samedi 24 novembre 2012

AKIRA 1 - L'AUTOROUTE



AKIRA 1 - L'AUTOROUTE

Néo Tokyo, année 2030. Trente-huit ans ont passé depuis la Troisième Guerre Mondiale. Ce fut l’apocalypse et les plus grandes villes du Monde furent rasées par des explosions nucléaires. Aujourd’hui, la vie a repris un cours normal même si quelques traces de ce terrible passé subsistent comme la zone interdite où explosa la première bombe. C’est pourtant dans cet endroit que Kaneda et sa bande s’amusent cette nuit-là, faisant une course de moto. Cela leur permet d’oublier un peu leur foyer d’accueil, ce centre d’insertion et d’apprentissage réservé aux jeunes délinquants. Alors qu’ils s’apprêtent à quitter les lieux, un garçon à l’allure étrange apparaît au milieu de la route. Tetsuo ne peut l’éviter et c’est l’accident. Il est gravement blessé. Quant au garçon, il disparaît sous les yeux de Kaneda et de ses amis, tel un spectre. Tetsuo est emmené par les autorités à l’hôpital. Mais, le lendemain, ses amis découvrent qu’il n’est hébergé dans aucun des centres de soin de la ville. Ni la police, ni sa mère ne semblent savoir où il se trouve.  Les adolescents viennent d’être mêlés malgré eux à une affaire d’Etat. La zone interdite semble cacher des activités de recherches militaires aussi étranges que dangereuses. Et Tetsuo, sans le savoir, pourrait bien servir les desseins de l’Armée. La Résistance comprend que les choses évoluent rapidement. Alors qu’elle tente d’en savoir plus, elle va elle aussi croiser le chemin de la bande à Kaneda.

Vingt ans plus tard, je comprendrais parfaitement à quel point il peut etre fort difficile pour les plus jeunes d’entre nous, gavés de mangas depuis leur plus jeune âge au point qu’ils puissent croire que ce genre de bande dessinée ait toujours existé sous nos latitudes, l’importance que put avoir Akira pour tous ceux de ma génération. Car l’œuvre du génialissime Katsuhiro Otomo, bien moins connue de nos jours, est sans nulle doute, dans notre pays (mais pas seulement) à l’origine de l’engouement pour les mangas qui explosa littéralement dans les années 90 avant de connaitre le succès que l’on connait désormais. Bien évidemment, Akira n’est pas véritablement seul : un terreau fertile existait déjà, celui des forts nombreux dessins animés nippons qui connurent leur heure de gloire dans les années 80 sur notre petit écran, marquant à tout jamais toute une génération pour la culture et les œuvres du pays du soleil levant – bref, la mienne, celle des trente/quarante ans. Mais Akira eu pour mérite d’etre le tout premier manga a etre paru sous nos latitudes, certes, loin de son format original, marquant durablement tous ceux qui eurent le bonheur de le découvrir, et ouvrant la voie pour tous ceux qui suivirent par la suite. Alors, quelque part, il serait de bon ton, il me semble, pour les plus jeunes qui ne connaitraient pas encore ce qu’il faut bel et bien appeler sans exagération aucune un chef d’œuvre, s’ils se prétendent amateur de mangas, qu’ils se jettent sans perdre de temps sur cet Akira, pour sa qualité, indiscutable bien entendu, mais également pour le coté historique de la chose.

Pour la petite histoire, la publication d’Akira en France connue bien des avatars : ainsi, en 1990, nous avons eu droit au simple portage de la version colorisée américaine, sous forme de fascicules semi-comics et qui ne dura même pas jusqu’à la fin de la série, ceux-ci en restant au volume 31 – je me souviens qu’à l’époque, cela m’avait un peu gonflé. Mais à la même époque, la série paraissait également, et dans son intégralité, sous un format album, composée de 13 volumes plus un franchement dispensable (sauf pour les fans ultras) qui ne contenait que des planches d’Otomo. La version originale, en noir et blanc, que ceux qui ont eu la chance de lire estiment largement supérieure à la colorisée, ne paraissant que quelques années plus tard. Mais pour en revenir à la version US, la première que nous avons eu droit en France et qui nous préoccupe aujourd’hui, il faut savoir que celle-ci, outre le fait que les américains ont coloriser l’ensemble de l’œuvre, parfois de façon un peu hasardeuse (nous en étions alors aux tous débuts de la colorisation par ordinateur), il faut savoir que celle-ci fut présenté dans le sens de lecture occidental, bref, que toutes les cases sont inversées, les protagonistes devenant forcément tous gauchers, entre autres curiosités dont certaines un peu plus gênantes dans la suite de l’œuvre. Bien évidemment, l’on pourrait trouver énormément à redire quand a cette version et le massacre (appelons un chat un chat) subit par l’œuvre d’Otomo, cependant, comme j’ai connu Akira ainsi et que je n’ai jamais eu l’occasion de lire le manga original, c’est donc de la version US/française que je vous parlerais sur ce blog, et ce, dans les semaines à venir puisque, vous l’avez compris, je n’en resterais pas à ce premier tome des péripéties de Kaneda, Tetsuo, Kay et compagnie. Mais bon, toutes ces mises au point étant faites, il est temps de s’attaquer à ce fameux premier volume d’Akira.

Bien évidemment, dans ce premier volume, Katsuhiro Otomo met tranquillement en place son univers et son intrigue : donc, dans un Tokyo post-apocalyptique dont les japonais ont le secret, mais qui a été reconstruit suite à un conflit nucléaire mondiale qui dévasta le monde au début des années 90, l’on fait la connaissance d’une bande de motards composées de jeunes délinquants amenés par Kaneda, grande gueule en diable, et qui, suite à un étrange accident, va voir l’armée s’intéresser de très près à l’un de ses membres, Tetsuo. Et sans rentrer dans les grandes lignes, car le propos de cette critique n’est surement pas de vous faire un résumé de l’histoire, sachez seulement que, si jamais vous n’avez jamais lu Akira, que dès ce premier tome, bon nombre des personnages principaux de l’histoire feront leur apparition, dont le fort charismatique Colonel, et que l’ont fait connaissance avec la plus part des forces en présences et des mystères à venir. D’ailleurs, le lecteur comprend rapidement que l’intrigue d’Akira tournera très rapidement vers le fantastique pur et dur, comme on peut le constater dans la deuxième moitié de ce premier tome, mais bon, pour le moment, je n’en dirais pas plus, laissant le plaisir de la découverte a ceux qui souhaiteraient se lancer dans cette œuvre. Cependant, un petit bémol se doit d’etre signaler : si l’on peut contester la colorisation d’Akira, ne serais ce que par respect envers l’œuvre originale, force est de constater que par la suite, une certaine qualité sera néanmoins présente ; par contre, dans ce premier tome, ce n’est pas vraiment ça, bien au contraire et bon nombre de planches ne rendent, du coup, pas du tout justice au talent de Katsuhiro Otomo tellement le choix des couleurs semblent bâcler.


Quoi qu’il en soit, ce premier tome d’Akira, s’il est loin d’etre parfait, démarre tout de même sur les chapeaux de roues (c’est le cas de le dire) et annonce un univers d’une richesse et d’un intérêt rarement atteints. Bien évidemment, ici, nous n’en sommes qu’aux tous débuts de la saga et un lecteur qui découvrirait l’œuvre pourrait etre légèrement dubitatif face à ce premier tome, pourtant, qu’il n’hésite pas à découvrir la suite car celle-ci mérite largement le coup. Dans mon cas, je dois reconnaitre que ce fut particulièrement curieux de replonger dans une œuvre que j’ai lu un nombre incalculables de fois, mais que je n’avais pas lu depuis… oh, une éternité ! Curieux mais plutôt plaisant ; certes, plus jamais je ne retrouverais le plaisir de la découverte, ce qui est normal, mais vu que cela faisait tellement longtemps que je ne relisais pas Akira, cela me permettra bien entendu de redécouvrir certaines scènes dont je ne me souvenais plus, mais aussi, également, le plaisir de me replonger dans une œuvre tout bonnement culte à mes yeux et qui fut, en son temps, l’une de celles qui me marqua le plus. 

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