mardi 17 septembre 2013

LES ROYAUMES D'ÉPINES ET D'OS – LE PRINCE CHARNEL


LES ROYAUMES D'ÉPINES ET D'OS – LE PRINCE CHARNEL

Quand le légendaire Roi de bruyère s'est éveillé, une période de ténèbres et d'horreur s'est abattue sur le royaume de Crotheny. Toutes sortes de créatures rôdent dans les villages et les forêts. La folie s'est emparée des paisibles habitants. A Eslen, la reine Murielle est seule, victime d'une ignoble trahison. Elle aide son unique fille encore en vie, Anne, à s'enfuir loin du massacre. Un long périple attend la jeune femme sur la route du sanctuaire de ses ancêtres. Au même moment, les espions de Praifec Hespero, le puissant prêtre, se lancent à la poursuite du Roi de bruyère pour le détruire. C'est le début d'une véritable inquisition qui pourrait mettre en péril le royaume tout entier.

Au début du mois, il n’y a pas si longtemps quand on n’y pense, je vous proposais sur ce blog la critique du premier tome d’une saga de Fantasy intitulé Les Royaumes d’Epines et d’Os, œuvre d’un certain Greg Keyes, un auteur dont j’ai déjà eu l’occasion, pour ne pas dire le plaisir, de vous parler pour un autre de ses cycles, l’Uchronie fantastique L’âge de la déraison. Comme je l’avais souligné alors, il m’avait fallu quelques années pour me décider à, finalement, me lancer dans la lecture de cette œuvre, dont je possédais les trois premiers volumes depuis cinq bonnes années environ – depuis, cela va de soi, je me suis procurer le dernier tome. Et donc, lors de la critique de ce premier tome de la saga, Le Roi de Bruyère, j’avais fait, comme il se doit, étalage de l’ensemble des points positifs et négatifs (sauf un par oubli mais j’y reviendrais) d’une œuvre qui, malgré le fait qu’elle ne semblait pas franchement originale, tant de par son synopsis que par ses personnages, n’en restait pas moins plutôt agréable à lire et promettait de fort agréables moments d’évasion comme, selon moi, seul la lecture sait nous en offrir. Mais alors, le second volume des Royaumes d’Epines et d’Os fut-il à la hauteur de mes premières impressions, ais-je été satisfait par la tournure scénaristique de l’intrigue, Greg Keyes a-t-il su me captiver comme, il y a quelques années de cela, il le fit avec L’âge de la déraison ? C’est ce que je vais vous expliquer ci-dessous sans plus attendre !

Tout d’abord, avant d’aller plus loin, revenons sur ce petit point négatif dont j’ai oublié de vous parler lors de la critique du premier tome de la saga, ce qui, au demeurant, est une faute impardonnable car celui-ci est loin d’etre un détail : le tutoiement. Dans Les Royaumes d’Epines et d’Os, ce qu’il y a de génial, c’est que tout le monde tutoie tout le monde : ainsi, même si vous êtes un simple gueux, vous pouvez dire « tu » a une princesse ou vous adressez a l’Empereur comme si vous aviez élevez les cochons ensemble, ce qui, au regard de la langue française et de nos habitudes, et pour le moins singulier. Bien évidemment, l’on pourra me rétorquer que dans la langue anglaise, la distinction entre le tu et le vous n’existe pas et que, du coup, il est habituel de tutoyer tout le monde ; n’étant pas un expert linguiste, ce n’est pas si, du coup, l’on tutoie tout le monde ou si l’on vouvoie, par contre, étant portugais, je sais que les brésiliens, eux, n’utilisent jamais le tutoiement, se contentant du vous – voçé. Alors bien sûr, vous pouvez vous demander où je veux en venir avec tout cela mais disons que, justement, dans la langue française, la distinction existe bel et bien et puisque nous lisons cette œuvre en français, il me semble que l’utilisation du tu et du vous soit nécessaire, surtout que j’ai franchement le plus grand mal à lire, pour la énième fois, un serviteur qui tutoie son maitre, un paysan qui fait de même à un noble, etc. Bref, un défaut d’importance, mais qui a plus avoir avec la traduction en elle-même qu’avec l’œuvre a proprement parlé ; même si, du moins c’est mon cas, cela gâche par moments le plaisir de la lecture.


Ce qui est fort dommage car pour le reste, c’est franchement excellent, d’ailleurs, si je trouvais déjà bon nombre de points positifs à la lecture du Roi de Bruyère, non seulement, ici, ils sont toujours présents, mais qui plus est, en plus grand nombre : ainsi, entre de nouveaux protagonistes qui font leur apparition et qui viennent, en quelque sorte, remplacer les disparus du premier volume (qui, au demeurant, furent nombreux à passer l’arme à gauche) dont un certain compositeur plutôt bien réussi, des personnages que je trouvais plutôt stéréotypés (oui bon, ils le sont toujours) mais qui gagnent énormément de profondeur dans ce second volume, et une intrigue qui gagne en complexité et en coups de théâtre en tous genres, force est de constater que ce Prince Charnel est le digne successeur d’un Roi de Bruyère déjà fort réussi. Ici, les divers protagonistes voyagent pas mal, se perdent, se retrouvent et finissent tous dans un final pour le moins diablement bien trouvé et l’on ne peut que louer l’inventivité de l’auteur, le sieur Greg Keyes, de réussir la gageure de nous tenir en haleine de bout en bout au point que, au bout de deux tomes et maintenant que j’en suis arrivé à la moitié de la saga, je me dis que celle-ci possède un fort potentiel et ne dénote en aucune façon si je dois faire une comparaison avec une autre œuvre de Keyes, L’âge de la déraison, qui m’avait tant plu il y a quelques années. A voir maintenant ce que donnera la suite mais ce qui est sûr, justement, c’est que j’en suis déjà à une centaine de pages dans ce troisième tome et que pour le moment, c’est toujours aussi bon !

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