dimanche 29 septembre 2013

UN HEUREUX ÉVÉNEMENT


UN HEUREUX ÉVÉNEMENT

Quand est-ce qu'une histoire commence ? Au premier rendez-vous ? Au premier baiser ? Au premier Je t'aime ? « On était heureux, amoureux, au bout du monde. Par désir, par amour, par folie, on a fait un enfant. En fait, tout a commencé là ! ».


Hum, déjà, ça commence mal ! Lorsque j’écris une critique, que ce soit d’un film, d’un roman, d’une BD ou d’autre chose, j’aime bien avoir à vous proposer un résumé de présentation digne de ce nom, un truc solide, complet mais qui ne révèle pas non plus le scénario de l’ensemble de l’œuvre, mais bon, comment dire, qui ressemble a quelque chose. Du coup, lorsque je me retrouve avec un truc misérable qui tient en trois ou quatre lignes, un truc limite foutage de gueule, je ne peux qu’etre dubitatif : après tout, quand les éditeurs ne se donnent même pas la peine de mettre en avant de façon acceptable leur propre « produit », cela n’augure rien de bon. Alors bien sûr, ceci n’est qu’un petit détail sans grande importance, et ce n’est pas, a contrario, parce qu’une œuvre possède une présentation de trente lignes que celle-ci sera de qualité. Mais bon, j’ai mes petites manies et je ne pense pas changer à mon âge.


Curieusement, en préparant l’écriture de cette critique, je me suis rendu compte que justement, j’avais le parfait contre-exemple avec un film possédant un paragraphe de présentation de trois lignes mais qui s’était avéré, au final, non seulement excellent mais aussi, tellement marquant que, quatre ans et demi après l’avoir vu, je ne m’en suis toujours pas remis : Le premier jour du reste de ta vie. Mais au fait, pourquoi vous parler de ce long métrage alors que cette critique est consacrée à un autre film, Un heureux événement ? Eh bien, tout simplement parce que le réalisateur de ces deux œuvres est une seule et même personne : Rémi Bezançon – pour la petite histoire, on lui doit également Zarafa, le dessin animé avec une girafe. Du coup, et même si j’étais loin d’etre franchement emballer par l’achat de ce film, choisis par ma femme, le fait que le sieur Bezançon soit aux manettes me laissait sous-entendre que cet Heureux événement possède un petit je ne sais quoi qui puisse me plaire – toujours l’effet du Premier jour du reste de ta vie, vous l’avez compris. Argument, d’ailleurs, on ne peut plus dangereux : après tout, ce n’est surement pas parce que l’on a apprécié l’œuvre d’un individu qu’il en sera de même pour les autres.

Et donc, qu’en fut-il ? Eh bien, comment dire ? Déjà, si je dois avouer que dès le sujet de ce film, je ne m’attendais nullement à ressentir le même plaisir qu’avec Le premier jour du reste de ta vie, force est de constater que je m’attendais néanmoins à passer un moment agréable devant ce qui était présenté comme une comédie sur la grossesse et la vie de couple après la naissance. Sauf que, en fait, je m’étais un peu fait d’illusions sur ce film, m’attendant à une stricte comédie alors qu’en fait, l’intrigue en est fort éloignée puisque, si je ne nie pas que l’on peut sourire par moments, pendant la majeure partie des une heures quarante que durent ce film, on fait plus la grimace qu’autre chose : en effet, Un heureux événement, tiré du roman éponyme d’Éliette Abécassis, traite certes de la grossesse et des bouleversements qu’entraine l’arrivée d’un nouveau-né au sein d’un couple mais en aucune façon de manière positive ou drôle, le contraire étant plutôt exact. Ici, et sans faire trop de spoilers, disons que l’on passe de la vision de contes de fées de la grossesse a la vision cauchemardesque, bref, on passe d’un extrême a l’autre : en effet, ici, l’on comprend très rapidement que tout va aller mal, que cette belle petite histoire d’amour qui débutait si bien, qui promettait tant, va exploser en plein vol et que cet enfant, conçu par amour, sera à l’origine de la fin de ce même amour. Et du coup, alors que le spectateur néophyte pouvait s’attendre à une œuvre banal où, a un moment donné de l’intrigue, il y allait avoir des tensions mais où tout finirai bien, il se prendra au final coups sur coups, finissant même par se demander, si jamais il était dans ses projets de faire un bébé, s’il ne devait pas plutôt changer d’avis finalement !? Bien évidemment, ce parti pris qui ne nous montre quasiment que les mauvais côtés de la grossesse et de l’arrivée d’un nouveau-né en aura déplu a plus d’un et certes, tout cela est tout de même assez caricatural, cependant, si au final, je n’aurai pas forcément été emballer par ce film, mais sans le trouver mauvais en soit, ce n’est pas pour cela : déjà, je conçois parfaitement que oui, l’on puisse nous présenter une œuvre où l’arrivée d’un enfant ne soit pas un miracle de la vie qui n’apportera que du bonheur car en effet, des couples se séparent parfois après une naissance. Cependant, je trouve que l’ensemble s’attarde un peu trop sur certains stéréotypes, que ces personnages sont caricaturaux au possibles (et franchement, j’en ai assez de ses bobos qui squattent le cinéma français) et que, surtout, a un moment donné, quand on réalise une œuvre, quel qu’elle soit, et bien, on se donne la peine de bien la finir : non mais c’est quoi cette pseudo fin en queue de poisson où l’on ne sait même pas s’ils se remettent ensemble ou pas ou si l’héroïne – Louise Bourgoin, plutôt pas mal dans ce rôle – attend un autre enfant ou pas ? Ma femme ayant lu le roman, elle m’a expliqué la fin de celui-ci, mais sans cela, allez donc comprendre quoi que ce soit à cette fin ouverte… ou plutôt bancale !?


Bon, j’ai conscience que j’ai probablement été dur avec cet Heureux événement surtout que, avec du recul, je n’ai pas passé un mauvais moment à le regarder et que, même avec une fin ratée, ces quelques défauts dont je vous ai parlé et ce côté plutôt sombre d’une grossesse et du bouleversement que représente l’arrivée d’un enfant au sein d’un couple, le tout est plutôt bien filmer et les acteurs suffisamment bons. Mais bon, d’un autre côté, a aucun moment, je n’ai été emballé par l’histoire, a aucun moment, je me suis senti captiver par un scénario sans surprises et hautement prévisible qui serai peut-être mieux passé si cela avait été un vulgaire téléfilm diffusé l’après-midi en semaine : sympathique à regarder mais sans génie et que l’on oublie rapidement… Hum, mais j’y pense (et là, je pense que je vais en faire hurler plus d’un), c’est fou ce que j’ai l’impression que tout un tas de films français ressemblent à ces fameux téléfilms américains, allemands, australiens (ou de je ne sais quel pays), vous ne trouvez pas ?

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