mercredi 9 janvier 2013

REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE – AMOURS DÉFUNTES



REQUIEM CHEVALIER VAMPIRE – AMOURS DÉFUNTES

Heinrich Ausburg, soldat nazi de la seconde guerre mondiale, trouve la mort sur le front de l’Est. Au lieu d’accéder au paradis ou en enfer, il se retrouve projeté sur Resurrection, planète ressemblant à la Terre, mais où les terres sont les mers, et vice-versa. Il se retrouve Chevalier Vampire, caste dirigeante et puissante, adoubé sous le nom de Requiem, et découvre les « joies » de sa nouvelle Vie sur cette planète où l’on rajeunit, au lieu de vieillir… Requiem en a terminé de son combat avec Dragon. A présent, il compte retrouver Rebecca, malgré l'opposition franche et violente de Leah. Une tempête des limbes, une des plaies s'abattant sur Résurrection, stoppe leur dispute et les sépare. Rebecca erre quant à elle entre les immeubles effondrés. Sa route croise alors celle de l'exclus Dragon. Ce dernier est devenu l'ami de Requiem mais ici-bas, l'amitié passe bien après sa propre nature de vampire... Au même instant, aux abords du château de la comtesse Báthory, Dame Mitra subit la vengeance de Dame Vaudou. Mais son acte de trahison provoque le réveil des gardiens. De quoi regretter son geste...

Il y a de cela un peu plus d’une décennie, en l’an 2000, non seulement, nous avions, déjà à l’époque, échappés a la fin du monde (ainsi qu’au bug de l’an 2000, la belle farce), mais faisions également connaissance avec une toute nouvelle bande dessinée du nom de Requiem Chevalier Vampire ; à l’époque, et aussi incroyable que cela puisse paraitre pour les plus jeunes d’entre vous, nos amis morts vivants étaient certes célèbres – mais quelque part, ils l’ont toujours été – mais beaucoup moins à la mode que de nos jours. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle production du génialissime Olivier Ledroit aux pinceaux, et scénarisé par le britannique Pat Mills, avait su gagner les faveurs d’un certain public amateur d’un genre franchement pas politiquement correct pour un sous : ainsi, avec son protagoniste principal peu recommandable – un ancien SS devenu vampire – porteur d’une morale plus que douteuse et vivant ses aventures en Enfer, Requiem, de par son originalité, ses superbes dessins, mais aussi, son humour noir, ses multiples références (à qui savait les reconnaitre, j’entends bien) et son coté parfois malsain se démarquait un peu de bon nombre de la masse d’une production pas toujours enthousiasmante. Enfin, personnellement, je dois avouer que j’avais bien accrocher aux débuts d’une saga que je n’ai découvert que quelques années plus tard, de mémoire, en 2004, si mes souvenirs ne me trompent pas. Et puis, le temps passa et les albums se succédèrent lentement, très lentement, dans un rythme de parution plutôt lent, les uns aux autres, années après années, sans qu’on ne voit la fin d’une saga qu’on ne pensait pas devoir etre aussi longue. Et avec ces nouveaux albums, de nouveaux personnages apparaissaient, l’intrigue se complexifiait davantage, au point même que, parfois, on ne savait plus trop où les auteurs voulaient en venir, mais bon, et même si le nombre de voix discordantes se faisaient de plus en plus nombreuses, personnellement, j’aimais bien retrouver l’univers de Requiem, quand un nouvel album daignait pointer le bout de son nez, et même si je ne ressentais plus forcément le même plaisir qu’aux tous débuts, à chaque fois, c’était un mini événement en soi – et puis bon, quelque part, j’avais hâte de voir comment tout cela allait finir.


J’ai peut-être pris mon temps pour me lancer dans la lecture de ce onzième tome de la saga vampirique de Requiem, mais au moins, on ne pourra pas dire que je ne lui ai pas donné toutes les chances pour que cela se déroule au mieux : relecture de son prédécesseur immédiat, Bain de sang, paru mi-2011 (une éternité), histoire de me remettre un peu dans le bain de l’intrigue en court, oreiller bien callé derrière ma tête, couette toute chaude pour que je sois installé le plus confortablement possible et tout aurait été pour le mieux si ce n’avait été un mal de dos qui me pris alors ; prémices des désillusions à venir ? Hum, qui sait ? Comme je vous l’ai dit, au fil des parutions, je voyais bien, ici et là, que de plus en plus de lecteurs portaient un jugement pour le moins sévère à l’encontre de la tournure de cette série, que les critiques se faisaient plus nombreuses et que, bien souvent, certains jetaient tout bonnement l’éponge. Pourtant, jusque-là, j’avais tenus bon : oh certes, ce n’était plus aussi bon qu’au début, cela aussi je vous l’ai dit, mais je me disais que dans l’ensemble, c’était tout de même convenable… mais il faut croire, finalement, que chacun a ses propres limites et que lorsque celles-ci sont dépassées, nier l’évidence n’est plus possible.

Et là, je pense que vous comprenez où je veux en venir : oui, aussi pénible que cela me soit de vous l’avouer, j’ai été déçu, très déçu même par ce onzième tome de Requiem, comme jamais je ne l’avais été jusqu’à ce jour. Déjà, les premières pages qui nous montraient les visions de Mary Shelley sur les bords d’un lac en Suisse et où apparaissait un Heinrich – ou Thurim ? – sanguinaire, m’avaient un peu laissé perplexe : en temps normal, chaque nouvel album débute par la mort d’un protagoniste de l’intrigue, là, où je n’ai rien compris, ou, tout cela n’a servi qu’à nous montrer la vision du monstre de Frankenstein ? Un peu léger selon moi, mais bon, quelque part, ce n’est pas le plus grave. Non, le pire, ce fut la suite, voir même, tout le reste de l’album, et là, ce fut tout bonnement catastrophique : est-ce la fin de la série qui approche ou une volonté des auteurs de nous remontrer l’intégralité du casting mais nous avons droit a, dans une succession de pages et de scènes parfois sans grand liens les unes avec les autres, a tous les personnages ou presque apparus jusque-là dans Requiem, ainsi, que ce soit dans trois cases ou quelques pages, chacun a droit à son petit quart d’heure de célébrité, sa petite mise en avant, mais le problème, c’est que cela est amené de façon tellement maladroite que cela en devient confus. Du coup, on passe d’untel à machin, de truc a bidule, mais surtout, dans un fouillis le plus total le plus souvent incompréhensible voir même pénible. Par-dessus le marché, dans un grand moment de n’importe quoi, Pat Mills qui jusque-là était plutôt bon dans sa manière de distiller un humour noir dans la série, se perd littéralement dans une logorrhée pénible, hautement fatigante a la lecture et surtout, pas drôle pour un sous. Ajoutons à cela des protagonistes aux réactions incompréhensibles et ridicules, comme le samouraï devant Rebecca, et même Heinrich vers la fin… mais si ce n’était qu’eux… Quant au personnage de la couverture, ce Roi Arthur léonien du nom de Ruhtra, pourtant superbe en soit, ne vous laissez pas abusés : le combat contre Dracula, ce sera pour la prochaine fois ! Bref, pas de sitôt !


Vous l’avez compris, j’ai été hautement déçu par ce onzième volume de Requiem, cet Amour défuntes qui semble sonnez le glas, et de quelle manière, d’une série dont la fraicheur et l’originalité tellement jouissive des débuts se sont depuis, fortement dilué dans les méandres des années et d’une succession de nombreux albums finalement néfastes a une intrigue qui aurait fortement gagné a etre plus courte. Mais si, jusque-là, l’on pouvait pester a raison sur l’intérêt ou pas de prolonger artificiellement la série, l’on se disait qu’au moins, le final serait probablement à la hauteur de nos espérances, or, quand on voit le résultat de ce onzième tome, on ne peut que craindre le pire pour la suite. A mes yeux, Amours défuntes aura été mauvais, très mauvais, et c’est, de mon point de vu, une bien grosse déception ; mais le pire, désormais, c’est que je me demande comment Mills et Ledroit réussiront à rattraper le coup après un tel plantage ?!

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