vendredi 16 août 2013

CALCULATING GOD


CALCULATING GOD

Un vaisseau extraterrestre se pose sur le toit du Royal Ontario Museum de Toronto. Une créature à six jambes et deux bras demande alors le plus calmement du monde de rencontrer un paléontologue. Mis en présence de Tom Jéricho, spécialiste réputé des invertébrés, l’être explique que les civilisations de la galaxie, dont les résidents de sa planète natale, furent victimes de bouleversement écologiques similaires à ceux subis par la terre. Ce qui démontre à l’évidence l’existence de dieu… Reste à savoir quels sont ses réels desseins. Pour Jéricho, évolutionniste invétéré, le choc est rude : non seulement il découvre que les hommes ne sont pas seuls dans l’univers, mais le voilà confronté à un dilemme métaphysique aux conséquences extraordinaires.

Malgré les années, nombreuses au demeurant, qui se sont écoulées depuis ma première lecture de ce roman, je me souviens encore parfaitement comment j’avais été emballé par le résumé du quatrième de couverture la première fois où je suis tombé sur ce Calculating God. De mémoire, cela c’était passé dans un magasin, Gare de Lyon, les quelques mois où je vivais à Melun, en 2006. Immédiatement acheter, lu plutôt rapidement, à l’époque, j’avais plutôt apprécié cette œuvre du canadien Robert J. Sawyer. Bien évidemment, ce que j’ai pu préciser lors de ma critique précédente, consacrée aux Hommes dénaturés de Nancy Kress est valable pour ce Calculating God : il y a quelques années, je n’avais pas encore le même bagage pour ce qui étais de la littérature fantastique, ce qui fait que, le temps ayant passé, j’en étais venu à relativiser ma bonne impression d’alors ; après tout, Calculating God était-il aussi bon que je le pensais en 2006 ou bien, ayant peu lu de Science-Fiction à l’époque (j’étais plus un familier de Fantasy, d’Horreur et de romans dits « normaux » ainsi que d’essais), ne l’avais-je pas un peu trop surestimé ? Question pour le moins pertinente et auquel, bien évidemment, je peux vous répondre aujourd’hui, quelques semaines après sa relecture.

Bon, ne perdons plus guère de temps, oui, si on le compare avec d’autres genres du même genre, force est de constater que Calculating God est inférieur aux chefs d’œuvres de la SF ; ce fait, incontestable, n’est pas forcément désobligeant pour le roman de Robert J. Sawyer puisque, après tout, tous les romans ne sont pas non plus inoubliables. Et puis, malgré cela, et même si tout est loin d’etre parfait, bien au contraire, cette relecture m’aura au moins permis de constater que je ne m’étais pas forcément tromper quant à l’intérêt de cette œuvre, car oui, celle-ci en possède, et pas qu’un peu. Ainsi, pour ce qui est des points positifs de ce roman, comment ne pas mettre en avant cette curieuse rencontre entre l’humanité et des Aliens, ceux-ci étant venus ouvertement sur notre planète non pas dans un quelconque but belliciste mais pour l’étudier : ici, ce ne sont pas les dirigeants de la planète ou les militaires qui sont contactés mais des scientifiques voir même des gens du commun – accessoirement, au grand dam des premiers cités. Ce postulat de base, plutôt bien trouvé, est l’une des premières bonnes trouvailles de Robert J. Sawyer. La seconde est davantage liée quant à la structure du roman en lui-même, celui-ci étant surtout composé d’un dialogue entre les deux protagonistes principaux : le chercheur, condamné par un cancer, Tom Jéricho, et l’Alien, Hollus, celui-ci, pour la petite histoire, essayant au fil des pages de convaincre son interlocuteur de la logique de l’existence d’un grand créateur de l’Univers, Dieu. Et la vient la troisième excellente idée de Calculating God : des extraterrestres qui croient en Dieu et qui d’ailleurs, s’étonnent que l’existence de celui-ci ne soit pas admise au sein de la communauté scientifique de notre planète, ce qui entraine, vous le devinez, des dialogues exquis et souvent captivants, et ce, même si parfois, Robert J. Sawyer, qui s’est visiblement renseigné sur la totalité des sujets traités dans l’ouvrage, part dans des explications peu évidentes à suivre pour les néophytes.


Cependant, comme je le signalais, tout n’est pas parfait dans Calculating God, bien au contraire, et justement, ses défauts, plutôt nombreux, empêchent du coup ce roman d’atteindre le niveau de qualité qu’il aurait pu avoir : oui, les dialogues et le synopsis de départ son plutôt pas mal, mais pour ce qui est du scénario en lui-même, on ne peut pas vraiment dire que celui-ci vole bien haut puisqu’il est quasiment inexistant ; ensuite, l’auteur s’attarde parfois un peu trop dans les lamentations de Tom Jéricho et même si celui-ci se sait condamné par un cancer, a-t-on besoin de se le voir rappeler sans arrêt toutes les deux ou trois pages ? Et puis, la dernière partie du roman est loin d’etre réussie puisque, entre l’attentat des deux fous de Dieu et la fin, franchement bizarre, peu compréhensible et trop vite expédiée, force est de constater qu’on se retrouve avec la désagréable impression que Robert J. Sawyer aurait pu nous offrir un fort excellent roman mais qu’il s’est un peu trop loupé pour que ce soit le cas. Dommage, Calculating God n’était pourtant pas dépourvue de bonnes idées et puis, les dialogues entre le paléontologue et l’Alien sont plutôt bien réussis, mais tout cela est malheureusement trop insuffisant pour faire de ce roman une œuvre totalement réussie. Enfin bon, tout n’est pas à jeter non plus et si le cœur vous en dit, se laisser tenter par ce roman ne vous déplaira peut-être pas si vous n’en attendez pas monts et merveilles. 

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