vendredi 23 décembre 2016

JLA – TERRE 2


JLA – TERRE 2

La Justice League est appelée au secours d'un avion de ligne en détresse. Malgré la diligence des héros, tous les passagers sont morts. Mais voilà, l'avion et ses passagers intriguent Superman et ses alliés : les passagers ayant notamment tous le cœur à droite. Pour en savoir plus, la Ligue va à la rencontre de Lex Luthor pour en savoir plus. Mais voilà, Lex lui-même a été remplacé par son double, Alexander Luthor, venu d'une planète jumelle de la Terre. Dans ce monde, nombre de choses sont inversées : Alexander est un des derniers héros tandis que les membres de la version locale de la Ligue, justement dénommée le Syndicat du Crime, règnent en maîtres absolus et terrorisent la population et les autorités. Alexander s'est échappé de son monde pour venir demander de l'aide aux héros de notre planète, une planète qu'il a choisi de surnommer Terre 2.


JLA – Terre 2
Scénario : Grant Morrison
Dessins : Frank Quitely
Encrage : Frank Quitely
Couleurs : Laura Depuis
Couverture : Frank Quitely
Genre : Super-Héros
Editeur : DC Comics
Titre en vo : JLA – Earth 2
Pays d’origine : Etats-Unis
Parution : 12 septembre 2000
Langue d’origine : anglais
Editeur français : Soleil
Date de parution : 28 novembre 2000
Nombre de pages : 100

Liste des épisodes
JLA – Earth 2

Mon avis : La thématique des versions maléfiques des super-héros n’est pas récente et, quasiment depuis leurs débuts, nos héros, que ce soit chez DC ou Marvel, on eu affaire, en certaines occasions, a des doubles mauvais d’eux-mêmes. Ainsi, du coté de la Justice League of America, ces derniers, dans les années 60, avaient déjà affronté le Syndicat du Crime, version pervertie de leur équipe et issue d’une autre dimension… Cependant, lorsqu’au tout début des années 2000, le génial scénariste écossais, Grant Morrison, avait décidé de sortir du placard le Syndicat du Crime, ce ne fut pas pour nous livrer un récit simpliste comme il est de coutume dans les comics (c’est-à-dire que les héros rencontrent leurs doubles, les affrontent et gagnent) mais, plutôt de nous montrer comment nos super-héros pourraient s’en sortir en essayant de sauver un monde qui, de toutes façons, et par avance condamner. Et c’est bien évidement cela qui fait tout l’intérêt du récit de Morrison car si, forcément, les versions maléfiques des membres de la JLA sont pour le moins jouissives – une Wonder Woman sado maso, un Batman psychopathe, un Flash camé jusqu’à la moelle – le récit prend une toute autre dimension lorsque Superman, Batman et compagnie (les nôtres, pas les méchants) se rendent compte que le monde inversé qu’ils comptaient sauvés est si différent que tous leurs efforts sont vains. Du coup, plus qu’un simple affrontement entre héros et doubles maléfiques, c’est un récit bien plus profond que nous livre Morrison, un récit sur ce qu’est le bien, le mal, mais aussi leurs limites… Aux cotés de l’écossais, un certain Frank Quitely que l’on retrouve avec plaisir et qui en était alors a ses premières années dans le petit monde des comics : son trait, précis et reconnaissable entre mille, est pour beaucoup pour la réussite de ce one-shot qui certes, n’est pas non plus un chef d’œuvre, mais qui, ma foi, ce dois d’être lu par tout amateur de DC en général…


Points Positifs :
- Une opposition entre la JLA et le Syndicat du Crime bien plus complexe qu’on pourrait le penser de prime abord puisque Morrison préfère axer cette confrontation sur l’impuissance des héros a changer un monde qui est de toutes façons condamné.
- Les versions maléfiques de nos héros sont bien évidement jouissives au possible et c’est un plaisir de les découvrir.
- Frank Quitely en était alors a ses débuts et même s’il fera beaucoup mieux par la suite, force est de constater que son travail sur cette œuvre marque déjà les esprits.

Points Négatifs :
- J’aurai aimé une opposition un peu plus importante entre les deux groupes. Après tout, il n’y a pas beaucoup de combats entre eux et je trouve même que le Syndicat mord vite la poussière face a la JLA.
- Dommage que cette mini-série ne soit pas plus longue.
- Je n’ai jamais aimé Kyle Rainer en Green Lantern, forcément, vu sa présence dans ces pages…

Ma note : 7,5/10

LA TORTUE ROUGE


LA TORTUE ROUGE

Un naufragé se trouve dans l'eau, seul, au milieu de l'océan démonté. Il s'échoue sur une plage à proximité d'une forêt de bambous. L'homme se nourrit et explore la région : il monte au sommet d'une éminence rocheuse et s'aperçoit qu'il se trouve sur une île déserte peuplée d'une faune et d'une flore foisonnantes. Il est très vite remarqué par de petits crabes blancs qui le suivent et l'observent chaque fois qu'il vient sur la plage. À un moment donné, alors qu'il explore la partie rocheuse de la côte, il tombe dans un trou entouré de hauts rochers infranchissables. Il parvient finalement à s'en échapper en passant par un siphon sous-marin qu'il franchit en apnée à grand-peine. L'homme rassemble quelques troncs de bambous tombés sur le sol de la forêt. La nuit venue, il dort sur la plage et rêve qu'il avance en planant sur un gigantesque pont de bambous qui s'étire sans fin par-dessus la mer et lui permet de quitter l'île. Le lendemain, l'homme bâtit un radeau pour s'échapper à l'aide des arbres de la forêt. Mais alors qu'il vient de prendre la mer, de puissants coups portés depuis la mer sous son embarcation disloquent le radeau. Dépité, l'homme fait une deuxième tentative, armé cette fois d'un bambou tranchant, mais son second radeau est brisé de la même façon, sans qu'il parvienne à comprendre qui (ou ce qui) est à l'origine de ces coups destructeurs.


La Tortue rouge
Réalisation : Michael Dudok de Wit
Scénario : Michael Dudok de Wit et Pascale Ferran
Musique : Laurent Perez del Mar
Production : Studio Ghibli et Wild Bunch, Why Not Productions ; Arte France Cinéma, Belvision, CN4 Productions
Genre : Animation, Conte
Titre en vo : La Tortue rouge
Pays d'origine : Belgique, France, Japon
Langue d'origine : film sans paroles
Date de sortie : 29 juin 2016
Durée : 80 mn

Casting :
Film muet

Mon avis : Mais quel superbe film d’animation qu’est La Tortue rouge ! En ayant vaguement entendu parler, ce fut avec un plaisir certain que je l’ai finalement vu, hier soir, après avoir été attiré par une bande annonce qui promettait énormément, et ce, malgré sa simplicité. Car oui, La Tortue rouge est simple : simple de par son design, tout en sobriété, simple de par son choix de couleurs, pourtant sublime, simple de par son rythme, assez lent, simple de par son intrigue qui n’est rien d’autre qu’une (belle) histoire d’amour, quoi que entre un homme et une tortue, simple, finalement, de par ses dialogues – ah non, là, c’est une blague, il n’y en a aucun et franchement, cela ne manque aucunement ! Simple, donc, mais incontestablement marquant que ce film d’animation belgo-nippon qui ne laissera pas le public indifférents, du moins, encore faut-il adhéré a ce genre d’œuvres… Ainsi, aux antipodes du cinéma d’animation nord américain qui plait tant au grand public et qui est, la plupart du temps, à la qualité ce que Staline fut a la démocratie, c’est-à-dire, son antithèse absolue, La Tortue rouge fait indéniablement partie de ces œuvres rares, que l’on ne peut que savourer, émerveillé. Le problème, car il y en a un, c’est qu’avec ce genre d’œuvres, il n’y a pas de demi-mesure : soit on adore, soit on déteste. Ainsi, une bonne partie du grand public jettera un œil dédaigneux sur ce film d’animation en affirmant que c’est moche, qu’il ne se passe rien et que c’est ennuyeux au possible, les autres, eux, bien plus rares, loueront les grandes qualités d’un dessin animé poétique, fort d’une histoire simple et riche a la fois et qui, ma foi, est tout simplement superbe, esthétiquement parlant. Bref, deux camps irréconciliables, mais cela est-il vraiment important ? Sincèrement, non, et ceux qui n’aimeront pas La Tortue rouge pourront passer leur chemin pour se plonger dans le dernier Disney en date, tandis que les autres, eh bien, les autres savoureront le plaisir de s’émerveiller devant ce qui est incontestablement le film d’animation de cette année 2016 !


Points Positifs :
- Un magnifique conte pour petits et grands que cette Tortue rouge. Ainsi, malgré la simplicité apparente de la chose, il apparait nettement que les intrigues les plus banales – tout cela n’est qu’une histoire d’amour, finalement – sont encore les meilleures.
- Si l’on est un tant soit peu sensible, comment ne pas s’émerveiller de cette fort belle histoire d’amour entre ce naufragé et cette tortue rouge qui prendra forme humaine ?
- Le design, proche de celui de la ligne claire qui a fait la gloire de la bande dessinée belge, peut déstabiliser au départ, pourtant, celui-ci s’avère plutôt réussi et ne serais-ce que pour les décors et, surtout, les couleurs, par moments sublimes, le jeu en vaut la chandelle !
- La Tortue rouge est un film muet, pourtant, cette absence de dialogues ne gène en aucune façon la compréhension de l’intrigue, au contraire, disons qu’elle la sublime.
- La bande originale signée Laurent Perez del Mar est une pure merveille.

Points Négatifs :
- Il faut reconnaitre qu’il y a quelques petites longueurs lors de certaines scènes. Certes, celles-ci sont rares mais néanmoins présentes.
- La Tortue rouge est une œuvre qui divise le public : soit on adore, soit on déteste. Forcément, le grand public, plus habitué au cinéma d’animation nord américain à la Disney/Pixar boudera complètement ce film, qu’il jugera trop ennuyeux, trop moche, trop cérébral…

Ma note : 8,5/10

jeudi 22 décembre 2016

LA NOUVELLE REVUE D’HISTOIRE HS 13 – TERRORISMES, HISTOIRE ET ACTUALITÉ


LA NOUVELLE REVUE D’HISTOIRE HS 13 – TERRORISMES, HISTOIRE ET ACTUALITÉ
Automne/Hiver 2016

Terrorismes, histoire et actualité
Editorial : Comprendre le terrorisme et relevé le défi
- Les « Assassins », le modèle originel du terrorisme ?
- 1605. La conspiration des poudres
- Le chariot piégé de la rue Saint-Nicaise
- La « machine infernale » de Fieschi
- 1858. Orsini entend venger l’Italie trahie
- Le nihilisme russe ou la « table-rase »
- Ravachol, les anarchistes et la République
- L’Oustacha croate de 1929 à 1945
- Les pionniers du sionisme recourent à la terreur
- Le terrorisme, arme du FLN
- La nouvelle guerre de l’IRA
- La Fraction Armée Rouge face à la République Fédérale Allemande
- L’Italie des « années de plomb »
- L’ETA : du nationalisme au marxisme
- Le terrorisme est-il consubstantiel à l’Islam ?
- Le double financement du terrorisme islamiste
- Le terrorisme islamiste en France. Histoire et perspective

Mon avis : Le hasard fait souvent bien les choses mais dans le cas présent, j’aurai préféré que cela ne soit pas le cas puisque, alors que j’étais en pleine lecture de ce hors-série de La Nouvelle Revue d’Histoire, consacré au terrorisme, Berlin était touchée par un attentat islamiste, un de plus, la chose étant devenue, malheureusement, commune ces dernières années – et le sera encore tant que nos dirigeants ne feront rien pour véritablement le contrer, car s’indigner, c’est bien, agir, s’en est une autre. Et justement, dans ce hors-série de la NRH, on voit qu’au fil de l’histoire du terrorisme, bien trop longue et bien trop meurtrière, on constate que certains n’ont jamais hésiter a agir contre cette menace indigne d’un ennemi fanatisé – pour des raisons idéologiques, politiques ou religieuses – et où, entre véritables hommes et femmes lutant pour une cause, on retrouvait aussi souvent de vulgaires sociopathes qui trouvaient là un exutoire a leur volonté de tuer… Mais plus que les raisons du terrorisme, c’est dans son histoire que nous plonge cet hors-série : une histoire longue, qui remonte a plusieurs siècles et qui nous montre son évolution au fil du temps. Ainsi, de fortement politique au XIXème et XXème siècle, il est devenu désormais religieux et quasi-uniquement islamiste de nos jours. Le tout, bien entendu, est fort intéressant et si l’on retrouve quelques figures mythiques du terrorisme – la bande a Baader, l’IRA, Daesh – il est tout aussi intéressant de découvrir certains actes plus anciens comme ces attentats commis en France sous Napoléon ou Napoléon III. Malheureusement, là où ce hors-série de la NRH n’atteint pas l’excellence, c’est qu’en plus d’oublier une figure majeure du terrorisme comme Carlos, je trouve que la partie moderne, liée a l’Islam, n’est pas assez développée ; il aurait pourtant suffit de ne pas en faire des tonnes avec l’ETA ou les années de plomb italiennes pour avoir un numéro parfait…


Points Positifs :
- Une très bonne compilation des différentes formes de terrorisme au fil des âges et de son évolution ; ainsi, de politique, il est devenu désormais religieux et, il faut le reconnaitre, a 99%, islamiste.
- Si l’on retrouve des figures majeures de la chose terroriste – la bande a Baader, l’IRA, Daesh, Ben Laden, le FLN, etc. – d’autres, moins connus, sont également mis en avant comme ces attentats qui ont frappé la France au cours du XIXème siècle et plutôt oubliés de nos jours.
- On a tendance à l’oublier de nos jours et il est clair que certains ne s’en ventent pas mais les débuts de l’état d’Israël furent plutôt remplis d’actes terroristes ; contre les populations musulmanes, bien sur, mais aussi contre les anglais.
- Il est bon de rappeler, comme c’est le cas ici, que les principaux argentiers du terrorisme islamiste sont le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie.

Points Négatifs :
- Certes, le sujet est vaste, cependant, comment oublier une figure comme Carlos, archétype du terroriste de son époque ? De même, quid de l’OLP car s’il est de bon ton de pointer du doigt les débuts d’Israël, il ne faut pas oublier ce qu’ils subissent depuis et encore de nos jours.
- Au vu du reste du contenu de ce hors-série, je trouve que les années de plomb italiennes et surtout l’ETA occupent une place beaucoup trop importante.
- La partie moderne liée à l’Islam n’est pas suffisamment développée.
- Le récapitulatif des principaux attentats islamistes de ces trente dernières années font froid dans le dos, pourtant, il en manque, et pas qu’un peu ! Ainsi, quid des attaques en Inde, en Chine, au Canada, en Australie, en Angleterre ?

Ma note : 7,5/10

LE TOUR DU MONDE DE SADKO


LE TOUR DU MONDE DE SADKO

Dans la principauté de Novgorod au Moyen Age, le troubadour Sadko aimé de la belle Lyubava mène une vie insouciante en jouant de son luth. Un jour, il rachète la liberté du colosse Vyashta, qui s'est lui-même vendu comme serf pour payer ses dettes. Son geste ne passe pas inaperçu et il se rend compte de la misère et du désespoir du bas peuple de Novgorod. Il harangue alors la foule en leur parlant de l'oiseau du bonheur, qu'un vieillard lui a dit exister dans un lointain pays, et il promet de l'amener à Novgorod pour que toute la population de la ville connaisse la félicité. Le soir il se rend, en tant que ménestrel, à un banquet donné par les riches marchands qui dirigent la république. Il espère obtenir de ces derniers le financement nécessaire pour organiser une expédition outre-mer afin de trouver l'oiseau du bonheur pour le bien de toute la principauté. Mais il est chassé sous les moqueries et se retrouve mélancolique et solitaire à chanter au bord du lac Ilmen. Séduite par sa voix profonde, et son physique, une superbe ondine sort des eaux et se présente à lui comme étant la fille du roi des mers. Elle lui promet, que si le lendemain il lance un filet au milieu du lac, il pêchera un poisson d'or à la valeur inestimable...


Le tour du monde de Sadko
Réalisation : Aleksandr Ptushko
Scénario : Maria Fateïeva
Musique : Grigori Hamburg
Production : Mosfilm, Artkino picture
Genre : Fantasy
Titre en vo : Sadko
Pays d'origine : Union Soviétique
Langue d'origine : russe
Date de sortie : 17 mars 1953
Durée : 80 mn

Casting :
Sergei Stolyarov : Sadko
Alla Larionova : Lyubava
Ninel Myshkova : Princesse du lac Ilmen
B. Surovtsev : Ivashka, le garçon
Mikhail Troyanovsky : Trifon
Nadir Malishevsky : Vyashta le géant
Nikolay Kryuchkov : Omelyan Danilovich
Ivan Pereverzev : Timofey Larionovich
Yuri Leonidov : Kuzma Larionovich
Lev Fenin : Varangian
Mikhail Astangov : Maharadja
Lidiya Vertinskaya : L’Oiseau Bonheur
Stepan Kayukov : Neptune
Olga Vikland : Neptuna
Sergei Martinson : L’ours

Mon avis : Grande première sur ce blog puisque, avec Le tour du monde de Sadko, le cinéma russe, ou plutôt, devrais-je dire, soviétique, est enfin a l’honneur, un cinéma fort méconnu du grand public, forcément spécial de part ses thématiques aux orientations politiques assumées – mais étais-ce si différent, finalement, outre-Atlantique, d’une manière plus déguisée – mais riche de quelques belles pépites dont, bien entendu, le long métrage qui nous préoccupe ce jour. Œuvre d’Aleksandr Ptushko et premier de ses films a vraiment rencontrer un succès international, riche d’un casting cinq étoiles – mais local, dont peu connu – Le tour du monde de Sadko s’inspire d’un opéra du XIXème siècle lui-même tirer d’une légende russe du Cycle de Novgorod, Sadko. Bien évidement, qui dit légende dit fantastique et sur ce point, notre brave Sadko va voir du pays, visiter des contrées lointaines, rencontrer quelques créatures fabuleuses, pécher des poissons d’or et même rendre une petite visite au roi des mers. Alors certes, datant du tout début des années 50, les effets spéciaux et les décors alternent entre le sympathique et le franchement ridicule – toute la partie se déroulant sous les mers avec ses poissons peluches – ce qui fait que, par moments, malgré toute la meilleure volonté du monde, on a du mal a ne pas exploser de rire devant certaines scènes – je pense surtout a celle où Sadko s’échappe sur un hippocampe géant. Cependant, malgré ces défauts indéniables, il se dégage un je ne sais quoi de poétique de ce film qui fait que l’on n’accorde pas une grande importance à ces défauts. De même, le message politique du film, très marqué – URSS oblige – n’est pas si gênant qu’on pourrait le craindre de prime abord : Sadko, héros positif, est ici aux antipodes de celui du mythe, bien plus ambigu, et ne cesse de penser au bien être de ses compatriotes tout en lutant contre les méchants marchands de Novgorod – et je ne parle même pas du prêtre, caricature ambulante qui ne pense qu’a se goinfrer. La morale finale, qui veut que le bonheur de la mère patrie est préférable a celui d’un quelconque oiseau qui endort les masses sous ses belles paroles est certes soviétisant au possible, mais la aussi, non dénuée de sens ce qui fait que, mine de rien, la aussi, le spectateur ne prêtera guère attention a la propagande pour ce concentrer sur une intrigue certes un peu désuète mais qui garde néanmoins un certain charme, surtout pour les plus jeunes d’entre nous. Bref, Le tour du monde de Sadko est un long métrage qui mérite d’être vu au moins une fois, ne serais-ce que par satisfaire la simple curiosité de voir un bon film de l’ère soviétique – même si j’en conviens, il y a beaucoup mieux – et si alors vous avez de jeunes enfants, n’hésitez pas une seconde, le coté merveilleux et poétique de la chose est fait pour eux ; après tout, cela les changera des traditionnels Disney


Points Positifs :
- Un fort sympathique film de Fantasy avec une intrigue certes simpliste mais néanmoins réussie. Et puis, une légende russe, cela nous change un peu et nous fait découvrir une mythologie peu connue sous nos latitudes.
- Mine de rien, le casting est franchement bon, même si peu connu du grand public, avec, en tête d’affiche, Sergueï Stoliarov, un des monstres sacrés du cinéma soviétique, mais aussi deux actrices qui crèvent l’écran : Lidiya Vertinskaya qui joue ici l’Oiseau Bonheur, et la troublante Ninel Myshkova, la fille du roi des mers.
- Le coté propagande très marquer de ce film passe plutôt bien finalement, même s’il peut faire sourire par moments.
- Certains décors sont forts réussis même s’ils accusent leur age, quand aux costumes, il n’y a rien à redire sur ces derniers.

Points Négatifs :
- Certains effets spéciaux sont tout de mêmes ridicules, principalement ceux de toute la partie qui se déroule sous la mer, avec ces poissons peluches, cette pieuvre pathétique et cette course poursuite à dos d’hippocampe qui restera dans les annales du nanardesque.
- Tous les passages chantés, sans exception ! Non seulement, ils sont nombreux, mais comme le film est court, ces derniers occupent une place beaucoup trop importante, surtout qu’on s’endort rapidement a les écouter.
- Oui, je sais, c’est un film soviétique, il y a toujours une certaine propagande communiste ici et la, mais franchement, Sadko, par moments, avec ces poses prétentieuses et son sourire, il agace un peu.
- Le héros russe et ses compagnons et fort, invincible et visiblement invulnérable, ce qui n’est pas le cas des autres peuplades, forcèment.

Ma note : 6/10

mercredi 21 décembre 2016

LES AVENTURES DE TINTIN – LE LOTUS BLEU


LES AVENTURES DE TINTIN – LE LOTUS BLEU

Un messager venu de la Chine vient rencontrer Tintin dans le palais du Maharadjah de Rawhajpoutalah, où le journaliste se repose. Celui-ci, ressortissant chinois, n'a eu que le temps de prononcer les mots Shanghaï et Mitsuhirato, avant d'être touché par une fléchette empoisonnée au radjaïdjah, le « poison qui rend fou ». Tintin est par la suite informé que le fakir, membre du gang des trafiquants de drogue, s'est évadé de prison, puis, part à Shanghai afin de rencontrer Mitsuhirato. Arrivé en Chine, il reçoit une lettre d'un messager de ce dernier qui désire le rencontrer. Le Japonais Mitsuhirato semble être un paisible commerçant, propriétaire d'une boutique de vêtements féminins. Très avenant, il dit à Tintin avoir envoyé le messager pour le mettre en garde de grands dangers. Il le convainc également de rentrer en Inde pour protéger le maharadjah. En repartant de chez le Japonais, Tintin est victime d'un attentat à la mitraillette. Il doit la vie à l'intervention d'un mystérieux jeune homme, sans toutefois rien comprendre à la situation, car son sauveur prend la fuite.


Les Aventures de Tintin – Le Lotus bleu
Scénario : Hergé
Dessins : Hergé
Couleurs : Hergé
Couverture : Hergé
Editeur : Casterman
Genre : Aventure, Franco-Belge
Pays d’origine : Belgique
Langue d’origine : français
Parution : 1936
Nombre de pages : 62

Mon avis : Si Les Cigares du Pharaon, quatrième album des Aventures de Tintin, marquait déjà un tournant au sein de l’œuvre d’Hergé, il est indéniable que c’est avec Le Lotus Bleu que ce dernier signe son tout premier chef d’œuvre et que, enfin, son héros, va atteindre la dimension qu’on lui connait : en effet, dans les premières aventures – Tintin au pays des SovietsTintin au Congo, Tintin en Amérique et Les Cigares du Pharaon – Hergé se contentait d’envoyer Tintin dans des pays différents sans véritablement se renseigner sur ces derniers, usant et abusant des stéréotypes européens de l’époque. Mais avec Le Lotus Bleu, suite à sa rencontre avec Tchang Tchong Jen, jeune étudiant chinois vivant alors en Belgique et qui inspirera le personnage de Tchang, les choses changent : Hergé se documente, apprend moult usages et coutumes de la Chine, découvre sa culture mais aussi, et ce n’est pas rien, la situation géopolitique d’alors où le pays, pourtant riche d’une civilisation de près de trois mille ans, est sous la coupe des puissances occidentales et du Japon qui vient d’envahir la Mandchourie, ce qui, pour la petite histoire, n’est que le début de la Seconde Guerre Mondiale… Du coup, si le synopsis de départ n’est que la suite de celui du Cigare des Pharaons, c’est-à-dire, que Tintin est en lutte avec une organisation de trafiquants de drogue internationale, le fond et la forme changent du tout au tout avec une aventure davantage structurée mais aussi, crédible pour ce qui est de ce quelle nous montre de la Chine de l’époque. Qui plus est, ayant pris fait et cause pour le sort des chinois, Hergé va a contre courant de la presse occidentale d’alors et n’hésite pas a critiquer ouvertement la présence des occidentaux en Chine, leur racisme et leur prétendue supériorité mais aussi, bien entendu, le Japon, impérialiste et qui jouissait alors de louanges élogieux de la part des occidentaux en tant que prétendus garants de le civilisation asiatique… Bref, vous l’avez compris, en plus d’être un tournant dans la série et, accessoirement, une aventure captivante de bout en bout, Le Lotus bleu est également un petit brulot politique qui renvoi dans les cordes tous ceux qui prétendent qu’Hergé n’est qu’un sale raciste. Dommage juste qu’il y ait ce soucis incompréhensible au niveau des dessins : les premières pages de l’album avaient été refaites histoire de coller aux albums précédant tandis que le reste n’est que coloriser. Franchement, c’était l’un ou l’autre et pas les deux !


Points Positifs :
- Le véritable premier chef d’œuvre d’Hergé, incontestablement. En effet, si des efforts notables avaient déjà été effectués dans Les Cigares du Pharaon, force est de constater qu’avec Le Lotus bleu, on atteint une autre dimension et qu’on peut dire, sans problèmes, que c’est ici que Les Aventures de Tintin débutent bel et bien !
- Finit les stéréotypes débiles de l’époque et autres paternalisme occidental : Hergé se documente, découvre la civilisation chinoise mais aussi la géopolitique de l’époque, le résultat étant, bien entendu, excellent puisque cet album est crédible de bout en bout.
- Mine de rien, il en fallait pour aller a contre courant des médias occidentaux de l’époque et de prendre ainsi fait et cause pour la Chine et d’être contre le Japon. D’ailleurs, Hergé parsème cette aventure de moult références aux méfaits occidentaux et nippons depuis qu’ils occupent la Chine.
- Accessoirement, l’intrigue du Lotus bleu est fort bonne, captivante de bout en bout et on sent bien que l’évolution amorcée dans Les Cigares du Pharaon à tirer définitivement Tintin des atermoiements des débuts.
- Retour de Rastapopoulos qui sera bien évidement la némésis de Tintin au fil de ses aventures, mais aussi, et surtout, apparition de Tchang, premier véritable ami de notre héros et qui reviendra bien plus tard, dans un certain Tintin au Tibet
- La couverture, l’une des plus connues des Aventures de Tintin et l’une des plus belles.

Points Négatifs :
- Je n’ai jamais compris ce qu’Hergé a voulut faire en refaisant les premières pages de l’album et en laissant tout le reste tel quel, se contentant de les coloriser. Franchement, c’était l’un ou l’autre mais pas les deux car ce choix choque énormément.

Ma note : 8,5/10

mardi 20 décembre 2016

LA FRANCE BIG BROTHER


LA FRANCE BIG BROTHER

Enquête sur un sujet tabou : le conditionnement d'une nation. Qui est Big Brother ? Le sommet de la pyramide. Le gouvernement. L'administration. Les médias. Les experts. Les idéologues. La pensée unique. Les écrans. Une organisation qui a pris toutes les apparences d'une société libre et démocratique. Big Brother, c'est la Voix, la rumeur du monde, le bruit de fond qui nous apprend à consommer, à obéir, à penser. Celui qui vous répète tous les jours qu'il faut du pouvoir d'achat, que les inégalités se creusent, que l'immigration est à la fois une chance et un fantasme. C'est lui qui invente des scandales, définit les limites du langage et de la pensée, décide du digne, de l'indigne et du tabou. C'est lui qui vous rend l'enfer confortable. Français, Big Brother est votre opium. Vous vous êtes ouvert l'esprit, comme d'autres s'ouvrent les veines. Recueillant les confidences de journalistes, politiques et hommes d'influence repentis, Laurent Obertone pénètre les arcanes du plus grand système de conditionnement de masse jamais mis en place en France. Il donne enfin un visage à la terreur médiatique, politique et idéologique qui accable notre pays. Bienvenue dans la République des écrans.


La France Big Brother
Auteur : Laurent Obertone
Type d'ouvrage : Essai politique, Société
Première Parution : 15 janvier 2015
Edition Poche : 14 janvier 2016
Titre en vo : La France Big Brother
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Traduction : Néant
Editeur : La Mécanique Générale
Nombre de pages : 443

Mon avis : Ce fut complètement par hasard que j’ai découvert, il y a de cela quelques semaines, Laurent Obertone et ses écris : La France Orange Mécanique, Guérilla et, donc, La France Big Brother, qui nous occupe aujourd’hui, trois ouvrages qui, immédiatement, ont attiré mon attention de part leurs propos pour le moins polémiques et aux antipodes du si détestable politiquement correct. D’ailleurs, et sans la moindre surprise, je me suis rendu compte que l’auteur avait fort mauvaise presse, qu’il était présenté comme un fasciste finit et un inconditionnel du Front National. Bref, un ennemi à abattre pour l’intelligentsia parisienne, des essais démolis par les médias officiels et, curieusement ou pas, plutôt de bonnes voir de très bonnes critiques de la part des lecteurs – probablement des fascistes, oui, cela doit être cela… Du coup, ni une, ni deux, je me suis dis qu’un type aussi détester, cela pourrait valoir le coup, ne serais-je que par juger par moi-même et, ma foi, comme je ne suis pas dupe et que je commence a devenir suffisamment âgé pour me rendre compte par moi-même que oui, les choses ont bel et bien changées au fil des décennies – toujours ce fameux politiquement correct, ces politiques et cette presse toute puissante, ces ennemis désignés et cette mode de la repentance a n’en plus finir tandis qu’il ne faut jamais dire la vérité qui dérange – mon choix c’est naturellement porté vers La France Big Brother, essai censé nous montrer comment un pays tout entier peut être manipuler par le pouvoir en place. Alors bien sur, tout cela peut sembler bien prétentieux de la part de Laurent Obertone et certains me diront, avec condescendance, que ce n’est qu’une théorie de la conspiration parmi d’autres… Pourtant, prenez donc le temps de lire cet essai et faites les comparaisons qui s’imposent avec ce qui nous entoure : les politiques, les médias, l’enseignement, l’art-moderne, la double-pensée, l’automutilation de nos sociétés occidentales, la repentance de l’européen, la manière dont on traite les attentats islamistes qui n’ont rien a voir avec l’Islam tandis que l’on peut critiquer sans vergogne les autres religions, surtout le catholicisme (et pas plus tard qu’hier soir, a Berlin, on a encore eu un bel exemple), les zones de non droit que sont les banlieues, pourtant présentées comme une chance pour la France, l’intégration ou plutôt son échec, la manière dont les médias tapent sur la Russie tout en passant sous silence les méfaits du Qatar et de l’Arabie Saoudite, etc. Oui, finalement, au fil des pages, on se dit que ce que l’auteur affirme, ou plutôt, démontre puisqu’il ne fait que citer des faits avérés et publiés dans les médias, ce n’est pas si idiot ou insensé que cela, bref, que comme dirait l’autre, il y a bel et bien quelque chose de pourri au royaume de France… Alors certes, je ne doute pas que Laurent Obertone ait des idées bien a droite, et, quelque part, je m’en moque littéralement car ce qu’il dit dans ce livre, ce n’est, malheureusement, que la stricte vérité : on nous ment, on nous impose ce qu’il faut penser, dire ou ne pas dire et tout cela passe comme une lettre a la poste. Quand a ceux qui ne vont pas dans le sens de la morale officielle, eh bien, ils sont stigmatisés par les médias, jetés aux orties et traités de fascistes, un peu ce qui est arrivé au sieur Obertone finalement. Vous ne me croyez pas, vous me voyez tomber dans les griffes de l’extrême droite ? Eh bien, ouvrez un peu les yeux, sortez du monde des Bisounours et vous verrez que les choses sont plus compliquées que cela…


Points Positifs :
- Un ouvrage fort instructif sur notre société actuelle et sur les manipulations de masse. Certes, pour ceux qui voient depuis longtemps que les médias racontent souvent n’importe quoi, que les individus, les pays ou les religions ne sont pas traités de la même manière et que notre société occidentale est bel et bien pourrie, ce n’est pas une nouveauté, cependant, il est toujours intéressant de lire ce genre d’essais, subversif mais oh combien intelligent.
- Si vous avez lu 1984 de George Orwell, alors, vous serez aux anges vu qu’Obertone ne cesse de faire des références au chef d’œuvre de la dystopie. Le problème, cependant, c’est que si vous avez lu 1984, alors, vous comprendrez qu’on y est en plein dedans !
- Les parties sur les médias, l’enseignement et l’art moderne sont les plus intéressantes. Celle sur François Hollande est la plus drôle !

Points Négatifs :
- Présenté comme des monologues où un soit disant membre du Parti fait des révélations a Mr Moyen (vous, moi) lors de chaque chapitre, La France Big Brother peut déstabiliser par moments.
- Dommage qu’il y ait quelques répétitions par moments avec certains sujets qui reviennent sans cesse.
- Ayant été écrit avant les terribles attentats islamiques qui ont frappé l’Europe depuis deux ans, il ressort qu’il manque un chapitre a cet essai. Bien évidement, Obertone ne pouvait pas écrire avant que les événements n’aient lieux, cependant, vu comment médias et politiques traitent les attentats et leurs auteurs, je pense qu’il y avait de quoi faire !
- Si vous lisez un ouvrage de Laurent Obertone, vous devenez immédiatement un sale fasciste aux yeux de la société. Désolé, c’est comme ça !

Ma note : 7,5/10