mardi 12 août 2014

LES RÉVOLTÉS DE L'ÎLE DU DIABLE


LES RÉVOLTÉS DE L'ÎLE DU DIABLE

Hiver 1915. Erling le dur et Ivar le tendre, deux jeunes, arrivent au centre de correction, situé sur une île qui lui est dédiée. Ils vont se trouver confrontés à une direction redoutable et vicieuse. Le personnage principal est Erling âgé de 17 ans envoyé à l'Île du Diable à la fin de l'automne. Il y rencontre notamment Olav, déjà pensionnaire depuis six ans, Ivar, Øystein et autres jeunes délinquants norvégiens. Le lieu est administré d'une main de fer par un être autoritaire ; il est secondé par Brahem, alcoolique et sans pitié. Sauront-ils résister ? Parviendront-ils à s'enfuir ?


Les Révoltés de l'île du diable
Réalisation : Marius Holst
Scénario : Dennis Magnusson, Eric Schmid, Mette M. Bølstad, Lars Saabye Christensen
Musique : Johan Söderqvist
Production : Les Films du Losange
Genre : Drame
Titre en vo : Kongen av Bastøy
Pays d’origine : Norvège, Pologne, Suède, France
Parution : 17 décembre 2010
Langue d'origine : norvégien
Durée : 115 min

Casting :
Benjamin Helstad : Erling « C-19 », jeune marin de 17 ans
Trond Nilssen : Olav Fossen « C-1 », le jeune responsable de la section « C »
Stellan Skarsgård : Bestyreren, le directeur du centre
Kristoffer Joner : Bråthen, le surveillant « maître d'internat »
Magnus Langlete : Ivar « C-5 »
Morten Løvstad : Øystein
Ellen Dorrit Petersen : Astrid, la femme du directeur
Frank-Thomas Andersen : le garçon de ferme du centre

Mon avis : Depuis un certain Millenium venu tout droit de Suède puis Forbrydelsen, géniale série danoise dont je vous ai parlé de la troisième saison il y a tout juste quelques jours, je suis de plus en plus familier avec les œuvres originaires des pays scandinaves, de cette Europe du nord sombre, glaciale mais tellement – et les œuvres cités précédemment en sont le plus bel exemple – talentueuses. Ainsi, hier soir, en découvrant que la chaine franco-allemande, ARTE, proposait un long métrage norvégien, je n’ai guère hésité, quitte à en payer le prix aujourd’hui : mais comment ont-ils put le diffuser en seconde partie de soirée, un soir de semaine !? Alors bien entendu, que ce film soit norvégien ne fut pas ma seule et unique motivation, loin de là ; pour que je m’accroche jusqu’à minuit passé, il fallait de bonnes raisons et un scénario alléchant, ce qui était le cas puisque ces Révoltés de l’Île du Diable nous narraient le sort d’adolescents reclus dans une maison de correction au beau milieu de nulle part, il y a de cela un siècle. Une maison de correction de bien triste mémoire puisque l’intrigue est tirée d’une histoire vraie ; enfin, disons qu’elle brode sur un événement historique bien réel – la révolte, en 1915, des pensionnaires du lieu. Et, ma foi, dès les premières minutes, si je devais encore avoir des doutes quant à l’intérêt de regarder ce film, ceux-ci s’envolèrent aussitôt : décors et lieux forts inhospitaliers (une ile norvégienne d’où l’on ne peut pas s’échapper), un personnel du centre d’une dureté extrême et des pensionnaires qui vont en baver tout au long des deux heures que dure ce long métrage. Et justement, puisque j’en suis arrivé à eux, comment ne pas louer leur performance d’acteurs a tous ces jeunes qui pour la plupart n’étaient pas des professionnels, certains ayant même fréquenté dans le passé les geôles de leurs pays respectifs – véridique ! Car oui, ces Révoltés de l’Île du Diable, en dehors de quelques acteurs professionnels, est porté à bout de bras par des gamins qui n’avaient jamais tourner le moindre film pour bon nombre d’entre eux ; chapeau bas en tout cas… surtout qu’en plus, nous avons affaire à un très bon huit-clos, sombre a souhait pour ne pas dire violent (tant physique que psychologique), où est mis en avant la cruauté humaine, l’ambition voir même le sadisme, mais aussi l’espoir, l’espoir de s’évader, de quitter cette île maudite, même si tout cela, forcément, ne sera qu’un vœu pieu. En tous cas, avec ces Révoltés de l’Île du Diable, nous avons une fois de plus la preuve que le cinéma nordique se porte bien, très bien même, et que, complètement libre des contraintes subies par la profession outre-Atlantique, celui-ci nous livre perles sur perles…


Points Positifs :
- Ce n’est pas la première fois qu’un film a pour cadre une prison, certes, mais ici, entre le lieu – une île paumée au large de la Norvège – une météo pour le moins glaciale et des enseignants aux méthodes pour le moins brutales (voir pire), le dépaysement est bel et bien au rendez-vous.
- Un grand bravo à tous ces jeunes acteurs qui, justement, n’en sont pas pour la plupart et qui passaient donc pour la première fois devant les caméras : c’est toujours mieux que les « fils et les filles de » qui polluent le cinéma français.
- Le côté désespéré du film, le manque d’espoir des pensionnaires ou ce qu’ils sont prêt à faire pour s’en sortir.
- C’est violent, très violent même par moments mais ici, la brutalité et le sadisme collent parfaitement à l’intrigue et l’on ne sent pas l’exagération que peuvent avoir des œuvres américaines par exemple.
- Le fait que ce soit tiré d’une histoire vraie – certes fortement romancée. Je ne connaissais pas cette maison de redressement et de même le sort de celle-ci, de nos jours (une prison ultra-moderne et écolo) m’aura intéressé.  

Points Négatifs :
- Bon, après, ça reste un film sur des gamins dans une prison et qui veulent s’évader me rétorqueront les plus cyniques, ce qui n’est pas faux, certes, mais il y a l’art et la manière de faire et ici, reconnaissons que la qualité est au rendez-vous. Après, certains n’apprécieront pas le rythme du film, plus calme et posé que la majeure partie des productions cinématographiques.
- Dommage que certaines scènes ne soient pas davantage approfondies ; idem pour certains protagonistes également – je pense à C-5 justement, mais bon, je chipote un peu…  

Ma note : 8/10

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