lundi 28 janvier 2013

THE SECRET



THE SECRET

Chaque année 750000 enfants disparaissent aux États-Unis. La plupart d’entre eux sont retrouvés dans l’heure ou les jours qui suivent. En revanche, 0.3% d’entre eux disparaissent à jamais sans laisser de trace. A Cold Rock, petite ville minière isolée, plusieurs disparitions suspectes ont été répertoriées ces dernières années. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia, qui fait office de médecin dans cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 5 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.


Ce samedi, j’avais vraiment envie de voir un film ; en effet, lassé d’une programmation télévisuelle qui n’en finit pas de descendre dans les fins fonds de la médiocrité, et, ayant trois enfants assez jeunes, ne pouvant sortir régulièrement (et puis, ce n’est pas non plus dans ma mentalité, je suis assez casanier) et ne recevant pas des gens tous le temps, je ne souhaitais pas, une énième fois, gâcher mon samedi soir par un zappage intempestif qui n’aurait, de toutes façons, aboutit a rien. Et comme j’étais bien trop crevé pour me lancer dans une partie endiablée d’un quelconque jeu vidéo et encore moins, pour m’occuper de ce blog – surtout que je n’avais rien à dire – autant, donc, passer une soirée cinéma… à la maison. Le problème, c’est que devant le choix plus que limité devant lequel nous nous sommes trouvés, notre choix, enfin surtout celui de mon épouse qui me disait qu’on lui avait dit que « ce film était pas mal », s’est donc porté sur ce The Secret, un long métrage littéralement inconnu au bataillon pour ma part, et dont je n’attendais strictement rien du tout de potable.

Ce fut donc plutôt dubitatif que je me suis installer devant mon téléviseur et, avant même que ne débute le film, c’était déjà mal partie : en effet, ayant constaté que le titre original de l’œuvre était The Tall Man, je me suis demander pour quelle obscure raison celui-ci était devenu The Secret en France ? En effet, autant je peux concevoir que l’on traduise le titre d’un film, autant modifier celui-ci pour nous en sortir un autre en anglais fait indéniablement partie de ces grandes énigmes de l’univers qui fort probablement, ne trouverons jamais de réponses. Mais bon, la problématique du titre étant restée sans réponses, les premières minutes de ce The Secret confirmaient lamentablement tout le mal que je pensais de cette œuvre : un bled paumé au fin fond de nulle part quelque parts aux Etats Unis, une ville où règne le chômage et où l’on se doute que la consanguinité a probablement fait des ravages ici et là, quelques habitants qui passent leurs journées dans le bar local et qui échafaudent des théories sur… le fameux mystère qui plane depuis quelques mois : mais qui a enlever une quinzaine d’enfants dont on n’a jamais retrouver la moindre trace ? Pédophile, tueur en série, créature de l’enfer, les hypothèses vont bon train et le seul à chercher en vain une réponse et un vieux flic probablement a six mois de la retraite tandis que le sheriff local, joué par William B. Davis, l’ex Homme a la cigarette de X-Files et obligé pour vivre de se retrouver dans une telle galère, ne semble pas forcément plus préoccupé que ça. Ajoutons à cela une héroïne rejetée par les habitants, Jessica Biel, et qui vit un peu à l’écart avec son fiston et une baby-sitter (ou colocataire, ou compagne ou autre) mais dont le mari, mort depuis quelques temps, était un notable local très apprécié et l’on vous pose le synopsis de départ de The Tall Man, oh pardon, de The Secret. Originalité proche du néant, impression de déjà vu, personnages stéréotypés et ennuie total, les débuts ne sont pas franchement engageants.


Et le summum du grand n’importe quoi survint lorsque, par une nuit, le fameux Tall Man, enfin, un individu plutôt grand et déguisé en tueur en série de films pour adolescents, vient kidnapper l’enfant de Jessica Biel, car franchement, pendant dix minutes, nous avons droit à une succession de scènes improbables voir ridicules : en effet, entre la façon de procédé du Tall Man lors du kidnapping (il casse un carreau, a le temps d’attacher la baby-sitter, d’allumer la radio et attends patiemment que, Jessica Biel, au lieu de se préoccuper de son fils, descend dans la cuisine, éteint la radio et ne le découvre) puis la fuite de celui-ci où, roulant dans un vieux van fatigué, il se contente de rouler à trois kilomètres heures pour que Jessica Biel le rattrape et se la joue Indiana Jones dans un grand moment de n’importe quoi, avant que ne survienne un improbable combat entre celle-ci et un chien a quoi suivra un accident de van pour le moins absurde (comme méthode de récupérer son gamin, il y a mieux selon moi mais bon…), force est de constater qu’à ce moment précis du film, je me demandais franchement ce que je faisais à regarder cette galère !?


Et puis, tout à coup, sans crier gare ni prévenir, survint la seule bonne idée de The Secret, le moment où tout bascule et que l’on se rende compte que tout ce que l’on croyait jusqu’à maintenant n’était que mensonges et qu’en fait, le coupable n’était pas qui l’on croyait, bien au contraire ! Et là, je me dis, spoiler ou pas ? Oh et puis zut, tant pis, je me lance et si vous souhaitez regarder ce film, n’allez pas plus loin, comme ça, vous serez prévenus. En fait, le coupable ou plutôt devrais-je dire, la coupable, c’est Jessica Biel et le prétendu Tall Man, celui du van, n’était qu’une mère venu récupérer son propre… fils, enlevé quelques semaines auparavant ! Bigre, pas mal comme retournement de situation, surtout que les motivations de tous ces enlèvements, si elles ont pu en gêner plus d’un (ce qui se comprend parfaitement au demeurant) sont pour le moins intéressantes : Jessica Biel, son mari qui en fait n’était pas mort et la baby-sitter (et d’autres) enlèvent des enfants issus de familles pauvres et les offrent gratuitement a des riches qui désirent adopter, afin de… je cite… les sortir de la crasse de la pauvreté, de l’imbécilité et du manque de culture de leur milieu et de leur permettre, argent et luxe aidant, de leur apporter… tout le bonheur du monde ! Oh la morale plus que scabreuse, oh les sous-entendus derrière tout cela, oh, ils ont osé se lancer dans une lutte des classes où le pauvre, comme chacun sait, n’est qu’un alcoolique demeurer et incestueux et les riches, bah… ils sont beaux, magnifiques, intelligents. Plutôt indigeste comme morale ? Je ne le nie pas, mais à la décharge de Pascal Laugier, le maitre d’œuvres derrière ce film, les larmes finales sont pour le moins ambiguës, et puis, au moins, même si l’on n’est pas d’accord avec le propos du film, on ne pourra pas nier que sa fin est originale.


Sauf que, ce retournement de situations peut etre une bonne idée, cela n’empêche pas que celui-ci, finalement, apporte bien plus d’incohérences qu’autre chose : dans les comportements des protagonistes, tout d’abord, comme la mère qui s’en va seule libéré son fils déguisée en tueur en série au lieu de prévenir les autorités, celles-ci, qui n’arrêtent pas Jessica Biel quand elles le peuvent facilement (lorsqu’elle arrive dans le café, il suffit de lui passer les menottes), celui même de celle-ci qui, au lieu de prendre la fuite, fait un gentil dodo chez elle tandis que – grand n’importe quoi – la population en colère, qui pour rappel, se trouve devant la demeure de celle qui a enlever et fait disparaitre une quinzaines d’enfants, attends gentiment toute la nuit devant la porte que le jours se lève, et c’est du même acabit jusqu’à la fin, ce qui vous laisse une idée de l’intérêt de la chose. En lisant bon nombre de critiques d’autres internautes au sujet de The Secret, je me suis aperçu que ce qui revenais principalement, c’était la morale plus que douteuse du film et même si, bien entendu, je ne peux cautionner de tels agissements, quelque part, cela ne me dérange pas puisque je pars du principe que dans une œuvre, l’on peut mettre en avant de parfaits salauds et qu’aborder des sujets qui fâchent ou qui font polémique est une bonne chose. Mais là où The Secret est indéfendable, c’est qu’il est très mal réalisé, que les incohérences se succèdent les unes aux autres, que les comportements des personnages ne sont pas logiques et qu’au final, nous avons là un sacré navet ! Super, on dirait que je les collectionne depuis quelques temps… 

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