lundi 10 juin 2013

HORS-LA-LOI


HORS-LA-LOI

Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté...


Je ne vais pas considéré le cinéma (ou d’ailleurs, toute œuvre en règle générale) comme une roulette russe mais parfois, force est de constater qu’on en est pas très loin ; ainsi, en dehors de certains films qui mettent plus ou moins tout le monde d’accord dès le départ, d’une façon positive ou pas, et dont on se doute bien que notre avis final sera, sauf surprise, plus ou moins conforme à celui de la majorité, pour la plus part des cas, c’est la grande inconnue, le plongeon dans le vide et la surprise qui nous attends à la fin, bonne ou mauvaise. Et donc, parfois, on n’attend pas grand-chose de bien d’une œuvre, comme je vous l’avais dit dans ma critique précédente consacrée à la nouveau version de Star Trek, et on finit par accrocher, tandis que d’autres fois, on se décide un peu bon gré mal gré à voir un film, sans attendre grand-chose d’exceptionnel en soit et, finalement… bah non, désolé, pas de bonne surprise à la fin, loin de là. Et donc, vous l’avez compris, ce fut un peu mon ressenti après avoir regardé ce Hors-la-loi, hier soir.


Certes, je n’étais pas parti sur les bonnes bases vu qu’au départ, je souhaitais regarder, pour la vingtième fois au moins, Les Oiseaux sur ARTE, sauf que ma femme voulait absolument regarder ce Hors-la-loi et que comme j’avais la flemme de quitter mon lit pour aller dans le salon, je me suis laissé convaincre tout en me disant que si ça se trouve, le film, à défaut d’etre bon, pouvait me permettre de passer une agréable soirée ciné. Mouais, après coup, il m’est difficile de ne pas regretter mon choix initial, cependant, a bien y regarder, ce Hors-la-loi n’est pas une bouse non plus, dans le genre, j’ai déjà vu pire, bien pire d’ailleurs, et puis, quelque part, l’histoire se tient un peu, il y a des passages plus ou moins réussis et dans l’ensemble, le trio d’acteurs, Jamel Debbouze (et pourtant, lui, je ne l’aime pas), Roschdy Zem et Sami Bouajila sont assez convaincants dans leurs rôles respectifs. Et puis, pour quelqu’un qui aime l’Histoire, un film prétendument historique – ici, la guerre d’Algérie – cela ne peut qu’éveiller ma curiosité. Alors certes, ce conflit, de par mes origines, je le connais fort mal (pour les portugais, c’était davantage l’Angola), et d’ailleurs, vu comment celui-ci est traité sous nos vertes contrées, il est plutôt difficile d’en savoir énormément, a moins d’accepter comme vérité sacrée la version algérienne et/ou communiste, bref, que les français étaient des salauds, chose que je peux concevoir sauf que j’imagine très bien que les choses étaient un petit peu plus complexes que cela ? Je me trompe ? D’ailleurs, il faut savoir louer un peu le film car bon, comment dire, ce fameux FLN, c’était tout sauf des enfants de cœur et franchement, quand on regarde d’un regard neutre ce Hors-la-loi, on ne voit que des salauds des deux côtés ; ah le frère intégriste politique est une formidable tête à claques, Debbouze, faisant parti du milieu et loin de tout cela, étant plus sympathique finalement. Mais le problème, car bien évidement, problème il y a, c’est que l’ensemble tourne davantage vers le film de gangsters qu’autre chose et que la plus part du temps, on se croirait devant un truc sur la mafia comme les américains savent si bien en faire. Et l’Histoire là-dedans ? Oh, ca, c’est un autre problème…


Disons le tout de suite, Hors-la-loi part d’un postulat historique mais non seulement, il s’en éloigne la majeure partie du temps pour s’attarder dans la vie de ces trois frères, et n’y revenant que de façon ponctuelle, quand le réalisateur, Rachid Bouchareb, le juge nécessaire. Sauf que… sauf que ce film traine tout de même une sacrée réputation derrière lui et qu’il fut pas mal critiquer lors de sa présentation au Festival de Cannes 2010 par bon nombre d’historiens. Connaissant mal le sujet, je m’abstiendrais d’approfondir la chose, mais bon, en sachant que ce Hors-la-loi est un film franco-algérien plutôt engagé, on peut estimer que certaines libertés ait été prises avec l’Histoire et que tout ne fut pas forcément montrer, comme ce qu’il pourrait ne pas trop plaire… Enfin bon, pour le coté historique, on repassera visiblement et pour le reste, on se retrouve avec un film de gangsters un peu moyen, ni bon ni mauvais en soi mais qui ne mérite pas forcément que l’on s’y attarde… 

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