dimanche 13 septembre 2015

DHEEPAN


DHEEPAN

Dheepan est un combattant des Tigres tamouls. La guerre civile touche à sa fin au Sri Lanka, la défaite est proche, Dheepan décide de fuir. Il emmène avec lui une femme et une petite fille qu'il ne connaît pas, espérant ainsi obtenir plus facilement l'asile politique en Europe. Arrivée à Paris, cette « famille » vivote d'un foyer d'accueil à l'autre, jusqu'à ce que Dheepan obtienne un emploi de gardien d'immeuble en banlieue. Dheepan espère y bâtir une nouvelle vie et construire un véritable foyer pour sa fausse femme et sa fausse fille. Bientôt cependant, la violence quotidienne de la cité fait ressurgir les blessures encore ouvertes de la guerre. Le soldat Dheepan va devoir renouer avec ses instincts guerriers pour protéger ce qu'il espérait voir devenir sa « vraie » famille.


Dheepan
Réalisation : Jacques Audiard
Scénario : Jacques Audiard, Thomas Bidegain et Noé Debré, librement inspiré des Lettres persanes de Montesquieu
Musique : Nicolas Jaar
Production : Why Not Productions, Page 114, France 2 Cinéma
Genre : Drame
Titre en vo : Dheepan
Pays d'origine : France
Langue d'origine : français
Date de sortie : 26 août 2015
Durée : 109 mn

Casting :
Antonythasan Jesuthasan : Dheepan
Kalieaswari Srinivasan : Yalini
Claudine Vinasithamby : Illayaal
Vincent Rottiers : Brahim
Marc Zinga : Youssouf
Tarik Lamli : Mourad

Mon avis : En cette période où l’actualité est prise d’assaut par des images de centaines de milliers de réfugiés qui arrivent en Europe afin de fuir la guerre au Moyen-Orient et, pour beaucoup, les troupes dégénérées de DAESH, en cette période où nombreux sont ceux qui s’élèvent contre l’accueil fait par nos gouvernements de ces mêmes réfugiés et se souviennent, soudainement, qu’en bas de chez eux, il y a des SDF, alors qu’eux-mêmes n’ont jamais rien fait pour eux, bien au contraire, la thématique générale de Dheepan ne pouvait qu’éveiller ma curiosité car si cette fausse famille n’est pas syrienne, elle n’en fuit pas moins un conflit au Sri-Lanka (peu connu sous nos latitudes car pas assez vendeur) et, accessoirement, la mort. Du coup, entre une thématique qui colle parfaitement à l’actualité très récente et le fait que je suis moi-même enfant d’immigrés qui avaient fuit une dictature dans les années 70, dès les premières minutes, j’ai été conquis par cette histoire de ces trois êtres que le destin a réuni et qui essayent, avec difficultés bien sur, de se reconstruire un avenir dans notre pays… Alors bien sur, pour une famille qui n’en est pas vraiment une, les choses seront compliquées car entre la langue et les traditions a apprendre, il y aussi le fait qu’ils sont logés, parqués, dans une cité comme il en existe tant en France et où la racaille de banlieue fait la loi ; bien évidement, les bien pensants qui n’ont jamais mis ne serais-ce qu’un seul pied dans une citée trouveront que tout cela est exagérer, les autres, ceux qui doivent vivre avec ces dégénérés qui font la loi pendant que le gouvernement détourne le regard, ne retrouveront, finalement, que leur simple quotidien… Alors bien sur, il est pour le moins amusant de voir quelques racailles se moquer du héros, ce gardien dont ils ne se doutent absolument pas qu’il est un ancien soldat et qu’il est, de fait, mille fois plus dangereux qu’eux, de même, il est intéressant de voir toutes les difficultés d’intégration, malgré toute la bonne volonté du monde, de cette famille de réfugiés – et pourtant, ils en font des efforts… Et puis, et puis… alors que tout coulait bien, alors que le film paraissait être parti pour atteindre des sommets, a l’orée du dernier tiers, ce fut la débandade totale : oublié la thématique des débuts, Dheepan devient un banal western moderne où notre héros se voit obliger de lutter contre les méchantes racailles, se donnant même le luxe, dans une scène surréaliste, de les massacrer tous les uns après les autres avant que ne survienne un improbable happy-end final… Et là, quand survint le générique de fin, j’en suis resté bouche bée : mais comment ont-ils put gâcher une œuvre aussi bonne de cette façon, comment avaient-ils osé tomber dans le grand n’importe quoi ?! Ah, il y a vraiment des questions auxquels je n’aurais jamais de réponses, mais franchement, quel dommage !


Points Positifs :
- Une thématique forte et qui, par le hasard de l’actualité récente, colle parfaitement à celle-ci, je veux bien évidement du sort des réfugiés de guerre et de leur intégration dans nos sociétés occidentales.
- Je pense que tout enfant d’immigré ne pourra qu’être intéressé par ce film qui, par moments, leur rappellera bien des souvenirs.
- Chapeau bas aux acteurs que je ne connaissais absolument pas mais qui sont excellents, rendant cette vrai-fausse famille pour le moins touchante.
- Mine de rien, c’est plutôt rare de voir la communauté tamoule portée à l’écran.
- Certes, j’ai trouvé la scène ridicule, mais bon, d’un autre coté, voir toutes ces racailles se faire massacrer par un soit disant simple gardien, ça a un petit coté amusant.

Points Négatifs :
- Les deux premiers tiers du film sont excellents, puis, tout a coup, les racailles prennent de plus en plus d’importance et le scénario se transforme en western moderne dont on ne comprend absolument pas l’intérêt, gâchant indéniablement l’impression finale.
- Quand Dheepan est en colère, il se transforme en Rambo et massacre des racailles a la machette ; alors certes, c’est peut-être une idée pour résoudre les problèmes des banlieues, mais bon, pour ce qui est de la crédibilité par contre…
- D’ailleurs, qu’un ex-soldat massacre des voyous qui ne sont, après tout, que des voyous qui jouent aux grands, c’est une chose, mais que cet ex-soldat échappe a la justice, c’est plutôt singulier.
- Le happy-end final est pour le moins curieux : tandis que la France aura été présentée comme une zone de non droit, l’Angleterre, elle, pays où il n’y a pas de problèmes comme chacun sait, apparait comme une espèce de Paradis… Mouais…

Ma note : 5,5/10

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