lundi 2 septembre 2013

LES ROYAUMES D'ÉPINES ET D'OS – LE ROI DE BRUYÈRE


LES ROYAUMES D'ÉPINES ET D'OS – LE ROI DE BRUYÈRE

Au royaume de Crotheny, tout semblait paisible depuis deux mille ans. Jusqu’à ce que la jeune princesse Anne ne découvre la crypte inconnue de son ancêtre, la légendaire reine Virgenye Dare, dans les jardins luxuriants de la cité sacrée des morts. Et non loin de là, le forestier du roi, Aspar White, tombe nez à nez avec une bête monstrueuse qui n’existait que dans les légendes et les cauchemars. La famille royale est bientôt en proie à la terreur, confrontée à une trahison que seule la sorcellerie aurait pu accomplir. Crotheny, la nation la plus puissante de la planète, est en danger : le Roi de bruyère, annonciateur d’apocalypse, s’est éveillé de son sommeil. Ainsi débute la geste des Royaumes d’épines et d’os, une saga épique de complots et de maléfices...

Il y a de cela quelques semaines, lors de ma critique de ce fort bon ouvrage qu’était La Trilogie du Minotaure, je vous disais que j’avais profité de cet été pour me replonger dans la lecture d’anciens romans de Science-Fiction et de Fantasy que j’avais déjà lu avant l’existence de ce blog et qui, par la force des choses, n’avaient pas eu droit à leurs critiques. J’avais fait ce choix pour permettre justement à ces œuvres d’avoir droit de citer dans le Journal de Feanor mais également afin de réaliser quelques économies : acheter encore et encore, c’est une chose, mais a un moment donné, il faut se calmer, ne pas hésiter à se replonger dans des ouvrages lus auparavant et surtout, en profiter pour, enfin, s’attaquer à d’autres qui sommeillent dans nos bibliothèques depuis des lustres, certains mêmes depuis des années ; oui, vous savez, ces fameux bouquins que l’on achète sur un coup de cœur, qu’on se dit qu’on lira bientôt et qui ne servent qu’à agrandir notre PAL. Et justement, dans cette catégorie de romans que « je lirais bientôt promis juré », je possédais depuis… oh, début 2008 au moins, les premiers tomes d’un cycle de Fantasy intitulé Les Royaumes d’Epines et d’Os et œuvre d’un certain Greg Keyes, un auteur qui est déjà apparu sur ce blog avec un autre de ses cycles, L’âge de la déraison, une sympathique Uchronie plutôt réussie se déroulant dans un XVIIIème siècle parallèle et où apparaissait des figures historiques comme Benjamin Franklin, Louis XIV, Isaac Newton, Pierre le Grand et Charles XII de Suède. Du coup, souhaitant m’attaquer un peu à ma fameuse PAL et comme j’avais gardé un fort bon souvenir de mes deux lectures de L’âge de la déraison, je me suis dit qu’il était justement grand temps de m’attaquer à cet autre cycle de Greg Keyes dont j’avais entendu le plus grand bien… mais pas seulement.


Premier volet acheté début 2008 (voir fin 2007 peut-être, je ne sais plus très bien), lecture de celui-ci en aout 2013, on pourra dire que j’aurais pris mon temps pour me plonger enfin dans ces Royaumes d’Epines et d’Os, pourtant, quelques temps après l’achat de ce premier tome de la saga, Le Roi de Bruyère, j’avais déjà essayer de le lire avant d’abandonner au bout d’une centaine de pages, chose que je n’ai plus jamais fais depuis pour un livre : il faut dire qu’il y a cinq ans, j’étais davantage attiré par la science-fiction et les uchronies que par la Fantasy, genre qui me gonflait alors un peu alors – tout ce cirque autour du Seigneur des Anneaux avait finis par me dégouter avant que, petit à petit, et par le biais d’autres œuvres plus adultes, je n’y revienne. Du coup, et encore sous le coup de la lecture de L’âge de la déraison, je n’avais pas trop accroché au Roi de Bruyère : pas assez original pour moi, un style un peu curieux avec tous ces noms modifiés par Keyes on ne sait pas trop pour qu’elle raison, des personnages que je trouvais stéréotypés et une intrigue qui me laissait de marbre, tout cela m’avait fait abandonner la partie au bout d’un peu moins de cent pages. Puis, bien entendu, les années passèrent, j’eu l’occasion de lire bien des ouvrages, de me replonger dans la Fantasy, de découvrir également d’autres genres avant de, finalement, en cette fin de juillet, début aout, je ne me décide, un peu sur un coup de tête, à redonner une chance à ces Royaumes d’Epines et d’Os : quelques critiques par ci, d’autres par la et Le Roi de Bruyère sortie finalement de ma PAL, on peut le dire, il était temps !

Mais alors, ais-je changer d’avis au sujet de cet ouvrage cinq ans plus tard ? Et bien déjà, je suis allé jusqu’au bout de ma lecture de celui-ci, ce qui est déjà une évolution plus que positive mais ce qui ne signifie pas non plus que je l’ai apprécié : à quelques reprises sur ce blog, j’ai pu aller au bout d’un livre pour le descendre en flèches au final. Cependant, rassurez-vous, ce ne sera pas le cas aujourd’hui car après coup, il apparait évidant que j’avais été plutôt injuste à l’encontre de Greg Keyes et de son œuvre il y a quelques années. En effet, il apparait à la lecture de ce Roi de Bruyère que nous avons là un fort bon roman du genre, qui certes, n’est pas original pour un sou puisque je continue à penser que les personnages sont stéréotypés au possible et que sur ce point, il y aurait pu y avoir un travail de fait sur ceux-ci, jugés du peu : entre le rodeur bourru, le jeune moine studieux, le chevalier idéaliste et amoureux, je bretteur charmeur et inconstant, la princesse insoumise qui petit à petit, prend conscience de ses responsabilités etc. De même, ici, pas de zones d’ombres, pas de protagonistes qui oscillent entre le bien et le mal, soit on est gentil, soit on est méchant, très méchant même, et franchement, ce choix peut paraitre plus que navrant à notre époque. Pourtant, et aussi incroyable que cela puisse paraitre – car bon, comment dire, rien que pour ces raisons, j’aurais pu haïr cet ouvrage – j’ai plutôt apprécier Le Roi de Bruyère : est-ce ce pour son scénario qui, sans etre d’une originalité à toute épreuve, est plutôt bien ficelé, est ce dut au fait que Greg Keyes sait parfaitement captiver l’attention de ses lecteurs avec ses courts chapitres qui ont tendance à s’achever brutalement, laissant souvent l’incertitude planer sur ses personnages avec lesquels il oscille de l’un a l’autre, est-ce aussi tout bonnement parce que l’histoire en elle-même est plutôt bonne voir tout simplement par le simple fait que tout ce qui entoure ces vieilles légendes sur le Roi de Bruyère, sur ces anciens Dieux vaincus par de nouveaux qui se font appelés Saints désormais, sur les événements survenus dans le passé où l’espèce humaine s’est libéré de l’esclavage d’une mystérieuse race ainsi que, tout simplement, l’on ne peut s’empêcher de se dire que tous ces mystères semblent cacher quelque chose d’énorme, et bien, on se retrouve au final avec une œuvre qui n’est peut-être pas le truc le plus génial qui soit, mais qui n’en reste pas moins suffisamment captivant pour donner envie de découvrir la suite et se plonger dans ses trois autres tomes.


Je trouve tout de même plutôt dommage que l’auteur n’a pas davantage creusé la personnalité de ses personnages car, tout de même, ceux-ci semblent tellement caricaturaux  et certaines de leurs réactions sont tellement évidentes que cela nuit à la qualité générale de l’ensemble ; dommage, oui dommage car je pense qu’il ne manquait pas grand-chose pour faire de ce Roi de Bruyère quelque chose de vraiment énorme. Mais bon, dans l’ensemble, nous avons tout de même un fort bon début pour un énième cycle de Fantasy, avec pas mal de qualités et qui donne envie de se lancer dans la suite – et puis, certes, ses personnages sont de vrais caricatures mais ils n’en restent pas moins attachants. Par contre, il me vient un questionnement qui me semble plutôt judicieuse : il y a cinq ans et demi, j’avais eu le plus grand mal à me plonger dans la lecture de ce premier tome des Royaumes d’Epines et d’Os car à l’époque, je ne lisais pas énormément de Fantasy, mais désormais, après toutes les œuvres diverses que je me suis envoyé en quelques années, et surtout, après m’etre taper un monument comme Le Trône de Fer, est ce que je ne compare pas un peu trop le cycle de Greg Keyes a celui de Martin ? Hum, je pense qu’il y a un peu de cela et que, peut-être davantage apprécier Le Roi de Bruyère, ou aurait été moins regardant sur ses quelques défauts, si je n’avais pas lu auparavant un ouvrage qui est tout bonnement considéré comme étant l’un des monuments de la Fantasy ?!

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