samedi 26 octobre 2013

WW 2.2 – LA BATAILLE DE PARIS


WW 2.2 – LA BATAILLE DE PARIS

Goering lance l'offensive sur la Belgique et la France. Mais des pluies torrentielles mettent fin aux espoirs d'une victoire rapide pour la Wehrmacht. Les Allemands ont pour objectif de prendre Paris. Vidée de ses occupants, la capitale est défendue par de petits groupes de soldats français... L'un d'eux, commandé par le sergent Meunier, va jouer un rôle décisif dans la bataille qui s'annonce, le premier tournant de la guerre que sera la bataille de Paris. Ce 1er tome de WW 2.2 commence par un prologue qui présente l'idée autour de laquelle se construit cette bande dessinée hors du commun : un homme raconte comment, en novembre 1939, il a tué Adolf Hitler...

Si le genre est peut etre un peu moins présent sur ce blog ces derniers temps (et encore, il suffit de penser à Inglourious Basterds pour se dire que celui-ci n’est pas tout à fait absent), lors des débuts du Journal de Feanor, l’Uchronie régnait en maitre, et ce, de bien diverses façons : ainsi, entre les romans, les bandes dessinées et donc, de temps en temps, certaines fictions, ce genre méconnu du plus grand nombre mais pourtant souvent utilisé par les auteurs, fut représenter sur ce blog par le biais de bien des œuvres, certaines de fort bonnes qualités, d’autres, un peu moins. Mais il faut dire que même si le genre uchronique semble moins présent par ici, ce n’est en aucune façon par un quelconque désintérêt de ma part, bien au contraire : encore aujourd’hui, celui-ci est l’un de mes types de SF préféré, et de loin, sauf que, à force d’en lire, eh ben, comment dire, passer à autre chose fait du bien aussi. Mais bon, lorsque l’occasion se présente, c’est toujours avec joie que je m’y replonge, ainsi, il y a de cela une semaine, en passant à ma médiathèque, lorsque j’ai découvert que celle-ci possédait les quatre premiers tomes de la série WW 2.2 (oui, je sais, le titre est pour le moins biscornu), je n’ai pas trop hésité, me disant que cela serait ainsi l’occasion de voir ce que cette bande dessinée, dont j’avais entendu parler depuis la sortie de son premier volume, l’année dernière, valait véritablement. Autrefois, je me serais probablement laissé tenter par son achat, étant devenu plus sage de ce côté-là afin de faire quelques économies, l’emprunt me semblait idéal, surtout qu’ainsi, je ne prenais pas le moindre risque : après tout, comme je l’ai dit, ce n’est pas parce qu’une œuvre a trait à l’Uchronie que cela est gage de qualité, loin de là.

Dans le genre uchronique, il parait évidant que les œuvres ayant le second conflit mondial pour toile de fond sont légions, pour ne pas dire, les plus nombreuses ; il faut dire que, près de soixante-dix ans après la fin de la guerre, celle-ci fascine toujours autant et les histoires que l’on pourrait créer à son sujet – réelles ou imaginaires – sont inépuisables. Et si, bien sûr, dans le genre littéraire, des romans comme Le Maitre du haut-château, Fatherland ou La part de l’autre tiennent le haut du pavée, la BD n’est pas en reste, le plus bel exemple, selon moi, étant l’excellent Block 109. D’ailleurs, il est amusant de constater que ce dernier et WW 2.2 partent du même postulat de départ, l’assassinat d’Adolf Hitler – au demeurant, le prologue de cette Bataille de Paris est pour le moins fort réussi, peut-être, mais c’est mon avis, le meilleur moment de l’album. Quoi qu’il en soit, dans l’un comme dans l’autre, la mort du Führer n’empêche en rien le conflit, sauf que, Uchronie oblige, les événements ne se déroulent pas de la même façon que dans la réalité. Une idée de départ, donc, loin d’etre originale car maintes fois abordées, mais qui peut accoucher du meilleur (oui, je sais, et du moins bon également), c’était le postulat de cette nouvelle série, prévue en sept albums, chacun d’entre eux abordant un lieu et un moment différent de cette autre seconde guerre mondiale. Et donc, ici, après l’échec de l’offensive éclair allemande, embourbée par la… pluie (sic mais pas si illogique quand on se dit que la prise de Moscou se joua, elle, a la chute des températures a un jour prêt), le début de l’album débute de fort bonne manière avec les négociations entres états-majors français et britanniques et la mise en place, qui en découle, d’un plan audacieux destiné à battre les troupes germaniques en les attirant dans Paris. Un bon départ, donc, qui promet énormément, sauf que… sauf que, la suite est bien moins enthousiasmante : ainsi, les auteurs préfèrent s’attarder sur la vie quotidienne d’une troupe de soldats stationnée dans la capitale, sur leurs états d’âmes, leurs petites manies, leur façon d’occuper le temps, leur personnalité, ce qui, ma foi, peut avoir son intérêt dans une œuvre, je ne le nie pas, mais un peu plus longue, car là, comment dire, en un seul tome, devoir se taper la vie quotidienne et l’attente de ses quelques soldats sur la quasi-totalité de l’album, c’est un peu décevant, surtout qu’avec le potentiel de départ, on pouvait s’attendre à autre chose de plus intéressant. Pourtant, les bonne idées ne manquent pas et même le parti pris, brutal et rapide de l’affrontement final où l’on ne voit quasiment rien est plutôt pas mal, hélas, une dizaine de pages passionnantes et réussites sur près de soixante, cela fait peu à mon gout.


Il est fort difficile de juger une œuvre sur ce seul premier tome, surtout que les suivant traiteront d’autres protagonistes en d’autres lieux d’opération, cependant, comme début de saga, j’ai déjà connu bien mieux. C’est pourtant dommage car, malgré le fait que le postulat de départ ne soit pas véritablement original, il y avait matière à faire bien mieux. Alors oui, les auteurs ont eu la volonté de nous montrer que la guerre, ce n’est pas que des exploits guerriers, des tirs dans tous les sens et des morts, mais aussi et surtout, une attente interminable et un traintrain quotidien vite usant, de même, l’on sent la volonté de réhabilité une armée française mésestimée par l’Histoire, suite à son écrasement par les allemands – alors que, et cela est oublié, les français ont lutter bec et ongles et fort dignement, ne tombant que contre meilleurs qu’eux. Cependant, malgré les bonnes idées et toute la meilleure volonté du monde, lorsque l’on arrive à la fin d’une BD et que l’on a l’impression de s’etre ennuyer, constatant qu’il ne s’est pas passé grand-chose, c’est qu’il y a un problème. Ni bon, ni mauvais, trop moyen à mon gout, ce premier tome de WW 2.2 n’aura pas été à la hauteur de mes espérances, mais bon, cela ne signifie en rien que la suite ne soit pas plus intéressante ?!

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