet univers si particulier et ses protagonistes qui méritent amplement le détour. Mais au fait, qui sont-ils ? Et ben, des jouets, tout bonnement, des jouets qui, afin de sauver leur « maitre », un enfant enlevé par le terrifiant Croquemitaine, décident de partir dans le royaume de celui-ci, le fameux Obscur – qui a donner le titre a ce premier tome de la saga – et qui là, vont se transformer de manière radicale : l’ours, le doudou, une simple peluche, devient une machine à tuer, le soldat de plomb, un combattant héroïque de la Grande guerre, le canard en bois, un canard heureux de possèdes de vraies ailes, la tirelire… et ben, un cochon. Et cette transformation, ce passage entre un univers familier et réel (oui bon, en partant du principe que les jouets possèdent une conscience, mais après tout, on a déjà vu pire exagération) et finalement gentillet (quoi que, c’est la seconde guerre mondiale tout de même), et, de l’autre côté du miroir, cet univers, l’Obscur, royaume de l’épouvantable Croquemitaine, fonctionne à merveille et est l’une des grandes forces de cette œuvre : il est amusant de, tel un Toy’s Story dark, voir s’animer ses jouets, les voir prendre vie, agir en conformité tel que les voyait leur enfant, et partir à la rescousse de celui-ci, affrontant mille et un dangers, le plus souvent mortels par ailleurs. Car que l’on ne s’y trompe pas, L’étoffe des légendes n’est pas une BD pour les plus jeunes d’entre nous, au contraire : Mike Raicht et Brian Smith ont su créer une œuvre bien plus adulte que l’on pourrait le penser de prime abord et certainement plus profonde que les illustrations pourraient le laisser croire.


Forcément, nous n’en sommes là qu’au tout premier tome de cette série somme toute récente – aux USA, seul deux volumes sont parus jusque là – et il faudra probablement voir sur le long terme pour pouvoir juger cette Étoffe des héros à sa juste valeur. Mais quoi qu’il en soit, pour un début, cette espèce de fable onirique fonctionne à merveille et promet énormément ; tant par son univers, assez sombre et violent, ses personnages assez variés et dont certains – je pense surtout au cochon – me semblent posséder un potentiel certain, de même, pour les réflexions que cette BD peut entrainer – la vie et la mort, le courage, la lâcheté etc. – ce premier volume de L’étoffe des légendes est à découvrir de toute urgences, en espérant, bien entendu, que la suite soit à la hauteur de nos attentes. 

samedi 7 janvier 2012

THE TREE OF LIFE



THE TREE OF LIFE

Dans le Texas des années 50, Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante et généreuse. La naissance de ses deux frères l’oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, puis à affronter l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient perturber cet équilibre fragile…Devenu adulte, Jack se remémore son enfance et se laisse envahir par les souvenirs du passé, alors qu'il s'apprête lui-même à devenir père…

Finalement, je m’y serais décidé, finalement, j’aurais trouvé le temps, l’envie et le courage de m’y attaquer ; oui, je n’exagère pas, l’envie et le courage, bien plus que le temps finalement car avec ce genre d’œuvre, dans le fond, le principal problème, ce n’est pas forcément le fait de ne pas avoir le temps (si j’en avais eu véritablement envie, cela ne m’aurait pas posé de problème d’y consacré une partie d’une quelconque soirée de la semaine) mais la crainte, le manque d’envie, de m’attaquer à ce que l’on pourrait appeler sans exagération aucune un gros, un très gros morceau. Car c’est cela qu’est The tree of life, un monument, quasiment impossible – que l’on ait aimé ou tout bonnement détester – à critiquer, du moins, pour quelqu’un comme moi. Qu’entends par là ? Et ben, comment dire… disons tout simplement que je ne possède pas les capacités nécessaires, les connaissances et les références qui m’auraient permis de vous proposer une critique digne de ce nom. Certes, dans la plus part des cas, depuis que ce blog existe, je n’ai guère de problèmes à le faire ; je ne prétends pas par la que mes critiques soient d’un niveau époustouflant, mais bon, je m’y attèle à faire de mon mieux et à donner mon ressenti sur une œuvre. Certes, j’arrive plus à descendre un truc, selon moi, raté (il est toujours facile de dire du mal) que quelque chose que j’ai particulièrement aimé, mais dans l’ensemble, je n’ai jamais eu de gros problèmes à le faire et en tout cas, pas spécialement de grosses appréhensions. Or cette fois ci, j’en avais presque peur et je repoussais toujours au lendemain l’écriture de cette fameuse critique (du coup, de décembre 2011, on est passé à janvier 2012) tout en espérant l’impossible, c’est-à-dire, que ma femme le fasse elle-même – mais celle-ci, auteur de deux billets sur ce blog, et pourtant spécialiste de Terrence Malick ne l’aura pas, comme je m’y attendais, fait, et, du coup, il m’aura fallu prendre mon courage à deux mains et m’y atteler.

Mais pourquoi une telle appréhension devant ce film ? Après tout, quelque part, cela pourrait être comme pour n’importe qu’elle autre œuvre (qu’elle soit cinématographique ou pas), si l’on aime, on raconte grosso modo ce qui nous a plu, si l’on déteste, et ben, on s’évertue à descendre en flèche la chose ; et croyez-moi, si cette dernière année, un film fut descendu et eu droit à bien des critiques négatives, ce fut ce The tree of life. Or ici, mon impression finale fut différente, ni mauvaise ni bonne, plutôt… comment dire… perplexe, oui c’est ça, c’est le terme exacte qui, selon moi, me convient parfaitement : la perplexité totale, littérale, l’incompréhension… tout en comprenant. Oui, je sais, même ce que j’écris, finalement, ne veux pas dire grand-chose. Comme ce film ajouteront certains ? Hum, je n’en suis pas là mais ils n’auraient pas entièrement tort. Quand je vous disais que cela n’allait pas être simple…

Je ne dirais pas que The tree of life est nul, ni qu'il est grandiose. Il est évident qu'à première vue l'histoire est décousue, l'enchainement des séquences parait tout d'abord étrange et sans lien entres elles, et les scènes de nature sans lien avec le reste. Mais, selon moi, du moins est ce mon opinion voir une quelconque tentative d’explication, le spectateur a son rôle à jouer et ne doit pas se contenter de regarder mais doit aussi essayer de comprendre. Procédé finalement rare en cinéma, surtout avec un tel casting, a moins d’être un habituer du cinéma d’auteur albanais et de certains délires pseudo intellos que l’on peut trouver de temps en temps, tard le soir sur ARTE. Alors, une fois qu’on se dit qu’il faut réfléchir, il faut, comment dire, et ben, le faire, tout bonnement, et essayer d’analyser cette première partie, ou ces deux premières parties du film – l’annonce de la mort de l’un des enfants du couple avec le questionnement qui s’ensuit puis, la scène de la genèse, des débuts de la vie sur Terre avec même, en invités incongrus, quelques dinosaures – qui en aura dérouter plus d’un et en aura fait fuir beaucoup d’autres. Et donc, on peut penser que nous montrer des images de la nature, l'univers, la terre, la vie, c'est nous montrer Dieu. Puisque la mère fait une prière à Dieu et veut savoir où il est, ce qu'il est. Dieu est le monde et le monde continue de vivre, la roue continue de tourner. Et à la fin, après une très longue troisième (ou seconde, c’est selon) partie constituée de scènes de la vie quotidienne du couple et de ses trois enfants, elle comprend, accepte de laisser partir son fils. C'est du moins ce que j'ai cru comprendre, oui, ce que j’ai cru comprendre car une chose est sure, comme je vous l’ai dit, rien n'est explicite dans The tree of Life, il faut essayer de comprendre par soi-même, d’analyser chaque partie, chaque scène, chaque parole, chaque plan de caméra, mais sincèrement, et je ne m’en cache pas, ce n'est pas évident.

Ce n’est pas évidant car Terrence Malick, le grand Terrence Malick (je suis obligé de le surnommé ainsi sinon ma femme sera indignée) a tout fait pour nous compliquer la tâche et après tout, n’ayons pas peur de le dire : le début et la fin du film sont d’une difficulté extrême pour le commun des mortels (quoi que, n’allez pas croire que le gros morceau, c’est-à-dire le reste, les scènes de vie de famille, soit conventionnel, bien au contraire), et personnellement, malgré mes gouts éclectiques, mes connaissances cinématographiques et même pas forcement d’apriori pour le cinéma dit « prise de tête » (enfin, jusqu’à un certain point), je vous avoue que j’en ai sacrément bavé et que, parfois, je me demandais ce que je faisais là à regarder ce truc. Et puis, finalement, je suis allé jusqu’au bout… et je n’ai pas aimé, mais je n’ai pas détesté non plus. Je vous l’ai dit, j’étais perplexe, dubitatif et je n’ai compris qu’une seule et unique chose, surtout quand ma femme s’est lancée dans une analyse complète et détaillée du film : décidément, je suis a des années lumières d’un tel truc, c’est trop pour moi.

The tree of life est une œuvre d’art, ce n’est pas un film. Comme ma femme me l’a dit, c’est du Terrence Malick poussé à l’extrême ; l’on y retrouve bien entendu tous les thèmes chers au réalisateur, mais amplifiés, sublimés de façon indicible, au point d’en dérouter plus d’un. D’ailleurs, je ne m’en cache pas, autant j’avais franchement adoré un chef d’œuvre comme The thin red ligne (La ligne rouge), magnifique manifeste antiguerre d’une profondeur rarement atteinte, autant cela n’aura pas été le cas pour The tree of life, trop compliquer, trop extrême, trop… tout en fait. Mais au moins, malgré ma perplexité, malgré mon impression d’être un idiot incapable de comprendre un chef d’œuvre à sa juste mesure, je ne l’aurais pas détesté – contrairement à Le nouveau monde, du même réalisateur, qui sincèrement, ne volait pas bien haut. Et puis, pour les thèmes abordés – la vie, la mort, l’inéluctabilité du temps qui passe – ses acteurs tout simplement extraordinaires (bigre, Brad Pitt dans son rôle de père violent et pourtant aimant est époustouflant), certaines scènes superbes et cette façon de montrer les choses, ces moments simples de la vie quotidienne d’une famille, je ne peux que tirer bien bas mon chapeau au sieur Terrence Malick. Dommage juste que tout cela soit si compliquer, qu’il y ait cette impression que cela ait été fait pour une élite ou quelque chose dans le genre, car sinon, et sans nul doute, The tree of life aurait été un sacré chef d’œuvre !

mardi 27 décembre 2011

LA PIEL QUE HABITO



LA PIEL QUE HABITO

Depuis que sa femme a été victime de brûlures dans un accident de voiture, le docteur Robert Ledgard, éminent chirurgien esthétique, se consacre à la création d’une nouvelle peau, grâce à laquelle il aurait pu sauver son épouse. Douze ans après le drame, il réussit dans son laboratoire privé à cultiver cette peau : sensible aux caresses, elle constitue néanmoins une véritable cuirasse contre toute agression, tant externe qu’interne, dont est victime l’organe le plus étendu de notre corps. Pour y parvenir, le chirurgien a recours aux possibilités qu’offre la thérapie cellulaire. Outre les années de recherche et d’expérimentation, il faut aussi à Robert une femme cobaye, un complice et une absence totale de scrupules. Les scrupules ne l’ont jamais étouffé, il en est tout simplement dénué. Marilia, la femme qui s’est occupée de Robert depuis le jour où il est né, est la plus fidèle des complices. Quant à la femme cobaye…

Ce n’est certes pas la première fois que je vous le dit en écrivant une critique (qu’elle soit d’un film, d’un roman ou d’une BD) mais je vais le refaire car cela me semble nécessaire de me répéter : il m’est décidément bien plus difficile d’écrire une critique positive d’une œuvre qu’une négative. Pour quelle raison ? Peut-être tout simplement parce que pointer les doigts les défauts d’une œuvre, en dire du mal, la descendre allègrement est chose aisée, surtout quand cela est fort méritée. Cependant, et je regrette de ne pas avoir le talent pour, louer les qualités comme, dans le cas présent, d’un film réussi, m’est bien plus difficile. Peut-être qu’avec le temps, j’y parviendrais plus facilement, du moins, je le souhaite, mais quoi qu’il en soit, pour le moment, je tiens à m’excuser par avance si la critique suivante n’est pas à la hauteur de ce que j’aurais souhaité, surtout qu’elle méritait bien mieux.

Ceci étant dit, il est temps de s’attaquer au nœud du problème, je veux bien évidement parler de la dernière œuvre de l’inimitable réalisateur espagnol, le célèbre Pedro Almodovar, La piel que habito. J’ai eu l’occasion, au cours de ma vie, de voir bon nombre de films de celui-ci mais assez curieusement, sur ce blog, je ne vous avais proposé jusqu’à maintenant qu’une seule et unique critique de l’une de ses œuvres, Etreintes brisées il y a de cela près de deux ans déjà. Pourtant, j’aime bien les films d’Almodovar, et ce, même si comme cela m’arrive souvent, il m’aura fallu bien des années pour savoir en apprécier toute les subtilités de ceux-ci. Mais désormais, je suis toujours partant pour voir, ou revoir, n’importe laquelle de ses œuvres et, accessoirement, il faudra bien qu’un de ces quatre matins, je me retape La mauvaise éducation, acheté il y a déjà quelques mois et que j’avais particulièrement bien apprécié lorsque je l’avais vu la première fois. Mais là n’est pas la question puisqu’il est temps de découvrir ce que vaut vraiment ce fameux La piel que habito.

La peau que j’habite, traduction en français du titre de ce film (d’où l’intérêt de le garder en version originale) est probablement l’une des œuvres d’Almodovar qui aura fait couler le plus d’encre parmi ses nombreux fans : en effet, depuis sa sortie, c’est fou le nombre d’avis contraires que j’ai pu lire à son sujet entre ceux qui adorent, le portant aux nues, et les autres que le descendent allègrement – et je ne prends pas en compte les avis des non connaisseurs du maitre, sinon, on n’en sort pas. Bref, cela pour vous dire que La piel que habito est tout sauf une œuvre consensuelle. Pourtant, de prime abord, l’on retrouve dans ce film tout ce que j’appellerais être le « folklore » ou plus exactement la matière commune au réalisateur espagnol : rapport compliquer a la mère, sexualité ambivalente, personnages tourmentés au possible et brisés par le destin, ce qui fait qu’immédiatement, l’on se trouve en territoire connu. De même, comme à chaque nouveau film, il faut un certain temps pour rentrer véritablement dans l’histoire car tout, bien évidemment, n’est pas simple, les situations croisées, les divers allers retours dans le temps ne sont pas évidentes à comprendre tant que l’intrigue n’avance pas. Mais là aussi, l’on se trouve en territoire connu. Mais dans La piel que habito, tout cela, tous ces éléments sont poussés à leur paroxysme et l’on atteint assez rapidement des sommets insoupçonnés et rarement atteints dans le cinéma au point que certaines scènes soient tout bonnement indicibles et puissent en choquer plus d’un. D’ailleurs, est cela qui aura déplu à plus d’un spectateur ? Cette montée en avant dans l’horreur tant psychologique et physique par un Almodovar qui repousse encore plus loin ses propres frontières ? Probablement est-ce une explication ; personnellement, j’ai adoré, mais je peux concevoir parfaitement que ce parti pris assez dur ait put déplaire a pas mal de monde.

Mais arrivé à ce point de ma critique, je me retrouve devant un problème cornélien : aller plus loin dans celle-ci signifierait dévoiler une bonne partie de l’intrigue et, du coup, enlever tous les éléments de surprise qui font toute la force de cette œuvre. Or, cela, je ne m’y résous pas car si quelqu’un lirais ce billet sans avoir vu le film, tout le plaisir de la découverte serait irrémédiablement gâché. La seule chose que je peux vous dire, c’est que sous une esthétique d’une précision chirurgicale, Almodovar nous entraine très loin dans la folie des hommes dans ce Piel que habito : avec un scénario diabolique au possible, des personnages forts et sublimés par les prestations extraordinaires des acteurs – Antonio Banderas, que l’on ne voyait plus aussi bon depuis des siècles, Marisa Paredes, probablement la plus grande actrice ibérique et l’étonnante Elena Anaya qui vous en fera voir de toutes les couleurs – et certaines scènes insoutenables au possible, il me parait indéniable que La piel que habito est l’un des grands films de cette année 2011 et qu’une fois de plus, Almodovar nous prouve à nous autres cinéphiles sont incomparable talent. 

mardi 13 décembre 2011

LE NOM DE LA ROSE



LE NOM DE LA ROSE

En 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l'autorité du pape Jean XXII et celle de l'Empereur Louis IV du Saint-Empire, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine, située entre la Provence et la Ligurie, accompagné par son novice Adso qui est le narrateur de l'intrigue. Dans un climat de conflit théologique entre les franciscains et l'autorité pontificale au sujet de la pauvreté du Christ – servant avant tout de façade au conflit politique entre le pape et l'empereur – l'ancien inquisiteur doit reprendre sa charge à la demande de l'abbé, à la suite de la mort suspecte d'un des moines. Rapidement, ce que beaucoup semblaient considérer comme un suicide prend des allures de plus en plus inquiétantes. Lorsque l'inquisiteur dominicain Bernardo Gui se rend à l'abbaye à la demande du pape, et commence à se mêler à l'enquête, cela est loin d'arranger les choses. Le Nom de la rose est une histoire en sept chapitres, chiffre symbolique qui représente le nombre de jours et d'étapes de l'enquête ainsi que le nombre approximatif de morts. L'histoire est bornée par le récit de la découverte du manuscrit que l'auteur prétend traduire, et par les conclusions du narrateur devenu vieillard.

Il y a de cela presque un an, a quelques semaines près (c’était le 28 décembre 2010 pour être exact), je vous proposais sur ce blog la critique de ce que je considère comme étant l’un des tous meilleurs films des années 80, et, accessoirement, le meilleur rôle de ce très grand acteur qu’est Sean Connery, je veux bien évidement parler du Nom de la rose. Réussite absolue selon moi, œuvre que je ne me lasse pas de voir et de revoir, je vous avais dit à l’époque que je n’avais jamais eu l’occasion de lire le roman original, considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre absolu et écrit par Umberto Eco. Et donc, il y a un an, je faisais part de mon envie de m’y attaquer « un de ces jours » comme il me plait tellement à le dire, histoire de voir ce que ce roman, dont tellement de personnes louaient les mérites depuis tant d’années, avait dans le ventre (comme on dit) ; ainsi, quelques mois plus tard (un de ces jours en gros), et après avoir dévorer un autre chef d’œuvre dont l’intrigue se déroule au Moyen-âge – Les piliers de la terre de Ken Follet – je me suis finalement lancer dans le célèbre Le nom de la rose.

Il n’est décidément pas facile de lire un livre après avoir vu son adaptation à l’écran car, forcément, on ne peut s’empêcher de faire des comparaisons ; certes, le contraire est valable également, cependant, avec un film, on sait par avance que ça sera plus simple, que bon nombre d’éléments seront abandonnées et que le mot d’ordre principal sera « raccourcis, raccourcis et… raccourcis ! ». Mais quand on passe d’une adaptation cinématographique au roman dont celle-ci est originaire, et qu’en plus, le film est excellent et le livre, lui, encore meilleure, force est d’admettre que c’est une toute autre paire de manches. Mais bon, je savais à l’avance qu’elles montagne je m’apprêtais à escalader, qu’elles difficultés allaient m’attendre et que, forcément, j’allais en baver. Mais à ce point, franchement, non. Heureusement, le résultat final fut à la hauteur de mes espérances et sur ce point, inutile de le cacher plus loin, oui, Le nom de la rose, le roman, est un véritable chef d’œuvre ! Mais que ce fut dur !

Pour être tout à fait franc, je n’ai jamais, au cours de ma vie, lu un roman aussi complexe si je mets de côté Les frères Karamazov de Fiodor Dostoïevski (commencer il y a près de quinze ans et jamais achever), ou, du moins donc, lu un livre jusqu’au bout aussi dur. Car oui, Umberto Eco n’y est pas allé de main morte dans Le nom de la rose : ceux qui ont vu le film et qui ne se doutaient pas à quel point le roman pouvait être aussi ardu ont dû ressentir un sacré choc dès les premières pages, et d’ailleurs, je ne m’en cache pas, ce fut mon cas. Car ici, que l’on ne s’y trompe pas : tout est complexe ! Que ce soit le style de l’auteur, assez lourd parfois et qui n’hésite pas à s’attarder sur je ne sais combien de pages sur mains sujets annexes (ou, du moins, le crois t’on car tout a son importance) ou bien ces dialogues qui n’en finissent jamais, et là aussi, toujours sur des sujets parfois éloignés de l’intrigue principale (l’enquête sur les meurtres dans l’abbaye) et qui pourtant, n’en sont pas moins nécessaires pour que le lecteur comprenne la toile de fond de l’histoire mais aussi et surtout, le parti pris d’avoir parsemer le livre de phrases en latin, et non traduites, peut indéniablement en rebuter plus d’un. D’ailleurs, un petit mot, justement, sur ce latin utiliser à chaque page du roman, que ce soit par de simples phrases voir même sur des paragraphes : qu’aurait dut faire Umberto Eco ? Le traduire ? Personnellement, et au risque d’alourdir encore plus le texte, je pense que oui – du genre, la phrase en latin puis sa traduction entre parenthèses – car du coup, la majeure partie des lecteurs du Nom de la rose, qui ne comprennent rien au latin, se trouvent privés d’une bonne partie des dialogues, chose que je trouve hautement dommageable, bien entendu et qui a dut en faire abandonner plus d’un, s’en suis sûr. Mais si l’utilisation du latin était nécessaire pour le coté immersion dans l’histoire et si sa non traduction est, selon moi, un point faible (et pas un petit) de cette œuvre, force est d’admettre qu’il s’agit du seul.

Car pour le reste, tout le reste, Le nom de la rose est un pur chef d’œuvre, comme je m’y attendais. Je ne reviendrais pas sur l’histoire, connu de tous, que ce soit par le biais du roman ou du film (il suffit de relire ma critique de celui-ci où je m’attarde davantage sur l’intrigue), tout au plus, et comme il fallait s’y attendre, je me contenterais de vous dire que celle-ci est bien plus complexe ; car si dans le film, le choix spectaculaire de l’enquête était poussé à son paroxysme (ce qui n’avait pas empêcher pas mal de gens d’affirmer qu’il ne se passait rien, honte sur eux), dans le roman, place est donnée aux dialogues, aux descriptions, aux questionnement intérieurs du narrateur, le jeune Adso, mais aussi, comme je vous l’ai dit précédemment, ici, l’on s’attarde sur l’histoire politique de l’époque, la rivalité entre le Pape et l’Empereur, pour le pouvoir, bien évidemment, mais opposition également entre les tenants d’une Eglise pauvre et partisans d’une Eglise riche, et si l’on ajoute à cela en toile de fond les diverses hérésies, l’inquisition (mais aussi les diverses façons de chercher la vérité ou un coupable, ce qui n’est pas la même chose), la place du rire dans le monde, celle des lettrés (les gens d’Eglise) des princes et des autres (bah, tout le reste) ainsi que le rôle d’une bibliothèque, de la transmission du savoir et du danger, aux yeux de certains, que celui-ci pourrait représenter si celui-ci tombait dans les mains des gens « vulgaires » (nous), au final, bien plus qu’une simple enquête policière au Moyen-âge, le lecteur se retrouve avec un époustouflant récit qui le pousse très loin dans ses retranchements et bien plus complexe qu’il ne se serait douter ; surtout après le film.

Ainsi donc, dans un genre complétement différent que son adaptation cinématographique, pourtant excellente (alors que dans les grandes lignes, c’est la même histoire), Le nom de la rose (le roman), véritable chef d’œuvre de la littérature de la fin du vingtième siècle comblera d’aise le lecteur qui aura su s’accrocher pour venir à bout d’un tel monument de complexité. Hélas, reste le problème de la non compréhension (pour beaucoups) du latin qui gâche un peu forcement l’ensemble ; sans cela (ou bien, si je comprenais le latin), je pense que j’aurais considéré ce roman comme l’un des tous meilleurs qu’il m’ait été donné de lire. Mais bon, malgré ce défaut, j’ai pris, malgré un début difficile, a tant de plaisir lors de la lecture du Nom de la rose que je ne peux que, moi aussi, désormais, porter aux nues ce chef d’œuvre.

Et pour finir, et tout en restant sur, justement, la complexité de cet ouvrage, Umberto Eco a annoncé il y a quelques mois qu’il souhaiterait réécrire Le nom de la rose sous un style plus simple, plus adapter à la génération actuelle (oui, celle qui lit sur une tablette numérique) ; si c’était uniquement pour traduite les fameuses phrases en latin, pourquoi pas, mais comme il parait que c’est tout le texte qui va y avoir droit, et donc, les discussions théologiques qui passeront à la casserole, on peut se demander si Umberto Eco ne prend pas les jeunes pour des… hum, comment dire… oui, le mot en trois lettres, vous voyez ce que je veux dire n’est-ce pas !? Remarquer, quand je lis certaines critiques de cette œuvre par certains « jeunes » (comme on peut en voir ici mais aussi sur d’autres sites), je pense que le mot con (oups, je l’ai dit) est parfaitement adapté à la situation.