dimanche 2 décembre 2012

AKIRA 5 – DÉSESPOIR



AKIRA 5 – DÉSESPOIR

Maintenant qu'Akira a été libéré, tous les partis en jeu luttent pour se l'arracher et il passe de main en main : Kaneda et Kay l'avaient récupéré dans l'épisode précédent et se planquaient chez Chiyoko mais Sakaki le leur dérobe. Sakaki, l'envoyée de Lady Miyako veut soustraire l'enfant aux forces du colonel et aux intérêts de Nezu, le politicien. Le colonel a décidé de lutter contre le gouvernement qui lui a ordonné de cesser ses recherches sur Akira. Avec des troupes fidèles il prend le contrôle de la rue et met en place un couvre-feu. Avec lui, trois mutants capables de lutter contre les pouvoirs de Sakaki. Nezu jouait sur plusieurs tableaux et veut tirer les marrons du feu. Décidé à utiliser Akira pour assoir son propre pouvoir, il ne dit pas tout à Miyako, pour qui il œuvrait, et il trahi les terroristes/résistants (Ryu, Kay et Kaneda) dont il ordonne la mise à mort. Mais l'enfant lui échappe aussi et il lance ses milices à sa poursuite et à l'affrontement direct avec les troupes du colonel. Ryu récupère Akira par le plus grand des hasards et comprend en même temps la duplicité de son patron, Nezu.


Les jours s’enchainent et ma relecture de ce magnifique chef d’œuvre de Katsuhiro Otomo qu’est Akira se poursuit inlassablement, mais il faut dire, pour cela, que le plaisir que je ressens à me replonger dans l’une des œuvres qui m’avait le plus marquer lorsque je l’avais découverte, il y a de cela deux décennies, au début des années 90, est toujours intact ; de plus, comme cela faisait un temps certain que je n’y avait pas gouter, je ne me souvenais plus de bon nombre de petits détails et autres rebondissements qui font toute la saveur de ce manga. Certes, dans les grandes lignes, j’avais gardé en mémoire le synopsis d’Akira, ainsi que les scènes les plus marquantes, comme, pour ne citer que l’une de mes préférés, la mort de Yamagata dont je vous avais parlé lors de ma critique du second tome, mais quoi qu’il en soit, que j’ai ou non garder en mémoire tel ou tel événement scénaristique de cette œuvre, ce que vous pouvez etre sur, c’est que les redécouvrir, bien des années plus tard, m’apporte un plaisir incommensurable.

Mais pour en revenir à nos moutons, c’est-à-dire, la suite de la saga, dans le tome précédant, Tetsuo, porté disparu depuis, avait réussi l’impensable, c’est-à-dire, réveiller l’étrange et inquiétant Akira de son sommeil de trois décennies ; un Akira qui n’est ni plus ni moins qu’une véritable bombe à retardement puisqu’est-il pas à l’origine de la destruction de Tokyo au tout début des années 90 et, accessoirement, de guerre nucléaire entre les blocs est et ouest qui s’en suivit ? Arrivé à ce point, une petite précision s’impose pour les plus jeunes d’entre vous : Akira fut écrit dans les années 80, bref, a une période où régnait encore la guerre froide et où l’éventualité d’un conflit atomique entre les Etats Unis et l’URSS restait du domaine du plausible et il faut donc savoir remettre un peu l’œuvre dans son contexte de l’époque, y compris pour ce qui est de la vision du futur d’Otomo où n’existent pas encore de téléphones portables, MP3 et ou les PC semblent issus de la préhistoire. Ceci étant dit, et il me semblait important de le faire, revenons à ce cinquième tome : Akira est donc réveiller, le danger plane sur Néo-Tokyo et nombreux sont ceux qui tentent par tous les moyens de mettre le grappin sur le jeune mutant ; ainsi, entre le Colonel et l’armée, qui connaissent le danger qu’il représente et qui se voient forcer de faire un véritable coup d’état, devant l’inaction du gouvernement, Nezu, le politicien d’opposition qui joue sur plusieurs tableaux à la fois et qui, du coup, trahis tout le monde, Lady Miyako, dirigeante d’un temple et qui semble, elle aussi, en savoir énormément sur Akira, qui envoie ses propres « mutants », des jeunes filles menées par la charismatique Sakaki, ainsi que, bien entendu, la résistance, enfin, surtout Ryu d’un côté, Kay, Kaneda et l’impressionnante Chiyoko de l’autre, nombreuses sont les forces en présence qui n’hésitent pas à s’affronter en plein Tokyo, faisant ainsi bien des dégâts. Du coup, quasiment l’intégralité de ce cinquième album n’est qu’une succession de scènes d’actions, de combats, de destructions, et de… morts, qui priment largement sur tout le reste. Vous l’avez compris, ici, pas de réflexion, pas de révélations et encore moins de scènes intimistes mais de l’action pure et dure, ce qui, quelque part, peut en déconvenir a certains.


Mais quoi qu’il en soit, cela n’enlève à rien l’intérêt de cet album qui, sans etre aussi époustouflant que ses devanciers, n’en reste pas moins dans la même veine pour ce qui est de son intérêt et de l’évolution de l’intrigue. Certes, par moments, trop d’action tue l’action, mais bon, après lecture, ce choix narratif de l’auteur n’est pas forcément illogique et ne dénote absolument pas – et puis, après tout, que je sache, Akira n’est pas rentré dans l’histoire pour son coté intimiste ? Et avant que tout ce petit monde se retrouve pour le face à face final, comment ne pas revenir sur le personnage le plus marquant de ce cinquième tome : la jeune mutante de Lady Miyako, Sakaki. Doté de pouvoirs, charismatique à mes yeux, celle-ci marque largement de son empreinte celui-ci et je regrette d’ailleurs que ce personnage n’ai pas été davantage développée, disparaissant, de mon point de vue, bien trop rapidement. Mais bon, c’est souvent cela dans pas mal d’œuvres : parfois, ce sont les personnages de seconde voire de troisième zone qui nous marquent le plus. 

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