mardi 15 octobre 2013

LES REVENANTS


LES REVENANTS

Dans une ville de montagne dominée par un gigantesque barrage, le même jour, plusieurs personnes d’âges et de milieux différents, toutes désorientées, cherchent à rentrer chez eux. Ils ne savent pas encore qu’ils sont morts depuis plusieurs années, qu’ils n’ont pas vieilli et que personne ne les attend. Déterminés à reprendre une place qui n’existe plus, ils découvrent peu à peu qu’ils ne sont pas les seuls revenants et que leur retour s’accompagne de dérèglements croissants. Et si ce n’était que le début d’un bouleversement plus majeur encore ?


Il y a de cela environ un an, a un mois prêt, Canal +, une chaine dont j’avoue sans aucune difficulté ne pas etre très fan, diffusait le premier épisode d’une série française (cocorico), Les Revenants, dont le synopsis de départ avait éveillé mon attention : du jour au lendemain, dans une petite ville perdue dans les montagnes, des morts revenaient à la vie et retrouvaient leurs proches, famille et amis, qui, comme on peut s’en douter, avaient poursuivi entre temps leur vie. Ce postulat de départ, ma foi fort intéressant, possédait un potentiel plus que certain pour que l’on ait droit à une fort bonne série, ne serais-ce que pour les réactions des divers protagonistes, vivants et, comment dire, anciens morts : ainsi, les premiers, après le traumatisme que représentait la perte d’un proche, en subissaient un nouveau – déjà, ce n’est pas simple de voir « revenir » un mort, que l’on ait réussi à faire ou non son deuil, puis, comment ne pas craindre que celui-ci ne « reparte pas » – tandis que les seconds, tous frais ressuscités, étaient forcement paumés – incompréhension devant ce qui leurs arrive, retour impossible a une vie normale et, bien évidemment, réaction de leurs proches qui eux, bien entendu, ont poursuivi leur vie sans les attendre. Du coup, avec un postulat de départ aussi intéressant, une telle série ne pouvait que me plaire, et ce, qu’elle soit française ou pas.


Car il faut dire que malgré les fort bonnes critiques de la presse en général et des spectateurs sauf à la fin (mais je reviendrais là-dessus plus tard), Les Revenants partaient avec un handicap plus que certain : c’était une série française. Et oui, sous nos vertes contrées, il est de bon ton de dénigré ce qui est national et si, je le reconnais, bien des fois, cette réaction peut sembler plus que justifiée, a un moment donné, c’est plutôt injuste, surtout que, fut un temps, la France produisait de fort intéressantes séries – bon aller, je n’en cite qu’une seule mais Les Brigades du Tigre, c’était la classe tout de même – et qu’a un moment donné, il faut savoir ne pas jurer uniquement que par les américains et, bien entendu, s’ouvrir aux autres et surtout, à soi-même. Ainsi, messieurs dames, si les danois sont capable de nous offrir des Borgen ou des Forbrydelsen ou si les australiens nous pondent une magnifique The Slap, pourquoi les français ne le pourraient-ils pas ? Mission impossible ? Je ne le pense pas, surtout si on s’en donne les moyens (les producteurs) et si l’on oublie ses partis pris (les spectateurs).


Et donc, plusieurs mois s’écoulèrent avant que je n’ai eu l’occasion de juger par moi-même de ce que valait ces fameux Revenants – et oui, je n’ai pas Canal +. Presque une année, ce qui est fort long, jusqu’à ce que je trouve l’intégralité de la série à petit prix sur Priceminister – je sais, je dois etre le dernier à ne pas télécharger mais j’aime trop les objets pour cela – et que, finalement, en fin de semaine dernière, je puisse, à mon tour, suivre les péripéties de ces hommes et femmes revenus d’outre-tombe… Et quatre soirées plus tard, je pouvais enfin juger cette série.

Et bien disons tout de suite que oui, mille fois oui, la qualité est bel et bien au rendez-vous : vous êtes de ceux qui ne peuvent que dénigrer les productions françaises, pour vous, une série ou un film français sont forcements nuls, et bien, continuez à vous goinfrer des énièmes rediffusions de Friends ou allez donc voir Fast and Furious numéro, euh… je ne sais même plus tellement il y en a eu de sorti… vous passerez à coté de fort bonnes productions, mais tant pis pour vous. Car oui, Les Revenants sont une fort bonne série, réussie, on ne peut pas le nier, plutôt intelligente, captivante, et qui nous prouve que, parfois (car je suis réaliste aussi), on peut produire de fort bonnes choses en France. Alors bien sûr, les acteurs sont peu connus, les lieux encore plus et la façon de filmée l’ensemble, le ton général, tout cela perturbera les plus atteints, trop habitués aux productions du pays de l’Oncle Sam. Mais pour les autres, ceux qui savent que la qualité ne se limite pas outre-Atlantique, ceux qui aiment réfléchir, apprécier les choses différentes, une série comme Les Revenants ne peux que leurs plaire. Alors oui, bien sûr, c’est du fantastique, et le genre et peu voir pas du tout représenté sous nos vertes contrées – comme la Fantasy ou la SF, genre majeurs dans les pays anglo-saxons mais dénigré ici – et nombreux seront ceux qui ne daigneront même pas s’essayer à cette série de par son postulat de départ, pourtant, même si vous êtes allergique au genre, tentez l’expérience, dites-vous que la chose est possible puisqu’il ne s’agit que d’une fiction et apprécier… cela pourrait fort bien vous plaire.


Afin de ne pas gâcher le plaisir de la découverte pour tous ceux et celles qui n’auraient pas encore vu cette série, je ne dévoilerai rien du tout au sujet du développement de l’intrigue ; disons juste que, bien entendu, ici, ce qui prime, ce n’est pas l’action, la violence et les retournements de situations toutes les cinq minutes mais plutôt les interactions entre les nombreux protagonistes, les sentiments de ceux-ci et, forcément, les nombreuses questions qu’ils se posent tout au long des huit épisodes. Questions qui ne trouveront pas de réponses à la fin, et cela, je tennais à vous le signaler tout de même tellement ce choix scénaristique a fait couler beaucoup d’encre : Les Revenants s’achèvent brutalement, sans explications donc, et le spectateur non prévenu peut, bien entendu, ressentir une grosse déception. Sauf que, sauf qu’en fait, une seconde saison est prévu et que celle-ci devrait voir le jour, sauf problèmes, dans… un an, soit deux ans après la diffusion de la série, ce qui, je le reconnais, est le gros point noir : sincèrement, je veux bien oublier les quelques imperfections de la série, je veux bien minimiser quelques incohérences scénaristiques afin de ne retenir que le meilleur, car je pars du principe que cette série vaut vraiment le coup d’œil, mais deux ans entre deux saisons, surtout quand on sait comment s’achève la première, c’est énorme, et je trouve que les producteurs auraient pu faire un petit effort sur ce coup-là, mais bon, que voulez-vous, il faudra prendre son mal en patience… Car ces Revenants, je les ai tellement apprécié, que je ne peux avoir qu’une seule hâte : découvrir la suite et connaitre enfin le fin mot de l’histoire, enfin, si on daigne nous le donner… mais là, ils ont plutôt intérêt !

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