vendredi 3 juin 2011

SUR LA TERRE DES GÉANTS


SUR LA TERRE DES GÉANTS

Bien avant l’apparition des dinosaures, d’étranges créatures, souvent cauchemardesques, hantaient les océans. Ce documentaire, aux images de synthèse de toute beauté, reconstitue un monde effrayant et méconnu. Sur la terre des géants s’arrête au début du Trias, juste avant l’avènement des dinosaures.

Séquence 1 -530 millions d'années - Cambrien

Alors que la Vie s'exprimait sous des formes rudimentaires jusqu'alors (bien qu'elle existe probablement depuis plusieurs milliards d'années), des créatures plus complexes apparaissent dans les mers. Certaines sont munies d'un squelette externe rigide composé de chitine, tels l'Anomalocaris, invertébré géant de deux mètres de long, et ses proies, les Trilobites, qui appartiennent à l'embranchement des Arthropodes (comme les insectes et les crustacés de nos jours). D'autres ont développé un squelette interne de cartilage, comme l'Haikouichtys ; cet animal de petite taille est le plus ancien poisson connu.

Séquence 2 -418 millions d'années - Silurien

Les poissons se sont développés, ont acquis des nageoires et ont développé leurs sens. Mais ils sont encore petits et faibles, et connaissent de terribles prédateurs, comme le Brontoscorpio, scorpion aquatique de 1 mètre de long. L'un d'eux prend en chasse un poisson Cephalaspis, avant de se faire lui-même capturé par un euryptéride Ptérygotus de 3 mètres de long ! Si l'atmosphère est pauvre en oxygène et peu propice à la vie animale, des plantes (comme Cooksonia, une sorte de mousse) s'installent déjà au bord de l'eau, et quelques animaux parviennent à remonter le cours des rivières.

Séquence 3 -360 millions d'années - Dévonien

Sur les marges des océans, des vertébrés se sont -partiellement- adaptés à la terre ferme. Ils ont acquis quatre pattes au lieu de nageoires, mais leur peau se déshydrate facilement, et, surtout, leurs œufs mous doivent se développer dans le milieu liquide: ce sont les batraciens. L'un d'entre eux, Hynerpeton, sorte de salamandre géante, est plus grand que tous les amphibiens actuels, avec la taille d'un crocodile. Mais, sous l'eau, milieu dont il dépend en partie, il craint de grands poissons prédateurs: les requins primitifs (Stethacanthus), et surtout le gigantesque poisson osseux Hyneria, de 5 mètres de long et 2 tonnes.

Séquence 4 -300 millions d'années - Carbonifère

La végétation s'est développée et la Terre est pour l'essentiel recouverte d'une forêt tropicale humide de fougères arborescentes, rendant l'atmosphère particulièrement riche en oxygène. Certains animaux sont moins dépendants de l'eau : les reptiles, avec une peau couverte d'écailles et des œufs à coquille rigide, sont apparus. Encore de petite taille, ils doivent combattre les arthropodes géants qui prolifèrent dans la forêt. La séquence débute avec l'apparition d'une araignée géante, Mesothelae, de la taille d'un ballon de football, qui dévore une couvée de Petrolacosaurus, petits reptiles à l'allure de lézards, avant d'en tuer un adulte. De retour à son terrier, elle se rend compte qu'il est inondé et part s'en creuser un autre en un lieu plus sec ; elle se fait voler sa proie par une libellule géante Méganeura, d'un mètre d'envergure, puis elle est dérangée par le mille-pattes Arthropleura de 2,5 mètres de long (le mille-pattes est ensuite tué par le batracien Proterogyrinus, proche de l' Hynerpeton de la précédente séquence), avant de trouver un lieu où creuser son nouveau terrier.

Séquence 5 -280 millions d'années - Permien inférieur

Le climat a changé; il est devenu plus sec, avec des saisons très marquées. Les plantes à graines (conifères) sont apparues ; plus résistantes au froid et à la sécheresse, elles remplacent les forêts de fougères du Carbonifère. Les arthropodes géants se sont éteints. Les reptiles prospèrent, et les premières espèces géantes sont apparues ; mais elles n'ont aucun rapport avec les dinosaures. Pour mieux résister aux écarts de température, elles ont mis au point un système de régulation thermique, au moyen d'étranges voiles membraneuses, parcourues de vaisseaux sanguins. Ces animaux bizarres, dits « reptiles mammaliens » auront pour descendants les mammifères. Parmi eux, le placide Edaphosaurus est un végétarien, qui vit en troupeaux. Il craint les assauts d'une espèce voisine, mais prédatrice, le Dimétrodon.

Séquence 6 -250 millions d'années - Permien supérieur

Les continents se sont réunis et forment la Pangée, dont le centre est un désert hyperaride, où ne survivent que des animaux hautement résistants. Le Scutosaurus, ancêtre des tortues pesant 1 tonne, est l'un d'entre eux; il peut survivre dans le désert grâce à son métabolisme lent, et à sa faculté de se priver d'eau et de nourriture pendant des mois. Un mâle solitaire de cette espèce est, au début de l'épisode, poursuivi et tué par un Gorgonopsien, reptile mammalien plus évolué que ces prédécesseurs, dont l'aspect évoque quelque peu celui des grands mammifères carnivores actuels. Cet animal règne sur un domaine de sable et de cailloux, au centre duquel se trouve une mare, précieuse pour les animaux en ce temps de sécheresse. Il ne le partage qu'avec les animaux qu'il ne peut capturer, comme le Diictodon, un autre reptile mammalien, mais de petite taille, au mode de vie fouisseur et aux allures de chien de prairie, et un batracien carnivore du groupe des Labyrinthodontes, le dernier de sa lignée, qui voit son domaine aquatique rétrécir de jour en jour sous l'effet de l'absence de pluies.

Séquence 7 -248 millions d'années - Trias inférieur

Le monde se remet de l'extinction de masse du Permien, les déserts reculent à nouveau devant les forêts. Plusieurs espèces de reptiles mammaliens ont survécu, et se développent à nouveau. Parmi celles-ci, le Lystrosaurus, grand animal à l'aspect d'hippopotame, présenté comme un descendant du Diictodon, qui vit en troupeaux nombreux. Malgré sa taille respectable et son comportement grégaire, ses déplacements sont périlleux du fait de plusieurs prédateurs qui chassent en embuscade, comme l' Ericiolacerta, un reptile mammalien carnivore, qui attaque les Lystrosaurus dans les ravins, et le Proterosuchus, un ancêtre des crocodiles, qui les guette dans les cours d'eau. Les ancêtres des dinosaures sont apparus, mais sont petits, tel Euparkeria, qui a un régime alimentaire à base d'insectes.

Après avoir, au mois de mars, débuter par Sur la Terre des dinosaures, puis poursuivis, en avril, par sa suite, Sur la Terre des monstres disparus, il était temps – après l’oubli du mois de mai – de conclure en beauté avec Sur la Terre des géants, dernier volet de la célèbre trilogie de documentaires consacrée a la préhistoire de la BBC ; oui, bon, je sais que ce n’est pas vraiment une trilogie puisque depuis, d’autres épisodes se sont vus greffés aux originaux mais peu importe, je m’en tiendrais a ces trois la. Ainsi, toujours avec mes enfants puisqu’a la base, ses achats avaient été effectués pour satisfaire leur gout – en particulier pour ce qui est du plus jeune – de la préhistoire, après avoir admirer (le terme me semble exact) les célèbres dinosaures puis les moins connus mais néanmoins spectaculaires mammifères géants de la mégafaune, il était grand temps de remonter encore plus loin dans le passé et de nous intéresser aux divers animaux qui ont peupler notre planète, des formes de vies les plus primitives jusqu’au tout début du Trias et l’ancêtre du dinosaure. Bref, un long, très long voyage dans notre passé qui ne pouvait que nous ravir.

Tout d’abord, il faut souligner le grand intérêt, peut être même supérieur aux deux autres documentaires, de ce Sur la terre des géants ; en effet, des reportages, des bouquins, des films sur les dinosaures, il en existe des tas et bien souvent, l’on frôle presque l’overdose, les mammifères qui les ont remplacer, c’est déjà un peu différent, ils sont moins connus pour la plus part mais même ainsi, ne serais ce que pour certaines espèces comme les mammouths, les tigres a dents de sabres ou le mégacéros, nous avons tous une image plus ou moins précise de ceux, en plus, la aussi, il n’est pas trop difficile de trouver matière a se documenter si on le souhaite. Par contre, pour ce qui est de la période précédant celle des dinosaures, on doit avouer que c’est bien souvent le flou total pour le grand public. Bien évidement, il y a le dimétrodon – que beaucoup confondent avec les dinosaures – voir le trilobite, de même, on sait qu’il fut un temps où des insectes géants vivaient sur notre planète (pour la petite histoire, le Carbonifère), mais c’est tout, ou presque : peu voir aucun reportages, idem pour les articles ou les bouquins où ils n’ont qu’une place trop souvent minime vis-à-vis des autres animaux de la préhistoire. Du coup, les premiers âges de notre planète apparaissent bien souvent comme étant assez obscurs et, a moins d’être un véritable passionné, la plus part d’entre nous ne savent pas grand-chose sur une faune et une flore pourtant tout aussi intéressante que celles qui suivit. Ainsi, rien que pour son coté éducatif, Sur la Terre des géants mérite amplement que l’on s’y attarde.

Bien évidement, tout n’est pas parfait dans ce documentaire et l’on pourrait regretter, comme ce fut le cas pour ses prédécesseurs, une trop grande mise en scène – mais bon, c’est le style des reportages animaliers modernes – voir une dramatisation des événements a outrance ; de même, quelques approximations scientifiques sont notables, et la, c’est un peu plus grave comme celle de l'araignée Mesothelae, dont le fossile, initialement attribué à cet animal, s'est avéré être celui d'un euryptéride ou scorpion marin. A la décharge de la BBC, il faut tout de même signaler que ces approximations sont dues a des découvertes postérieures au documentaire et qu’il est, surtout en paléontologie, fort difficile de créer une œuvre dans ce genre qui n’apparaisse pas comme étant partiellement erronée quelques années plus tard ; un exemple, les livres sur la préhistoire, pour en lire depuis trente ans, je peux vous assurer que des erreurs, il y en a sur les plus vieux, ce qui ne signifie pas que les plus récents détiennent la vérité absolue, bien au contraire.

Quoi qu’il en soit, et malgré quelques petits défauts qui ne nuisent en rien a la qualité de l’ensemble, Sur la terre des géants est un excellent documentaire, dans la lignée de ses deux prédécesseurs, qui plaira aux amateurs du genre, qui passionnera et émerveillera les plus jeunes (des vocations futures ?) et qui sait, intéressera peut être le néophyte. Des images superbes, des animaux étonnants et plus vrais que nature que l’on n’est pas habitué à voir sur nos écrans et un plaisir de bout en bout tout au long de cet excellent documentaire que je recommande, bien évidement, vivement aux amateurs de la préhistoire.

mercredi 1 juin 2011

THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - IV


THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - IV

Le monde est en pleine déliquescence, une épidémie frappe la population et transforme les gens en zombies qui attaquent sauvagement le reste de la population ! Menée par Rutile, une bande de baladins parcourt le monde, tentant de réaliser des miracles grâce à leur musique… Mais cela a-t-il encore un sens ? Revenus de force à la Cour de la Reine, Rutile et sa troupe tentent désormais d’échapper à l’inique dictatrice ! Mais face à tant d’indépendance, cette dernière s’emporte et décide de sévir. Voilà que les membres de l’Orchestre Royal sont recherchés comme de vulgaires criminels.

Je sais pertinemment que bien souvent, la vision que l’on peut avoir d’une œuvre peut être biaiser par l’enthousiasme que l’on ressent en la découvrant et que, lorsque l’on revient dessus par la suite – quelque soit le temps écoulé – notre avis peut alors s’en trouver légèrement moins positif et l’on peut apercevoir quelques défauts qui nous avaient échapper de prime abord. Bien évidement, cela n’arrive pas toujours ; après tout, certaines œuvres sont franchement bonnes et l’on ne s’en lasse pas, mais quoi qu’il en soit, c’est un fait qu’il ne faut pas négliger. Mais alors, qu’en est-il de ce Royal Doll Orchestra de la magicienne Kaori Yuki ? Sincèrement, et alors que je viens de lire le quatrième tome de ce manga, mon avis n’a toujours pas changer a son sujet : c’est du tout bon. Bien évidement, ce n’est pas non plus un chef d’œuvre absolu, bien évidement, si je devais faire un choix, je préfèrerais encore Angel Sanctuary, cependant, comment ne pas s’enthousiasmer pour cette histoire où dans un monde que l’on pourrait presque qualifier de post-apocalyptique – lorsque une bonne partie de la population mondiale est ou sera contaminer par un virus mortel qui la transformera en marionnettes/zombies, je pense que ce qualificatif me semble juste – une bande de musiciens paumés, pour la plus part porteurs d’un très lourd passé, errent dans le but… oui, justement, dans quel but ? Jouer de la musique pour apporter un peu d’espoir aux rares survivants ? Essayer, pour Rutile, de sauver sa sœur – la Reine – d’elle-même ? Voir, tout bonnement, en finir avec cette malédiction ? Un peu de tout cela a la fois. Ainsi, et même, comme je l’ai déjà dit lors des critiques des tomes précédant, même si tout cela finalement n’est guère original (il suffit de remplacer les guignols par des zombies si vous voyez ce que je veux dire), que les protagonistes ont un petit air de vu et de déjà vu et que les situations sont assez convenues dans l’ensemble, force est de constater que Miss Kaori Yuki s’est suffisamment bien débrouillée pour nous offrir néanmoins une série captivante, auquel on a du mal a décroché une fois lancé dans sa lecture ; bref, une bonne série qui, je pense, survivra au passage du temps.

Mais alors, ce quatrième tome ? Et bien, j’ai à la fois pas mal de choses à dire et rien du tout. Rien car je ne vais pas revenir pour la énième fois sur la qualité des dessins, du scénario, du découpage des planches dynamiques, la beauté des personnages, des décors, les multiples rebondissements de l’intrigue etc. Pas mal de choses parce que bon, tout de même, cette critique est réservée au quatrième volume de cet Orchestre Royal de Guignols et qu’il faut bien que j’en dise quelque chose, n’est ce pas ? Surtout que, et je m’en tiendrais a l’histoire, celui-ci le mérite amplement. Ainsi, après m’être lamenter lors de la critique du tome deux du fait que les compagnons de Rutile soient sous exploités, j’avais eu la joie – oui, je ne m’en cache pas – de voir l’un d’eux, plus précisément, le silencieux Gwindel (autrefois sculpteur légèrement fou sur les bords) mis a l’honneur. Et dès le début de ce tome quatre, dans le court chapitre intitulé Stigmate, c’est le second, le fougueux et brutal Kohaku de nous révéler son passé, ce qui était tout de même temps quand on n’y pense. Forcement, en apprendre plus sur ces deux personnages jusque la mystérieux ne peut que faire plaisir aux lecteurs qui n’attendaient que ca, ce qui est dommage, c’est qu’ensuite, ceux-ci retournent presque a leurs rôles de quasi figurants. D’ailleurs, selon moi, c’est le gros point noir de ce Royal Doll Orchestra ; bien évidement, Rutile a tendance a tout écraser par sa présence charismatique, quant a Eles, celle-ci apparaît presque plus que celui-ci, ce qui, quant on ajoute a cela le fait que les personnages ponctuels en imposent également mais aussi que d’autres, comme Berthié, par exemple, voir Spinelle occupent une place non négligeable, la place restante pour nos deux compères, Kohaku et Gwindel s’en trouve forcement réduite ; il y a du mieux, indéniablement, mais cela ne m’empêchera pas de me dire que ces deux la n’en sont pas moins sous-exploités. Au moins, dans Angel Sanctuary, Kaori Yuki avait su développé toute une foule de personnages secondaires, leur accordant l’importance qu’ils méritaient. Ce n’est pas le cas ici, mais il faut, pour sa décharge, souligner qu’il est plus facile de développer ses personnages (mais aussi son monde, l’intrigue etc.) sur vingt tomes que sur cinq.

Pour le reste, cet album, bien évidement toujours aussi bon comme ses prédécesseurs, verra Rutile et ses compagnons, désormais devenus fugitifs, aux prises avec le Sénat et ses inquiétants membres dans Quatuor mosaïques, et se préparer pour le final, alors que la révolte gronde et que l’inquiétant Berthié fait des siennes, dans Le chant d'amour du troubadour, chapitre qui aura sa conclusion dans le cinquième et dernier tome. Révélations, amour, coups de théâtres, drames (attendez les dernières pages, l’un des protagonistes y passe visiblement, enfin, je ne vois pas comment il peut survivre), ce quatrième tome du Royal Doll Orchestra, fidèle a ses prédécesseurs, est de fort bonne qualité, et, bien évidement, ne donne qu’une seule envie, découvrir la suite ! Sauf que cette fois ci, il va falloir patienter un peu puisque je ne me suis pas encore procurer ce fameux cinquième tome…

THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - III


THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - III

Le monde est en pleine déliquescence, une épidémie frappe la population et transforme les gens en zombies qui attaquent sauvagement le reste de la population ! Menée par Rutile, une bande de baladins parcourt le monde, tentant de réaliser des miracles grâce à leur musique… Mais cela a-t-il encore un sens ? Ayant fui la capitale, Rutile et sa troupe trouvent refuge au couvent de Vienne. Il s’agit en fait d’y entrer incognito car la rumeur court qu’en son sein, se trouverait le fameux Oratorio Noir que recherche si désespérément Rutile… Mais la Reine le laissera-t-il vraiment agir à sa guise ?

Nous avions laissé, a l’issu du deuxième volume du Royal Doll Orchestra, Rutile en assez mauvaise posture face a son ancien pianiste, l’inquiétant et fantasque – il porte un masque de chat – Berthierite qui avait été laissé pour mort quelques années auparavant. C’est donc sur les chapeaux de roues que débute ce troisième tome avec la conclusion tant attendue (enfin, personnellement, je n’aurais attendue que cette nuit mais bref) de Tragédie lyrique, le plus long chapitre jusqu'à présent de la série avant que l’on passe au plat principal, si vous me permettez l’expression, Ma chérie – trois parties également – qui compose le gros de cet album. Bref, si j’avais put émettre quelques petites réserves quant au second volume de cet Orchestre royal de guignols, force est de constater que cette fois ci, tout est parfait, ou presque, et ce, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Bien évidement, il m’est difficile, au bout de trois volumes, de trouver quelque chose à ajouter a la qualité intrinsèque de cette œuvre vu que celle-ci n’a pas bougé d’un iota, se maintenant a un haut degré de satisfaction pour l’amateur du genre. Ainsi, tant dans les dessins que pour son scénario, ce troisième tome, dans la ligne droite de ses prédécesseurs, nous entraine toujours plus loin dans les méandres d’une intrigue qui va en se complexifiant et l’on sent que Kaori Yuki s’en donne a cœur joie, en particulier avec ses personnages dont elle se plait a accentuer au maximum leur ambigüité, leur travestissement au point que l’on ne sait plus si une femme ne se cacherait pas derrière un homme voir l’inverse. Alors, a chaque nouvelle « tête », impossible ou presque de ne pas se demander si l’on peut être sur a cent pour cent de l’identité sexuelle de celle-ci, ce a quoi s’ajoute, bien évidement, faux semblants puisque, en plus d’avoir un gout certains pour le travestissement, les personnages de Kaori Yuki adorent jouer les espions, se cacher derrière des masques, en gros, tromper son monde. Mais le plus drôle, c’est que ca marche ; certes, on pourrait se lasser mais cela n’arrive jamais, malgré des rebondissements parfois convenus et des situations un peu tirées par des cheveux. Car la grande force de ce Royal Doll Orchestra, c’est tout de même son intrigue, captivante au possible et ce, même si finalement, elle n’est pas si originale que l’on pourrait le croire de prime abord. Je me plaignais – a juste titre – du manque d’utilisation des compagnons de Rutile – celui-ci omniprésent – jusque la, cette fois ci, je vais en avoir pour mon argent puisque l’un d’eux, Gwindel, révèle enfin son lourd, très lourd passé, bien plus sombre, accessoirement, que je ne l’aurais penser au départ. Et comme en plus, on en apprend un peu plus a la fois sur celui de Rutile, sur ses relations passées avec Spinelle – que nous avions vue dans le premier volume – ainsi que sur ce fameux virus qui transforme la population de ce monde en marionnettes, force est de constater que ce troisième volume du Royal Doll Orchestra est plus qu’a la hauteur.

Pour une fois, j’ai été plus bref que d’habitude dans une critique, mais bon, je dois reconnaître qu’il est difficile de ne pas se répéter quant on se retrouve devant plusieurs volumes d’une même œuvre a la suite. Du coup, celle de ce troisième volume du Royal Doll Orchestra est plus courte qu’en temps normal mais cela n’enlève en rien à la qualité de celle-ci. Kaori Yuki nous a décidément offert la une très bonne série, suffisamment captivante pour nous tenir en haleine et avec des personnages et des intrigues qui ne donnent qu’une seule envie, découvrir la suite. Ca tombe bien, je vais m’y atteler rapidement justement.

mardi 31 mai 2011

THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - II


THE ROYAL DOLL ORCHESTRA - II

Le monde est en pleine déliquescence, une épidémie frappe la population et transforme les gens en zombies qui attaquent sauvagement le reste de la population ! Menée par Rutile, une bande de baladins parcourt le monde, tentant de réaliser des miracles grâce à leur musique… Mais cela a-t-il encore un sens ? Alors qu’il fait route vers un nouveau hameau, l’orchestre de Rutile est intercepté par un groupe de personnes disposant également d’un pouvoir. Il s’agit du véritable Orchestre Royal, Rutile ayant déserté la cour plusieurs années auparavant. Ils viennent le chercher pour le ramener à la capitale car après les événements qui ont secoué le village de Toussaint, Rutile doit rendre des comptes à la Reine en personne…

Nous voila déjà au deuxième volume de la nouvelle création de Kaori Yuki, The Royal Doll Orchestra dont je vous aie parlé du premier tome il y a un peu plus d’une semaine. Bien évidement, et ceux qui auraient lu ma précédente critique le savent déjà, j’avais été assez enthousiasmé par cette nouvelle œuvre de la créatrice de ce qui restera a jamais comme étant l’un de mes mangas préférés, Angel Sanctuary, et la lecture de premier volume m’avait conforter sur ce que je pensais des indéniables talents de dame Kaori Yuki ; ainsi, tant par ses scénarios tordus au possible, ses personnages ambigus et tourmentés et ses dessins, souvent superbes, a la fois simples et compliqués, a la fois dépouillés et fourmillant de détails, ce fut donc avec un plaisir non dissimulé que je retrouvais cet auteur, plusieurs années après l’avoir quitter. Et ce premier volume de The Royal Doll Orchestra, malgré un scénario pour le moins curieux – dans un territoire plus ou moins indéterminé, même si inspiré de la France du XVIIème siècle, un virus frappe la population transformant celle-ci en marionnettes, les fameuses poupées du titre – et quelques protagonistes qui sont tout de mêmes assez stéréotypés, force est de constater que celui-ci m’avait grandement plu et j’avais hâte de découvrir la suite.

Et bien, je ne vais pas tourner plus longtemps autour du pot et encore moins m’attarder inutilement puisque tout ce que j’ai put dire, en bien comme en mal (même si je n’ai pas dit énormément de choses de négatifs lors de ma première critique) pour le tome un de The Royal Doll Orchestra est parfaitement valable pour cette suite. Et après tout, est ce vraiment une surprise ? Franchement, non. Surtout pour ce qui est des mangas. Les habitués ne me contrediront pas, les albums tels quels que l’on est habituer à lire dans nos vertes contrées ne sont que des assemblages d’histoires parues, au Japon, de façon hebdomadaire ou mensuelle, ainsi, avant qu’elles ne soient regroupées en un certain nombre de tomes, suivant l’importance de l’œuvre. Forcement, dès lors, les différences entre albums sont minimes et si, sur de longues sagas, il peut avoir évolution graphique entre les premiers volumes et les derniers, c’est plus rare dans les œuvres plus courtes, comme c’est le cas avec The Royal Doll Orchestra. Du coup, que dire de plus, que pourrais-je ajouter à la critique de ce deuxième volume qui ne serait pas une réédite ? Que parfois, dans certaines planches, le style de Kaori Yuki fait un peu fouillis et que l’on a du mal a tout comprendre – accessoirement, c’était déjà le cas avec Angel Sanctuary – effectivement, c’est le cas et d’ailleurs, c’est la le seul point faible graphique que je pourrais souligner vis-à-vis d’un auteur que j’apprécie ; mais vu que dans l’ensemble, c’est tout de même souvent magnifique (quand on aime le style), on passera facilement sur ce défaut mineur. Reste alors bien évidement l’intrigue en elle-même, qui elle, bien évidement, évolue et là, il y a déjà de quoi dire : si dans le premier volume, Miss Kaori Yuki installait son univers et ses protagonistes, force est de constater que celle-ci n’avait pas entièrement finie cette mise en place. En effet, des le premier chapitre intitulé Sa majestée la Reine et son fou (toujours diviser en deux parties), de nouveaux personnages font leur apparition, la Reine – forcement – mais aussi le cousin de celle-ci qui s’avère être également celui de Rutile ; et oui, notre mystérieux chanteur androgyne s’avère être le frère de la Reine. Ainsi, ce premier chapitre de ce deuxième tome a son importance puisque l’on en apprend un peu plus sur Rutile, sur sa famille et son passé, forcement pas très clair. Et si, comme on s’en doute, cela a son importance pour l’ensemble de l’œuvre, curieusement, je l’ai trouvé légèrement inférieur a ce que j’avais lu jusqu'à maintenant ; non pas que cela soit rater en soit mais j’ai moins accroché, pourtant, une telle révélation avait son importance. Heureusement, dès le chapitre suivant, Tragédie lyrique, la série repart sur les chapeaux de roues avec une enquête dans un mystérieux couvent où des nonnes sont retrouvées assassinées. Personnellement, j’ai trouvé cette deuxième partie franchement excellente, les protagonistes sont à la fois inquiétants et attachants, on se demande bien ce que cache ce couvent avec cette Mère supérieure trop souriante pour être honnête et cette sainte sœur pour le moins inquiétante ; de plus, Kaori Yuki s’en donne a cœur joie dans l’une de ses activités favoris : le travestissement de ses personnages ; entre un Rutile qui se plait décidément beaucoup en femme et la jeune Eles – personnage féminin elle – qui ne se complait qu’en garçon et se retrouve mal a l’aise en jupe, c’est un vrai plaisir que de suivre le duo dans des situations pour le moins cocasses. Mais Tragédie lyrique voit également entré en scène de nouveaux protagonistes : tout d’abord, les mystérieux membres du Sénat qui se prétendent vieux tout en ressemblant à des enfants et le pour le moins dangereux ancien pianiste de l’orchestre de Rutile, une espèce de psychopathe portant un masque de chat (non, je ne blague pas). Bref, tout serait parfait – en plus, ce tome se conclut par un magnifique et inquiétant cliffhanger – si je ne trouverais a redire quant au fait que les deux compagnons de Rutile soient si peu utilisés jusqu'à maintenant ; sincèrement, on peut se demander a quoi ils servent ?

Pour être bref, la qualité est toujours au rendez vous dans ce deuxième volume de The Royal Doll Orchestra, bien évidement, l’élément de surprise n’est plus la mais Kaori Yuki réussit encore a maintenir l’intérêt de son histoire par l’apparition de nouveaux protagonistes dont certains tout bonnement hauts en couleurs ainsi que par une histoire suffisamment captivante et pleine de rebondissements – ainsi que de très lourds secrets cachés – qui ne peut que ravir le lecteur. Bien évidement, il y a quelques défauts comme la quasi absence des fameuses marionnettes zombies et des compagnons de Rutile mais cela n’enlève rien a une œuvre, pour le moment, de fort bonne qualité.

mardi 24 mai 2011

LE LABYRINTHE DE LA MORT


LE LABYRINTHE DE LA MORT

Conçu par l'esprit diabolique du baron Sukumvit, le Labyrinthe de la Mort est truffé de pièges mortels et peuplé de monstres assoiffés de sang. D'innombrables aventuriers ont tenté avant vous de relever le défi de l'Épreuve des Champions. Ils ont franchi l'entrée du Labyrinthe et n'ont plus jamais reparu. Et VOUS, oserez-vous y entrer ? Vous serez l'un des six combattants sélectionnés cette année pour affronter les périls du Labyrinthe. Un seul d'entre vous gagnera peut-être, et les autres succomberont. Qui sera cet éventuel vainqueur ? Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


Le Labyrinthe de la Mort
Série : Défis Fantastiques n°6
Auteur : Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Iain McCaig
Illustrations intérieures : Iain McCaig
Titre original : Deathtrap Dungeon
Traduction : Patricia Marais
Année de l’édition Anglaise : 1984
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : Alors là, attention, chef d’œuvre ! Enfin, a mes yeux. En toute sincérité, et même avec une certaine émotion, je dois reconnaître que Le Labyrinthe de la Mort est l’un de mes Livres dont vous êtes le héros préféré, si ce n’est, tout bonnement, mon préféré ; déjà, ce fut mon premier, et ce genre de détails, vous le savez bien, joue fortement sur les émotions que l’on peut ressentir mais aussi sur notre avis sur une œuvre, mais quoi qu’il en soit, et presque trente ans après l’avoir acheter, découvert, essayer encore et encore jusqu'à en venir a bout puis le refaire encore et encore, je ne peut que constater que Le Labyrinthe de la Mort, pour moi, représente plus qu’un simple Livre dont vous êtes le héros ; car si d’autres titres lui sont supérieurs, et je pense là a la série Sorcellerie !, le fait qu’il ait été mon premier LDVELH, sa qualité intrinsèque, son ambiance, ses pièges, ses monstres, sa difficulté, bref, tout cela fait que, pour moi, il ait autant de valeur qu’un véritable roman. C’est donc avec une certaine fierté, et une émotion que je ne dissimule pas, que je vais vous parler de ce fameux Labyrinthe qui a fait suer et enchanter toute une génération d’amateurs. Sixième titre de la saga des Défis Fantastiques, Le Labyrinthe de la Mort, œuvre d’Ian Livingstone, l’un des cofondateurs de la série avec Steve Jackson, nous entraine donc dans une formidable aventure qui a fait beaucoup pour la renommée du genre dans les années 80. Avec sa trame d’une banalité confondante – un baron a construit un labyrinthe souterrain, peuplé de monstres et de chausse-trappes, chaque année, des candidats se portent volontaires pour le traverser lors de l’Epreuve des Champions. Une bourse de 10 000 pièces d’or est le prix de cet exploit que nul, forcement, n’a jamais réussi a accomplir – et qui pourrait faire sourire cyniquement les plus blasés, Le Labyrinthe de la Mort est tout simplement une réussite quasiment parfaite de ce qu’est un excellent livre-jeu ; œuvre typique de Livingston, il en possède du coup toutes les qualités mais aussi les défauts, en particulier, pour les moins patients d’entre nous, ce que l’on nomme, dans le jargon des fans des LDVELH, le « one true path », c'est-à-dire, le chemin unique, ce qui signifie en gros que si vous avez le malheur, ne serais ce qu’une seule fois de vous tromper de chemin, de ne pas ouvrir telle porte ou de ne pas faire ce qu’il faut, et ben, c’en est finis de vous. Et ce fameux système dont use et abuse le sieur Livingston dans ses productions, pourtant si rébarbatif dans pas mal de titres, fonctionne ici à merveille : tout d’abord, nous sommes dans un labyrinthe, et même si on ne s’y perd pas, disons que le one-true-path en est justifié ; ensuite, indéniablement, cela pousse le lecteur/joueur a essayer, encore et encore, faisant fit des morts et des échecs successifs, jusqu'à que, finalement, au bout d’un nombre incalculables d’essais, il ne vienne a bout de ce fichu labyrinthe. Et là, même avec le temps et les décennies, jamais je n’oublierais la sensation de bonheur absolu que j’ai put ressentir quant j’ai enfin réussi à sortir du Labyrinthe du Baron Sukumvit ! Bigre, j’en aurai presque la larme a l’œil… Mais arriver là, une petite précision s’impose : le one-true-path, cela peut vite devenir agacent pour ne pas dire énervant et, bien souvent, c’est un gros défaut (au point que souvent, j’ai abandonné certains autres titres) et ce qui sauve Le Labyrinthe de la Mort, c’est tout simplement sa qualité. Cependant, il est parfois curieux de constater comment avec des idées assez simples – ici, l’exploration d’un labyrinthe jugé imprenable, par nous, c'est-à-dire, un banal guerrier comme le genre héroïco-fantastique nous en livre des tonnes – l’on peut se trouver avec ce que j’appellerais un chef d’œuvre du genre. Bien évidement, et je vous l’ai déjà dit, d’autres LDVELH sont supérieurs a ce Labyrinthe de la Mort, ce fait est indéniable, pourtant, dans sa partie, celui-ci est inoubliable et apparaît en haut des préférences, ou du moins fort bien placé, pour bon nombre des lecteurs qui s’y sont attelés. Cela est dut, bien évidement, a ses qualités, plus qu’a son style sur lequel, comme on a vu, on pourrait trouver a redire, et ces mêmes qualités, que cela soit son ambiance – une pure merveille – ses descriptions des lieux que l’on parcourt – l’on se croirait presque dans ce fameux Labyrinthe – la tension, souvent palpable – au point que, devant un choix de chemin, d’action ou autre, on en tremblerait presque – ses créatures, nombreuses, variées mais aussi assez balèzes lors des combats – entre la Manticore, la superbe Bête Sanguinaire qui illustre l’ouvrage, le Tyrannosaure, le Démon des Miroirs et bien d’autres, il y a de quoi faire – la complexité des pièges, souvent mortels – Livingston a dut s’en donner a cœur joie – et même, un certain coté parfois dramatique – comme le duel fratricide contre Throm le Barbare – quant aux illustrations, elles sont tout bonnement excellentes faisant pour beaucoup pour la qualité de l’ensemble – œuvres d’Ian McCaig, elles méritent amplement le détour – il est donc indéniable, avec tout ceci, que Le Labyrinthe de la Mort a tout pour lui. Alors oui, il n’est pas facile, oui, ce n’est qu’un one-true-path et oui, mille fois oui, d’autres LDVELH sont plus originaux, meilleurs etc. mais même ainsi, presque trois décennies après l’avoir fait pour la première fois – et accessoirement, m’être fait tuer, si ma mémoire est bonne, en mangeant des champignons (vachement héroïque comme mort) – ce fut encore un énorme plaisir que de l’avoir refait. Bien évidement, cela fait longtemps que je ne me souvenais plus de l’ordre exact des paragraphes où aller pour en venir a bout (et oui, je le connaissais par cœur) et j’ai eu un peu de mal a un moment donné mais même ainsi, j’en suis, pour la énième fois, venu a bout, et le plaisir, s’il ne fut pas aussi intense que lorsque j’étais adolescent, n’en fut pas moins grand. Personnellement, avec Le Labyrinthe de la Mort, Ian Livingston a probablement créé ce qui restera comme son meilleur Livre dont vous êtes le héros, une œuvre culte pour beaucoup, une parfaite réussite, et, a mes yeux, une pure merveille, tout simplement.


Points Positifs :
- Sans discussion possible la plus belle réussite d’Ian Livingstone puisque, dans Le Labyrinthe de la Mort, même ses défauts (chemin unique, objets à trouver dont une bonne partie inutile, etc.) trouvent leur justification. Ce labyrinthe est mortel, personne n’a jamais réussi à en ressortir et vous allez rapidement comprendre pourquoi.
- Point de vu ambiance, vous allez être gâtés et assez rapidement, vous ressentirez toute la dangerosité des lieues, vous tremblerez devant les multiples pièges mortels, vous serez marquer a jamais par certaines scènes mémorables et, accessoirement, affronterez des adversaires tout bonnement cultes !
- Pendant un moment, on est accompagné d’un autre candidat, un barbare, et sa mort marque les esprits.
- Manticore, Tyrannosaure, Bête Sanguinaire, Démon des Miroirs, etc. Non mais quel bestiaire !
- Illustrateur régulier des débuts de la série, Iain McCaig se transcende et livre des dessins de toute beauté.
- Une couverture tout simplement culte !
- Oui, je sais, ce fut mon premier LDVELH, alors, il y a ce petit coté nostalgique…

Points Négatifs :
- On n’échappe malheureusement pas aux traditionnels défauts du genre et oui, c’est tout de même idiot de ne pas pouvoir faire marche arrière et revenir sur ses pas, de plus, il s’agit d’un terrible one-true-path, ce qui signifie, vous l’avez compris, que si vous vous écartez ne serais-ce qu’une fois du bon chemin, s’en est finis de vous !
- Bien évidement, scénaristiquement, c’est plus que basique : entrer dans un labyrinthe et en sortir.

Ma note : 9/10

LA CITÉ DES VOLEURS


LA CITÉ DES VOLEURS

La terreur s’est abattue sur la ville de Silverton depuis que Zambar Bone et ses Chiens de Lune, assoiffés de sang, y exercent leurs méfaits. Les paisibles marchands de la cité ont besoin d’aide et c’est VOUS, l’aventurier intrépides, qu’ils vont appeler à la rescousse. Votre mission vous conduira au long des rues sombres et sinueuses du Port-du-Sable-Noir où les créatures de la nuit guettent dans l’ombre le voyageur imprudent. Et si vous parvenez à traverser la ville, vous devrez alors affronter l’infâme Zambar Bone lui-même, retranché dans sa place forte… Deux dés, un crayon et une gomme sont les seuls accessoires dont vous aurez besoin pour vivre cette aventure. VOUS seul déciderez de la route à suivre, des risques à courir et des créatures à combattre. Bonne chance…


La Cité des Voleurs
Série : Défis Fantastiques n°5
Auteur : Ian Livingstone
Illustration de la couverture : Iain McCaig
Illustrations intérieures : Iain McCaig
Titre original : City of Thieves
Traduction : Janine Hérisson et Henri Robillot
Année de l’édition Anglaise : 1983
Sortie de l'édition Française : septembre 1984
Edition Française : Editions Gallimard (Folio Junior)
Nombre de paragraphes : 400

Mon avis : Nous voilà déjà au cinquième tome des Défis Fantastiques et après être parti, a deux reprises, tuer un méchant sorcier dans des souterrains/forteresse dans les deux premières aventures, s’être balader dans une foret pas si maléfique que le titre pouvait le laisser penser afin de retrouver le marteau de guerre des nains, puis, pour finir, faire un saut dans le futur le plus lointain pour jouer a Star Trek, voici que le sieur Ian Livingstone, aussi surnommé « l’homme qui écrit toujours le même livre » nous revient pour son deuxième opus en solo avec, cette fois ci, une nouvelle innovation apparente puisque dans La Cité des Voleurs, comme son nom l’indique, l’aventure aura lieue en milieu urbain. Grande première donc pour un Défis Fantastiques de pouvoir enfin visiter une ville, qui plus est, fortement mal famée comme on nous annonce ce qui ne peut qu’allécher le lecteur friand de nouveautés. Sauf que, hélas, cela ne sera pas entièrement le cas. Mais procédons dans l’ordre… Tout d’abord, force est de constater que nous avons droit, avant même l’ouverture du livre, a une superbe illustration de couverture, signée par un Ian McCaig en grande forme. Certes, on pourrait trouver celle-ci fortement aguichante, avec ce squelette portant une faux en premier plan – le grand méchant du jour, Zambar Bone en personne –, le Port-du-Sable-Noir derrière, et accessoirement, ce n’est pas entièrement faux ; cependant, elle n’en reste pas moins assez réussie en soit et laisse présager deux choses : premièrement, une grande aventure (chose que l’on attend encore depuis le premier tome des LDVELH), deuxièmement, un grand méchant charismatique en diable (bon, pour ca, Balthus était pas mal). Rassurez vous, ou plus tôt, désespérez vous, on n’aura ni l’un, ni l’autre ! C’est assez brutal dit comme cela, dès le début de cette critique, certes, je ne le nie pas, mais après tout, a quoi bon tourner autour du pot ? Et puis, pour la défense de cette Cité des Voleurs, tout n’est pas à jeter non plus dans ce titre non plus. Disons qu’il est en-deçà de nos espérances, malheureusement. Pourtant, ça commençait bien puisque, une fois admirer la belle couverture, l’introduction de Livingstone est, comment dire, vraiment bonne ; longue, bien écrite, certes pas génial en soit ou franchement originale, je l’accorde, mais celle-ci lance bien l’aventure et a ce moment là, on n’a qu’une seule hâte, débuter l’aventure au plus vite. Ça tombe bien, c’est un Défis Fantastique première génération tout ce qui a de plus basique, sans ajout de nouvelles règles (comme dans La Galaxie tragique par exemple ou dans d’autres titres à venir) a maitrisé et sans transition, on arrive au paragraphe 1. Et, assez rapidement, une fois pénétrer dans la ville, on se rend compte qu’au bout de cinq volumes, les choses n’ont toujours pas changé pour ce qui est de la structure de jeu : en effet, après avoir dut avoir a choisir entre le couloir de droite ou celui de gauche – avec possibilité d’ouvrir ou non une porte – puis, le sentier de droite ou celui de gauche – avec possibilité de jeter un œil dans une clairière ou dans une cabane – puis, pour finir, de choisir entre la planète de droite et celle de gauche – et de s’y poser ou pas – voila que Livingstone nous offre le magnifique choix entre la rue de droite et celle de gauche – avec, soyons fous, celle du milieu – et, bien évidement, la possibilité de rentrer, ou pas, dans des habitations et autres boutiques. Et comme depuis cinq volumes désormais, certains choix seront judicieux, d’autres non ; et comme depuis cinq volumes, on ne peut toujours pas retourner en arrière (pourtant, dans une ville, lorsque je me ballade, je vais où bon me semble). Pour quelle raison ? Parce que ! Et puis c’est tout. Bon, a la rigueur, on se dit que c’est les débuts des Défis Fantastiques, que tout n’est pas encore au point et que les améliorations seront à venir (on en reparlera avec Livingstone), ce qui n’est pas entièrement faux, alors, plein de courage et d’enthousiasme, on se lance dans l’exploration de cette fameuse Citée des Voleurs, cet antre de coupes jarrets, de malfrats, d’assassins et de trafiquants en tout genre, s’attendant du coup au pire et, au bout de quelques paragraphes, on commence a se poser des questions : « euh, ca a l’air un peu tranquille tout de même ». Certes, suivant le chemin que l’on choisit au départ, j’exagère un peu, mais pas tant que ca car question ambiance, on ne peut pas dire que cette première partie nous donne véritablement l’impression de risquer notre peau dans une ville de malfrats. Et puis, subitement, après n’avoir rien fait d’exceptionnel, voila que l’on arrive a un pont et que, sous celui-ci, on trouve tout de suite le fameux et puissant sorcier Nicodème ! Ah, Nicodème, encore un exemple type des sorciers de Titan (un peu comme Yaztromo), capable de nous transformer en grenouille d’un simple geste du doigt, mais incapable de lever son postérieur pour aller botter les fesses au grand méchant de service. Car bien évidement, mais je pense que vous l’aviez deviné, ce rôle nous incombera et ce bon vieux Nicodème se contente juste de nous annoncer ce qu’il faut faire pour vaincre le puissant Zambar Bone : trouver une liste d’objets indispensables sinon c’est la mort, comme dans tout bon vieux Livingstone, et parmi ceux-ci, cela va du truc le plus débile – les cheveux d’une sorcière – au plus ridicule – le tatouage d’une licorne sur le front – en passant, a la rigueur, par le seul qui soit crédible – la flèche d’argent – et, forcement, voilà que l’on comprend tout de suite que, désormais, c’en est finis de la petite ballade tranquille dans les rues car, une fois de plus, nous voila partis pour un bon vieux one-true-path des familles. Et forcement, cela se corse un peu. Bien évidement, pas pour ce qui est des combats, en toute franchise, ceux-ci, pour peux que vous ayez des caractéristiques convenables ne vous poserons guère de problèmes pendant les trois quarts du livre puisque seuls les tous derniers adversaires sont assez costauds. D’ailleurs, le fait d’avoir a se taper une flopée de rats, lutins et autres serpents a 4 ou 5 d’habileté m’aura plus ennuyer qu’autre chose, mais bon. Pour ce qui est de la difficulté, celle-ci vient forcement que, une fois Nicodème découvert, il faille ensuite retrouver ses fameux objets et là, comme tout amateur le sait, un seul mauvais choix d’orientation peut être fatal quant à la réussite finale. Pourtant, force est de constater que ces fameux objets obligatoires ne sont pas très difficiles a trouver et, que pour certains, il faut vraiment faire exprès pour passer a coté – je pense surtout au tatoueur et au jardin botanique – ainsi, il ne devrait pas être trop difficile de quitter la ville avec tous les ingrédients nécessaires. Pour la petite histoire, j’ai eu un coup de bol monumental puisque en le refaisant hier soir, j’ai trouvé le bon chemin du premier coup alors qu’en toute sincérité, j’ai presque avancé au pifomètre, ainsi, fort de mes trois objets – cheveux de sorcières, perles noirs et fleur de lotus –, de ma flèche d’argent et de mon tatouage à la con sur le front (non mais, et on accepte une telle honte, comme ca, sans réfléchir !?), j’ai quitter Port-du-Sable-Noir confiant, tout en me demandant finalement en quoi cette ville portuaire avait de véritablement dangereux. Certes, la rencontre finale avec les deux gardes trolls est vraiment bien (miracle, des adversaires qui m’ont posé des problèmes) mais elle arrive un peu trop tard dans l’intrigue et ne peut m’empêcher de me dire que, décidément, Livingstone aurait put approfondir l’ambiance d’une ville qu’on nous présentait comme un repaire de coupes jarrets… Et puis, ce fut le drame ! L’impardonnable erreur d’Ian Livingstone ! L’une des plus grandes aberrations de l’histoire des Livres dont vous êtes le héros ! Une fois quitter la ville, nous arrivons a un paragraphe qui nous annonce que si, nous n’avons pas tous les objets nécessaires pour vaincre Zambar Bone, c’est la fin ; nous n’avons même pas la possibilité, comme ce fut le cas dans des titres précédant, de retourner faire un petit tour dans la ville pour trouver ce qui nous manque. Bien évidement, c’est dur, mais, finalement, un peu conforme a la série. Or, qu’apprends-t-on dès le paragraphe qui suit ? Que finalement, on pouvait continuer ! Et oui, ce vieux sénile de Nicomède nous envoi un message pour nous apprendre qu’il n’arrive pas à se souvenir quels ingrédients il faut utiliser pour vaincre Zambar Bone, et qu’il nous faut choisir, comme ca, au pifomètre, entre le mélange Cheveux sorcière/Perles noires, Cheveux sorcière/Fleur de lotus ou bien Perles noires/Fleur de Lotus. Et déjà que je trouve ce procédé littéralement débile pour ne pas dire injuste puisqu’a aucun moment, on ne nous donne le moindre indice quant a la bonne combinaison (ne comptez pas sur Nicomède, il ne sert décidément a rien), pourquoi avoir éliminé d’office le joueur dans le paragraphe précédant alors que, si ca se trouve, il avait les bons ingrédients ? Non, sur ce coup là, Livingstone s’est littéralement planté et est impardonnable. Alors, le doute au ventre (car on ne peut s’empêcher de se demander si l’on a fait le bon choix), on parvient finalement a la Tour de Zambar Bone, et, après un combat assez ardu contre des Chiens de Lune, le reste est déceptionnant puisque ce final est d’une rapidité et d’un ennuie total, l’aventurier que nous sommes se contentant bêtement de monter les étages, un a un, avec toujours ce choix de pénétrer ou pas dans telle pièce, ou dans une autre (certaines donnent des bonus, d’autres peuvent être mortelles, sympa a quelques paragraphes de fin) ; aucune description, une tour fort peu peuplée, pas franchement dangereuse, un manque d’ambiance flagrant et navrant, on arrive rapidement devant le maitre des lieux, et puis, on se rends compte que c’est encore pire : allez, je ne vous avais encore rien dit jusqu'à maintenant mais franchement, Zambar Bone n’est pas l’ennemi le plus charismatique de l’histoire des LDVELH. Déjà, son nom me fait un peu penser au cirque, je ne sais pas pourquoi, mais voilà une espèce de Liche, un nécromant de premier ordre – enfin, on nous le présente ainsi – mais sans passé, sans histoire, sans but véritable – a part celui de se taper la fille du maire, mais comment fera t-il puisque ce n’est plus qu’un squelette ? – dont on ne sait rien, qui se contente de nous menacer et que l’on ne combattra même pas. Livingstone aurait tout de même put donner un peu plus d’épaisseur a son vilain du jour ; de même, les ingrédients auraient put nous permettre de devoir l’affronter, ca aurait fait un combat final contre un adversaire puissant, mais non, même pas, on n’a que deux choix : soit on a eu de la chance – au pif, pour rappel – soit non et la, on est mort ! Du coup, je dois vous faire une petite confidence : arriver devant le sieur Zambar Bone, je me suis évidement rendu compte que j’avais fais le mauvais choix d’ingrédients et je suis mort, sauf que, sincèrement, je n’avais aucune envie de devoir me retaper tout le bouquin, surtout que j’avais trouver tous les objets qu’il fallait, de revenir a la tour et, de prendre encore le risque de me gourer et de le refaire une troisième fois, surtout que, ca allait m’apporter quoi ? Rien du tout. Bref, petite tricherie finale mais compréhensible, selon moi, voir même nécessaire devant ce que j’appellerais le beau foutage de gueule de Mr Livingstone quant à son histoire d’ingrédients. Indéniablement, il m’apparaît que La Cité des Voleurs est porteuse de bien trop de défauts pour en faire un bon Défis Fantastique. Les bonnes idées existent, je ne les nie pas, comme le fait, bien évidement, de pouvoir pour la toute première fois, jouer en milieu urbain. Sauf que, malheureusement, Ian Livingstone ne parvient pas a nous captiver et que le manque d’ambiance est flagrant. De même, tout cela apparaît comme bien trop gentillet, les adversaires rencontrées sont, pour la plus part, d’une faiblesse maladive, les situations dangereuses peu nombreuses et même le grand méchant du jour, Zambar Bone, n’a pas un énorme charisme, bien au contraire. Reste alors les superbes illustrations d’Ian McCaig, qui rehaussent le niveau, quelques passages plus ou moins réussis mais bien trop rares et surtout, une énorme impression de gâchis car ce livre possédait un potentiel certain. Mais comme en plus, il faut se taper le coup des ingrédients à deviner complètement au hasard (plus le fait que l’on se fasse éliminer alors que si ca se trouve, il ne nous manquait que celui qui ne servait a rien) et que, pour moi, cela est impardonnable, je ne pourrais pas considérer La Cité des Voleurs comme un bon Défis Fantastique, malheureusement.


Points Positifs :
- Le plaisir de pouvoir, pour la toute première fois, se balader dans une ville, le fameux Port-du-Sable-Noir. Alors bien sur, celle-ci est un peu en-deçà de ce que l’on pouvait attendre, mais bon, ça nous change un peu des souterrains et autres couloirs.
- Incontestablement, les illustrations de Iain McCaig apportent un plus a l’ambiance générale de l’aventure.
- Une fort belle couverture ; accessoirement, l’une des plus cultes.
- Malgré pas mal de défauts, cela reste une aventure plaisante par moments, surtout qu’il y a quelques rencontres assez marquantes.

Points Négatifs :
- Du Ian Livingstone pur jus avec tous ses traditionnels travers : c’est un one-true-path sans aucune logique, il faut trouver tous un tas d’objets plus ou moins indispensables, un mauvais choix de direction et vous voilà mort, bref, rien de nouveau sous le soleil…
- Parlons-en de ces fameux objets à trouver : aucun indice quand au mélange à effectuer, le hasard a encore une place importante dans nos choix et, bien entendu, le prétendu grand sorcier Nicodème ne nous sert strictement à rien.
- Ian Livingstone se fout du monde : si l’on n’a pas tous les ingrédients en quittant la ville, on a perdu, puis, un paragraphe plus tard, on apprend qu’en fait, on n’avait pas besoin de tous les ingrédients, ce qui signifie, finalement, qu’on nous fait perdre alors qu’on pouvait avoir les bons !
- Zambar Bone est sans nul doute l’un des plus ridicules méchants de LDVELH alors que le bougre partait pourtant avec un potentiel certains : aucune motivation, aucun passé, on ne comprend pas bien son but (couché avec la fille du maire ?) et, pire que tout, on ne le combat même pas. Bref, une sacrée déception !
- Accessoirement, on retombe dans le super scénario où il faut aller tuer le méchant sorcier.
- Pour une cité soit disant remplie de coupe-jarrets et autres assassins, je l’ai trouvé plutôt tranquille Port-du-Sable-Noir…
- Ne nous emballons pas : si l’action se déroule dans une ville, il s’agit toujours d’aller a droite ou a gauche, les rues remplaçants les couloirs, les maisons, elles, les salles, etc.

Ma note : 6/10

lundi 23 mai 2011

LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD


LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD

Sinbad et son équipage interceptent un homuncule transportant une tablette en or. Koura, créateur de l’homuncule et adepte de la magie, veut récupérer la tablette et se lance à la poursuite de Sinbad. Entretemps, Sinbad a fait la rencontre du Vizir qui détient une autre partie de la carte d'or modulable, et ensemble ils décident de mettre sur pied une expédition à travers les mers en vue de résoudre l'énigme de la carte. Ils sont accompagnés d'une esclave qui a un œil tatoué sur la paume d'une main. Durant leur périple, ils croisent des animaux étranges, des tempêtes, et leur route est parsemée d'embûches laissées par Koura.


Le Voyage fantastique de Sinbad
Réalisation : Gordon Hessler
Scénario : Brian Clemens, d'après une histoire de Brian Clemens et Ray Harryhausen
Musique : Miklós Rózsa
Production : Columbia Pictures
Genre : Aventures, Fantastique
Titre en vo : The Golden Voyage of Sinbad
Pays d'origine : Royaume-Uni, États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 20 décembre 1973
Durée : 105 mn

Casting :
John Phillip Law : Sinbad
Caroline Munro : Margiana
Tom Baker : Koura le magicien
Douglas Wilmer : Le Vizir
Martin Shaw : Rachid
Grégoire Aslan : Hakim
Kurt Christian : Haroun
Takis Emmanuel : Ahmed
John D. Garfield : Abdul
Aldo Sambrell : Omar
Robert Shaw : L'Oracle de toutes les connaissances

Mon avis : Ce fut il y a environ trois décennies, par le biais de l’excellente émission, présentée par l’inimitable Eddy Mitchell, l’inoubliable et cultissime Dernière Séance, que je fis la connaissance, du moins, a l’écran, de celui qui restera a tout jamais comme le magicien des effets spéciaux, le grand Ray Harryhausen. Cette découverte, que dis-je, cette révélation, eut lieu lorsque fut diffusée Le septième voyage de Sinbad et que, mes yeux d’enfants voyaient pour la toute première fois s’animer a l’écran un cyclope, un squelette et un dragon. Ce soir là, notre ami Eddy Mitchell nous proposa alors un petit sujet sur Ray Harryhausen qui me permit de découvrir quelques extraits de ses autres films comme Jason et les Argonautes (et le duel final contre les squelettes, l’une des scènes les plus connues du cinéma fantastique) et ce Voyage fantastique de Sinbad (avec le combat contre la statue de Kali). Dès lors, je n’eus plus qu’une seule envie, voir ses films et si, au cours de ma vie, j’eu l’occasion de croiser de nouveau la route des œuvres d’Harryhausen – comme par exemple Le choc des Titans – ce fut bien évidement Jason et les Argonautes, quelques années plus tard, qui remporta la palme de mes préférences. Quant a ce Voyage fantastique de Sinbad, et ce fameux duel contre les six sabres de Kali, il me fallut encore patienter quelques années, et ce fut un mercredi matin, dans une autre émission consacrée au cinéma, Cinéma de Quartier, présentée par Jean-Pierre Dionnet que je le vis pour la toute première fois. Ayant depuis acquis le DVD, j’eu l’occasion de voir et revoir ce film, chose que, vous vous en doutez donc, je viens de refaire puisque je vous en parle aujourd’hui. Alors bien sur, une fois de plus, les amoureux des effets spéciaux a l’ancienne seront aux anges puisque, avec un Griffon, un Centaure Cyclope, une espèce d’Homoncule, un golem de bois et, bien évidement, Kali dans toute sa splendeur, l’amateur du genre en aura vraiment pour son compte. D’ailleurs, sur ce point, la scène du combat contre la déesse étant autant culte que celle où Jason et ses compagnons affrontaient les squelettes en Terre de Colchide. Mais disons que, pour être tout à fait franc, on ne peut pas dire que le scénario soit exempt de tous défauts. Sans aller jusqu'à dire que celui-ci ait été écrit sur un timbre poste – cela serait exagéré – disons que tout cela ne vole pas bien haut : tombant par hasard (enfin, suite a un homoncule ailé touché par une flèche) sur un mystérieux artefact – le morceau d’un bijou – qui lui donne des cauchemars – où il voit une danseuse avec un œil tatoué sur sa main droite, un sorcier qui cache son visage et quelques trésors – notre sympathique Sinbad (aussi appelé l’homme qui change de tête entre chaque film qui lui est consacré) se retrouve embarqué dans une nouvelle aventure où, se lance une course contre la montre pour parvenir le premier a une espèce de fontaine de jouvence. Bien évidement, il faut un ennemi a sa mesure et cette fois ci, nous allons avoir droit a un méchant sorcier (curieux, ce n’est pas la première fois) qui, pour la petite histoire, a des petits airs de Jafar (le méchant dans Aladin) qui ne cesse de vieillir a chaque utilisation de son pouvoir (bof alors). Mais heureusement, Sinbad n’est pas seul et est accompagné du Vizir local (portant un masque doré parce que le pauvre, il est défiguré), de la fille au tatouage – la sublime Caroline Munro au décolleté ultra plongeant et qu’on ne fixe jamais dans les yeux tout au long du film – d’une espèce de fils de riche dilettante et de son fidèle second (enfin, a Sinbad, pas au pocherons). Et la joyeuse troupe va avoir fort a faire, entre coups bas, morceaux indéniables de bravoures, le tout saupoudré d’humour avec la fameuse phrase qui revient toute les cinq minutes : « attache ton chameau » (Au point de lasser, j’en conviens), et ce, pendant un peu moins de deux heures qu’en toute sincérité, on ne voit pas du tout passé. Bref, c’est un agréable divertissement, certes, mais au point d’en laisser un souvenir impérissable, non. Car bien évidement, Le voyage fantastique de Sinbad vaut énormément par ce que je nommerais les monstres de Ray Harryhausen qui une fois de plus, fonctionnent a merveille, et ce, même si on a déjà put connaitre plus spectaculaire dans le genre. Du coup, ceux-ci et, surtout, la scène du combat contre la déesse Kali marquera longtemps les esprits et c’est bien évidement avant tout cela que le spectateur retiendra de ce film. Quoi que, celui-ci n’est pas si mauvais que l’on pourrait le croire, les acteurs en font des tonnes, bien évidement mais Caroline Munro est sexy en diable, Tom Baker est parfait en grand méchant sorcier et, ma fois, John Phillip Law fait un Sinbad plus qu’acceptable (en tout cas, bien plus que celui du Septième voyage). Bref, une œuvre peut être pas exceptionnelle mais qui mérite tout de même que l’on s’y attarde, pour peux que l’on soit un vieux passionner de péplums a l’ancienne, et, bien évidement, d’effets spéciaux a la Ray Harryhausen, cela va de soit.


Points Positifs :
- La scène où Sinbad et ses compagnons affrontent une statue animée de la déesse Kali est l’une des plus cultes du cinéma fantastique – en toute sincérité, autant que celle où Jason a affaire aux squelettes dans Jason et les Argonautes.
- Bien évidement, ce sont les créatures du magicien Ray Harryhausen qui sont, une fois de plus, les vedettes du film : une fois de plus variées, marquantes pour certaines, l’amateur en a pour son argent.
- John Phillip Law est le Sinbad le plus crédible de la trilogie.
- Entre une Caroline Munro sexy en diable et au décolletée plongeant qui aura traumatisé toute une génération d’adolescents ainsi qu’un Tom Baker en méchant sorcier bougrement charismatique, le reste du casting n’est pas en reste.
- Un sympathique divertissement, sans prise de tête, et, ma foi, avec une certaine dose d’humour.

Points Négatifs :
- La réplique « attache ton chameau » est prononcée tellement de fois qu’au bout de 20 minutes, on a envie de foutre des claques à John Phillip Law !
- Bon, il faut reconnaitre que, scénaristiquement, tout cela ne vole pas bien haut et reste par moments limite.
- Ray Harryhausen est bien entendu au rendez vous avec ses créatures, mais bon, reconnaissons que si la statue de Kali est culte, le reste, c’est un ton en dessous.

Ma note : 7,5/10