mardi 1 avril 2014

WW 2.2 – CHIEN JAUNE


WW 2.2 – CHIEN JAUNE

A l’est, tout est nouveau. Les Américains ont du mal à maintenir l’alliance avec le Japon, car ils veulent récupérer des territoires en échange de l’aide apportée. Staline profite de ce flottement et tente de repousser les Japonais. En Chine, Mao renverse Tchang Kai Chek et récupère les armes américaines qui servaient au départ à lutter contre les communistes ! Mao se rallie à Staline et la lutte sino-japonaise est terrible. Les Japonais se battent jusqu’à la mort mais ne peuvent s’empêcher de reculer sous les assauts. Ils tentent à tout prix de garder Pékin. C’est dans ce contexte très tendu que le sous-lieutenant britannique Matthew Hayward arrive à Pékin en 1943. Il doit servir de traducteur, puisqu’il parle aussi bien le japonais que le mandarin. Passionné par l’Asie, il va vite comprendre que sa mission n’est guère touristique.


WW 2.2 – Chien jaune
Editeur : Dargaud
Scénario : Hubert
Dessins : Etienne Le Roux
Couleurs : Vincent Froissard
Genre : Uchronie, aventure, historique
Pays d’origine : France
Langue d’origine : français
Parution : 30 aout 2013
Nombre de pages : 52

Mon avis : Dans ma précédente critique, consacrée au cinquième tome de la saga uchronique WW 2.2, je faisais état de ma relative déception au sujet de celle-ci, pointant du doigt tout un tas de défauts qui, selon moi, faisaient que cette bande dessinée paru aux éditions Dargaud était loin d’etre à la hauteur de ce que un tel sujet, une autre Seconde Guerre Mondiale, aurait pu nous offrir. Cependant, je concluais cette même critique avec l’espérance que le sixième tome de la série, Chien jaune, dont j’avais lu bon nombre d’excellentes critiques, rehausse un peu le niveau, et donc, je n’ai guère perdu de temps et a peine la critique d’Une odyssée sicilienne publiée sur ce blog, je me suis littéralement jeter sur ce Chien jaune dont j’avais entendu tant de bonnes choses. Eh ma foi, la première bonne nouvelle, c’est que celles-ci étaient on ne peut plus justifiées. En effet, s’il ne faudrait retenir qu’un seul et unique tome de WW 2.2, si l’existence de cette série ne devait sa justification qu’a un seul volume, cela serait indéniablement ce dernier, car là, enfin, après bien des déceptions et quelques rares albums plutôt moyens, Chien jaune, en nous entrainant sur le continent asiatique, est l’exemple type de ce que peut etre une excellente BD lorsque la magie opère : scénariste inspiré, dessinateur au top, sujet parfaitement maitrisé et prise de risque assumé, ici, il est évidant que tous les éléments pour faire une réussite sont au rendez-vous et, ma foi, quel bonheur ! Car ce Chien jaune, au-delà de l’hommage parfaitement appuyé et assumé a Tintin et plus précisément a un certain Lotus Bleu, au-delà de la série où se déroule son intrigue, est avant toute chose un indicible voyage qui nous est offert et qui entrainera le héros du récit (et le lecteur), personnage naïf et rêveur, dans les bas-fonds de l’âme humaine. Bien évidemment, ici, ce sont les actes de barbarie de l’armée impériale nippone qui sont mis en avant, barbarie envers les populations civiles, les prisonniers militaires, mais aussi, car dans cette BD, il n’y nul manichéisme, les auteurs ne cachent pas d’autres bas-fonds, ceux de la diplomatie et plus particulièrement en temps de guerre, qui fait que les intérêts militaires passent largement avant ceux des civils. Sincèrement, une franche réussite, à lire et à relire et qui, si certains ont pu trouver cette BD d’une extrême violence, qu’ils n’oublient jamais que la guerre, ce n’est pas des actes héroïques a tout va mais avant toute chose, une horreur sans nom où l’homme peut faire étalage de sa face la plus sombre.


Points Positifs :
- Un scénario en béton armée, dur, crédible, marquant au possible : enfin, un tome de WW 2.2 se démarque de la médiocrité d’ensemble de la série, et pas qu’un peu !
- Un bel hommage au Lotus Bleu de Tintin : les références sont nombreuses et flagrantes (le héros se lie même d’amitié avec un soldat nippon… Tchang) et d’ailleurs, Matthew Hayward a de faux airs d’Hergé, vous ne trouvez pas ?
- Etienne Le Roux nous offre des planches magnifiques, avec un ton qui va en s’assombrissant au fil des pages et de la descente aux enfers du héros.
- Bien évidement, c’est une œuvre de fiction, mais les exactions de Nankin, elles, furent bien réelles sans oublier le comportement en général de l’armée nippone au cours du conflit envers les civils et les militaires adverses. Quant aux américains qui cachent les horreurs de leur allié, franchement, quand on pense à la véritable Guerre Mondiale et les américains et britanniques alliés aux soviétiques qui étaient, comme chacun sait, des enfants de chœur…
- C’est dur, violent, insoutenable même par moments ?! Mais enfin, c’est cela la guerre.

Points Négatifs :
- En toute sincérité, je n’en vois aucun tant je trouve cet album quasiment parfait de bout en bout ; certes, il fait malheureusement parti d’une série, WW 2.2, qui n’est pas à sa hauteur, mais bon…

Ma note : 8,5/10

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