lundi 13 mai 2013

LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS – L'ŒUF DES TÉNÈBRES



LA QUÊTE DE L’OISEAU DU TEMPS – L'ŒUF DES TÉNÈBRES

« Le Temps... Akbar n'est rien !... Ni le Nid... Ni Ramor !... C'est le Temps qui est tout ! Il est la cause, le principe originel... Et lorsque la tentation s'empare du mythe... lorsque l'homme s'oppose à l'univers et le bouscule, c'est au mythe de rétablir l'ordre ! » Ainsi s'exprime le Gardien du Nid lorsque Bragon, Pélisse, Bulrog et messire l'Inconnu s'enfuient du Doigt du Ciel, emportant avec eux l'Œuf des Ténèbres qui y était caché. Ils sont accompagnés de Kiskill, servante des dieux qui a perdu son immortalité et ses pouvoirs en même temps que sa virginité dans les bras d'un Élu qui n'est autre que... messire l'Inconnu. C'est tous ensemble qu'ils devront parcourir la dernière étape de la Quête. Et c'est bien contre le temps que la course s'est engagée, car il ne reste plus que deux jours pour rejoindre Mara avec l'Œuf. Ramor, bien que toujours enfermé dans la conque, devient de plus en plus fort, et Mara ne saurait le contenir sans l'aide de l'Œuf.

Il est coutume de dire que toutes les bonnes choses ont une fin, et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, deux choses me paraissent évidentes : tout d’abord, qu’effectivement, avec L’Œuf des ténèbres prend fin le premier cycle de La quête de l’Oiseau du temps, accessoirement, le plus connu et celui qui aura marquer toute une époque (la suite, intitulé Avant la quête, est sur mes tablettes et j’attends de voir ce que celle-ci apporte à cette œuvre mais bon, je ne vois pas comment ce second cycle pourrait égaler le premier, à moins que je me trompe lourdement), mais aussi, simple vérité qu’il est bon de rappelée, que oui, mille et une fois oui, ce fut une bonne chose que cette Quête, que dis-je, une chose tout bonnement grandiose ; et, comme j’ai également coutume de le dire, je pèse mes mots ! Mais bon, arrivé à ce point de la saga, alors que la fin approche, qui pouvait encore en douter ? Depuis les débuts, tout fut tout simplement proche de la perfection absolue, ce qui, de mémoire, est chose fort rare (pas impossible mais rare), ainsi, et vu comment le tandem Le Tendre et Loisel s’étaient débrouillés jusque-là, sauf catastrophe de dernière minute, cet ultime album ne pouvait qu’etre, au minimum, que dans la même veine que ses prédécesseurs, ce qui, en soit, était déjà amplement suffisant. Et je ne vais pas tourner longtemps autour du pot ni perdre davantage de temps afin de créer un suspens pour le moins inutile : oui, cet Œuf des ténèbres qui clôt La quête de l’Oiseau du temps est une fin à la hauteur de la saga… d’une très grande saga pourrais-je même ajouter.

Car en effet, si une fois de plus, nous retrouvons tout ce qui a fait la force de cette œuvre, tout ce qui a fait que j’ai été captiver de bout en bout, quasiment de la première page du premier tome a la dernière du quatrième, c’est-à-dire, un scénario intéressant et parfaitement maitrisé, des personnages, de premier plan ou secondaires tout simplement réussis et qui possèdent tous un petit quelque chose qui fait qu’on s’y attache très facilement, un humour savamment dosé et qui ne tombe pas dans l’excès comme ce pouvait etre le cas dans d’autres œuvres datant de la même époque, un certain érotisme dut au personnage de Pélisse mais qui ne tombe jamais dans le vulgaire voir le pornographique mais aussi et surtout, car comment ne pas le citer, les somptueuses planches du sieur Loisel, force est de constater que cet ultime tome qui clôt donc ce premier cycle est à la fois prévisible et complètement inattendu ! Prévisible, dans le sens où l’on se doute bien que nos héros finiront bien par le trouver ce fichue volatile dont on nous rabat les oreilles depuis le début, mais inattendue de part une fin tout simplement surprenante, qui prend le lecteur de court de par les multiples rebondissements de celle-ci, la destinée de certains protagonistes ainsi que ce côté doux-amer que n’aurait pas renié un certain George Martin quand il nous dit comment il voit la fin de son Trône de fer – au moins, les lecteurs de Martin, s’ils ont lu La quête de l’Oiseau du temps peuvent se faire une idée, s’ils n’en avaient pas jusque-là, de ce que cela peut donner une fameuse fin douce-amère… Quoi qu’il en soit, un final bien moins joyeux que ce à quoi l’on aurait pu s’attendre mais qui n’en clôt pas moins de fort superbe façon une saga qui aura donc été parfaite de bout en bout. Bien évidemment, je n’en dirais pas davantage afin de ne pas gâcher l’effet de surprise pour ceux et celles qui n’auraient pas encore lu cette magnifique saga ; disons juste que de nouveaux protagonistes feront leur apparition, que des révélations seront faites et que tout le monde, bien au contraire, n’en sortira pas indemne… mais aussi, attendez-vous a tout, surtout à l’inattendu !


Et donc, vous l’avez compris, j’ai bien évidement été enchanté par cet Œuf des Ténèbres, et d’ailleurs, je dois reconnaitre que j’ai rarement eu l’occasion de lire une fin qui clôt d’aussi belle façon une saga en plusieurs volumes – bien évidemment, ce n’est pas la première fois mais, mine de rien, souvent, à force d’attendre monts et merveilles, on finit par etre déçu devant le résultat final, or, ici, ce n’est pas du tout le cas. D’ailleurs, puisque je parle de bande dessinées en plusieurs tomes, comment ne pas souligner que dans le cas présent, peut etre que l’un des points forts de cette Quête de l’Oiseau du temps, justement, c’est d’etre finalement assez courte en égard des critères actuels ou maintes séries s’étalent en longueur, dépassant souvent la dizaine de volumes voir davantage alors que cela ne se justifie pas entièrement. Quatre volumes uniquement peut-être, mais du bon, du très bon même, et franchement, je pense que bien des auteurs devraient s’en inspirer.


Quoi qu’il en soit, et comme cela m’est déjà arrivé en d’autres occasions, il m’aura fallu bien du temps pour me décider à découvrir cette saga, et après coup, je ne peux m’empêcher de me dire : « mais comment ai-je fait pour passer presque trente ans à côté d’un tel chef d’œuvre !? » Mouais, question plus que pertinente et d’ailleurs, j’encourage vivement tout bon amateur de BD qui se respecte, s’il ne l’a jamais fait, à découvrir cette saga, car franchement, elle est excellente. En tout cas, et en guise de conclusion, je ne pouvais finir qu’en remerciant les auteurs, Le Tendre et Loisel, pour cette quête tout simplement sublime et qui m’aura fait passer de fort bons moments. Ce n’est pas tous les jours que je le fait, mais eux, ils le méritent amplement !

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