samedi 5 janvier 2013

LE JOUR D'APRÈS



LE JOUR D'APRÈS

Le climatologue Jack Hall avait prédit l'arrivée d'un autre âge de glace, mais n'avait jamais pensé que cela se produirait de son vivant. Un changement climatique imprévu et violent à l'échelle mondiale entraîne à travers toute la planète de gigantesques ravages : inondations, grêle, tornades et températures d'une magnitude inédite. Jack a peu de temps pour convaincre le Président des Etats-Unis d'évacuer le pays pour sauver des millions de personnes en danger, dont son fils Sam. A New York où la température est inférieure à - 20° C, Jack entreprend une périlleuse course contre la montre pour sauver son fils.


L’année 2012 s’en est allé et, comme on peut parfaitement le constater, nous sommes en 2013, cela, malgré tous les prophètes de mauvais augure qui nous annonçaient l’apocalypse final, la fameuse fin du monde qui aurait dû nous éradiquer le 21 décembre dernier ; bien évidement, le calendrier maya s’étant finalement relever n’etre que ce qu’il n’est, c’est-à-dire, un calendrier, le 21 décembre, il ne se passa rien de franchement exceptionnel et, du moins, pour le moment, l’espèce humaine poursuit tranquillement son train-train quotidien, et ce, jusqu’à ce que l’on nous promette une autre « fin du monde ». N’empêche, même si tout cela n’était que balivernes, cette année 2012 m’aura au moins permis de voir ou plutôt revoir quelques petits films apocalyptiques, mais aussi, effet de mode aidant, de lire bon nombre d’articles sur la chose ; et quand on sait que le filon « fin du monde » ne cesse d’intéresser l’homme depuis la nuit des temps, vous vous imaginez que celui-ci est, forcément, inépuisable. Bien entendu, si l’apocalypse se devait d’etre à l’honneur en 2012, maintenant que nous sommes en 2013, il serait peut-être temps de passer à autre chose, de m’intéresser à d’autres sujets, voir des œuvres différentes, bref, de tirer un trait sur un sujet qui a pris une place très importante sur ce blog lors du mois de décembre dernier. Pourtant, ayant eu l’occasion de voir pour la toute première fois ce film, Le jour d’après, en ce début d’année, je me suis dit que cela ne me ferait pas grand mal de me retaper une énième œuvre catastrophiste, et ce, même si cela n’était plus vraiment d’actualité… quoi que, lorsque l’on s’intéresse un tant soit peu au synopsis de base de ce film, force est de constater que rien n’est moins sûr.


Surfant sur l’effet de mode de fin des temps qui marqua la première décennie des années 2000 et dont le point d’orgue du genre fut bien évidement 2012 (le film, pas l’année), Le jour d’après, s’il pouvait passer, pour le néophyte de la chose, pour une énième super production hollywoodienne sans grand intérêt, n’en possédait pas moins un postulat de départ pour le moins intéressant, du moins, si on devait le comparer avec celui de 2012 qui lui, franchement, lorgnait carrément du côté de la prétendue prophétie maya avec tous les délires qui l’accompagnaient. En effet, dans le film qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est le côté écologiste de la chose qui est mis en avant, celui d’un dérèglement subit des forces naturelles, liées à l’activité humaine, et qui provoquent du coup une nouvelle ère glaciaire. Et comme des termes comme « réchauffement climatique », par exemple, sont aujourd’hui admis de quasiment tout le monde – en dehors de quelques illuminés du genre Claude Allègre qui en devient ridicule à force, quoi qu’on ne l’entend plus trop depuis quelques temps – il était évidant qu’un film comme Le jour d’après ne pouvait que plaire : un postulat plus ou moins plausible, un effet de mode mêlant fin du monde et dérèglement climatique, bref, un savant mélange parfaitement calibré pour en faire un succès commercial, chose dont les américains, avec leur savoir-faire naturel, ont parfaitement l’habitude. Oh, bien entendu, l’on pourrait parfaitement trouver fortement à redire sur ce qui nous est présenté à l’écran, après tout, si la plus part des experts sont d’accords sur le fait que dans les décennies à venir, les choses ne soient pas si roses que cela pour notre espèce, que les températures vont augmenter, les banquises disparaitre, les océans engloutir bien des villes côtières et qu’une partie de l’humanité sera, forcément, en danger, il y a un pas, que dis-je, un gouffre avec le scénario présenté dans le film : en effet, dans celui-ci, tout arrive en quelques jours à peine, or, pour la plus part des scientifiques, qui ne sont pas tous d’accord, cela pourrait prendre des années, des décennies voir plus. Bien évidemment, pour un film comme Le jour d’après, il n’est pas anormal que l’on ait retenu le pire scénario envisageable, et ce, même si celui-ci est fort probablement le moins plausible : après tout, une catastrophe sur quelques jours, cela passe bien mieux à l’écran qu’une qui s’étalerai sur un siècle, vous ne trouvez pas ? Alors, forcément, de ce point de vue-là, je ne critiquerais pas l’œuvre de Roland Emmerich… de ce point de vu la…


Car voilà, je suis désolé d’avoir à dire cela mais même les meilleures intentions du monde, même un postulat de départ intéressant, même des effets spéciaux parfois bluffant ne suffisent pas… à faire d’un navet un bon film. Et oui, je l’ai dit : Le jour d’après est un sacré navet ! Et franchement, pas un petit ! Déjà, lorsqu’un film débute sur un gros plan de la bannière étoilée, ça fait peur, mais bon, on se dit que c’est habituel chez les américains, qu’ils se sentent obligés de nous montrer leurs drapeaux a toutes les sauces, et que, même dans les bons films, on y a droit… sauf que, deux minutes plus tard, mes craintes sont confirmées lorsque, alors que la banquise se détache, Dennis Quaid, jouant ici le rôle d’un climatologue aussi charismatique qu’une huitre, nous sort deux bonds de la mort qui tue par-dessus celle-ci (la crevasse, pas l’huitre) dans ce qui restera comme l’une des scènes les plus loupées et improbables du film… et ça ne fait que commencer, malheureusement. Pourtant, ensuite, ce n’est pas trop mal : on voit tout un tas de gentils savants qui s’inquiètent du réchauffement climatique, tout un tas de politiciens bornés (mais pas le président des USA, lui, c’est toujours un mec bien, qui prend les bonnes décisions et qui, comme dans 2012, reste jusqu’au bout et y perd la vie) et de militaires bornés, et, surtout, les prémices des catastrophes à venir. Et puis, lorsque celles-ci prennent de l’ampleur, force est de constater que c’est plutôt spectaculaire et que l’on a droit à de superbes scènes. Hélas, alors que Roland Emmerich aurait pu nous pondre un sacré bon film, alors qu’il tenait le matériel pour cela, voilà que le réalisateur s’est tout bonnement fourvoyé dans une intrigue a la mort moi le nœud où, pour la énième fois, nous avons droit au héros, Denis Quaid, qui s’en va traverser les Etats Unis sous la neige afin de sauver son fils, Jake Gyllenhaal (oui, celui qui joua en son temps un certain cow-boy gay dans un film autrement plus réussi et intéressant), bloqué à New-York avec ses amis, dans une bibliothèque ; un père jusque-là littéralement nul pour sa progéniture (marrant, dans 2012 aussi le type était divorcé) mais qui, alors que l’apocalypse s’abat sur la planète, fait acte de rédemption et réussi… l’impossible. Et donc, plutôt qu’avoir droit à un film sur la fin du monde, nous avons droit à un film catastrophe qui plus est raté, car pire que tout, dans le genre cité, celui-ci est un plantage complet : dans un bon film catastrophe, en plus des scènes d’actions, de la catastrophe en elle-même, ce qui est important, ce sont les morts parmi les personnages principaux, du genre, on a le temps de s’attacher un peu à eux et hop, ils meurent. Or, ici, en dehors d’un pote de Denis Quaid qui se sacrifie (oh, c’était beau), tout le monde ou presque y réchappe, le comble ayant été atteint par les potes de Jake Gyllenhaal qui eux aussi devaient bénéficier sur ce coup-là d’une option d’invulnérabilité. Et si l’on ajoute à cela des scènes d’une incroyable niaiserie et inutile comme l’autre qui reste auprès du petit enfant cancéreux jusqu’au bout, ou carrément ridicules comme celle des loups qui débarquent dans un bateau et qui font le tour du propriétaire et vous comprendrez à quel point je ne peux que parler de navet au sujet de ce film.


Le plus incroyable, c’est qu’à la base, je ne m’attendais pas à un tel plantage : sincèrement, si 2012 était hautement critiquable, et je ne m’en suis pas privé, finalement, il s’avère supérieur à ce Jour d’après ; et dire que celui-ci partait d’un postulat pour le moins intéressant. Navrant, bourré de scènes improbables et de grands sentiments, l’intrigue s’essouffle assez rapidement pour tomber dans le grand n’importe quoi scénaristique, qui certes, ne généra probablement pas le grand public, mais qui ne peut que déplaire fortement a quelqu’un qui recherche un minimum de qualité dans une œuvre, ce qui fut mon cas. Ajoutons à cela tous ces drapeaux américains par ci par là, cette Statue de la liberté qu’on ne cesse de nous montrer sous toutes ses formes et ce côté « le monde disparait mais seuls les américains semblent vraiment concernés » (et l’Europe alors, pourquoi ne pas nous la montrer ?) et vous comprendrez que mon ressenti final à l’encontre de ce film ne peut etre positif, bien au contraire… Alors, Le jour d’après, un sacré navet ? Oui, c’est le cas, voir même, un sacré… bon, allez, je vais rester poli pour une fois…

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