vendredi 19 juillet 2013

WORLD WAR Z


WORLD WAR Z

La guerre des zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU – ou ce qu'il en reste – et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Prendre connaissance de ces comptes rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Ze Guerre mondiale sera la dernière.

Il était plus ou moins prévu, lorsque je m’étais décidé à me replonger dans l’œuvre de l’un des maitres de la littérature de l’horreur, je veux bien évidement parler de Stephen King, en débutant par l’inoubliable et grandissime Ça, de poursuivre ensuite avec d’autres romans de celui-ci, et de faire donc, de cette période estivale, un été pour le moins horrifique. Or, alors que j’étais en pleine lecture du Fléau, l’envie me prit de faire une pause et d’attendre un peu avant de me lancer dans l’un des cycles les plus connus et plus appréciés de Stephen King, La Tour sombre : non pas pour une quelconque lassitude, bien au contraire (et ce, même si j’avais été un peu déçu par Le Fléau) mais davantage car, entretemps, l’envie me prit de découvrir un autre roman, World War Z. Celui-ci, pour etre tout à fait franc, j’en avais entendu parler depuis quelques années déjà, mais comme nous nous trouvions alors en pleine mode du tout Zombie (d’ailleurs, celle-ci n’est pas tout à fait achevée), je me suis dit, de prime abord, que ce roman n’était qu’un bouquin de plus qui ne faisait que surfer sur un effet de mode. Bien évidemment, je me trompais, désormais, j’en ai la certitude, mais poursuivons dans l’ordre. Et donc, comme chacun le sait, en ce début d’été, dans nos salles obscures sortait l’adaptation hollywoodienne de World War Z, avec un certain Brad Pitt en tête d’affiche ; bande annonce alléchante avec ces hordes de zombies à n’en plus finir, au début, je me suis dit que ce film pouvait valoir le coup. Cependant, au fil du temps qui passait, je me suis davantage intéressé à l’œuvre originale qu’au film, trop formaté blockbuster américain et, je le découvris, assez éloigné du roman a proprement parlé, surtout que les critiques du roman étaient pour le moins plus qu’élogieuses.

Et donc, une fois achevé la lecture du Fléau, World War Z m’attendait déjà de pied de ferme et sans plus attendre, je me suis lancer dans la lecture de ce roman post-apocalyptique ; une lecture qui, pour la petite histoire, ne me prit que quelques jours tant celle-ci m’a plu ! Car effectivement, comme bon nombre de critiques le laissaient sous-entendre, ce World War Z, œuvre d’un certain Max Brooks qui n’est ni plus ni moins que le fils de Mel Brooks (et oui, comme le monde est petit !) est un sacré bon livre, et pas qu’un peu ! Pourtant, une fois ce constat fait, il me faut alerter certaines personnes qui pourraient d’ores et déjà avoir l’eau à la bouche et qui pourraient se méprendre quant au contenu de cette œuvre : ne vous attendez nullement a un récit conventionnel où vous sera narrer la lutte entre l’espèce humaine et les zombies dans le sens commun du terme – c’est-à-dire, avec un groupe de protagonistes, une intrigue etc. – non, si vous voulez cela, allez donc regarder le film avec Brad Pitt en sauveur de l’humanité. World War Z, le roman, lui, est d’un tout autre genre et, de mon avis, c’est tant mieux ! En effet, ici, nous avons droit à une compilation, une fois le conflit achevé, d’une multitude de témoignages de survivants – militaires, politiques, civils – rapportés par un membre des Nations Unies. Du coup, pas de récit conventionnel à proprement parler mais de courts chapitres, chacun mettant en avant les souvenirs de ces témoins de l’apocalypse, et qui vont des débuts, avec l’apparition des premiers cas de zombifications en Chine, jusqu’à la fin et la victoire finale, après près d’une décennie de ce qu’il faut bien appeler comme étant le conflit le plus meurtrier que l’humanité ; quoi que, celui-ci n’est pas vraiment achevé à proprement parler à la fin de l’ouvrage. Et justement, ces témoignages, nombreux et variés, font tout l’intérêt de cette œuvre car ceux-ci nous permettent de connaitre une guerre de l’intérieur, avec toutes les horreurs qui lui sont liées, mais aussi les nombreuses erreurs des gouvernements, les défaites et victoires militaires, les hauts fait d’armes, les trahisons, bref, tout ce que l’on retrouve dans n’importe quel conflit – d’ailleurs, si ce roman traite d’une guerre totale contre des zombies, ces témoignages pourraient etre transposés dans un conflit traditionnel. Et donc, ce fut un véritable plaisir de se plonger dans ce conflit apocalyptique  par le biais du regard des survivants, ce choix narratif donnant à l’œuvre une dimension bien plus réussie que si nous avions eu affaire à un quelconque et banal récit de lutte contre des morts vivants.


Œuvre particulière donc, mais néanmoins réussie, World War Z nous démontre que, en partant d’un postulat de départ pas franchement original, on peut toujours innover et créer quelque chose qui se démarque grandement de la production habituelle ; sur ce point, Max Brooks s’en sort même très bien. Bien évidemment, en raison de cette même conception, certains pourront etre déçus par cette œuvre, je ne le nie pas, mais je pense que, dans l’ensemble, si vous aimez les récits de zombies, ou, plus simplement, apocalyptiques, alors ce World War Z est fait pour vous ; en tous cas, dans mon cas, j’ai été plus que conquis au point même que je me laisserais même tenter, éventuellement, par une autre production de Max Brooks, un certain Guide de survie en territoire zombie dont il est fait justement mention a plusieurs reprises dans le roman. Alors, les zombies repointeront-ils le bout de leur nez d’ici la fin de l’année sur ce blog ? Il se pourrait bien que oui ! 

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