lundi 13 mai 2013

FAËRIE



FAËRIE

La vieille ferme isolée dans les bois les avait séduits. La maison était splendide et étrange. Phil et Gloria pensaient trouver le calme après la vie agitée d'Hollywood derrière les portes des maisons anciennes, sous les ponts perdus au fond des bois, se cachent souvent des êtres magiques, des forces obscures, et la maison du vieux Kessler ne fait pas exception. Les enfants du couple sont les premiers à y être sensibles. D'abord les jumeaux, qui y voient la présence des fées et du vieux peuple des légendes ; ensuite leur fille, dont la beauté attise le désir d'êtres plus inquiétants... Jusqu'à ce qu'ils deviennent tous les jouets de puissances inconnues, des pions dans une guerre éternelle et sanglante.

La première constatation qui s’impose, avant de rentrer dans le vif du sujet, c’est-à-dire, la critique à proprement parler de ce Faërie, œuvre de l’écrivain américain Raymond Elias Feist, c’est que depuis que ce blog existe – et ça commence à dater un peu – on ne peut pas vraiment dire que je vous ai souvent proposer des critiques de romans d’horreur ; d’ailleurs, pour etre tout à fait franc, un seul représentant de cette catégorie de littérature fut représenter jusqu’alors sur ce blog : Les autres dieux et autres nouvelles, recueil de… nouvelles (comme son titre l’indique) de l’inimitable et indicible HP Lovecraft et dont la critique date tout de même de mars 2009, ce qui ne nous rajeunit pas le moins du monde. Pourtant, fut un temps, fort lointain, j’en conviens, où j’avais pour habitude de dévorer moult ouvrages du genre : ainsi, entre les divers Stephen King que je me suis envoyé, pour commencer, à la fin de mon adolescence, puis la découverte de l’intégralité de l’œuvre du maitre, Lovecraft, en 1995, suite à mon service militaire, on peut dire que, du point de vu de l’horreur, j’ai eu quelques bonnes bases. Puis, avec le temps, mes gouts sont revenus vers la Fantasy sans oublier la science-fiction, l’Uchronie et ce, jusqu’à abandonner quasiment un genre qui, pourtant, m’avait procuré bien des plaisirs littéraires – oui, je sais, il est peu commun de parler de l’horreur de cette façon mais oui, j’ai pris plaisir à me faire peur ! Pourtant, ce n’était pas parce que le genre était abandonné que je n’y pensais plus, au contraire : ainsi, cela fait quelques années que je souhaites me replonger dans l’intégralité de l’œuvre de Lovecraft, attendant probablement le bon moment, et puis, il y a de cela quelques semaine, j’eu envie de redonner une chance à Stephen King, que j’avais un peu mis de côté suite à la découverte du maitre de Providence, et pour cela, rien de tel que de me relancer dans la lecture de son meilleur ouvrage à mes yeux : Ça ! Mais avant de m’attaquer à un sacré morceau de la littérature horrifique de la fin du vingtième siècle, ayant découvert ce Faërie et ayant accroché à son synopsis, je me suis dit que cela pouvait etre une bonne idée de refaire une incursion dans le genre par un inédit.

Bon, déjà, ça commence un peu mal puisque, après coup, il est un peu difficile de classer complètement ce Faërie dans le genre Horreur ; certes, les habituels poncifs du genre sont présents comme l’arrivée d’une famille dans une nouvelle maison, demeure qui possède une longue histoire et quelques zones d’ombre, puis, événements qui, petit à petit, se succèdent, d’abord insignifiants puis tout bonnement inquiétants avant que, vers la fin, le comble de l’indicible ne soit atteint. Pourtant, a bien y regarder, ce n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire et cela est dut au choix, ma fois plutôt bien trouver, de l’auteur de nous entrainer dans un fort agréable mélange des genres, l’élément horrifique étant ici des créatures issus du folklore irlandais. D’ailleurs, et je ne m’en cache pas, ce fut ce postulat de départ qui m’attira et qui me décida à lire ce Faërie puisque, depuis longtemps, j’apprécie particulièrement les mélanges des genres, et puis, aimant également les mythes dans le sens le plus large du terme, voir ceux-ci débouler en plein vingtième siècle était à mes yeux une fort bonne idée. Bon cela ne signifiait pas que j’allais avoir un coup de cœur phénoménal pour ce roman – après tout, cela n’arrive pas à chaque fois non plus – mais bon, avec ces bonnes idées de départ, je me disais que ce Raymond Elias Feist avait de quoi nous pondre un fort bon roman qui, au minimum, me ferait passer un agréable moment. Quant à ma question de départ – Faërie est-il oui ou non un roman d’horreur – je répondrais oui, la forme étant incontestable, mais au final, cela avait-il une grande importance ?

Non, loin de là, ce qui compte dans une œuvre, ce n’est pas évidemment pas de savoir si oui ou non elle appartient à un genre précis, ni même, comme l’on peut s’en douter, de se contenter de bonnes, voir même d’excellentes idées, car comme chacun sait – et je pense ne pas me tromper en affirmant que tout lecteur fut un jour, au minimum, déçu par un ouvrage qui pourtant, en fourmillait (d’idées) – toutes les meilleures intentions du monde ne suffisent pas et malgré un postulat de départ accrocheur, combien d’œuvres se sont perdues en chemin, ce, pour le plus grand désarroi des lecteurs !? Et bien évidemment, si vous me suivez bien, Faërie, à mes yeux, fait partie de ces romans a potentiel élevé et qui, au final, laissent un gout d’inachevé, pour ne pas dire de franche déception, dans la bouche. Et d’ailleurs, en parlant de déception, dire que celle-ci fut rude ne reflète pas entièrement mon sentiment à l’encontre de cette œuvre et cela s’explique bien évidement par le fait qu’avec de si bonnes idées, l’auteur n’avait pas le droit de nous pondre un résultat aussi… euh, comment dire… je crains d’etre très dur sur ce coup… pathétique !? Oui, et je pèse mes mots malgré les cris de colère de tous ceux et celles (et en jetant un coup d’œil sur le net, je me suis aperçu qu’ils sont nombreux) qui ont apprécié Faërie et qui risquent fort de me tomber dessus s’ils lisent cette critique. Mais bon, a un moment donné, comment voulez-vous que je réagisse autrement, comment voulez-vous que je ne trouve pas d’une stupidité crasse ces protagonistes dont pas un seul – non, pas un seul ce qui est presque un exploit – ne réussit à posséder ne serais ce qu’une simple once de charisme, comment voulez-vous que je n’ai pas envie de rendre mon petit déjeuner (qu’au demeurant, je n’ai pas pris mais ceci est une autre histoire) devant ces personnages à la fois riches, beaux, tellement intelligents, bref, tout simplement parfaits mais ce qui signifie surtout qu’ils sont fades, mais fades, comment voulez-vous que je n’ai pas ressenti des envies de meurtre à l’égard de certains d’entre eux, lors de passages dignes de la collection Harlequin où les deux jeunes gens se font des bisous, se font des câlins en se promettant amour éternel (mais ne faisant pas de folies de leurs corps tout de suite, il faut attendre d’etre près), mais aussi, devant cette scène ridicule ou la jeune fille de la maison, décrochant le téléphone, fait montre de son pouvoir (elle a de l’argent a millions) sur la masse en insultant ses subalternes et en faisant venir par avion un ponte de la médecine ? Et le pire, c’est que des scènes dans ce genre, qui en temps normal serviraient à nous montrer ce qu’est la vie tranquille d’une banale famille avant que ne frappe l’indicible, se succèdent par légions, toutes plus inintéressantes les unes que les autres, et au demeurant, nous présentant des personnages dont on n’a qu’un seul souhait au bout de quelques pages : qu’ils meurent tous avant la fin du roman !


Hélas… hop, je n’irais pas plus loin sur leur sort mais bon, vous pouvez le deviner, quand à l’intrigue en elle-même, du coup, comment voulez-vous que celle-ci, et, pour rappel, n’oublions pas que celle-ci partait d’un postulat plutôt accrocheur, puisse atteindre les sommets espérés ? Alors certes, en de courts instants de lucidité, l’auteur nous sert quelques paragraphes plutôt captivants, je dois le reconnaitre, de même, cette idée de fées, lutins et autres créatures du petit peuple qui traversent les âges et les continents est franchement pas mal… mais, ces quelques moments où l’on recommence à positiver sont tellement rares, car gâchés par tout ce que je vous ai dit plus haut, que, du coup, il arrive un moment (hum, de mémoire, avant la centième page) où lire la fin de l’histoire en devient une souffrance… Et histoire de couronner le tout, dans un pur délire d’autodestruction,  Raymond Feist, nous pond ce que je considère comme étant l’une des fins les plus navrantes qu’il m’ai été donné de lire depuis bien longtemps, comme si, jusqu’au bout, jusqu’à la dernière page, la dernière ligne de ce Faërie, il fallait boire le calice jusqu’à la lie. 

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