dimanche 17 janvier 2016

MEURTRE AU PIED DU VOLCAN


MEURTRE AU PIED DU VOLCAN

Björn, un baron véreux de la finance impliqué dans la crise islandaise, est retrouvé mort dans sa luxueuse maison de Snæfellsnes, une péninsule volcanique. A priori, il s’agit d’un suicide. Mais Helgi, un détective de Reykjavik dépêché sur les lieux, soupçonne un meurtre. Flanquée de Gréta, jeune inspectrice inexpérimentée aux méthodes peu orthodoxes, il enquête dans la communauté locale. 


Meurtre au pied du volcan
Réalisation : Reynir Lyngdal
Scénario : Sveinbjörn I Baldvinsson, Hilmar Oddsson
Musique : Atli Örvarsson
Production : Pegasus Pictures
Genre : Thriller
Titre en vo : Hraunið
Pays d’origine : Islande
Chaîne d’origine : Pegasus Pictures
Diffusion d’origine : 27 septembre 2014
Langue d'origine : islandais
Nombre d’épisodes : 4 x 50 minutes

Casting :
Björn Hlynur Haraldsson : Helgi Marvin
Heida Reed : Gréta
Svandis Dora Einarsdottir : Auður
Arnoddur Magnus Danks : Össi
Maria Ellingsen : Marín
Jón Páll Eyjólfsson : Skipperinn
Sveinn Geirsson : Jens
Salome R. Gunnarsdottir : Helena
Tinna Gunnlaugsdóttir : Edda
Joi Johannsson : Gísli
Unnur Birna Jónsdóttir : Hafdís
Magnús Ragnarsson : Björn

Mon avis : Avec la fin du visionnage de cette excellente série que fut Breaking Bad, en novembre dernier, j’étais, depuis lors, un peu en manque de séries, non pas car me plonger dans une nouvelle serait difficile après l’excellence des aventures du sieur Heisenberg, mais surtout pour la simple et bonne raison que, depuis lors, je n’avais pas eu l’occasion d’en regarder. Et puis, ce jeudi, ce fut une fois de plus ARTE qui vint a ma rescousse avec une minisérie islandaise en quatre parties : Meurtre au pied du volcan, thriller nordique plutôt alléchant, étant depuis quelques années un habitué du genre, toujours par le biais de la chaine franco-germanique. Mais si jusque là, c’était surtout les séries danoises qui tenaient le haut du pavé – qui a dit The Killing ? – toute islandaise est ce Meurtre au pied du volcan (désolé pour le titre français, un peu débile, mais bon…), on y retrouve le même savoir faire, la même façon de filmer avec ses paysages somptueux, cette ambiance assez sombre et ses personnages bien plus ambigus et travaillés que ceux des séries américaines – par charité, j’éviterais de les comparer a ceux des séries françaises. Bref, Meurtre au pied du volcan est certes une série islandaise mais, dans le fond et dans la forme, si vous êtes un familier des thrillers nordiques, vous serez non seulement en terrain familier mais, surtout, vous serez rapidement pris par cette intrigue qui certes, n’est peut-être pas la plus originale qui soit, mais qui, malgré tout, n’en reste pas moins fort captivante : un magna de la finance est retrouver assassiner, on sait d’entrée de jeu qu’il ne s’agit pas d’un suicide et hop, c’est parti pour une enquête où le beau gosse de service, l’acteur Björn Hlynur Haraldsson, doit se démêler au beau milieu de la communauté locale d’une petite ville de province qui, forcément, cache quelques petits secrets. Alors bien sur, tout cela n’est pas d’une grande originalité, j’en ai parfaitement conscience, mais bon, la mayonnaise prend rapidement et les trois premiers épisodes sont tout simplement excellents dans leur genres… Euh, les trois premiers ? Oui, seulement car en fait, le quatrième et dernier est, en fait, une petite déception : sans faire de spoilers, disons juste que le scénario part un peu dans tous les sens, que le héros agit de façon pour le moins curieuse, pour ne pas dire stupide, que la pseudo révélation du meurtrier est tout sauf une surprise et que la fin, elle, est pour le moins brutale…. Dommage car sans ce dernier épisode décevant, Meurtre au pied du volcan aurait put rejoindre le panthéon des bonnes voir des très bonnes série nordiques ; au vu de son potentiel, de ses personnages, c’était possible, mais cette fin ratée, non, désolé mais ce n’est pas possible…


Points Positifs :
- L’ambiance particulière des séries nordiques : paysages magnifiques, personnages travaillés et souvent ambigus, protagoniste principal charismatique mais possédant des faiblesses, sans oublier, bien entendu, ce petit coté exotique qui nous change, en bien, des séries américaines traditionnelles.
- Être un beau gosse n’est pas forcément un point positif mais bon, dans le cas de Björn Hlynur Haraldsson, reconnaissons que l’acteur est pour beaucoup pour l’intérêt de cette minisérie.
- Comme dans d’autres séries de nos voisins nordiques, on y trouve une belle petite flopée de personnages : du simple second rôle aux acteurs principaux, ils possèdent tous un petit quelque chose qui accroche le spectateur.
- Les trois premiers épisodes sont franchement bons et plutôt captivants.

Points Négatifs :
- Le dernier épisode est une belle déception : le héros ne cesse d’agir de façon complètement incongrue, la révélation finale n’en est pas une tellement elle était prévisible et puis, la fin, vous appelez cela une fin ?!
- L’intrigue est sympa, captivante, mais reconnaissons que tout cela n’est pas d’une grande originalité.
- Pendant deux épisodes, le personnage de Auður est omniprésente a l’écran, au point que l’on se dise que nous tenions là le second rôle, puis, dès le troisième, elle brille par son absence et on ne la rêvera plus du tout !

Ma note : 6,5/10

jeudi 14 janvier 2016

SCARY MONSTERS (AND SUPER CREEPS)


SCARY MONSTERS (AND SUPER CREEPS)

David Bowie

1 - It's No Game (No. 1) (Bowie, Hisahi Miura) 4:20
2 - Up the Hill Backwards (Bowie) 3:15
3 - Scary Monsters (and Super Creeps) (Bowie) 5:12
4 - Ashes to Ashes (Bowie) 4:25
5 - Fashion (Bowie) 4:49
6 - Teenage Wildlife (Bowie) 6:56
7 - Scream Like a Baby (Bowie) 3:35
8 - Kingdom Come (Tom Verlaine) 3:45
9 - Because You're Young (Bowie) 4:54
10 - It's No Game (No. 2) (Bowie) 4:22


Scary Monsters (and Super Creeps)
Musicien : David Bowie
Parution : 12 septembre 1980
Enregistré : février 1980 – avril 1980
Durée : 45:08
Genre : Rock, New Wave, Post-Punk
Producteur : David Bowie, Tony Visconti
Label : RCA

Musiciens :
David Bowie : chant, claviers, chœurs
Dennis Davis : percussions
George Murray : basse
Carlos Alomar : guitares
Chuck Hammer : guitare synthésiseur (4, 6)
Robert Fripp : guitare (1, 2, 3, 5, 6, 8)
Roy Bittan : piano (2, 4, 6)
Andy Clark : synthétiseur (4, 5, 7, 9)
Pete Townshend : guitare (9)
Tony Visconti : guitare acoustique (2, 3), chœurs
Lynn Maitland, Chris Porter : chœurs
Michi Hirota : voix (1)

Mon avis : Après avoir rendu un premier hommage a David Bowie, décédé dimanche 10 janvier dernier, avec ce superbe film qu’est Furyo, je reviens sur la carrière de ce magnifique artiste britannique (car, selon moi, c’est amplement mérité) avec un album dont je n’avais pas encore publié la critique sur Le Journal de Feanor : Scary Monsters (and Super Creeps) – oui, il me restait encore quelques opus de Bowie sous le coude ce qui fait que celui-ci risque fort d’être pas mal présent dans les temps a venir sur ce blog. Bon, pour la petite histoire, depuis la toute première fois que j’ai écouté Scary Monsters (and Super Creeps), et, mine de rien, ça fait un bail, j’ai toujours eu un sentiment pour le moins ambivalent a son égard : certes, c’est un fort bon Bowie, accessoirement, le meilleur avant fort longtemps, cependant, pour une question de gouts personnels, passer après la trilogie dite berlinoise, c’est-à-dire, Low, « Heroes » et Lodger (et encore, je ne parle pas des albums précédents) n’a jamais vraiment aider cet album. Pourtant, avec du recul, la chose est plutôt injuste car, indéniablement, Scary Monsters (and Super Creeps) est un excellent album. Marquant indubitablement la fin d’une époque (Bowie en profite pour en finir avec ses anciens avatars dont, principalement, le Major Tom) et avant quelques belles casseroles à venir (hélas), cet opus marque les esprits pour l’excellence de ses titres, la cohésion de l’ensemble ainsi que cette énième transformation musicale où se mélangent allégrement moult genres. Plus accessible que ses prédécesseurs réalisés avec Brian Eno, Scary Monsters (and Super Creeps) est, en quelque sorte, l’album de la maturité de Bowie. Avec des titres aussi bons que It's No Game (No. 1), Fashion (une belle attaque en règle de la société de consommation et des effets de mode) et, bien entendu, Ashes to Ashes qui est sans nul doute l’une des meilleures chansons de Bowie (le clip, lui, est indéniablement le meilleur), pour ne citer que quelques chansons parmi les plus marquantes, cet album prouva, lors de sa sortie, l’excellence musicale du sieur David Robert Jones sur le paysage musical mondial au début des années 80… dommage qu’il ait fallut patienter quinze longues années pour retrouver, avec Outside, un opus digne de ce nom…


Points Positifs :
- Sincèrement, même si Ashes to Ashes n’est pas la seule bonne chanson de cet album, rien que pour celle-ci, Scary Monsters (and Super Creeps) mérite le détour. Mais quel chef d’œuvre !
- It's No Game (No. 1), Fashion, Scary Monsters, Teenage Wildlife… nombreux sont les titres qui se démarquent dans cet album.
- Une cohésion musicale et un mélange des genres savamment dosé qui rendent cet album bien plus accessible que ses prédécesseurs tout en maintenant un degré d’excellence plutôt élevé.
- La pochette bien sur, l’esthétique des clichés intérieurs ; Bowie, ce n’était pas que de la musique…

Points Négatifs :
- C’est mon opinion mais elle n’engage que moi : j’ai toujours trouvé que si l’album démarre fort bien et que des chansons excellentes s’enchainent, la seconde partie (l’ancienne face B des 33 tours), elle, m’apparait légèrement plus faiblarde.
- Tout est une affaire de gouts personnels mais personnellement, j’ai toujours eu une préférence pour des opus un peu plus fous dans leur genre comme ceux de la trilogie berlinoise bien sur, mais aussi Station to Station, Aladdin Sane, etc.  

Ma note : 8/10

22/11/63


22/11/63

2011. Jake Epping exerce la profession de professeur d'anglais à Lisbon Falls dans l'État du Maine. Al Templeton, qui tient un snack dont Epping est un client régulier, lui explique qu'il souffre d'un cancer du poumon, résultant de 50 ans de tabagisme. Dans la réserve de son snack, il lui révèle qu'il y a une sorte de portail temporel qui transporte quiconque la franchit en 1958, comme Jake le découvre lui-même lors d'un bref voyage. À son retour, Templeton lui explique que le but de son dernier voyage était d'empêcher l'assassinat de John F. Kennedy mais qu'il a dû renoncer quand il est devenu trop malade. Le souhait de Templeton est que Jake accomplisse cette mission à sa place car il est convaincu que l'histoire en serait changée pour le mieux. Il est possible que Kennedy n'aurait pas engagé son pays dans le « bourbier vietnamien » et que la crise morale et politique qui s'en est suivie dans les années 1970 n'aurait pas eu lieu. Il lui indique aussi trois règles immuables du voyage dans le temps : peu importe le temps qu'on reste dans le passé, il ne s'est déroulé que deux minutes quand on revient dans le présent ; le passé « résiste » aux changements de façon proportionnelle à l'importance de ceux-ci ; et chaque nouveau voyage annule tout ce qu'on a pu changer lors du précédent, à l'exception de quelques effets secondaires minimes.


22/11/63
Auteur : Stephen King
Type d'ouvrage : Fantastique, Uchronie
Première Parution : 8 novembre 2011
Edition Française : 1 octobre 2014
Titre en vo : 11/22/63
Pays d’origine : Etats-Unis
Langue d’origine : Anglais
Traduction : Nadine Gassie
Editeur : J’Ai Lu
Nombre de pages : 1056

Mon avis : Sans grande surprise, je débute cette année 2016 comme j’ai achevé la précédente, c’est-à-dire, pour ce qui est de mes lectures, par un roman de Stephen King, auteur qui, depuis quelques mois, est très présent sur ce blog suite a ma décision de relire bon nombre de ses œuvres que j’avais découvert étant plus jeune mais aussi en me lançant dans des ouvrages que je ne connaissais pas encore. Et, dans le cas présent, 22/11/63 est intéressant a plus d’un titre puisque, en dehors du fait que je n’avais jamais lu ce roman, c’est bien la première fois que j’ai l’occasion de me lancer dans une œuvre du maitre très récente, celle-ci datant, mine de rien, de 2011. Bien sur, doutant un peu de la valeur des ses œuvres les plus récentes, j’aurai put éprouver quelques craintes quand a ce 22/11/63, or, il n’en était rien : il faut dire que ce roman jouit, depuis sa sortie, de critiques fort élogieuses, pour la plupart, a son sujet, et, ma foi, après lecture de la chose, force est de constater que celles-ci sont on ne peut plus justifiées. En effet, dans cette histoire de voyage dans le temps où le héros, un simple quidam du nom de Jake Epping, professeur d’anglais de son état, part dans le passé afin d’empêcher l’assassinat de John Kennedy, là où l’on pourrait craindre un certain manque d’originalité et une intrigue pour le moins bateau, il en est, fort heureusement, tout autrement. Car Stephen King, égal a lui-même, ne se contente absolument pas de nous narrer cette missions (appelons là ainsi), aussi primordiale soit-elle, mais plutôt, et c’est là le coup de génie de l’auteur, de nous faire plonger, nous aussi, lecteurs, dans cette Amérique de la fin des années 50, début 60. Ainsi, puisque entre la date d’arrivée de Jake Epping dans le passé et celle de l’assassinat de Kennedy, il s’écoule facilement cinq bonnes années, cinq années où notre héros va bien devoir… vivre, tout simplement. Et c’est là, justement, que King réussit le coup de force de nous captiver en nous faisant suivre les traces de son personnage principal qui, dans cette Amérique tant de fois rêver mais, finalement, pas aussi idyllique que cela, va devoir trouver un travail, un logement, vivre et, surtout, trouver l’amour. Car oui, mille fois oui, 22/11/63, davantage qu’un simple roman fantastique, plus qu’une uchronie est avant toute chose une belle histoire d’amour, une histoire touchante qui nous fera poser bon nombre de questions sur ce que l’on aurait fait nous même : sauver Kennedy avant toute chose et modifier le passé (et donc le futur) ou alors, se contenter de vivre heureux. Bien sur, Jake Epping, homme hors de son temps mais qui se plait décidément si bien dans cette petite bourgade du Texas où il a trouvé le bonheur, n’oublie jamais sa mission : arrêter Lee Hervey Oswald, du moins, si ce dernier a agis seul, cela va de soit… Mais les choses, forcément, ne seront pas aussi simples et, comme on dit souvent : il suffit d’un battement d’aile de papillon quelque part pour qu’a l’autre bout du monde éclate une tornade… Incontestablement, 22/11/63 est un excellent roman, une pièce maitresse (encore une) parmi la longue biographie de Stephen King et, mine de rien, probablement l’un des plus bons récits de voyages dans le temps qu’il m’a été donné de lire. Bien sur, il est long, très long même et les détracteurs de King trouveront probablement a redire sur le sujet ainsi que ceux qui pesteront devant cette œuvre qui traite autant d’une histoire d’amour que du voyage dans le temps. Mais bon, si jamais vous accrochez au récit, alors, il se peut que vous soyez happez, sans prévenir, par ce formidable voyage dans le passé, dans cette Amérique d’une autre époque et par cette belle histoire d’amour, tandis que, au final, ces milles pages et quelques ne finissent par être si rapidement dévorées que vous finissiez par avoir l’impression que ce roman était… trop court ?! Sincèrement, une belle réussite !


Points Positifs :
- Davantage qu’un simple roman fantastique, 22/11/63 est une œuvre qui vous fera plonger dans le passé (l’Amérique de la fin des années 50, début 60) comme si vous y étiez. Franchement, Stephen King a fait un boulot de documentation impressionnant et son s’y croirait. On n’échappe certes pas au coté sentimental de l’époque mais sans jamais tomber dans le « c’était mieux avant », loin de là.
- Une fort belle histoire d’amour entre notre sympathique Jake Epping et Sadie, la petite bibliothécaire du passé.
- Le traitement du voyage dans le temps est assez original – chaque voyage entraine une remise a zéro – même si, a la fin, on découvre (attention aux spoilers) qu’il y a en fait tout un tas de lignes temporelles parallèles et que ces nombreuses modifications ont entrainé énormément de dégâts dans l’espace temps.
- 22/11/63 est très long et il y a énormément de descriptions : bien entendu, c’est la marque de fabrique de Stephen King mais sincèrement, si vous accrocher a l’histoire, cette longueur apparente ne vous généra en aucune façon.
- Un Lee Harvey Oswald terriblement humain, y compris dans ses défauts, et qui fait froid dans le dos.
- Il y a pas mal de références a d’autres œuvres de King, la principale étant Ça puisque le héros y fait un court séjour au début de son voyage, a l’époque même où Grippe-Sou le Clown avait sévit – on y trouve même deux des membres du Club des Ratés.
- Intéressant la petite partie uchronique a la fin.

Points Négatifs :
- Si l’on devait trouver un véritable défaut a 22/11/63, ce serait toute la partie où le héros espionne Lee Harvey Oswald et qui, c’est évidant, s’étire par moments en longueur.
- Oui, j’ai bien aimé la partie uchronique, dommage tout de même que celle-ci soit aussi courte.  

Ma note : 9/10

FURYO


FURYO

Java, 1942. Le capitaine Yonoi dirige d’une main de fer un camp de prisonniers anglais. Ancien diplomate parlant le japonais, le lieutenant-colonel Lawrence sert d’intermédiaire entre les geôliers et les détenus et tente d’apaiser les tensions. Yonoi contraint un garde coréen à se faire hara-kiri devant les détenus parce qu’il a eu une relation homosexuelle avec l’un d’entre eux. Devant le dégoût manifesté par les prisonniers, Yonoi ordonne deux jours de jeûne. Un nouveau venu se rebelle : le major Jack Celliers, dont le charme ne laisse pas Yonoi insensible…


Furyo
Réalisation : Nagisa Ōshima
Scénario : Paul Mayersberg, Nagisa Ōshima, Laurens van der Post pour le roman The Seed and the Sower The Seed and the Sower
Musique : Ryūichi Sakamoto
Production : Recorded Picture Company, Oshima Productions
Genre : Drame, guerre
Titre en vo : Merry Christmas Mr. Lawrence
Pays d'origine : Japon, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande, Australie
Langue d'origine : japonais, anglais
Date de sortie : 10 mai 1983
Durée : 123 mn

Casting :
David Bowie : Major Jack Celliers
Tom Conti : Colonel John Lawrence
Ryūichi Sakamoto : Capitaine Yonoi
Takeshi : Sergent Gengo Hara
Jack Thompson : Capitaine Hicksley
Johnny Okura : Garde Kanemoto
Alistair Browning : Garde Jong
James Malcolm : Frère de Celliers
Chris Broun : Celliers âgé de 12 ans
Yuya Uchida : Commandant de la prison militaire
Ryunosuke Kaneda : President du tribunal
Takashi Naitō : Lieutenant Iwata
Tamio Ishikura : Procureur
Rokko Toura : Interprète
Kan Mikami : Lieutenant Ito

Mon avis : Par manque de temps, il m’aura fallut quelques jours pour, enfin, rendre hommage a celui qui restera a tout jamais comme mon musicien préféré, je veux bien évidement parler de David Bowie qui, comme chacun sait (car il aurait été difficile de ne pas en entendre parler), nous a quitter quelques jours après son soixante-neuvième anniversaire, dimanche dernier, le 10 janvier 2016 donc, date que tout fan du sieur Bowie n’est pas prêt d’oublier. Alors bien sur, si jamais vous avez eu l’occasion de suivre ce blog au fil des ans, vous aviez deviner depuis longtemps que je n’étais pas insensible a David Bowie, a son œuvre, au personnage en lui-même, du coup, même si, pour être tout a fait franc, vu son age et vu les nombreuses rumeurs qui entouraient son état de santé depuis des années, ce décès ne m’aura pas tant surpris que cela (et puis, après tout, il faut bien que cela arrive un jour ou l’autre), je dois reconnaitre que je n’en ait pas moins été choqué ; choqué car Bowie venait tout juste de sortir un nouvel album, Blackstar, choqué car, mine de rien, Bowie occupait et occupera a tout jamais une place importante dans ma vie. Mais stoppons un peu la nécrologie de cet immense artiste pour nous intéresser plus précisément a ce premier hommage que je lui rends, et ce, comme vous l’avez compris, par le biais de ce qui restera comme son plus grand rôle au cinéma, Furyo. Sorti en 1983, réalisé par Nagisa Ōshima – L’Empire des Sens – et possédant un casting hors paire, Bowie, Tom Conti, Ryūichi Sakamoto et Takeshi Kitano, Furyo, alias, Merry Christmas Mr. Lawrence, fait parti de ces rares films que j’ai vu et revu un nombre incalculables de fois (la dernière, hier soir) et donc je ne me lasse jamais. Plus film poétique que film de guerre, plus film d’amour que film de prisonniers, Furyo est incontestablement une œuvre complexe, inclassable et dont la toile de fond – un camp japonais de prisonniers britanniques pendant la seconde guerre mondiale – ne sert que de prétexte a mettre en avant deux choses, principalement : les relations entre deux duos de personnages, Bowie/Sakamoto d’un coté, Conti/Kitano de l’autre, mais aussi, deuxièmement, les incompréhensions entre deux cultures, nippone et britannique, aux antipodes l’une de l’autre. Ajoutons a cela des personnages torturés et, surtout, une attirance amoureuse du commandant du camp, Ryūichi Sakamoto, pour le beau Major Celliers – le beau Bowie – et l’on obtient un cocktail explosif qui, forcément, vu le contexte, ne pourra que finir mal. Faisant preuve d’une rare maitrise, Nagisa Ōshima filme le tout avec une finesse magnifique, les acteurs sont excellents, la musique, cultissime bien entendu, quand a l’histoire, eh ben, comment dire, disons qu’il faut voir Furyo, oublier le coté film de guerre et se dire que tout cela n’est qu’une histoire d’amitié, d’amour, de frustration et d’incompréhensions mutuelles où, finalement, comme le dit si bien notre Lawrence – génial Tom Conti – personne n’a raison et tout le monde a tort… Un beau, un très beau film d’une finesse rare et qui, accessoirement, est aussi l’exemple parfait que David Bowie, ce n’était pas uniquement un musicien, bien au contraire…


Points Positifs :
Furyo n’est pas un film de guerre mais une œuvre qui s’intéresse particulièrement aux relations entre les hommes, qu’elles soient amicales ou amoureuses, aux frustrations que celles-ci peuvent entrainer et, bien entendu, a l’incompréhension entre deux civilisations aux valeurs totalement opposées.
- David Bowie, Tom Conti, Ryūichi Sakamoto et Takeshi Kitano : pour moi, il n’y a pas de véritable héros mais quatre acteurs magnifiques qui interprètent quatre personnages inoubliables.
- La bande originale de Ryūichi Sakamoto, tout simplement cultissime.
- Le nombre de scènes marquantes : ainsi, entre la première rencontre entre le Capitaine Yonoi et Celliers, celle, plus tard, où ils se font face suite a une tentative d’évasion du second et, bien entendu, la scène du baiser (avec un ralentis saccadé du plus bel effet) et l’une des dernières où Yonoi vient arracher quelques cheveux de Celliers avant que ce dernier ne meure, il y a de quoi faire.
- On pourrait croire que la relation amicale entre Lawrence et le sergent Hara est moins marquante mais en fait, il n’en est rien, bien au contraire. D’ailleurs, Lawrence est sans nul doute le personnage qui apparait le plus dans le film et, probablement, le plus humain.
- Mine de rien, il y a une certaine dose d’humour tout au long du film. Celle-ci est distillée au cas par cas mais n’en reste pas moins présente.

Points Négatifs :
- Après moult visionnages, je n’ai pas changé d’avis quand a la scène, trop longue selon moi, du flashback de Jack Celliers : sincèrement, tout cela n’apporte pas grand-chose au film et, de plus, cela casse un peu le rythme de celui-ci.

Ma note : 9/10

lundi 11 janvier 2016

INCASSABLE


INCASSABLE

Elijah Price souffre depuis sa naissance d'une forme d'ostéogénèse. S'il reçoit le moindre choc, ses os cassent comme des brindilles. Depuis son enfance, il n'a de cesse d'admirer les super-héros, des personnages qui sont tout l'opposé de lui-même. Propriétaire d'un magasin spécialisé dans les bandes-dessinées, il épluche pendant son temps libre les vieux articles de journaux à la recherche des plus grands désastres qui ont frappé les Etats-Unis. Il se met alors en quête d'éventuels survivants, mais y parvient rarement. Au même moment, un terrible accident ferroviaire fait 131 morts. Un seul des passagers en sort indemne...


Incassable
Réalisation : M. Night Shyamalan
Scénario : M. Night Shyamalan
Musique : James Newton Howard
Production : Touchstone Pictures, Blinding Edge Pictures, Barry Mendel Productions et Limited Edition Productions Inc
Genre : Super-héros, Thriller, Fantastique
Titre en vo : Unbreakable
Pays d'origine : États-Unis
Langue d'origine : anglais
Date de sortie : 22 novembre 2000
Durée : 106 mn

Casting :
Bruce Willis : David Dunn
Samuel L. Jackson : Elijah Price
Robin Wright Penn : Audrey Dunn
Spencer Treat Clark : Joseph Dunn
Charlayne Woodard : Mère d'Elijah
Eamonn Walker : Docteur Mathison
Leslie Stefanson : Kelly
Johnny Hiram Jamison : Elijah, à 13 ans
Michaelia Carroll : la babysitteur
Elizabeth Lawrence : l'infirmière de l'école
David Duffield : David Dunn, à l'âge de 20 ans
Laura Regan : Audrey, à l'âge de 20 ans
Chance Kelly : l'homme à la combinaison orange
Michael Kelly : Docteur Dubin
Richard Council : Noel
Sherman Roberts : le médecin
Damian Young : un soldat
M. Night Shyamalan : le dealer au stade (caméo)

Mon avis : Quoi que l’on puisse penser, sur ce blog, il n’y pas que Secret Wars et ce, même si depuis une semaine, on pourrait penser le contraire, et donc, aujourd’hui, je vais faire une pause dans mes critiques de ce méga event de la mort qui tue pour aborder le cas d’un long métrage qui, mine de rien, reste dans le genre super-héroique, je veux bien évidement parler de Incassable. Bon, tout d’abord, je dois reconnaitre que, jusqu’à hier soir, je n’avais jamais vu ce film du réalisateur M. Night Shyamalan : certes, je le connaissais ou, plutôt, j’en avais entendu parler, mais bon, ayant depuis longtemps une certaine aversion pour le sieur Bruce Willis et pour les films d’actions en général, Incassable ne m’avait jamais intéresser… d’ailleurs, je ne savais même pas, fan de comics que je suis pourtant, que ce dernier abordait, et de quel manière, la thématique des super-héros, c’est pour dire ! Du coup, comme il ne faut pas mourir idiot, je me suis décidé, puisque l’occasion se présentait, de voir par moi-même si ce film méritait certaines louanges que j’avais entendu, a ma grande surprise, a son sujet, et le résultat fut… bah en fait, loin d’être a la hauteur, mais commençons par le commencement… Bon, tout d’abord, force est de constater que le postulat de base est bon, sur ce point, il n’y a rien à redire : en effet, et je pense que tout amateur de comics le reconnaitra, M. Night Shyamalan use habilement des rouages du genre et l’on suit le cheminement traditionnel de l’individu qui s’aperçoit qu’il possède des pouvoirs, décide de faire le bien puis, a la fin, vainc sa némésis, celle-ci étant, bien entendu, son exact contraire. Là-dessus, on est en terrain familier et louons le réalisateur pour, non seulement, respecter scrupuleusement les canons du genre mais aussi, mine de rien, y apporter une touche toute personnelle qui rend l’intrigue assez crédible dans son déroulement : ainsi, plutôt qu’un film où, en deux heures, on aurait l’histoire d’un type qui se découvre des pouvoirs, les accepte tout de suite et sauve le monde a la fin, ici, les choses sont plus posées puisque le héros, Bruce Willis donc, prend son temps pour se décider a user de ses pouvoirs pour sauver la veuve et l’orphelin et, lorsqu’il le fait, le résultat est mi-figue, mi-raisin puisqu’il sauve deux enfants, leurs parents, eux, sont morts. Bref, une bonne idée qui pourrait contredire, comme tout ce que je viens de dire, mon impression peu enthousiaste pour ce film, c’est donc qu’il y a un souci… Et pas un petit, hélas : ainsi, Incassable souffre d’un énorme défaut, sa lenteur : qu’il n’y ait qu’une scène d’action, cela ne me gènes pas, au contraire, mais que Bruce Willis passe la quasi-totalité du film a, premièrement, hésiter, deuxièmement, discuter avec Samuel L. Jackson, troisièmement, hésiter a nouveau, quatrièmement, discuter avec Samuel L. Jackson, cinquièmement, hésiter avant de, pour faire court, discuter avec sa femme, hésiter derechef et discuter encore avec Samuel L. Jackson, mouais, au bout d’un moment, j’en ai eu plus que marre ! Bref, on s’ennui pas mal devant Incassable et on commence rapidement à trouver le temps plutôt long, ce qui est un comble puisque le film est court, une heure quarante environ. Dommage car les bonnes idées ne manquaient pas, le code super-héroique était parfaitement respecté (peut-être même davantage que dans bon nombre de films du genre) et que la fin, elle, certes rapide, est plutôt pas mal. Mais bon, toutes les meilleures idées du monde ne suffisent pas à faire un grand film, loin de là, et pour ma part, désolé, mais ces trop importants défauts de rythme font que, de mon point de vu, Incassable n’en est pas un…


Points Positifs :
- L’utilisation quasiment parfaite de tous les codes super-héroiques : découverte des pouvoirs, décision de faire le bien, lutte contre la némésis du héros, celle-ci étant, cela va de soit, le parfait double négatif du héros. Même le nom de ce dernier, David Dunn, renvoi aux codes de Stan Lee chez Marvel avec le doublement des initiales, ici, DD – par exemple, Peter Parker, Red Richards, etc.
- Plans séquences, décors, effets de lumières tout en sobriété mais qui participent a l’ambiance, certains angles de caméra, oui, il n’y a rien à redire sur ce point là.
- N’oublions pas toutes les références au monde super-héroique, et elles sont nombreuses.
- Malgré un final très court, celui-ci n’en reste pas moins fort réussi : surprenant mais fort logique puisque on y respecte parfaitement les canons du genre.

Points Négatifs :
- Un énorme problème de rythme dans ce film où l’on passe beaucoup trop de temps a voir Bruce Willis hésiter, discuter avec Samuel L. Jackson, hésiter a nouveau, discuter a nouveau, etc. A un moment donné, c’est bien de faire avancer le schmilblick !
- Du coup, on a l’impression que le film est d’une longueur incroyable alors qu’en fait, bah, il est vachement court.
- D’ailleurs autre exemple : la scène des haltères qui dure des plombes…
- J’ai trouvé Bruce Willis plus sobre que dans d’autres films où il joue, mais bon, désolé mais j’ai beaucoup de mal avec cet acteur.
- Le personnage du gamin, désolé mais je l’ai détesté. Et puis, quel petit con a pleurnicher tout le temps et se plaindre de son père.
- Robin Wright est transparente au possible.

Ma note : 6/10