dimanche 3 février 2013

IN THE COURT OF THE CRIMSON KING



IN THE COURT OF THE CRIMSON KING

King Crimson – 1969

1- 21 st Century Schizoid Man, incluant Mirrors (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 7:20
2- I Talk to the Wind (McDonald, Sinfield) 6:05
3- Epitaph, incluant March for No Reason et Tomorrow and Tomorrow (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 8:47
4- Moonchild, incluant The Dream et The Illusion (Fripp, McDonald, Lake, Giles, Sinfield) 12:11
5- The Court of the Crimson King, incluant The Return of the Fire Witch et The Dance of the Puppets (McDonald, Sinfield) 9:22

Autre temps, autre lieu, remontons presque deux décennies en arrière, a une époque où l’existence même de ce blog aurait été impossible et où mon principal loisir, alors, était d’écouter de la musique. Car oui, pendant une bonne partie des années 90, je m’étais constituer une collection non négligeable d’albums – entre deux cent et trois cent, je ne me souviens plus du nombre exact – dont j’ai dut, quelques années plus tard, revendre afin de faire face à quelques aléas de la vie qui m’auront bien plomber une partie de mon existence ; mais bon, ce n’est ni le lieu ni le moment d’en parler. Mais pour en revenir à cette fameuse collection de CDs, car à l’époque, on ne téléchargeait pas, on achetait – avant des vinyles, puis des K7 avant de passer, donc, aux CDs – vu que l’on n’avait pas trop le choix non plus, bref, cette collection, débuté par ce que je peux appeler sans problèmes les classiques, d’abord les Beatles puis les Stones, Pink Floyd et surtout axée, musicalement, dans les décennies 60 et 70, en dehors de quelques exceptions notables, possédait des disques célèbres et que tout amateur de rock et de pop connait sur le bout des doigts, d’autres bien plus obscurs et même, je ne le nie pas, quelques étrangetés uniquement connues d’un petit nombre. Alors, forcément, dans cette vaste collection que je possédais alors, il y eut quelques ratés, ce qui, en soit, était presque normal : tout ne peux pas nous plaire. Mais pour parfaire cette collection, que j’ai acquise petit à petit au début, puis par paquet de dix albums quand l’envie m’en prenait, je m’aidais de la presse spécialisé, et plus particulièrement d’un hors-série de Rock & Folk dont un jour, il faudra bien que je vous parle sur ce blog, celui consacré aux 300 plus grand albums de tous les temps et qui me permis de découvrir, non seulement, de pures merveilles, mais également, de parfaire ma propre culture musicale. Mais, comme je vous le disais en préambule, c’était un autre temps, un autre lieu…


Et donc, parmi ces merveilles que j’avais pu acquérir à l’époque, il y avait un curieux album, a la pochette pour le moins hideuse (pourquoi le nier, c’est le cas, et ce, même si elle est devenu mythique depuis), d’un groupe que je ne connaissais pas le moins du monde : King Crimson. Cet album, vous l’avez compris, c’est In the Court of the Crimson King dont le titre, a lui seul, est déjà tout un programme, comme la pochette, bien entendu, et surtout… son contenu. Mais procédons par ordre… Mon hors-série de Rock & Folk sous le coude et étant familiariser avec un certain  Robert Fripp que je connaissais pour ses collaborations avec Brian Eno, puis, sur «Heroes», avec David Bowie, j’étais vraiment curieux de découvrir le potentiel d’un album dont j’avais entendu énormément de bien. Il faut dire qu’à l’époque, je fonctionnais de la sorte : un artiste ou un groupe me plaisait, cela me permettait d’en découvrir un autre, puis, suivant les collaborations ou affinités d’untel, j’en découvrais encore d’autres, encore et encore ce qui faisait qu’en partant, par exemple, de David Bowie, je pouvais arriver à King Crimson en passant par Brian Eno, les Roxy Music, les Talking Heads, John Cale, le Velvet Underground et Lou Reed. Mais bon, le temps passe, je parle, je parle, et je m’aperçois que je vous raconte surtout ma vie et que je n’ai toujours pas parlé de ce qui nous devrait intéresser principalement ici, la critique de ce In the Court of the Crimson King.

Donc, après le choc graphique, car comment ne peut-il ne pas en etre autrement au vu de la pochette de cet album (mais au moins, que l’on aime ou pas, non seulement, cela ne laisse pas indifférent, mais, qui plus est, cette fichue pochette est culte !), le choc musical, et ce, dès les premières secondes : encore aujourd’hui, après l’avoir écouter un nombre incalculable de fois, je ressens toujours les mêmes frissons à l’écoute de 21st Century Schizoid Man, véritable apocalypse que se déchaine, après quelques secondes, mélange de jazz et de hard-rock, sauvage mais irréprochablement maîtrisée, avec des breaks divins et la voie, totalement halluciné d’un Greg Lake en pilotage automatique. Ce titre, d’une rare violence pour l’époque, le plus connu du groupe, démarre donc l’album sur les chapeaux de roues et, second choc musical, l’absence de transition avec la deuxième chanson de l’album, I Talk To The Wind, curieuse ballade moyenâgeuse et mélancolique, aussi calme que 21st Century Schizoid Man était déchainé, fait que ce contraste, s’il peut perturber certains, n’en fonctionne pas moins superbement ; du moins, c’est mon ressenti. Curieusement, et alors que l’on pouvait s’attendre à des chansons un peu plus rentre-dedans (au vu du premier titre), force est de constater que In the Court of the Crimson King est surtout constitué de chansons qui tiennent plus de la balade que du hard rock. Vient ensuite Epitaph, aux paroles sombres et marqué par l’omniprésence du mellotron, superbe titre lui aussi, puis le tellement contesté Moonchild avec ses deux minutes de chanson a proprement parlé et ses… dix minutes d’improvisation minimaliste à la guitare, au vibraphone et aux percussions qui n’en finissent pas, qui n’en finissent pas… et qui en auront fait hurler plus d’un. Etrangement, j’ai de très bons souvenirs de cette chanson étant plus jeune, mais je l’avoue, désormais, c’est un peu plus difficile ! Et pour finir (car oui, il n’y avait que cinq titres sur cet album mais vu leurs durés, cela se comprend parfaitement), ma seconde chanson préféré du groupe : The Court of the Crimson King. Et après que l’on se soit quasiment endormis avec le fameux Moonchild (oh, allez, qui n’est jamais tombé dans les bras de Morphée en écoutant ce titre), le réveil est brutal avec un départ en fanfare, presque héroïque, de cette cour du roi cramoisie qui nous est décrite, là encore, dans une ambiance moyenâgeuse où se succèdent divers personnages pittoresques comme la reine noire et la sorcière de feu, où couplets se succèdent a des parties instrumentales avant que le prenne fin la chanson… ah bah non, en fait, pas tout à fait… autre instrumental, acceptable en 1969, juger par beaucoups ridicule en 2013… avant que la chanson ne reprenne encore une fois pour un dernier tour et une véritable fin qui clôt donc, plutôt en beauté, ce In the Court of the Crimson King.


Depuis longtemps rentré dans la légende de la musique populaire occidentale de la fin du vingtième siècle, bien que peu connu du grand public, In the Court of the Crimson King, premier album d’un groupe, King Crimson, qui sera surtout marquer par le fait qu’en dehors de la présence continu de Robert Fripp, les autres musiciens changeront tout le temps, n’a bien évidement plus rien à prouver quand a sa place dans l’histoire de la musique. Bien évidemment, il est loin de faire l’unanimité, y compris parmi les fans du groupe, du fait de quelques faiblesses et imperfections ; de plus, il faut reconnaitre que si le temps qui passe, finalement, quatre décennies déjà, n’a pas encore tuer cet album, musicalement, il doit sonner un peu « bizarre » de nos jours, surtout pour les plus jeunes d’entre nous. Mais bon, personnellement, et même si celui-ci est loin d’etre mon disque préférer (d’ailleurs, je dois reconnaitre que j’en avais garder un souvenir un peu enjolivé et que lorsque je me le suis acheter de nouveau il y a quelques semaines, deux ou trois petites choses mon gênées), je l’aime bien ce In the Court of the Crimson King, avec ses qualités et ses défauts, avec ses superbes chansons et ses autres un peu moins réussies… et puis, oh, une pochette comme ça, cela vous pose un album, non ?

3 commentaires:

Bacqué Huguette a dit…

Je m'étais toujours demandé ce qu'était cet album à la pochette hideuse... Un jour, mon amie Mireille, qui l'avait chez elle depuis Cro-Magnon ou peu s'en faut, me l'a fait écouter... Du coup, je me le suis offert, et il est là, dans mes étagères...; Je le sors de temps en temps, car il est parfaitement inspirant pour poser une ambiance quand on écrit ! Et même pour rêver !!! J'adore cet album, c'est un chef d’œuvre, Au fait, le pauvre Robert Fripp est mort à la fin de l'année dernière...

Feanor a dit…

Merci beaucoup pour le commentaire ; effectivement, c'est un disque superbe, un peu étrange mais personnellement, j'aime ça.
Par contre, comme pour ce blog, je suis plus ou moins l'actualité des décès de célébrités, je m'étonnais un peu d’être passer a coté de celui de Robert Fripp, après vérification, celui ci est toujours vivant si j'en crois Wikipédia en anglais.

Thomas Avakian a dit…

Salut ! putain, superbe analyse de cet album qui me fait rêver toujours autant à chaque fois que je l'écoute malgré le fait que j'ai que 16 et que par rapport à mes gouts musicaux, je suis un peu marginalisé de mes potes haha. Je procède exactement comme toi dans mes choix musicaux, j'écoute un album qui me plait, les autres albums de l'artiste et suivant les collaborations, les producteurs, les carrières solo des membres de ce groupe ; ou tout simplement les artistes similaires, je pars écouter d'autres choseeees ! Merci !

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