jeudi 6 juin 2013

SEPT PISTOLEROS


SEPT PISTOLEROS

Texas, 1899. Sept tireurs d'élites, véritables légendes vivantes, coulent une retraite paisible près de la frontière du Mexique. Hélas pour eux, depuis la côte Est, les plus grands capitaines d'industrie du pays décident de mettre leur tête à prix. Leur stratégie : opposer aux sept pistoleros tout ce que la région compte de bandits et de desperados, afin qu'ils se massacrent entre eux.


Dimanche dernier, je vous proposais sur ce blog la critique d’une bande dessinée, Sept Survivants, qui s’était avérer etre bien plus intéressante que ce à quoi je m’attendais au départ. Faisant partie de la série Sept des éditions Delcourt et qui avait déjà connu une première saison (avec du bon,  Sept Missionnaires, Sept Psychopathes, du moyen, Sept Voleurs, Sept Pirates et du franchement mauvais, Sept Guerrières), je dois avouer que j’avais un peu laisser cette série de côté pour deux raisons : financières, bien entendu, car on ne peut pas tout acheter non plus, mais aussi, de par le fait qu’en dehors de Sept Missionnaires qui était franchement excellent et se démarquait véritablement du lot, le reste était loin de valoir le prix d’une BD – car bon, comment dire, un album, ce n’est pas donné non plus. Cependant, comme la médiathèque à côté de chez moi proposais quelques titres de cette seconde saison, je me suis dit que cela pouvait valoir le coup de retenter l’expérience, ainsi, et comme je vous l’avais dit il y a quelques jours à peine, dans le pire des cas, même si cela ne me plaisait pas, je n’aurais pas dépensé le moindre centime d’euro. Or, il s’était avéré, après lecture, que ce Sept Survivants était plutôt bon et que, même si ce n’était pas non plus un chef d’œuvre inoubliable, bien au contraire, il méritait le coup d’œil ; du coup, ce fut avec une certaine curiosité – bon ou pas bon, car avec la série Sept, tout est possible – que je me suis plonger hier dans la lecture de ce quatorzième titre de la saga : Sept Pistoleros !


Ah les westerns spaghettis, tout un programme ! Considérés avec un certain dédain par bon nombre de personnes, ce sous genre du western aura pourtant apporté ses lettres de noblesse a un genre moribond dans les années 60, et même s’il faut bel et bien reconnaitre que nos amis réalisateurs italiens ont été capables de nous offrir, quelque fois, le meilleur, le pire, lui, était souvent au rendez-vous également. Pourtant, il n’y a pas que Sergio Leone dans le petit monde du western spaghetti, loin de là, et grâce à ses œuvres, et à quelques autres auteurs, le genre aura quitté son côté un peu propret (ah, ces anciens films où nos cowboys étaient toujours d’une propreté impeccable, rasés de près et bien peignés, tout une époque !), devenant de fait hautement plus crédibles, avec des héros plus ambigus et cyniques, une violence plus flagrante et même, détail qui a son importance, une certaine saleté car bon, comment dire, quand on chevauche pendant des jours dans les grandes plaines américaines ou dans le désert, une fois arrivé en ville, on ne descend pas de son canasson propre et la mise impeccable comme si l’on se rendait à un mariage. Mais si je vous parle de ces fameux westerns spaghettis, c’est que, justement, et avant toute autre chose, Sept Pistoleros est un superbe hommage au genre.

Œuvre de Bastien Ayala et David Chauvel pour le scénario, et de Antonio Sarchione pour les dessins, Sept Pistoleros frappe tout d’abord par son coté cinématographique assumé ; oui, mille fois oui, si un jour, quelqu’un cherche une idée pour faire un nouveau western au cinéma, alors, qu’il adapte le synopsis de cette bande dessinée tant celle-ci possède tout le potentiel pour en faire un fort bon film. Car même si le scénario est tout sauf original – une bande de légendes de l’ouest sauvage qui ne souhaitent vivre qu’une bonne petite retraite paisible et qui se retrouvent rattraper par leur passé, leur tête mise à prix par le gouvernement américain se voient confronter a toute une bande de despérados attirés par l’appât du gain – force est de constater que celui-ci fonctionne plutôt bien et captive d’entrée de jeu le lecteur. Bien évidemment, celui-ci, s’il est un familier du genre, ne pourra que constater que, au fil des pages, il a l’impression de découvrir un scénario qui s’inspire fortement de bon nombre de westerns, cependant, ici, nous n’avons pas à faire a un désolant pompage honteux mais davantage a de subtils clins d’œil des auteurs a un genre, le western spaghetti donc, dont ils sont fans. Du coup, l’on retrouve pèle mêle, par le biais des personnages, de certaines scènes ou des dialogues, tout un tas de renvois a des œuvres comme Le bon, la brute et le truand (la trilogie du dollar), Mon nom est personne, Trinita, Les sept Mercenaires, Il était une fois en Amérique, la Révolution, Alamo, et probablement quelques autres encore… Du coup, c’est un véritable régal pour l’amoureux de western de s’amuser avec ces multiples clins d’œil, et ce, tout en suivant une intrigue plutôt réussie, il faut le souligner. 


Car oui, partant du postulat fort difficile de base que le scénario de départ n’est franchement pas original et que tout cela sent allègrement le « déjà-vu », les auteurs réussissent une bonne petite prouesse en nous offrant une histoire plutôt captivante et qui m’aura tenu en haleine de bout en bout. Ambiance parfaitement retranscrite, protagoniste hauts en couleurs et très fortement inspirés de pas mal d’acteurs, coté « seul contre tous » a la Alamo, mais aussi, cette ambiance de changement d’époque où, à l’orée du vingtième siècle naissant et du progrès, il n’y a plus de place pour ces anciennes légendes de l’ouest, tout cela fait que ce Sept Pistoleros est une excellente bande dessinée. Là aussi, et comme pour Sept Survivants, ce n’est pas non plus le chef d’œuvre de l’année, mais bon, la qualité est bel et bien au rendez-vous, les inspirations, nombreuses, raviront les amateurs du genre, et sincèrement, c’est ce qui compte. 

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