samedi 2 novembre 2013

WW 2.2 – SECRET SERVICE


WW 2.2 – SECRET SERVICE

Fin 1941. Pendant que la guerre s’enlise, derrière les frontières, tous jouent de leur influence pour tenter de s’attacher des nouveaux alliés. En Allemagne, victime d’un coup d’état et de la reddition de l’Espagne face aux Français, Göring a cédé la place à l’ambitieux nazi Heinrich Himmler qui continue d’envoyer ses averses de pluie mortelle sur la capitale britannique. En Angleterre, Churchill est inquiet, il sent que le conflit échappe aux Alliés, il se sent trahi, même au cœur des services secrets. Il décide alors de mettre sur pied un plan machiavélique, un stratagème audacieux qui forcera Roosevelt, encore hésitant, à entrer dans le conflit. Pour l’organiser, il fait appel à un as du contre-espionnage et un vieil ami, l’agent X. Reste à trouver la chèvre…


Il y a de cela une semaine, je débutais sur ce blog les chroniques d’un énième cycle en bande dessinée, WW 2.2, uchronie sur la seconde guerre mondiale (au vu du nombre plus que conséquents d’œuvres existantes sur le sujet, il s’agit presque d’un pléonasme) qui nous narre donc, suite au décès d’Adolf Hitler, assassiné avant la guerre, un conflit bien différent que celui que l’on connait bien, un conflit où la Wehrmacht est bloquée dans sa guerre éclair contre la France et se voit contrainte à une guerre de positions comme on a pu le voir dans La bataille de Paris, un conflit où l’Espagne de Franco, alliée de l’Allemagne, tente de s’emparer de Gibraltar, point stratégique de toute la Méditerranée, comme cela fut narré dans le second tome, Opération Felix. Enième uchronie, donc, sur la seconde guerre mondiale, un sujet qui est tout sauf original mais qui n’en reste pas moins particulièrement vendeur, ce conflit attirant toujours autant, que ce soit d’un point du vue purement historique mais aussi, comme ici, imaginaire… surtout que, comme vous pouvez vous en doutez, s’il y a bien une période de l’Histoire de l’humanité où l’on peut imaginer mille et une choses différentes au contenu réel, c’est bien la dernière guerre ; pour son coté historique, prenant, pour les forces en présence, les hommes, sans oublier, bien entendu, que cela reste encore assez proche de nous et que notre monde moderne en est encore fortement marquer.


Quoi qu’il en soit, sans atteindre des sommets, les deux premiers volumes de WW 2.2 s’en sortaient plus ou moins bien : certes, selon moi, Opération Felix mieux que La bataille de Paris (celui-ci m’ayant légèrement déçu), mais bon, dans l’ensemble, cette série débutait dans la bonne moyenne, bref, une lecture agréable, parfois captivante et qui donnait un minimum envie de voir ce que pouvait donner la suite de la saga. Seulement, la problématique dans ce genre de bande dessinées, c’est que ces fameuses séries concepts, comme on les surnommes, sont souvent capables du meilleur comme du pire, et que, les auteurs étant différents d’un album à l’autre, certains étant plus inspirés que d’autres (voir même, n’ayons pas peur des mots, plus doués), a un fort bon album, une bouse sans nom peut parfaitement suivre, d’où un risque toujours présent à chaque nouvel tome. Mais bon, vu que les deux premiers tomes, sans etre géniaux, étaient pour le moins acceptables, il était de bon ton de se dire que ce troisième opus, Secret Service, serait, dans le pire des cas, dans la même lignée. Alors, le résultat final ?

Eh bien ma foi, force est de constater qu’après lecture de ce troisième tome de WW 2.2, je dois reconnaitre qu’affirmer que celui-ci est probablement le plus réussi jusqu’à maintenant n’est pas exagéré. Certes, je garde une petite préférence pour son prédécesseur, Opération Felix, l’intrigue de celui-ci m’ayant plus intéressé, mais si je dois etre plus objectif, si je dois reconnaitre la valeur intrinsèque de Secret Service et la comparer avec les deux premiers tomes de la saga, alors, l’évidence me saute aux yeux : oui, celui-ci est le meilleur, le plus abouti, le mieux construit mais aussi le plus… diabolique ! Diabolique dans le sens où l’est, bien entendu, tout récit d’espionnage, et ici, force est de constater que les auteurs s’en donnent à cœur joie, nous offrant un récit digne des plus beaux romans du genre. Un récit où une fois de plus, les britanniques règnent en maitre, mais il faut dire que depuis un certain 007, comment imaginer un espion crédible et doué qui ne soit pas au service de sa très gracieuse majesté ? Et dans le genre, ici, le lecteur est plus que servi avec X, personnage hautement énigmatique dont on se demande jusqu’au bout de l’album pour qui il travaille véritablement : son pays, l’URSS voir lui-même ? Avec Secret Service, les amateurs de récits d’espionnages, mais aussi les autres, seront tout bonnement aux anges, ne serais-ce que pour une intrigue, diabolique donc, et surtout très compliquée et qui nous mènera sur bien des fausses pistes tout au long des pages de cette BD ; un scénario complexe, captivant, qui mêle parfaitement personnages historiques – Churchill, le fameux Kim Philby, un certain Laurence d’Arabie – et imaginaires, X en tête de lice bien sûr, et qui, sans atteindre non plus des sommets (n’exagérons pas, ce n’est pas un chef d’œuvre non plus), n’en reste pas moins une fort bonne histoire d’espionnage, comme on les aime, et donc, jusqu’ici, le meilleur opus de WW 2.2.

Aucun commentaire:

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...