mardi 2 octobre 2012

ZARDOZ



ZARDOZ

Dans un futur post-apocalyptique (2293), la population humaine est divisée entre les Éternels, des humains ayant atteint l'immortalité grâce à la technologie, et les Brutes. Les Brutes vivent dans une terre ravagée et fournissent de la nourriture aux Éternels. Ces derniers vivent dans des régions isolées du reste du monde par un mur invisible et appelées « Vortex » et passent une existence luxueuse mais apathique. Arthur Frayn, l'Éternel chargé de gérer les « terres extérieures », se fait passer auprès des Brutes pour un dieu nommé Zardoz, qui se manifeste sous la forme d'un énorme masque de pierre volant. Il a constitué un groupe d'exterminateurs, chargé de réduire en esclavage les autres humains, et auxquels il fournit des armes en échange de la nourriture qu'ils collectent. Zed est un de ces exterminateurs. Il se cache à bord du masque de pierre lors d'un voyage et tue son chef Arthur Frayn. Arrivé au Vortex n°4, Zed est étudié en tant que spécimen : les Éternels n'ayant pas eu de contact depuis des siècles avec l'extérieur du vortex, ils essaient de comprendre comment les Brutes ont évolué. Il se retrouve au cœur d'une dissension entre deux Éternelles, Consuella et May, et doit effectuer des tâches pour Friend.


Il y a longtemps, tellement longtemps, je devais etre tout gamin à l’époque, j’avais eu l’occasion de regarder à la télévision un étrange film complètement barré et qui répondait au curieux titre de Zardoz. Scénario peu compréhensible, décors improbables et kitchs, effets spéciaux dignes d’une vision sous acide et, surtout, un Sean Connery moustachu, portant une queue de cheval, un slip orange et des cuissardes plus qu’improbables, tous les éléments étaient donc en place pour que le jeune enfant que j’étais soit marquer a jamais par ce film. Les années passant, je n’avais pas eu l’occasion de le revoir, à mon grand regret, pourtant, et malgré les décennies, je ne l’avais jamais oublié, mais il faut dire, pour comprendre cela, que, quand on regarde Zardoz une seule fois, on est marqué à vie… hein, comment, traumatiser ? Oui, on peut le dire aussi. Puis, finalement, un jour, l’envie me prit de le revoir : je trouvais sans problèmes le DVD de la chose, restait ensuite à trouver le temps de le visionner, c’était là un autre problème mais hier, enfin, et après tant de mois d’attentes, ce fut avec fébrilité que je glissais le précieux DVD de Zardoz dans la fente du lecteur…

« L'arme est le bien!  Le pénis est le mal ! » Déclament en cœur les fidèles du Dieu Zardoz, une bande de loustics en slip orange, cuissarde et masque grec en plastique ! Zardoz, décidément, c’est tout un programme ! Il m’est difficile d’écrire un avis critique sur un film si…. Ah, même trouver un adjectif pour le décrire s’avère délicat… Bon, je vais tenter d’être clair et de vous résumer en gros la trame de cette œuvre de John Boorman sorti en 1974 – bigre, mon année de naissance, est-ce un signe !? Zardoz, donc, c’est avant tout un film de science-fiction, ça je crois que j’ose pouvoir l’affirmer sans me tromper et dont l’intrigue se déroule en 2293 dans un univers post-apocalyptique – en cette année 2012, qui, comme chacun le sait, est celle de la fin du monde, il est pertinent, il me semble, de nous intéresser à ce genre d’œuvres qui ont toujours connu bien du succès. Dans ce monde règne la violence semée par les Brutes (des hommes sur des chevaux en string rouge avec des masques grecs en plastique et des pistolets tout droit sortis d’un film de Sergio Leone, et non pas des lasers comme on pourrait l’imaginer). Les fameuses Brutes, donc, sont les esclaves d’une caste supérieur, les Éternels, qui vivent non pas dans un monde parallèle, comme ils le pensent, mais dans un enclos fermer et qui leur est inaccessible répondant au doux nom de Vortex (un Éden pour hippies où on cultive des légumes, où on élève des cochons et où on y parle un langage bizarre composé uniquement de consonnes… Ah libération sexuelle des années 70, quand tu nous tiens). Un personnage énigmatique nommé Zardoz, faisant partie de la caste des Éternels, est chargé de la gestion des terres délabrées où vivent les Brutes. Sa présence ne se manifeste que par l’apparition d’une tête de pierre volante, unique moyen de faire des allers-retours entre le monde d’Eden et l’enfer des Brutes.  Zed (Sean Connery en personne qui a donc quitter le rôle qui le rendit célèbre, celui de James Bond), chef des Brutes (ces fameux chefs de Brutes obtiennent le titre d’Exterminateurs,  mais n’échappent pas pour autant à la tradition des culottes de latex rouge, avec moustache et queue de cheval de circonstance) se retrouve donc face à Zardoz, le tue, puis, à bord de la tête de pierre parvient à accéder a cet Eden où il est accueilli avec curiosité et étudié comme une bête…


Cependant, Zed, au fur et à mesure de sa présence dans le paradis, se souvient, par le passé avoir visité une bibliothèque et y avoir trouvé un exemplaire du Magicien d’Oz (Wizard of Oz, d’où le jeu de mot wiZARD of OZ), récit dans lequel un homme manipule son monde, à la manière du grand Zardoz… Petit à petit, il commence à comprendre le rôle qu’il doit jouer dans l’Eden, à savoir se débarrasser de l’infâme Zardoz (ce qui est fait) et libérer les Eternels du joug de leur éternité afin qu’ils redeviennent des mortels, car apparemment, la vie éternel, au bout d’un moment c’est long… très long… Le film, pour ceux qui ne l’auraient pas vu (et il me semble qu’ils sont légions) part encore dans de nombreuses digressions quasiment impossibles à résumer, ni, accessoirement, à comprendre d’ailleurs !


Certes, ce résumé n’est pas complet du tout, et doit prêter à sourire (voyez le film et imaginez-vous le résumer, vous comprendrez mieux la solitude profonde que je ressens en ce moment !). A priori, on est frappé par la complexité du scénario, et cela le rend attachant tellement on tente d’accrocher et de comprendre ce monde si étrange… parfois, Zardoz plonge dans des séquences tellement folles que l’on croirait assister à une pièce de théâtre de l’absurde. Cela fait sourire justement par absurdité et non pas par médiocrité. Le gros point négatif du film, c’est que pour en faire un bon film, il aurait fallu un budget de 2 milliards de dollars, et là on est plus proche des 2000 dollars… Cela a pour conséquence de rendre l’œuvre extrêmement kitch… surtout lorsque que Boorman nous dépeint l’Eden, où l’on se croirait projeter dans un univers dans lequel aurait fusionné Emmanuel et La petite maison dans la prairie ! Pourtant, si indéniablement, aujourd’hui, Zardoz apparait aussi kitch, qui nous dit que, dans quelques décennies, d’autres films genre Avatar, Matrix, par exemple, ne subiront pas le même sort ?Au-delà de ça, cette œuvre est intrigante et révèle une quantité de niveaux de lecture incommensurables, à condition d’avoir le courage de le regarder à plusieurs reprises évidemment ! Et là, vous le devinez, c’est une autre paire de manches…


Véritable bouillon de culture en effervescence, Zardoz brille (et ploie !) sous mille facettes : une esthétique kitch bien avancée (mais savoureuse !), une fable philosophique sur la Société Humaine, une réflexion sur le grand cercle de la Vie, une vision ambitieuse de la SF et une narration qui hésite entre symbolisme et réflexion. A dire vrai, on hésite à classer Zardoz dans une quelconque catégorie, ni même se prononcer sur sa qualité (ou non !) tant il échappe à toute classification. La seule certitude qu'apporte Zardoz, ce sont ces origines « beatnik » qui lui donne aujourd'hui une patine aussi kitch que salvatrice. A la fin de ses 100 minutes de réflexion, de rebondissements, d’hypothèses new-âge, créationnistes et sociétales, on ressort lessivés (et complètement paumés) de ces trips hermétiques symbolistico-hallucinatoires, mais on est aussi parfaitement étonné, et d'une certaine manière réjouis de l'expérience ! Car oui, indéniablement, Zardoz est, malgré tout ce que l’on penser, une œuvre à découvrir ; certes, il faut s’armer de courage, d’énormément de courage pour cela, mais, indéniablement, c’est une expérience à réaliser, ne serais ce que pour le coté culte de ce film.


En conclusion, donc, Zardoz est bien évidement un ovni complet et, rien que pour cela, il vaut la peine d’être vu. Je noterai également comme point positif, la performance de Sean Connery, qui avait déjà joué le playboy anglais dans James Bond à six reprises avant d’accepter ce rôle dans lequel, avouons-le, il n’est pas vraiment à son avantage (et c’est peu de le dire) pourtant, louons sa prise de risque peu commune – et qui, au passage, lui donna un look non seulement culte mais tout bonnement inoubliable. Et, pour finir, entre une flopée d’acteurs dont certains semblent complètement barrés (mais comment pouvait-il en etre autrement ?), relevons la présence de Charlotte Rampling, toute jeune et déconcertante de beauté et d’espièglerie avec son top transparent et ses sourires aguicheurs. Film-culte que ce Zardoz je vous dis !

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