mardi 23 septembre 2014

PANDEMONIUM


PANDEMONIUM

Début des années 50. Doris est la maman d'une petite Cora, 7 ans et demie, atteinte d'une maladie qui pourrait être la tuberculose. Elle emmène sa petite fille au sanatorium de Waverly Hills, où elle même fut soignée 17 ans plus tôt, un établissement lugubre du Kentucky, où plus de 60 000 personnes venues guérir de la tuberculose ont trouvé la mort au siècle dernier. Elle est persuadée qu'elle trouvera là-bas les meilleurs médecins et les meilleures conditions de guérison pour Cora. Si l'arrivée dans l'établissement se passe pour le mieux, la mère et la fille se trouvent rapidement confrontés à des évènements inquiétants : hallucinations, rencontres des enfants avec un étrange personnage, prophète de la mort du quartier isolé des « nègres »… Ces phénomènes touchent aussi bien le personnel de l'hôpital que la petite Cora. Petit à petit, Doris réalise que la gigantesque bâtisse cache de sinistres secrets, dont la santé mentale et physique de sa petite fille pourrait pâtir…


Pandemonium
Editeur : Soleil
Scénario : Christophe Bec
Dessins : Stefano Raffaele
Couleurs : Marie-Paule Alluard
Genre : Fantastique, Etrange, Thriller
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 3 octobre 2012
Nombre de pages : 168

Mon avis : Christophe Bec étant indéniablement l’un de mes auteurs préférés, il est plutôt normal de le retrouver régulièrement sur ce blog et donc, après le premier volet de l’une de ses dernières séries en date, Deepwater Prison, dont je vous ai parler il y a sensiblement deux semaines, aujourd’hui, j’effectue un petit bon dans le temps avec une série un peu plus ancienne et désormais achevée, Pandemonium. Ici, le sieur Bec retrouve son vieux comparse de Prométhée, l’italien Stefano Raffaele et le familier du premier, connaisseur donc par la force des choses du second, sera donc en terrain connu, et histoire de ne pas changer, ou presque, une équipe qui gagne – car c’est souvent bel et bien le cas avec ces deux là – le synopsis de Pandemonium est dans la plus pure tradition de ce que nous livre Christophe Bec : oh, certes, pour une fois, on se passera des fonds marins, terrain de prédilection de l’auteur, cependant, en dehors de cela, nous avons bel et bien, sur trois tomes (ici, c’est la critique de l’intégrale), tous les éléments traditionnels d’une œuvre de Bec comme ce côté cinématographique à grand spectacle habituel, le fantastique voir même l’horreur, un sentiment d’oppression pesant au possible et tout un tas de protagonistes qui manipulent de pauvres héros complètement paumés. Dans Pandemonium, Bec aborde un cas réel, sanatorium de Waverly Hills, établissement où l’on était censé soignée les tuberculeux mais qui servait surtout de mouroir a ces derniers, et ce, loin des yeux d’une population indifférente ; un établissement a l’histoire pour le moins complexe et qui, de nos jours, est considéré comme l’un des lieux maudits les plus célèbres aux Etats-Unis. Bien évidemment, histoire de donner de la consistance a son récit, Christophe Bec ne peut s’éviter de nous pondre des histoires de fantômes, d’expériences médicales dignes d’un Docteur Mengele, et ce, tout en poussant l’horreur à son niveau le plus indicible, n’épargnant personne et encore moins ses lecteurs, ce qui, du coup, fait que cette œuvre n’est indubitablement pas à mettre entre toutes les mains. Cependant, malgré cette plongée dans l’horreur qui pourrait fortement ravir les amateurs du genre, Pandemonium, s’il débute plutôt bien et promet beaucoup, pèche, selon moi, par deux défauts importants : son inspiration évidente de tout un tas d’œuvres du même type au point même que par moments, on a l’impression de se retrouver devant un best-of du genre – mais bon, c’est la façon de faire de Bec – et sa dernière partie, réussi, certes, mais qui aurait méritée d’etre un peu plus approfondi au vu du nombre de protagonistes engagées – hum, un quatrième tome peut-être ? Enfin bon, malgré ces défauts, Pandemonium n’en reste pas moins une œuvre intéressante, certes pas aussi bonne que ce à quoi je m’attendais et sans nul doute réservée à un public averti, mais qui ravira pour son ton sombre au possible et parfaitement maitrisé.


Points Positifs :
- Du Christophe Bec sans grande surprise lorsque l’on est un familier de l’auteur – et en plus, le dessinateur est Stefano Raffaele, son fidèle complice – mais ce n’est pas non plus une tare si on l’apprécie, ce qui est mon cas.
- Inspiré de faits réels avec ce bien inquiétant sanatorium de Waverly Hills, Pandemonium nous entraine très loin dans l’indicible, surtout que les auteurs ne nous épargnent rien quant à l’horreur des lieux qui est tout, sauf suggérée.
- Le coté best-of du genre est à double tranchant : c’est appréciable de s’amuser à reconnaitre les nombreuses inspirations de Bec, mais, attention…
- Bien apprécier les deux personnages principaux mais n’attendez pas un happy-end à l’américaine… mère et fille vont en prendre plein la gueule et n’en sortiront pas tout à fait indemnes…
- C’est une intégrale, du coup, nous avons un bel article de qualité et surtout, bien moins cher que si je m’étais procuré les trois tomes.

Points Négatifs :
- Comme je l’ai précisé dans les points positifs, le coté best-of est à double tranchant et donc, du coup, trop d’inspirations d’autres œuvres tuent les inspirations…
- C’est franchement violent, très violent même (physique, sexuel et psychologique) et il me parait plus qu’évidant que Pandémonium n’est pas à mettre entre toutes les mains.
- La fin est, selon moi, un peu trop rapide au vu du sort des nombreux protagonistes : les événements s’enchainent à grand pas, on n’a pas le temps de souffler et l’on finit par regretter qu’il n’y a pas eu quelques pages de plus au programme.
- Certains soucis de colorisation par moments comme le docteur Severs qui a les cheveux blancs dans le premier tome et qui devient blond par la suite.
- Stefano Raffaele n’est pas le plus grand dessinateur au monde, cependant, je l’aime bien mais ici, il n’est pas encore au niveau qu’il a atteint sur les derniers albums de Prométhée et cela se ressent sur certaines planches…
- Défaut de l’intégrale : son plus petit format qu’un album traditionnel ce qui fait que le travail du dessinateur n’est pas aussi mis en valeur qu’en temps normal.

Ma note : 7,5/10

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