samedi 22 novembre 2014

JASON BRICE – CE QUI EST ÉCRIT


JASON BRICE – CE QUI EST ÉCRIT

A Londres, en 1920, le détective Jason Brice s’est fait une spécialité de démasquer les charlatans parmi les médiums et autres spirites abusant de la crédulité des pauvres gens. Aussi, ce cartésien de nature est-il durablement intrigué lorsque Theresa Prendergast lui soumet une nouvelle affaire pour le moins piquante. Cette jeune femme de la bonne société britannique vient en effet d’acquérir une belle demeure de campagne. Or, durant l’aménagement, son majordome Hopkins a trouvé un carnet quelque peu préoccupant, titré : « Le meurtre de Theresa Prendergast » ! A l’intérieur, il s’agit d’une nouvelle policière, rédigée par un dénommé Morgan Fatoy. L’écrivain y raconte avec moult croquis éloquents, l’histoire de la mort de la propriétaire du manoir et établit une liste de signes avant-coureur : un envol de corbeaux, des poissons morts, des anges qui disparaissent, un bébé mort, une pluie de sang… Or, depuis que Theresa a vécu le premier de ces signes, l’angoisse ne la quitte plus. Un seul élément ne colle pas : dans le roman, il manque un doigt à la main gauche de Theresa, alors que la jeune femme dispose bel et bien de ses 10 doigts. James Brice mène aussitôt son enquête auprès du précédent propriétaire de la demeure. Ce dernier lui apprend que Morgan Fatoy est décédé 12 ans auparavant, et qu’il avait un véritable don pour les prédictions. Par exemple, il avait décrit le naufrage du Titanic dans ses moindres détails, 10 ans avant qu’il ne se produise…


Jason Brice – Ce qui est écrit
Scénario : Alcante
Dessins : Jovanovic
Couleurs : Sébastien Gérard
Couverture : Jovanovic
Editeur : Dupuis
Genre : Esotérique, Historique, Policier
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 01 août 2008
Nombre de pages : 56

Mon avis : Le problème qui peut se poser, lorsque l’on est un dévoreur compulsif de bande dessinées en tout genre (la chose est valable pour d’autres médias), c’est qu’au bout d’un moment, il devient difficile de trouver de nouvelles œuvres franchement originales, particulièrement quand on a l’habitude de suivre certains auteurs qui ont la fâcheuse manie d’user et d’abuser des mêmes grosses ficelles. Mais malgré ce constat, réel, il arrive parfois que l’on tombe sur de véritables petites pépites, sur des bandes dessinées qui sortent un peu de la masse et qui nous font dire que, finalement, l’espoir n’est pas perdu. Alors bien sur, peut-être que je m’avance un peu trop avec ce premier tome de Jason Brice car bon, a bien y regarder, tout cela lorgne allègrement du côté de X-Files avec un enquêteur qui s’occuperait principalement des affaires dites paranormales, et ce, en pleines années folles, après la première guerre mondiale, en Grande Bretagne. Mais ce Jason Brice, dont le look lorgne du coté de l’acteur Daniel Craig – My name is Brice, Jason Brice – serait plutôt un mélange entre les agents Mulder et Scully puisque, si les affaires dites non classées sont son petit passe temps, il est aussi cartésien que la fort belle rousse. Peu importe, comme cette dernière dans X-Files, le sympathique mais un peu paumé Jason Brice va rapidement découvrir que la vérité est ailleurs et que, oui, parfois, il se passe de drôles de choses en Albion. Mais plus que le coté paranormal, ce qui retient l’attention du lecteur, c’est bien entendu l’enquête en elle-même, et ici, force est de constater que comme dans un bon polar d’Agatha Christie, l’on est rapidement captiver du début à la fin… Qui est le coupable : le majordome, le frère, la rivale amoureuse ou bien, ou bien, ce fichu journal prophétique (inspiré d’un roman réel, Le naufrage du Titan, écrit par Morgan Robertson, et qui, 14 ans avant le naufrage du Titanic, préfigurait celui-ci) est il bel et bien réel, le sort de la jeune Theresa Prendergast étant, de fait, indéniablement scellé ? Cela, Jason Brice et le lecteur ne le découvriront que dans un final franchement étonnant mais qui achève, au demeurant, de fort belle manière, le premier tome d’une série qui démarre de fort belle manière. Espérons maintenant que la suite soit du même acabit car désormais, cela me peinerait grandement d’être déçu si ce n’est pas le cas…


Points Positifs :
- Etant un ancien grand fan de la série X-Files, je ne peux que me réjouir du synopsis de ce Jason Brice qui lorgne franchement du coté de celle-ci mais en délocalisant le lieu et l’époque puisque, ici, nous nous trouvons aux débuts des années 20, en Grande Bretagne.
- Ambiance paranormal mélangée fort habilement a celle des polars d’Agatha Christie : hum, le mariage a plutôt accouché d’un fort beau bébé.
- Le scénario d’Alcante est captivant au possible, impossible à lâcher et, accessoirement, un modèle du genre.
- Nous avons là un Jovanovic fidèle à lui-même, c’est-à-dire bon, très bon même, et dont les dessins sont superbement mis en valeur par la colorisation de Sébastien Gérard.
- Jason Brice est une série, certes, mais un tome qui se suffit à lui-même, ce n’est pas plus mal à notre époque.
- Une belle couverture que nous avons là.

Points Négatifs :
- Curieusement, ou pas, je n’ai pas vraiment accrocher au héros ; je trouve que ce brave Jason manque un peu de charisme voir même, fait un peu empâté… mais bon, vu ses cauchemars liés a la guerre, nul ne doute que sa personnalité sera un peu plus développée par la suite.
- Bien évidement, certains pourront trouver a redire quand a ce mélange des genres – polar/paranormal – après, comme on dit, les gouts et les couleurs…

Ma note : 8/10

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