jeudi 11 octobre 2012

LES DRUIDES : CRÉPUSCULE



LES DRUIDES : CRÉPUSCULE

Gwenc'hlan... Mon maître, celui vers qui se tournent toutes mes pensées maintenant, à l'heure où il me tarde de le rejoindre dans l'autre monde, là-bas, par-delà les brumes... Nous, druides, pensions à raison que l'écriture ne devait pas figer nos sciences, que nous devions les enseigner par la parole et non par l'encre. Mais vint le crépuscule des druides, et maintenant que nombre d'entre nous se sont convertis à la religion du dieu unique et que les autres ont disparu, il nous faut enseigner par écrit ce qui sera perdu faute de bouche pour initier... il apparaît donc fort louable que ceux qui restent, et dont je fais partie, transcrivent notre mémoire sur ce papier, si éphémère, mais qui demeure en ce jour notre seule possibilité de perdurer au travers des époques à venir... Mes souvenirs étreignent mon cœur, se changent en larmes et mes larmes se mêlent à l'encre... Gwenc'hlan... Mon maître... Il est temps... Temps de faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé en Letavia. Des moines décapités, des corps empalés par un pieu sur lequel sont gravés des mots secrets, des oghams ; l’écriture sacrée des druides. Des moines qui s’avèrent être les traducteurs de récits anciens liés à un chaudron et une lance. Le chaudron et la lance de Dieux païens. La lumière doit être faite et c’est à Gwenc’hlan l’érudit et à Taran son apprenti, d’enquêter. Des recherches qui les mèneront au bord de l’ancien monde, vers la terre des jeunes, là où ils trouveront les responsables de ces meurtres. Ceux qui avancent masqués... Dans l’ombre...


Alors que je m’apprêtais à écrire la critique de ce sixième tome de la saga druidique de Jean-Luc Istin, Thierry Jigourel et Jacques Lamontagne, je me suis rendu compte que, mine de rien, cela faisait un certain temps (presque un mois et demi) que je ne vous proposais pas de critiques de bande dessinées sur ce blog. Certes, ce constat n’est pas vital en soit, je ne le nie pas mais tout de même, pour une année que l’on pourra qualifier, un peu dans la lignée de la précédente, comme assez fournie en BD, force est de constater que cette petite interruption m’aura surpris, puisque n’allant pas dans mes dernières habitudes. Cependant, entre une fin d’année qui s’annonce très riche en nouveautés, a quoi il faudra ajouter une nouvelle série que je compte attaquer bientôt (mais je vous en parlerais bientôt), le Journal de Feanor retrouvera très rapidement moult critiques consacrées au neuvième art, je vous le promets. Mais bon, trêve de bavardages pour le moins inutiles et attaquons nous a ce qui aurait pu etre la fin d’une saga, mais qui, finalement, ne le sera pas, je veux bien évidement parler du sixième tome des Druides.


Autant cette série m’avait enthousiasmé lors de ses débuts, autant, dubitatif m’avait-elle laissé depuis deux numéros ; ainsi, lors de mon billet consacré au cinquième volume de cette saga celtique, La pierre de destinée, je vous avais fait part de mon désarroi, voir même d’une certaine déception devant la tournure scénaristique de la série. En effet, de l’enquête des débuts, qui flirtait bon avec le Nom de la Rose d’Umberto Eco, l’on était passé à une espèce de voyage organisé où nos protagonistes se plaisaient à faire un peu un tour du monde celtique, sur les pas des légendes, lieux et figures locales. Du coup, ne comprenant pas très bien où les auteurs voulaient en venir, et estimant que le scénario s’étirait en longueurs franchement pas très indispensables, j’en étais venu à regretter l’intérêt des débuts, envolé depuis longtemps. Forcément, en apprenant qu’un septième tome allait paraitre fin octobre, je n’en fus que plus méfiant vis-à-vis de la suite de cette saga. Méfiants je l’étais, a juste raison il me semblait alors : cela, par expérience d’autres bande dessinées (que, par charité, j’éviterais de nommer mais pour ce qui est de l’une d’entre elle, j’en ai énormément parlé sur ce blog) mais surtout car les deux derniers volumes des Druides, s’ils n’étaient pas, intrinsèquement mauvais, étaient loin de m’avoir enthousiasmé.

Or, alors que ce fut d’un air dubitatif que je m’attaquais a ce sixième volume, telle ne fut pas ma surprise en découvrant que celui-ci, et contrairement à ses prédécesseurs, retrouvait la fougue et l’intérêt des débuts de la saga, concluant de fort bonne façon ce premier cycle – car oui, après lecture des premières pages du prochain volume, celui-ci annonce un nouveau cycle avec une nouvelle enquête. Pourtant, d’entrée de jeu, les auteurs frappaient fort en affirmant que oui, ils pensaient que des celtes auraient pu aller jusqu’aux Amériques, en des temps anciens, hypothèse, au demeurant, sans preuves jusqu’à aujourd’hui, mais qui, selon moi, n’en est pas moins plausible. Cependant, cette mise en garde, ou explication, de la part des auteurs signifiait également que l’un des défauts que je trouvais a cette saga, le fait que Gwenc'hlan et son disciple voyagent sans cesse, serait une fois de plus au rendez-vous, ce qui pouvait annoncer des lendemains qui déchantent. Or, comme je vous l’ai dit, il n’en fut rien et, pour un final (de cycle), ma fois, j’ai trouvé que les auteurs s’en sont assez bien sortis. Pourtant, c’était loin d’etre gagner car en faisant naviguer nos héros jusqu’aux Amériques, l’on pouvait craindre que la partie « voyage » prenne le pas sur le reste, fort heureusement, non seulement, celle-ci fut intéressante, mais en plus, le final, assez étonnant et qui me laissa pantois quant à l’identité de leur adversaire (je n’aurais jamais cru que ce fusse lui !!!), s’il fut loin d’etre parfais, n’en demeura pas moins plutôt bon.


Reste quelques petites imperfections scénaristiques comme le fait que, à force de créer je ne sais combien de personnages, les auteurs ont eu un peu de mal à gérer tout ça de façon satisfaisante mais bon, malgré ce principal défaut, pour le reste, ce sixième tome, sobrement intitulé Crépuscule, s’en sort assez bien : remontant le niveau de la série en général, il aura, malgré un parti pris un peu osé pour les puristes (eh, nos héros sont en Amérique du Nord tout de même et il y a même des indiens !), permis à ce premier cycle de s’achever convenablement, promettant, du coup, de bons auspices pour la suite de cette série. Bien évidemment, l’on pourrait épiloguer sur l’intérêt de rallonger ainsi une série qui n’en avait pas forcément besoin mais bon, attendons de voir avant de juger ce qu’il en est, et pour cela, normalement, il ne faudra pas attendre bien longtemps puisque  le septième tome des Druides, Les disparus de Cornouailles, sortira très bientôt s’il n’y a pas de retards.

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